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Avec Jean-Paul Brighelli, essayiste et auteur de « La fabrique du crétin » et « L’école sous emprise » / Kahouter Ben Mohamed, Présidente de Marseille en colère

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-10-27##

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News
Transcription
00:00Le fait du jour
00:02Eh bien, vous êtes bien sur Sud Radio, il est 12h12 et je reçois une personnalité marseillaise, je l'ai
00:08appelée tout à l'heure, la passionnariat de la Belle de Mai.
00:10J'aurais pu choisir un autre quartier, la Louise Michel de la Canebière, la Jeanne d'Arc du Roucas blanc,
00:15voilà.
00:16Tout ça pour vous dire que Cautère Ben Mahomet, que j'ai le plaisir de recevoir ici, une amie de
00:22la maison qui vient régulièrement,
00:24et quand elle vient, elle témoigne d'une réalité que nous avons souvent du mal à admettre et qui pourtant
00:30est une blessure dans la société française.
00:33Et Marseille est bien un des endroits où cette plaie saigne quelquefois et Cautère est toujours sur le terrain.
00:39On va essayer de comprendre avec elle pourquoi Marseille et comment Marseille et la France continuent à penser les plaies
00:45du 17 octobre, auxquelles s'est ajoutée la tragédie de Trappes.
00:48Merci Cautère Ben Mahomet d'être avec nous dans ce studio. Je vous suppose sur le terrain alerté, confronté à
00:56des réalités marseillais.
00:57J'ai vu vos prises de position par rapport au maire, par rapport à cette forme de terrorisme qui a
01:02été le saccage de commerce de proximité.
01:06Vous l'annonciez depuis longtemps. Est-ce qu'hélas, Cautère, on arrive à un point que vous aviez un peu
01:12prédit ou que vous redoutiez, dont vous redoutiez l'arrivée ?
01:16Que j'avais éprédit. D'abord, bonjour Perico, bonjour Anissa et merci de me donner la parole, de me recevoir
01:21dans vos studios.
01:22Bonjour à la France. Je le prévois depuis longtemps, ça fait très longtemps que je dis que Marseille en particulier,
01:27parce que c'est quand même le territoire que je connais le mieux dans notre pays,
01:31est une cocotte minute qui est prête à exploser. Et si elle n'a pas explosé avant, c'est parce
01:34qu'il y a des personnes comme moi, en Marseille et dans le reste de la France,
01:38qui font un job de teint, qui font le travail des élus locaux, des élus nationaux, du gouvernement, sans aucun
01:45soutien financier.
01:46Comment vous vous qualifiez ? Comme des corps intermédiaires ? Comme des mouvements sociaux ? Des initiatives ? Des prises
01:54de conscience ? De la solidarité ?
01:56Non, enfin moi j'ai jamais choisi une cause, c'est la cause qui me choisit. Moi je suis chez
01:59moi, il y a des drames et les gens viennent me chercher parce qu'ils me connaissent depuis longtemps,
02:02parce que je rappelle que je suis née dans un bidonville, que j'ai grandi dans un bidonville, que l
02:06'école de la République de l'époque, qui n'est plus l'école de la République d'aujourd'hui,
02:10avec une mixité sociale, c'est le début du problème. Tout à fait, j'en parlais hier sur le plateau
02:16avec vos confrères, le plateau de CNews,
02:18et je rappelais à André Bercoff que moi je suis une enfant de la République en fait, et si je
02:24suis aujourd'hui avec vous, si je suis aujourd'hui journaliste,
02:27si je suis aujourd'hui autrice, si je suis cadre associatif et que j'ai choisi d'être non rémunérée
02:31pour garder ma liberté,
02:32déjà cette phrase elle est grave, je ne suis pas rémunérée, je suis passée d'une situation confortable au RSA,
02:40parce que si j'ai des subventions, je vais dépendre d'un élu, c'est gravissime en fait.
02:44Vous êtes insoupçonnable d'agir sous influence ?
02:47C'est pas possible, je ne suis pas encartée, je ne suis pas syndiquée, moi mon parti c'est la
02:51France en fait,
02:52et je prends de manière très très difficile, en fait il y a un vocable qui est né depuis quelques
02:57années,
02:57de racisé, de blanc, enfin moi je suis blanche, on est tous blanc, racisé c'est hyper violent pour moi,
03:02je suis française en fait,
03:03vous avez que l'origine tunisienne je crois ?
03:04Moi je suis d'origine tunisienne des deux parents, mais je suis allée quatre fois dans ma vie en Tunisie
03:07quoi, c'est la France que je connais,
03:09c'est ici que j'ai acheté mon appartement, c'est ici que j'ai eu mon fils, c'est
03:11ici que je vis, c'est ici que je vote, c'est ici que je me suis engagée.
03:13Donc vous êtes intrinsèquement française ?
03:16Intégrée, assimilée ?
03:16Je ne suis pas intégrée et je ne suis pas assimilée, je suis française et je suis...
03:20Vous êtes des françaises, voilà, donc il n'y a aucun doute là-dessus ?
03:21C'est important de le préciser, parce que l'intégration, assimilation, voilà, vous avez...
03:25C'est des mots qui sont très durs pour moi.
03:26Mais vous êtes au-delà de ça, ou en deçà au contraire, vous n'avez pas été confrontée.
03:31C'est assez maux, c'est d'une violence absolue.
03:32Vous savez, moi je suis très bien dans mes baskets.
03:34Quand j'étais petite, je me plaisais toujours à raconter cette anecdote, parce que c'est le début du déséquilibre.
