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  • il y a 8 minutes
Le sociologue Mathieu Bock-Côté débattait avec Jérémie Patrier-Leitus, le nouveau porte-parole d'Édouard Philippe, dans l'émission Face à l'info.

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Transcription
00:00Alors, justement, on a assisté samedi à des scènes de guérilla urbaine,
00:03qui était le point culminant d'une contestation portée notamment par LFI,
00:07toute une mouvance d'ultra-gauche, une mouvance milicienne,
00:10qui n'hésite pas à pratiquer la guérilla urbaine contre les policiers,
00:14à incendier, vous voyez le portrait.
00:16Est-ce que tout ça n'a pas, une fois pour toutes, discrédité
00:19la théorie un peu étrange des deux extrêmes dont il faudrait se méfier pour la présidentielle?
00:24Oseriez-vous, après les scènes des dernières semaines,
00:25faire encore quelque chose comme un lien entre LFI,
00:28toute la constellation qui tourne autour de cela,
00:30et l'ERN, que je sache, je n'ai pas encore vu de milices zémoriennes
00:34ou bardellistes ou marionnistes ou loupénistes dans les rues,
00:37capables de tout détruire?
00:38Vous avez raison, il faut dire ce que l'on voit,
00:40vous connaissez cette formule de Charles Péguy,
00:41et voir ce que l'on voit.
00:44Et effectivement, aujourd'hui, LFI, vous savez, on n'a pas eu de Rimas à l'instant.
00:47À l'Assemblée nationale, j'étais un des premiers à faire un discours
00:49qui s'appelait « La France innommable ».
00:50Je considérais que l'indécence, l'indignité, l'ignoble
00:53étaient des mots trop faibles pour qualifier LFI.
00:56Et finalement, il ne restait qu'un mot pour les qualifier, innommable.
00:58C'est-à-dire qu'on n'a pas de mots pour qualifier ce qu'ils font.
01:00Et ce qu'on a vu samedi, effectivement, il y a LFI,
01:03moi j'ai parlé, je n'étais pas le seul,
01:04mais à gauche, il parle de convergence des luttes,
01:06moi j'ai parlé de convergence des brutes.
01:07On a vu d'abord le brut en chef, Jean-Luc Mélenchon, LFI,
01:11des gens qui ont décidé d'abattre la citadelle
01:13et donc de détruire la République,
01:15qui ont décidé de faire de la violence politique,
01:17une arme politique.
01:19On a vu aussi, pas que, mais c'est important de le dire,
01:22l'ultra-gauche, vous voyez la mairie de Limoges,
01:24qui a été incendiée, brûlée par des antifascistes
01:28et des anarchistes, en tout cas des gens
01:29qui se revendiquent de l'ultra-gauche.
01:30Et j'en termine là, Christine Kelly,
01:32on a vu, il faut le dire, des complices,
01:34moi ce que j'appelle des apôtres de la culture de l'excuse.
01:37Ceux qui, aujourd'hui, vous expliquent qu'on pille
01:39parce qu'on est victime de violences sociales.
01:41Et ces apôtres de la culture de l'excuse,
01:43ils ont aussi une responsabilité dans ce qu'on passe dans le pays.
01:45Alors, puisque nous sommes d'accord sur cette part du diagnostic,
01:48que je sache, vous me corrigeriez peut-être,
01:49c'est pas votre cas, mais on parle souvent de votre candidat,
01:51dont nul ne conteste, vous l'avez dit,
01:52ni le charisme, ni l'autorité naturelle,
01:55ni le fait qu'il rassemble spontanément son camp.
01:57Ce que je comprenne,
01:59vous parlez normalement des extrêmes,
02:01les deux extrêmes dont on devrait se méfier.
02:03Est-ce qu'aujourd'hui, vous oseriez sérieusement dire
02:05que le RN, la droite nationale, reconquête,
02:07qu'importe, c'est l'équivalent à droite
02:10de ce qu'on vient de parler à gauche ?
02:12Mais on peut dire deux choses différentes.
02:13On peut dire, par exemple...
02:14Par quoi sont-ils extrêmes ?
02:15On peut dire que le projet économique,
02:17Mathieu Bocoté, de Marine Le Pen...
02:18Oui, oui, ça je comprends.
02:19On a le seul des désaccords,
02:19mais est-ce qu'on est devant deux extrêmes aussi dangereux ?
02:22Si la question, c'est est-ce qu'on a vu
02:23des députés du Rassemblement national
02:26mettre le feu ou inciter à la violence,
02:28la réponse est non,
02:29mais on peut dire ça
02:29et dire que le projet économique de Marine Le Pen...
02:31J'entends très bien.
02:32Ce que je veux comprendre,
02:33c'est à l'échelle des temps présents,
02:36est-ce qu'on peut dire qu'il y a une menace
02:37pour la démocratie aujourd'hui en France ?
02:39C'est LFI et sa vaste mouvance.
02:41Et de l'autre côté,
02:42ils ont un très mauvais programme économique, d'accord,
02:44mais ce n'est pas une menace pour la démocratie.
02:46C'est deux menaces pour le pays.
02:47Voilà, vous avez Jean-Luc Mélenchon...
02:48Non, non, non, pour la démocratie.
02:49Vous avez...
02:50Pour la démocratie.
02:50Mathieu Bocpone, je vous réponds.
