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Christine Kelly et ses invités débattent de l’actualité dans Face à l'Info Le 18H30.

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00:00Bonsoir à tous, 18h30 au sommaire ce soir du 18h30 dans le quotidien Le Monde.
00:06Le maire de Trappes a l'Irabé alerte sur un climat de guerre civile larvée.
00:12A-t-il raison ? Ne faudrait-il pas attendre peut-être les conclusions de l'enquête après le massacre
00:19de Trappes ?
00:20Que faire de la peur du terrorisme qui existait déjà en France avant ce drame ?
00:25Le décryptage de Stéphane Asiari ce soir.
00:29Après la tuerée de Trappes, toujours le député Benjamin Lucas accuse certains médias de nourrir la haine et réclame la
00:36fermeture de ces news.
00:38Un élu peut critiquer une chaîne mais c'est à la loi de juger ses éventuels manquements.
00:44La liberté de la presse dépend-elle des préférences politiques ? L'analyse de Michel Fayad.
00:49Des tracts du RN dans la voiture du tueur de Trappes, l'information publiée par le quotidien Le Monde était
00:56fausse.
00:57Mais elle a circulé bien plus vite que son démenti.
01:00En quoi ces fake news du quotidien illustrent-elles une mécanique de diabolisation du RN ?
01:06Comment une telle erreur a-t-elle pu être relayée ?
01:10L'édito de Mathieu Bocoté.
01:12Parlons de la Corse ce soir.
01:14Le Sénat a rejeté la réforme sur l'autonomie de l'île de beauté.
01:18Après quatre ans de discussion, les élus autonomistes quittent la table des négociations.
01:23Ce blocage fragilise les partisans du dialogue.
01:26Sans solution politique, la contestation risque-t-elle de revenir dans la rue ?
01:32Le décryptage de Charlotte Dornelas.
01:34Et puis Nicolas Faurissier, ministre du Commerce extérieur, est notre invité à 19h.
01:40ministre du Commerce extérieur, je l'ai dit.
01:42Dans le journal du dimanche, il a déclaré en avoir assez du défaitisme.
01:47Carburant, dette, budget, présidentiel.
01:49Comment redonner confiance aux Français et à nos partenaires ?
01:53Est-il possible d'espérer ?
01:55On le verra avec Nicolas Faurissier dans un instant qui sera notre invité.
01:59Voilà pour l'essentiel du 18h30.
02:17Bonsoir à tous.
02:19On commence par cet entretien publié dans le journal Le Monde.
02:22Aujourd'hui, le maire de Trappes, Ali Rabé, craint un climat,
02:28tenez-vous bien, de guerre civile larvée.
02:32Stéphane Asiari, qu'en est-il ?
02:33Tout à fait.
02:34C'est un entretien qui a été publié aujourd'hui même dans la version papier du Monde
02:37où Ali Rabé, maire de Trappes, revient longuement sur la tuerie
02:40qui a endeuillé sa commune et avec elle l'ensemble de la nation.
02:44Rappelons très brièvement les faits.
02:46Vendredi dernier, un certain Kevin T.
02:49ouvre le feu dans les communes de Trappes et de la Verrière dans les Yvelines.
02:53Le parquet national antiterroriste est saisi.
02:56Et à l'heure où nous parlons, le bilan fait état d'un mort de quatre blessés graves,
03:01trois blessés légers, trois personnes restent hospitalisées,
03:04une personne est encore entre la vie et la mort.
03:06En revanche, on a appris avec soulagement depuis dimanche
03:09que le pronostic vital de l'enfant de 11 ans n'était plus engagé.
03:13Le parquet antiterroriste a quant à lui ouvert une enquête pour assassinat
03:17et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste.
03:22Avec, il faut le noter, la circonstance aggravante que les faits ont été commis
03:26à raison de l'appartenance, vrai ou supposé, à une prétendue race, ethnie, nation ou religion.
03:33Et pour justifier le recours à cette circonstance aggravante,
03:36le procureur de la République en charge du dossier évoque, je cite,
03:39« Le profil de la majorité des victimes et certains propos qui auraient été tenus par le mis en cause
03:47».