03:39On nous faisait remplir, je vivais dans un bidonville, et aux enfants des bidonvilles, on leur faisait remplir un petit
03:43papier,
03:43on nous demandait nos origines, notre religion, et est-ce qu'on payait des impôts ?
03:47Je ne savais même pas ce que c'était les impôts, moi à l'époque, j'avais six ans.
03:50Et ma mère, elle nous a toujours dit d'écrire qu'on était français d'origine tunisienne, et pas tunisien,
03:55et pas algérien, etc.
03:56Et c'est le début, pour moi, de l'intégration, en fait.
03:59On est français depuis le départ, et de nous renvoyer toujours à cette...
04:03Et ça crée ce déséquilibre aujourd'hui, quand on voit des hordes de jeunes comme ça, qui ne se sentent
04:07pas français,
04:08qui se sentent... Quand ils vont au Bled, on leur dit, vous êtes des immigrés ici, on leur dit qu
04:12'ils ne sont pas français.
04:13Quand vous n'avez pas d'éducation, que vous n'êtes pas bien dans vos baskets, Perico, elle est où
04:16votre identité ?
04:17Alors, justement, le président de la République est allé à Marseille, sur le terrain.
04:20Voilà, je voudrais, neuf jours après les pillages, Emmanuel Macron est venu à Marseille, qu'en retient tant, Anissa ?
04:25Eh bien, d'abord, on en retient un aveu, l'aveu que l'État n'avait pas suffisamment anticipé les
04:30violences du 17 octobre.
04:32Le président reconnaît que les forces de l'ordre étaient trop peu nombreuses.
04:35Ensuite, il a pris deux engagements, celui de maintenir le dispositif de sécurité dans la durée,
04:40et travailler à des parcours de manifestation en dehors du centre-ville.
04:44Voilà, avec une prochaine échéance, celle du samedi 31 octobre, que le président Emmanuel Macron juge encore à risque.
04:51Ensuite, pour les commerçants, le président dit travailler avec les assureurs et les banques pour accélérer les indemnisations,
04:58financer de nouvelles commandes et accompagner les pertes de revenus.
05:01Ensuite, sur les reports de TVA et les prêts à taux zéro réclamés par les représentants économiques,
05:06aucun engagement formel lors de cette visite d'Emmanuel Macron.
05:09A la sortie, par ailleurs, le président de la CCI, Jean-Luc Chauvin, attendait des décisions pour concrétiser ses engagements.
05:14Voilà ce qu'on peut retenir pour le moment de la sortie d'Emmanuel Macron hier.
05:18Oui, oui, oui, on l'a vu, j'ai regardé sur les images, il est allé, on dirait quand même
05:21le roi qui peut soigner les écouelles.
05:23C'est une situation qu'il aime bien, et j'invite les gens qui nous écoutent à Marseille,
05:27à nous appeler au 0826 300 300, qui donnent leurs témoignages.
05:31Ils ont Kauter Ben Mohamed ici, à leur disposition, pour répondre à leurs questions et à leurs interrogations,
05:37et je pense qu'ils ont peut-être aussi des témoignages à nous apporter dans cette émission au téléphone.
05:42Mohamed Ben Kauter, la visite du président de la République, je pense que ça a dû vous crisper un petit
05:46peu.
05:47J'ai passé le cap de la crispation, parce que malheureusement, je n'attends plus rien du président de la
05:51République.
05:51Alors il a jeté son évolu sur Marseille, mais bon, c'est une mauvaise...
05:53Il l'a déjà fait plusieurs fois, vous vous souvenez, des promesses extraordinaires.
05:56Oui, mais c'est pas une belle histoire d'amour, c'est pas du tout une belle histoire d'amour,
05:59on se passerait de cet amour qu'il ne veut rien dire.
06:01Mais a-t-il seulement eu des histoires d'amour politiques dans sa vie ?
06:03On a le droit de se poser des questions, parce que crier son amour,
06:07enfin, Marseille, non seulement n'avance pas, malgré des milliards annoncés,
06:11je me suis déjà exprimée à ce sujet, quand on met Sabrina Roubache à la tête du plan du Grand
06:14Marseille,
06:15on sait déjà que ça va forcément être un échec, en fait.
06:17Il faut connaître cette ville, cette ville est particulière.
06:19Notre pays particulier lui-même, vous voyez, c'est une ville qui a du caractère,
06:22c'est une ville qui a des disparités énormes, d'une rue à l'autre, d'un quartier à l
06:26'autre,
06:27qui est vraiment construite et gouvernée d'une manière très très particulière.
06:30Moi, c'est Mme Roubache, c'est une compatriote territoriale pour vous, c'est une Marseillaise.
06:34Elle est dans l'action, elle a des moyens, c'est quelqu'un sur qui on peut compter,
06:38ou vous avez aussi des doutes ?
06:40Je considère que Sabrina Roubache avait la black card du gouvernement,
06:43mais que c'est une figurante politique, un épouvantail serait plus efficace qu'elle.
06:47Au moins, il ferait peur aux oiseaux, et au moins, il ferait peur à quelques délais.
06:49Dites-moi, c'est dit directement, ce très bien.
06:51C'est dit directement, parce que j'aime cette ville, en fait.
06:53Moi, mon sang, il n'est pas rouge, il est bleu et blanc en couleur de la ville,
06:56et je suis absolument scandalisée qu'avec la proximité qu'elle a avec l'Élysée,
07:00avec le Président de la République et son épouse,
07:01elle a eu différents ministères pour en sortir quoi, en fait ?
