- il y a 1 heure
Le 28 octobre, la commission de la culture du Sénat auditionnait Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Education nationale. Ce dernier, qui a été ministre de mai 2017 à mai 2022, a mis en place plusieurs réformes, contestées aujourd'hui par le mouvement lycéen : celle du lycée, du bac, et de Parcoursup. Devant les sénateurs, le ministre a défendu ces mesures et son bilan. Il a été interrogé par les sénateurs sur la suppression des mathématiques du tronc commun au lycée, sur les emplois du temps à trous et sur l'opacité de Parcoursup. Revivez ces échanges. Année de Production :
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00:10Bonjour à tous, bienvenue dans cette nouvelle édition 100% Sénat, poursuivre l'audition mercredi au Sénat de l'ancien
00:16ministre de l'éducation nationale de 2017 à 2022, c'est Jean-Michel Blanquer.
00:21Pendant plus de deux heures, l'ancien ministre n'a pas formulé beaucoup de mea culpa à deux reprises, il
00:27a même cité cette formule, la critique est aisée mais l'art est difficile.
00:31Jean-Michel Blanquer a expliqué avoir le sentiment d'être le dernier et le seul à encore défendre les réformes
00:37menées pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron,
00:39que ce soit sur les enseignements de spécialité au lycée, sur Parcoursup, sur le contrôle continu qui prend plus de
00:45place que le bac, l'ancien ministre a défendu ces réformes.
00:49On écoute cette audition préparée pour Public Sénat par Mathilde Noutarelli avec Justine Moliarac.
00:55Depuis le début de cette crise qui a commencé il y a quelques semaines, je considère qu'il peut y
01:02avoir une sortie par le haut et quelque chose de positif à mettre sur la table les choses.
01:09Je pense que le Sénat se prête particulièrement et votre commission particulièrement à cet exercice.
01:14C'est pourquoi, alors même qu'on entend souvent des slogans, j'aimerais qu'on entende maintenant des arguments et
01:20qu'on remette à plat tous les éléments de façon cohérente.
01:23Si vous me permettez, il y a de très grands enjeux démocratiques derrière ce dont nous allons parler maintenant.
01:31Et je voudrais commencer par cette généralité avant d'entrer dans le détail.
01:34Je pense que la démocratie fonctionne quand son rôle est de résoudre les contradictions qui existent inévitablement dans une société.
01:42Elle commence à s'enrayer quand elle doit résoudre les contradictions qui traversent chaque citoyen.
01:47Et j'ai appelé ça le syndrome d'Astérix en Corse.
01:51Si vous voulez, le légionnaire qui demande à son interlocuteur, l'interlocuteur lui demande si sa soeur est belle.
02:01Quand il dit oui, ça ne va pas. Quand il dit non, ça ne va pas non plus.
02:05Et ce qui se passe avec les enjeux de la réforme, et l'exemple des emplois du temps au lycée
02:09est un exemple typique,
02:11c'est que dans la vie en général, on ne peut pas vouloir une chose et son contraire.
02:16Et c'est un premier problème démocratique. Il y a un deuxième problème démocratique, qui est la relation à la
02:21liberté.
02:22Tous les sujets dont nous allons parler maintenant, vous m'avez demandé le sens, je vais le restituer,
02:26ont trait à une liberté croissante que nous avons voulu donner aux établissements, les lycées comme les universités.
02:33Et je crois qu'il y a beaucoup d'entre vous qui plaident pour l'autonomie des établissements.
02:36Donc quand elle arrive concrètement, il faut que chacun soit cohérent avec ce que ça signifie.
02:40Et la liberté des élèves, qui est totalement derrière et la réforme du lycée et la réforme de Parcoursup.
02:47Alors évidemment, il est toujours très commode de trouver un bouc émissaire comme Parcoursup,
02:53éventuellement comme votre serviteur, sachant que par exemple, pour Parcoursup,
02:59pour tous ceux qui en ont la mémoire, il est évident que ce n'est pas moi qui ai fait
03:02Parcoursup sur un coin de table.
03:04Ce qui est très étonnant, c'est que je sois le seul dans le débat public aujourd'hui à venir
03:07le défendre,
03:08comme je vais le faire maintenant.
03:09Je vous invite d'ailleurs à inviter devant vous, par exemple, l'actuel responsable administratif de Parcoursup,
03:14qui est quelqu'un de remarquable, M. Teilhard, qui a une connaissance très précise de chacune des évolutions
03:19qui ont eu lieu depuis le début.
03:21Et je peux vous dire que les intentions de lui-même comme de son équipe ont été,
03:25on peut les qualifier de progressistes et sociales depuis le départ.
03:29Et je ne voudrais pas que les inflammations actuelles, les échauffements des esprits,
03:35aboutissent à des régressions pour les réels droits des lycéens et des étudiants.
03:39Et ce ne serait pas la première fois, et malheureusement, nous assistons beaucoup à cela aujourd'hui,
03:43c'est-à-dire le fait qu'au nom de concessions qu'on veut faire au court terme,
03:50eh bien on sacrifie le long terme et on se retournera sur les jours que nous vivons actuellement,
03:53comme étant des jours en réalité qui auraient, je parle au conditionnel bien sûr,
03:58abouti à une régression pour les réels droits des lycéens.
04:01Donc c'est avec cette gravité que je vous dis les choses, d'autant plus que je vous l'ai
04:06dit comme simple citoyen,
04:07et que c'est assez grave que je sois seul à pouvoir le faire.
04:17Et donc les responsabilités de cette situation sont un peu partout.
04:21Et j'appelle la conscience de chacun sur la cohérence des prises de position qui sont prises.
04:26Parce que la critique est aisée, mais là, elle est difficile.
04:29Et l'autre réflexion démocratique qui vient avec tout cela, c'est la possibilité d'une réforme dans notre pays.
04:37Cette réforme dont nous allons parler, elle a mis 5 ans pour les consultations, l'élaboration, la mise en œuvre.
04:44Dès le début, il y a des coups de bélier qui ont été donnés par certains secteurs, très situables politiquement.
04:49Et progressivement, le pas a été emboîté par différents secteurs,
04:53pour des raisons qui peuvent tenir au cœur de la réforme, qui peuvent peut-être tenir aussi à d'autres
04:57choses,
04:57comme par exemple l'ambiance des élections présidentielles de 2022.
05:01Et donc cette espèce de facilité que nous avons à donner des coups de bélier,
05:06même dans les choses qui marchent, ou peut-être même surtout dans les choses qui marchent,
05:09à quelque chose qui doit interpeller les esprits. Et le calme et la sérénité des sénateurs,
05:14et à mon avis, et sénatrices, est quelque chose de précieux pour aborder cette question.
05:19Je donnerai plusieurs exemples de ça, mais je partirai d'un chiffre que j'ai déjà dit publiquement,
05:24et qui devrait être notre étoile polaire négative pour réfléchir.
05:29Enfin, c'est le chiffre du taux d'échec en fin de première année d'enseignement supérieur.
05:34Ce n'est pas un chiffre que j'ai sorti tout récemment.
05:36Dès 2017, je disais que c'était le signe d'une défaite nationale.
05:4160% d'échec en fin de première année d'enseignement supérieur, c'est le gâchis français par excellence.
05:46C'est l'aveuglement par rapport au manque d'ancrage des savoirs fondamentaux dès les premières années de l'école
05:52primaire.
05:52L'aveuglement par rapport au faible travail d'orientation qui est fait vis-à-vis des élèves.
05:57L'aveuglement par rapport à une affectation qui était extrêmement mal faite,
06:01et qui, à la fin, n'aboutit que tardivement à une heure de vérité,
06:04qui est, à l'âge de 19 ans, le fait d'échouer en fin de première année.
06:08Et bien des gens savent de quoi je parle, puisque ça correspond à des expériences personnelles
06:12qui sont graves, qui représentent un gâchis pour chaque jeune concerné,
06:15et pour le pays.
06:17C'est avec ce critère que l'ensemble des réformes ont été menées.
06:20J'irais même jusqu'à dire que même les réformes de l'école primaire ont été menées avec ce point
06:25à l'esprit.
06:26Par exemple, dans les évaluations de début d'année qui ont été menées.
06:30Mais je ne vais évidemment pas rentrer dans tous les détails.
06:32Je vais essayer de restituer le sens de tout cela.
06:34Et vous m'y avez invité, donc je vais évidemment répondre bien volonté.
06:38Tout ça a un sens.
06:39Là aussi, c'est très étonnant, quand on est dans le débat public, d'entendre...
06:42On a l'impression que les réformes sont faites pour le plaisir de faire une réforme,
06:46ou parce qu'il faudrait faire quelque chose, ou qu'il y aurait peut-être même une intention cachée
06:51qui serait de rechercher autre chose que le bien commun.
06:55C'est évident que la seule chose qui nous a habité dans ces différentes réformes...
07:00Encore une fois, je n'ai pas été tout seul à mener.
07:03Vraiment, c'est le « nous » et pas le « je » que je dois employer tout le temps
07:06quand je dois vous parler de ça.
07:07Il se trouve que c'est, à la fin, le « je » qui doit s'exprimer, puisqu'il en
07:11est ainsi.
07:12Enfin, dans le « nous » d'élaboration de ces réformes,
07:15il y a eu tout simplement la volonté d'améliorer la situation des élèves
07:19et d'en finir avec certaines hypocrisies et de leur ouvrir des possibilités.
07:24Le parcours de l'élève, selon une philosophie qu'on peut qualifier de kantienne,
07:30doit être caractérisé par une liberté de plus en plus grande.
07:35Mais si vous voulez, je m'arrête immédiatement pour vos questions, si vous le souhaitez.
07:39Non, non, non.
07:40Je suis peut-être tout de même si c'est trop long,
07:42parce que je vois qu'il y a un peu de bruit.
07:45On a tout le temps.
07:45D'accord.
07:48Les élèves, dans leur parcours,
07:56Les élèves, dans leur parcours, doivent avoir un parcours
07:59qui se caractérise de plus en plus par la liberté,
08:01c'est-à-dire d'abord des savoirs fondamentaux bien ancrés
08:05qui supposent une certaine homogénéité de ce qui leur est transmis.
08:09Et c'est tout l'enjeu de lire, écrire, compter, respecter autrui
08:13des méthodes pédagogiques qui sont appliquées à l'école primaire
08:16et progressivement peuvent aller vers un chemin de choix
08:20et le lycée, comme vous l'avez rappelé,
08:23étaient caractérisés par de très faibles choix
08:24et même par des couloirs prédéterminés
08:27dont tout le monde disait qu'ils étaient un problème.
08:29Le mot stress était utilisé à l'époque.
08:31Le stress pour le choix de la série,
08:35la présélection pour représenter, choisir S, ES ou L
08:38avec la hiérarchie implicite qu'il y avait entre S, ES et L.
08:43Le fait qu'il y avait ensuite un stress sur le contrôle terminal,
08:49c'est le mot que l'on utilisait à l'époque.
08:50C'est pour ça que je parle d'éventuelles contradictions
08:52dans le débat public.
08:53On disait, c'est incroyable, tout se joue dans quelques épreuves
08:56qui ont lieu en deux ou trois jours.
08:59Et cette réalité...
09:03Mais si vous le souhaitez, franchement,
09:04je pense que c'est mieux de passer aux questions
09:05parce que j'ai l'impression qu'il y a déjà
09:07beaucoup de questions qui sont posées les uns par un.
