00:00RMC, le choix de la rédaction.
00:02Et on pose la question ce matin sur RMC, les commerçants sont-ils les grands perdants de ce week-end
00:07de pillage partout en France ?
00:09On en parle avec notre correspondant dans le sud-ouest, Pierre Bourges, bonjour.
00:14Bonjour Élise, bonjour à tous.
00:15Pierre Serge Papin, le ministre des PME, rencontre les fédérations de commerçants ce matin avec les banques et les assurances
00:20pour faire le point sur la situation.
00:23Et Pierre, vous êtes allé justement à la rencontre de ces commerçants impactés, au moins 1500 enseignes de nombreux indépendants,
00:29soulignons-le, qui ont été touchés, c'est ce que dit la Fédération du Commerce.
00:32L'heure est désormais à la constatation des dégâts, Pierre.
00:34Oui, les dégâts sont importants, très importants.
00:37A Bordeaux, par exemple, plusieurs dizaines de commerces ont été pillés.
00:41Tous affichent les mêmes stigmates, vitrines éventrées, production volée, matériel saccagé, tout est à refaire.
00:47C'est le cas dans la boutique de vêtements indépendante d'Estelle, qui a été la cible des casseurs samedi.
00:52Elle m'a invité à constater les dégâts avec elle.
00:55Ils ont réussi avec beaucoup de personnes, puisqu'on a vu des vidéos, ils étaient une trentaine à faire tomber
01:00cette vitrine-là.
01:02Et donc, une fois que la vitrine est tombée, c'était entrée libre dans le magasin de 16h jusqu'à
01:0823h.
01:08Tout ça, c'était une ligne de vêtements complète, donc les trois quarts ont été pris.
01:11Et tout ce qu'on avait sur nos tables, c'était une multitude de bijoux avec des présentoirs.
01:14Ils partaient directement avec les présentoirs et les bijoux à l'extérieur.
01:18On n'a jamais été attaqués, nous, en tant que petits commerçants indépendants, ça n'en s'est jamais arrivé.
01:22Et on est déçus et à la fois écoeurés parce que les manifestations qui sont faites, elles sont pour des
01:27causes qui sont concrètes et réelles.
01:28Et tout ça, ça ne devrait pas avoir lieu.
01:30Et même si c'est un peu tôt pour avoir une estimation précise, ce 17 octobre risque de coûter très
01:35cher à la commerçante.
01:37La casse, c'est une chose, mais il y a aussi, nous, tout le travail qu'il y a derrière
01:40qui est énormissime pour les filles, pour tout.
01:42Nous, on est encore un peu à l'ancienne, mais on aime bien tout étiqueter à la main, avoir les
01:46produits à disposition des clients.
01:48Pour les filles, c'est un travail monstre qui va devoir être refait de A à Z avec le mobilier,
01:51etc.
01:52C'est sûr que c'est plus de 100 000 euros.
01:53Enfin, c'est démesuré.
01:55Vraiment, c'est démesuré.
01:57Et ce n'est pas la seule.
01:58D'autres boutiques voisines évaluent aussi leur perte à plus d'une centaine de milliers d'euros.
02:02Il n'y a pas qu'à Bordeaux, Pierre, que les dégâts sont considérables.
02:05Non, c'est le cas à Paris aussi, où Célestin Bougère a rencontré plusieurs commerçants touchés.
02:10Les dégradations, ce chiffre là aussi, à plusieurs dizaines de milliers d'euros.
02:14C'est le cas de cette fleuriste boulevard Magenta, l'un des lieux les plus pillés près de la place
02:18de la République.
02:19Ils m'ont volé mes fleurs.
02:20Ils m'ont volé mes fleurs.
02:21Ils m'ont cassé mes vases, des vases qui coûtent cher.
02:24Ils m'ont détruit mon matériel.
02:27Regardez ça.
02:28Ils m'ont tout.
02:29Et puis en plus, non, mais ils ont tout fait tomber, tout cassé.
02:34Non, mais je n'ai pas de mots en fait.
02:35Je suis écœurée.
