00:00Quand des maires de France appellent à se rassembler devant les mairies ce midi,
00:03son représentant dans la Drôme, le maire de Valence est avec nous ce matin, Emmanuel Champal.
00:07Bonjour Nicolas Daragon.
00:09Bonjour.
00:09Il y a moins d'une heure, un communiqué de l'Elysée nous apprenait que le ministre de l'Intérieur
00:13a déposé sa démission auprès d'Emmanuel Macron, qu'il a refusé.
00:18Il maintient donc la confiance à son ministre de l'Intérieur.
00:22Vous en pensez quoi ?
00:23Je pense que le ministre de l'Intérieur assume sa responsabilité.
00:27Il n'est pas responsable de tout, mais en tout cas le sous-dimensionnement de la réponse apportée aux manifestations
00:32samedis
00:32et notamment des dégradations extrêmement importantes, des violences qui se poursuivent.
00:38Emmanuel Macron aurait accepté cette démission ?
00:40Il emporte une responsabilité.
00:41Je ne sais pas, parce qu'on est déjà dans un climat institutionnel extrêmement fragilisé.
00:45Ce qu'il y a de sûr, c'est que c'est digne de la part du ministre de l
00:48'Intérieur de le proposer
00:49et que compte tenu de la période, c'est peut-être mieux qu'on ait un ministre de l'Intérieur
00:52et qu'on en reparle après. De toute façon, la durée de ce gouvernement est dorénavant très limitée.
00:58Nicolas D'Aragon, vous appelez à un rassemblement citoyen ce midi devant la mairie de Valence
01:02comme d'autres municipalités. André Mardèche, pourquoi faire ?
01:06Faire prendre au gouvernement, faire prendre conscience au gouvernement,
01:09faire prendre conscience à cette grande majorité silencieuse de nos concitoyens
01:13qui se questionnent, qu'il y a une France qui ne crie pas, qui ne casse pas, qui ne menace
01:18pas.
01:18Celle-là est au courant qu'elle ne crie pas. Le message est plutôt vérification.
01:22Parmi eux, il y a des gens qui sont dans le doute aujourd'hui,
01:24qui se demandent pourquoi personne ne manifeste pour dire
01:27qu'on veut retrouver cette France qui est calme, sereine,
01:32qui peut manifester parce qu'elle a des revendications.
01:35On n'est pas en train de dire qu'il faut se taire à tout prix,
01:37mais en tout cas, une France qui travaille, qui s'engage, qui fait vivre nos communes
01:40et qui croit encore aux valeurs de la République.
01:41Je crois que c'est important qu'on le proclame dans des moments comme ceux-là
01:44où on vient de vivre un week-end inédit en termes de violence.
01:48Ce message ne passera pas auprès des casseurs, vous le savez bien.
01:51Bien sûr, ce que j'aimerais, c'est que le ministère de l'Intérieur
01:54donne les ressources nécessaires pour que les casseurs soient interpellés.
01:58Ça veut dire quoi ? Ça veut dire plus de policiers ?
02:00Ça veut dire sans doute que s'il y a d'autres manifestations,
02:02il faudra renforcer la présence des forces de sécurité intérieure.
02:07Peut-être mieux prévoir ces événements aussi,
02:09parce qu'on peut parler d'imprévision, le président de la République l'a dit hier,
02:11donc je peux l'affirmer dorénavant.
02:14Et puis ça veut dire aussi peut-être faire prendre conscience aux manifestants
02:18que bien sûr ils doivent pouvoir porter leurs revendications,
02:22mais aussi avoir une forme de lucidité par rapport à ce qui se passe autour des cortèges
02:25dans lesquels ils se trouvent, parce que moi il y a un sujet qui m'étonne depuis le début,
02:28c'est lorsqu'il se passe de tels événements à côté de vous en temps normal,
02:32soit vous allez demander aux gens de se calmer, si vous le pouvez,
02:36mais je conçois que quand c'est une horde de dix personnes cagoulées,
02:39on n'ait pas envie de prendre ce risque,
02:40soit vous allez au moins vous en écarter,
02:42parce qu'en restant vous empêchez les forces de sécurité intérieure de travailler,
02:46et vous prenez des risques pour vous-même.
02:48J'ai vu des familles qui étaient au milieu de ce type de phénomène,
02:51et je ne comprends pas, j'ai été moi-même enfermé dans l'hôtel de ville,
02:54je voyais ces familles à côté d'eux,
02:56des dizaines de jeunes cagoulées qui mettaient le feu, qui dégradaient.
02:59La Confédération Nationale du Travail a été mise en cause par la préfète de la Drôme,
03:04elle a dit, ils auraient dû s'éloigner eux aussi, c'est aussi votre discours,
03:08les syndicats qui auraient dû s'éloigner, qui auraient dû quitter la manifestation ?
03:11Alors moi je pense que quand on est proche de ce type de phénomène,
03:15bien sûr qu'on doit s'éloigner, bien sûr qu'on doit...
03:17C'est la faute des syndicats si ça a dégénéré ?
03:19Pardon, mais quand les syndicats organisent une manifestation,
03:21en général ça se passe correctement,
03:23ça veut dire qu'il y a un service d'ordre et une organisation.
03:26Là on a la CNT qui dépose un préavis de manifestation statique sur le champ de Mars,
03:29et une manifestation qui s'engouffre dans les rues piétonnes.
03:32Et donc on a les phénomènes qu'on a connus.
03:34Donc ça veut dire que, oui, on doit s'éloigner de ce type d'événement
03:38quand on voit ce qui se passe, on prend des risques pour soi-même,
03:41et on empêche les forces de sécurité intérieure d'intervenir.
03:45Voilà le résultat.
