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  • il y a 15 heures
Du 17 au 21 octobre, le Salon international de l'alimentation réunit à Paris les professionnels de l'agroalimentaire. Dans un secteur confronté aux tensions sur les prix et à l'évolution des habitudes de consommation, l'enjeu est de concilier alimentation responsable, innovation et croissance. Pour en parler, Alexis Vaillant, fondateur et PDG d'Alterfood, une PME française créée en 2009, qui développe des marques engagées pour une alimentation plus responsable, est au micro de l'émission dans SMART ÉCO.

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Transcription
00:04Du 17 au 21 octobre, le Cial, le Salon international de l'alimentation, réunit à Paris les professionnels de l
00:10'agroalimentaire venus du monde entier.
00:13Dans un secteur confronté aux tensions sur les prix et l'évolution des habitudes de consommation, comment concilier alimentation responsable,
00:21innovation, croissance ?
00:22Pour en parler, je suis ravie d'accueillir Alexis Vaillant qui nous répond en direct depuis le Cial. Bonjour.
00:30Bonjour.
00:31Vous êtes le fondateur et PDG d'Alterfood, une PME française créée en 2009 qui développe des marques engagées pour
00:39une alimentation plus responsable.
00:41Je disais que vous aviez dans votre portefeuille une vingtaine de marques.
00:44Comment on tient un business model avec autant de marques à gérer dans son portefeuille ?
00:52La vingtaine de marques, elles se sont constituées au cours de l'histoire de l'entreprise.
00:57Elles se sont constituées notamment pour répondre à des unités de besoin de nos clients.
01:02Sur la vingtaine de marques, on a quand même quelques marques en distribution, donc des marques qui ne nous appartiennent
01:06pas,
01:07qui nous servent notamment à servir des segments de marché qui sont des segments divers et variés.
01:15Et nous, c'est vrai qu'on est très focalisés, principalement nous, sur trois segments avec trois marques.
01:19D'accord.
01:19Le segment des soupes avec la marque Marcel Bio, des snacks avec Blast et des sodas avec Limo, Léamo.
01:26Léamo alors du coup.
01:27Oui, parce que c'est ces trois marques-là qui tirent un petit peu Alterfood et que vous êtes justement
01:31venu présenter sur le salon Le Cial.
01:35Oui, tout à fait.
01:36On présente particulièrement Marcel Bio, puisqu'on est sur une grande politique d'investissement.
01:42On a repris l'usine l'année dernière.
01:44C'est une marque de soupes bio, très engagée.
01:47Alors là, on voit Limo à l'écran, mais sur Marcel Bio, on fait effectivement des légumes en filière avec
01:55des soupes qui sont toutes Nutri-Score A et des produits d'extrêmement bonne facture.
02:00Donc, c'est un des produits qu'on présente au Cial, puisqu'on vend la Provence, la cuisine française.
02:05Et puis, Limo, qu'on voit ici à l'écran, qui sont des sodas hyper clean, avec quelques ingrédients, une
02:11liste courte d'ingrédients, aucune substance controversée.
02:13Et moins de 5 grammes de sucre, avec la volonté d'avoir des sodas qui vont un peu aux antipodes
02:19de ce qui se fait de manière classique par les multinationales
02:23ou aux antipodes de la ultra-fonctionnalité qu'on vit actuellement avec les herniers drink et Tootsie-Quentie.
02:29Nous, on a vraiment la volonté de proposer une boisson plaisir, mais une boisson saine.
02:35Comment ça se construit, ce type de recettes, justement, dont vous parliez, qui sont en plus avec des produits français,
02:43bio,
02:44essayer de respecter, j'imagine, un prix accessible ? Comment tout ça, ça s'agence ? Est-ce que c
02:50'est difficile de produire français et bio ?
02:53Oui, c'est difficile. Non, ce n'est jamais difficile. Ce qui est difficile, effectivement, et vous l'avez bien
02:59noté, c'est l'équation économique.
03:00C'est l'équation économique de pouvoir présenter un produit qui est à la fois clean et à la fois,
03:08disons, accessible en prix, si je puis m'exprimer ainsi.
03:12C'est le grand travail qu'on a fait chez Interfood ces trois dernières années. Je crois que pendant dix
03:15ans, on a travaillé essentiellement l'impact,
03:18on a travaillé essentiellement d'avoir les produits les mieux-disant du marché.