07:04Je peux vous raconter une anecdote, elle fait partie du conseil d'administration du lycée de mon fils.
07:09J'ai dû mettre mon fils, pour des raisons personnelles,
07:11quatre mois dans un établissement privé l'année dernière, pour sa sécurité.
07:14Vous vous rendez compte qu'elle ne s'est même pas déplacée,
07:16alors que l'établissement a été menacé de fermeture,
07:18et que c'est encore moi, mes réseaux, le Président qui est bénévole,
07:23ces réseaux qui avons usé de tout, y compris de la justice,
07:27pour ne pas déloger des enfants qui sont en extrême précarité.
07:30C'est la seule école privée de ce secteur qui est en QPV,
07:34et Mme Sabrina Roubache, qui est conseillère régionale,
07:37qui est ministre de la formation, je crois, aujourd'hui,
07:41qui a été ministre de la ville,
07:43ne s'est même pas déplacée pour aider ces jeunes à garder leurs locaux en pleine année scolaire.
07:48Donc je vous dis bien qu'elle est figurante, en fait.
07:51Pour vous, rien à attendre de la caste gouvernementale ?
07:53Absolument pas, et moi j'en ai un peu marre que Marseille,
07:55depuis des décennies, c'est pas le premier, mais Macron, il met particulièrement les formes.
08:00On en a marre des plans de communication.
08:02Marseille, c'est pas un territoire à part, ça fait partie de la France,
08:05c'est la deuxième ville de France.
08:06Bien sûr.
08:07Et il faut arrêter d'annoncer des plans de communication,
08:09et de mettre à la tête de ces plans de soi-disant Grand Marseille, etc.
08:14annoncer des amis à sa femme, des amis à lui, de la cooptation,
08:18mais qui se fait, excusez-moi, que par la médiocrité,
08:20Marseille mérite mieux et la France mérite mieux.
08:23Cautère, est-ce que Marseille peut présager ce que la France peut devenir ?
08:26Est-ce qu'elle est aujourd'hui la future image de la France,
08:29dans ses souffrances, dans ses amours, dans ses passions ?
08:31Moi j'ai une passion pour cette ville, j'allais dire carrément charnelle,
08:35vous voyez, tellement je suis basque pourtant.
08:37Je sais, j'ai bien croisé votre épouse avec vos enfants au parc,
08:40avec mon fils il y a quelques années déjà.
08:42Bien sûr, j'ai une attache très forte.
08:43Donc quand Marseille souffre, je souffre.
08:44Et quand je vous entends, je suis à l'unisson de votre cri.
08:48Et pourtant, voilà, on a l'impression que la France,
08:51de Retailleau a dit sa mexicalisation de la France,
08:54la marseillisation avec des fractures terribles,
08:57et pourtant des gens qui se battent pour empêcher ce drame.
09:00Mais on se bat parce qu'on aime notre ville et on aime notre pays.
09:03Malgré tout ce qui est raconté sur certains plateaux
09:05et par certains politiques qui attisent la haine et le feu,
09:08Marseille est une et indivisible.
09:10J'espère que notre pays est indivisible aussi.
09:12Mais c'est vrai qu'à Marseille, ce qui nous caractérise,
09:14c'est la solidarité hors d'ordre que nous avons
09:17entre associations, entre particuliers.
09:18En fait, quand ça s'écondrait la rue d'Aubagne,
09:20on a été la manifestation de la solidarité avec un grand S.
09:24Et qu'à outer des aventures municipales prometteuses
09:26qui n'ont appouti à pas grand-chose.
09:27Là, je vous ai vu, vous êtes assez agacé par M. Payan
09:30qui est allé à Kiev.
09:32Vous avez manifesté votre étonnement
09:33qu'il aille à ce moment-là.
09:36Moi, je suis déjà très surprise
09:38que M. Payan soit à la tête de la ville.
09:40Il n'a jamais gagné la ville pour moi
09:42parce qu'il a volé d'abord le premier mandat à Michel Rubirola.
09:45Et je pèse mes mots.
09:45Et je l'avais annoncé avant l'élection
09:47parce que je connais ces gens depuis quelques décennies déjà.
09:50Ils n'avaient pas le courage de porter son identité politique
09:52et le fait qu'il a été fabriqué par le PS et par M. Guérini.
09:55Et donc, il a fallu faire une supercherie.
09:56La fête, ça a passé.
09:57Et moi, je ne suis pas du tout...
09:59M. Guérini qui ne représente pas la vertu absolue du Parti Socialiste.
10:03M. Guérini, si les gens le connaissent,
10:04ni de la politique au demeurant, tout simplement.
10:07Mais vous savez, moi, je préfère toujours avoir l'original à la copie.
10:10Avec l'original, on sait où on en est.
10:11Au moins, c'est comme pour les vêtements, c'est comme pour tout.
10:13Et pour le deuxième mandat, même si moi, je ne suis pas affiliée,
10:16je n'ai pas de séparcie particulière pour Sébastien Delogui ou la LFI,
10:19il n'empêche qu'il a eu le FN en face,
10:22enfin le RN, pardon, c'est comme ça qu'on l'appelle après son lifting.
10:26Et il a refusé de faire alliance avec tous les partis républicains.
10:29C'est-à-dire, après moi, il peut y avoir le feu, quoi.
10:31Et là, quand je le vois dénigrer la police,
10:34moi, je me bats contre toutes les formes de violence,
10:36tout qu'elles viennent, y compris, je me suis interposée le 2 octobre
10:38en face d'une police qui battait des enfants.
