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  • il y a 34 minutes
Samedi 24 octobre 2026, retrouvez Caroline Vigneaux (Humoriste, actrice et autrice), Barbara Guerra (Cfondatrice, Guide international 50 Top Pizza), Michael Lucchese (Directeur commercial France, Groupe Mammafiore) et Frédéric Jousset (Fondateur, Art Explora) dans ART DE VIVRE, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission d'Art de Vivre.
00:12Quelle sera votre prochaine inspiration ?
00:15Chaque mois embarqué avec nos invités, nos chroniqueurs, pour une immersion au cœur du luxe, de l'élégance et de
00:21l'art de vivre.
00:21Et au sommaire, aujourd'hui, l'intelligence artificielle pourrait-elle bientôt décrocher un prix littéraire ?
00:27Après la polémique autour de Télison Aurélien, Alexis Mathieu s'empare de la question dans son culturoscope.
00:35Puis Corneille prend un sacré coup de jeûne dans ses livres qui comptent.
00:39Anne Bassie reçoit Caroline Vigneault qui dépoussière un grand classique de la littérature avec son nouveau spectacle, le cid pète
00:46un câble.
00:47Dans notre reportage Bouche B, nous nous intéressons à un phénomène qui ne connaît pas la crise, c'est la
00:52pizza de Naples à Paris.
00:54Comment ce plat populaire est-il devenu un véritable empire économique ?
00:58Et puis enfin, et si l'art était aussi essentiel que l'eau et l'air ?
01:03C'est la conviction de Frédéric Jousset, notre invité de la grande interview à l'occasion de la sortie de
01:08son livre « L'eau, l'air et l'art ».
01:10Il nous racontera son aventure entrepreneuriale et puis la création de sa fondation Art Explorer.
01:15C'est parti, c'est Art de Vivre.
01:21IA et littérature, on a vu ce mois-ci que les deux ne faisaient pas forcément bon ménage.
01:26Pourtant Alexis, dans votre culturoscope, vous allez nous montrer que certains tentent de les réconcilier.
01:32Eh bien oui, parce qu'effectivement on se rappelle qu'à la rentrée littéraire, l'auteur Télison Aurélien,
01:38qui partait favori pour remporter le prix Goncourt, a été retiré de la liste des 16 prétendants.
01:44Aujourd'hui, certains souhaitent créer une tendance inverse.
01:50Il avait été retiré de cette liste parce qu'il y avait eu des soupçons sur le fait qu'il
01:56avait utilisé l'IA pour écrire son livre.
01:59Et on pourrait bientôt reconnaître l'IA comme co-autrice et même la récompenser pour les écrits auxquels elle a
02:06participé.
02:08En décembre prochain, le prix Pascal récompensera les œuvres littéraires écrites à l'aide de l'IA.
02:13Les candidats devront déclarer sur l'honneur que leur production a bien été écrite avec l'IA.
02:18Et ça, ça a été pensé bien avant la polémique ?
02:22Oui, parce que les organisateurs du prix déjà l'expliquent dans un manifeste.
02:27La capacité d'écriture d'une IA n'est plus une nouveauté.
02:31Et c'était en juin dernier que Philippe Claudel, le président du prix Goncourt,
02:36et un certain Philippe R. se sont rencontrés au restaurant Drouan, le fief de l'Académie Goncourt.
02:43Alors, qui est cet invité, ce fameux Philippe R ?
02:47Eh bien, en août, les éco-week-ends ont dévoilé qu'il ne s'agissait en fait ni d'un
02:51écrivain, ni d'un éditeur,
02:53ni même d'un attaché de presse ou d'un journaliste,
02:56mais d'un spécialiste des fusions acquisitions dans le secteur du privé.
03:00Alors que les prix littéraires aujourd'hui se comptent en milliers dans le pays,
03:05pour se démarquer, cet entrepreneur s'accompagne de Tchadjpt 5.4 et Clodopus 4.8.
03:12Et si le prix porte le nom de l'auteur Blaise Pascal,
03:17c'est parce qu'il s'agit, c'est parce que c'est celui qui inventa la Pascaline, une machine
03:22à calculer.
03:23Mais oui, si on accepte que l'intelligence artificielle gagne de la plage dans le monde de l'édition,
03:27on peut bien accepter que le marketing aussi.
03:31Et alors, du coup, comment est-ce qu'on va faire pour candidater ?
03:33Il suffit juste d'écrire un prompt et de proposer son écrit ?
03:37Non, s'il spécifie qu'il n'est pas nécessaire d'être un auteur professionnel pour participer,
03:44il y a quand même des règles.
03:45Le mot d'ordre donné aux auteurs est que l'œuvre doit apporter quelque chose à l'humanité.
03:50Il est nécessaire déjà aussi de transmettre un dossier technique qui explique le type de LLM,
03:57c'est-à-dire le langage utilisé par l'IA et le processus de génération.
04:02Mais il faut aussi que le livre alerte ou aide à résoudre d'une façon originale
04:07l'un des défis écologiques, sociaux et éthiques de l'époque.
04:12Le règlement du concours stipule que la méthode doit être décrite assez précisément
04:17pour qu'un autre auteur puisse la reprendre.
04:21Et que les œuvres qui y parviennent sont difficilement reproductibles par un être humain seul.
04:28Le jury, lui, restera humain et sera présidé par un écrivain souvent reconnu
04:33pour ses capacités à anticiper les grandes mutations technologiques, sociétales et politiques.
04:38Ce sera Jacques Attali qui présidera ce jury.
04:42Et pourtant, l'IA et la lecture, on n'a pas l'impression vraiment que c'est un avenir radieux
04:46entre les deux.
04:48Si l'IA est aujourd'hui effectivement bien intégrée dans le travail en entreprise par exemple,
04:53dans un domaine comme la littérature, il reste beaucoup de questions en suspens.
04:58En avril dernier, Télérama a réalisé une enquête qui vise à comprendre les enjeux de ce sujet
05:04pour les auteurs et les éditeurs.
05:07Ce qu'elle relève, c'est notamment qu'aucun professionnel n'arrive à distinguer la sensibilité humaine
05:13d'un texte rédigé par une machine.
05:15Et les logiciels qui peuvent le faire ne sont pas encore fiables à 100%.
05:19Alors le journaliste Olivier Tesquet exprime son inquiétude sur le fait que la lecture
05:24ne devienne plus qu'une enquête où l'on cherche des preuves technologiques.
05:28Oui, j'imagine que pour le monde de l'édition, ce n'est pas non plus génial.
05:32Ils ne sont pas forcément ravis.
05:33Eh bien, aujourd'hui, effectivement, ça fait peser un risque financier assez fort sur les maisons d'édition.
05:39Parce que d'abord, le modèle aujourd'hui repose sur des avaloirs,
05:43c'est-à-dire une avance sur les droits d'auteur.
05:45Et s'il s'avère qu'un livre puisse être une fraude après sa mise sur le marché
05:51et qu'il doit être retiré des ventes,
05:53ça représente une perte financière assez significative pour les éditeurs.
05:58Cela peut aussi entraîner des coûts juridiques importants
06:02parce que les IA intègrent des morceaux de formulation ou de structure narrative d'autres écrivains.
06:08Et donc, ça peut conduire à des procès pour plagiat ou contrefaçon.
06:11En correction à cela, on a Virginie Despentes et d'autres auteurs aussi
06:15qui prennent la décision radicale de n'écrire plus qu'à la main.
06:19Et enfin, l'IA permet de produire en masse
06:23et les maisons d'édition ont aujourd'hui du mal à gérer l'afflux de propositions
06:27qu'elles reçoivent.
06:29Et elles se mettent du coup à investir dans des technologies de contrôle de pointe.
06:32Et pour le public, du côté du public, est-ce qu'ils se montrent enthousiastes
06:36on a l'idée de lire des choses écrites à l'IA ?
06:40Eh bien, pas vraiment.
06:41La preuve, c'est qu'une enquête de 2025 du cabinet conseil Baringa,
06:46réalisée aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, aux Pays-Bas et en Allemagne,
06:52révèle que 70% des répondants se disent mal à l'aise
06:56avec un contenu créatif entièrement généré par une IA.
07:0135% déclarent qu'ils refuseraient de consommer un tel contenu
07:05contre 29% un an plus tôt.
07:08Et les entreprises et artistes le comprennent bien.
