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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Un nouveau record signé Total Energy, 7,5 milliards d'euros en trois mois.
00:06Record de bénéfices, Total qui profite bien sûr de l'envolée des cours.
00:10On va regarder tout de suite dans le détail ces bénéfices avec Marguerite Dumont.
00:15Bonsoir Marguerite, Total Energy continue d'engranger des profits exceptionnels.
00:20Oui, record même avec un bénéfice net de près de 7,5 milliards d'euros pour ce seul troisième trimestre.
00:28Sur un an, il a plus que doublé.
00:31Total dépasse même ses performances pourtant déjà exceptionnelles du début de l'année.
00:36Alors pourquoi de tels résultats ?
00:38La guerre, la guerre au Moyen-Orient avec les frappes sur les infrastructures énergétiques,
00:42la guerre en Ukraine avec les perturbations des raffineries russes ont raréfié l'offre de carburant, notamment le diesel.
00:49Résultat, les prix des produits raffinés augmentent fortement et les marges de raffinage s'envolent à des niveaux historiques.
00:56Les groupes qui disposent de capacités de raffinage, comme c'est le cas de Total en France,
01:00vous avez vu les images ici d'une raffinerie totale, voilà, on est en France, en tirent des bénéfices considérables.
01:07Et c'est tout le paradoxe de cette crise.
01:09Des super profits pour les géants pétroliers, mais une facture très lourde pour les Français à la pompe.
01:14Ces derniers mois, le prix du gasoil s'est envolé, vous le voyez, 2,39 euros le litre aujourd'hui.
01:20Total se défend et assure partager cette valeur avec ses salariés sous forme de primes, avec ses actionnaires,
01:26mais aussi avec les automobilistes en plafonnant les prix dans ses stations.
01:31Merci Marguerite.
01:32Olga Giverney, bonsoir.
01:33Vous êtes députée ensemble pour la République de l'Ain, ancienne ministre chargée de l'énergie.
01:38Est-ce que Total est un profiteur de guerre ?
01:40Écoutez, Total, d'abord, c'est un fleuron français quand même, il faut le dire,
01:44une entreprise énergétique qui a effectivement des activités partout dans le monde.
01:47Donc les bénéfices qu'ils annoncent, c'est dans le monde.
01:50Il faut se réjouir de ces bénéfices ?
01:52Je pense qu'en tout cas, il faut se dire qu'on peut s'appuyer sur des entreprises
01:56qui soient capables de nous apporter, de nous soutenir sur les questions énergétiques.
01:59Maintenant, une fois qu'on a dit ça, effectivement, on ne peut pas se satisfaire de la situation des carburants
02:03aujourd'hui en France, lorsque le plein est aussi cher pour les Français.
02:07Moi, je le vois dans mon département de l'Ain, eh bien, ça coûte cher de faire le plein et
02:11ça ne baisse pas.
02:13Alors, il y a les annonces du gouvernement qui devraient permettre au 1er novembre
02:16de faire baisser d'une dizaine de centimes à la pompe le prix de l'énergie.
02:21On sait que Total joue quand même sa part aussi en plafonnant.
02:25Il ne faudrait pas que ça vienne se compenser et que donc elle puisse s'additionner
02:28pour ramener ces prix de l'énergie à autour de 2 euros.
02:31Là, quand on avoisine les 2,50 euros pour le gasoil, mais on n'a jamais vu ça.
02:37Enfin, c'est quand même quelque chose qui est très, très inquiétant.
02:40Est-ce qu'il faut demander à Total de faire un effort supplémentaire de baisser la hauteur du plafond
02:47à la pompe dans les stations de service Total ?
02:49Je crois qu'il faut surtout s'assurer que le plafonnement qu'il se met aujourd'hui
02:52va pouvoir se cumuler avec la baisse qui est prévue en mobilisant les stocks,
02:57notamment les 10 millions de barils.
02:59En fait, si simplement les 10 millions de barils qui arrivent et qui font baisser mécaniquement
03:05le prix vient juste compenser le plafonnement, ça ne sert à rien.
03:09Donc, il faut qu'il puisse y avoir ce plafonnement qui vienne s'ajouter à cela
03:14pour avoir vraiment un effet à la pompe.
03:17Romain, est-ce que Nazy est avec nous, le député socialiste et apparenté du Val-d'Oise ?
03:20Est-ce qu'il faut taxer les super profits de Total ?
03:23Nous avons une autre proposition à faire.
03:25Moi, je trouve que la situation est profondément indécente
03:27et je pense aux Français qui aujourd'hui renoncent à l'accès aux soins,
03:30renoncent aux loisirs, renoncent à voir leur famille, renoncent à travailler.
03:32J'ai des administrés qui me disent que c'est plus rentable pour eux de poser un arrêt de travail
03:35plutôt que de se rendre sur leur lieu de travail en ayant à faire le plein.