09:09Il y a déjà beaucoup de bruit.
09:10Unissez votre propos liminaire et ensuite on passe aux questions.
09:12D'accord. Très bien. Parfait.
09:13Un peu de silence, s'il vous plaît, comme ça,
09:15dans un débat serait parce que nous sommes filmés, je vous rappelle.
09:20Allez-y, M. le ministre.
09:22Très bien.
09:26Donc, à l'époque, il y avait déjà
09:28beaucoup de reproches qui étaient faits au système
09:32du fait du manque de liberté pour les étudiants.
09:34Le mot stress était déjà utilisé.
09:36Le mot présélection était déjà utilisé.
09:39Et nous aboutissions aux résultats que j'ai indiqués au début,
09:42c'est-à-dire un immense échec en fin de première année
09:45de l'enseignement supérieur.
09:46À partir de là, il y a eu trois réformes articulées
09:49les unes avec les autres.
09:50Une réforme du lycée, une réforme du baccalauréat,
09:54une réforme de l'affectation, c'est Parcoursup,
09:56et même une quatrième réforme,
09:58mais qui ne relevait pas de ma compétence,
10:01et qui était la réforme ORE
10:04et l'ensemble des mesures prises pour améliorer la réussite
10:07dans le premier cycle de l'enseignement supérieur.
10:10Donc la combinaison de ces quatre éléments, en réalité,
10:12est à l'origine de l'amélioration du chiffre que j'ai indiqué,
10:15même si, évidemment, je suis le premier à dire
10:17que ce chiffre reste insatisfaisant
10:19et qu'il faut aller plus loin.
10:21À partir de là, qu'est-ce qui a été fait ?
10:25La première des choses, c'est effectivement
10:26la création des enseignements de spécialité
10:29à la place des séries.
10:30Autrement dit, on a abouti à quelque chose
10:32qui a été réclamé depuis des années,
10:33sans être jamais fait,
10:35c'est-à-dire le fait de permettre
10:37à ce qu'il n'y ait pas une hiérarchie
10:39dans les choix des élèves,
10:40mais au contraire, quelque chose
10:41qui corresponde à leur choix,
10:43qui corresponde à leur passion.
10:45Et donc, et ça, toutes les enquêtes,
10:47puisque je le rappelle,
10:48tout ceci a été élaboré par une consultation
10:50qui a concerné 80 000 lycéens,
10:52une consultation qui a concerné aussi
10:54les professeurs et les parents d'élèves,
10:56et où, évidemment, vous n'allez jamais avoir
10:57tout le monde d'accord,
10:58sinon vous ne faites pas de réforme,
11:00mais où, néanmoins, il y avait
11:00un assez net accord
11:02de beaucoup de parties prenantes,
11:04et notamment des lycéens,
11:05pour passer des séries
11:07aux enseignements de spécialité,
11:08ce que nous avons fait.
11:10Au passage, donc ça, c'est le premier point.
11:13Deuxième point, ça a été l'occasion
11:14d'innovation en matière de création disciplinaire
11:16que j'aimerais souligner aujourd'hui.
11:18Nous avons créé, par exemple,
11:20la matière histoire, géographie,
11:21sciences politiques, géopolitiques,
11:22qui est aujourd'hui plébiscité
11:24par les élèves qui la choisissent,
11:25plébiscité aussi par les professeurs
11:26qui l'enseignent.
11:27Demandez à un professeur
11:28d'histoire-géographie aujourd'hui
11:29s'il a envie qu'on revienne sur cela.
11:32Autre exemple, numérique
11:33et sciences informatiques.
11:34Dès 2018, nous avons pensé
11:37dans ces programmes
11:37y mettre l'intelligence artificielle
11:39et la cybersécurité.
11:40Je pense que c'est un des signaux
11:41du fait que ce que nous avions à l'esprit,
11:43c'était l'avenir du pays
11:44et la meilleure préparation
11:44des jeunes pour cela.
11:47Je ne rentre pas dans le détail
11:49de toutes les créations de matière.
11:51Troisième élément,
11:52et là aussi inédit
11:54depuis plusieurs décennies,
11:55depuis au moins 40 ans,
11:56pour la première fois,
11:58les programmes du lycée
11:59ont été revus
12:01à la hausse en matière
12:02des exigences.
12:04Ce que je vous dis,
12:05chacune des choses que je vous dis
12:06est parfaitement vérifiable.
12:08Regardez les programmes d'avant,
12:09regardez les programmes d'après.
12:10On a retrouvé, par exemple,
12:11pour les programmes de mathématiques,
12:13un niveau et une exigence
12:14comparable à ceux de Terminal C
12:16telles que certains d'entre vous
12:18ont pu la connaître.
12:20Ce rebond de l'exigence
12:21peut faire partie d'ailleurs
12:22du malaise actuel,
12:23je veux bien l'entendre.
12:25C'est-à-dire qu'en effet,
12:26il peut y avoir un décalage,
12:27d'autant plus que nous n'avons pas fait
12:28une réforme du collège,
12:29entre le niveau des élèves
12:30tel qu'ils arrivent en seconde
12:32et la nouvelle exigence qui existe.
12:33Ça, je pense,
12:34c'est un véritable problème
12:36qui me fait regretter, par exemple,
12:37de ne pas avoir fait en fait
12:38une réforme du collège
12:39en même temps,
12:39mais on pourra peut-être
12:40revenir sur ce point.
12:42Mais en tout cas,
12:45ce qui est un fait là aussi
12:46objectif et vérifiable,
12:47c'est que tous les programmes
12:48ont été revus
12:49dans le sens de l'exigence.
12:50Le point que je viens de dire,
12:51si quelqu'un l'a entendu
12:53dans le débat public,
12:53je serais heureux de savoir
12:54où et quand personne
12:56ne dit les choses
12:57que je suis en train de dire
12:58et qui sont pourtant
12:58des éléments extrêmement concrets
13:01et vérifiables.
13:02On entend des discours
13:03de gauche et de droite
13:04qui tous convergent
13:05pour toujours se lamenter
13:06sur l'état du pays
13:07et l'état du lycée,
13:08sans se rendre compte
13:09qu'en réalité,
13:11à force de tenir
13:12ces discours toujours négatifs,
13:14eh bien ça,
13:15on crée des éléments performatifs,
13:16c'est-à-dire le pessimisme général,
13:18alors même que si vous interrogez
13:20les lycéens,
13:20et j'ai eu à le dire
13:21ces derniers temps,
13:21très souvent,
13:22ils vous disent à quel point
13:24il y a du bonheur
13:25dans ces enseignements-là
13:26parce qu'ils sont à la fois
13:27sur une passion
13:28et sur quelque chose
13:28qui les amène plus loin.
13:30Et c'est l'autre élément
13:31de la philosophie,
13:32enfin l'autre élément complémentaire
13:33dans cette philosophie générale,
13:35c'est que le but,
13:36c'est de mieux les préparer
13:37à leur réussite dans la suite.
13:39La phrase que j'utilisais tout le temps
13:40pour expliquer la réforme
13:41du baccalauréat,
13:42c'était de dire
13:43« En préparant votre baccalauréat,
13:45vous préparez ce qui va vous aider
13:46à réussir après le baccalauréat. »
13:49Autrement dit,
13:49le baccalauréat ne doit pas
13:50être un parchemin artificiel,
13:52ça doit être quelque chose
13:53qui d'ailleurs n'est même pas
13:54un but en soi,
13:55c'est quelque chose
13:56qui est le tremplin
13:57de votre réussite.
13:58Et encore une fois,
13:59le chiffre que j'ai donné
14:00en commençant montre
14:01que cet objectif
14:02a été un peu atteint,
14:03en tout cas en voie
14:05de grand progrès,
14:07ce qui est encore une fois
14:08à souligner.
14:09Dans ce cadre,
14:11est-ce qu'il y a des effets
14:14pervers
14:14de cet ensemble
14:16de paysages
14:17d'enseignement
14:18de spécialité ?
14:20Il peut y en avoir.
14:21Celui qui est le plus noté
14:22dans les protestations actuelles,
14:24c'est celui
14:25des emplois du temps.
14:26Alors là aussi,
14:27je voudrais rappeler
14:28que la question
14:28de la complexité
14:29des emplois du temps
14:30au lycée,
14:30je suis un ancien recteur,
14:32il y a beaucoup,
14:33sûrement pas mal
14:33de professeurs parmi vous,
14:35je ne pense pas
14:35que ce soit quelque chose
14:36de complètement nouveau.
14:38et il est intéressant
14:39de regarder au cas par cas
14:40dans chaque lycée
14:41si cette complexité
14:42est pareille
14:44d'un lycée à l'autre,
14:45identique d'un lycée
14:45à l'autre
14:46et quels sont
14:47les paramètres
14:48utilisés vers la fin
14:49du mois d'août
14:50par le proviseur adjoint
14:51en général
14:52pour composer
14:53son emploi du temps.
14:55Mais quand bien même
14:56la réforme du lycée
14:57aurait complexifié
14:58un peu plus
14:59les emplois du temps,
15:02cette complexité
15:04en aucun cas
15:05n'aboutit
15:05à ce que les lycéens
15:06aient cours
15:06de 8h à 18h
15:07dans tous les jours
15:08de la semaine.
15:09Pour l'instant,
15:10on ne va pas montrer
15:10un lycée
15:11où il y aurait
15:11le même lycéen
15:13le lundi
15:14de 8h à 18h,
15:15le mardi
15:15de 8h à 18h,
15:16le mercredi
15:16de 8h à 18h,
15:17je ne crois pas.
15:18Peut-être qu'il y en a un,
15:19mais ce serait vraiment
15:21une exception.
15:22Par contre,
15:23dans la semaine,
15:24il peut y avoir
15:24quelques jours
15:25où on a cours
15:26de 8h à 18h.
15:27Est-ce que le fait
15:28d'être au lycée
15:28de 8h à 18h
15:29dès lors
15:30que ce n'est pas
15:30de tous les jours
15:31est nécessairement
15:32un problème
15:32s'il y a des permanences
15:33bien faites,
15:34si on est à l'étude,
15:35si on lit ?
15:36Ce sont des réalités
15:37qui ont toujours existé
15:37et qui ne sont pas
15:38forcément négatives,
15:39surtout quand on pense
15:40à ce qui se passe
15:40en dehors du lycée
15:41parfois.
15:42Et si c'est bien organisé
15:43en termes sportifs,
15:44en termes d'activités,
15:46en termes de permanences
15:46et d'études,
15:48l'âge du lycée
15:48est un âge
15:49où il faut des temps
15:50d'études,
15:50des temps de travail autonome.
15:52Donc ça peut être
15:53un problème.
15:53Je ne dis pas
15:54que ça n'en est pas un.
15:55Je pense que c'est
15:56un problème
15:56qui est éventuellement
16:00un...
16:01qui est certainement
16:02le corréla du choix.
16:04Et c'est là
16:04qu'on retrouve
16:05la question de la liberté
16:05aussi, cette fois-ci,
16:06sous l'angle
16:06de l'établissement.
16:08Cette réforme
16:09est une réforme
16:10qui est un pas important
16:11dans le sens
16:12de l'autonomie du lycée.
16:13Le lycée français
16:14est devenu plus autonome
16:15à l'occasion de cette réforme,
16:16notamment parce que
16:17des grands choix pédagogiques
16:18peuvent être faits
16:19par le lycée.