03:47Donc on note ici de la part du procureur de la République l'usage du conditionnel
03:52qui suggère que les motivations de l'assassin sont encore nébuleuses.
03:57Beaucoup de questions, très peu de certitudes,
03:59donc si ce n'est que l'individu est traité pour schizophrénie,
04:03ce qui n'anéantit pas la probabilité évidemment d'une attaque raciste.
04:06On peut être atteint d'une maladie mentale et raciste,
04:10mais en l'occurrence, le fait que nous soyons depuis quelques jours submergés d'informations contradictoires
04:15quant au profil, le parcours, la trajectoire, la socialisation, les motivations de l'assassin
04:19devrait à minima nous inviter à la prudence en attendant les conclusions de l'enquête.
04:26En dépit de la prudence requise, Stéphane, certains, dont le maire de Trappes,
04:32n'hésitent pas à plaquer leur grille de lecture en flirtant avec l'instrumentalisation.
04:38Oui, c'est malheureusement le moins que l'on puisse dire.
04:40Dans un entretien donné au Monde et publié aujourd'hui,
04:42le maire de Trappes utilise ce crime pour ses règlements de comptes partisans
04:46et verse dans le déshonneur par association.
04:50Et on ne peut être qu'ici que frapper du décalage entre l'attitude qui est habituellement requise
04:55quand un crime survient en vertu de l'application littérale d'une religion bien identifiée,
04:59pas d'amalgame, et le comportement qu'on s'autorise quand un individu,
05:03quand un criminel, tue des gens en vertu de préjugés racistes.
05:07Ici, tous les amalgames et les déshonneurs par association sont permis.
05:11Le maire de Trappes s'en prend au Rassemblement National,
05:14même s'il ne se donne pas la peine de citer ne serait-ce qu'un responsable politique du RN
05:19qui se serait félicité de ce crime ou l'aurait valorisé,
05:22aurait valorisé la violence contre les personnes en raison de leur ethnie.
05:25Mais cela ne s'arrête pas là, puisque le maire de Trappes s'en prend aussi à Aurore Berger,
05:29François Bayrou, en reprochant à ce dernier d'avoir parlé de submersion migratoire.
05:34On comprend évidemment là où il veut en venir.
05:36Il y aurait une sorte de continuum, un lien de cause à effet tout à fait logique,
05:41nécessaire, inévitable, entre la critique d'une part des politiques migratoires
05:45et ses effets sur la société française,
05:47et le fait de prendre un pistolet mitrailleur pour tirer sur des passants dans la rue.
05:52Toute honte bu, le maire de Trappes utilise donc le calvaire des victimes et leur mémoire
05:56à des fins de censure politique.
05:58La ficelle n'est pas seulement un peu trop grosse, la manœuvre est tout aussi indécente.
06:03Ali Rabbe convoque aussi ce crime pour faire le procès de la société française.
06:08A-t-il raison ?
06:09Oui, alors toujours selon ce même esprit d'amalgame autorisé,
06:11le maire de Trappes soutient l'idée que la haine des musulmans, des noirs, des arabes,
06:16en tant que telles, aurait pénétré, je cite, l'inconscient collectif de la société française
06:21et que cet attentat serait donc la conséquence logique de cet inconscient.
06:26Donc ici, on ne se contente pas seulement de conférer à ce crime une dimension politique.
06:32On va beaucoup plus loin, c'est-à-dire que l'assassin n'est pas assimilé à un élément déviant
06:36de la société française qui serait réprouvée par l'ensemble de nos compatriotes.
06:41L'assassin serait ici un révélateur des tendances profondes de la société française
06:47et qu'importe si nous avons tous été horrifiés par les images qui nous sont parvenues,
06:51qu'importe aussi si les enquêtes sociologiques montrent que les Français n'ont jamais été
06:55aussi réfractaires au racisme qu'aujourd'hui et c'est évidemment heureux.
06:59Et au-delà de ces amalgames, il y a un passage de cette interview d'une maire de Trappes
07:03qui moi m'a profondément scandalisé, c'est-à-dire qu'à la question posée par le journal Le Monde
07:08de savoir ce que ce drame change dans la perception des musulmans depuis qu'il est maire de Trappes,
07:14Ali Rabet répond la chose suivante, je cite,
07:17« La menace se rapproche. Moi j'ai peur pour mes proches. Au premier degré, c'est là la nouveauté.