02:36Je vous lis, je suis écœurée.
02:37Et après, je vais faire une déclaration à l'assurance.
02:40Et voilà.
02:40Et après, je vais attendre.
02:42Attendre.
02:43Attendre.
02:43Qu'on me rembourse.
02:46Cette fleuriste, elle parle d'attente.
02:49Il est là, le vrai risque, Pierre.
02:50Oui, parce que deux problèmes font face au patron, aux patronnes désormais.
02:54Le délai des remboursements et l'incapacité à rouvrir immédiatement, compte tenu de l'ampleur des dégâts.
03:00Certains commerçants craignent même de rester fermés jusqu'à Noël.
03:03Alors, si les assurances couvrent généralement les dégradations, c'est plus rarement le cas pour les pertes d'exploitation liées
03:09à l'impossibilité de rouvrir, rappelle Pierre Bosch, président de la Confédération des commerçants de France.
03:14Il y a de nombreux commerçants qui n'ont pas ce type d'assurance, notamment tout ce qu'on appelle
03:21perte d'exploitation et donc qui risquent de ne pas être indemnisées.
03:24Donc, les conséquences peuvent être dramatiques et ça peut mettre en péril de très nombreux commerces.
03:28Sa Confédération demande donc à ce que les procédures de déclaration de sinistre soient simplifiées et accélérées pour aider les
03:35commerçants impactés.
03:36Merci beaucoup, Pierre Bourges.
03:38Le choix de la rédaction en direct ce matin, ça vous fait réagir les commerçants, commerçantes.
03:42On vous attend ce matin.
03:44Difficile, gueule de bois, disons-le hier matin.
03:46Peut-être pour certains ce matin encore, puisqu'il y a eu encore des pillages et des affrontements dans la
03:51nuit.
03:51Vous témoignez, vous n'hésitez pas au 32-16.
03:53Et ces pillages, vous y avez assisté, vous les avez constatés, Cyril, qui nous appelle depuis Bougival.
03:59Cyril, vous êtes chauffeur VTC, bonjour.
04:02Bonjour.
04:03Vous avez travaillé ce week-end et vous avez vu les différents commerçants être attaqués.
04:08Samedi soir, j'ai évité la zone de guerre parisienne, parce que c'était un peu le zoo aussi, c
04:14'était n'importe quoi.
04:15D'ailleurs, je tiens à signaler quand même que ce n'est pas qu'en France que c'est arrivé.
04:18En Italie, ça a fortement pété.
04:19Au Portugal, ça n'a pas pété.
04:21C'est en Albanie, c'est au bord du gouffre.
04:26Et c'est n'importe quoi.
04:27Mais là...
04:29Profitons-en si vous avez raison, soulignons-le, que la France attire les regards,
04:33mais qu'il y a d'autres villes de l'Union Européenne où ce genre de scènes se sont produites.
04:38Pas avec une telle intensité encore.
04:40En Italie, c'était très chaud.
04:41Oui, oui, oui.
04:42Milan à la place du Dôme, bien sûr.
04:44En Albanie, ils ont quand même fait tomber un ministère quand même.
04:47Mais c'était sûr que ça a dégénéré.
04:48Moi, hier, j'ai vu un peu les dégâts.
04:50Je suis passé peu de temps après.
04:51Ils étaient en train d'éteindre le feu dans un bureau de tabac.
04:53Mais ce qui est lunaire, c'est que la vie continue normalement à côté.
04:56Et à côté, il y avait un bar.
04:57Il y avait des gens qui buvaient leur café normal.
05:00J'apprends que ça choque, mais ils sont vraiment choqués.
05:01J'apprends qu'on vit avec.
05:03J'ai vu des mois...
05:04C'est pour la première fois que je vois des trucs comme ça à Paris.
05:06Il y a eu la réforme des retraites.
05:07C'était le même bordel.
05:08La Fernelle, c'était le même bordel.
05:10Moi, j'ai même pris un tir de mortel une fois sur la voiture.
05:12C'était n'importe quoi.
05:14Mais en fait, là...
