00:00Peut-être que vous l'avez vu, hier un article qui a été publié par le journal Mediapart,
00:04je l'ai pris avec moi, et sorti hier soir, le titre c'est
00:07« On nous demande d'écrire que LFI est derrière le mouvement ».
00:10Quand vous avez un commissaire du renseignement territorial qui dit dans cet article
00:13« Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI
00:18qui est derrière le mouvement alors que c'est objectivement faux
00:21de l'avis général des renseignements territoriaux »,
00:23forcément, on a des décisions qui sont des décisions politiques.
00:33Monsieur le Premier ministre, depuis un mois, la jeunesse de notre pays,
00:37des Outre-mer comme de l'Hexagone, exprime sa colère par un mouvement d'une ampleur inédite.
00:43Depuis un mois, vous refusez de lui répondre autrement que par le mépris et la violence.
00:49Samedi, votre stratégie de pourrissement a eu des conséquences dramatiques.
00:54Votre amateurisme a fait le reste.
00:56A la souffrance des lycéens et des étudiants, vous avez ajouté celle de commerçants que vous avez abandonnés
01:02et de manifestants pacifiques que vous avez maltraités.
01:06A la honte internationale de la répression contre nos enfants,
01:10vous avez ajouté celle de mairies incendiées ou dégradées.
01:14Un véritable fiasco dont vous êtes les uniques responsables.
01:19Monsieur le Premier ministre, vous ne vous en sortirez pas en manipulant les services de renseignement
01:25comme l'a révélé Mediapart pour accuser la France insoumise de violences qu'elle a toujours refusées.
01:30Vous ne vous en sortirez pas davantage par la remise en cause des libertés fondamentales
01:35avec des couvre-feux ou des hélicoptères au-dessus de Paris.
01:39Il n'y a pas d'autre réponse à une crise politique qu'une réponse politique.
01:45Même le président Macron le reconnaît, les revendications sont légitimes.
01:50Alors mettez fin à l'ignoble parcours cible qui pourrit l'avenir de nos enfants depuis que vous l'avez
01:54inventé.
01:56Débloquez les 10 milliards d'euros nécessaires pour reconstruire un système scolaire et universitaire ravagé par vos politiques.
02:03Bloquez le prix des carburants et augmentez le SMIC pour permettre à nos concitoyens de vivre dignement.
02:09Il est temps de renoncer à votre stratégie mortifère.
02:13D'autres avant vous ont su céder quand l'avenir de la patrie était en jeu.
02:18Chirac l'a fait, Pompidou aussi.
02:21Et vous, Monsieur le Premier ministre, qu'attendez-vous ?
02:25Merci beaucoup, Monsieur le député.
02:28La parole est à Monsieur Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
02:34Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Emmanuel Bompard.
02:39Votre question est très diverse, elle est très large.
02:42Je voudrais simplement rappeler une chose, Monsieur le député.
02:44Vous déplorez que des commerces aient pu être pillés, que des commerces aient pu être détruits
02:48et vous en imputez la responsabilité au gouvernement.
02:50J'ai comme ministre de l'Intérieur ma part de responsabilité dans la conception des dispositifs de sécurité.
02:56Mais vous avez la vôtre, vous avez la vôtre, dans le soutien que vous apportez à l'ultra-gauche,
03:01dans le soutien que vous apportez à l'extrême-gauche radicalisée,
03:03dont on sait très bien qu'ils mettent de l'huile sur le feu,
03:06qu'ils viennent faire dégénérer les cortèges et qu'ils viennent créer des incidents graves.
03:11Vous avez accusé le ministre de l'Intérieur de manipuler les services de renseignement
03:15pour les diriger contre la France insoumise.
03:17C'est faux, Monsieur le député.
03:19Les services de renseignement dans ce pays ne travaillent pas sur les partis politiques.
03:23C'est faux, vous le savez très bien.
03:25Jamais il n'a été demandé, comme vous m'avez accusé de l'avoir fait ce matin sur France Info,
03:29d'écrire sur la LFI.
03:31Jamais.
03:32C'est faux.
03:33C'est faux.
03:33Et c'est votre diversion.
03:35C'est votre action de diversion.
03:37Vous avez jeté de l'huile sur le feu.
03:38Il y a eu de graves incidents et vous avez une part de responsabilité.
03:43Alors je vais vous répondre, Monsieur le député.
03:44Je vais vous répondre sur le fait où on laisserait à penser que l'ultra-gauche ne serait pas responsable
03:50des incidents.
03:51L'ultra-gauche, l'extrême-drome radicalisée.
03:53Monsieur le député, dans votre circonscription à Marseille,
03:56d'où sont partis les cortèges de la société Eurolinks,
03:59parce qu'il y avait l'ultra-gauche qui était à la manœuvre
04:01et qui a fait que tout a dégénéré ce jour-là à Marseille.
04:05Voilà, Monsieur le député, la vérité.
04:06Et je vous rassure, les services de renseignement ne travaillent pas sur les partis politiques.
04:11Mais le trait d'union, le trait d'union entre la France insoumise et certains groupuscules, il est réel.
04:17Vous avez un député qui est membre de la Jeune Garde dans vos rangs.
04:23Merci, Monsieur le ministre.
04:25Monsieur le député.
04:27Monsieur le ministre, vous avez perdu le contrôle, vous l'avez avoué.
04:30Cessez de vous défausser sur les autres et répondez aux revendications.