07:24Je ne connais aucune personne de confession musulmane ou racisée qui n'éprouve pas ce sentiment. »
07:30Fin de citation.
07:31Et là, je voudrais juste qu'on s'arrête quelques instants sur une phrase qui me paraît tout à fait
07:35lunaire.
07:36C'est là la nouveauté. La nouveauté. Mais qu'est-ce qui est nouveau ?
07:39Quelle nouveauté au juste ? Parce que si on prend M. Rabet au mot,
07:44on comprend donc qu'il découvre tout juste en 2026 la peur d'être fusillé par un fanatique,
07:49ce qui fait donc écho à la déclaration de M. Macron avant rétro-pédalage,
07:54déclaration selon laquelle cet attentat xénophobe constituerait un tournant, une chose inédite en France.
08:00Et là, je me sens, pardon, obligé de rappeler que certains n'ont malheureusement pas attendu cet attentat abject pour
08:07avoir peur.
08:08Certains ont commencé à avoir peur après Mohamed Merah, d'autres peut-être après Charlie Hebdo,
08:13d'autres encore peut-être après le Bataclan.
08:15Et j'ose espérer que parmi les habitants de Trappes, certains ont commencé à avoir peur
08:20en apprenant que leur vie détenait l'un des records européens des migrations de djihadistes vers la Syrie.
08:25Autrement dit, ceux qui nous disent qu'ils commencent tout juste à avoir peur pour leur vie
08:29avouent en réalité qu'ils ne se sentaient pas vraiment concernés jusqu'ici
08:34quand les Français étaient assassinés au vertu d'autres motivations.
08:37Alors cela, je voudrais quand même les rassurer sans que cela n'enlève absolument rien
08:41à la gravité du crime que nous commentons.
08:43Les prisons françaises, elles sont loin d'être submergées par les disciples du Ku Klux Klan entre nous.
08:49En mai 2026, on apprenait que 90% des procédures judiciaires liées au terrorisme en France
08:55concernaient le djihadisme et l'islam radical, le maire de Trappes peut dormir sur ses deux oreilles.
09:00Et on continuera à parler du maire de Trappes dans un instant avec vous, Mathieu Bocoté.
09:05Et puis, peut-être que la peur doit changer de camp.
09:08C'est peut-être en tout cas ce qu'ils veulent indiquer.
09:10Puisque CNews est ciblée, on en parlera avec vous, Michel Fayad, dans un instant.
09:15D'abord, Charlotte Dornelas.
09:17Vous êtes allé chez le coiffeur, pas vous, Charlotte.
09:19Vous laissez dur qui, là, ce soir ?
09:21Qui ?
09:22Tout le monde, le spectateur.
09:24Il s'est fait beau, il va falloir apprendre.
09:28Il s'est fait beau gosse.
09:29Le mousquetaire du mercredi qui vient plus souvent cette semaine, vous remplacez Gabriel Cluzel jusqu'à la fin de la
09:35semaine.
09:36Merci.
09:36Charlotte Dornelas, on va s'arrêter sur la Corse.
09:39Hier, le Sénat a rejeté la réforme constitutionnelle prévaillant l'autonomie de la Corse.
09:44Et les autonomistes ont donc quitté les négociations entamées en 2022.
09:50Que faut-il comprendre concrètement ?
09:52Ce qui est arrivé hier était prévisible depuis à peu près le premier jour.
09:56Personne n'a jamais cru que le Sénat accepterait sans re-signer et sans discuter l'idée d'une autonomie
10:03corse.
10:04L'inverse était toutefois espéré au fil des discussions d'avoir avec le gouvernement, à l'Assemblée nationale, par les
10:09autonomistes eux-mêmes.
10:11Mais une évidence les a rattrapés.
10:12L'Assemblée nationale et le Sénat sont deux chambres.
10:15Et vis-à-vis de la question de l'autonomie de la Corse, on a vu aussi deux époques,
10:18notamment dans les discussions et les arguments, on va dire, qui étaient avancés.