07:11Plusieurs organisations qui les représentent
07:12ont lancé une dizaine de labels Antillia dans le monde
07:16qui garantissent que ce qu'ils produisent a été réalisé à 100%
07:19ou presque par des humains.
07:21Et par exemple, on a GTA 6 qui revendique
07:24que le jeu intègre 600 000 animations créées uniquement par les humains.
07:28Merci beaucoup Alexis Mathieu pour votre culturoscope.
07:31Et tout de suite, on passe à Ces livres qui comptent.
07:37Son lien avec les belles pages n'est plus à démontrer.
07:41Anne Bassi, bonjour.
07:42C'est Ces livres qui comptent.
07:44Je vous laisse présenter votre invitée.
07:45Bonjour Caroline Vigneault.
07:47Bonjour.
07:47Vous êtes ex-avocate.
07:49Vous êtes également humoriste, comédienne, autrice, metteuse en scène.
07:55Et productrice aussi.
07:57Et productrice, bravo.
07:58On vous voit aujourd'hui sur les planches avec le roman adapté,
08:05donc le roman de Elia Tabécassi qui s'appelle Divorce à la française.
08:09Très belle pièce de théâtre qu'il faut aller voir.
08:12Et également, vous avez écrit le CID Pète un câble
08:18qui est à l'affiche depuis le 18 septembre
08:21qu'il faut également aller voir parce qu'il faut revisiter cette magnifique pièce de théâtre.
08:25Je ne sais pas s'il faut la revisiter.
08:27Mais en tout cas, moi, j'aime bien dire que je l'ai co-écrite avec Pierre Corneille
08:30parce que c'est un mélange des vers de Corneille et des vers de Caroline Vigneault
08:33parce que toute la pièce est en alexandrin.
08:35Ce qui donne un savoureux mélange de vers magnifiques et de vers drôles.
08:40Je vous laisse deviner qui a écrit quoi.
08:42Et ça permet de découvrir cette œuvre sublime en s'amusant.
08:47C'est ludique et pédagogique.
08:49Et surtout, MC Solar qui chante « Orage au désespoir ».
08:52Rien que pour ça, ça vaut le coup.
08:53Super.
08:54Alors, qu'est-ce qui vous a donné envie de passer du métier d'avocat finalement
08:59et de quitter cette belle robe noire pour devenir humoriste, actrice, comédienne ?
09:06Est-ce qu'il y a un livre qui vous a aidé à faire ce pas ?
09:09Et est-ce qu'il y a un livre qui vous a donné envie particulièrement d'être avocate ?
09:12Il y a un livre qui vous a particulièrement envie de quitter la robe ?
09:15Un livre qui m'a donné envie d'être avocate, je pense, comme beaucoup d'avocats,
09:18je dirais que c'est le livre de Robert Badinter qui s'appelle « L'exécution ».
09:21Moi, j'ai eu la chance de rencontrer Robert Badinter qui nous a parlé de cette fameuse nuit
09:25dont il parle dans le livre où, en tant qu'avocat, il accompagne son client
09:28qui se fait quand même couper la tête parce que c'est la guillotine.
09:31Et c'est ce qui lui a donné cette rage d'avoir envie d'obtenir l'abolition de la peine
09:37de mort en France,
09:37ne serait-ce que pour éviter aux jeunes avocats de vivre ce qu'il a vécu lui,
09:41qui est un traumatisme dans sa vie, de voir son client se faire découper en deux.
09:45Et un acte de barbarie absolu.
09:47Et quand il vous le raconte, quand vous lisez dans ce livre,
09:49c'est un homme qui écrit tellement bien, qui a tellement de passion,
09:53que je crois que ça a donné beaucoup de vocation.
09:55Et le livre qui vous a donné envie de quitter la robe ?
09:59Je ne sais pas s'il y a un livre qui m'a donné envie de quitter la robe.
10:01Déjà, j'avais envie d'écrire.
10:02Donc, j'avais très envie peut-être de prendre la plume encore plus.
10:07Et d'ailleurs, je suis en train de terminer l'écriture d'un livre sur le changement de vie.
10:13Mais peut-être sinon, quand même, Gisèle Halimi.
10:15Parce qu'il y a un livre qui m'a beaucoup marquée, c'est Ne vous résignez jamais.
10:19Où elle parle beaucoup des femmes.
10:21Et elle parle de choses très actuelles.
10:23La difficulté d'être une femme.
10:25Tout ce qu'il faut...
10:26La liberté qu'il faut obtenir.
10:28La liberté économique.
10:29La liberté de tous les combats qu'il y a à mener.
10:31Et c'est un livre plein d'espoir.
10:33Et qui, en même temps, a été écrit il y a quand même quelques années.
10:35Et on se rend compte que c'est malheureusement toujours d'actualité.
10:37Mais c'est un livre qui m'a donné l'envie d'être libre.
10:40Et quand vous étiez avocate, la lecture, quel rôle jouait en particulier la lecture ?
10:45Est-ce que c'était plutôt...
10:46Est-ce que la lecture vous aidait comme un refuge ?
10:49Comme un moment d'évasion ?
10:52Comme un outil de travail ?
10:54Franchement, malheureusement, pendant toute cette période,
10:57que ce soit les périodes avant avocat ou pendant avocat,
11:00on lit énormément de droits.
11:03Je me suis rendu compte quand j'ai quitté ce métier
11:05et que j'ai commencé à lire des pièces de théâtre,
11:08notamment parce que j'avais très envie d'en lire.
11:10Et je me suis dit, mais toutes ces années où j'aurais pu lire autant,
11:13alors j'ai essayé de me rattraper, mais c'est vrai que la littérature fait vraiment...
11:16Enfin, la littérature, la lecture fait énormément partie de ce métier
11:20parce qu'il y a énormément de choses qui sont produites
11:22et on n'arrête pas de lire.
11:24Mais toujours pour un domaine...
11:26On n'a pas forcément le temps de lire autre chose.
11:28Mais on ne le prend pas non plus, c'est ça.
11:29C'est-à-dire que quand on a une vie trépidante comme celle d'un métier d'avocat
11:33et qu'on veut être toujours à la pointe, savoir ce qui se passe.
11:36Je pense que c'est pareil chez les entrepreneurs.
11:38Ils lisent beaucoup de magazines, de choses qui parlent de leur métier.
11:42Oui.
11:43Et qu'est-ce qui vous a donné envie, finalement, de faire cette œuvre,
11:47d'écrire le site Pète un câble ?
11:49C'est un truc très simple.
11:50J'ai emmené mes enfants...
11:52En tant que maman, je cherche toujours à transmettre quelque chose.
11:55Et donc, c'est les vacances.
11:56Et j'adore emmener mes enfants au théâtre.
11:58Donc, je cherche des pièces.
12:00Depuis petit, je les ramène voir des pièces qui, je trouve parfois un peu bêtes,
12:05mais qui les amusent, ou tant mieux.
12:07Et à un moment, je me dis, bon, allez, maintenant, ça y est, ils ont atteint l'âge.
12:10Je vais les initier au théâtre classique.
12:11Et je me dis, je vais prendre une pièce drôle dont je choisis la VAR.
12:13Je pense que ça va leur plaire.
12:14Et je vois encore la tête de mon fils au bout de dix minutes,
12:17qui a peut-être dix ans, et qui regarde comme ça.
12:20Il me regarde et il fait, ça va être comme ça tout le long.
12:23Et là, je me rends compte qu'il ne comprend rien, qu'il s'ennuie,
12:26que les Alexandrins ne vivent pas prêts,
12:28que la dot, il ne sait même pas de quoi ça parle,
12:29qu'est-ce que c'est que ce mot qu'il n'a jamais entendu avant.
12:32Et donc, je me rends compte qu'il y a un vrai gap
12:35entre la génération de mes enfants et ces pièces classiques.
12:38Et c'est en sortant de là que je me dis, ça serait tellement dommage,
12:41parce qu'ils ne veulent plus voir de classiques.
12:43Moi, je voulais les initier.
12:44Je viens de les dégoûter.
12:46C'est affreux en tant que maman.
12:47Et donc, c'est là que je me dis, mais ça serait génial de créer un objet,
12:51donc une pièce qui serait comme un marche-pied, une passerelle,
12:55et qui, après avoir vu le site Pétain-Câble,
12:57l'idée, c'est que vous pouvez aller voir l'original
12:59et vous allez l'apprécier.
