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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Alors attendez, le procureur arrive, nous allons donc écouter le procureur antiterroriste sur BFM TV.
00:06Pour tout le monde, c'est bon ?
00:14Mesdames, Messieurs, permettez-moi d'adresser mes premiers mots à l'ensemble des victimes et à leurs proches.
00:20Nous nous partageons les mois et à qui je tiens à faire part de tout mon soutien.
00:26Ensuite, les événements intervenus le 23 octobre 2026 dans la matinée à Trappes et à La Verrière, dans le département
00:31des Yvelines,
00:32le parquet national antiterroriste s'est, comme vous le savez, très rapidement saisi de ces faits.
00:37Avisé par le procureur de la République de Versailles, nous avons ainsi ouvert une enquête de flagrance des chefs suivants.
00:44Assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste,
00:47en visant, dès la saisine, la circonstance aggravante que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie
00:53ou supposée
00:54à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée.
00:59Acquisition et détention d'armes de catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste.
01:04Tentative de destruction par un moyen dangereux en relation avec une entreprise terroriste.
01:08Et assunions de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crimes contre les personnes.
01:13Les investigations ont été confiées à la sous-direction antiterroriste de la Direction nationale de la police judiciaire,
01:19service coordonnateur, à la Direction générale de la sécurité intérieure,
01:23ainsi qu'aux directions zonales et à la Direction interrégionale de Versailles de la police nationale.
01:29Les premières investigations, notamment les auditions des témoins et victimes,
01:33permettent de préciser le déroulement des faits de la façon suivante.
01:37Le 23 octobre 2026, aux alentours de 10 heures, un individu ultérieurement identifié comme étant Kevin T
01:44ouvrait le feu à l'aide d'un pistolet mitrailleur en 8 lieux,
01:47dans le cadre d'un périple de 12 km, sur les communes de Trappes et La Verrière,
01:53avant d'être interpellé à Coignères, toute commune située dans le département des Yvelines.
01:58La première scène de crime se déroulait au niveau de l'avenue Hector Berlioz à Trappes,
02:03où il visait, depuis son véhicule, une autre voiture, sans faire de blessés.
02:07La deuxième scène de crime intervenait au niveau de la Maison de la Santé,
02:11également avenue Hector Berlioz, où il tirait en direction d'un homme sans l'atteindre.
02:16La troisième scène de crime avait lieu au niveau du square Louis Pergot à Trappes,
02:21où il assassinait M. Pengo Bossio Vangui.
02:24La quatrième scène de crime se déroulait au niveau de l'intersection Maurice Ravel-Clément Adair à Trappes,
02:29où il tirait depuis son véhicule, en direction d'un autre véhicule,
02:33occupé par une personne, sans la blesser.
02:36La cinquième scène de crime intervenait au niveau de l'avenue Henri Barbuse à Trappes,
02:40où il tirait depuis son propre véhicule, sur celui d'une autre personne, sans la blesser.
02:45La sixième scène de crime se déroulait au niveau de la station essence Esso,
02:48située boulevard Martin Luther King à Trappes,
02:51où, après être sorti de son véhicule, il tirait sur un autre véhicule,
02:55ainsi que sur des personnes aux abords de la station essence,
02:57et en blessait gravement une à l'entrée de la boutique.
03:00La septième scène de crime avait lieu au niveau de la pharmacie Bois de l'étang,
03:04située à La Verrière, où il tirait et blessait gravement deux personnes,
03:08après être sorti de son véhicule.
03:10Enfin, la huitième scène de crime se déroulait toujours à La Verrière,
03:14où il tirait à de nombreuses reprises et blessait gravement une enfant de 11 ans.
03:20À ce stade de l'enquête, au cours de ces huit scènes de crimes réparties sur les deux communes,
03:25alors que l'ensemble des personnes impliquées sont encore en cours d'identification ou d'audition,
03:29nous déplorons.
03:31Une personne décédée, M. Pingo Bossiovangui, âgé de 26 ans et de nationalité française,
03:37quatre personnes gravement blessées,
03:40trois d'entre elles sont toujours hospitalisées à l'heure où je vous parle,
03:43et le pronostic vital de l'une d'entre elles est toujours engagé.
03:46En revanche, celui de l'enfant de 11 ans gravement blessé n'est plus engagé depuis hier.
