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  • il y a 17 minutes
Avec Manuela Braud

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##NOEPISODE##-2026-10-29##
Transcription
00:00Et nous retrouvons Cécile. Bonjour Cécile.
00:03Bonjour Brigitte, bonjour Manuela, je suis ravie d'être en votre compagnie.
00:07Bonjour Cécile.
00:08Nous aussi, on est ravis.
00:10Ça c'est ce que vous dites maintenant, après quand je vous avais raconté mon histoire, vous allez bien dire
00:14« Oh là là ! »
00:16Alors moi j'ai écouté avec beaucoup d'attention ce que vous avez dit Manuela,
00:21enfin beaucoup d'attention, ce que vous dites toutes et deux, mais ce qui a résonné,
00:25c'est quand vous avez parlé de l'éducation des petites filles.
00:28J'ai 56 ans, et moi je pense que j'ai été levée dans le mythe de « on va
00:33se marier, on va avoir deux enfants, un chien, une maison, un bon boulot ».
00:39Vous voyez ? Voilà.
00:40Et moi je me suis retrouvée dans ce schéma-là.
00:43La petite maison dans la prairie évidemment.
00:45Non, non, c'est pas l'Orengals, c'est rien de l'Orengals.
00:48Et puis aussi le syndrome de « je vais sauver », parce qu'en fait j'ai sauvé le père
00:54de mes enfants qui était en train de faire un infarctus,
00:56donc je l'ai sauvé, sinon aujourd'hui il ne serait pas là, et honnêtement…
01:01Ça c'est une réalité quand même, c'est pas… bravo !
01:05Et 20 ans plus tard, je ne regrette rien de ce qui s'est passé.
01:09Rien. Voilà.
01:11Donc j'ai rencontré cet homme, on a eu une vie qui était plutôt Instagram,
01:14on va dire qu'on était TSP+, un peu, voyez ?
01:17Vous savez cette espèce de violence en col blanc, c'est-à-dire cette violence psychologique ?
01:22On ne la voit pas. Donc si on ne la voit pas, elle n'existe pas.
01:25Elle n'existe pas auprès des autres, puisque les gens vous voient toujours hyper souriants, hyper altruis, hyper interveillants…
01:31Mais même soi-même, cette violence invisible qu'on subit, on met du temps avant de s'en rendre compte.
01:36Alors moi honnêtement, je m'en suis rendue assez vite, rendue compte assez vite.
01:41Oui, parce qu'effectivement le père de mes enfants avait un besoin…
01:46Alors je ne vais pas parler de lui, parce que ça lui donnait l'importance, et ce n'est pas
01:48le rôle de l'émission aujourd'hui.
01:50Il avait besoin de séduire.
01:52Donc assez vite, je me suis rendue compte qu'il entretenait des, je ne sais pas, des amitiés amoureuses.
01:57Je ne sais pas si on peut dire ça comme ça, mais ça m'en…
01:59Enfin, je n'ai pas de… voilà, ça m'en concernait…
02:02Enfin, ça m'était insupportable, mais ça m'est…
02:05Enfin, quand j'ai réussi à le confondre, c'était toujours « Mais non, tu es la femme de ma
02:09vie,
02:09on s'est mariés pour le meilleur et pour le pire ».
02:14Voilà. Donc là, on a un moment dit « J'y suis, mais tu es la femme de ma vie,
02:18je t'aimerais,
02:19tu m'as sauvé la vie, tout le laïus ».
02:21Bon.
02:21Mais il était peut-être sincère dans ces moments-là ?
02:25Brigitte, j'ai un peu de mal à… peut-être, mais ça lui appartient et ça ne m'appartient pas.
02:29D'accord.
02:30Donc voilà.
02:31Et donc un jour, ça a été… et puis c'est surtout… alors, sincère, peut-être ou pas d'ailleurs,
02:37puis ça je ne sais pas, donc je ne peux pas l'affirmer ou confirmer.
02:42Mais quand j'ai commencé à lui dire « Écoute, tes amitiés amoureuses, elles se vont très bien,
02:45mais moi, elles ne me vont pas », on va se séparer.
02:50On va… ah non, mais là, si tu me quittes, je me suicide.
02:54Ok.
02:54Ah, le chantage, oui.
02:56Alors, c'est le pire qu'on peut faire à un être humain, je pense.