13:01Et vos enfants sortiront de là, je vous le jure,
13:03en vous garantissant, en disant
13:04« J'adore le site de Corneille ».
13:06Et alors, votre fils, comment il a réagi quand il l'a vu ?
13:08Ah oui, il l'a adoré, mais ils m'ont un peu aidé à l'écriture,
13:10parce que, comme j'ai mélangé...
13:12C'est une pièce qui est en alexandrin,
13:14donc j'ai écrit en alexandrin,
13:15donc je passais mon temps à me dire
13:161, 2, 3, 4, 5, 6, non, ça rentre pas pendant 2 ans,
13:18comme ça, à compter sur moi,
13:19je pense que les gens m'ont pris pour une dingue.
13:21Oui, c'est pas très inné, forcément, de...
13:22Non, écrire en alexandrin, c'est pas simple.
13:24Alors, c'est marrant, parce que,
13:25au bout d'un moment, le cerveau le fait automatiquement
13:27beaucoup plus facilement.
13:28Mais c'est tout sur le langage,
13:30comme je vous l'ai mélangé.
13:31Des fois, je disais à mon fils,
13:32« Comment tu dirais ? Je suis fatiguée ? »
13:35Et voilà.
13:36En langage jeune.
13:36Voilà.
13:37Et puis, surtout, des fois, je disais,
13:38« Je peux dire ça ? »
13:38« Ah, trop pas ! »
13:40Le titre du livre,
13:42enfin, de la pièce,
13:42mais on en a fait un livre,
13:44puisque, aujourd'hui, on vend le livre,
13:45qui est la pièce,
13:47donc mon texte à moi, d'un côté,
13:48et l'original de l'autre, pareil,
13:49pour avoir les deux.
13:52J'avais appelé ça le site 2.0.
13:54Et mes fils m'ont dit,
13:55« Mais, tellement boomer ! »
13:57Alors, j'ai beau leur expliquer
13:58que je ne suis pas un enfant du baby-boom,
14:00c'est que c'est mes parents,
14:01mais pour eux,
14:02dès que ça a plus de 30 ans,
14:02c'est un boomer, de toute façon.
14:04Et donc, c'est eux qui m'ont trouvé
14:05le site « Pète un câble ».
14:06Ils m'ont dit, « Ça, c'est un vrai titre. »
14:08Et qu'est-ce qui leur a parlé le plus
14:09à vos enfants dans cette adaptation ?
14:13Ils ont trouvé ça fou,
14:14notamment, il y a quelque chose
14:15que j'ai découvert,
14:17et souvent, moi, on me dit
14:19que j'ai du courage,
14:20et on ne me le dit pas comme ça.
14:22Et dans la pièce de Corneille,
14:24il y a un truc qui m'a vraiment frappée,
14:25c'est qu'il y a, notamment,
14:27une célèbre phrase,
14:28c'est « Rodrigue, as-tu du cœur ? »
14:31Et en fait, ça veut dire
14:33« Rodrigue, as-tu du courage ? »
14:34Quand son père lui demande ça,
14:35c'est « As-tu du cœur ? »
14:36« As-tu le courage pour aller me venger ? »
14:38Donc, si vous ne savez pas
14:39qu'à l'époque de Corneille,
14:40le cœur, ça veut dire le courage,
14:41parce qu'à l'époque de Corneille,
14:43le courage,
14:45il est logé dans le cœur.
14:46Donc, un homme ou une femme
14:47qui a du cœur,
14:48c'est quelqu'un qui a du courage.
14:49Mais aujourd'hui, on dit
14:50avoir des couilles.
14:51Et souvent, on me dit
14:52« Mais t'es une meuf qui a des couilles ? »
14:53Et je dis « Non, non,
14:53mais moi, je suis une femme,
14:54je n'en ai pas. »
14:55Donc, maintenant,
14:55j'essaie de ramener ça
14:56en disant « Moi, je suis une femme
14:57qui a du cœur. »
14:58Et comme beaucoup de femmes, d'ailleurs.
14:59Je trouve que les femmes
15:00ont beaucoup de cœurs.
15:01Mais ça, donc,
15:02j'en plaisante dans la pièce
15:04et j'essaie de trouver comme ça
15:05des mots où je parle d'estance.
15:07Les gens ne savent même pas ce que c'est,
15:08c'est un poème dans la pièce
15:10où Corneille décide
15:11d'arrêter d'utiliser Alexandrin
15:13pour parler justement
15:14du bordel dans sa tête.
15:15Et quand on vous l'explique,
15:17vous trouvez ça magique.
15:19Et la pièce, c'est drôle.
15:21Et puis, surtout,
15:22j'ai eu la chance
15:23d'avoir M.C. Solar.
15:25Je ne voulais pas toucher
15:26au grand moment connu.
15:30Donc, au rage, au désespoir,
15:32au vieillet, c'est de mise.
15:33Je ne pouvais pas le toucher.
15:34C'est un masterpiece.
15:36C'est comme dirait mon fils.
15:37Et donc, j'ai appelé M.C. Solar
15:40et il a trouvé l'idée géniale.
15:41Et donc, c'est lui qui chante.
15:43Et donc, les thèmes de l'amour,
15:44de la loi et de l'honneur
15:45sont des thèmes
15:46qui parlent encore aux jeunes.
15:48Mais c'est fou
15:48parce que c'est une pièce
15:49qui a été écrite
15:51au XVIIe siècle.
15:52Mais elle parle
15:53d'adolescentes d'aujourd'hui.
15:55Avec deux darons
15:56qui mettent leurs enfants
15:57dans la sauce,
15:58le respect de la famille, etc.
16:00Et d'ailleurs, c'est pour ça
16:01qu'elle a autant de succès.
16:01À Avignon, on a été complète
16:03tous les jours.
16:03On refusait du monde.
16:04Là, à Paris, ça cartonne.
16:05Parce que je pense
16:06que les enfants,
16:06quand ils sortent de là,
16:07ils comprennent la pièce.
16:08Puis j'avoue que j'ai fait
16:09un petit truc.
16:10Ce qui m'a plu,
16:10c'est que j'ai un petit passage
16:11juste pour les parents
16:12où je parle
16:13que en langage ado
16:15que nous ne comprenons pas.
16:17Et à la fin,
16:18les acteurs disent
16:18que ça dure trois minutes.
16:20Ils disent
16:20là, vous, les parents,
16:24vous les emmenez voir
16:25une pièce dans l'Alexandre.
16:26Et vous, qu'est-ce que vous avez
16:27redécouvert en écrivant cette pièce
16:29sur Corneille
16:29ou même sur vous-même
16:30ou sur votre regard
16:31sur l'œuvre ?
16:33Quand j'ai écrit le livre,
16:36j'ai voulu aller plus loin
16:37et même dans la pièce,
16:38j'en parle un peu,
16:39j'avais envie de parler
16:39de la querelle du Cid.
16:41Parce que quand j'ai mis
16:42les mains dans le texte,
16:43je me suis dit
16:45est-ce que les gens
16:45vont accepter ?
16:47Est-ce qu'on a le droit
16:47de faire ça ?
16:48Et en fait,
16:48quand le Cid est sorti,
16:50il y a eu une énorme
16:50querelle littéraire
16:51qui s'appelle
16:51La querelle du Cid
16:52et on a reproché
16:53beaucoup de choses à Corneille
16:54et notamment d'avoir
16:55plagié un texte espagnol.
16:58Et Corneille lui-même a dit
16:59que prendre un texte existant,
17:01le modifier,
17:02mettre les mains dedans
17:02et le changer,
17:03c'était faire une nouvelle œuvre.
17:06C'est intéressant.
17:07Voilà.
17:07Et donc moi,
17:08j'ai vu l'autorisation
17:09de Corneille himself
17:11de faire ça.
17:12Et donc j'en parle,
17:14j'ai écrit des choses là-dessus
17:15et le Cid aussi,
17:16il ne faut pas le dire,
17:17mais le Cid a vraiment existé.
17:20Et ça, c'était une œuvre
17:21qui avait déjà une place
17:22dans votre vie
17:22avant que vous rentriez dedans.
17:24C'était aussi une œuvre importante.
17:26Ah bah oui,
17:27il y a tellement de belles choses.