16:19Et parmi ces choix
16:20pédagogiques importants,
16:21il y a le nombre
16:22de spécialités
16:23que l'on enseigne
16:25dans un lycée.
16:27Et ça,
16:28c'est à l'arbitrage
16:29évidemment du proviseur
16:31avec la communauté éducative.
16:33Et évidemment
16:34qu'on peut décider
16:35de manière autonome
16:36de dire
16:36qu'on veut moins de choix
16:38dans le lycée,
16:38on aura moins de complexité
16:39de l'emploi du temps.
16:40C'est possible.
16:40Plutôt que de proposer
16:4120 triplettes,
16:42on va en proposer 8.
16:43Et puis,
16:44ce sera moins complexe.
16:45Ce sont des choix
16:46qu'on peut faire.
16:46Moins de liberté,
16:47plus de confort,
16:48entre guillemets.
16:49C'est un éternel choix humain
16:51qu'il faut faire.
16:53Mais en tout cas,
16:53la réforme du lycée
16:54permet à tout un chacun
16:55de mettre le curseur
16:57là où il veut.
16:58Et je pense
16:58qu'on gagnerait
17:00en responsabilisation
17:01de tout le monde.
17:02Et je le dis
17:02avec vraiment
17:03beaucoup de franchise
17:04et de liberté,
17:05puisque je parle
17:06encore une fois
17:06comme citoyen,
17:08à montrer
17:09que la question
17:09de la liberté
17:10vient toujours
17:10avec la question
17:10de la responsabilité.
17:12Et qu'encore une fois,
17:12on ne peut pas vouloir
17:13une chose et son contraire.
17:14Et qu'il est possible
17:15de faire des choix
17:16avec cette réforme,
17:17qui est une réforme
17:17très modulaire,
17:18qui, à l'échelle de l'individu
17:19comme à l'échelle du lycée,
17:21permet de faire des choix.
17:23J'insiste sur ce point.
17:25Est-ce qu'il y a eu
17:27d'autres effets pervers
17:29ou problématiques ?
17:30Oui.
17:31Il y en a un
17:31qui est souligné aussi.
17:32C'est la question
17:33de l'équilibre
17:33entre contrôle terminal
17:35et contrôle continu.
17:38Tous les débats
17:39avant la réforme
17:40portaient sur une critique
17:42du contrôle terminal,
17:43je le rappelle.
17:44Deuxièmement,
17:45avant la réforme,
17:47100% des élèves
17:48allant dans les filières sélectives,
17:50ce qui représente
17:5150% des élèves
17:53sortant de la filière générale,
17:56100% de ces élèves,
17:57donc,
17:58étaient sélectionnés
17:59sur le contrôle continu,
18:00c'est-à-dire entre janvier
18:01et mars,
18:02par les classes préparatoires,
18:04les DUT,
18:05les BTS.
18:06Eh bien,
18:07c'est sur dossiers,
18:07donc sur vos bulletins
18:08de première
18:08et vos bulletins de terminal
18:09que vous étiez jugés.
18:11Et il y avait,
18:11à l'époque aussi,
18:12des discussions
18:12sur les hétérogénéités
18:14de notation,
18:15qui étaient un problème
18:15finalement toujours mentionné,
18:17jamais réellement traité,
18:18qui était là,
18:19auquel on s'était habitué
18:21en le critiquant,
18:22sans faire d'amélioration.
18:24Là encore,
18:25au fond,
18:2615 sujets ont été pris
18:27à bras-le-corps
18:28en même temps.
18:29C'est sans doute
18:29ce qui fait la difficulté
18:31de l'exercice
18:32et probablement le fait
18:33qu'il ne sera pas refait
18:34avant plusieurs décennies,
18:35tellement on voit bien
18:36qu'il y a une série
18:40de contradictions
18:41qui tend la société
18:43dans l'appréhension
18:44de ses évolutions
18:45et de ses modernisations.
18:46Et donc,
18:47quand vous regardez
18:48ce qui s'est passé
18:49sur cette question,
18:50l'équilibre
18:51que nous avions trouvé
18:52et qui était issu
18:53de discussions
18:53avec les syndicats.
18:54tel syndicat demandait
18:56100% de contrôle terminal,
18:58tel autre syndicat
18:59demandait 100%
19:00de contrôle continu.
19:01C'est connu,
19:02leurs positions sont connues,
19:04la FSU,
19:04plutôt favorable
19:05au contrôle terminal,
19:07la CFDT,
19:07le Sgen CFDT,
19:09plutôt favorable
19:10au contrôle continu.
19:11Le syndicat
19:12des chefs d'établissement,
19:13qui avait élaboré
19:14de très nombreux documents
19:15avant 2017
19:16sur ce que serait
19:16un bon lycée,
19:17et ça ressemblait beaucoup
19:18à la réforme du lycée actuel,
19:21proposait aussi
19:22que le contrôle continu
19:24prenne de l'importance.
19:25Et il nous a semblé
19:26sages d'avoir un système
19:27avec 60% de valeur
19:29du contrôle terminal,
19:3040% pour le contrôle continu,
19:32et donc d'avoir
19:32le meilleur du contrôle terminal,
19:34c'est-à-dire
19:34une forme d'objectivation,
19:35le meilleur du contrôle continu,
19:37c'est-à-dire une motivation
19:38tout au long de la première
19:39et de la terminale
19:40pour travailler.
19:41Et là aussi,
19:41je pense que
19:42une des choses
19:43qui s'est passée,
19:43c'est qu'on travaille
19:45sans doute plus au lycée
19:46actuellement
19:46qu'avant la réforme,
19:47c'est vrai.
19:48Et donc là aussi,
19:49c'est un reproche
19:49que j'accepte,
19:50mais que j'assume aussi,
19:51c'est-à-dire,
19:53j'ai dit que les programmes
19:54étaient devenus plus exigeants,
19:55je suis en train de dire
19:56qu'il y a plus de travail
19:57à faire
19:57dans un monde
19:58où l'effort
19:59est de moins en moins
20:02valorisé,
20:02et donc on a un sujet
20:03presque de civilisation
20:05sur cette question.
20:06De même,
20:07j'assume que dire
20:07une permanence,
20:08ça peut être quelque chose
20:09de bien pour les élèves.
20:10Et encore une fois,
20:11il faut le voir au cas par cas,
20:12peut-être que dans un établissement,
20:13par exemple,
20:13où le bâti ne va pas du tout,
20:15où il n'y a pas
20:15de moyens de surveillance,
20:17c'est un énorme problème,
20:17mais je ne dis pas le contraire.
20:19Il y a plein d'expériences
20:21négatives individuelles
20:22qui peuvent exister
20:23sur ces questions,
20:24comme il y en a toujours eu,
20:25d'ailleurs.
20:26Mais la question est de savoir
20:27si la tendance imprimée
20:28était ou reste la bonne.
20:30Alors il est exact
20:31qu'un certain nombre
20:32de points
20:33ont abîmé cet équilibre
20:35contrôle terminal,
20:36contrôle continu,
20:36et je suis le premier
20:37à le déplorer.
20:38D'abord,
20:38nous avions conçu
20:39quelque chose
20:39qui s'appelait
20:39les E3C.
20:41Je passe sur les détails,
20:42mais pour ceux
20:42qui s'en souviennent,
20:43c'était le fait
20:44d'avoir des épreuves intermédiaires,
20:45des sortes de devoirs
20:47sur table intermédiaires,
20:48des sortes de bacs blancs
20:49intermédiaires
20:49qui permettaient
20:49d'objectiver les notes.
20:51Ça a fait l'objet
20:52à l'époque
20:52de protestations importantes,
20:54voire même de violences
20:55dans certains endroits.
20:57Et par esprit d'apaisement,
20:59on a supprimé
21:00les E3C.
21:02Et puis,
21:03le cœur
21:04de cet équilibre,
21:05il était dans le fait,
21:06et c'était un élément
21:07essentiel
21:08de la valorisation
21:08du baccalauréat,
21:10il était dans le fait
21:11d'avoir conçu
21:12des épreuves anticipées
21:15pour les deux enseignements
21:15de spécialité,
21:16donc les deux enseignements
21:17les plus importants
21:17et se choisit
21:18par un élève
21:20au mois de mars
21:21de l'année de terminale.
21:23Moi-même,
21:24j'ai fait tout ce que j'ai pu,
21:25mais je n'étais pas
21:25ministre de l'enseignement supérieur
21:27pour que ça ait lieu
21:28plutôt au mois d'avril
21:29ou même au mois de mai,
21:29autant que possible,
21:30mais toute une série
21:31de contraintes
21:32m'étaient exposées
21:33pour dire que ça ne pouvait
21:34pas avoir lieu
21:35plus tard que le mois de mars.
21:37Cela nous a paru
21:37éventuellement une opportunité
21:38pour une évolution
21:39extrêmement intéressante
21:40que je continue
21:41à considérer
21:41comme très intéressante,
21:42c'est-à-dire faire en sorte
21:43que l'élève de terminale
21:44au mois d'avril-mai-juin,
21:47qui sont de toute façon
21:48des mois aujourd'hui
21:49un peu à faible intensité
21:51en France,
21:53que dans ces mois-là,
21:54l'élève passe
21:55dans une autre dimension
21:58de son parcours
21:59qui le prépare
22:00à sa réussite
22:00dans l'enseignement supérieur.
22:01Et donc,
22:02il y ait un lien plus fort,
22:04notamment entre
22:04les universités locales,
22:06les établissements
22:06d'enseignement supérieur
22:07et le lycée
22:08dans ces moments-là.
22:09Autrement dit,
22:09une petite révolution
22:10dans la vie des lycées
22:11dans son articulation
22:13avec l'enseignement supérieur
22:14dans une logique
22:15Bac moins 3,
22:15Bac plus 3.
22:17La première année
22:17où ceci s'est passé,
22:19c'est l'année 2023,
22:21c'était une année post-Covid
22:26et puis c'était une première année.
22:27C'est une réforme
22:28qui est d'une telle profondeur
22:30et entre parenthèses,
22:32j'insiste aussi sur un fait
22:33qu'on insiste sans arrêt
22:33sur l'impuissance du politique,
22:35l'impuissance du pouvoir exécutif.
22:37Là aussi,
22:37une autre chose que j'assume,
22:38c'est que cette réforme
22:39est extraordinairement importante.
22:40On peut la trouver mauvaise,
22:42on peut la trouver bonne,
22:43mais elle est en profondeur
22:44et elle est le résultat
22:46d'une volonté politique
22:48qui d'ailleurs avait été exprimée
22:49dans les campagnes électorales
22:50et qui a été réalisée
22:55de manière très transparente
22:56et après des consultations,
22:57mais en tout cas très en profondeur.
23:00Cette idée, donc,
23:02la première année,
23:04a connu des applications
23:06extrêmement hétérogènes.
23:07Et là où ça s'est mal passé,
23:08c'est évidemment là où ça s'est vu le plus
23:10et ça a été très critiqué,
23:11c'est-à-dire qu'on a dit
23:12qu'en gros,
23:13les élèves de Terminal
23:13ne faisaient rien,
23:14étaient en oisiveté,
23:16disons,
23:16en avril-mai-juin.