10:24Alors pour bien comprendre où nous en sommes dans la négociation, dans ce processus d'autonomie,
10:30il y avait d'abord eu un premier passage devant l'Assemblée nationale.
10:34Les autonomistes avaient réussi à trouver un consensus avec le bloc central.
10:38Une partie du bloc central avait voté moins par conviction que parce que Gérald Darmanin,
10:42qui était à l'époque ministre de l'Intérieur, avait lui-même lancé ce processus d'autonomie.
10:46Il y avait une partie de la droite et une partie de la gauche qui avaient participé à accepter, on
10:53va dire, l'idée de l'autonomie.
10:54Du côté du Rassemblement national, qui est un parti traditionnellement plus jacobin, on va dire, pour faire vite,
11:00un contre-projet avait été proposé sous la forme d'un amendement et sous l'impulsion de leur allié en
11:06Corse, Nicolas Batini,
11:07qui avait eu des résultats intéressants, on va dire, aux élections locales.
11:11Et donc ils avaient proposé un amendement pour éviter de rejeter totalement l'idée qui est majoritaire,
11:17l'idée de l'autonomie qui est majoritaire dans les urnes corse.
11:20L'amendement qui revenait sur le pouvoir législatif, je ne vais pas rentrer dans le détail,
11:23mais accordé éventuellement à la Corse avait été rejeté comme prévu,
11:28ce qui a permis au RN de rester un peu en dehors de ça.
11:31Bref, il y a eu des amendements sur le texte et une majorité assez large s'est dégagée pour ce
11:36texte à l'Assemblée,
11:37avec deux amendements qui ont compliqué encore un peu plus les choses pour le Sénat.
11:41D'abord, un amendement qui avait été proposé par Liotte sur le remplacement du mot « peuple corse » par
11:48celui de « communauté ».
11:49L'idée c'était d'amenuiser un peu la charge symbolique et évidemment de reconnaître un peuple corse dans le
11:55peuple français,
11:56mais ça revenait aussi à ancrer le terme de « communauté » au moment même où le gouvernement lutte contre
12:01le communautarisme.
12:02C'était un peu original comme mouvement, mais l'amendement avait été adopté parce que ça semblait moins violent,
12:09entre guillemets, tout ça était une bataille sémantique, que le mot « peuple ».
12:13Deuxièmement, un amendement LFI pour adoucir encore une fois le texte initial et rappeler l'égalité de tous.
12:18Alors c'était sur le terrain écologique, bon.
12:20Mais l'idée c'était de rappeler l'égalité de tous les citoyens en tout lieu et en toutes circonstances,
12:24qui est quand même factuellement contraire à l'idée même d'autonomie.
12:28L'idée d'autonomie c'est qu'il y a des gens d'ici en Corse et des gens d
12:31'ailleurs,
12:32et que sur certains sujets évidemment, les choses sont traitées différemment.
12:36Alors il y a des raisons pour lesquelles l'autonomie sont défendues qui sont différentes.
12:40Certains défendent l'autonomie corse, notamment sur la question identitaire, c'est vrai en Corse.
12:46Certains défendent aussi une ambition post- ou supranationale, c'est peut-être plus qu'on retrouve dans les rangs
12:52de l'extrême-gauche,
12:54qui voit par ailleurs, et ça a été porté au sein même du mouvement nationaliste corse,
12:58les Corses comme des damnés de la terre de plus, et donc il faut satisfaire leur envodication, notamment contre l
13:04'État français.
13:04Vous voyez, il y a plusieurs raisons pour lesquelles l'autonomie est défendue ici ou là.
13:08Ces deux amendements avaient l'air d'adoucir le texte, de jouer sur la sémantique,
13:12pour finir par accepter ce qu'on regardait un peu avec défiance initialement, à savoir la question de l'autonomie.
13:18Mais il n'empêche, un texte avait été voté, avec notamment un pouvoir législatif partiel,
13:23ce qui était important pour les autonomistes.
13:25Ça a séduit les nationalistes corses, sans braquer les étapes d'un État plus centralisé.