10:40Et moi, c'était insupportable pour moi de les voir matraquer des enfants de 14 ans
10:44qui n'avaient rien brûlé.
10:45Donc, je me suis interposée physiquement, et pas que.
10:48Mais la police, elle est là pour nous protéger, en fait.
10:50Et moi, quand je vois que M. Payan aussi charge la police
10:54en disant qu'ils n'ont pas fait leur travail à Marseille, etc.,
10:56moi, je tiens à rappeler qu'on a une police municipale
10:58qui a 800 agents,
11:00que pour un jeune qui va casser pour prendre une basket,
11:02quand il voit un flic municipal ou un flic national,
11:04c'est pareil pour un petit de 14 ans.
11:05Il a peur par ailleurs.
11:06Nous, après les manifestations historiques de 2018,
11:10après l'effondrement de la rue d'Aubagne,
11:12Godin avait tellement de peur qu'on rentre dans la mairie,
11:13Jean-Claude Godin, à son âme,
11:15il a mis des barricades autour de la mairie,
11:17ils sont restés deux ans.
11:18Je m'en souviens très bien.
11:19Donc, il aurait pu faire ça aussi pour protéger la mairie.
11:21Je me disais, tiens, la mairie est toujours en travaux.
11:22On ne m'a dit pas du tout.
11:23Ce sont des barrières de protection mises par...
11:25Exactement.
11:25Et vous savez, moi, j'y vois une grande, grande symbolique
11:27parce que les manifestants auraient pu faire le choix,
11:30parce qu'on est en colère contre le gouvernement
11:31et pas contre la mairie,
11:32d'attaquer des institutions gouvernementales,
11:34d'attaquer un commissariat de police nationale.
11:37Ils ont fait le choix à Marseille
11:38d'attaquer et la mairie et le poste de police municipale.
11:41Ça veut dire beaucoup de choses.
11:42Ils ont fait fort.
11:43Cauter, il y a déjà quelqu'un qui appelle de Marseille,
11:44c'est Johan.
11:45Bonjour Johan.
11:47Bonjour Péco.
11:48Bonjour Johan.
11:49Alors, vous habitez où à Marseille ?
11:52Sur l'Estac.
11:53Sur l'Estac.
11:54Ah, bien sûr.
11:55Bon, comment vous avez vécu les événements des derniers jours ?
11:59Vous écoutez Cauter qui raconte la détresse de cette ville
12:03et la volonté de s'en sortir.
12:06Oui, alors ça, je suis d'accord avec elle.
12:09Et puis ça date pas d'hier, effectivement.
12:13Bon, on a un président qui aime bien fanfaronner,
12:16mais bon, Marseille qui s'appauvrit,
12:19Marseille qui essaye de survivre,
12:21mais qui reste debout malgré tout.
12:23Je pense que ça doit bien faire une bonne quinzaine d'années
12:26que c'est comme ça, en tout cas,
12:28que la situation a vraiment dégringolé.
12:31Ou plus, quinzaine d'années ou plus, oui.
12:33Ah oui, ou plus, oui, oui, oui, facile.
12:36Vous vous êtes résigné ou vous pensez qu'il peut y avoir un mouvement,
12:40je vais dire un mouvement citoyen,
12:42comme ça, spontané,
12:43qui fait que les gens, que c'est la base,
12:44qui dit ras-le-bol, on va prendre notre destin en main.
12:47Vous le sentez ?
12:49Regardez, Périco, les deux derniers samedis,
12:52c'était des mouvements citoyens.
12:53Alors, je mets les casseurs à part.
12:56Bien sûr, non, non, mais attendez, il est bien évident,
12:58personne ne fait la confusion, personne ne fait l'amalgame.
13:01Sauf ceux que ça arrange.
13:02Sauf ceux que ça arrange.
13:04Exactement.
13:05Donc, je les mets au moins à part.
13:07Mais regardez la renaissance actuelle,
13:11la Colombie des Gilets jaunes,
13:13mais ça fait des années qu'il y a des mouvements citoyens qui se créent,
13:17Colombes-Balades de droite à gauche,
13:19et où, après, à la tête de l'État,
13:22le président et toute sa cohorte font un peu ce qu'ils veulent,
13:26et puis ils s'en foutent, en fait, de ce qui se passe.
13:28Donc, effectivement, heureusement, on a des initiatives locales
13:32et des gens qui ont envie de s'en sortir
13:34et qui se battent pour s'en sortir
13:36et qui essaient de se couer un petit peu au-dessus
13:39pour qu'on puisse arriver à faire quelque chose
13:42et à avancer tous ensemble.
13:43Bien.
13:44Non, non, mais merci pour votre témoignage.
13:46On est bien conscients, et c'est bien dans ce sens-là
13:48que Kauter prend position.
13:49Kauter Ben Mohamed,
13:50est-ce que la fracture sociale est plus douloureuse à Marseille ?
13:55Est-ce qu'il y a des cas précis dans cette ville
13:56qui se cherchent depuis si longtemps,
13:58au cas de tel potentiel ?
13:59Est-ce qu'il y a des choses plus tragiques, plus terribles
14:02qui se passent à Marseille qu'ailleurs en France ?
14:03Oui, parce que c'est une ville...
14:05Je vais être très dure avec les élus locaux.
14:07Nous avons les mêmes élus depuis trois décennies.
14:10Ah oui.
14:10Samia Ghali, il a depuis 30 ans.
14:11Benoît Payan a été fabriqué par M. Guérini.
14:13Il est au pays de la Monnage.