23:18La réponse à cela,
23:19à mes yeux,
23:20aurait été premièrement
23:21de faire tout ce qu'on pouvait
23:21pour que l'épreuve
23:23ne soit plus en mars
23:23mais vers avril-mai,
23:25d'une part
23:26et d'autre part
23:27de donner de la substance,
23:28notamment avec l'aide des régions
23:29qui désormais
23:30ont une compétence importante
23:31en matière d'orientation
23:32et avec tous les acteurs
23:33socio-économiques locaux
23:35et académiques, bien sûr,
23:38pour que ces moments-là,
23:39ces semaines-là
23:40soient utilisées
23:41pour cette amélioration
23:42de l'orientation.
23:44On a préféré,
23:45le gouvernement a préféré
23:46à ce moment-là
23:48faire une...
23:49Abandonner
23:50ces épreuves terminales.
23:51C'est vrai que ce point-là
23:52crée désormais
23:54un déséquilibre
23:54entre contrôle continu
23:55et contrôle terminal
23:56et que donc un élément
23:57important,
23:58pas le seul, heureusement,
23:59de la réforme
24:00qui était un élément
24:01de revalorisation considérable
24:02du baccalauréat,
24:03c'est-à-dire que là,
24:04les élèves prenaient
24:04très, très au sérieux
24:05ces deux épreuves.
24:06C'était fondamental.
24:08Eh bien,
24:08a été lâché
24:09et ça a donc créé
24:10un déséquilibre.
24:12Si on s'était donné le temps,
24:14si on avait pris le calme
24:15que nous avons ce matin
24:17pour donner
24:19une deuxième chance
24:20à cette mesure,
24:21avoir le sens
24:22de la continuité,
24:24ce qui, malheureusement,
24:25n'a pas été le cas
24:25à l'Éducation nationale
24:26depuis 2022,
24:27vous l'avez rappelé
24:28tout à l'heure,
24:29eh bien,
24:30nous n'aurions pas
24:31aujourd'hui
24:31ce déséquilibre ressenti
24:32entre contrôle continu
24:33et contrôle terminal.
24:34Enfin,
24:35pour terminer
24:35sur contrôle continu,
24:36si vous ne me trouvez
24:37pas trop long,
24:40l'idée aussi
24:41qui allait avec ça,
24:42c'était que c'était
24:42l'occasion
24:43de mettre le doigt
24:44sur un problème
24:44qui en fait existait déjà
24:46mais que cette fois-ci
24:47on mettait à nu,
24:48comme d'ailleurs
24:48d'autres problèmes
24:49qu'il y a dans le parcours,
24:51c'est-à-dire
24:51l'hétérogénéité
24:53des notations
24:53dans notre pays
24:55et entre les établissements.
24:56Donc,
24:56nous avions prévu
24:57quelque chose là aussi
24:58qui a été un peu lâché en route,
25:00c'est-à-dire
25:00des éléments de concertation
25:02par bassin éducatif,
25:03donc entre plusieurs lycées
25:04avec des inspecteurs
25:05de l'éducation nationale
25:06pour analyser la notation
25:07dans chaque lycée,
25:08la comparer aux notes
25:09obtenues en contrôle terminal
25:10et ainsi
25:12arriver à une approche collective
25:15parce que c'est un des aspects
25:16de la réforme aussi
25:17que de créer du collectif
25:19entre les professeurs
25:21et cette objectivation
25:23de la notation
25:24aurait été un résultat
25:25forcé de constater
25:26que c'est quelque chose
25:27qui n'a pas du tout
25:29évolué de façon importante
25:30même si l'éducation nationale
25:32aujourd'hui
25:33fait un exercice
25:34qui est utile,
25:35c'est-à-dire de comparer
25:36les notes données
25:37par un lycée
25:37avec les notes obtenues
25:39par les élèves
25:39de ce même lycée
25:40au contrôle terminal.
25:42Enfin,
25:44encore une fois,
25:45j'essaye de ne pas être trop long
25:46mais il y a évidemment
25:47beaucoup à dire,
25:49sur Parcoursup,
25:51l'idée a été,
25:52vous le savez bien,
25:53d'arriver à l'affectation
25:54la plus rationnelle
25:56et la plus bienveillante
25:57pour les élèves.
25:59Et ce,
25:59le critère,
26:00et encore une fois,
26:01je pense que ce serait bien
26:02que vous auditionniez
26:03Jérôme Teilhard
26:04parce qu'il a une connaissance
26:06encore plus pointue
26:07que la mienne,
26:07ne serait-ce que parce que
26:09avec son équipe,
26:10c'est eux qui font
26:11les ajustements
26:11année après année
26:12pour tenir compte
26:13des retours de terrain.
26:15Parcoursup,
26:15donc,
26:16a été
26:18un mécanisme
26:19conçu
26:20pour donner,
26:21et c'est toujours
26:22la même philosophie,
26:23un choix infiniment plus grand
26:24à tous les élèves de France.
26:26là où les générations
26:28ici représentées,
26:30auxquelles j'appartiens aussi,
26:31ont connu
26:33une très faible information
26:34et très souvent
26:35en fonction
26:36de leurs origines sociales.
26:38Nous avons aujourd'hui,
26:40moi, par exemple,
26:42je ne savais pas vraiment
26:43ce qu'était une classe préparatoire
26:44quand j'étais en classe terminale.
26:46Personne ne m'en avait jamais parlé.
26:48Aujourd'hui,
26:49vous avez,
26:50et à aucun moment,
26:51bien entendu,
26:51vous aviez l'éventail des choix
26:53qui vous étaient présentés,
26:54évidemment,
26:54encore moins sur un ordinateur
26:56à l'époque.
26:57Là,
26:57aujourd'hui,
26:58et c'est aussi,
26:59et de nouveau,
27:00je reviens sur
27:01liberté et angoisse,
27:03on me dit parfois
27:04que cette espèce
27:06d'océan de choix
27:07est créateur d'inquiétudes.
27:09Je l'entends.
27:10Mais après,
27:11il faut savoir
27:12si dans ce cas-là,
27:13on veut, en effet,
27:16restreindre l'éventail
27:17des possibilités.
27:18En tout cas,
27:18on a ouvert considérablement
27:19les choix
27:20d'une manière
27:20que je qualifierais
27:21d'historique
27:22et qui fait que,
27:23beaucoup d'élèves
27:25de France entière
27:26se sont vus ouvrir
27:27des opportunités
27:28qui n'existaient pas auparavant.
27:30J'ai calculé qu'il y avait...
27:31Parce que c'est moi
27:32qui fais les calculs.
27:32Le ministère
27:33a fait des calculs secrets,
27:35mais pas tellement
27:37de communication
27:37autour des chiffres positifs
27:38de l'éducation nationale.
27:39Donc je vais le faire moi.
27:41J'ai fait un calcul
27:43de coin de table,
27:43je le reconnais,
27:44mais il y a au moins
27:44plus de 500 000 élèves
27:45qui ont été,
27:46entre guillemets,
27:47sauvés de l'échec scolaire
27:49dans ces années-là,
27:50puisque c'est ces 500 000 élèves
27:52qui ont échappé à l'échec
27:53de fin de première année.
27:54Et qui, par ailleurs,
27:56et là aussi,
27:57c'est un autre problème démocratique,
27:58on a les manifestations
27:59de ceux qui ne sont pas contents,
28:01je l'entends.
28:02On n'a pas, évidemment,
28:03de manifestations
28:03de ceux qui sont contents.
28:06Je suis à l'université,
28:07je suis professeur d'université,
28:09j'ai des étudiants,
28:09quand je leur demande
28:10s'ils sont contents
28:12de leur affectation,
28:13la réponse est oui.
28:14Une réponse que vous avez
28:15très souvent
28:15dans toute la France,
28:17c'est je suis très heureux
28:19de mon affectation,
28:20mais j'ai eu très peur
28:22pendant quelques semaines
28:23quand j'ai attendu
28:24le résultat sur Parcoursup.
28:25Donc ça,
28:26il faut l'entendre.
28:27Mais pourquoi est-ce qu'il y a
28:28une grande attente
28:28sur Parcoursup ?
28:29C'est parce que le système
28:31est guidé par la bienveillance
28:32la plus forte possible
28:33pour les élèves,
28:34pour essayer de dégager
28:34l'optimum de possibilités
28:36le plus grand possible
28:37pour les élèves.
28:38Donc on peut dire,
28:40par exemple,
28:40dans les réformes
28:40qu'on va faire,
28:41diminuons l'attente,
28:43mais ça voudra dire
28:44qu'on aura diminué
28:45cet optimum d'affectation.
28:48Donc là encore,
28:50c'est devant des grands choix
28:51que l'on aime
28:51et il faut les faire
28:52en responsabilité.
28:53C'est tellement facile
28:54de dire...
28:55J'ai vu des choses
28:57tellement démagogiques
28:58ces derniers jours
28:58dites par...
28:59de gauche,
29:00de droite,
29:00du centre,
29:00de partout
29:03pour tirer
29:03sur le bouc émissaire
29:05d'une façon
29:07tellement simpliste
29:07que c'est pas
29:08à l'honneur
29:08du débat démocratique.
29:09Ce qui est à l'honneur
29:10du débat démocratique,
29:11c'est les échanges,
29:12j'espère qu'on va avoir
29:12dans un instant,
29:13les critiques
29:14qui peuvent exister.
29:15Très souvent,
29:16quand je dis ce genre de choses,
29:16on dit,
29:16alors,
29:17vous pensez
29:18que vous avez tout bien fait,
29:19que tout est parfait.
29:20Bien sûr que non.
29:21La situation,
29:22elle est encore
29:25extrêmement négative
29:26pour plein de raisons
29:27qui ne sont pas forcément
29:28liées à le système scolaire
29:29lui-même.
29:32Mais j'affirme,
29:34et notamment avec ce chiffre
29:35que j'ai donné,
29:36mais il y en aurait d'autres,
29:38que la réforme du baccalauréat
29:41combinée avec la réforme
29:42de Parcoursup
29:43a abouti
29:44à une meilleure affectation
29:46des élèves,
29:47de plus grandes opportunités
29:48pour les élèves,
29:49et qu'aujourd'hui,
29:50on a la possibilité
29:51de sortir par le haut
29:52en amendant Parcoursup
29:54selon un débat
29:56rationnel et démocratique.
29:57On a la possibilité
29:58d'en sortir par le haut
29:59en amendant
30:01la question
30:02de l'équilibre
30:03entre contrôle continu
30:04et contrôle terminal.
30:05Pourquoi pas revenir,
30:07pourquoi pas mettre à plat
30:07les raisons qui faisaient
30:08qu'on était obligé
30:09de faire en mars
30:09les deux enseignements
30:10spécialités.
30:11Je suis sûr que si on creuse,
30:12on arriverait à les mettre
30:13au mois de mai.
30:14Donc ça pourrait être
30:15une très belle chose
30:16et serait une très grande
30:17revalorisation du baccalauréat.
30:19Il y a donc toute une série
30:20de pistes d'amélioration
30:22qui sont réelles
30:23et qui sont intéressantes.
30:26Simplement,
30:26et je conclurai par là,
30:27M. le Président,
30:29Mesdames et Messieurs
30:29les sénatrices
30:30et les sénateurs,
30:32ne jetons pas
30:33plusieurs bébés
30:34avec l'eau du bain.
30:35Il y a des choses
30:36qui étaient très attendues
30:37depuis longtemps.
30:38Je pense par exemple
30:38à certaines réformes
30:39des programmes.
30:40Je pense à la dériarchisation
30:42des filières.