13:30L'étape de l'Assemblée nationale était passée.
13:34– Et c'est ce texte qui a donc été refusé au Sénat hier, dites-nous.
13:39– Exactement, mais pas seulement.
13:41Le Sénat a commencé par détricoter l'intégralité du texte
13:44et factuellement le vider totalement de sa substance,
13:46notamment de la substance autonomiste, on va dire, du texte.
13:49Les mots de communauté, de peuple, référence à la langue corse,
13:53tout espoir de pouvoir législatif ont été retirés par le Sénat,
13:56qui ensuite a voté contre le texte qu'il avait lui-même vidé.
14:00Et alors certains ont fait remarquer par ailleurs que le nombre de sénateurs était fluctuant,
14:04on va dire, pendant les débats, pour une réforme constitutionnelle,
14:08mais surtout pour un sujet majoritaire dans les urnes corses depuis 2015.
14:11De manière absolument constante, l'autonomie a été majoritaire dans les urnes en Corse.
14:16Et c'est la raison pour laquelle certains élus corses, tous accumulés, on va dire,
14:21ont parlé de mépris à l'idée même de ces discussions.
14:25Bref, on a eu des textes différents entre l'Assemblée nationale et le Sénat,
14:30des votes différents, l'Assemblée ayant adopté un texte, le Sénat l'ayant refusé.
14:34L'Assemblée nationale ne fera évidemment plus rien,
14:36c'était déjà compliqué avec l'arrivée des présidentielles.
14:39Là, de manière certaine, le processus est terminé.
14:42Le problème, c'est qu'il faut se souvenir de la jeunesse de ces discussions
14:45et du contexte corse à l'époque où on a commencé à parler de l'autonomie,
14:49pour craindre que ce que le politique ne considère pas soit laissé à la rue Corse désormais,
14:54dans un contexte, pour reprendre le mot du président de la République, d'ébullition.
15:00Justement, j'aime bien ce mot ébullition.
15:02Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant que le processus semble mort ?
15:06En mars 2022, des manifestations violentes avaient éclaté en Corse.
15:11Souvenez-vous, c'est le mois de mars,
15:13entre l'agression d'Ivan Colonna dans une prison du continent français,
15:18comme ils disent, par un islamiste, en l'occurrence.
15:21Mais, et sa mort était arrivée une vingtaine de jours plus tard,
15:24et c'est entre les deux que les manifestations extrêmement violentes
15:27avaient eu lieu en Corse, où les symboles de l'État étaient visés.
15:30Parce que, je vous le disais tout à l'heure,
15:32il y a beaucoup, notamment même de représentants du nationalisme corse,
15:36qui ont préféré viser l'État français que de viser, en l'occurrence,
15:38l'islamiste qui avait tué, finalement, Ivan Colonna.
15:44Et c'est dans ce contexte de violence que le ministre de l'Intérieur,
15:47Gérald Darmanin, à l'époque, annonce l'ouverture d'un dialogue sur l'autonomie.
15:50Et les violences ont cessé immédiatement.
15:52Preuve qu'il y avait cette revendication, on va dire, politique derrière les violences.
15:56Gérald Darmanin arrive à ce moment-là, je vous le disais,
15:59l'autonomie est majoritaire dans les urnes corse depuis 2015.
16:032022, c'est aux violences que répond le ministre de l'Intérieur,
16:07en proposant ce débat, en exigeant, évidemment, la fin des violences.
16:10Mais c'est quand même elle qui génère cette discussion.
16:13Et Emmanuel Macron vient confirmer l'ouverture de ce dialogue sur l'autonomie
16:17devant l'Assemblée de Corse, alors qu'il y était lui-même initialement opposé,
16:21et qu'il l'avait dit à plusieurs reprises.
16:23À l'époque, je vous le disais, l'autonomie est majoritaire,
16:25et ça avait fait, notamment, réagir Gilles Simeoni,
16:28qui s'était inquiété que l'État français réponde à la violence,
16:32plus qu'à ses revendications.
16:33Lui-même avait porté cette autonomie dans les urnes.