02:52Vous avez deux menaces pour le pays.
02:53Marine Le Pen est une menace
02:54pour l'équilibre économique financier du pays.
02:56Elle plongerait le pays dans le chaos.
02:58Et Jean-Luc Mélenchon plonge le pays,
03:00plongerait le pays dans la guerre civile.
03:01Voilà ce que je peux vous dire.
03:02Vous n'avez pas l'impression
03:02d'être un peu déphasé parlant ici ?
03:04Parce que, très honnêtement,
03:05d'un côté,
03:05on peut être en désaccord complet avec quelqu'un,
03:07je l'imagine très bien avec le RN,
03:09mais de l'autre côté,
03:11des gens qui sont prêts à foutre le feu.
03:13Des gens qui sont prêts à tout brûler.
03:15Des gens qui sont prêts à tuer les policiers.
03:16Je ne parle pas des LFI ici,
03:17mais je parle de la mouvance d'ultra-gauche
03:18qui n'en est pas loin.
03:19Est-ce que vous n'avez pas l'impression,
03:20devant cela,
03:21qu'il faut mettre au rebut,
03:23tout simplement,
03:23cette théorie des deux extrêmes équivalents
03:25et vous dire que, finalement,
03:26se concentrer sur l'essentiel,
03:27ceux qui brûlent et ceux qui, demain,
03:29pourraient entrer le vrai chaos,
03:30celui des rues et des milices ?
03:31Mais moi, je combats la France insoumise
03:32pour les raisons que vous avez évoquées,
03:39mais ce n'est pas la même nature.
03:40Là, c'est un débat sémantique.
03:41Ce que je veux voir,
03:42c'est éviter que les deux arrivent au pouvoir.
03:44Je ne peux pas vous le dire autrement,
03:45je vous le dis clairement,
03:45pour des raisons différentes.
03:47Si vous voulez m'entendre dire,
03:48je vous le dis pour des raisons différentes.
03:49La politique, c'est quand même
03:50la hiérarchie des peurs.
03:51De temps en temps,
03:51la hiérarchie des menaces et des inquiétudes.
03:53Si on devait placer au sommet
03:54l'inquiétude la plus grande.
03:56Mais...
03:58Vous le savez, au fond, vous-même.
03:59Mais pas plus de vos côtés.
04:00Vous voulez absolument me faire dire
04:01que je dois choisir un camp moi.
04:04Je veux savoir qu'elle est la plus grande menace.
04:06Il vous demande de hiérarchiser, peut-être.
04:08Économiquement, aujourd'hui,
04:09le Rassemblement national,
04:10même niveau que la France insoumise.
04:11Sur la question...
04:12Le collectivisme bureaucratique,
04:14communisme bolchevique.
04:15Mathieu Bocoté.
04:16Laissez-moi vous poser une question.
04:17Pourquoi Jean-Luc Mélenchon
04:18veut que Marine Le Pen soit son adversaire ?
04:19Parce que demain,
04:20si Marine Le Pen est élue président de la République,
04:22il y aura la guerre civile dans le pays.
04:24Jean-Luc Mélenchon n'attend qu'une chose.
04:26Jean-Luc Mélenchon n'attend qu'une chose.
04:27Que Marine Le Pen accède au second tour
04:29de l'élection présidentielle
04:30et gagne la présidentielle.
04:31Je vais vous dire,
04:31moi, je pense qu'il s'est même résigné.
04:32Je pense que la gauche a compris
04:34que ce serait soit un candidat de droite,
04:36Édouard Philippe ou un autre,
04:37soit la candidate d'extrême droite,
04:39Marine Le Pen.
04:40Si LF arrive au pouvoir,
04:41ce ne sera pas la guerre civile ?
04:42Marine Le Pen, c'est la meilleure opposante
04:44à Jean-Luc Mélenchon.
04:45Jean-Luc Mélenchon souhaite
04:46la victoire de Marine Le Pen.
04:47Vous n'êtes pas d'accord avec ça ?
04:48Parce que si Marine Le Pen est élue,
04:50il y aura la guerre civile
04:52et le chaos dans la société.
04:53Et si Jean-Luc Mélenchon est élu,
04:55il n'y aura pas la guerre civile ?
04:57Donc finalement,
04:58il y a un parti qui est légitime,
04:59donc je le disais,
04:59le candidat naturel
05:00de tous les démocrates modérés républicains,
05:02Édouard Philippe,
05:02qui fait consensus dans son propre camp,
05:04qu'il conteste,
05:04et de l'autre côté,
05:05les deux méchants extrêmes
05:06qui dépassent Édouard Philippe
05:07dans les sondages.
05:08Vous n'avez pas la question
05:09d'être en retard
05:09de nos deux élections ?
05:11Mathieu Pocoté,
05:12jamais Édouard Philippe,
05:13et je n'ai jamais dit non plus,
05:14que les candidats
05:15qui se présentaient
05:16à l'élection présidentielle
05:17n'étaient pas légitimes
05:18pour porter leurs idées
05:18et défendre leurs projets.
05:20Ce n'est pas une question
05:21de légitimité.
05:22On peut combattre leurs projets
05:23et considérer dans la démocratie
05:25qu'ils ont le droit
05:26de faire valoir leurs idées.
05:27Merci.
05:27Sous-titrage Société Radio-Canada

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