30:44Je pense aux nouvelles matières
30:45dont j'ai parlé.
30:46Je pense aux choix donnés
30:47aux lycéens
30:48au sein du lycée
30:49et après le lycée.
30:49Tout ça,
30:50c'est des acquis précieux
30:51et aujourd'hui,
30:54certains aimeraient bien
30:55jeter tout à la baille
30:57parce que c'est évidemment
30:58plus facile
31:00de faire encore une fois
31:02des slogans
31:02que des arguments.
31:03Mais il faut après
31:05que chacun
31:05se détermine en conscience.
31:07Les annonces
31:08du ministre de l'Éducation
31:09et du Premier ministre
31:11le 26 octobre dernier
31:12sont revenues
31:13sur beaucoup,
31:14beaucoup de sujets.
31:14Le bâti scolaire,
31:16la taille des classes,
31:17Parcoursup,
31:18d'ailleurs Parcoursup,
31:19le Sénat demandait
31:20dès 2023
31:22de la transparence,
31:24des objectifs
31:26aussi plus précis.
31:27Donc dès 2023,
31:29dans le rapport
31:29de Jacques Gropérin,
31:30il était question
31:31de demandes
31:32de clarification.
31:33La création,
31:34donc dans ses annonces
31:35également,
31:35la création de places
31:36dans le supérieur,
31:3715 000 proposés,
31:39la santé mentale
31:40et de nombreux chantiers
31:41ouverts.
31:42Démocratie lycéenne,
31:43revenir sur le contrôle continu,
31:45l'emploi du temps,
31:46dans l'organisation
31:47de la scolarité.
31:48Alors, monsieur le ministre,
31:49ces annonces
31:50et ces dossiers ouverts
31:51me semblent
31:52une profonde remise
31:53en question
31:54de vos réformes.
31:56De nombreux travaux
31:57du Sénat,
31:57d'ailleurs,
31:58avaient pointé
31:59depuis 2022
32:00des failles,
32:01peut-être pas
32:03jeter le bébé
32:04et l'eau du bain,
32:04bien entendu,
32:05des failles,
32:06des renoncements,
32:07des aberrations aussi.
32:08Revenons aux mathématiques,
32:10par exemple,
32:10dans le tronc au bain.
32:112019,
32:12on le supprime,
32:132022,
32:14on le réintègre.
32:15Et donc,
32:17tous ces rapports
32:18pointaient
32:18des améliorations
32:19nécessaires.
32:21Je voudrais aussi
32:22revenir sur...
32:23Vous avez défendu
32:24vos réformes.
32:25Les classements internationaux
32:27et particulièrement
32:28européens
32:29pointent
32:29un niveau des élèves
32:30extrêmement bas
32:32et en chute régulière,
32:34donc ne plaident pas
32:35en faveur
32:36des différentes réformes
32:37qui ont pu être menées.
32:39Vous dire aussi
32:40que finalement,
32:40vous êtes peut-être...
32:42Vous vous présentez
32:42un petit peu ce matin
32:43comme le bouc émissaire,
32:45mais en réalité,
32:45vous avez été
32:46le seul ministre
32:47à rester depuis 2017
32:49à 2022,
32:50alors que la moyenne
32:51du temps
32:52des ministres
32:53de l'Éducation nationale
32:54est de 8 mois
32:55sur ce deuxième quinquennat
32:57d'Emmanuel Macron.
32:58Donc forcément,
33:00vous êtes
33:00le bouc émissaire idéal.
33:03Sentiment aussi
33:04au niveau
33:05des travaux
33:07de la Commission
33:07d'avoir travaillé
33:10notamment
33:10sur le rapport
33:11de le bilan
33:13des mesures éducatives
33:14du quinquennat
33:14avec Max Brixon
33:16et Marie-Pierre Monnier
33:17dès 2022,
33:19nous pointions
33:20à l'époque
33:21des élèves cobayes,
33:23une génération
33:24d'élèves cobayes
33:25en réalité,
33:25parce que ces réformes,
33:27elles avaient été mises
33:28en œuvre
33:29de façon précipitée,
33:30sans aucune préparation
33:32ni formation
33:32des enseignants.
33:33d'ailleurs,
33:34les enseignants
33:34qui se plaignaient
33:35régulièrement
33:36d'une charge
33:37de travail
33:37et de missions
33:38multiples
33:39à mettre
33:40pour appliquer
33:41ces réformes
33:43successives.
33:43On pointait
33:44d'ailleurs à l'époque,
33:46dès 2022,
33:47cette navigation à vue.
33:48Je voudrais citer
33:49des exemples
33:50d'impréparation.
33:51C'est pour la dotation
33:53horaire globale
33:53pour l'orientation.
33:55La non-implication
33:56des 54 heures annuelles
33:58crée de profondes
33:59inégalités territoriales
34:01en réalité
34:01qui se creusent
34:02et qui creusent
34:03l'écart
34:05entre certains
34:06établissements scolaires.
34:07L'échec aussi
34:08de l'orientation
34:09et je voudrais
34:10à ce moment
34:11de la discussion
34:12revenir sur les travaux
34:14de Laurence Garnier
34:15qui avait fait
34:16ses travaux
34:17sur les études supérieures
34:18puisque lorsque vous
34:19présentez
34:20des résultats
34:21assez positifs,
34:23le rapport
34:23et les travaux
34:24qu'avait mené
34:25notre collègue
34:26Laurence Garnier
34:26pointait seulement
34:2836% des étudiants
34:29à l'université
34:30qui obtiennent
34:31leur licence
34:31en 3 ans
34:32et un étudiant
34:33sur 2
34:34qui sort
34:35de l'université
34:36au bout de 5 ans
34:37sans aucun diplôme.
34:38Donc ces exemples,
34:39ces statistiques,
34:40ces résultats européens
34:42pointent évidemment
34:43un système
34:45qui n'est pas performant.
34:47Alors que proposez-vous
34:48aujourd'hui
34:48et que pensez-vous
34:49des différentes mesures
34:50parce que vous êtes revenus
34:52sur un terme
34:52qui m'intéressait,
34:53la liberté.
34:54Mais finalement,
34:55la liberté d'orienter
34:56des jeunes vers l'échec,
34:58c'est pas forcément
34:59de la liberté.
35:03Merci Madame Billon.
35:04Je laisse la parole
35:05à Colombes-Brouxelles.
35:06Je demande
35:07si vous pouvez
35:07de respecter
35:08les 3 minutes
35:08parce qu'on a pas mal
35:09de questions.
35:14Merci beaucoup
35:15M. le Président.
35:16Merci M. le Ministre
35:19et merci
35:20pour ce regard
35:23critique
35:23sur les effets
35:24de cette
35:26conjonction
35:27de réformes
35:28du lycée
35:28et du baccalauréat
35:29de Parcoursup.
35:31Critique plutôt
35:32vis-à-vis des autres
35:33que vis-à-vis
35:34des réformes
35:35que vous avez
35:36initiées,
35:37il faut bien l'avouer.
35:37Et c'est vrai,
35:38vous l'avez dit,
35:39vous êtes le seul
35:40à défendre
35:41l'ensemble
35:42de ces réformes
35:43du lycée,
35:44du baccalauréat
35:45et de Parcoursup.
35:46Peut-être même,
35:47d'ailleurs,
35:47si je peux me permettre,
35:48M. le Ministre,
35:49le dernier
35:50à les défendre
35:51comme tel.
35:52Et je voudrais
35:54finalement,
35:54un peu dans la suite
35:55de l'intervention
35:56précédente,
35:57reprendre quand même
35:58quelques éléments,
36:00faits,
36:01chiffres,
36:02qui peuvent quand même
36:03nous amener
36:03à avoir un regard
36:04un peu plus critique
36:05que le vote
36:06sur les effets
36:07de ces réformes.
36:09Parce que...
36:10Telephone.
36:11Parce qu'il y a quand même
36:13des travaux.
36:14Annick Billon
36:15a fait état
36:15des travaux du Sénat.
36:17Il y a eu
36:17ceux de l'Assemblée nationale.
36:19Il y a également eu
36:20le rapport
36:21de l'inspection générale
36:22de l'éducation
36:23en juillet 2023
36:24qui n'était pas
36:25totalement tendre.
36:28quand vous parlez
36:29par exemple
36:29de la question
36:30du morcellement
36:31des emplois du temps,
36:32de...
36:32Ce n'est pas si grave
36:33que ça finalement
36:34d'être là
36:34de 8h à 18h.
36:36Il suffit d'avoir
36:37une salle de permanence
36:38bien aménagée.
36:39D'abord,
36:40ce que disent
36:41les lycéens,
36:41c'est que c'est 8h,
36:4318h avec parfois
36:44des temps de transport
36:45importants.
36:45Et ce n'est pas
36:46avec une heure de trou
36:47dans une salle de permanence
36:49bien chauffée
36:49où on peut travailler.
36:50C'est 3, 4 heures de trou
36:52dans une même journée
36:54qui leur sont imposées.
36:56Mais surtout,
36:57les conséquences
36:58de ce morcellement
36:59des emplois du temps,
37:00elles sont réelles.
37:02Ça veut dire
37:02qu'il y a
37:03de nombreuses absences,
37:06heures perdues,
37:07qui ne sont
37:08jamais remplacées.
37:09Et donc,
37:10en fait,
37:10les élèves ont moins
37:11d'heures de cours
37:12que celles auxquelles
37:12ils ont finalement droit.
37:14Ça veut dire
37:15que ça a été la fin
37:16et ça a été écrit,
37:17ça a été étayé.
37:18Ça a été la fin
37:19des projets pluridisciplinaires
37:20entre plusieurs enseignants
37:22de matières différentes
37:23pour permettre aux élèves
37:24d'avancer.
37:25Ça a été aussi
37:27la baisse progressive
37:28des effectifs réduits.
37:29Je reprends là-dessus
37:30l'ensemble des données
37:30qui ont été produites
37:31par les professeurs
37:33de SES
37:34et je pense évidemment
37:35aux données de l'abscès.
37:37Ça a été
37:39le délitement
37:40du groupe classe.
37:41Moi,
37:41je veux bien qu'on me parle
37:42de la bienveillance
37:43de Parcoursup.
37:44Celle-là,
37:44vraiment,
37:44je ne l'avais jamais entendue,
37:45bienveillance Parcoursup
37:46dans la même phrase.
37:47Si vous voulez,
37:47ça ne fonctionne pas.
37:48Mais la bienveillance
37:50du délitement
37:51du groupe classe
37:51qui fait que des élèves
37:53se croisent
37:54et non plus,
37:55ne sont plus capables
37:57d'avoir
37:57une forme de partage,
37:59pas uniquement
38:00des enseignements,
38:01mais aussi du travail
38:02en commun,
38:03mais aussi du fait
38:04d'avancer ensemble.
38:05Là,
38:05je reprends le chiffre
38:07parce qu'il est quand même
38:07complètement surréaliste,
38:09qu'a donné
38:09Pierre-Antoine Lévié
38:10en début d'audition.
38:12en 2018,
38:14en moyenne,
38:15pour les élèves
38:16de la même place.
38:16On est à 3 minutes,
38:16Mme Brossel,
38:17il faut vous poser la question.
38:18Alors, pardon,
38:18je suis à combien ?
38:193 minutes 10,
38:208, 8.
38:20Je suis désolée,
38:21je n'avais pas vu.
38:21On va accélérer.
38:22Donc, je ne reprends pas
38:23les chiffres.