03:00Parce que les… moi, il m'a enfermée dans une pièce, il m'a privée de sommeil,
03:04il a enlevé les clés de toutes les portes de la maison.
03:07C'était… on a vécu… enfin, moi, j'ai vécu un enfer, et quand ma fille est rentrée,
03:10elle était en stage à Paris, on a vécu un enfer, un enfer.
03:13Mais ça, en fait, vous le vivez, mais vous ne pouvez pas en parler,
03:17parce que d'abord, vous avez honte.
03:18C'est rigolo, ça.
03:19C'est vous qui portez la honte, alors que c'est l'autre qui devra avoir honte de ses agissements.
03:23J'étais quand même la mère de ses enfants, on avait partagé,
03:26on se connaît depuis qu'on a un an et demi, trois ans, je ne sais pas si vous voyez,
03:29j'ai 56 ans maintenant.
03:31Donc, c'était quand même un sacré chemin de vie.
03:34Oui.
03:34Et en fait, et là, bon, je lui ai dit, je ne sais ce qu'il est.
03:37Donc, ça a duré, duré, je me disais, mais je ne peux pas laisser mes enfants sans père, en fait.
03:41Mais quand il vous disait ça, vous aviez tendance à le croire ?
03:45Ah ben oui, parce qu'il faisait tout.
03:47Comme il était cardiaque, il prenait des bêtas bloquants,
03:49mais pas suffisamment pour mourir.
03:52Pas suffisamment pour arriver à être hospitalisé.
03:55Ah oui, d'accord.
03:56Ça va loin, là.
03:57Oui, oui, donc ça va loin.
03:59Il savait faire ce qu'il fallait pour prouver que ce qu'il disait était vrai.
04:04Alors qu'en fait, il savait très bien qu'il ne risquait rien.
04:06Enfin, en même temps, il ne risquait rien.
04:08Quand même, il jouait un peu avec le feu.
04:09Oui.
04:10Ah ben, il a tellement joué avec le feu qu'un jour, il a pris une dose de trop,
04:13qu'il a eu un accident, et qu'il a eu un accident,
04:16que personne n'a rien fait, personne n'a porté plainte.
04:18Il a fallu tuer deux enfants, cinq minutes plus tard,
04:21et tuer deux enfants qui rentraient dans la voiture.
04:23Mais personne n'a rien dit.
04:24Personne n'a porté plainte, on a laissé le faire.
04:26C'est aussi ça.
04:27On laisse faire, pas de vagues.
04:29Donc bon, le jour de trop, je lui ai dit, écoute, je vais te quitter.
04:33Ça y est, c'est fini.
04:34Maintenant, les enfants étaient partis.
04:36Je me sentais enfin libre.
04:38Et je me suis dit, cette fois-ci, quoi qu'il se passe, ça m'est égal.
04:41Je vais vivre.
04:43Et je vais vivre pour moi.
04:46Quoi qu'il se passe, ce n'est pas grave.
04:47Tu seras face, tu as toujours tes faces, et tu seras toujours face.
04:50C'est comme ça, c'est la vie.
04:52Et puis, je savais que j'avais les moyens.
04:54Enfin, j'avais les moyens.
04:55Mais vous voyez, Cécile, votre histoire est assez effrayante.
04:59Mais en même temps, ce qui est intéressant, puisqu'aujourd'hui, on évoque le chagrin d'amour,
05:05c'est qu'à un moment donné, on n'en peut tellement plus qu'au fond, c'est un soulagement
05:09que de quitter l'autre.
05:10Et c'est du coup, la douleur, la résilience, elle consiste à se reconstituer, parce que forcément, c'est des
05:18relations qui détruisent beaucoup notre valeur et notre estime de soi.
05:24Mais c'est une douleur à petit feu.
05:27C'est très, très différent de la rupture violente, en fait.
05:35Elle provoque la même chose, parce que moi, je me suis dit, mais qu'est-ce que j'ai fait
05:40pour mériter ça, en fait ?
05:42Au début, je pensais que c'était de ma faute.
05:44Et oui.
05:45Et c'est en ça que c'est pervers.
05:47Oui, oui, mais vous avez besoin, en effet.
05:50Enfin, je ne sais pas où vous en êtes aujourd'hui, mais évidemment qu'il faut se reconstruire, et ça
05:54demande beaucoup de résilience, évidemment.
05:57En tout cas, je trouve ça...
05:58En tout cas, pardon.