17:28À vaincre sans péril,
17:29on triomphe sans gloire,
17:30c'est dans le Corneille,
17:31c'est dans le Cid.
17:32Puis il y a
17:32Nous partîmes 500,
17:34enfin je l'ai dit tout à l'heure,
17:35au Rage des espoirs,
17:36franchement elle est pleine
17:37de hits cette pièce,
17:38plein de moments de bravoure.
17:39Et puis l'histoire
17:41est vraiment chouette
17:42et elle se prête au rire
17:45sans tordre la pièce.
17:46C'est ça que j'ai vraiment
17:47un respect absolu pour cette pièce
17:49et j'avais envie de la rendre accessible.
17:51Et il y a le nombre de gens
17:53qui sortent de là
17:53qui disaient
17:53mais j'ai envie de relire
17:54l'original maintenant.
17:55Donc ça me fait plaisir.
17:57C'est comme l'Odyssée,
17:58ce livre il a permis
17:59à un tas de personnes
18:00de relire finalement
18:02le film.
18:02Oui le film,
18:03il a permis,
18:04je crois que les ventes
18:05elles ont été boostées
18:06comme ce n'est pas permis.
18:07Alors c'est vrai que nous
18:07on a un peu une génération
18:08où on l'a tous lu
18:09mais je crois que la génération
18:10d'aujourd'hui
18:10ce n'est pas le cas.
18:11Oui mais le Cid aussi,
18:12on a une génération
18:12qui avons aussi subi
18:14parce que parfois
18:15on n'a rien compris
18:17et c'est drôle
18:18parce qu'on interview
18:18des enfants parfois
18:19à la sortie de la pièce
18:20et il y en a plein
18:21qui disent
18:21j'avais rien compris l'histoire
18:22ça y est j'ai enfin compris.
18:24Et puis même
18:25ça fait plaisir
18:26juste d'entendre
18:27des enfants vous dire
18:28j'adore le Cid.
18:29Moi j'entends ça
18:30j'ai tout gagné.
18:32C'est une oeuvre pédagogique
18:33d'intérêt général
18:33c'est formidable
18:34ça vous donne envie
18:34d'écrire d'autres
18:36ludiques,
18:37ça vous donne envie
18:37d'écrire, d'adapter
18:38d'autres textes classiques
18:41tellement beaux,
18:42tellement utiles,
18:43tellement formateurs.
18:43J'avoue que j'aimerais
18:45peut-être me lancer
18:46dans Phèdre
18:46pourquoi pas
18:47parce que c'est pareil
18:48c'est un texte magnifique
18:49mais qui n'est pas facile
18:51d'accès
18:53mais dans les familles
18:54recomposées aujourd'hui
18:55je pense qu'il y aurait
18:56un écho.
18:57Le théorogonique est peut-être
18:58un peu plus difficile
18:59de trouver.
18:59Ça va être plus difficile
19:00de trouver
19:01mais je suis sûre qu'on peut
19:01parce que déjà au départ
19:03parce que maintenant
19:03quand on voit la pièce
19:05on se dit
19:05mais c'est vrai
19:05qu'en fait elle est drôle
19:07réécrite comme ça
19:08même si elle respecte
19:09parfaitement la structure
19:10et la même histoire
19:11et la même
19:11les personnages sont les mêmes
19:13mais on peut toujours trouver
19:15et puis c'est un truc
19:17que j'aime beaucoup dire
19:17de la contrainte
19:19et la créativité.
19:21Est-ce que vous avez eu
19:21des réactions de professeurs
19:23et est-ce que le CID
19:24c'est aujourd'hui
19:25un texte qui est finalement
19:27travaillé au bas
19:28ou au bas français ?
19:29Il est toujours au programme
19:30au collège
19:31et plein de profs
19:32sont venus
19:33avec leur classe
19:34et ils m'ont dit merci
19:34parce qu'ils m'ont dit
19:35une fois qu'ils ont compris
19:36la pièce
19:36qu'ils se sont amusés
19:37qu'il n'y a pas ce rejet
19:38et bien en classe
19:40c'est beaucoup plus facile.
19:41Caroline Vigneault
19:42merci beaucoup
19:43donc on peut vous retrouver
19:44sur les planches
19:45au Théâtre des Nouveautés
19:46depuis le 24 septembre
19:47avec Divorce à la Française
19:49et puis donc vous avez rédigé
19:50le site Pète un câble
19:51qu'on peut retrouver
19:52au Théâtre Héberto
19:53depuis le 18 septembre
19:54et tout de suite
19:55on passe à Bouchbé.
20:00Cette fois dans Bouchbé
20:01on met la main à la pâte
20:03de Naples à Paris
20:04la pizza fait tourner
20:05les têtes
20:05et les affaires.
20:07Retour sur un succès
20:08qui ne connaît pas la crise.
20:09La pizza
20:10on en déguste tous
20:11et très régulièrement.
20:13Aujourd'hui
20:14se termine
20:15la Pizza Week
20:15c'est un événement
20:16un peu particulier
20:17qui évidemment célèbre
20:18la pizza en France
20:19l'occasion
20:20d'interviewer
20:21les personnes
20:22qui l'organisent
20:23afin de savoir
20:24un peu
20:25les dessous
20:25de ce marché
20:26de la pizza
20:26comment ça évolue
20:28avec les habitudes
20:28des consommateurs
20:29bonne dégustation.
20:31Bonjour Barbara
20:32Alors racontez-nous
20:34un peu l'histoire
20:34de ce classement
20:36Top Pizza
20:37qui est international
20:38c'est ça ?
20:39Si c'est un classement
20:40international
20:41c'est la première guide
20:43qui visite les pizzerias
20:45de façon anonyme.
20:46Donc tout ce classement
20:47il se fait
20:48au niveau international
20:49combien il y a
20:50de pizzerias
20:51qui sont classées
20:52aujourd'hui ?
20:53Aujourd'hui
20:53avec les chaînes artisanales
20:56plus que 2000.
20:59On clôture aujourd'hui
21:00la Pizza Week.
21:02Pourquoi avoir créé
21:03cet événement à Paris
21:04et qu'est-ce que ça représente
21:05pour vous ?
21:07Dans la ville de Paris
21:08on a vu
21:09que le mouvement
21:10de la pizza de qualité
21:11va grandir très vite.
21:13Et pour nous
21:13c'est très important
21:14de créer la communauté
21:16des liens
21:17des échanges d'expérience.
21:19La pizza
21:20ça reste quand même
21:20un plat
21:21qui est énormément
21:22à la mode
21:23en France
21:23comme à l'étranger.
21:25Pourquoi ?
21:26La pizza
21:26c'est un produit
21:28qui quand arrive
21:29à la table
21:30il met de la joie
21:32parce que c'est ronde
21:33parce que c'est un produit
21:35surtout express.
21:37Il faut penser
21:38que quand vous allez
21:39commander
21:39une pizza
21:40dans une pizzeria
21:41dans deux minutes
21:43vous avez un produit
21:44frais préparé.
21:46Alors évidemment
21:46dernière question
21:47elle est évidente
21:48vous allez nous confier
21:49quelle est la meilleure adresse
21:51pour déguster
21:52une pizza en France.
21:53Elle est où ?
21:54Maintenant
21:54pour nous
21:55pour 52 Pizza
21:56c'est une perfaite appétition.
21:57Parfait
21:58merci beaucoup Barbara.
21:59Bonjour Mike
22:00merci beaucoup
22:00de répondre à nos questions.
22:02On va parler
22:02produits italiens
22:04et en particulier
22:05évidemment
22:05les produits italiens
22:06pour les pizzas.
22:07Qu'est-ce que ça nous dit
22:09finalement
22:09des habitudes
22:10de consommation
22:11des français ?
22:12je pense que ces dernières années
22:13il y a eu une vraie
22:14une énorme évolution
22:15dans la pizza
22:16on parle d'une pizza
22:17de consommation
22:18un client qui juste
22:19vient manger
22:20et consomme
22:21et aussi qui produit
22:23une pizza d'artisan
22:24juste comme pizza gourmet
22:26aujourd'hui
22:27on a une clientèle
22:29enfin le client
22:30de la pizza
22:31de la pizzeria
22:32pour la pizza
22:33c'est un client
22:34qui aujourd'hui
22:35je pense qu'il a évolué
22:37il est très exigeant
22:38qu'il est connaisseur
22:39aussi des produits
22:41il a appris
22:42déjà la différence
22:43entre une mozzarella
22:44de bouffala
22:45et une fior di latte
22:46que ça semble être évident
22:47mais je vous assure
22:48que non
22:49c'est quoi la différence
22:51d'ailleurs ?