38:24Je termine sur la liberté.
38:25Non, mais vous les avez
38:26données en plus.
38:27En fait,
38:27c'est la liberté du renard
38:28dans le poulailler
38:29qui a été mise en place.
38:30C'est la liberté du renard
38:31dans le poulailler.
38:32C'est celle qui fait
38:33que les sciences
38:35ont été délaissées
38:36par les filles
38:37avec une baisse dramatique
38:39des enseignements scientifiques
38:41et du niveau des maths
38:42pour les filles.
38:43C'est le fait
38:43que les combinaisons
38:44de SP socialement innovantes,
38:47en fait,
38:47elles ont été
38:48l'apanage des CSP++.
38:50C'est le fait
38:51qu'aujourd'hui,
38:52la liberté,
38:52elle a conduit
38:53les élèves et les familles
38:54à être stratèges.
38:55Et c'est le fait,
38:56ça n'est jamais dit
38:57dans votre propos,
38:58M. Blanquer,
38:59c'est le fait
39:00qu'un quart des étudiants
39:02aujourd'hui
39:03sont dans l'enseignement
39:04supérieur privé
39:05et que l'évitement
39:06de Parcoursup
39:06est devenu
39:07un argument commercial.
39:08Peut-être que l'ensemble
39:09de vos réformes
39:10ont été formidables,
39:11mais en tout cas,
39:12il y en a d'autres
39:12qui ont voulu
39:13manifestement
39:14les contourner.
39:16Pardonnez-moi
39:16de prendre
39:18un petit peu
39:19la parole
39:20en titre de témoignage
39:21parce qu'ici,
39:22je dois être
39:22la seule
39:23à avoir
39:24mis en place
39:25votre réforme
39:27pendant 5 ans.
39:28Il y a encore
39:29quelques jours,
39:31avant d'être élue
39:32au Sénat,
39:32j'étais proviseur
39:33d'un établissement scolaire
39:34et d'un lycée.
39:35Donc votre réforme,
39:36je l'ai mis en place.
39:37J'ai pu voir
39:38que les travaux
39:39de mes collègues
39:40qui ont été faits au Sénat,
39:41à l'Assemblée,
39:42par l'inspection générale,
39:43ont bien traduit
39:44le sentiment
39:45des imperfections
39:46de cette réforme.
39:47Et en fait,
39:49elle peut être
39:50belle sur le papier,
39:52concrètement,
39:52dans la mise en œuvre
39:53et dans la mise en musique,
39:55je peux dire
39:55que ça a été
39:57une souffrance
39:58pour un nombre
39:59d'enseignants,
40:00nombre de chefs
40:01d'établissements,
40:01au motif que
40:02vous avez ouvert
40:03la boîte de Pandore.
40:05Liberté,
40:06liberté de choix
40:06de spécialité,
40:08mais contraint
40:09par rapport
40:09à un financement
40:10et une DGH
40:11qui ne correspondent pas.
40:12Nécessité d'absorber
40:13l'autonomie
40:14de nos établissements
40:15pour pouvoir
40:15mettre en œuvre
40:16ce choix
40:16et cette liberté.
40:17Grande liberté
40:18qui est compliquée.
40:20aucune année
40:21pendant ces cinq ans,
40:22nous avons eu
40:22pour mon établissement,
40:23qui était quand même
40:24CSP favorisé,
40:26la possibilité
40:27d'avoir la même géométrie
40:28sur la répartition
40:29des moyens
40:30et les choix
40:30des spécialités.
40:31Trois périodes
40:32dans l'année
40:32pour permettre
40:33aux familles
40:33de pouvoir changer
40:34et dans le cycle
40:35terminal,
40:36entre les deux ans,
40:37la possibilité
40:37encore de terminer
40:38de changer
40:39de spécialité
40:40puisque les parents
40:42ont pris
40:43cette liberté
40:44mais sans prendre
40:45conscience
40:45que sur l'enseignement
40:46supérieur,
40:47bien évidemment,
40:48les établissements
40:48garderaient leur mode
40:49de sélection.
40:51Donc,
40:51quelque chose
40:52extrêmement compliqué,
40:54extrêmement compliqué
40:55dans le choix
40:56puisque sur les alignements,
40:58on va parler
40:58des employés du temps
40:59puisque vous êtes
40:59tous attachés
41:01à l'employé du temps.
41:02Sachez qu'un employé du temps
41:03d'un lycée
41:03avec 44 divisions,
41:05c'est 300 heures
41:06de travail
41:07pour le chef
41:08et son adjoint
41:08et je ne parle pas
41:09de la constitution
41:10des classes
41:10puisqu'on vous remplit
41:11les effectifs
41:12en moyenne 35 à 36 élèves
41:13par classe
41:14qu'il faut pouvoir rentrer.
41:16Donc,
41:16c'est extrêmement compliqué
41:17de pouvoir faire
41:18cette géométrie
41:19avec un constat
41:20remplacement de courte durée
41:22impossible à faire
41:23sur des alignements,
41:24des heures de cours
41:25qui sont manquées,
41:27impossibilité
41:28de pouvoir avancer
41:30sur le contrôle continu.
41:32on a quand même travaillé
41:33des projets d'évaluation
41:35en marche forcée
41:36sur 8 semaines
41:37pour produire
41:38des documents
41:39qui n'ont jamais
41:40été contrôlés
41:41sur l'homogénité
41:42entre les établissements.
41:44Il faut savoir
41:44que les établissements
41:45qui étaient dans l'excellence
41:47ont continué
41:48à noter durement
41:49les élèves
41:49alors que les autres
41:50ont été dans une bienveillance.
41:52Donc,
41:52je pose la question.
41:53Comment peut-on
41:54vérifier,
41:55sélectionner des dossiers
41:56dans Parcoursup
41:57où il n'y a
41:58que le contrôle continu
41:59et le bac de français
42:01à moyenne égale
42:02sur deux dossiers
42:03de deux établissements
42:04sachant que tout repose
42:05sur le contrôle continu ?
42:06Et j'en passe
42:07sur le fait
42:08que par ce mode
42:10de fonctionnement,
42:11on a fait des erreurs
42:13et on a fait
42:14un constat d'échec
42:15sur nos filières
42:17d'excellence
42:17puisque quand il a fallu
42:19recruter des dossiers
42:20pour l'enseignement supérieur
42:21quand on en avait
42:21dans nos établissements,
42:24on s'est aperçu
42:26qu'il y avait
42:26des erreurs de casting
42:27parce que les parcours
42:28étaient de manière
42:31dévalorisée
42:32puisque nous n'avions
42:33plus un examen national
42:34et ne parlons pas
42:35du contrôle continu,
42:37contrôle continu
42:37qui a généré du stress
42:39sur l'ensemble
42:40du cycle terminal
42:41puisque le parent
42:42n'a plus aucun interlocuteur.
42:44Moi,
42:44dans mon établissement,
42:4545 élèves,
42:4745 profs interviennent
42:48sur une classe
42:49pour pouvoir permettre
42:51cette liberté de choix
42:53dans les spécialités
42:54et dans les options.
42:56comment voulez-vous
42:57qu'on puisse
42:58accompagner
42:59un élève
43:00dans l'orientation
43:01avec 54 heures
43:03de DHG
43:03d'orientation
43:04qui n'est pas fait ?
43:05Je suis désolée,
43:06monsieur le ministre,
43:07mais on gère des flux
43:08sans parler du collège
43:10où le collège
43:11n'a été récemment.
43:12Vous avez passé le temps,
43:12madame Frontoni,
43:13si vous voulez poser
43:13une question.
43:14Oui, je voudrais juste
43:15poser une question
43:16puisque les chefs
43:17d'établissement
43:18ont pu se multiplier
43:19les contestations de notes,
43:20parfois avec avocats,
43:22puisque chaque devoir
43:22compte pour le bac
43:23et parcours sup.
43:24Combien de recours
43:25le ministère a-t-il recensé
43:27et quelles protections juridiques
43:29aviez-vous prévues
43:30pour les enseignants
43:31et les professeurs ?
43:33Merci.
43:34Monsieur le ministre,
43:35je vous donne la parole
43:36pour répondre
43:36à cette première série
43:36de questions.
43:38Vous avez deux heures.
43:42Très bien.
43:43Je voudrais quand même
43:45pour commencer
43:48prendre un point
43:49qui a été dit
43:49par plusieurs d'entre vous
43:50et qui quand même,
43:51à mon avis,
43:51est le point fondamental
43:53et qui est quand même
43:53l'angoisse de la jeunesse
43:54de façon générale.
43:58Et il faut voir
43:59dans tout ce que nous disons
44:00et dans tout ce que nous faisons
44:01dans quelle mesure
44:02nous la combattons,
44:04cette angoisse,
44:04dans quelle mesure
44:04nous y trouvons des solutions
44:05ou dans quelle mesure
44:06nous la nourrissons.
44:10Je pense que
44:12les problèmes
44:14sont plus immatériels
44:15encore que matériels,
44:16même s'il y a
44:17comme à chaque génération
44:17des problèmes matériels.
44:19Mais la question,
44:19par exemple,
44:20des bâtiments scolaires
44:21est une situation
44:22qui est insupportable
44:23dans certains cas.
44:24Moi-même,
44:24ça m'est arrivé
44:25ces derniers temps
44:25de faire cours
44:26au dernier étage
44:26en pleine canicule
44:27sans climatisation.
44:28Je vois très bien
44:29à quel point tout ceci
44:30fait que ça neutralise
44:31complètement tout enseignement.
44:32C'est-à-dire qu'on ne peut pas
44:34attendre à ce qu'il y ait
44:35une bonne transmission
44:35des savoirs
44:36dans des conditions pareilles.
44:37Donc ça, ça existe.
44:39Ceci étant,
44:40alors évidemment,
44:40chaque cas comme celui-là
44:42est insupportable.
44:43Il n'en demeure pas moins
44:44que si on a une vision globale.
44:46Le bâtiment scolaire
44:47aujourd'hui est bien meilleur
44:48qu'il n'était il y a 20 ans
44:49ou il y a 30 ans
44:49de par le travail fait
44:50par les régions
44:51pour les lycées.
44:52J'en parlais très rapidement
44:54avec le président
44:54de la région Bretagne
44:55qui me disait
44:55qu'en gros,
44:56sur 120 lycées,
44:58il estimait qu'il en avait
44:59rénové ou construit
45:00une bonne centaine
45:01et qu'il en restait
45:02une vingtaine.
45:03Et je crois que cette proportion
45:04est assez typique
45:05de ce qui se passe en région.
45:06Et donc, évidemment,
45:07pour la vingtaine
45:08qui ne va pas,
45:09ça ne va pas.
45:12Mais il y a quand même
45:13eu des progrès.
45:14Quand je dis ça,
45:15parce qu'un point
45:16qui est un petit peu
45:17problématique pour moi,
45:17c'est que quand je défends
45:18les réformes,
45:19il y a toujours quelqu'un
45:19à la fin pour dire
45:20vous êtes vraiment
45:20très fier de vous.
45:21Non, j'essaye d'être
45:23positif pour mon pays.
45:24Là, par exemple,
45:25ce que je viens de vous dire,
45:25ça n'a aucun rapport
45:26avec mon action.
45:28Simplement, je remarque
45:29que les régions
45:30font des efforts,
45:31peut-être plus ou moins valables
45:32d'une région à l'autre.