03:21Et puis, il y a eu les différentes crises inflationnistes que vous connaissez, qui nous ont obligés à nous repositionner
03:27et à travailler notre équation différemment
03:30et à trouver, effectivement, des solutions pour pouvoir toujours être toujours aussi clean, mais plus accessibles, plus abordables.
03:39Donc, ça passe par de la simplification de recettes, ça passe par de la massification d'achats d'ingrédients,
03:45ça passe par du développement de filières type, ça passe par des productions beaucoup plus importantes en termes de minimum
03:52de production.
03:52Bref, c'est une vaste équation qui est effectivement très difficile à remplir, mais sur laquelle on travaille et avec
04:00nos producteurs d'un côté
04:02et avec nos clients distributeurs qui jouent le jeu et qui sont en capacité aussi de nous apporter des volumes
04:07pour nous permettre d'écraser en partie les coûts.
04:10Oui, comment est-ce que vous ressentez aussi l'équation du côté consommateur, alors qu'on parle du sujet du
04:16pouvoir d'achat est quand même un sujet dont on parle tous les jours ?
04:20Côté consommateur, est-ce que vous ressentez qu'ils sont encore prêts à mettre le prix du « made in
04:26France » ou alors d'une alimentation qui soit responsable et bio ?
04:33Il y a indéniablement un vrai sujet de pouvoir d'achat, mais effectivement il y a également un sujet de
04:41santé publique et de produits plus sains, plus propres.
04:46Le but c'est d'arriver à trouver un juste équilibre entre les deux, entre le prix et de l
04:51'autre côté le bio.
04:52Le marché du bio, par exemple, est un marché qui se porte extrêmement bien cette année, qui est en croissance.
04:58À la fois les réseaux bio sont en croissance, mais aussi les ventes de produits bio sont en croissance.
05:03Pendant longtemps, on a connu une croissance de produits bio qui était portée plutôt par le développement du nombre de
05:08références ou par le développement du nombre de points de ventes.
05:11Et aujourd'hui, on a une croissance du bio qui est plutôt saine, puisque c'est vraiment un développement de
05:16la consommation.
05:16C'est-à-dire qu'on a effectivement un marché avec des consommateurs qui cherchent d'un côté à acheter
05:22moins cher, mais de l'autre côté aussi à acheter mieux, à acheter meilleur.
05:25Et on ressent quand même un vent positif autour des produits sains et des produits bio.
05:31Alterfood a traversé une période difficile après Covid.
05:34Comment est-ce que vous avez fait pour retravailler justement votre stratégie post-2019 et retrouver ce chemin de la
05:40croissance ?
05:43Ça a été un long chemin de croix. Déjà, il a fallu restructurer l'entreprise financièrement.
05:48On a dû changer d'actionnariat, faire entrer un nouvel actionnaire.
05:53Ensuite, il a fallu revoir l'intégralité de l'offre.
05:56Et ça, ça a été très très long, puisque ça implique des changements de recettes, des changements d'emballages.
06:02Et puis, la réalité, ce qui fait que...
06:05Très chompétérien, ce que je vais vous dire, mais ce qui fait qu'on est toujours là, c'est qu
06:08'on est passionné d'innovation.
06:09On est passionné de produits et qu'on a continuellement, continuellement, continuellement innové.
06:15Et malgré les échecs qu'on a pu rencontrer sur certaines innovations, on a aussi rencontré de francs succès,
06:20notamment avec l'IMO, avec Marcel Bio, qu'on a ici.
06:23Et donc, c'est aussi la capacité, et je pense que dans ce métier, c'est très important,
06:27la capacité d'une PME à continuellement se renouveler, à continuellement innover.
06:33C'est ce qui a fait qu'aujourd'hui, on est plutôt dans une phase extrêmement positive de croissance.
06:38On retrouve la rentabilité peu à peu, malgré un impact qu'on n'avait pas prévu cette année,
06:44qui est l'impact de la crise du Moyen-Orient et l'impact sur notre logistique,
06:48qui est extrêmement importante également et qu'il faut prendre en considération.
06:51Mais on est plutôt sur une vague que je sollicierais de positive,
06:56et on va continuer à innover dans les mois et dans les années qui viennent,
06:59parce que c'est des marchés qui bougent très très vite, et il faut constamment s'adapter.
07:05Justement, cette innovation, c'est aussi de l'agilité, parce que vous avez plusieurs marques.