22:52la mozzarella
22:53de fior di latte
22:53c'est ce qu'aujourd'hui
22:55on travaille
22:56sur tout ce qui est
22:57les bases de la pizza
22:58la mozzarella
22:59de bouffala
23:00c'est une mozzarella
23:00beaucoup plus délicate
23:03et surtout
23:04ça ne se cuit pas
23:05du coup
23:05connaisseur
23:06et connaisseur aussi
23:08de la pâte
23:09la pizza
23:10ce qui a été
23:11impensablement
23:11connaisse vraiment
23:13la lenta maturation
23:17des choses
23:17que normalement
23:18c'est les professionnels
23:19qu'ils connaissent
23:19pourquoi ?
23:20parce qu'ils font
23:20des masterclass
23:21parce qu'aujourd'hui
23:22tu as des grosses têtes
23:23de pizzaiolo
23:23en France
23:24qui donnent l'opportunité
23:26aux clients
23:26de pouvoir apprendre
23:28à faire la pizza
23:28je trouve ça génial
23:29d'ailleurs
23:29vous distribuez
23:30dans quel pays
23:31aujourd'hui ?
23:31nous sommes présents
23:33en France
23:35une grosse partie
23:36de la France
23:36c'est un gros marché
23:38la France pour vous
23:39ça représente quoi
23:40en termes de pourcentage
23:42de chiffre d'affaires
23:43à peu près ?
23:43je dirais 50%
23:44on est présents
23:45comme je disais
23:45en Espagne
23:46Portugal
23:47France
23:49Angleterre
23:50nous sommes à Londres
23:51et Manchester
23:51depuis Paris
23:53qui est notre centrale-mer
23:55pour notre quartier général
23:56on livre aussi
23:57à l'extérieur de la France
23:58comme à l'île de l'Avignon
24:00par exemple
24:01tous nos producteurs
24:02de ce type de produits
24:04sont tous en Italie
24:05le producteur
24:06on achète
24:07depuis l'Italie
24:08ça livre dans des plateformes
24:09en Italie
24:09et ça livre
24:10et du coup
24:12en vrai
24:12quand le producteur
24:14il produit la mozzarella
24:15toujours après
24:16il achète le client
24:17et c'est ça
24:17qui est la grande force
24:19cette chaîne courte
24:21de l'Italie
24:22au client
24:23merci beaucoup Mike
24:24merci à vous
24:25à bientôt
24:26ciao
24:26c'était le reportage
24:28signé Béatrice Constant
24:29et Alexandre Lauret
24:30tout de suite
24:31on passe à la grande interview
24:37et si l'art était aussi essentiel
24:39que l'eau que l'on boit
24:40ou que l'air que l'on respire
24:42c'est la conviction
24:43de l'invité de la grande interview
24:44d'Art de Vivre
24:45Frédéric Jousset
24:46entrepreneur à succès
24:47collectionneur et philanthrope
24:49il a fait de l'accès à la culture
24:50l'un de ses grands combats
24:52avec sa fondation Art Explora
24:54il multiplie les initiatives
24:55pour faire sortir l'art des musées
24:57et aller à la rencontre
24:58de nouveaux publics
24:59notamment à bord d'un étonnant
25:01bateau-musée
25:02et dans son livre
25:03l'eau, l'air et l'art
25:04publié aux éditions Gallimard
25:06en ce mois d'octobre
25:07il revient sur son parcours
25:09et ses moments de rencontre
25:10avec la peinture
25:11la sculpture
25:12encore la musique
25:13et sa vision bien sûr
25:14d'une culture accessible à tous
25:16Frédéric Jousset
25:17pardon
25:17Frédéric Jousset
25:18bonjour
25:18bonjour
25:19merci beaucoup d'être avec nous
25:21dans Art de Vivre
25:22alors vous avez choisi
25:23d'intituler ce livre
25:24l'eau, l'air et l'art
25:26est-ce que c'est une manière
25:27de dire que la culture
25:28est aussi vitale
25:30que bien sûr
25:31l'eau qu'on boit
25:31ou que l'air qu'on respire
25:33c'est la conviction
25:34à laquelle je suis arrivé
25:36le point de départ
25:37de cette réflexion
25:37ça a été le Covid
25:38et la fermeture
25:40des commerces
25:40sujets non essentiels
25:42et je trouvais
25:43quelque chose
25:43d'infiniment dégradant
25:44dans cette phrase
25:45et donc je suis parti de là
25:47je me suis dit
25:47mais est-ce que c'est vraiment
25:48si peu essentiel que ça
25:50la culture
25:51et effectivement
25:52ce livre est
25:53un plaidoyer
25:54pour répondre
25:55oui à cette question
25:56alors vous racontez
25:57que vous avez grandi
25:58avec un environnement
25:59assez tourné vers l'art
26:00avec une mère conservatrice
26:01votre père
26:03qui écoute de la musique
26:04classique
26:06est-ce que cet héritage
26:07a totalement façonné
26:08votre vision de voir l'art ?
26:10Effectivement
26:10je pense que la transmission
26:11dans le milieu familial
26:13est très importante
26:13c'est un peu comme la religion
26:15c'est un terreau fertile
26:18après il y a des autodidactes
26:19de l'art
26:20comme il y a des autodidactes
26:21autoconvertis
26:21dans plein de domaines
26:23et puis
26:24on a des frères et sœurs
26:25qui ont reçu
26:26la même éducation
26:26qui n'ont pas forcément
26:27les mêmes passions
26:28donc on est bien autonome
26:29à la fin dans ses choix
26:30mais c'est vrai que dans mon cas
26:32le fait d'avoir été très tôt
26:33voir ma mère de permanence
26:34dans les musées
26:35ça m'a habitué
26:36à cet environnement
26:37Et on va voir justement
26:38après comment
26:39on touche des gens
26:40qui n'ont pas du tout
26:42eu cette éducation
26:43est-ce que vous pouvez
26:44nous raconter
26:45parce que j'aimais bien
26:46quand vous avez donné
26:48ce détail
26:48où vous étiez face
26:49au cri de Munch
26:50cet appel de l'art
26:53en ce moment
26:54où ça a fait une bascule
26:56très forte
26:57en vous
26:59Le moment clé
27:00où j'ai décidé
27:02de quitter le monde
27:03de l'entreprise
27:04pour me consacrer
27:05pleinement à la philanthropie
27:06c'est pas devant
27:07le tableau de Munch
27:08c'est en redescendant
27:09du sommet de l'Everest
27:11Le sommet de l'Everest
27:12ça a été
27:14extrêmement difficile
27:16physiquement
27:16et puis psychologiquement
27:17parce qu'il y a eu
27:18beaucoup de morts
27:18cette nuit-là
27:19et en fait
27:20en redescendant du sommet
27:21sur le chemin
27:22qui va du sommet
27:23au camp de basse
27:23qui dure 26 kilomètres
27:25dans la marche
27:26il y a des choses
27:26qui se mettent en place
27:27et c'est là
27:28où j'ai reçu
27:28vraiment comme un appel
27:30c'est quelque chose
27:31d'un peu mystique
27:32mais de me dire
27:33que je ne me voyais plus
27:33retourner à mon bureau
27:35et reprendre la vie
27:35là où je l'avais laissée
27:36que j'avais envie
27:37d'une autre vie
27:38de faire autre chose
27:38et c'est vraiment là
27:40où je me suis lancé
27:42de plein corps
27:43dans la philanthropie
27:44avec la création
27:45d'un explorer
27:45c'est en 2019
27:46juste après la redescente
27:48du sommet
27:48Vous l'avez su tout de suite
27:50vous vous êtes dit
27:51là je ne peux plus
27:51rien faire d'autre
27:52En fait c'est un phénomène
27:53qui est assez connu
27:54notamment chez les marins
27:55après des traversées longues
27:57transocéaniques
27:57ou même des soldats
28:00des militaires
28:01de retour d'opération
28:02quand on a vécu
28:03un tel enchaînement
28:06avec une telle intensité
28:08d'émotions
28:08positives ou négatives
28:10le retour du dentifrice
28:12dans le tube
28:12si je peux dire
28:13le retour à la normale
28:14est assez compliqué
28:16moi ça a été
28:17à l'Everest
28:17ce que ça s'est joué
28:18alors j'ai été
28:19philanthrope
28:19déjà depuis une vingtaine
28:20d'années
28:20mais cette envie
28:22de faire autre chose
28:23de ma vie
28:24c'est vraiment
28:25sur les contreforts
28:26de l'Himalaya
28:26que ça s'est joué
28:27Et donc vous défendez
28:28l'art a transformé
28:30votre vie quand même
28:32de quoi est-ce que l'art
28:33en fait peut nous sauver
28:34si on devait convaincre
28:35des personnes
28:36qui n'avaient pas l'art
28:37dans leur vie ?