03:46Moi aujourd'hui, ceux pour lesquels j'ai une pensée,
03:47ce sont les victimes, c'est-à-dire à Valence les commerçants,
03:51c'est mes concitoyens qui vont devoir assumer les 100 000 euros de dégâts
03:54que nous allons avoir à réparer, que nous avons commencé à réparer.
03:58C'est aussi ceux qui sont venus revendiquer dans le calme,
04:00et qui n'ont pas pu le faire, tout simplement,
04:02parce qu'il y a eu des hordes de personnes violentes
04:06qui n'ont pas toutes été interpellées, évidemment,
04:08parce qu'elles utilisent ces manifestants comme boucliers, tout simplement.
04:11100 000 euros, c'est le chiffre définitif, c'est le bilan définitif.
04:15C'est l'estimation qu'on a faite entre samedi et hier,
04:18compte tenu des dégradations nombreuses qu'on a constatées.
04:21100 000 euros, pour vous donner un ordre d'idée,
04:23c'est le coût de fonctionnement pour une école de 200 élèves à Valence.
04:26C'est l'équivalent de 10 000 repas servis dans les cantines.
04:29Je pense que c'est important qu'on le dise,
04:30et que nos concitoyens prennent conscience de ce que ça coûte.
04:33Et là, je m'adresse aux manifestants pour leur redire,
04:36oui, manifestez, mais suivez un itinéraire
04:39qui n'engendre pas la possibilité pour les casseurs
04:42de venir se mêler à vous.
04:44Nicolas D'Aragon, vous êtes maire de Valence,
04:46le chef de l'État l'a dit hier soir,
04:48avec la préfète de la Drôme,
04:50vous pourrez interdire des manifestations, des rassemblements à l'avenir.
04:54Vous allez le faire ou pas ?
04:55C'est la préfète de la Drôme qui a ce pouvoir d'interdire une manifestation,
04:58s'il y a un risque de trouble à l'ordre public.
05:00Bien sûr qu'il y a une concertation.
05:02Si elles ne sont pas organisées,
05:04si elles ne sont pas encadrées,
05:05comme savent très bien le faire les services d'ordre des syndicats,
05:08oui, je pense qu'il faudra y réfléchir,
05:10parce qu'on ne peut pas se retrouver dans la même situation que samedi dernier.
05:12Et encore Valence,
05:13quand on regarde par rapport aux autres villes de même taille,
05:16a été relativement épargnée.
05:17On a trois commerces et une association
05:19qui ont été pillées,
05:20et que nous allons soutenir,
05:22et que je reçois cet après-midi.
05:25Mais c'est inédit.
05:26On n'avait jamais connu ça à Valence.
05:27Donc oui, il faut que les manifestations soient déclarées,
05:30qu'elles soient encadrées,
05:31et si ça n'est pas le cas,
05:32on ne peut plus prendre ce type de risque.
05:33Il y a déjà une qui est annoncée pour le 5 novembre.
05:35Vous êtes inquiet ?
05:36Je crois qu'elle est déposée par l'intersyndicale.
05:38Je suis beaucoup moins inquiet,
05:40et je pense qu'il va falloir qu'on se concerte
05:41pour discuter de l'itinéraire.
05:44Les gens doivent pouvoir manifester,
05:46doivent pouvoir dire quelles sont leurs revendications.
05:48Ça ne doit pas nuire,
05:50ou créer des risques,
05:52qui se sont réalisés ce samedi,
05:55qui soient supérieurs à la possibilité de revendiquer.
05:59Un dernier mot,
06:00on a vu hier, notamment à Lyon ou à Paris,
06:02des mouvements qui sont nés comme ça,
06:04sans aucun appel,
06:06des casseurs qui se sont invités dans les centres-villes.
06:08Vous craignez ça aussi pour les prochains jours,
06:10pour les prochaines semaines ou pas ?
06:11Je crains tous ces phénomènes qui sont encouragés
06:13par l'extrême-gauche depuis trop longtemps.
06:15Dans le discours des responsables d'extrême-gauche
06:17au niveau national,
06:18on légitime la violence.
06:19Et à force de légitimer la violence,
06:21on l'encourage et on se retrouve avec ce type de phénomène.
06:24Aujourd'hui, on est dans un pays
06:26qui n'a pas d'argent,
06:28qui n'a plus de moyens.
06:29On est dans un pays qui n'a pas de majorité
06:31à l'Assemblée nationale.
06:32Et on a un agitateur,
06:33M. Mélenchon,
06:34qui crée le trouble et encourage à la violence.
06:37Dans tous ses propos,
06:37mais si vous prenez d'ailleurs tous les responsables de LFI,
06:39ils vous expliquent que la violence est légitime,
06:41lui vous explique qu'il faut faire tomber la citadelle.
06:44C'est devenu insupportable pour nos concitoyens.
06:46Il faut se souvenir,
06:47certes on a des sondages qui lui donnent 15, 16, 17%.
06:50On a encore 85% de nos concitoyens
06:52qui ne veulent pas ce type de phénomène dans leur vie.
06:56C'est tout.
06:57Point barre, ils veulent vivre sereinement.
06:58Ils veulent travailler pour construire une vie
07:01et pas pour rembourser des dégâts
07:03créés par l'extrême-gauche
07:04qui encourage ce type de phénomène.
07:06On a entendu d'ailleurs les témoignages
07:07de ces valentinois ce matin
07:08qui réclament plus de sérénité,
07:10et qui ne veulent plus voir ce genre d'action
07:13dans leur centre-ville.
07:14Merci à vous Nicolas D'Aragon,
07:16maire de Valence,
07:17président de l'Association des maires de France,
07:19dans la Drôme.
07:20Passez une bonne journée.
07:20Merci.
07:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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