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  • il y a 4 heures
Mythomètre : « Les taux US monteront nécessairement à 6 % »

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Transcription
00:00Oui, oui, chaque jour, un expert de marché vient participer à ce conseil de famille.
00:03Et là, c'est Olivier Malteste qui vient combattre le consensus et les idées reçues.
00:06Directeur des investissements d'Alteis by You Money.
00:09C'est l'Olivier Malteste Effect.
00:10Il va falloir assumer, Olivier.
00:11Bien joué, merci.
00:12Il est rassuré. Merci beaucoup, Guillaume.
00:14Après avoir franchi les 5%, on est à 5,08 en ce moment sur le 10 ans américain.
00:17Le taux de 10 ans US va nécessairement, à un moment ou à un autre, atteindre les 6%.
00:21C'est ce que certains disent, mais vous, vous dites que c'est du gros mytho.
00:26Gros mytho.
00:27Vous foudriez cette idée qu'après 5, il y a 6,6% à venir sur la dette américaine.
00:31Peut-être un rappel d'abord sur les raisons pour lesquelles les taux sont entrés mondialement dans le cycle haussier
00:35depuis la fin février.
00:36Oui, en fait, depuis fin février, on observe une montée des taux très importante mondialement.
00:41Et c'est essentiellement, c'est multifactoriel.
00:43Comme souvent, il y a trois facteurs.
00:44Évidemment, fin février, c'est le début de la guerre en Iran.
00:46Et donc, le blocage du détroit d'Ormose, un choc énergétique.
00:49Et du coup, des risques inflationnés.
00:51Ça, c'est le premier effet.
00:52Le deuxième effet, c'est qu'on a vu quand même de plus en plus aussi d'émissions obligataires, notamment
00:56dans le domaine de l'IA.
00:57Si on regarde les cinq plus gros, globalement, ils ont émis.
01:01Sur 2026, on a des prévisions qui sont au-dessus de 200 milliards, globalement.
01:04Goldman Sachs prévoit plus de 400 milliards en 2027.
01:07Donc, ça fait une grosse concurrence, globalement, au niveau de la dette par rapport à la dette souveraine, globalement.
01:11Donc, tout ça a un effet de tirer les taux vers le haut.
01:14Et enfin, on l'a dit, c'est mondial.
01:16Et donc, le Japon, par exemple, qui est quand même un gros, gros prêteur d'embarlement mondialement,
01:20se retrouve pour la première fois depuis 30 ans avec des taux supérieurs à 3%.
01:24Et donc, dans ce cadre-là, pourquoi aller s'ennuyer, aller prêter en devise étrangère,
01:29prendre le risque de devise, prendre le risque de cash and carry, et ainsi de suite.
01:33Donc, du coup, tout ça fait qu'il y a moins de demandes aussi, côté obligataire.
01:36Et tout ça a tiré les taux, globalement, vers le haut.
01:38Et donc, disons qu'un américain franchit les 5%, s'il allait à 6%, est-ce que ce serait vraiment
01:42un niveau extravagant ?
01:43Non, en fait. Quand on regarde, pas forcément.
01:45Parce que si on se dit que les taux de 10 ans, quelque part,
01:48ils doivent être corrélés avec, d'un côté, la croissance et les prévisions d'inflation.
01:52On est sur quelque chose qui, aujourd'hui, d'après les prévisions de FMI,
01:552,3% de croissance pour cette année et la même chose pour l'année prochaine.
01:59En termes d'inflation, on est plutôt aux alentours de 3,6%.
02:01Donc, on n'est pas loin des 6%.
02:02Donc, on rajoute un petit peu de primes de risque.
02:04Et effectivement, les 6% semblent à portée de main.
02:06Donc, ce n'est pas non plus un chiffre qui est complètement extravagant.
02:09Mais en tout cas, Olivier, selon vous, le fait qu'on atteigne les 6%
02:12est loin d'être certain.
02:14Vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
02:16Il y a plusieurs effets.
02:17Déjà, il ne faut pas oublier que la dette obligataire,
02:20enfin, la dette de l'État américain,
02:22ils ne sont pas vraiment en meilleure situation que nous,
02:24globalement, au niveau de la dette.