03:52Trois personnes ont été plus légèrement blessées,
03:54huit personnes directement visées par les tirs n'ont pas été blessées physiquement,
03:58parmi elles se trouve une autre enfant, âgée de 12 ans.
04:02L'association d'aide aux victimes, France Victime 718, a été saisie pour leur apporter aide et soutien.
04:08Dès le 23 octobre 2026, un centre d'accueil des victimes et des impliqués
04:12était mis en place par le préfet des Yvelines,
04:14dans les hôtels de ville de Trappes et de La Verrière,
04:17avec l'appui des maires de ces communes.
04:19Une cellule d'urgence médico-psychologique était également déployée par le préfet.
04:26Nous avons par ailleurs appris que depuis hier soir,
04:28des vidéos représentant certaines scènes d'attaque circulées sur les réseaux sociaux.
04:33Je vous rappelle qu'au terme de l'article 35 quater de la loi du 29 juillet 1881 sur la
04:39liberté de la presse,
04:40la diffusion et la reproduction des circonstances d'un crime ou d'un délit,
04:45lorsque cette reproduction porte gravement atteinte à la dignité de la victime
04:49et qu'elle est réalisée sans l'accord de cette dernière,
04:53est punie de 15 000 euros d'amende.
04:55Je ne peux ainsi qu'appeler à la responsabilité de chacun
04:58et demander expressément que par respect pour les victimes et conformément à la loi,
05:03aucune image des faits ou les portées atteintes à leur intégrité ne soit diffusée.
05:10Dès les premières informations transmises par le procureur de la République de Versailles,
05:15la gravité intrinsèque des faits caractérisées par l'existence d'un périple meurtrier,
05:20particulièrement préparé, l'usage d'un pistolet mitrailleur
05:23et le ciblage de nombreuses victimes, dont des enfants,
05:27nous a conduit à retenir des qualifications terroristes et donc notre compétence.
05:32Le profil de la majorité des victimes et certains propos qui auraient été tenus par le mis en cause
05:37nous ont par ailleurs conduit à retenir la circonstance aggravante
05:41de faits liés à l'appartenance vrai ou supposé à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion.
05:48Cette circonstance aggravante avait déjà été retenue en matière de terrorisme
05:53pour les faits commis par exemple par Momen Mera à Toulouse en 2012
05:56ou plus récemment dans les réquisitoires ouvrant les informations judiciaires
06:00des faits commis à la Grande Motte en 2024 ou appuyés sur agent en 2025
06:04en application de la loi du 3 février 2003.
06:08Il doit être précisé qu'à ce stade des investigations,
06:12Kevin T, s'il ne conteste pas la matérialité des faits,
06:15conteste le caractère raciste de ces crimes.
06:19Le mis en cause est âgé de 39 ans et d'une autorité française.
06:23Il était interpellé à 10h20 par les effectifs de la BAC de Saint-Quentin-en-Yvelines
06:27quelques minutes après les faits alors qu'il circulait à bord de son véhicule Renault Clio.
06:31Il ne posait aucune résistance lors de son interpellation.
06:36Son cagé judiciaire porte mention de quatre condamnations de droit commun,
06:40toutes réhabilitées de plein droit du fait de la loi au regard de leur ancienneté.
06:44Cette réhabilitation m'interdit aujourd'hui d'en faire état de façon plus spécifique.
06:50La dernière date de 2012.
06:53Kevin T était par ailleurs inconnu des services de renseignement.
06:57Les analyses toxicologiques réalisaient le concernant
07:00mettent en évidence la présence de THC et de cocaïne dans son sang.
07:06Dans la fouille de son véhicule Renault Clio était découvert un pistolet mitrailleur de marque Sten,
07:11calibre 9 mm, ainsi que plusieurs éléments d'armes et de munitions,
07:15en particulier des chargeurs et un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène,
07:20une paire de menottes et un brassard police.
07:22Je tiens à préciser qu'aucun tract d'un parti politique n'a été découvert dans son véhicule.
07:29Un des comptes plus précis sera communiqué ultérieurement,
07:32mais en l'état, 128 munitions tirées ont été dénombrées.
07:38Kevin T ayant déclaré avoir piégé son domicile, dont il était propriétaire,
07:42situé à Plaisir dans les Yvelines,
07:44la perquisition a été réalisée avec le soutien du RAID et des services de déminage.
