00:00Bien, bonjour à tous. Donc, ce matin, je profite pour faire ce que j'appelle un print d'information vis
00:05-à-vis de tous les salariés du groupe de Vouto.
00:08Donc, il n'y a pas de hasard. Un chef d'entreprise, aussi beau soit-il, il fonctionne avec une
00:14équipe.
00:15Et en fait, je redis tous les jours, il n'y a pas d'entreprise sans encadrement et sans salarié.
00:21Donc, je tiens tout d'abord à vous remercier pour le travail que vous faites chaque jour, dans des conditions
00:25qui sont particulièrement difficiles depuis plus d'un an,
00:29parce que la Guadeloupe va mal, la Guadeloupe est en crise profonde.
00:32Tout le monde le sait, tout le monde le dit. On a eu une première mobilisation en mars dernier.
00:37À l'époque, on nous avait dit qu'on était fous. On ne comprenait pas l'intérêt de la mobilisation.
00:43Quelques mois après, on a transmis le flambeau à la Fédération du BTP, donc au Monde et aux organisations professionnelles.
00:49J'ai participé personnellement à plusieurs réunions. Aujourd'hui, on est encore au stade des réunions et on n'a
00:55pas vraiment de résultats.
00:56Que demandent nos entreprises ? Qu'elles soient respectées.
00:59Il y a un code de marché public qui prévoit qu'on puisse travailler à travers un cadre et qu
01:03'on soit payé à travers un cadre.
01:05Aujourd'hui, on nous enseigne qu'il faut attendre pour être payé.
01:08On nous dit qu'on a des marchés, on prend le cas de l'été, 28 millions d'euros de
01:13potentiel de marché entre le département et la région et quelques communes de Guadeloupe.
01:18Aujourd'hui, c'est consommé à peine à 10%.
01:21Donc, ça veut dire qu'on imagine que j'ai un avion qui peut transporter 450 personnes dans la métropole
01:26chaque jour, mais je dois partir avec 50 personnes dans l'avion.
01:29Donc, vous imaginez un peu les frais.
01:31Donc, à ce rythme-là, ce n'est pas possible.
01:33Donc, on tient depuis un certain nombre d'années, de mois particulièrement.
01:37Et on est quand même fiers du travail accompli parce qu'aujourd'hui, on peut dire que malgré une crise
01:43profonde, une crise que je n'ai jamais vue en 40 ans, on a quand même ce plaisir de dire
01:49qu'on peut encore garder nos salariés.
01:51Et on a des salariés qui sont valeureux.
01:53On perd un peu d'argent, c'est sûr, mais on part du principe qu'une entreprise, c'est aussi
01:58du social.
01:59Ce n'est pas que du social.
02:00Mais je n'ai jamais vu une entreprise fonctionner avec des machines s'il n'y a pas des hommes
02:04derrière.
02:05Donc, je tiens à remercier tout particulièrement l'ensemble des salariés, mais aussi les cadres.
02:10Parce que même nos cadres aujourd'hui, s'ils ne sont pas courageux, ils ne tiennent pas.
02:14Quand on est dans une entreprise, on souhaite tous avoir ce qu'on appelle un cadre correct, normal pour travailler.
02:20Aussi, un cadre sécurisé.
02:22Ce n'est pas de la mauvaise volonté, mais pour pouvoir offrir un cadre sécurisé aujourd'hui, il faut-il
02:27encore qu'on soit payé.
02:28Il faut-il encore qu'on honore nos marchés, ou à minima qu'on soit clair avec nous.
02:34S'il n'y a pas de potentiel de marché, s'il n'y a pas de visibilité, comme on
02:38le dit,
02:38je dirais, mes salariés, aujourd'hui, nous sommes peut-être à 120, on passe à 60.
02:43Mais on vous dit tous les jours que ça va se débloquer, mais au final de compte, rien ne se
02:47débloque.
02:48Donc, ça, c'est pour faire un peu la genèse.
02:51On a eu la chance, quelque part, d'être appelé un petit peu à, éventuellement, collaborer avec le collectif qui
02:59s'est créé,
02:59il n'y a pas longtemps, qu'on représente M. Viras, ami que j'appelle, d'ailleurs, s'il peut
03:04venir à mes côtés.
03:05Bonjour, tout le monde.
03:35Aujourd'hui, on veut me dire qu'il faut participer à un mouvement de grève,
03:39et c'est la raison pour laquelle j'ai dit aujourd'hui, je prends le temps de rencontrer mes salariés,
03:44il faut qu'ils soient au courant, de rencontrer l'ensemble des cadres,
03:48parce qu'il faut qu'ils comprennent aussi où ils sont.
03:50Donc, j'ai dit, on fera une journée comme une journée morte aujourd'hui,
03:53mais au moins, ça permet de prendre les bonnes décisions.
03:56J'ai été très clair avec le collectif.
03:59Autant, on peut porter d'autres soutiens,
04:02mais je n'irai pas ni dans les rues,
04:05ni combattre, si je n'ai pas le sentiment que c'est un combat populaire.
04:08D'accord ?
04:09Donc, on ne peut pas dire en Guadeloupe qu'on a des problèmes,
04:11et que chaque fois qu'on parle d'un problème,
04:13chacun veut rester dans sa maison,
04:16dans sa famille,
04:18dans ses propres affaires,
04:19sans arrêter ce qu'il fait pour régler le problème.