02:25Et donc, on le sait, même Scott Bessent, en fait,
02:27a plutôt tendance à emprunter sur de courts termes plutôt que du long,
02:30parce qu'il trouve que les taux d'intérêt sont trop longs.
02:31Donc, il y a quand même cette pression-là qui est relativement importante.
02:34Et aussi, il ne faut pas oublier que les investisseurs,
02:36ils vont arbitrer, ils arbitrent constamment entre actions et obligations.
02:39Donc là, on a quand même plusieurs années consécutives
02:41avec des performances actions au-dessus de 10%.
02:43Lorsqu'on commence à avoir des taux d'intérêt aux alentours de 6%
02:47sur le côté dette obligataire,
02:49là où américaine, où il n'y a quand même pas de risque de crédit,
02:52globalement, on se dit que ce n'est pas complètement absurde
02:55de venir changer et de retirer ces expositions actions
02:58pour venir augmenter le poids obligataire, globalement.
03:01Et donc, est-ce que ça se voit déjà dans les mouvements de taux ?
03:04Parce que, surtout la semaine dernière, en fait,
03:07on voyait ce mouvement-là.
03:08La semaine dernière, il y a quand même eu un événement
03:09qui était un peu paradoxal.
03:10C'est-à-dire que, d'un côté, l'inflation, elle a surpris la hausse.
03:12Elle était supérieure à ce qu'on attendait globalement.
03:14Donc, on pouvait s'attendre assez logiquement
03:16à ce que les taux d'intérêt montent.
03:18Et on a vu l'effet inverse.
03:19Et on a vu, globalement, une baisse des taux.
03:21Et ça, ça peut s'expliquer, notamment,
03:23par les publications et la crainte qu'il y a eu,
03:25notamment sur CoreWeb,
03:26avec toujours la même inquiétude liée à l'IA,
03:28qui est, du coup, est-ce qu'on ne finance pas trop ?
03:31Est-ce qu'on n'investit pas trop globalement ?
03:32Est-ce que ce sera rentable ?
03:33Et on a pu voir, du coup, sur la semaine,
03:35les actions, globalement technologiques,
03:37ont dû perdre environ 7% sur la semaine en euros.
03:39Est-ce qu'on n'a pas vu, déjà, ce cheminement,
03:41qui était une réallocation, un petit peu, en termes de risque,
03:44des actions vers les taux ?
03:46Ce qui fait qu'on achète plus d'obligations.
03:47Ça fait baisser mécaniquement les taux obligataires.
03:49Voilà, c'est la mécanique, effectivement, qu'on a observée.
03:51Et la France, dans tout ça.
03:53Voilà, imaginons, le 10 ans américain n'atteindra jamais les 6%.
03:56On est déjà au plafond.
03:57Ils ne peuvent plus progresser davantage.
03:59Imaginons, mettons-nous dans ce scénario.
04:00Est-ce que, pour nous, Français, pour les taux français,
04:02c'est une bonne nouvelle et un totem d'immunité pour la suite ?
04:05Alors, déjà, la bonne nouvelle, ce serait qu'a priori,
04:07les taux allemands suivent et suivent un petit peu les taux américains.
04:10Donc, le taux sans risque européen, lui, devrait baisser aussi.
04:13Après, pour la France, évidemment, la vraie crainte,
04:15elle est sur le spread et le risque spécifique français.
04:17Vous le disiez tout à l'heure et vous le notiez tout à l'heure.
04:20On a quand même des taux allemands qui, aujourd'hui, par exemple,
04:22continuent de baisser légèrement et qui, par contre,
04:25montent toujours en France et qui,
04:27alors que la situation semblait se stabiliser la semaine dernière,
04:29qui semble partir à la hausse avec un spread
04:31qui a dépassé les 150 points de base, globalement.
04:34On était à 154 points de base il y a encore une heure,
04:36sur le spread, l'écart de taux entre la France et l'Allemagne.
04:38Depuis, ça s'est un tout petit peu resserré.
04:40On est à 4,88 en ce moment sur le 10 ans français.

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