07:11Justement, ça vous permet d'être très agile, de pouvoir accélérer sur l'une,
07:14peut-être vous mettre en retrait sur l'autre, et pouvoir vous adapter à vos marchés.
07:19Exactement, on fait des choix stratégiques.
07:21On va décider à un moment donné de continuer ou d'arrêter une marque, d'accélérer sur une autre.
07:26Aujourd'hui, on a des véhicules très forts, que sont Marcel Bio, Limo et Blast sur les snacks.
07:33Et donc, on capitalise beaucoup, on capitalise beaucoup sur Marcel Bio,
07:36parce qu'on a encore beaucoup de chemin à faire sur la soupe,
07:38et c'est exceptionnel aujourd'hui ce qui se passe autour de nos produits,
07:42autour de cet atelier de production au cœur de la Provence.
07:46Limo, les sodas, on a aussi ouvert une voie sur du clean soda,
07:49sans aller vers la fonctionnalité, et on voit que ça répond bien,
07:52parce que le produit est plutôt bien positionné en prix,
07:56et il répond à un vrai besoin de marché.
07:58Et en plus, je pense que le packaging est très appealing,
08:00et donc ça fait effectivement beaucoup écho,
08:03et qu'on a une super distribution également.
08:05On va nous retrouver dans la GMS, mais aussi dans le hors-domicile,
08:08dans le travail retail, chez Relais par exemple, ou chez les pétroliers, chez Total.
08:12Donc on a une belle distribution.
08:14Et puis, vous l'avez noté, sur une marque comme Blast par exemple,
08:17on est en train de travailler des produits plus fonctionnels.
08:20Donc effectivement, ça nous permet de développer des nouveaux segments,
08:24d'accélérer, ou sur d'autres par exemple,
08:27comme les jus de fruits, où c'est plus difficile en ce moment,
08:30de ralentir, voire d'arrêter sur certaines marques ou certains produits.
08:34Et ce changement d'actionnariat,
08:36donc le groupe Bolloré qui est entré au Capital,
08:40cette envergure d'actionnaires,
08:42ça vous a donné un vrai coup de boost pour la croissance ?
08:47Oui, c'est une chance exceptionnelle,
08:49puisqu'on a la chance d'être toujours une PME,
08:53puisque je reste actionnaire majoritaire,
08:55et je reste aux commandes de mon entreprise.
08:57Mais on a surtout la chance d'avoir un actionnaire
08:59qui est derrière des entrepreneurs.
09:01Et donc, avec une vision long terme,
09:03une vision entrepreneuriale,
09:05et une volonté de nous laisser piloter,
09:08tout en nous donnant des moyens
09:10qui sont importants pour pouvoir se structurer
09:14et construire l'avenir de notre entreprise.
09:15Donc, en fait, c'est une grande chance,
09:18et je ne le cache pas ici,
09:20d'avoir un actionnaire comme le groupe Bolloré,
09:23parce que c'est un groupe d'entrepreneurs,
09:25c'est un groupe qui est d'une dimension multi,
09:30disons multi-activité,
09:32dans énormément d'industries différentes,
09:34et donc qui ont une vision, encore une fois,
09:36qui est à la fois entrepreneuriale et long terme,
09:38et surtout une vision de confiance vis-à-vis de ces entrepreneurs.
09:41Et moi, c'est une chance que j'ai de pouvoir être extrêmement libre
09:45dans mes choix stratégiques et dans ma volonté de développer ma mission d'entreprise
09:49autour de l'impact et de la food.
09:52Donc, clairement, oui, ça fait prendre une autre dimension à l'entreprise.
09:55Et donc là, vous êtes au Cial,
09:57vous indiquez sur LinkedIn vouloir faire ce tournant international,
10:02développer votre marque à l'international,
10:04vous êtes déjà présent dans plusieurs pays européens,
10:06mais comment un salon comme le Cial
10:08peut vous aider à augmenter vos ouvertures vers l'international ?
10:16Le Cial, c'est le carrefour de l'agroalimentaire mondial,
10:19c'est le plus grand salon agroalimentaire mondial.
10:22J'y suis depuis samedi, on est lundi,
10:26c'est des rencontres toute la journée d'importateurs,
10:31de distributeurs, de retailers, de toutes les origines, de tous les pays.
