00:00Il y a un aspect sidération, ça paraît improbable.
00:03En réalité, nous sommes en 2026, nous sommes en France, un grand pays,
00:07un grand pays en tout cas qui se veut encore être un grand pays,
00:09donc ça paraît complètement sidérant ce qui s'est passé.
00:11Il y a plusieurs responsabilités dans tout cela.
00:13La première responsabilité, ce sont les gens qui ont mis le feu à l'hôtel de ville
00:16et qui ont participé à son saccage et à la prise d'assaut, parce qu'on peut appeler ça comme
00:20ça.
00:21À la base, cette manifestation partait sur des revendications légitimes,
00:25le coût de la ville, le prix du gasoil, et très vite, ce mouvement a été infiltré
00:28à la fois par les Black Blocs qui, eux, ont un projet politique,
00:31un projet de déstabilisation des institutions.
00:33Il y a un plan organisé ?
00:35Ça, c'est l'enquête qui le dira.
00:36C'est l'enquête qui le dira, ok.
00:37Je ne suis pas magistrat.
00:38Il y a des magistrats autour de ce plateau, moi je ne suis pas magistrat.
00:41Donc je considère que ce n'est pas à moi de faire la justice.
00:44Moi, je constate juste des faits.
00:45Ce qui s'est passé, c'est que ce cortège était infiltré par des Black Blocs,
00:49qui sont clairement identifiés.
00:51La presse quotidienne régionale le constate, les observateurs le constatent,
00:54la police nationale le constate.
00:55Tout le monde se dit qu'il y avait des gens qui étaient là pour déstabiliser la République,
01:00entourés d'une foule plus ou moins en manque de sensations fortes,
01:05souvent des jeunes gens, parfois issus d'immigration, parfois pas.
01:08Donc pour ça, il ne faut pas tomber non plus dans la caricature des mineurs,
01:11qui étaient venus là pour violenter les institutions,
01:15saccager la ville, forme d'amusement qui ne m'amuse pas du tout,
01:19mais quelque chose d'assez irrationnel pour moi.
01:22Et puis une troisième vague en fin d'après-midi qui, elle, m'inquiète beaucoup plus,
01:24que vous avez retrouvé d'ailleurs dans d'autres villes de France,
01:27des jeunes gens qui pourraient être les vôtres, qui pourraient être les miens,
01:29qui rentrent dans les magasins pour venir se servir directement d'une paire de chaussures
01:34chez Lacoste ou d'un jogging,
01:36et qui n'ont pas le sentiment de faire quelque chose de grave.
01:38Et c'est ce qui m'inquiète le plus,
01:40c'est qu'aujourd'hui, il y a une fracture au sein de la société
01:42où une partie de notre jeunesse n'a même plus la notion du bien et du mal,
01:45du légal et de l'illégal.
01:47Donc là, je me dis que collectivement, on a raté quelque chose.
01:49Collectivement, on a raté quelque chose.
01:50Maintenant, les premiers responsables sont ceux qui ont mis le feu.
01:53Et il y a une défaillance de l'État.
01:54C'est aussi pour ça que le Premier ministre est venu corriger
01:56un certain nombre de choses vendredi dernier.
01:58Il a lui-même reconnu qu'il y avait eu une défaillance.
02:00Une défaillance dans le maintien de l'ordre,
02:02une défaillance dans l'anticipation par les renseignements territoriaux
02:05du profil des assaillants qui étaient présents ce samedi à Limoges.
02:11Et puis un manque de moyens criants pour la police républicaine de ce pays.
02:14Vous savez, je voudrais témoigner aussi mon soutien à la police nationale de ce pays.
02:18La police, elle est républicaine.
02:20Elle protège tous les Français, quelle que soit leur confession,
02:22quelle que soit leur couleur de peau, quelle que soit leur catégorie socio-professionnelle.
02:27La police républicaine, elle est là pour protéger les Français.
02:29Et je crois que si elle avait eu les moyens de pratiquer le maintien de l'ordre,
02:32jamais l'hôtel de ville n'aurait brûlé.
02:34Et puis j'en veux beaucoup aussi, la deuxième catégorie que je vous ai citée,
02:37des quelques jeunes esservelés qui ont empêché les pompiers d'intervenir rapidement.
02:41Parce que pendant 15 minutes, les pompiers n'ont pas pu accéder à l'hôtel de ville
02:44parce qu'ils se sont retrouvés caillassés par une foule qui, elle, n'avait plus rien de black bloc.
02:48Et les pompiers n'ont malheureusement pas pu circonscrire le feu tel qu'ils l'avaient anticipé.
02:52Donc après, vous savez comment ça se passe dans des monuments de ce type.
02:55Lorsque ça monte dans les combles, c'est une catastrophe et le feu fait des ravages.
02:59Donc ils ont fait un travail formidable, les pompiers.
03:01Mais les choses auraient pu être évitées.
03:03Sous-titrage Société Radio-Canada