03:38Un habitant témoignait qu'on mettait en 20 euros.
03:40Il n'avait même pas eu une barre supplémentaire dans sa voiture.
03:43Pendant que Total a engrangé 125% de bénéfices supplémentaires en un an,
03:48le gasoil a augmenté de 45%, le sans-ploi a augmenté de 25%.
03:52Ce qui est le plus choquant, ce n'est pas qu'ils ont profité de l'augmentation des prix.
03:55Il y a objectivement une situation internationale qui fait monter les prix.
03:58C'est qu'ils ont augmenté leur marge.
03:59Leur marge était il y a un an sur un baril de pétrole d'à peu près 4%, 3,9%.
04:04Un an plus tard, il est à 13,5%.
04:07Ils ont explosé leur marge.
04:09Donc nous, la proposition qu'on fait le 19 novembre prochain, on a mis dans notre niche sociale,
04:13c'est cette journée où le Parti Socialiste peut décider de l'ordre du jour à l'Assemblée Nationale.
04:17Eh bien, nous proposerons une proposition-là qui propose d'encadrer les marges des distributeurs de carburants
04:23pour faire immédiatement baisser d'au moins 30 centimes l'ensemble des carburants pour encadrer les marges.
04:28Le fait qu'un produit soit plus cher, on gagne plus d'argent, c'est l'offre et la demande,
04:32on peut le comprendre.
04:32Mais le fait qu'ils augmentent quasiment, qu'ils triplent leur marge en un an, ça c'est profondément indécent
04:37pour les Français et les Français.
04:38L'encadrement des marges, c'est la proposition que nous mettons sur la table.
04:41Alors, il y aura toujours des super-profits.
04:43Nous, on a déjà une proposition de loi, effectivement, pour taxer ce qu'on appelle les profiteurs de crise.
04:47C'est-à-dire quand on regarde sur 10 ans leur chiffre d'affaires, ce qui est vraiment lié au
04:50contexte international,
04:51qu'on puisse le surtaxer.
04:52Mais pour éviter qu'il y ait des super-profits, pour limiter ces super-profits, pour limiter et encadrer ces
04:57profiteurs de crise,
04:58encadrer les marges, c'est la proposition que nous mettons sur la table.
04:59Ce matin, la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjean, disait qu'il faut arrêter avec le total bashing.
05:04On doit être fiers d'avoir une grande entreprise pétrolière française, justement, dans cette crise, parce que ça nous aide.
05:11C'est vrai que c'est une particularité.
05:13La France ne produit pas de pétrole, mais elle a un super-champion du pétrole.
05:17Pourquoi toujours ce total bashing ?
05:20Vous n'êtes fière qu'une entreprise réussisse ?
05:22Je ne sais pas si vous entendez dans ma bouche du total bashing.
05:26Je n'ai pas dit qu'elle est honte.
05:27J'ai dit que c'était indécent.
05:28Vous dites profiteur de crise, c'est indécent.
05:30C'est un fait.
05:30C'est indécent pour les Français qui nous regardent, qui voient que les actionnaires vont augmenter leurs revenus
05:36parce qu'ils possèdent des actions totales, alors qu'eux ne peuvent même pas les travailler parce qu'ils ne
05:39peuvent pas faire le blanc.
05:39Vous savez, pour des produits, quelques produits, je pense à n'importe quoi, des desserts, par exemple.
05:43S'il y a un dessert qui augmente, on en prend un autre.
05:45Il se trouve qu'il y a trois géants qui ont tout le monopole, la distribution de pétrole, sur le
05:49territoire.
05:49Donc, lors que les prix augmentent, les Françaises et les Français n'ont pas le choix.
05:52Et donc, à la force publique, de défendre les citoyens en faisant des lois pour encadrer les marges et éviter
05:58ces prix délirants.
05:59– Jean-Louis Chilansky, vous qui êtes l'ancien président de l'Union française des industries pétrolières,
06:03vous avez entendu, c'est indécent, c'est finalement des profits de guerre liés à ce qui se passe dans
06:09le détroit d'Ormos ?
06:10– Non, ce n'est pas des profits d'hier, ce n'est pas Total qui a déclenché la guerre.
06:13Il se trouve simplement que du fait de la guerre, non seulement au Moyen-Orient,
06:17mais en plus en Ukraine et en Russie, les prix ont beaucoup augmenté.
06:22Le prix du brut est à 110 dollars aujourd'hui.
06:25Et en plus de ça, effectivement, le prix du gazole, en particulier, a plus augmenté que le prix du brut.
06:31Mais ça, ce n'est pas Total qui fait ces prix-là.
06:34C'est le marché international du brut et le marché international des produits.
06:39– Mais c'est Total qui en profite.
06:40– Et Total, effectivement, il en profite parce que c'est l'environnement,
06:44mais ensuite, ils ont une excellente performance opérationnelle
06:46qui leur permet de capturer, en quelque sorte, cet environnement.