10:37Et donc, c'est trouver les bons partenaires dans les pays
10:42qui sont en capacité de distribuer cette typologie de produits,
10:45puisque quand on fait des produits engagés, des produits à impact,
10:48on ne peut pas trop travailler avec tout le monde.
10:49Il faut trouver les distributeurs et importateurs
10:52qui ont le même ADN que nous,
10:56et qui sont en capacité d'aller dans des réseaux
10:58sur lesquels nous, on est positionnés,
11:00où ça devrait être positionné à l'international.
11:03Et donc, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'opportunités,
11:06c'est beaucoup de rencontres.
11:09Aujourd'hui, j'ai une vision très positive de la chose,
11:11mais il faudra faire le tri, bien évidemment, à la fin du Cial.
11:16Mais c'est aussi exceptionnel parce qu'on rencontre tous nos partenaires,
11:20également du marché français.
11:22C'est un énorme hub autour de l'agroalimentaire,
11:25avec que des gens passionnés.
11:26Et c'est un bon moment parce que nous, ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas fait.
11:30Et on voit aussi que nos marques retiennent énormément l'attention,
11:36y compris d'une clientèle internationale, particulièrement d'Asie.
11:39On ressent une vraie mouvante autour de l'Asie,
11:41notamment la Corée du Sud, qui est un pays très dynamique,
11:44et qu'on espère pouvoir travailler bientôt.
11:47Et vos objectifs internationaux, du coup, ce seraient lesquels ?
11:51C'est d'abord les pays limit-prof à la France,
11:54même si on en travaille déjà beaucoup, mais pas sur toutes les catégories.
11:57On est très présents ensuite, par exemple, on est présents en Luxembourg, en Belgique.
12:01Et on a deux... Moi, j'ai deux volontés.
12:06Une, de retourner au Royaume-Uni, développer le Royaume-Uni,
12:09même si c'est à l'extérieur de l'Union européenne,
12:10et avec toutes les problématiques que ça peut impacter.
12:14On a très envie d'aller au Royaume-Uni,
12:16parce qu'on pense qu'on est légitime sur nos catégories, sur le Royaume-Uni.
12:20Et puis, je vous l'ai dit, la Corée du Sud, par exemple,
12:22des pays qui sont économiquement très dynamiques,
12:27méritent d'être travaillés, regardés.
12:29Et des pays dynamiques, et des pays avec une vision aussi
12:33de produits d'origine française,
12:35parce que ce n'est pas évident dans tous les pays
12:38que les produits d'origine française aient un impact.
12:43Mais on sent, par exemple, dans des pays comme la Corée du Sud,
12:46ou le Japon, par exemple.
12:48Le Japon, ça a toujours été un amour pour la France.
12:51Mais on voit que pour la Corée du Sud, par exemple,
12:53nos produits retiennent l'attention.
12:56Donc, il faut effectivement, comme vous le disiez,
13:01travailler les priorités d'un côté, mais aussi travailler les opportunités.
13:04Donc, on sera le point, encore une fois, à la fin du salon.
13:07En quelques secondes, Karine, il nous en reste 30.
13:10Justement, quand vous dites que nos produits français sont très attractifs,
13:14ils regardent nos produits français avec envie,
13:17c'est quoi derrière ça ?
13:18C'est justement toute cette réglementation qui protège le produit
13:21et qui fait qu'on a du bio, du local et du goût ?
13:26Oui, c'est aussi la tradition culinaire française.
13:30On est un pays de gastronomie, on est connu et reconnu pour ça.
13:34Maintenant, il faut être capable de le cultiver,
13:36et puis il faut aussi être capable de rendre nos produits plus accessibles.
13:40Parce qu'on est dans un marché de l'ultra compétitivité,
13:43de l'ultra vitesse, on est très vite copié.
13:46Donc, il faut à la fois être innovant et accessible,
13:48à la fois pour la France et à la fois pour l'international.
13:52Mais on bénéficie bien évidemment de l'attractivité de la France
13:56au niveau de la cuisine et de la gastronomie.
13:59Et ça tombe bien, c'est ce qu'on met en avant chez Marcel Bio.
14:02La France reste un pays attractif.
14:04Alexis Vaillant, merci beaucoup d'avoir été avec nous depuis le Cial.
14:08Je rappelle que vous êtes fondateur et PDG d'Alterfood.
14:11Et merci à vous tous et toutes de nous avoir suivis.
14:13C'était Smartéco.
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