45:33Ça doit se juger, d'ailleurs.
45:35Il y a une grande confusion
45:35dans l'esprit public.
45:36Ce n'est pas forcément clair
45:37que ce sont les régions
45:38qui sont en responsabilité.
45:39À mon avis,
45:40leur bilan est positif.
45:41Il n'est pas 100% positif,
45:42comme sur toute chose.
45:43Il faut le regarder,
45:44mais ça n'est pas
45:48conforme à la vérité
45:50de dresser un tableau
45:51du bâtiment scolaire
45:52aujourd'hui en France
45:52comme si c'était
45:53en dégradation,
45:53alors que non,
45:54c'est plutôt
45:54en voie d'amélioration.
45:56Je prends cet exemple,
45:58je pourrais en prendre d'autres.
45:59Je le prends volontairement
46:00dans un domaine
46:00où je n'ai pas de responsabilité
46:04parce que la manière
46:06de parler de ces choses-là
46:07a évidemment un impact
46:08sur le sujet.
46:10On est sans arrêt.
46:10J'ai sans arrêt combattu ça
46:12et je reconnais un échec réel.
46:17C'est que nous tenons
46:18des discours gris à la jeunesse
46:19et nous sommes peut-être,
46:20nous, notre génération,
46:21la première à être aussi pessimiste
46:23pour autrui,
46:24autrement dit,
46:25à être aussi négatif.
46:25Moi qui suis en contact
46:26avec les jeunes toute la journée,
46:27c'est d'ailleurs le sens de ma vie,
46:28j'ai toujours fait ça,
46:29je vois de la joie,
46:31je vois des jeunes
46:32qui sont pleins d'enthousiasme,
46:33qui sont ouverts vers la vie,
46:34etc.
46:35Certains qui ont d'énormes problèmes,
46:36qui sont angoissés par ça,
46:38mais qui ont envie
46:38qu'on leur dresse des voix
46:40et pas qu'on aille,
46:41au contraire,
46:43peindre la vie en gris.
46:44Et ça, c'est quelque chose,
46:46vraiment, c'est un cri du cœur
46:47que je fais
46:48parce qu'on se couplait dans ces...
46:50Et il y a des raisons politiques
46:53de gauche, de droite
46:54pour aller dans ce sens.
46:55Il y a les déclinistes,
46:56il y a ceux qui ne trouvent
46:58que rien n'est jamais bien,
46:59etc.
47:00Comme sur cette terre,
47:02rien n'est jamais parfait.
47:03On peut, en effet,
47:04dans notre pays,
47:04avoir la tendance
47:05à avoir toujours
47:06le verre à moitié vide.
47:08Et ça n'est pas bénéfique
47:10pour la jeunesse.
47:11À force de dire
47:12à toute la jeunesse de France
47:13que la France est un pays
47:14en perdition,
47:15on finit par être performatif.
47:16Donc, je connais les répliques
47:18à ce que je viens de dire.
47:20Je sais qu'il y a un côté vain
47:22à dire ce que je viens de dire,
47:23mais j'ai besoin de le dire
47:23parce que c'est ce que je vis
47:25dans la réalité concrète.
47:26C'est-à-dire qu'on enlève
47:28le droit à l'espoir aux jeunes
47:30et les mesures...
47:32Et y compris quand on a
47:33des discours négatifs
47:34sur des choses
47:34qui ne sont pas si négatives
47:35que ça.
47:37Ensuite, il y a des éléments
47:38d'angoisse de la jeunesse
47:39qui n'ont rien à voir
47:40avec le lycée.
47:41Il y a d'abord
47:41le contexte général,
47:44géopolitique,
47:44l'intelligence artificielle.
47:45Je voudrais quand même
47:45en dire deux mots
47:46parce qu'on est à la veille
47:47de révolutions gigantesques
47:48et il ne faudrait pas passer
47:49à côté de ça
47:50dans les sorties vers le haut
47:52que nous devons envisager.
47:56Évidemment,
47:57la transformation écologique,
47:58les grands enjeux climatiques
47:59et tout ce que ça signifie,
48:02sur lequel on a d'ailleurs
48:02fait un certain nombre de choses
48:04et où il y a beaucoup à faire.
48:06Tous ces éléments
48:07qui sont des éléments objectifs
48:08d'angoisse pour la jeunesse,
48:10eh bien,
48:10si nous ne donnons pas le sentiment
48:11que le monde adulte
48:13sait trouver des moments d'union
48:14pour y répondre
48:15et ouvrir des perspectives,
48:17je crois que nous n'y arriverons pas.
48:19Pour ma part,
48:20je considère que c'est en particulier
48:22le rapport à notre territoire,
48:24à notre capacité
48:24à redonner vie
48:25à l'ensemble de notre territoire,
48:28rural, banlieue, centre-ville,
48:30que viendra la solution
48:31et qu'il y aura des emplois,
48:33des perspectives pour la jeunesse
48:34et qu'on doit lui donner
48:35des manches à retrousser
48:37pour construire le pays,
48:38du collectif, du commun,
48:40de l'idéal,
48:41tous ces sujets
48:41qui sont très absents
48:42du débat public
48:43et qui peuvent être parfois
48:44absents des débats
48:45sur le lycée.
48:47Une fois que l'on a dit ça,
48:49évidemment,
48:49je vais répondre précisément
48:51maintenant à toutes les questions,
48:52mais je terminerai
48:54sur la question
48:55de l'intelligence artificielle,
48:57pour laquelle il n'y a pas eu
48:58de questions à ce stade.
49:01D'abord, sur ce qu'a dit
49:03le sénateur Sébastien Michel,
49:06la question du redoublement
49:11est une vieille question.
49:13J'ai toujours dit
49:13que le redoublement
49:14devait être possible
49:15dans notre système
49:16et qu'on ne devait pas
49:18se fixer des objectifs
49:20quantitatifs pour le limiter,
49:22que chaque élève
49:22est un cas particulier
49:23et qu'il faut le déterminer.
49:24Un certain nombre d'études
49:26considèrent que le redoublement
49:28est généralement peu positif
49:30pour les élèves,
49:31mais il peut l'être pour certains.
49:33Et c'est donc...
49:34On est typiquement
49:35sur un sujet
49:35de liberté pédagogique,
49:37à mes yeux.
49:38C'est-à-dire,
49:38il n'y a pas...
49:39Les professeurs
49:40sont les mieux placés
49:41pour décider
49:42d'une chose pareille.
49:44Ça ne doit pas être un tabou
49:45ni dans un sens,
49:46ni dans l'autre.
49:48Ce qui est certain,
49:49c'est que le véritable problème,
49:50c'est de s'assurer
49:51que les élèves arrivent
49:53avec le niveau adéquat
49:54au moment
49:56où ils arrivent
49:56à un certain niveau.
49:58Et ça n'était pas le cas.
50:00Ça ne l'est toujours pas.
50:01Ça l'est un peu mieux.
50:02Ça l'est un peu plus.
50:03Et notamment,
50:04il y a une mesure,
50:05puisque vous m'avez interrogé
50:06là-dessus,
50:07je la détaille,
50:08qui sont les évaluations
50:09de début d'année.
50:10Ça fait partie
50:11de ces révolutions
50:12silencieuses
50:12extrêmement importantes
50:13du système scolaire.
50:15Comme vous le savez,
50:15c'est en début de CP,
50:16en mi-CP,
50:17en début de CE1,
50:17début de CM1,
50:18début de 6e,
50:19début de 4e,
50:19début de 2e.
50:21C'est la première fois,
50:22et nous sommes le seul pays
50:23au monde à le faire ainsi,
50:23que l'on a une photographie
50:25du niveau de chaque élève
50:26en français et en mathématiques.
50:28Ça fait partie
50:29de ces révolutions
50:30qui produisent des effets
50:32dans la durée.
50:34Et j'invite tout le monde,
50:35puisque je vais répondre
50:36dans une seconde
50:37à la question
50:38des classements internationaux,
50:39mais curieusement,
50:40on regarde très peu
50:41dans le commentaire public
50:42les classements,
50:43les évaluations nationales.
50:45Elles sont extraordinairement
50:46intéressantes.
50:46Elles ont en plus
50:47le mérite de concerner
50:48tous les niveaux
50:48que je viens d'indiquer,
50:49de concerner tous les élèves
50:50de France
50:51et par un échantillon.
50:52Et elles ont le mérite
50:53d'être très objectivées,
50:54d'autant plus que,
50:56quand on les regarde,
50:58elles ne nous montrent pas
50:59un tableau particulièrement rose,
51:00mais elles nous montrent
51:01un tableau réel.
51:02Or, ce qu'on voit,
51:03c'est que sur la dizaine
51:05de compétences
51:05que l'on peut recenser
51:07en français et en mathématiques,
51:08il y a des progrès
51:09assez nets
51:10sur certains sujets,
51:11pas sur d'autres.
51:12Par exemple,
51:13la résolution de problèmes
51:14est un sujet qui a progressé.
51:15La fluidité de lecture
51:16est un sujet qui a progressé.
51:18Et que, évidemment,
51:19ça ne se voit pas encore
51:20dans les classements internationaux,
51:21puisque, en plus,
51:22il y a trois classements
51:23internationaux importants.
51:24Il y en a trois,
51:25pas plus,
51:25qui sont très robustes,
51:27très importants.
51:28PISA, que tout le monde connaît,
51:29PEARLS et TIMSS.
51:32PISA, c'est les élèves
51:32de 15 ans.
51:34Quand, par exemple,
51:35on mêle la question PISA
51:36à la réforme du lycée,
51:37bien entendu,
51:37ce n'est pas le sujet
51:39puisque la réforme du lycée
51:40n'a aucun impact sur PISA.
51:41Elle concerne des élèves
51:42de 15 ans.
51:45On parle souvent de PISA
51:46de manière très superficielle.
51:47Par exemple,
51:47l'avant-dernier PISA,
51:49le monde entier a chuté
51:50à cause du Covid.
51:51La France a chuté,
51:52en moyenne,
51:53un peu moins que les...
51:55Nettement moins que certains,
51:56d'ailleurs,
51:56de sorte qu'après
51:57l'avant-dernier PISA,
51:58nous nous sommes retrouvés
51:59à peu près au niveau
51:59de tous nos voisins européens.
52:01Nous sommes aujourd'hui
52:02dans PISA,
52:03comme l'Allemagne,
52:03comme l'Italie,
52:04comme l'Espagne.
52:05Et donc,
52:05on peut se flageller
52:07en disant que nous sommes nuls,
52:08que c'est la faute
52:09de la réforme du lycée
52:10si on est mauvais dans PISA,
52:11même si les essais
52:11d'élèves de plus de 15 ans.
52:12Enfin,
52:13on peut dire tout et n'importe quoi
52:14sur ces sujets-là,
52:15comme c'est malheureusement
52:16le cas souvent
52:16dans le débat politique.
52:17En réalité,
52:18il y a un vrai problème
52:20civilisationnel
52:21de baisse du niveau mondial.
52:23Même les meilleurs pays du monde
52:25ont baissé ces dernières années.
52:26Même la Finlande
52:26qu'on donnait en modèle
52:27dans les années 2000
52:28est à un niveau
52:29désormais
52:30pas très lointain
52:31du nôtre.
52:31Donc,
52:32il faut savoir se poser
52:33les bonnes questions.
52:33Je reviendrai sur le numérique
52:34dans un instant.
52:36Mais il faut objectiver.