04:21D'accord ?
04:21Donc, aujourd'hui, le groupe de Vouton n'a rien à prouver.
04:24Donc, si on doit combattre,
04:25ce n'est que si on est sur un collectif
04:28où tout le monde est présent.
04:30Je donne un exemple très simple.
04:32Ça fait deux ou trois jours qu'on se prépare
04:33pour éventuellement, effectivement, participer
04:35à ce mouvement au sein du collectif.
04:39Mais j'ai beau regarder,
04:40j'ai fait personnellement un appel aux entreprises de la Bastère,
04:45aux commerçants de la Bastère,
04:46aux personnes qui seraient concernées sur cette crise.
04:51Et quand j'ai vu que quelques personnes m'ont donné des réponses,
04:55mais quand il s'agit de s'engager,
04:58véritablement, il n'y a personne.
05:00Donc, j'ai été clair avec M. Virasam hier.
05:02Je lui ai dit, puisqu'on parle de collectifs puissants
05:05et d'organisations,
05:06mais demandons-nous de nous rencontrer ce matin.
05:09Et comme on aura du monde avec nous ce matin,
05:12on verra bien quelle est notre puissance.
05:14Il faut qu'on sache ce qu'on veut dans ce pays-là.
05:16Ce n'est pas le collectif
05:19où je dis qu'il n'y a rien de bon.
05:20Mais nous, qui sommes guadeloupéens,
05:22avons-nous réellement un problème dans le carburant et dans l'eau ?
05:25Pourquoi ne sommes-nous pas présents sur le terrain ?
05:28Mais je considère aujourd'hui, M. Virasam,
05:30il y en est clair.
05:31Vous savez bien que tout le dépôt est vide.
05:32Tout l'extérieur est vide.
05:34Donc, je voulais rassurer mes salariés.
05:36Cette journée que je considère comme une journée morte,
05:39mais c'est une journée positive pour moi.
05:41Parce qu'un chef d'entreprise ne doit pas se tromper.
05:44Je ne peux pas aller au combat
05:45si les personnes concernées ne se sentent pas concernées.
05:48Donc, aujourd'hui, je suis clair et net.
05:50En ce qui me concerne, Jean-Luc Devouton,
05:52je considère que j'ai fini.
05:54Je n'ai ni de grève à faire,
05:56ni d'action à mener.
05:57Que les choses soient claires pour moi.
05:58D'accord ?
05:59Donc, si les Guadeloupéens considèrent
06:00qu'il doit y avoir du mouvement,
06:02les Guadeloupéens vont se réveiller.
06:04Mais je ne pense pas qu'on puisse parler
06:05d'un Sud-Bastère endormi,
06:08en train de mourir,
06:09sans que les gens se sentent concernés.
06:11M. Virasam, qu'est-ce que vous pensez ?
06:13Est-ce vraiment tort, sur ce que je comprends,
06:15ou avons-nous vraiment pas de problème
06:17dans le Sud-Bastère ?
06:21D'accord.
06:23Donc, c'est pour ça que je veux dire
06:24que je souhaitais que mes salariés
06:25me comprennent.
06:26Donc, ce que je veux dire,
06:28en tout cas, vous êtes informés.
06:30Moi, je vais rester encore ici
06:31jusqu'à midi pour comprendre
06:32si je me trompe.
06:34Et si, effectivement, je ne me trompe pas
06:36et qu'il n'y a personne,
06:38ça veut dire qu'à Bastère,
06:40nous n'avons pas de problème.
06:41Nos commerçants sont très bien.
06:44Tout.
06:45Notre économie fonctionne très bien
06:46et nous n'avons pas de problème.
06:48Et comme le groupe de Vouton
06:50estime être en capacité
06:51de sortir de ces problèmes,
06:52on fera le combat aussi
06:54du groupe de Vouton.
06:55En tout cas, merci de votre présence.
06:57Je sais que ce n'est pas facile,
06:58mais je vous promets une chose.
07:00C'est que je suis un homme
07:01de frais de combat.
07:02J'irai jusqu'au bout.
07:04La bonne nouvelle du jour,
07:06c'est que j'ai mon neveu,
07:07Marc de Vouton,
07:09qui traverse le même combat que moi,
07:11en plus jeune.
07:12Et le combat que nous menons aujourd'hui,
07:14ça la fera pour nos salariés
07:16et pour les jeunes de Vouton
07:17qui vont devoir relever le combat.
07:19J'ai envie de te dire,
07:20je suis content que tu sois là ce matin
07:22parce que je dis qu'il n'y a pas mieux
07:23qu'un de Vouton
07:23pour défendre un groupe de Vouton.
07:25D'accord ?
07:26En tout cas, merci pour ta présence.
07:28Merci pour ton engagement.
07:29Et je suis en contact permanent
07:31avec mon fils.
07:31Je pense qu'il a compris
07:33et il a mesuré
07:33l'importance du combat en Guadeloupe.
07:36D'accord ?
07:36Donc je pense que
07:37je prends ma retraite bientôt,
07:39mais ce sont les jeunes
07:40que je prépare
07:41qui reprendront le flambeau.
07:42Je n'ai pas de crainte
07:43car je fais confiance à Dieu.
07:44Merci.
07:44Merci.