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  • il y a 9 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Alors parlons de la journée de demain, parlons de la journée du 24 octobre.
00:0370 000 policiers et gendarmes mobilisés, une vingtaine de blindés centaures,
00:0715 engins lanceurs d'eau, des hélicoptères, des drones.
00:10Est-ce que maintenant le dispositif est à la hauteur ou faut-il quand même craindre le pire malgré tout
00:15?
00:16Moi je ne sais pas s'il est à la hauteur, c'est les faits qui nous le diront,
00:19mais le dispositif est monté en gamme, c'est clair.
00:21Il y a vraiment eu une erreur la semaine dernière ?
00:23Il est monté en force.
00:25Ce qu'il y a eu la semaine dernière, je vais vous le dire,
00:27c'est-à-dire qu'on a travaillé, les policiers, les gendarmes, le dispositif,
00:32à travailler sur les manifestations, c'est-à-dire sur un maintien de l'ordre.
00:39Or, il aurait fallu travailler en même temps,
00:41et je pense que c'est ce qui va se passer demain, sur un rétablissement de l'ordre.
00:46C'est-à-dire qu'on n'intervient pas de la même manière sur des manifestants,
00:49d'ailleurs les manifestations se sont plutôt bien passées,
00:52on n'intervient pas de la même manière sur les manifestants que sur des émeutiers,
00:56et aujourd'hui il faut se mettre dans la tête,
00:59qu'on soit dirigeant, qu'on soit public, qu'on soit média,
01:03que ces émeutiers-là, on les a déjà vus en 2023 et avant,
01:08c'est autre chose qu'une manifestation.
01:10Et donc il va falloir changer un peu notre paradigme,
01:14monter au contact,
01:15il faut que les policiers et les gendarmes aillent au contact,
01:18et c'est une stratégie particulière,
01:21impactent, individualisent leurs cibles et les impactent,
01:23pour pouvoir les interpeller et les mettre à disposition de la justice.
01:28Mais pour faire ça,
01:29il faut qu'on arrive à protéger nos policiers et nos gendarmes,
01:32il faut protéger ceux qui nous protègent,
01:34qu'on les protège juridiquement,
01:36parce que je vous rappelle que,
01:39durant les émeutes de 2023,
01:42des policiers et des gendarmes,
01:44surtout les policiers,
01:45en particulier du RAID,
01:46se sont retrouvés mis en garde à vue
01:49et mis en examen
01:52à l'issue des faits,
01:56des interpellations qu'ils avaient faites.
01:57Est-ce que la déclaration d'un état d'urgence
01:58aurait pu justement participer au fait
02:00de protéger davantage les policiers,
02:02leur donner plus de moyens ?
02:03Est-ce que ça aurait été bien de faire ça ?
02:04Non, de ce point de vue-là,
02:05je pense qu'il faut attendre pour monter en gamme.
02:10On ne peut pas d'un seul coup se démunir
02:12de tous les attirés qu'on a.
02:14Moi, je pense que dans l'avenir,
02:17il va falloir qu'on trouve quelque chose
02:19entre l'état d'urgence et la situation normale.
02:24En fait, en réalité,
02:25quand on sent qu'il va y avoir des émeutes
02:27et des émeutiers,
02:29je reviens toujours,
02:30pas les manifestants,
02:31des émeutiers,
02:33il faut pouvoir donner au préfet,
02:36par exemple,
02:37un pouvoir de déclencher un état
02:39qu'on appellera, comme on veut,
02:41un état d'exception,
02:41et qu'ils puissent donner
02:43des pouvoirs différents.
02:45Par exemple,
02:47le pouvoir de mettre en commun
02:52la responsabilité des casseurs,
02:54c'est-à-dire les accuser tous d'un même fait,
02:56pour ne pas qu'ils se renvoient la balle
02:57les uns sur les autres,
02:58pour être plus efficaces au niveau de justice.
03:00Par exemple,
03:01augmenter durant ce laps de temps
03:03où on déclenchera ce temps exceptionnel,
03:07augmenter les peines,
03:08peut-être cumuler les peines aussi,
03:10ce qui existe peu en droit français,
03:13penser aussi à l'exonération de responsabilité
03:16des policiers, des gendarmes,
03:18dès lors qu'ils travaillent
03:20sous l'autorité de leur hiérarchie
03:22et sous l'ordre de la loi,
03:24peut-être aussi prévoir d'interrompre
03:26les réseaux sociaux, etc.