07:49Ces services ont indiqué que le système, composé de deux minuteurs branchés sur des prises de courant,
07:53était assez basique et mal configuré en ce que les brins de fil étaient torsadés et non écartés.
07:59L'ouverture de la fenêtre puis de la porte par le RAID ont permis de faire baisser l'intensité en
08:04gaz.
08:05Cela étant, le dispositif était fonctionnel et était de nature à détruire l'appartement
08:10et endommager les appartements adjacents.
08:14L'examen médical, réalisé en début de la garde à vue le 23 octobre 2026,
08:19concluait à la compatibilité de son état de santé avec la mesure.
08:24Face au comportement de Kevin T., notamment des actes auto-agressifs
08:28et de propos incohérents dans le temps de sa garde à vue,
08:31ainsi qu'au regard des témoignages de ses proches sur son état psychique,
08:34les enquêteurs faisaient appel aux pompiers qui préconisaient, après examen,
08:38la poursuite de la mesure dans un cadre hospitalier.
08:41L'intéressé était alors transféré au sein de l'unité Cusco de l'Hôtel Dieu à Paris,
08:45le 24 octobre dans l'après-midi.
08:48A nouveau examiné par un médecin légiste de l'unité Cusco,
08:51la mesure de garde à vue était déclarée compatible avec son état de santé,
08:54sous réserve de son déroulement hospitalier.
08:58En fin de journée, au regard des éléments précités,
09:01un examen psychiatrique était requis par le PNAT.
09:03Le médecin concluait que son état nécessitait une période d'observation psychiatrique
09:07susceptible de durer 48 heures maximum.
09:11En conséquence, la garde à vue de Kevin T. est élevée à minuit 30 le 25 octobre 2026.
09:17Il était transféré, conformément aux conclusions de l'expert psychiatre,
09:20au sein de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police,
09:23en observation, en application de la procédure prévue par l'article L3213-2 du Code de la santé publique.
09:31Ce jour, 26 octobre, un psychiatre de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police,
09:37intervenant dans le cadre de cette procédure, procédait à un nouvel examen de l'intéressé.
09:42Il relevait que Kevin T. ne présentait pas de symptômes de décompensation aiguë,
09:47ni de signes directs ou indirects, en faveur d'une activité hallucinatoire ou délirante.
09:53Il ne présentait pas de signes cliniques d'une pathologie aliénante décompensée,
09:58justifiant une hospitalisation sous contrainte.
10:01L'expert considérait donc que la garde à vue de Kevin T. pouvait reprendre.
10:06Cette mesure était donc reprise ce jour à 14h46.
10:10Elle est en conséquence au regard des délais légaux,
10:13susceptibles de durer jusqu'à jeudi 29 octobre 2026 à minuit 36.
10:19Quatre membres de son entourage familial et amical ont par ailleurs été placés en garde à vue
10:24dans le cadre de l'enquête de flagrance.
10:25Ces mesures ont été levées dans la soirée du 25 octobre 2026, sans suite à ce stade.
10:30Nous ne manquerons pas de vous tenir informés, comme habituellement,
10:33des suites qui seront données à cette procédure.
10:36Je vous remercie.
10:40Voilà la prise de parole attendue d'Olivier Christen, le procureur antiterroriste,
10:45qui nous a apporté quand même pas mal d'informations à Maxime Branchetteur.
10:48La première, on ne l'avait pas, c'est que la garde à vue de l'auteur de cet attentat
10:52à Trappes et à la Verrière
10:54a repris cet après-midi.
10:55Oui, elle a repris, alors même qu'on était sur ce plateau, elle a repris à 14h46 en réalité,
11:00après l'examen.
11:01Alors, le procureur est revenu sur ce doute, sur son état psychique.
11:05Il a expliqué que lorsqu'il a été placé en garde à vue, juste après qu'il soit arrêté à
11:0910h20 vendredi,
11:11il a vu un médecin, comme c'est normal, à chaque fois que vous allez en garde à vue,
11:13vous voyez un médecin au départ.
11:14Le médecin a jugé que son état était compatible avec la garde à vue.
11:18La garde à vue s'est donc déroulée.
11:19Puis le procureur explique qu'il y a eu visiblement, je le cite, des propos incohérents,
11:24des actes auto-agressifs, on comprend qu'il s'en prenait à lui-même,
11:28et un état psychique décrit par ses proches comme complexe, comme compliqué,
11:34ce qui a conduit visiblement les enquêteurs à contacter les pompiers,
11:39un premier médecin qui a dit qu'effectivement c'était étrange.