05:15Pardonnez-moi, Siri, vous n'avez pas l'impression que la situation est si différente des autres fois ?
05:18C'est ce que vous dites ?
05:20Ça s'est un peu intensifié.
05:21Parce que les gamins qui ont foutu le bordel, les casseurs, les pierres,
05:24c'est ceux qui étaient là il y a 2-3 ans,
05:25qu'on pensait que tout le monde les avait mis,
05:27soi-disant, on les avait fait en coopération immédiate.
05:30Visiblement, il ne s'est rien passé.
05:31Ils n'ont pas pris de prison.
05:32Ils n'ont rien pris.
05:34Il y a encore un laxisme judiciaire là-dessus.
05:35Mais moi, je trouve qu'accuser un parti politique là-dessus...
05:38Il y a eu des condamnations, vous me prenez le cours.
05:40Il y avait eu des condamnations.
05:41Je ne saurais pas vous dire exactement lesquelles là à froid, Cyril.
05:47Il y en avait eu des condamnations.
05:48Sont-ce les mêmes qu'on a vues ?
05:49Je ne sais pas.
05:50Est-ce qu'il y a eu des récidivistes dans la fin ?
05:52Il faudra regarder exactement ce que donneront les comparutions immédiates
05:55pour ce qui est des majeurs.
05:57Mais Cyril, je retiens que vous dites le sentiment que c'est...
06:01J'ai vu ça sur les réseaux aussi.
06:02C'est une banalisation.
06:03Mais c'est très spécial de voir des poubelles qui crament
06:06et des affrontements entre des casseurs et des CRS
06:07et de voir un livreur Uber Eats qui passe
06:10et un runner qui fait son jogging en même temps.
06:12Il y a ce truc un peu surréaliste que vous décriviez, Cyril,
06:15des gens qui prennent leur café à côté.
06:17Oui, c'est ça.
06:18C'est devenu banal.
06:19Mais malheureusement, ça fait depuis...
06:21Comme vous l'avez dit, 2016, c'était comme ça.
06:22Les gilets jaunes, c'était comme ça.
06:24Hier, j'ai écouté le président.
06:25Enfin, j'ai écouté vite fait.
06:27Il ne fait même pas peur dans son discours.
06:28On dirait qu'il est le prompteur en essayant de faire un peu peur.
06:31Il annonce qu'il va dans le golfe.
06:32Tout le monde le dit.
06:34Moi, je suis passé samedi matin dans Bourdin Matin.
06:37Il y a Ali qui est passé.
06:38Il y a d'autres.
06:38On a tous dit la même chose.
06:39Ça va dégénérer.
06:41Comment ça se fait que le président l'avait ?
06:42On lui dit que ça va dégénérer.
06:43Toute la semaine, on l'a dit que ça va dégénérer.
06:45Il va au concert de Céline Dion.
06:46Ce n'était pas la place.
06:47Il fallait être en cellule de crise.
06:48Ça vous a choqué, Cyril, cette image du couple présidentiel
06:52au concert de Céline Dion vendredi soir.
06:53Ce n'est pas samedi.
06:54J'espère que ce n'était surtout pas à nos frais.
06:57Mais bon, on n'est plus à ça après.
06:59Mais par contre, moi, ce qui me choque,
07:01c'est qu'il n'y a rien qui a été préparé.
07:03Les flics n'étaient pas préparés.
07:04On a vu quand même un jeune jeter une cheminée par le toit
07:08sur des policiers quand même.
07:10Cyril, merci de votre appel.
07:11Et je comprends à la fois votre étonnement
07:13et à la fois le ton qui dit qu'on aurait pu l'anticiper.
07:17On aurait pu anticiper ce qui s'est passé.
07:20C'est une question qui se pose aujourd'hui
07:21et c'est celle de la responsabilité aussi des autorités.
07:23Est-ce que c'est un fiasco imputable au ministre de l'Intérieur ?
07:27Certains demandent sa tête ce matin.
07:28Vous réagissez au 32-16 comme l'a fait Cyril qui témoigne en direct.