06:00Excusez-moi, Cécile, mais je trouve ça en tout cas très intéressant qu'à un moment, l'histoire des amitiés
06:05amoureuses,
06:05que vous ayez été capable de dire, moi, ça ne me convient pas.
06:08C'est ça.
06:09Même quand on s'engage pour le meilleur et pour le pire, évidemment que le contrat est toujours, tous les
06:14jours, discutable,
06:15et il doit être dialogué à chaque fois qu'il y en a un qui en a besoin, en fait.
06:18Et vous avez réussi à dire non.
06:20Et je pense que c'est là, si j'ai bien compris, que les situations de chantage, etc., ont commencé.
06:27Et par contre, c'est vrai que c'est intéressant ce que vous expliquez sur le sentiment de honte.
06:31Et c'est pour ça que quand on vit des choses étranges, dès le départ, il faut en parler autour
06:35de soi.
06:36Parce que la honte, vraiment, ça nous fait nous taire, en fait.
06:40Ça nous enferme et ça nous isole encore plus, en fait.
06:42Et souvent, quand on a honte, pourquoi on n'ose pas dire ?
06:45Parce qu'on a l'impression que les gens autour de nous, ils vont se moquer de nous.
06:48Mais je peux vous assurer que personne, personne, personne ne se moquera jamais de vous.
06:52Si vous racontez des choses comme ça, les gens risquent d'être plutôt empathiques, effrayés, apurés pour vous.
06:58Et justement, ils vont vous aider à vous protéger et réussir à dire stop, à partir,
07:03ou à cesser ce genre de comportement, vous faire aider, peu importe.
07:06Mais c'est pour ça qu'il faut vraiment parler dès le départ, dès qu'on sent un peu de
07:10sentiment de honte.
07:11Il faut absolument en parler, il ne faut jamais rester avec cette honte.
07:14Elle est vraiment toxique.
07:15Je pense vraiment que c'est le plus grand poison de l'âme, la honte.
07:18C'est très compliqué, ça.
07:20Exact. Alors moi, ça fait maintenant 7 ans, vous voyez.
07:23Donc, voilà, il y a un peu de recul.
07:25Alors, il y a quand même...
07:27Ce que je voulais dire, c'est que notre société est quand même bizarrement faite.
07:30Parce que quand vous vous séparez, d'abord, vous êtes obligé de repasser devant un juge avec la personne qui
07:36vous a fait du mal.
07:37Dans mon cas, c'était le cas.
07:39Vous passez pour...
07:40Alors là, je suis dans la phase liquidation du régime matrimonial 7 ans plus tard.
07:44Donc, vous voyez, il y a quelqu'un qui ne veut vraiment pas me laisser partir.
07:46Mais j'entends.
07:47Eh bien, je suis obligée toujours d'être en présence de cette personne.
07:51Donc, ce que j'ai fait, parce que c'est...
07:53Voilà, je suis plutôt...
07:54Alors d'abord, j'ai commencé par porter plainte.
07:56Mais vous portez plainte, en fait, vous n'êtes pas entendue.
07:58Parce que la violence psychologique, elle ne se voit pas.
08:01Il faut obtenir des preuves.
08:04Oui, il faut préparer son dossier.
08:07C'est compliqué, je sais.
08:07Oui, s'il y a des personnes qui nous écoutent, c'est vraiment important d'en parler.
08:12Parce que des personnes pourront témoigner et dire
08:14« Mais à plusieurs reprises, cette personne m'avait parlé et m'avait indiqué tel et tel choix. »
08:18Et là, moi, j'avais été voir le COVA.
08:20Enfin, j'avais des papiers le COVA.
08:21Donc, le COVA, c'est...
08:23Mais là, excusez-moi, Cécile, mais on est un peu hors sujet.
08:26Donc, on ne va pas rentrer dans...
08:29Enfin, je sais à quel point vous n'êtes pas encore sorti, visiblement.
08:33Et je crois que là, en effet, vous avez besoin à la fois de vous faire aider par un avocat.
08:39Et puis, je pense qu'il ne faut pas hésiter, quand vous sentez que vous perdez un peu pied,
08:42d'aller vous confier parce que c'est une...
08:46Enfin, c'est...
08:47Ce n'est pas juste un chagrin d'amour, là.
08:48On est vraiment dans quelque chose de beaucoup plus difficile.
08:53Merci, en tout cas, Cécile.
08:54On est obligés de faire...

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