52:37Donc,
52:37je ne suis pas en train de dire
52:38que la France va bien.
52:39Je dis,
52:40posons-nous les bonnes questions
52:41sur ces questions-là.
52:43Ensuite,
52:44PISA,
52:45c'est des centaines de pages
52:46qui méritent d'être regardées.
52:48Si vous regardez
52:49PISA pour la France
52:50dans le détail,
52:51en fait,
52:51c'est une extraordinaire
52:52hétérogénéité.
52:53Si on veut faire
52:53un diagnostic juste
52:54de la France,
52:55c'est son hétérogénéité
52:56qui frappe.
52:57Et l'hétérogénéité géographique,
52:59par exemple,
53:00il y a une frange ouest
53:01de la France
53:01qui va bien
53:02sur le plan scolaire.
53:03La Bretagne est un cas
53:03tout à fait typique de cela.
53:05Si toute la France
53:06était comme la Bretagne,
53:07nous aurions...
53:10J'étais sûr
53:11de faire plaisir
53:11à un échantillon,
53:12mais c'est ainsi.
53:16Et si nous sommes bons
53:18dans certains domaines,
53:19comme en Bretagne,
53:20comme les lycées français
53:22à l'étranger,
53:22c'est donc que notre ADN,
53:24nos fondamentaux
53:25ne sont pas si mauvais.
53:26Combien de fois
53:26j'ai entendu
53:27dans ces lycées
53:28où il n'y a pas de problème
53:29de température
53:29et de pression,
53:30les gens dirent
53:31mais c'est magnifique,
53:32la réforme du lycée
53:32nous a permis des choix,
53:34des libertés, etc.,
53:35et de l'épanouissement.
53:36C'est dans d'autres endroits
53:37que ça se passe mal
53:38et parfois c'est aussi
53:39des alchimies humaines.
53:40Bref, dans PISA,
53:42ce que l'on voit,
53:43je pourrais faire un dessin,
53:45c'est qu'en réalité,
53:45si vous voyez
53:46un élève de 15 ans,
53:47il est soit en seconde générale
53:48ou technologique,
53:50soit en seconde professionnelle,
53:52soit en troisième
53:53parce qu'il a redoublé.
53:56Eh bien,
53:57quand nous regardons
53:57la première catégorie,
53:59elle est au niveau
53:59des élèves du Japon,
54:00de Singapour, etc.
54:02C'est la deuxième catégorie
54:03qui est au niveau
54:04du Mexique
54:05et des pays les plus bas
54:06du classement PISA.
54:07Donc nous avons
54:08une hétérogénéité
54:10extraordinaire
54:13liée à des raisons
54:14dans les détails
54:15desquelles je ne vais pas rentrer,
54:16mais qui nous renvoie
54:17évidemment
54:18à cette hétérogénéité
54:19sociale française
54:20actuelle
54:21qui est un problème
54:22et dont nous devons essayer
54:23de résoudre
54:24des problèmes
54:25à la racine.
54:25Mais ce qui est très gênant
54:27quand on parle
54:28trop superficiellement
54:29de PISA,
54:30c'est qu'on risque
54:32de faire un diagnostic
54:33superficiel
54:34et donc de prendre
54:35des remèdes
54:35qui eux-mêmes
54:36ne sont pas les bons
54:37en raison de ce diagnostic.
54:38Et puis ce qui est
54:39très frappant,
54:40et là aussi ça renvoie
54:40à ce syndrome
54:42de notre pays
54:43à l'époque actuelle,
54:44pas dans toute son histoire,
54:46c'est que
54:48un autre classement
54:49que j'ai mentionné
54:50il y a un instant,
54:50c'est PIRLS.
54:52PIRLS est aussi robuste
54:53que PISA.
54:54PIRLS concerne
54:55la lecture des enfants
54:56à l'âge de 8 ans,
54:58au niveau de lecture
54:58à l'âge de 8 ans.
54:59Le PIRLS de 2021
55:02indique qu'il y a seulement
55:03deux pays au monde
55:04qui ont amélioré
55:04le niveau de lecture
55:05des élèves de 8 ans.
55:06Et ces deux pays
55:07s'appellent
55:07le Portugal
55:08et la France.
55:10Vous n'avez pas
55:11un article de journal
55:12là-dessus.
55:12C'est la première fois
55:13qu'on a inversé
55:14la tendance
55:15de cette façon-là.
55:16J'attends le prochain PIRLS,
55:17vous l'imaginez,
55:18avec une certaine impatience.
55:19Nous verrons bien.
55:20Personne n'est maître
55:22de ces choses-là.
55:23Mais nous avons
55:24une aversion
55:25pour la bonne nouvelle.
55:25Nous avons
55:26une aversion
55:27pour aller chercher
55:28les effets de levier
55:29dans les bonnes pratiques
55:30qui existent.
55:31Nous aimons davantage
55:33appuyer là
55:34où ça fait mal,
55:35se critiquer
55:35les uns les autres,
55:36trouver que
55:37l'autre est vraiment
55:38mauvais,
55:39tandis qu'on aurait
55:40des meilleures solutions.
55:42Et ça,
55:43ça ne crée pas
55:43le climat
55:44qui est propice
55:44au progrès scolaire
55:45en France.
55:46Et sur la question
55:48des classements internationaux,
55:49donc,
55:50le vœu que je formule
55:51d'abord,
55:51donc je viens de vous donner
55:52le début d'explication
55:53sur PISA.
55:55Je vous invite
55:55à regarder PIRLS
55:56et TIMSS aussi.
55:58Les résultats
55:58ne sont pas bons,
55:59je ne dis pas le contraire.
56:01mais il y a des effets sociétaux,
56:03il y a des effets mondiaux,
56:05et puis il y a des effets
56:05liés au système scolaire.
56:08Si c'était à refaire,
56:09et puisqu'on me demande
56:09souvent les regrets
56:11ou les remords
56:11que je peux avoir,
56:12il y en a un certain nombre,
56:13je pense qu'il aurait fallu
56:14que nous fassions
56:15une réforme du collège
56:16en 2017,
56:17en même temps
56:17que la réforme
56:18de l'école primaire
56:18et du lycée.
56:19Et je ne l'ai pas fait
56:21parce qu'à l'époque,
56:22il y avait de nombreuses voix
56:23pour dire
56:24il en fait trop,
56:25ça va trop loin,
56:26ça bouscule tout le monde,
56:27etc.
56:28Et donc,
56:29il s'est créé
56:30et surtout aussi
56:31parce que dans mon idée,
56:32si le président
56:33devait être élu,
56:34le deuxième quinquennat
56:35devait se traduire
56:35par une réforme du collège
56:36dans le sens
56:37d'asseoir davantage
56:39les savoirs fondamentaux
56:40des élèves
56:41mais aussi créer
56:41une plus grande diversité
56:43à l'intérieur
56:43d'un collège commun
56:45de parcours.
56:46Mais cette philosophie
56:48du collège,
56:48j'aurais dû l'appliquer
56:49dès 2017
56:49parce qu'un des effets
56:50pervers,
56:51c'est aussi,
56:51par rapport à ce que
56:52j'ai indiqué tout à l'heure
56:53sur la montée des exigences
56:54au lycée,
56:55un hiatus
56:55entre le niveau
56:56d'arrivée des élèves
56:56en seconde
56:58et ce qui est attendu
56:59d'eux au lycée,
57:00c'est effectivement
57:02un problème.
57:05Sur l'anonymisation
57:08des candidatures,
57:09qui est une question
57:09que vous avez posée aussi,
57:10M. le Sénateur,
57:11mais qui a été posée aussi
57:12à d'autres moments,
57:15je pense que ça doit être
57:16ouvert au débat.
57:17Je n'ai pas de dogme
57:19sur une telle question.
57:20Chacun voit bien
57:21les avantages
57:22et les inconvénients
57:22d'une telle chose,
57:24mais pourquoi pas
57:25si ça permet
57:26de rassurer,
57:26en fait.
57:26Je pense que c'est surtout
57:28pour rassurer
57:29qu'on le ferait
57:30parce que je ne pense pas
57:30qu'aujourd'hui,
57:32il y ait d'énormément
57:33de problèmes.
57:34Alors,
57:34ça renvoie évidemment
57:35à l'anonymisation
57:37ensuite éventuelle
57:38de l'établissement,
57:40mais ça,
57:40c'est quelque chose
57:42qui, là aussi,
57:43doit se discuter.
57:44Je n'ai pas de...
57:46Pour moi,
57:46c'est typiquement
57:47ce qui relève
57:48des discussions intéressantes
57:49qu'il faut avoir aujourd'hui
57:50pour faire évoluer
57:52Parcoursup
57:53dans le sens
57:53qui sera le plus démocratiquement
57:55choisi,
57:56mais il faut à chaque fois
57:56voir les avantages
57:57et les inconvénients
57:58de ce que l'on dit.
58:02Bien sûr,
58:04si on anonymise tout,
58:07la question
58:08de l'objectivation
58:09du contrôle continu
58:10se posera
58:11avec une acuité
58:12bien plus importante encore,
58:14et dans ce cas-là,
58:14il faudra prendre
58:15des mesures corrélatives
58:16et peut-être
58:17la revalorisation
58:18du contrôle terminal,
58:19pourquoi pas,
58:20et dans ce cas-là,
58:21revenir à cette notation
58:23des enseignements
58:23de spécialité
58:24qui était la caractéristique
58:25de la réforme
58:26initialement.
58:28Ensuite,
58:28sur ce que la sénatrice
58:31Mme Billon
58:32a dit,
58:36vous avez d'abord
58:39évoqué
58:40la question,
58:41d'ailleurs,
58:41et vous avez été deux
58:42à le faire,
58:43donc je vais y répondre,
58:44contre des mathématiques
58:44et des sciences.
58:46Là aussi,
58:47c'est un sujet
58:49sur lequel
58:49je n'ai pas insisté
58:53précédemment
58:53parce qu'il mérite
58:55de longs développements.
58:56Mais c'est aussi
58:57un sujet
58:57sur lequel
58:58beaucoup de choses
58:58inexactes
58:59ont été dites.
59:00Au moment
59:01où je vous parle,
59:03il n'y a jamais eu,
59:04depuis deux ans,
59:05c'est maintenant
59:06sur un plateau,
59:07autant d'élèves
59:07en prépa scientifique
59:08en France.
59:10Et non,
59:11le nombre de jeunes filles
59:12en prépa scientifique
59:13n'a pas baissé
59:13en France
59:14du fait
59:14de la réforme
59:15du lycée.
59:16Voilà pour cette audition.
59:18On retient cette phrase
59:19de Jean-Michel Blanquer.
59:20J'affirme que la réforme
59:21du bac
59:22et de Parcoursup
59:23a abouti
59:24à une meilleure affectation
59:25et à de plus grandes
59:26opportunités
59:26pour les élèves.
59:28C'est la fin
59:28de cette émission.
59:29N'hésitez pas
59:30à lire les décryptages
59:31de la rédaction
59:31et à voir les replays
59:32de nos émissions.
59:33C'est sur publicsénat.fr.
59:34Très belle suite
59:35de programme
59:35sur Public Sénat.
59:36Sous-titrage Société Radio-Canada
59:39Sous-titrage Société Radio-Canada
59:44Sous-titrage Société Radio-Canada
59:45Sous-titrage Société Radio-Canada
59:47Sous-titrage Société Radio-Canada