28:39Alors le paradoxe
28:40de l'art
28:40c'est qu'effectivement
28:41on peut vivre sans
28:43donc ce n'est pas
28:44il ne répond pas
28:45à des besoins
28:46adamiques
28:47comme on dit
28:47à des besoins essentiels
28:49de l'activité humaine
28:50et pourtant
28:51c'est le paradoxe
28:52il est présent
28:53dans toutes les sociétés humaines
28:54depuis que l'homme
28:55se tient debout
28:56un des musées
28:57que j'adore
28:57qui est le Louvre
28:58Abu Dhabi
28:58raconte ça
28:59en douze salles
29:01sapiens
29:01produit des artefacts
29:03taille des os d'oiseaux
29:04pour faire des instruments
29:05de musique
29:06depuis qu'on est tout nu
29:07on peint des animaux
29:08imaginaires dans des cavernes
29:10et vous regardez
29:11les enfants
29:11ils dessinent
29:12avant de savoir écrire
29:14ils chantent
29:14avant de savoir parler
29:15donc ce besoin
29:17d'esthétique
29:17cette soif
29:18elle est vraiment en nous
29:19c'est ça qui nous conduit
29:20à préférer
29:20les partenaires séduisants
29:22les beaux appartements
29:23les jolies voitures
29:24il y a
29:24ce besoin de beauté
29:26qui est vraiment en nous
29:27et auquel l'art répond
29:28et vous ne seriez pas arrivé
29:30au bout de l'Everest
29:31si vous n'aviez pas écouté
29:32vous dites
29:33Queen
29:33Show Must Go On
29:34et Genesis Mama
29:36c'est le paradoxe
29:37de la musique
29:38c'est que
29:38pour les gens
29:39qui font du sport
29:40comme moi
29:41après il y a des super héros
29:42mais moi courir sans musique
29:44c'est quasiment impossible
29:45j'ai fait le marathon New York
29:47pour me préparer
29:48notamment à l'Everest
29:48et au bout de deux heures
29:51de course
29:52comme il faisait froid
29:52et que le Strava
29:53consomme beaucoup de batterie
29:54j'ai plus de téléphone
29:56et donc plus de musique
29:57et courir deux heures
29:58sans musique
29:59c'est Nietzsche
30:01qui disait
30:01sans musique
30:02la vie serait une erreur
30:03et c'est fou
30:05que la musique
30:06amène un tel supplément
30:07d'énergie
30:07quand on fait la fête aussi
30:09je veux dire
30:10quand la musique est bonne
30:12vous dansez toute la nuit
30:15c'est effectivement
30:16très euphorisant
30:17et donc bon
30:18alors vous avez
30:19bien sûr
30:19tout ce parcours
30:20de filotrope
30:21ce que je trouvais intéressant
30:22c'est que vous avez dit
30:22dès les premières pages
30:23la philanthropie s'apprend
30:25qu'est-ce que vous avez dû
30:26apprendre vous
30:27pour être philanthrope
30:29apprendre c'est
30:31connaître toi-même
30:32comme dit Socrate
30:33et puis c'est faire des erreurs
30:34et donc j'ai tâtonné un peu
30:36j'ai fait un don
30:37notamment
30:38quand ma société
30:39WebL
30:40a commencé à bien marcher
30:41j'ai fait un don
30:41au Resto du Coeur
30:42j'ai envoyé un chèque
30:43de 30 000 euros
30:43je le raconte dans le livre
30:45et j'ai reçu
30:45pour toute réponse
30:46un reçu fiscal
30:47et j'ai trouvé ça
30:48très sec
30:49et très décevant
30:50et en fait
30:51je me suis dit
30:51voilà typiquement
30:52je ne veux plus
30:53juste donner de l'argent
30:54je veux donner du temps
30:55je veux m'engager
30:56dans les causes
30:57et puis après
30:57j'ai été mécène
30:58de Grand Musée
30:59et là aussi
31:00j'ai trouvé des choses
31:00extrêmement gratifiantes
31:02mais aussi assez frustrantes
31:03dans la gestion des projets
31:04que j'avais soutenus
31:05et c'est là
31:06où j'ai décidé
31:06de créer ma propre fondation
31:08d'être un philo-entrepreneur
31:10si je peux dire
31:11et d'appliquer les règles
31:12du business
31:12aux règles du mécénat
31:14et là
31:15j'ai trouvé
31:15la pleine satisfaction
31:16donc ce parcours-là
31:18il s'apprend
31:19Oui et c'est là
31:20que vous vous êtes dit
31:20aussi que vous tournez
31:23vers l'intérêt général
31:23et pas forcément
31:24juste des one-shot
31:26des choses ponctuelles
31:28Oui alors la philanthropie
31:31structurellement
31:31elle est tournée
31:32vers l'intérêt général
31:33après ce qui est compliqué
31:34je trouve dans la philanthropie
31:35c'est qu'il faut choisir
31:36sa cause
31:37parce qu'il y a
31:38malheureusement
31:38beaucoup beaucoup
31:39de souffrance
31:40beaucoup d'absence
31:42de choses qui nécessitent
31:43du support
31:44on voit en plus
31:45dans l'économie d'aujourd'hui
31:46que l'État se retire
31:47d'un certain nombre
31:48de causes
31:48on n'a plus les moyens
31:49de les subventionner
31:50donc la philanthropie
31:51est un rôle
31:51de plus en plus important
31:52à jouer
31:53et effectivement
31:54c'est là où ça s'apprend
31:55c'est qu'il faut savoir
31:56ce sur quoi on peut être
31:57le plus efficace
31:58le plus pertinent
31:59étant donné son âge
32:00ses moyens
32:00ses réseaux
32:01ses envies
32:03c'est tout ça
32:04qui forme ce chemin
32:05D'accord
32:06et donc depuis 2019
32:07vous avez créé
32:08Art Explorer
32:10pour aller au plus près
32:11du grand public
32:13Voilà
32:13la mission est très simple
32:14c'est vraiment
32:15ce qu'on appelle
32:16le hors les murs
32:17c'est rapprocher
32:18le tabouret du piano
32:19c'est d'aller vraiment
32:20essayer d'emmener les musées
32:21au contact des populations
32:24pardon j'ai les musées
32:25c'est une erreur
32:25parce qu'on dit
32:26c'est les musées
32:26les opéras
32:27les théâtres
32:27nous on pousse tous les arts
32:29donc on n'est pas une fondation
32:30d'art plastique
32:30on n'est pas une fondation
32:31d'art contemporain
32:32c'est vraiment la rencontre
32:33des artistes d'hier et d'aujourd'hui
32:34avec le plus grand nombre
32:36pour lever en gros
32:37les trois barrières
32:38d'accès à la culture
32:38pour une majorité des gens
32:40l'art c'est loin
32:41alors c'est prêt
32:42quand on habite à Paris
32:43mais quand on est dans le Cantal
32:44c'est loin
32:45c'est cher
32:46parce qu'il y a de l'art
32:47qui est gratuit
32:48si vous avez moins de 26 ans
32:49dans un musée
32:49c'est gratuit
32:50mais une pièce d'opéra
32:51c'est 150 euros
32:52et puis pour beaucoup aussi
32:54c'est ennuyeux
32:55et ils ont une vision de l'art
32:56qui est quelque chose
32:57de soit provocateur
32:58pour l'art contemporain
32:59soit trop intellectuel
33:01soit moche
33:02soit qui leur parle moins
33:04que le sport
33:05ou que d'autres formes
33:06plus conviviales
33:08plus festives
33:09et donc on essaie
33:10avec cette collection
33:11de musées extraordinaires
33:13ce bateau musée
33:14ces camions musées
33:15d'aller au plus près
33:16de là où ils habitent
33:17et d'enlever
33:17tous ces préjugés
33:19Est-ce que vous avez dû
33:20convaincre les gens
33:21que vous avez rencontrés
33:22de les faire venir
33:24parce que c'est vrai
33:24que je le remets un petit peu
33:25en contexte de ce qu'on vit
33:26en ce moment
33:27avec toutes ces manifestations
33:28lycéens etc
33:30est-ce que face à ces urgences-là
33:32on doit aussi
33:32avoir ce rôle pédagogique
33:34et de convaincre
33:35que la culture
33:36peut aussi apporter
33:37toute une dimension
33:40Oui alors effectivement
33:41là on se parle
33:43à un moment de l'histoire
33:44qui est particulièrement difficile
33:45parce qu'il y a
33:46une colère sociale
33:46qui est très forte
33:49mais je dirais
33:50les besoins profonds
33:52qu'elle répond l'art
33:53qui sont en gros
33:54le besoin de beauté
33:55qui sont le besoin
33:56d'être ensemble
33:56parce que l'art
33:57c'est fondamentalement
33:58du lien
33:58à part la littérature
34:00qu'on fait tout seul
34:01et encore
34:01lire c'est un anagramme
34:02de lier
34:03donc on se lit
34:04aux personnages
34:06et aux gens
34:06qui ont lu le livre avant
34:08la plupart des pratiques artistiques
34:10on les fait en commun
34:11c'est de la transmission générationnelle
34:12entre les grands-parents
34:14les parents et les enfants
34:15ces besoins-là
34:16ils sont pérennes
34:19donc effectivement
34:19que la conjoncture
34:20soit pas simple en ce moment
34:21et pas forcément audible
34:22pour des discours
34:24autour de l'esthétique
34:25mais je crois qu'il faut surtout
34:27pas baisser les bras
34:28alors une des premières
34:31une des premières actions
34:31de l'art explorer
34:32c'était de construire
34:33ce bateau-musée
34:34comment est-ce que vous travaillez
34:35justement sur ces éléments
34:37et après ensuite
34:37il y a eu le camion-musée
34:39comment est-ce que vous êtes venu
34:40à ces idées
34:41de faire un bateau
34:43puis un camion
34:44comment est-ce que vous avez
34:45travaillé ça ?