14:15Elle avait suggéré que l'armée puisse intervenir dans les quartiers
14:17où la République ne rentrait pas.
14:18Oui, mais elle suggère beaucoup de choses.
14:20Mais moi, si vous voulez, j'aimerais vraiment qu'il y ait un audit
14:22de tous ces élus locaux et nationaux qui sont là depuis trois décennies.
14:24Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
14:25Vous n'avez rien fait, vous partez en fait.
14:26Dans une entreprise privée, quand vous n'êtes pas efficace, vous partez.
14:29Vous voyez, Samia Ghali est arrivée.
14:31Nous avons beaucoup bataillé, nous nous sommes beaucoup battus.
14:33Et ce qui m'a amenée à Paris, c'était une réunion
14:35à la Fondation d'Armée du Salut sur la mobilité des personnes précaires.
14:37Donc oui, ce n'est pas qu'un problème qui concerne Marseille.
14:41Et en fait, la première chose qu'elle a faite en tant que présidente,
14:44nouvelle présidente de RTM, qui est le réseau de transport de Marseille,
14:47c'est qu'elle a augmenté le ticket, qu'elle a retiré la gratuité
14:49aux personnes âgées et aux enfants de moins de 11 ans.
14:51Vous vous rendez compte dans une ville aussi pauvre que Marseille ?
14:53Sous prête de déficit budgétaire.
14:54Oui, mais ce ne sont pas les personnes âgées et les enfants de moins de 11 ans
14:57qui sont responsables de ce déficit.
14:59Peut-être que si Samia Ghali, Benoît Payan et tous ces élus
15:02qui ont des voitures, des chauffeurs depuis trois décennies,
15:05prenaient le bus parce qu'ils prennent tous l'écologie, l'environnement.
15:08Ça fait bizarre.
15:08Ça fait très bizarre, vous voyez ce que je veux dire ?
15:10C'est Martine Vassal qui installe ça et c'est Samia Ghali qui l'enlève.
15:12Enfin, nous, ça nous fait tomber les cheveux, vous voyez ce que je veux dire ?
15:14Donc moi, je veux bien beaucoup de choses.
15:16Mais malheureusement, à Marseille, peut-être plus qu'ailleurs,
15:19peut-être plus qu'ailleurs,
15:20la cooptation se fait par la médiocrité,
15:23par le bas du panier et on en arrive à ça.
15:25On en arrive à des élus qui sont,
15:26même quand ils viennent de quartier populaire comme Samia Ghali,
15:29complètement déconnectés avec la réalité, avec la réalité.
15:31Vous savez, moi, je m'occupe depuis huit ans à temps plein,
15:33plus qu'à temps plein parce que c'est 15 jours,
15:3615 heures par jour,
15:37des personnes qui sont en mal logement.
15:38Je rentre dans des maisons qui sont ruinées
15:40et je vois des familles ruinées derrière.
15:42On continue à en parler.
15:44Marseille et la France continuent de penser leur plaie.
15:47Nous vivons une tempête qui est née d'une colère
15:48et cette colère est partie des lycées.
15:50D'ici quelques instants, justement,
15:51nous en parlerons avec Jean-Paul Brighelli,
15:53essayiste et auteur de La Fabrique du Crétin
15:55et de l'école sous emprise,
15:57manque de professeurs, classe surchargée,
15:59inquiétude pour l'avenir.
16:00C'est à suivre sur Sud Radio.
16:04Midi 14h, Sud Radio,
16:06la France dans tous ses états,
16:08le fait du jour.
16:09Vous êtes bien sur Sud Radio,
16:11il est 12h31,
16:12nous parlons de Marseille,
16:13de cette tragédie,
16:15ce traumatisme français du 17 octobre
16:18et de Trappes
16:19qui aussi ont des retombées à Marseille
16:21qui est une ville en souffrance.
16:23Nous avons en studio
16:24Cauter Ben Mohamed,
16:25fondatrice de Marseille,
16:26en colère,
16:27avec laquelle nous dissertons
16:29depuis le début de cette émission
16:30sur justement cette fracture marseillaise.
16:33Et l'énergie, pourtant,
16:34qu'il y a chez certaines citoyennes
16:36et certains citoyens
16:36que vous représentez
16:37pour sortir du barrasme.
16:39Et là, nous avons en ligne
16:40Jean-Paul Brielli,
16:42que cette antenne connaît bien,
16:44un prof français en colère
16:47qui a pris des positions courageuses,
16:49qui a beaucoup écrit,
16:50notamment la Fabrique du Crétin
16:52et qui, justement,
16:53a été enseignant toute sa vie.
16:55Il aime Marseille comme,
16:56j'allais dire,
16:57comme sa mère.
16:58Il connaît bien la société marseillaise,
17:00prof de lycée.
17:02Et il a...
17:03Ça fait longtemps
17:03que Jean-Paul Brielli
17:04alerte les pouvoirs publics,
17:07la classe politique,
17:07l'opinion publique
17:08sur les dérives
17:09dont nous constatons aujourd'hui
17:11les ravages.
17:12Jean-Paul Brielli,
17:12merci d'être avec nous en direct.
17:14Que vous inspire la situation ?
17:16Vous qui avez été prof,
17:18vous ne cessez de nous raconter
17:20le délitement de l'éducation nationale,
17:22de cette école
17:23qui ne remplit plus sa mission.
17:24Est-ce que les scènes
17:25que vous avez vues dernièrement
17:26en France et à Marseille
17:28sont la conséquence
17:29de cette crétinisation
17:30d'une jeunesse
17:32auquel l'école de la République
17:33n'apporte plus les valeurs nécessaires
17:34pour se comporter
17:35en citoyen responsable ?