11:41On passe les détails.
11:43On a fini par ordonner son placement à l'I3P,
11:46à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris.
11:49Pour le mettre en observation, 48 heures.
11:5148 heures pendant lesquelles il allait voir plusieurs psychiatres
11:55et ils allaient à la fin trancher sur le fait
11:57qu'est-ce qu'il était compatible avec la garde à vue ou pas.
11:59On n'est même pas encore à l'état de l'abolition du discernement.
12:01On parle de la compatibilité de son état avec la garde à vue.
12:04Et bien visiblement, aujourd'hui, à 14h46,
12:07le psychiatre a dit que son état était compatible
12:09et donc sa garde à vue a repris.
12:11Elle peut durer 96 heures, donc jusqu'à jeudi 14h46.
12:15128 munitions ont été tirées lors de ce périple meurtrier
12:18qui, visiblement, avait été préparé par son auteur.
12:22Oui, c'est aussi ce qu'on apprend de cette conférence de presse.
12:24C'est plus de détails sur ce périple meurtrier
12:26qui, déjà, a été plus long que ce que nous disait
12:29le parquet national d'hitterroir.
12:31Je vous le rappelle, il nous disait qu'ils avaient découvert
12:34six lieux de crime.
12:36Et bien maintenant, il y en a huit.
12:37Ils ont visiblement découvert de nouvelles victimes
12:39au fur et à mesure des enquêtes
12:40puisqu'il y a deux nouveaux endroits
12:44où, visiblement, il a tiré deux puissions véhicules
12:46sur un autre véhicule, à chaque fois sans faire de blessés.
12:49Donc, on est à huit endroits identifiés
12:52où le suspect a tiré sur des gens qu'il a visés.
12:57Huit endroits.
12:58Il a tiré, vous le disiez, 128 cartouches de 9 mm
13:02avec sa mitrailleuse Sten, qui est une mitrailleuse ancienne,
13:06comme on le montrait.
13:09Donc, un périple meurtrier avec huit endroits
13:12et donc encore plus de blessés.
13:14D'ailleurs...
13:15Alors, concernant les blessés, on a aussi des précisions.
13:17On a des nouvelles.
13:20Déjà, il y a toujours une personne
13:23dont le pronostic vital est engagé.
13:25C'est-à-dire toujours une personne
13:26pour laquelle les médecins se battent
13:28pour qu'elle puisse survivre.
13:29Par contre, les autres sont toujours dans un état grave
13:32mais sans pronostic vital engagé.
13:35On pense notamment à cette jeune fille
13:36dont on a beaucoup parlé,
13:38cette jeune fille de 11 ans
13:38qui, visiblement, est sortie d'affaires.
13:40Ça ne veut pas dire qu'elle est toujours hospitalisée.
13:42Ça ne veut pas dire qu'elle est prête à sortir de main
13:45mais qu'en tout cas, le risque pour sa vie
13:47a été écarté, exactement.
13:49On apprend aussi que ce qu'on ne savait pas,
13:51c'est qu'il y a plusieurs personnes
13:52qui ont été ciblées, mais non blessées,
13:54qui sont particulièrement choquées,
13:56qui sont aussi des victimes.
13:57Notamment une autre enfant.
13:59Notamment, exactement, une autre enfant de 12 ans
14:01qui devait sans doute être peut-être dans les voitures
14:05qu'il explique,
14:06puisque visiblement, il est tiré sur des voitures
14:07sans faire de victime.
14:09On apprend aussi l'arsenal qu'il avait dans sa voiture.
14:12Alors, il y a cette mitrailleuse dont on a reparlé
14:14avec un pointeur laser,
14:16un couteau, un brassard de police,
14:19des lacrymogènes, des menottes, etc.
14:22Donc, on voit que, visiblement,
14:23il était particulièrement équipé voiture dans lequel,
14:26c'est important de le préciser
14:27parce que c'est une information qui a circulé,
14:29n'ont pas été retrouvées de tracts politiques.
14:31Oui, contrairement à ce que certains ont pu dire,
14:33il n'y a pas de tracts politiques.
14:34Et alors, en garde à vue,
14:38visiblement, l'auteur de cette attaque
14:41dit qu'il n'y avait pas de motivation raciste.