16:36Et le mouvement qui était intéressant, on va dire, en Corse,
16:39notamment pour l'État français,
16:40c'était que l'autonomie avait pris le pas sur l'indépendantisme,
16:44notamment par le biais des urnes.
16:46C'était donc un moment original pour accueillir la revendication de l'autonomie,
16:50qui devient aujourd'hui dangereux, maintenant que le processus fait pchit.
16:54Puisqu'à l'époque, les autonomistes avaient dit,
16:55nous allons, par le biais du dialogue avec l'État français,
16:58obtenir l'autonomie, ce qui avait fait réduire énormément les indépendantistes.
17:02Qu'est-ce qui va devenir aujourd'hui ?
17:04D'autant que l'État est visé et qu'il existe,
17:06et c'est aussi important de l'avoir à l'esprit,
17:09il existe désormais une génération nationaliste, de manière générale,
17:12pour qui Yvan Colonna est beaucoup plus un martyr,
17:16puisqu'il est mort en prison et qu'il a été assassiné en prison,
17:19qu'une tâche sur le combat nationaliste,
17:21comme il l'était pour les générations précédentes.
17:23Là aussi, il y a quand même un danger absolument évident.
17:27Qu'est-ce qui va se passer,
17:29maintenant que la frange modérée des autonomistes n'a pas réussi ?
17:33Eh bien, encore, certains appellent déjà à reprendre la rue,
17:37mais c'est surtout, on assiste au morcellement de l'opinion corse,
17:40puisque, évidemment, toutes les oppositions se positionnent
17:42par rapport à cet échec factuel.
17:44Et le morcellement de l'opinion corse se fait sur un sujet
17:47qui l'avait uni, précisément, à savoir l'autonomie,
17:50et qui risque de se radicaliser.
17:52On risque d'assister, on va dire, au mouvement inverse,
17:55au retour, pourquoi pas, vers la question de l'indépendance,
17:59puisqu'il n'y a plus, ou quasiment plus,
18:01d'opposants à l'autonomie, que ça plaise ou non à la France.
18:06Le retour des violences est probable dans un premier temps,
18:09dans un contexte plus large de violences en France.
18:11Est-ce qu'on a besoin d'ouvrir le front corse ?
18:12Je ne sais pas.
18:14Mais ce qui est sûr, c'est que nous assistons
18:15à la fin d'un cycle pour le nationalisme corse.
18:18Reste à savoir quels nationalistes vont prendre le relais,
18:21quelles figures vont émerger,
18:22quels sont les nationalistes qui gagneront les prochaines élections,
18:25parce que, de manière certaine,
18:25ils l'emporteront au moins dans trois circonscriptions,
18:28et s'ils réussissent à juguler cette violence,
18:31et quelle sera alors leur proposition pour agir
18:33et non plus pour négocier,
18:34pour acter la Corse en Corse,
18:36si on devait résumer la question de l'autonomie,
18:38notamment par des outils déjà existants.
18:40On a vu, par exemple, le recours à des écoles privées
18:43se faire en Corse
18:44pour lutter contre le bilinguisme
18:46qui était revendiqué et que l'État n'a jamais accordé.
18:49Ça pourrait se développer dans d'autres pans de la société.
18:53Merci beaucoup, Charlotte Dornelas, avec vous, Michel Fayad.
18:57On va voir comment Benjamin Lucas a publié aujourd'hui une vidéo
19:00tournée à l'Assemblée nationale face au micro de CNews,
19:03et il dénonce la présence de CNews à l'Assemblée nationale.
19:08On l'écoute.
19:10Vous avez des médias, un groupe,
19:13dont l'objectif est de diffuser dans notre pays
19:15le racisme et la violence.
19:17Il y a des commanditaires idéologiques à ce qui s'est passé.
19:20Tout ça ne vient pas de nulle part.
19:21Le racisme, il monte, il progresse dans notre société aussi
19:23parce qu'il y a ça.
19:24Et donc c'est vraiment, je vous le dis,
19:25ça m'est très pénible de devoir vous répondre,
19:27alors qu'ici, on tolère dans les quatre colonnes
19:28de l'Assemblée nationale, dans le temple de la République
19:30et de la démocratie, à quelques instants d'une minute de silence
19:32en hommage à des victimes d'un attentat raciste,
19:34qu'on le fasse devant ce logo-là
19:37qui incarne aujourd'hui, avec d'autres,
19:39mais qui incarne particulièrement ce poison.