17:37Bonjour Péric Léves,
17:39bonjour madame.
17:40Bonjour.
17:42Vous savez,
17:43parfois,
17:43deux voitures
17:44ont un approchage.
17:45Alors,
17:46vous avez ceux
17:46qui pratiquent
17:47de façon civilisée
17:49qui disent
17:50bon,
17:50d'accord,
17:51on va faire un constat,
17:52etc.
17:52Et puis ceux
17:53qui se mettent à hurler
17:54ou plus.
17:56On en est là.
17:57Ceux qui se mettent à hurler,
17:58ce sont ceux
17:59qui n'ont pas les mots.
18:01Si on avait donné
18:03des mots
18:03à tous ces gosses,
18:05gosses,
18:05et un peu plus que gosses,
18:07il y en a certains
18:08qui ont dépassé
18:10l'adolescence.
18:12Si on leur avait donné
18:13des mots,
18:14si on leur avait donné
18:15des parts,
18:16des clés
18:17pour comprendre
18:18ce qui se passait,
18:19ils n'auraient pas
18:21premièrement
18:22craché sur la réforme Blanquer
18:23parce que la réforme Blanquer,
18:25ils l'ont demandé,
18:26ils ne cracheraient pas
18:27sur la parcours sup,
18:28ils essaieraient de comprendre
18:29ce qui se passe.
18:31Et ce qui se passe,
18:32c'est que,
18:33comme on leur met à tous
18:34de bonnes notes,
18:35l'algorithme a un peu
18:36de mal à trier,
18:37quand même,
18:38et il y a une part
18:40d'arbitraire,
18:40finalement,
18:41dans tout ça.
18:42Mais,
18:43le troisième élément,
18:45c'est,
18:45on n'en a rien à faire
18:47de l'école.
18:48Nous,
18:48ce qu'on veut,
18:49c'est casser.
18:50Nous,
18:51ce qu'on veut,
18:51c'est piller.
18:53Il faut voir
18:53ce qu'a été
18:54la rue de Rome
18:55ou la rue Saint-Fait
18:56à Marseille.
18:57La rue Saint-Fait-Réole.
19:00La rue Saint-Fait-Réole.
19:03C'est assez curieux
19:04d'ailleurs que les commerçants
19:06ne se soient pas méfiés.
19:08Plus méfiés.
19:09Jean-Paul Brigalli,
19:10ces jeunes ne sont pas
19:11la majorité.
19:12Il y a aussi des gens
19:13qui ont manifesté
19:13de façon sereine.
19:15Bien sûr,
19:16mais,
19:16vous savez,
19:17lorsque Lénine a pris le pouvoir,
19:19les soviets représentaient
19:215% de la population.
19:235%.
19:24C'est la minorité agissante,
19:25on est bien d'accord.
19:265% de la population,
19:27vous faites basculer
19:28un empire.
19:30Voilà.
19:30Il faut bien comprendre,
19:31il faut que tout le monde
19:32comprenne
19:33qu'avec
19:34quelques
19:36milices spontanées,
19:37si j'ose
19:38m'exprimer ainsi,
19:39vous pouvez faire
19:40basculer une démocratie.
19:43Mohamed Ben-Kaoutère
19:44a envie de vous répondre.
19:48J'ai envie de vous répondre,
19:49monsieur,
19:49parce que
19:49moi j'habite Marseille,
19:51j'y suis née,
19:51j'y ai grandi,
19:52je respire Marseille,
19:54je suis Marseille.
19:55J'ai regardé les vidéos
19:56de manière tellement attentive
19:58qu'on pourrait me prendre
19:59pour quelqu'un
19:59qui travaille chez
20:00les renseignements
20:00territoriaux
20:01de notre police.
20:02Ceux qui ont
20:03détruit la mairie
20:04et le commissariat
20:05de proximité
20:07de police municipale.
20:09Ceux qui ont
20:10volé des baskets,
20:11des produits de luxe,
20:128 ans,
20:12etc.
20:14Et ceux qui manifestent
20:15sont trois catégories
20:16de populations
20:17qui sont complètement différentes.
20:18Là où je vous rejoins,
20:19monsieur,
20:19mon premier combat,
20:20c'est l'école.
20:20J'avais porté pied
20:21contre Jean-Claude Godin
20:22pour rupture d'égalité
20:23et on ne pouvait pas
20:24faire les rythmes scolaires
20:26quand il y avait
20:26la réforme à moi,
20:27etc.
20:27et j'ai gagné
20:28jusqu'en cassation.
20:29Mon premier combat,
20:30c'est l'école et le logement
20:31parce qu'on habite
20:32dans un endroit pourri
20:33et que l'école
20:33n'a pas les moyens
20:34de faire son travail
20:35d'instruction
20:36et pas d'éducation
20:36parce que l'éducation
20:37revient aux parents,
20:38monsieur.
20:39Moi, c'est comme ça
20:39que je le considère.
20:41Il y a une défaillance
20:42et effectivement,
20:43à force de manquer
20:44de mots MOTS,
20:46nous avons des mots
20:47MAUX
20:48qui nous semblent
20:49aujourd'hui incontenables
20:51et auxquels
20:52on ne sait pas répondre.
20:53Quand je dis
20:53on, c'est pas nous,
20:54c'est pas vous,
20:54c'est pas moi,
20:54c'est pas Perico,
20:55c'est le gouvernement.