14:44Alors, ce n'est pas non plus ce qu'on avait raconté au début.
14:46Le suspect conteste le caractère raciste de ces crimes.
14:49Ça, c'est important parce que c'est une circonstance aggravante.
14:51Le procureur, d'ailleurs, la raconte.
14:52C'est une circonstance aggravante.
14:53Ce que le procureur dit, c'est que
14:55l'homme ne conteste pas les faits.
14:57Donc, a priori, il ne dit pas
14:59« Non, ce n'était pas moi. »
15:01D'ailleurs, il a été interpellé très facilement.
15:04Il a été interpellé dans sa voiture.
15:05Sans incident, c'est ce qu'il explique.
15:06Il s'est rendu...
15:07Enfin, il s'est rendu...
15:08Il a été interpellé par la police.
15:10Mais en tout cas, il n'a pas essayé
15:13d'attaquer la police.
15:15Il s'est laissé faire.
15:17Il ne conteste pas les faits.
15:19Donc, on comprend que lorsqu'on lui dit
15:21« C'est vous qui avez tiré ici.
15:22C'est vous qui avez tiré sur ces personnes. »
15:23Il le reconnaît.
15:24En revanche, il conteste le mobile raciste.
15:27Donc, c'est ses propos donnés en audition.
15:28Après, on note aussi que...
15:29Et pourtant, dans un premier temps,
15:30on disait qu'il avait dit aux enquêteurs
15:33qu'il visait précisément des gens de couleur.
15:35Effectivement, l'information a circulé
15:37que c'est ce qu'il disait aux primo-intervenants,
15:39c'est-à-dire aux policiers qui l'interpellent.
15:41Déjà, cette information,
15:42il faudra la confirmer exactement.
15:44Il peut changer de version aussi.
15:45Voilà.
15:46Il faut aussi se méfier
15:47de ce qu'on dit aux primo-intervenants.
15:48Je note quand même
15:49que le parquet national antiterroriste
15:51reste à re-énumérer les qualifications aujourd'hui
15:53et que la circonstance aggravante de racisme,
15:55elle est toujours retenue.
15:56Charles, qu'on signe votre réaction
15:58après les propos du procureur
16:00qui a précisé quand même pas mal de choses.
16:02D'abord, il précise que selon eux,
16:05selon les experts,
16:06il n'y a pas d'amolition du discernement suspecté
16:09au moment de la commission des faits.
16:12Donc, a priori, sauf contre-expertise, etc.,
16:16au cours de l'instruction,
16:17on se dirige plutôt vers quelqu'un
16:19qui sera jugé pour ces faits
16:21et qui n'aura pas d'irresponsabilité pénale.
16:24Ensuite, sur le fait qu'il conteste
16:26avoir commis à raison de l'appartenance
16:30réelle ou supposée de ses victimes
16:31à une ethnie, etc., etc.
16:33C'est-à-dire, est-ce que c'est un crime raciste
16:35revendiqué ou pas ?
16:37Je ne veux pas présager de la suite.
16:39Il y a eu un entretien avec un avocat,
16:40normalement, entre les deux,
16:42si votre meurtre n'est pas raciste,
16:44vous risquez 30 ans de prison,
16:46si il est raciste, vous risquez perpétuité.
16:48Donc, ce n'est pas la même histoire.
16:51Simplement, ça n'est pas déclaratif.
16:53Ce n'est pas parce que vous dites
16:54que votre crime n'est pas raciste
16:56que la juridiction est liée par vos propos.
16:58La juridiction peut,
17:00si elle a les éléments qui lui font estimer
17:02que votre crime est raciste,
17:04soit si vous avez écrit quelque chose
17:06au moment où vous l'avez fait,
17:07soit si vous l'avez revendiqué avant,
17:09mettons, sur Internet
17:11ou quelque chose comme ça,
17:12ou même si vous avez tout un environnement
17:14qui fait penser que,
17:16quand vous sortez dans la rue
17:18pour tirer sur des victimes déterminées
17:20et que, par ailleurs,
17:21on retrouve chez vous,
17:22effectivement,
17:23j'ai cru lire
17:24qu'un exemplaire de Mein Kampf
17:25avait été retrouvé chez ce monsieur,
17:27un certain nombre d'autres éléments,
17:29ça peut conduire à la juridiction,
17:30en tout cas, pour l'instant,
17:31c'est ce que fait le parquet,
17:32à penser que votre crime est raciste,
17:34quand bien même vous diriez
17:35qu'il ne l'est pas.