19:42Poison ?
19:45Vous savez, il a tenu en plus ces propos-là
19:49devant des journalistes dans l'endroit de l'Assemblée nationale,
19:53donc la salle quatre colonnes,
19:54où justement les journalistes l'interrogent.
19:57Personne n'a tiqué, vous voulez dire.
20:01Et vous savez que ce qu'il y a expliqué,
20:06c'est que nous serions, nous,
20:07un groupe dont l'objectif est de diffuser dans notre pays
20:09le racisme et la violence.
20:11Et il a ajouté qu'il y a des commanditaires idéologiques
20:14à ce qui s'est passé.
20:15Alors, c'est pas un mot qui a été lâché
20:18sous le coup de l'émotion, parce que vendredi déjà,
20:20à quelques heures après l'attaque,
20:21il avait déjà écrit que les racistes qui ont libre antenne
20:24à longueur de journée ont du sang sur les mains.
20:26Il avait pas nommé encore CNews,
20:28mais le soir même, il a écrit « il faut fermer CNews »
20:30avec un mot-clé « trap ».
20:32Alors, il dit qu'il parle de sang sur les mains.
20:36Sur quelle preuve ? Aucune.
20:37La justice enquête depuis vendredi
20:39et lui avait déjà rendu son verdict le jour même.
20:43Donc, imaginez-vous, imaginez un député de droite
20:45qui viendrait dire « moi, je parle pas à France Inter »
20:48et comment dire, nous, on parlerait d'une atteinte
20:54à la liberté de la presse et on serait en train de défendre
20:57ce journaliste de France Inter si c'était le cas.
20:59Et le journaliste de CNews, lui, a tendu son micro,
21:02posé sa question et il a écouté.
21:03Un micro n'est pas une arme, un journaliste n'est pas un assassin
21:07et un désaccord n'est pas une complicité.
21:10Mais il dit que certains médias nourrissent un climat de haine.
21:14N'a-t-il pas le droit de le dénoncer ?
21:16Rappelons qu'il y a 1000 radios, 300 chaînes télé en France.
21:20Mais bien sûr qu'il en a le droit et on devrait défendre son droit
21:24même quand il nous attaque, mais c'est toute la différence
21:26justement entre lui et nous.
21:27Parce qu'écoutez bien ce qu'il trouve pénible,
21:30parce que c'est le mot qu'il a utilisé.
21:31Il trouve pénible qu'on tolère ce logo, je cite,
21:34dans le temple de la République.
21:36Le temple de la République, monsieur le député,
21:38c'est justement l'endroit où, comme je le disais,
21:40un journaliste a le droit d'interroger un élu.
21:42Même un journaliste que l'élu n'aime pas.
21:44Surtout celui-là.
21:46Et ce n'est pas nouveau.
21:47En janvier 2025, il écrivait « Il faut interdire ces news ».
21:50Le plus savoureux, c'est ce qui s'est passé en mai 2025.
21:53La ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard,
21:56avait dit devant les agriculteurs, je cite,
21:57« Il faut cibler les élus de gauche ».
21:59Elle expliquera qu'elle voulait dire « Allez les convaincre ».
22:02Benjamin Lucas, lui, a saisi immédiatement la justice
22:05et a dénoncé une désignation à la vindicte.
22:09Et donc, pour un verbe, il a saisi la justice.
22:12Et lui, il écrit « Du sang sur les mains » pour nous.
22:15Et il ne voit pas de problème.
22:17Sa méthode aussi, il faut quand même la voir,
22:19ce qu'il a montré depuis lundi.
22:20Il a écrit que le Rassemblement national doit s'expliquer
22:23comment le terroriste s'est-il procuré ses tracts.
22:27Quelques heures plus tard, le procureur a démenti.
22:30Et Lucas a écrit « Mea culpa ».
22:33Il semblerait que le terroriste n'avait pas de tract du RN dans sa voiture.
