00:00Alors moi je voulais vous faire part non seulement d'une grande colère et un écœurement.
00:04Il n'y a pas longtemps, quand il y a eu le mouvement lycéen, que nous avons dit, le syndicat
00:09des commissaires et d'autres,
00:10attention, le mouvement est contaminé, contaminé par la violence, par une violence aveugle, par une violence folle, ça ne peut
00:18pas bien finir.
00:19On nous a dit, mais vous avez fait 8000 gardes à vue, vous êtes en train de criminaliser le mouvement
00:24social.
00:24Et des imbécilités par elles, qui ont été parfois sorties par des professeurs, etc. et des experts autoproclamés.
00:32Aujourd'hui on nous dit, mais il n'y a pas assez de gardes à vue, mais il n'y
00:35a peut-être pas assez de fermeté judiciaire.
00:40Il y a un moment donné, il faut arrêter, on a besoin d'un électrochoc, il ne faut pas raconter
00:45n'importe quoi.
00:46On n'a plus affaire à du maintien de l'ordre, on a affaire à des violences urbaines quasi systématiquement.
00:52« Notre système tel qu'il existe, déclaration préalable, etc. parcours, n'est plus du tout respecté. »
00:59Il n'est complètement pas du tout respecté.
01:02Je voulais avant vous dire quelque chose, je pense, de fort.
01:05Moi aussi, comme mon collègue, rendre hommage, parce qu'on en a ras-le-bol d'entendre tout n'importe
01:10quoi,
01:11y compris par des gens qui n'y connaissent rien, rendre hommage aux policiers, aux gendarmes,
01:15qui ont été héroïques, en particulier les compagnies républicaines de sécurité,
01:19à un contre dix, un contre cent, un contre mille, avec aujourd'hui pratiquement plus de mille blessés.
01:26Ce sont des pères de famille, ce sont des pères de famille qui ont été parents ou qui sont parents
01:31de lycéens
01:32et qui aujourd'hui ne peuvent plus, les policiers, les CRS, travailler dans des conditions normales.
01:38Ils savent faire, ils n'ont pas besoin de l'armée.
01:40Depuis 40 ans dans ce pays, on a mis dans la tête des pilleurs, à juste titre, une certitude,
01:47c'est open bar, vous pouvez tout casser.
01:50Pourquoi ? Parce qu'il y a une impunité financière, il y a une impunité pénale.
01:54L'impunité financière, il y a eu l'affaire Naël, il y a eu 800 millions d'euros de dégâts.
01:59Est-ce qu'il y a eu ? Qui a payé ? Je vais vous donner un autre exemple.
02:02Le 13, le 14 juillet, il y a systématiquement des voitures brûlées, des commissariats qui sont attaqués,
02:09des policiers, des gendarmes.
02:11Qu'est-ce qu'on fait ? Où on en est ?
02:13Notre système n'est plus du tout adapté.
02:15Il faut remettre en place l'équivalent d'une loi anti-casseurs.
02:18On nous dit constitutionnellement, ce n'est plus possible aujourd'hui.
02:21J'entends ce que vous dites.
02:21J'entends ce que vous dites, Frédéric Lowe.
02:23Avec le fait que constitutionnellement, c'est plus possible pour réagir.
02:26J'entends ce que vous dites.
02:26Est-ce que vous avez déjà connu, vous, dans votre carrière,
02:28des moments où la police se retrouve débordée à ce point ?
02:33Non, débordée.
02:34Je n'ai pas connu ça, parce que ça s'aggrave de plus en plus.
02:39Et pourtant, je pense qu'il y a des questions sociales pour les lycéens,
02:45pour les travailleurs qui légitimement manifestent,
02:48parce que le programme de l'autorité n'est pas une finalité en soi.
02:51Moi, je suis un démocrate.
02:53Mais aujourd'hui, c'est une faillite,
02:55parce que tout simplement, on a disloqué l'autorité,
02:58l'autorité des professeurs,
02:59on a supprimé le service national,
03:01et on a fabriqué des gens qui, parfois, détestent la France,
03:05parce que s'il y avait un peu de patriotisme et un service national,
03:07on ne casse pas tout.
03:08On apprend à respecter ce à quoi on appartient,
03:11et tout simplement parce qu'on a appris un certain nombre de choses,
03:15de règles civiques qui s'enseignent.
03:16Aujourd'hui, ça monte, ça monte crescendo,
03:19et le problème n'est pas un problème policier.
03:21Bien sûr qu'on peut améliorer les dispositifs de maintien de l'ordre.
03:24Oui, je pourrais techniquement rentrer dans les détails.
03:27Bien sûr qu'on peut améliorer les dispositifs de renseignement dans l'anticipation.
03:30Mais vous dites-vous, le problème, il n'est pas là, pas d'abord là.
03:33Le problème, à 99%, il ne vient pas simplement de haut,
03:36il vient de loin depuis 40 ans.
03:38On a disloqué la dissuasion judiciaire, l'autorité,
03:42et on a mis dans la tête des casseurs et des pilleurs,
03:45de ces voyous qui, demain, vont peut-être rentrer dans les maisons,
03:49comme chez Madame, et pas simplement dans les commerces, etc.,
03:53on leur a mis dans la tête que c'est possible, c'est open bar.
03:56Il faut arrêter ça, il faut changer la loi,
03:58et on ne pourra pas la changer si on ne modifie pas la jurisprudence
04:02ou la compétence du Conseil constitutionnel.
04:04Il faut arrêter de mentir aux Français.
04:06Si vous voulez continuer, et je vais arrêter à ce rythme-là,
04:09en disant ça ne va pas, on se plaint,
04:11ok, moi je pense qu'il faut un électrochoc.
04:13Cet électrochoc, je finirai par deux choses.
04:15On l'a eu, quand il y a eu les attentats terroristes,
04:18on avait fait des propositions pour dire,
04:21voilà comment lutter contre le terrorisme 2013-2014.
04:24Beaucoup de gens sont venus voir des policiers sur les plateaux
04:27en disant, c'est liberticide, c'est dangereux.
04:29On a pris 450 morts dans ce pays,
04:32et du jour au lendemain, tout ce qui était impossible est devenu possible.
04:35Entre possible et impossible, il y a trois lettres de différence.
04:38Alors n'attendons pas d'avoir des morts pour changer les choses,
04:42donner aux policiers les moyens de travailler,
04:44et on sort à faire.
04:45On n'a pas besoin de l'armée,
04:46on aura besoin de la population,
04:48et on a besoin de bon sens et de volonté politique.