04:33Et vous démissionnez.
04:37Merci, Monsieur le député.
04:39Monsieur le ministre.
04:46Monsieur le député,
04:48condamnez fermement les casseurs,
04:50les pilleurs, condamnez fermement les violences.
04:53Je ne veux pas voir sur les sites de l'ultra-gauche
04:56la glorification des pillages qui ont eu lieu.
04:59C'est ça les sites que vous connaissez, ce sont vos amis.
05:01Ne l'oubliez pas.
05:03Et depuis samedi, on assiste à une opération qui est une opération de manipulation des esprits.
05:10Orchestrée par qui ?
05:11Orchestrée par le gouvernement, orchestrée par un certain nombre d'opposants politiques.
05:15D'ailleurs, peut-être que vous l'avez vu hier, un article qui a été publié par le journal Mediapart,
05:19je l'ai pris avec moi, est sorti hier soir.
05:22Le titre, c'est « On nous demande d'écrire que LFI est derrière le mouvement ».
05:26Et je vais vous lire juste, ça ne va pas prendre beaucoup de temps,
05:28quelques éléments qu'il y a dans cet article,
05:30parce que ça me paraît important que tout le monde ait connaissance de ces informations.
05:33Quand vous avez un commissaire du renseignement territorial qui dit dans cet article,
05:37il y a des choses indicibles,
05:39mais quand on nous demande texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement,
05:42alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux,
05:46forcément, on a des décisions qui sont des décisions politiques.
05:50Deuxième citation à un responsable syndical de la police.
05:54« Je ne vois pas ce qu'à avoir LFI dans l'histoire de ce fiasco, déplore-t-il.
05:58Je ne porte pas LFI dans mon cœur, pourtant. »
06:01Troisième information,
06:03un major de police en poste de sécurité publique en Occitanie.
06:07On connaît le responsable, tout est la faute de LFI.
06:09Je ne suis ni adhérent, ni électeur de ce mouvement,
06:11mais il ne faut quand même pas déconner.
06:13On peut vous faire des citations aussi, moi j'en ai une.
06:14Vous pouvez me faire plein de citations.
06:16Vous pouvez me faire plein de citations.
06:19« La violence, à un moment donné, peut être légitime. »
06:22Vous voyez, c'est ce genre de citations,
06:25dénuées à LFI.
06:25« Tronquez, parce que vous ne donnez pas la fin de la citation. »
06:28« Jean-Luc Mélenchon, le 19. »
06:30« Non, ce n'est pas « attendez, parce que c'est moi qui suis en train de parler. »
06:33« Sur les possibles essais, mais après vous poserez votre question. »
06:38Ça, ça ne vous pose pas de problème, vous.
06:40C'est-à-dire que le gouvernement demande aux renseignements territoriaux
06:44pour mener une cabale politicienne,
06:45pour essayer d'éradiquer une formation politique,
06:47de manipuler les rapports qu'ils proposent et qu'ils produisent
06:50à l'encontre des faits qu'ils observent eux-mêmes.
06:52Ça, ça ne vous pose pas de problème, monsieur ?
06:54En fait, le plus simple, ce serait de nous dire
06:55« Nous dénonçons la violence. »
06:57« Mais c'est ce que je fais, je l'ai fait 11 fois, 12 fois, 13 fois,
07:01je le fais une quatorzième fois devant vous. »
07:02« Une fois qu'on a dit ça, ça, ça vous pose un problème ou pas ? »
07:04« La violence, à un moment donné, peut être légitime. »
07:06« Ça, ça vous pose un problème ou pas ? »
07:07« Ah oui, non mais moi, je suis absolument contre
07:08les consignes politiques pour faire dire des choses à nos policiers.
07:11C'est peut-être ce que vous faites là et ce que Mediapart fait. »
07:14« Vous, vous êtes comme monsieur Bardella,
07:16c'est ça, quand Mediapart écrit quelque chose, vous ne le croyez pas ? »
07:18« Laissons nos policiers assurer le maître. »
07:19« Même quand les faits sont là. »
07:20« Moi, ce que j'essaie de vous dire, c'est que vous avez quand même... »
07:22« Mais non, rien ! »
07:23« Et qu'est-ce que vous demandez, justement, pour avoir la vérité sur... »
07:26« Je demande qu'il y ait une enquête, et moi, j'ai annoncé ce matin mon intention
07:29de saisir la Cour de Justice de la République contre le ministre Nunez
07:32parce que fabriquer des faux rapports si ces informations sont vérifiées,
07:38c'est un délit, un abus d'autorité, c'est-à-dire un ministre qui demande
07:41et qui commande des choses à ses services qui sont à l'encontre de ses prérogatives,
07:46c'est un délit.
07:47Et il y a dans notre pays quelque chose qui s'appelle la Cour de Justice de la République
07:50qui permet de juger des ministres s'ils sont responsables de délit.
07:53« Vous demandez à ce qu'on identifie ces commissaires, qu'ils soient entendus ? »
07:56« Je demande à ce qu'il y ait une enquête, je demande qu'on sache si, oui ou non,
08:01il y a des faux rapports des renseignements territoriaux qui sont produits
08:04pour cibler la France insoumise et la rendre responsable d'agissements
08:07dont elle n'est absolument pas responsable et qu'elle a mis à distance et désapprouvé dès le premier jour.
08:13»
08:39Sous-titrage Société Radio-Canada