22:36Et il a ajouté juste les idées du RN dans son cerveau.
22:40Donc voilà la méthode.
22:41On accuse, on se trompe et on accuse quand même.
22:43Il faut aller découper le cerveau après.
22:45Parce que sinon, après, on va jusqu'où ?
22:48On rejette à chaque fois la responsabilité sans avoir de preuves.
22:52Pour l'instant, l'enquête n'est pas terminée.
22:53Bien sûr.
22:54Et il y a quelque chose aussi qui est très important, Christine,
22:56c'est qu'hier soir, lors de l'hommage aux victimes,
22:59les manifestants ont scandé « BFM, CNews, assassins ».
23:01Je ne dis pas que Benjamin Lucas en est responsable.
23:04Ce serait faire exactement ce que je lui reproche.
23:06Je dis qu'un élu devrait peser chaque mot
23:08quand des journalistes sont déjà traités d'assassins dans la rue.
23:13CNews, important, a été sanctionné par l'ARCOM,
23:15le gendarme de l'audiovisuel,
23:17la seule chaîne en France de l'histoire de l'audiovisuel
23:19qui a des sanctions financières.
23:21Où placez-vous la limite ?
23:23La limite, Christine, c'est la loi.
23:27Par exemple, son argument est le suivant.
23:30Une chaîne utilise une fréquence publique
23:31qui appartient à tous les Français
23:33et elle a des obligations en échange.
23:35Certains propos, dit-il, tombent sous le coup de la loi.
23:37L'argument a l'air sérieux,
23:39mais il ajoute « dans la plus totale impunité ».
23:42Là, c'est faux.
23:43Parce que l'ARCOM contrôle CNews,
23:45comme toutes les chaînes,
23:46il a déjà sanctionné.
23:47On peut contester ces décisions,
23:49mais elles prouvent une chose,
23:50les manquements sont examinés
23:52selon des procédures prévues par la loi
23:54et non selon les préférences politiques d'un député.
23:57Ce n'est pas l'impunité,
23:58c'est l'état de droit.
23:59Et l'état de droit sanctionne une faute,
24:01il ne ferme pas une chaîne qu'on déteste.
24:03Dernier point,
24:04dans son intervention,
24:05il explique qu'il y a deux camps.
24:06D'un côté, celui de la République
24:08et de l'autre, celui du racisme,
24:10du RN,
24:10de ceux qui veulent abattre la République.
24:12Un parti pour lequel vote des millions de Français,
24:15une chaîne de télévision
24:16que regardent des millions de Français.
24:18Renvoyé du même côté.
24:19Pardon, mais depuis quand un député
24:21distribue-t-il des certificats de la République ?
24:23Elle n'appartient ni à lui,
24:24ni à moi.
24:25Elle appartient aux Français.
24:26Et en 1789,
24:28l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme
24:30proclamait que la libre communication des pensées
24:33est un des droits les plus précieux de l'homme.
24:35Tout citoyen peut parler,
24:37écrire,
24:37imprimer librement
24:38et il abuse de cette liberté.
24:40Et s'il abuse de cette liberté,
24:41pardon,
24:42il en répond dans les cas déterminés par la loi.
24:44Par la loi, donc,
24:45et non par un député.
24:47Et une dernière chose, Christine,
24:48c'est M. Lucas,
24:50on peut l'inviter sur le plateau.
24:51Je pense qu'on serait tous heureux
24:52de discuter avec lui.
24:54Et s'il ne veut pas venir,
24:55eh bien,
24:56il a un objet merveilleux,
24:57une télécommande.
24:58Il peut changer de chaîne
24:59et regarder une autre
25:00et en tout cas,
25:01laisser les Français libres
25:02de regarder notre chaîne.
25:03Est-ce que les Français sont libres ?
25:05La vraie question.
25:07On marque une pause,
25:08on revient dans un instant
25:08avec Le Monde,
25:10le quotidien Le Monde
25:11et sa fake news.
25:12On en parle dans un instant
25:13et on va recevoir
25:14le ministre du Commerce extérieur
25:16à 19h
25:17pour Face à la Foi.
25:18A tout de suite.
25:18Merci.
25:20Merci.

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