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  • il y a 57 minutes
«L'État n'a pas l'argent. Par contre, il gère notre argent», a rappelé Thierry Breton, ancien commissaire européen au marché intérieur.

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Transcription
00:00Thierry Breton, qui va payer la casse justement c'est la question et c'est le débat du moment à
00:04l'Assemblée nationale et au Sénat avec un débat qui est un peu spécial.
00:07C'est-à-dire que d'un côté il y a une proposition de loi qui vise à instaurer la
00:12responsabilité des casseurs, le fameux texte casseurs-payeurs
00:15mais dont beaucoup disent qu'il va être censuré par le Conseil constitutionnel pour un tas de raisons qu'on
00:22a évoquées précédemment.
00:23Et de l'autre côté vous avez le gouvernement qui réfléchit à instaurer une taxe casseurs qui correspond à peu
00:29près à 0,8% du contrat d'assurance de tous les gens qui sont assurés.
00:34Est-ce que vous ne trouvez pas un peu lunaire d'avoir ce débat-là ?
00:36C'est-à-dire qu'on ne va pas réussir à mettre en place la loi casseurs-payeurs et donc
00:40ce sont tous les honnêtes gens vers qui en fait on transfère la responsabilité
00:45de prendre en charge, de payer pour la casse de ceux qui ont dégradé le pays.
00:50– D'abord je voudrais dire par rapport à ce que vous venez de dire, vous faites une présentation assez
00:54précise et complète de la situation sur ces questions,
00:57que d'ailleurs vous dites les honnêtes gens, oui bien sûr les honnêtes gens, mais j'allais dire nous tous.
01:02Parce que j'aurais juste le redire quand même à notre antenne ce soir, l'État n'a pas l
01:06'argent.
01:07L'État par contre gère notre argent. L'État a 0 centime dans les caisses, 0.
01:13Donc l'État ne fait que gérer des flux, alors là pour le coup, c'est les flux que nous
01:16lui donnons tous les ans,
01:18c'est 1 725 milliards d'euros l'année prochaine, qui est prélevé par tous les moyens, c'est l
01:25'argent des Français.
01:27Ça veut donc dire que quand on dit par exemple l'État est son propre assureur, c'est nous, l
01:32'État, pas l'argent.
01:33Quand un bâtiment public est attaqué, il est mis à mal, à sac, comme on l'a vu, hélas, à
01:40Limoges, à Bordeaux ou ailleurs,
01:42ah ben c'est l'État, ils sont propre assureurs, c'est l'État qui paye. Mais c'est nous,
01:46c'est notre argent.
01:47Qu'est-ce que vous pensez de cette impuissance ? C'est-à-dire que d'un côté on se
01:49dit, il y a une mesure qui pourrait être efficace,
01:51mais censurée par le Conseil constitutionnel a priori, et de l'autre côté, on vous dit, la seule solution qui
01:56existe,
01:56c'est de faire porter cette responsabilité sur tous les Français.
01:59Alors j'y venais, parce que précisément l'État a la responsabilité de faire respecter l'ordre public,
02:05et dans la loi sur la sécurité, la sécurité publique, si un bâtiment, un commerçant par exemple,
02:12à sa boutique qui est détruite ou mise à feu, l'État, l'assureur évidemment, doit rembourser, conformément au contrat,
02:23mais il peut se retourner contre l'État, qui n'a pas exercé sa mission de protection,
02:28qui est la mission évidemment, que nous lui avons intermédiaire, contre quoi ?
02:34Contre le fait que nous payons.
02:35Nous acceptons de payer l'impôt.
02:37Oui, mais ce que je veux dire par là, c'est qu'à la fin, c'est nous qui y
02:42allons.
02:43Alors qu'on mette maintenant une prime avant ou après, à la fin, ce que je voulais vous dire,
02:47c'est nous qui payons.
02:49Alors derrière sur les modalités, c'est vrai que si la loi est là, ça peut être plus rapide,
02:54parce que là, la chaîne que je vous décris, évidemment, ça prend du temps.
02:57Or, il faut évidemment que pour toutes celles et tous ceux, plus de 3 000,
03:01alors il y en a 3 000 il y a 15 jours, la semaine dernière, vous avez les chiffres mieux
03:05que moi,
03:06mais en fait quelques centaines, bon très bien, on a en gros peut-être 4 000 commerçants
03:10qu'il va falloir évidemment indemniser tout de suite.
03:13Là, on est obligé de passer par le cadre des contrats d'assurance,
03:15il faut évidemment qu'ils le fassent tout de suite.
03:17et derrière, peut-être donner aux assurances la garantie que l'État ne va pas non plus rechigner
03:23à exercer cet article précisément auquel je faisais référence
03:28et qui, quelque part, responsabilise l'État.
03:31Maintenant, si jamais on veut aller plus vite et en faire une loi, pourquoi pas,
03:34mais je crois que vraiment ce qui importe aujourd'hui, c'est la vitesse
03:38et que l'État exerce encore une fois ses prérogatives, y compris dans le remboursement,
03:43sauf que derrière, l'État, c'est nous.

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