34:46comme souvent
34:46ça part d'une expérience personnelle
34:47il se trouve que je suis marin
34:48j'ai fait de la voile
34:49en compétition avec
34:50Éric Perron
34:51j'étais skipper amateur
34:53donc j'ai beaucoup navigué
34:55puis j'ai une passion pour l'art
34:56et je me suis dit
34:57c'est qu'il n'y a pas
34:57un trait d'union à imaginer
34:59puis j'ai réfléchi un peu
35:00puis j'ai vu quand même
35:00une majorité de la population mondiale
35:02habiter à moins d'une heure
35:03des côtes
35:04que la mer agglutine les gens
35:05pour des raisons historiques
35:07de commerce, de militaire
35:09etc.
35:10et que j'avais vu
35:12au salon nautique
35:12j'avais vu à la route du Rhum
35:14la fascination des gens
35:15de tous les publics
35:16pour les bateaux
35:17petits moyens ou grands
35:18il y a dans le bateau
35:19une part de rêve
35:21et du coup
35:21c'est là où je me suis dit
35:22si on imaginait un bateau
35:25vraiment remarquable
35:26les gens viendraient
35:27à bord du bateau
35:28par curiosité pour le bateau
35:29et ça permettrait
35:30de créer des expériences
35:31culturelles inédites
35:33et donc c'est là
35:34qu'est née cette idée
35:35du bateau musée
35:36et qui depuis
35:37a un succès
35:38qui ne se dément pas
35:39on a fait 15 étapes
35:39autour de la Méditerranée
35:40on a plus de 500 000 personnes
35:42qui sont venues à bord
35:44et là on est
35:45à la route du Rhum
35:46à Saint-Valot
35:46il y a en effet
35:474500 visiteurs
35:48en une journée
35:48et essayer de faire
35:49des croisements
35:49comme ça
35:50entre différentes thématiques
35:52c'est ça aussi
35:53une des solutions
35:54pour pouvoir agréger
35:55le plus de monde
35:56alors j'avais vu
35:57quand j'étais administrateur
35:58du Louvre
35:58le succès par exemple
36:00des concerts
36:00dans le Louvre
36:01donc le fait
36:02de mélanger la musique
36:03avec des arts plastiques
36:04voilà ça permet
36:05de faire un pas de côté
36:06de faire faire des passerelles
36:07d'attirer des gens
36:08qui ne sont pas attirés
36:09par la peinture
36:10ou la sculpture
36:10mais qui sont attirés
36:11par la musique
36:11et qui à cette occasion-là
36:13viennent voir des choses
36:14qu'ils n'auraient pas vues
36:14c'était aussi l'idée
36:15du pass culture
36:16dans lequel je m'étais engagé
36:18à sa naissance
36:19donc je crois beaucoup à ça
36:22cette idée du pas de côté
36:23cette idée de la rencontre imprévue
36:25et qui finalement est désirée
36:26vous réussissez à avoir
36:29une sorte de
36:32voir l'impact que ça a
36:33tout ça sur les gens
36:34parce que là ça fait déjà
36:35plusieurs années
36:36est-ce que vous avez des retours
36:37savoir est-ce que vous savez
36:39si parfois l'art est rentré
36:40dans le quotidien
36:41de certaines personnes
36:42alors on a
36:43on a effectivement
36:44d'abord
36:44on mesure le nombre de visiteurs
36:46qui est déjà un premier
36:47genre d'impact
36:47après on mesure leur satisfaction
36:49qui est vraiment très élevé
36:50donc on a des livres d'or
36:52des livres d'or numériques
36:53et puis après
36:54on a une application
36:55qui s'appelle
36:56Art Explorer Academy
36:58que je vous invite à télécharger
36:59même si vous ne manquez pas
37:01de diplôme
37:01et qu'on a développé
37:03avec la Sorbonne
37:03qui est une plateforme
37:04d'enseignement
37:05qui est très sympa
37:07fun
37:08et en gros
37:08on a un parcours en 10 heures
37:09qui raconte l'histoire
37:10de l'art de l'antiquité
37:12à nos jours
37:12à travers les 5 continents
37:13et si vous faites les 10 heures
37:14et vous faites le QCM final
37:15vous avez un certificat
37:17et qu'on voit
37:18beaucoup d'élèves
37:19qui téléchargent
37:20pour le passer
37:21dans le parcours sup
37:21et on a des centaines
37:23de milliers de téléchargements
37:24après le passage
37:25du bateau
37:25et des camions
37:27donc on voit
37:28cette envie
37:28qui se poursuit
37:30après la visite
37:31à bord de nos musées
37:32Est-ce que vous avez dû
37:33faire évoluer
37:35certaines choses
37:35parce que depuis le 2019
37:36est-ce qu'il y a des changements
37:39quotidiens
37:40qui font que vous avez dû
37:41vous adapter aussi
37:42à certains éléments ?