20:56S'il est dans cet état,
20:58si notre pays
20:58est dans cet état,
20:59si aujourd'hui
21:00nous avons
21:00depuis quelques années déjà
21:01des infirmières,
21:02des médecins,
21:03des policiers,
21:04des pompiers,
21:05des lycéens aujourd'hui
21:06qui n'ont même pas
21:07les moyens
21:07d'étudier correctement
21:08dans la septième puissance
21:09économique du monde,
21:11c'est qu'à un moment donné
21:12il y a aussi
21:12un fracassage
21:13des services publics
21:14depuis des décennies
21:15qui amène
21:16tous ces gens
21:17à poser leur colère,
21:18à manifester de manière légitime
21:20mais qui n'ont pas cassé
21:21parce que les manifestants
21:22ne sont pas des casseurs,
21:22ce sont des manifestants.
21:23Une manifestation
21:23elle a un début
21:24et elle a une fin
21:24et à ces manifestations,
21:27à ces revendications
21:28sociales et politiques
21:29qui sont à mes yeux
21:30totalement légitimes
21:31que ce soit les agriculteurs
21:32qui nous nourrissent,
21:33les enfants
21:34qui n'ont plus les moyens,
21:35se sont greffées
21:36des personnes
21:36qui sont dans une...
21:37Je ne les excuse pas,
21:38attention,
21:39je tiens à tirer au préalable
21:40et j'ai fait de nombreuses vidéos
21:41sur ça
21:41que je condamne
21:42mais plus que fermement
21:44et bien plus que le gouvernement
21:45le fait,
21:46toutes les personnes
21:46et tous ceux
21:47qui ont participé
21:48au saccage,
21:48au pillage
21:49et à terroriser les commerçants
21:50qui sont des personnes
21:51qui travaillent,
21:52qui peinent à se payer,
21:53à payer leurs charges
21:54et à payer leurs salariés.
21:55Donc ça je le condamne
21:56et moi je suis en plus
21:57contre la prison,
21:58je dis donnez-moi
21:59tous ces minots
21:59que vous allez identifier,
22:00on va avec des légionnaires
22:01leur faire des travaux
22:03d'intérêt général
22:04et vous allez voir
22:04s'ils vont refaire derrière.
22:05Cahouter et Jean-Paul,
22:06je voudrais,
22:07le ministre a fait des annonces
22:08qui ont été faits
22:09hier soir par le ministre,
22:10à Nice,
22:11à quelle sont-elles ces annonces ?
22:12Alors ces annonces
22:13des classes moins chargées,
22:15des postes supplémentaires
22:16et puis un remplacement
22:17de Parcoursup,
22:18voilà les annonces
22:19présentées hier soir
22:20par Édouard Geffrey
22:21et Philippe Béthys.
22:21D'abord les secondes générales
22:23et technologiques
22:23seront plafonnées
22:24à 28 élèves
22:25dès septembre 2027
22:27dans la moitié des lycées
22:29les moins favorisés
22:30puis ensuite
22:31partout en France
22:32à partir de 2028.
22:33Le gouvernement prévoit aussi
22:35d'annuler les 836 suppressions
22:37de postes annoncées
22:38dans le secondaire public
22:39et de créer 500 postes
22:41supplémentaires de professeurs.
22:43Pour le quotidien,
22:44le ministre propose aussi
22:45une pause déjeuner
22:46d'au moins une heure
22:47qui sera garantie
22:48à la rentrée 2027.
22:50Pour ce qui est des bâtiments
22:51et de leur insalubrité,
22:52parfois 4 milliards d'euros
22:54de prêts à taux préférentiels
22:55seront mobilisés
22:56d'ici 2030.
22:58Et par les Parcoursup ?
22:59Évidemment,
23:00les Parcoursup
23:00qui restera utilisés
23:01en 2027
23:02avec des critères
23:03plus transparents
23:04et puis une explication
23:05des refus
23:05avant son remplacement
23:06en 2028.
23:0715 000 places supplémentaires
23:09sont annoncées
23:10dans le supérieur
23:10entre 2027 et 2028.
23:13Les bourses étudiantes
23:13suivront l'inflation
23:15dès la rentrée prochaine.
23:15Voilà pour les annonces.
23:16Jean-Paul Brigalli,
23:17ça vous rassure ?
23:19Ses propositions,
23:20ses annonces du ministre ?
23:21J'ai vu ça ce matin,
23:22les occasions de rire
23:24étant rares,
23:25autant en profiter.
23:26Le ministre n'a manifestement
23:28jamais fait architecture.
23:3128 élèves par classe,
23:33on est à 33, 34 actuellement
23:35dans le lycée.
23:36Ça suppose plus de classes,
23:39de classes au sens...
23:41Voilà.
23:44Et où va-t-on les mettre ?
23:4618 000 places de plus en fac,
23:49où va-t-on les mettre ?
23:50Je rappelle que chaque année,
23:52en début d'année,
23:53dans les amphis,
23:55les étudiants sont assis
23:57sur les marches,
23:58sont assis autour
24:00du bureau du prof.
24:02Il n'y a pas de place.
24:04Pourquoi est-ce qu'il n'y a pas
24:05de place ?
24:06Parce que les facs ont été conçues
24:08dans les années 60, 70, 80
24:11pour une population maximale
24:14de 500 000 étudiants.
24:16En année,
24:17on a actuellement
24:18680 000 bacheliers.
24:21Ça, c'est l'effet
24:22des souhaits de Jospin
24:25lorsqu'il était premier ministre
24:27en 1998,
24:28qui était 80 %
24:30d'une génération
24:31avec le bac.