17:36Raquel Garrido,
17:36une réaction,
17:37une première réaction.
17:38Alors, vous avez peut-être aussi
17:38votre casquette d'avocate, là.
17:40Oui, non, mais d'abord,
17:41j'ai eu ma casquette de maman
17:43et d'être humain.
17:44Je suis très soulagée
17:46que l'état de santé
17:47de la petite fille de 11 ans
17:50nous soit révélé
17:51que son pronostic vital
17:53n'est plus engagé.
17:54Je pense que nous étions tous
17:55totalement suspendus
17:57à cette situation-là.
17:59L'idée qu'il puisse y avoir
18:00une enfant,
18:02qui puisse...
18:03Vraiment,
18:04c'était quelque chose
18:05d'insupportable.
18:06Déjà, la mort de Pengo,
18:09Bossio Wangui,
18:10c'est quelque chose
18:10qui est difficile à accepter,
18:13à supporter,
18:13mais alors un enfant,
18:14c'était vraiment
18:15quelque chose d'impossible.
18:17Donc là, vraiment,
18:18pour moi, déjà,
18:19c'est quelque chose
18:19de très rassurant
18:20et on reste en pensée
18:21avec cette personne.
18:23Maintenant, il reste une personne
18:24dont le pronostic vital
18:26est engagé.
18:26Entre la vie et la mort,
18:27toujours.
18:27Et bien sûr,
18:28on reste en pensée avec elle
18:30et on remercie
18:31toutes les équipes médicales
18:33et tous ceux qui sont aujourd'hui
18:34dans ce moment même
18:35en train de faire
18:35tout ce qu'il faut faire
18:36pour essayer de sortir
18:37cette personne d'affaires.
18:38Voilà.
18:39Pour le reste,
18:39il s'agit là
18:41d'un attentat terroriste
18:43qui reste
18:44caractérisé,
18:45en tout cas qualifié
18:46de raciste
18:47par le parquet national
18:49antiterroriste.
18:50Effectivement,
18:51la question visiblement
18:52s'est posée
18:53de savoir
18:54si cet individu
18:55était susceptible
18:57de subir
18:58une garde à vue
18:59compte tenu
18:59de son état.
19:00Je constate
19:01qu'il y a eu
19:02au moins trois examens,
19:05dont deux
19:05en milieu hospitalier,
19:06qui concluent
19:08qu'il est apte
19:09à subir
19:10une garde à vue
19:10pour laquelle
19:12il est actuellement
19:13encore en garde à vue,
19:15une garde à vue
19:16de terroristes
19:18qui peut durer
19:19encore
19:19pas mal d'heures.
19:20Donc voilà.
19:21Pour le reste,
19:24cet événement
19:25nous percute tous
19:26et le fait
19:27de savoir
19:27s'il est fou
19:29ou pas,
19:30de toute façon,
19:31c'est quelque chose
19:31dont on parle souvent
19:32en matière de terrorisme
19:34et cela n'empêche pas
19:35quand on est fou
19:36que la folie attrape
19:37la folie du moment
19:38et la folie du moment,
19:39c'est le racisme.
19:40Et donc ça,
19:41de toute façon,
19:42ça remet de toute façon
19:43la responsabilité
19:44sur nous toutes et tous
19:45sur comment on lutte
19:46dans notre pays
19:47contre le racisme
19:49et l'islamophobie
19:50en particulier.
19:51Je fais juste
19:51une toute petite précision
19:52s'il y a d'autres personnes
19:52comme vous
19:53qui ont été touchées
19:54par l'histoire
19:54de cette jeune fille
19:55qui est sortie d'affaires,
19:55la famille a ouvert une cagnotte
19:57pour la soutenir financièrement
19:58qui a été publiée
19:59sur différents réseaux.
20:00Merci à tous.
20:01Avant d'accueillir
20:02Sonia Mabrouk,
20:02on va réécouter
20:04la déclaration,
20:06enfin quelques extraits
20:07de cette conférence de presse
20:08que vous avez suivie en direct
20:09sur BFM TV,
20:09la conférence de presse
20:10du procureur antiterroriste
20:12sur l'attentat
20:14qui a frappé Trappes
20:15et la Verrière
20:16dans les Yvelines.

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