37:43Cette fondation
37:44c'est une aventure
37:45donc quand on prend la mer
37:46on prend un risque
37:47et donc sur le bateau
37:48il nous a à peu près
37:49tout arrivé
37:50on a cassé des choses
37:51au début
37:52dans le bateau
37:53on montrait
37:54des spectacles immersifs
37:55donc on avait
37:55un grand tunnel
37:56de 160 mètres carrés
37:57avec un film
37:57qu'on avait fait
37:58avec le Louvre
37:58et puis à Tangier
38:00le bateau est arrivé
38:01en retard
38:02et on n'a pas eu le temps
38:02de monter le tunnel
38:03dans le bateau
38:04et donc on a monté
38:05le tunnel à quai
38:05et depuis
38:06on met l'art
38:06dans le bateau
38:08et voilà comment
38:09on a inversé
38:10donc l'art
38:10est maintenant
38:11à bord du bateau
38:11ça devient vraiment
38:12un bateau musée
38:13au sens littéral du terme
38:14et voilà comment
38:15les fortunes de mer
38:16ont changé
38:17la programmation
38:17et ça marche
38:19beaucoup mieux
38:19donc effectivement
38:20on n'a pas cessé
38:21d'améliorer
38:22si je peux dire
38:22le parcours de visite
38:23qui voit quoi quand
38:25comment est-ce qu'on monte à bord
38:26comment est-ce qu'on gère
38:27des jauges
38:27qui sont parfois
38:28avec beaucoup de temps d'attente
38:30qu'est-ce qu'on fait faire
38:30aux gens pendant le temps d'attente
38:31et tout
38:32c'est ça qui est assez amusant
38:33dans ce projet
38:33c'est cette construction
38:34très entrepreneuriale
38:36et donc vous êtes
38:37philanthrope
38:38est-ce que vous voyez
38:39que c'est un rôle
38:40qui est encore
38:41qui se développe
38:42en tout cas
38:42en France
38:43c'est vrai que
38:43la philanthropie
38:44le philanthrope
38:45c'est encore quelque chose
38:46de très américain
38:47en tout cas
38:47on l'associe peut-être
38:48à l'Amérique
38:48vous
38:49est-ce que ça se développe
38:50en France
38:51est-ce qu'il y a des profils
38:51comme vous
38:52qui se développent
38:53je crois qu'il y a
38:55beaucoup de générosité
38:56qui se traduit dans le bénévolat
38:57déjà
38:57on est un pays
38:58où il y a beaucoup de bénévolat
38:59donc il y a cette culture-là
39:00on peut donner de l'argent
39:01on peut donner du temps
39:02je crois qu'il ne faut surtout pas croire
39:03que la philanthropie
39:04est une affaire de personne
39:05qui a de l'argent
39:06parce qu'on peut être philanthrope
39:07à partir d'un euro
39:08en fait
39:08être philanthrope
39:09c'est se priver de quelque chose
39:10pour le donner à quelqu'un d'autre
39:11et ça commence
39:12avec des petites sommes
39:14c'est vrai qu'en France
39:15il y a
39:16un taux d'imposition général
39:17et un taux de prélèvement
39:18de l'État
39:19qui est fort
39:20et une sorte de contrat social
39:22qui est de dire
39:22en fait le philanthrope
39:23c'est l'État
39:26et donc
39:26l'idée de dire
39:28une fois que j'ai payé mes impôts
39:29quelque part
39:29j'ai réglé mon dieu
39:31à la société
39:31et j'ai plus besoin
39:32parce que l'État
39:33est infiltré
39:34dans tous les domaines
39:35de la société
39:35de l'éducation
39:36de la santé
39:36etc
39:38moi le message
39:39que je fais passer
39:40c'est que
39:40quand on fait
39:41quand on donne
39:42on se donne d'abord
39:43à soi-même
39:43parce que c'est extraordinairement
39:45satisfaisant
39:46de voir l'impact
39:47de ce qu'on peut faire
39:49et de voir le retour
39:50les sourires
39:51les remerciements
39:52des gens
39:53donc je ne veux pas dire
39:54que c'est une fausse générosité
39:55mais en tout cas
39:55c'est une générosité
39:56qui vous nourrit
39:57qui vous nourrit
39:58à deux sens
39:58Est-ce que vous pensez
40:00que ça va aller
40:02en grandissant
40:03en s'accélérant
40:04cette présence du privé
40:06du philanthrope
40:07dans le milieu
40:07de la culture
40:08vu que forcément
40:09les budgets
40:09baissent petit à petit
40:11ça a commencé
40:13il y a longtemps déjà
40:13ça a commencé
40:14avec la loi
40:15Eragon 2003
40:17paradoxalement
40:17c'est que la France
40:18qui a des taux d'imposition
40:19élevés
40:20a la loi sur le mécénat
40:21probablement
40:21la plus généreuse du monde
40:22vous pouvez déduire
40:23jusqu'à 60%
40:24de vos impôts
40:25même 90%
40:26quand il s'agit
40:27d'oeuvres classées
40:28trésor national
40:29dont vous financez
40:30l'acquisition
40:30donc c'est une loi
40:31qui est très généreuse
40:33et dont on ne se saisit
40:35pas toujours
40:36ou pas dans son plein potentiel
40:38et je pense effectivement
40:39que la situation
40:41des finances publiques
40:42fait que
40:42de toutes les manières
40:43le privé a un rôle
40:44le plus important
40:45à jouer
40:46dans ce domaine
40:47de la culture
40:47ça c'est incontestable
40:48Vous êtes aussi
40:49à la tête d'Art Nova
40:50donc un fonds
40:51qui investit
40:51dans des structures culturelles
40:53est-ce que
40:53vous voyez que
40:54c'est compliqué
40:55de convaincre
40:56d'autres investisseurs
40:57de venir dans ce monde
40:58de la culture
40:59ou ces dynamiques ?
41:02Le monde de la culture
41:04je dirais
41:04les business modelés
41:05sont assez fragiles
41:08et les secteurs
41:09qui sont structurellement rentables
41:11sont assez connus
41:12il y a l'hôtellerie
41:14alors moi je fais de l'hôtellerie
41:16dans des lieux de culture
41:17donc c'est pas de l'hôtellerie
41:18juste pour de l'hôtellerie
41:19c'est
41:20on est au pied du château
41:21de Chambord
41:22on est au pied du château d'Amboise
41:24et la promesse
41:25on essaie de lier culture
41:27et patrimoine
41:28et de reverser
41:29une partie des gains de l'hôtel
41:30à des actions culturelles
41:31de proximité
41:32ou d'entretien du patrimoine
41:34donc ça
41:35ça marche bien
41:35tout ce qui est spectacle immersif
41:37sont quelque chose
41:38qui fonctionne assez bien
41:39le cinéma bien évidemment
41:41ce qui est plus compliqué
41:42c'est le spectacle vivant
41:43qui est plus difficile
41:46d'ailleurs plus subventionné
41:47et puis tout ce qui est
41:48création artistique
41:49notamment je pense
41:50dans les arts plastiques
41:51où là il n'y a pas vraiment
41:52le business model
41:53donc c'est
41:54voilà
41:55c'est pour ça
41:56que c'est des mécanismes
41:58qui sont très souvent
41:59co-financés avec le public
42:00soit avec la BPI
42:02soit avec le CNC
42:03soit avec des choses
42:04qui permettent de viabiliser
42:05des business models
42:06mais ce n'est pas un secteur
42:07structuellement très rentable
42:08et on va terminer
42:09cette interview
42:11sur l'avenir
42:12donc d'Art Explorer
42:13est-ce qu'il y a des projets
42:14en développement
42:15que vous développez
42:17en ce moment ?
42:19l'idée c'est de changer
42:20d'échelle progressivement
42:21donc on a construit
42:24ce bateau musée
42:25moi je rêve
42:26un jour de faire une péniche
42:27parce que le bateau
42:28il va en mer
42:29mais en fait
42:29on se raperçoit
42:30qu'il y a un réseau
42:30fluvial en Europe
42:31qui est extrêmement dense
42:33et donc on pourrait
42:34très bien imaginer
42:34une version fluviale
42:36du bateau musée
42:36pour aller notamment
42:38dans cette Europe centrale
42:39où aujourd'hui
42:40on ne va pas
42:40et puis la deuxième chose
42:42c'est rajouter
42:44des camions musées
42:44donc aujourd'hui
42:45on en a quatre
42:46on va en lancer
42:47un cinquième en Angleterre
42:48avec le gouvernement anglais
42:49pour faire voyager
42:49les collections nationales
42:51du gouvernement
42:52dans l'Angleterre
42:53sur le même modèle
42:53de ce qu'on fait
42:54en France
42:55et donc voilà
42:56je pense que cet avenir
42:57du camion musée
42:58là en ce moment
42:59c'est Art Basel
42:59on a des conversations
43:00avec d'autres gouvernements
43:01c'est ça qui va nous permettre
43:02de toucher d'autres pays
43:03et d'autres populations
43:04Merci beaucoup Frédéric Jousset
43:06je rappelle que vous êtes
43:07entrepreneur, collectionneur,
43:08philanthrope
43:08et vous avez écrit
43:10l'eau, l'air et l'art
43:11aux éditions Gallimard
43:13et merci à vous toutes et tous
43:14de nous avoir suivis
43:15c'était Art de Vivre
43:16Sous-titrage Société Radio-Canada
43:21Sous-titrage Société Radio-Canada

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