24:32Pas au niveau du bac,
24:34comme le disait Chevenement,
24:36mais avec le bac.
24:37Alors, pour qu'ils aient le bac,
24:39on a truandé les notes.
24:41Par an, je vous le dis,
24:43si vos élèves,
24:44vos enfants,
24:45HPI, forcément,
24:47ont 18 de moyenne,
24:49c'est truqué.
24:51Comment voulez-vous
24:52qu'un algorithme,
24:53c'est très con,
24:54un algorithme,
24:55ça suit ce qu'on lui donne,
24:57avec ce avec quoi on le nourrit.
24:59Comment voulez-vous
24:59qu'un algorithme
25:01trie là-dedans ?
25:02Il y a des dizaines
25:04de milliers d'élèves
25:05chaque année
25:06qui croient être bons.
25:09Écoutez,
25:10c'est très simple.
25:11Quand vous avez passé
25:13le bac,
25:13Perico,
25:14la proportion
25:15de mentions
25:16très bien
25:17était de 0,2 %.
25:20Actuellement,
25:21c'est 13 %.
25:22Alors,
25:23soit la population française
25:24a fait un bond
25:26intellectuel
25:27absolument extraordinaire,
25:29soit
25:30il y a un mensonge
25:31gigantesque là-dedans.
25:33Alors,
25:34on va être très très clair,
25:36le seul moyen
25:37de sauver
25:38les études supérieures,
25:39c'est d'opérer
25:41une sélection
25:43drastique
25:43en fac.
25:45Et,
25:45pour bien
25:46se faire comprendre,
25:48il faut remonter
25:49en avant.
25:50C'est-à-dire que
25:51c'est pas au lycée
25:52que ça s'est joué,
25:53c'est au collège
25:54que ça s'est joué.
25:54Et même au primaire.
25:55Et même au primaire.
25:57Voilà,
25:57on a fait passer les gens
25:59systématiquement
25:59d'une classe à l'autre.
26:01Au primaire,
26:02on a dit
26:02« Ah,
26:02ils ne savent pas lire
26:03en CM1,
26:04ils apprendront en CM2. »
26:06Le résultat,
26:06c'est que
26:0630 à 40 %
26:08des élèves de sixième
26:10ne maîtrisent
26:11ni la lecture
26:12ni le calcul.
26:14Le calcul le plus simple,
26:16les quatre opérations de base.
26:17Bon,
26:18ce sont ces gosses
26:19qui,
26:20dopés
26:21par des notes artificielles
26:23mises par des enseignants
26:25qui achètent
26:26la paix scolaire,
26:27je le dis très froidement,
26:29puisque j'ai fait ce métier
26:30pendant 45 ans,
26:32là,
26:32j'en ai côtoyé,
26:35on peut dire des lâches,
26:36de toute façon,
26:37pour aller vite.
26:39Bon,
26:40achètent la paix scolaire,
26:42propulsent
26:43des gosses
26:44qui ne leur ont rien fait
26:45vers le supérieur,
26:47il faut cesser de dire
26:48que le bac
26:49est le premier diplôme supérieur,
26:51ça c'est la loi actuelle.
26:54Il faut peut-être d'ailleurs
26:55se passer du bac
26:56qui ne sert à rien
26:58et qui coûte
26:58un milliard d'euros par an,
27:00un milliard d'euros
27:01pour une pochette surprise
27:03dont on connaît le contenu.
27:05Voilà,
27:06ça c'est la réalité.
27:07Bien sûr qu'ils ne sont pas contents
27:09parce qu'ils ne vont pas
27:10là où ils veulent,
27:12mais encore heureux
27:13qu'ils n'aillent pas
27:13où ils veulent.
27:14Il y a déjà actuellement
27:15en psycho et en sociaux,
27:17la moitié
27:18des étudiants
27:22de psychosociaux
27:23d'Europe
27:24sont français.
27:25On ne devrait plus
27:26avoir de problème
27:26avec ça.
27:28Bien sûr,
27:29ils ne vont pas en médecine,
27:30ils ne vont pas en droit,
27:31ils ne vont pas
27:32en maths non plus,
27:34c'est bizarre,
27:35mais ils le demandent
27:36très peu d'ailleurs finalement.
27:38Il faut bien comprendre
27:39une chose,
27:39c'est que
27:40si les profs de fac
27:41voulaient un peu
27:42se sortir
27:43les gosses de la bouche,
27:45ils devraient faire
27:47comme les profs de prépa
27:48finalement,
27:48c'est-à-dire
27:49établir des commissions,
27:51vérifier eux-mêmes
27:52eux-mêmes
27:54les livrets scolaires,
27:57éventuellement procéder
27:58à des auditions,
27:59peser très précisément
28:01chaque candidat
28:03et là on saurait
28:04pourquoi on est accepté
28:05ou refusé.
28:05Eh bien vous avez fait
28:06un tableau assez précis
28:08et assez parfait
28:09Jean-Paul-Migalli.
28:10Je vois que vous êtes
28:10un homme de l'art.
28:13Cauter,
28:13je vous donne la parole
28:13dans quelques instants.
28:14À suivre André Bercoff,
28:16bien sûr,
28:16qui revient sur la taille
28:17de vendredi dernier
28:18à Trappes d'ailleurs.
28:19Et on se retrouve
28:20tout de suite après.
28:21Tout à fait,
28:21si les gens veulent réagir
28:22déjà au drame,
28:23ils peuvent nous appeler
28:23au 0826 300 300.
28:250826 300 300,
28:26n'oubliez pas ce numéro.

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