03:27Il faut penser à ça,
03:29et le penser au niveau local,
03:31en fait, en réalité.
03:32Jules Torres.
03:34Tout ce que vous dites est évidemment extrêmement juste,
03:36mais tout cela réside et fonctionne
03:38que s'il y a un courage politique.
03:40Et c'est vrai que ce qu'on a vu le week-end dernier,
03:42c'est une faiblesse du politique,
03:45une faiblesse à la fois dans le renseignement,
03:47à la fois dans le courage face aux émeutiers,
03:49parce qu'en effet, vous avez raison de le dire,
03:50ce n'est pas des manifestants
03:51qui étaient là samedi 17 octobre,
03:53c'était bien des émeutiers,
03:55c'était bien des pillards.
03:56On a même refusé d'utiliser les forces sentinelles,
03:59ce qu'on fera demain.
04:01Laurent Nunez a changé de pied.
04:02Donc est-ce qu'il n'y a pas un manque de courage politique
04:04qui explique finalement la journée de la semaine dernière
04:06et peut-être aussi ce qu'on aura demain ?
04:08Jean-Michel Fauvergue.
04:10Alors je vais vous répondre,
04:10mais les forces sentinelles,
04:13elles seront occupées à garder des points
04:16et pas sur un...
04:17Enfin, si on leur jette des pavés,
04:19ils seront co-vélégérants, si je puis dire.
04:20Bien évidemment.
04:21D'ailleurs, il faut savoir que les forces sentinelles,
04:25à l'époque du Bataclan,
04:26n'étaient pas habilités à riposter.
04:28C'est la loi de sécurité globale
04:30que j'ai portée en tant que député
04:31qui leur a donné la possibilité de riposter
04:33de la même manière que policiers et gendarmes.
04:37Maintenant, vous me parlez de courage.
04:39Ça tombe bien, c'est le sous-titre de mon livre.
04:41Rezons le courage.
04:42Je pense que depuis des décennies,
04:45des décennies,
04:46pas forcément la dernière décennie,
04:48depuis des décennies,
04:50on manque de courage d'une manière générale.
04:52Surtout, surtout,
04:53Alors, sur ça, sur ces émeutes-là,
04:55et on n'est pas au bout de nos peines,
04:56parce que là, on est en train de parler d'émeutes,
04:58les émeutiers peuvent aussi
05:01s'assurer de moyens nouveaux,
05:03tels les drones, etc.
05:05Tout ça n'est pas exclu.
05:07Donc, il va falloir avoir beaucoup de courage là-dessus.
05:10Non, mais ils l'ont déjà, vous n'en faites pas.
05:12Le courage aussi de travailler sur le terrorisme islamiste
05:17et sur l'islam radical,
05:20peut-être interdire aussi des groupuscules,
05:22les frères musulmans, etc.
05:23Il faut avoir ce courage-là.
05:25Le courage de s'attaquer au narcotrafic,
05:28le courage de s'attaquer au trafic de cigarettes
05:30qui sont en train de monter,
05:31et qu'on fait semblant d'ignorer.
05:33Le trafic de cigarettes,
05:34c'est 3 milliards d'euros par an pour les trafiquants.
05:38Le trafic de stupes,
05:39c'est 7 milliards d'euros par an pour les trafiquants.
05:41Donc, on n'a pas de stratégie politique.
05:46On a des stratégies de service.
05:49Les flics, les gendarmes ont des stratégies.
05:51Des stratégies politiques, on ne les a pas
05:53parce qu'on n'a pas pensé au truc,
05:55parce qu'on a été feignant dans sa tête,
05:57parce qu'il n'y a pas de courage, etc.
05:59Et vous avez raison, il faut du courage.
06:00Un immense merci à Jean-Michel Fauverg,
06:02ancien chef du RAID et ancien député,
06:03d'être venu sur Europe 1.
06:05Je le rappelle, vous êtes auteur de
06:06Ni capitulation, ni résignation.
06:08Osons le courage aux éditions Fayette.

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