00:02Et c'est l'heure de drôle d'époque, on vous retrouve Françoise Degoy. Bonjour Françoise.
00:06Bonjour mon cher Jacques.
00:07Alors nous parlons de cette manifestation qui est celle de tous les dangers, samedi.
00:12Oui Jacques, cette fois-ci, erreur interdite pour le gouvernement qui va mettre, on le sait, les moyens avec les
00:18troupes d'élite de la police, des blindés légers de l'armée,
00:21les militaires de l'opération Sentinelle mobilisés pour protéger les bâtiments publics, ce qui permet évidemment de dégager des effectifs
00:29policiers.
00:30Pas question cette fois-ci de laisser des mairies littéralement assiégées par les manifestants, comme la mairie du 10e arrondissement
00:37la semaine dernière à Paris,
00:39où les élus sont restés coincés 4 heures à l'intérieur du bâtiment assiégé, avec un temps d'intervention interminable
00:46de la police qui était débordée.
00:48Sentinelle n'ira évidemment pas au contact des manifestants.
00:51Ça c'est pour Paris, mais beaucoup de mesures aussi sévères sont prises partout en France, y compris des interdictions
00:57de manifestés,
00:57comme à Toulon, on entendait un commerçant, je pense, d'un entrepreneur de Toulon chez Benjamin Glaze ce matin,
01:05où les prolongations de couvre-feu, y compris ce soir, jeudi, et de jeudi jusqu'à samedi.
01:10Pas question, non, pas question de connaître un nouvel 17 octobre.
01:16Un exécutif donc très fébrile dans ce contexte.
01:19Oui, c'est l'erreur interdite d'abord pour Emmanuel Macron.
01:22Le chef de l'État est très critiqué pour son intervention jugée trop informe, trop floue, pas assez sévère dimanche
01:28soir.
01:29Eh bien, il présidera lui-même un conseil de défense exceptionnel ce matin et prendra la parole à l'issue
01:34de la réunion.
01:35Cette fois, pour rappeler les mesures prises, pour redire la sévérité à l'égard des casseurs.
01:39Et on l'entendait très bien avec votre invité à l'instant, le journaliste du Point, mon cher Jacques.
01:45Macron est fragilisé déjà naturellement parce que c'est un président qui s'en va et que toutes les fins
01:50de mandat sont toujours très compliquées.
01:53Mais si la manifestation de samedi n'est pas cadrée et déborde trop, eh bien, on passera à une fin
01:58de mandat crépusculaire, voire impossible à mener à terme.
02:02C'est donc aujourd'hui non seulement une séance de rattrapage pour lui, mais il est strictement condamné à ce
02:08que tout se déroule bien.
02:09Alors, est-ce que c'est un exécutif, du coup, qui est très fébrile ?
02:12Oui, très nerveux, absolument. On sent que ça tangue, d'ailleurs, Jacques, on se l'est dit tout à l
02:16'heure, ça tangue un peu entre Emmanuel Macron et son Premier ministre Sébastien Lecornu.
02:20Il y a des reproches sourds qui sont faits de part et d'autre, notamment sur la densité du mouvement.
02:25On sent aussi que ce qui reste de sa majorité tire à boulet rouge, même si ça n'est pas
02:30fait forcément publiquement.
02:31Les députés macronistes n'évoquent pas une démission, sauf quelques-uns, pour purger la situation en anticipant la présidentielle.
02:38Édouard Philippe, lui, n'y va pas avec le dos de la cuillère.
02:41Le PM, les Gilets jaunes, le Premier ministre, le dit, notre pays a besoin d'être commandé.
02:47Une façon pour lui de se défaire de cette étiquette Macron qui plombe désormais sa campagne.
02:53De démission, vous n'en entendrez pas parler, ni même la demander chez qui ?
02:57Chez Marine Le Pen, la leader des sondages a besoin d'une présidentielle classique pour asseoir sa légitimité et pas
03:04d'une présidentielle tronquée où l'on voterait en cinq semaines.
03:07Voilà pourquoi Marine Le Pen reste très prudente.
03:10De la façon dont se déroulera la journée de samedi découlera aussi, je vous le dis Jacques, la suite de
03:15la campagne.
03:16Avec un énorme point d'interrogation, c'est ce parcours.
03:18Oui, on termine avec ça et on se demande tous, il a été déposé par les Gilets jaunes, ce parcours
03:23qui irait de Bastille à Opéra en passant par République et les Grands Boulevards.
03:27C'est un véritable parcours au bonheur des casseurs.
03:30Il y a un magasin tous les deux mètres, vous finissez sur la place de l'Opéra avec l'Opéra
03:34Garnier.
03:35C'est un parcours délirant et moi je dis également un parcours provocateur auquel la préfecture de Paris s'oppose
03:42et elle a raison de le faire avant la manifestation de samedi.
03:46Le parcours, c'est d'abord la grande bataille du jour aujourd'hui Jacques.
03:50Le regard de Françoise Degoua sur cette journée de tous les dangers.
03:55On résume, ça tangue.
03:56Merci Françoise, ça tangue et on vous retrouve bien entendu tout à l'heure et c'est à retrouver également
04:02en podcast et sur le site internet sudradio.fr.