06:51Je voudrais dire quelque chose à propos de ce qui vient d'être dit.
06:54D'abord, Total est fondamentalement une entreprise mondiale.
06:59Pas d'exploration-production, pas de production de pétrole en France.
07:04Raffinerie, trois raffineries en France, 13 raffineries dans le monde.
07:07– C'est-à-dire que les bénéfices de Total se font ailleurs que sur notre territoire ?
07:11– Complètement. Le bénéfice de Total sur le territoire français,
07:15d'abord, c'était une perte l'année dernière, cette année, on verra,
07:17mais c'est peut-être 10%, 15% du bénéfice complet de Total.
07:24Donc, c'est une entreprise qui est française,
07:28mais c'est une entreprise dont les opérations ne sont pas essentiellement françaises.
07:32– Si je vous écoute, elle pourrait très bien être basée ailleurs, cette entreprise.
07:35– Absolument. Mais ça, c'est un débat dans lequel on ne va pas rentrer,
07:39parce que ça poserait des problèmes considérables.
07:41– Monsieur Pouyanné avait un jour menacé en disant,
07:45on peut installer le siège ailleurs qu'en France.
07:47– Oui, je sais bien. Effectivement, Total pourrait être basé absolument n'importe où en Europe.
07:52Ça, c'est incontestable.
07:53Maintenant, je vais dire quelque chose à propos de l'encadrement des marges.
07:55L'encadrement des marges, ça veut dire l'encadrement des prix.
07:59C'est rien d'autre.
08:01Sur le prix du pétrole brut, vous ne pouvez rien faire.
08:04C'est un prix mondial.
08:06Sur le prix des produits raffinés, vous ne pouvez pas en faire plus.
08:09C'est un prix au minimum européen.
08:11Donc, si vous voulez encadrer les marges, il va falloir bloquer les prix.
08:15Et si vous bloquez les prix, il y aura une pénurie de produits.
08:21Oui, les marges, ce n'est pas Total qui fait la marge.
08:25La marge, c'est le résultat de la différence entre deux prix.
08:29Le prix international du brut, qui est là, et le prix international des produits, qui est là.
08:34Pour baisser ça, il faut baisser le prix international des produits ou jouer sur le prix du brut.
08:39Ça ne marche pas.
08:40– Mais alors, comment vous expliquez quasiment le triplement en pourcentage ?
08:43Je ne parle pas de volume, je ne parle pas de blocage des prix.
08:45Je dis simplement qu'entre l'achat et la revente, l'achat du brut et le vente de produits raffinés,
08:50ils faisaient 3,9% de marge, 4% de marge il y a un an.
08:53Aujourd'hui, ils font 13,5%.
08:54Comment vous expliquez cette explosion des marges ?
08:56Moi, ce n'est pas les prix que je veux bloquer.
08:58C'est l'argent qu'ils gagnent sur leur business.
09:00– Mais ce n'est pas eux qui font les prix.
09:03– Je ne parle pas des prix, monsieur, je parle des marges.
09:05– Mais la marge, c'est la différence entre deux prix.
09:07C'est rien d'autre, le prix des produits finis et le prix du brut.
09:12Cette augmentation considérable, effectivement, des marges de raffinage,
09:15en particulier, c'est le fait que le prix du gazole a plus augmenté
09:18que le prix du pétrole brut.
09:20C'est tout simplement ce facteur-là.
09:22Alors, c'est un peu technique, mais c'est comme ça que ça se passe.
09:25Et c'est cette différence-là, entre le prix international du gazole
09:29et le prix international du brut, qui a fait l'augmentation des marges.
09:32– Alors, en tout cas, Amandine Attalaya, avant d'écouter le représentant
09:35de la CGT Total sur la plateforme de la MED, Amandine Attalaya,
09:40on a bien compris que le gouvernement n'a pas l'intention de taxer
09:43ou de surtaxer Total.
09:44En revanche, Maude Bréjean a bien fait pression en disant
09:47qu'il faut que Total continue de plafonner ses prix.
09:50Et puis, il y a surtout la libération des stocks stratégiques
09:52qui avait été annoncée au mois d'octobre,
09:55qui entre en vigueur le 1er novembre.
09:57En puisant dans ces stocks stratégiques,
09:59eh bien, on va faire baisser, alors le prix uniquement du gasoil,
10:04du diesel, mais de 12 à 18 centimes.
10:06Et ça doit se voir, nous dit-on, dès dimanche.
10:09– Exactement, donc ce sera le premier effet concret
10:13d'une mesure quand même importante du gouvernement.
10:15La libération de 10 millions de barils de stocks stratégiques,
10:20c'est beaucoup, c'est un choix conséquent du gouvernement.
10:22– Surtout qu'on est les seuls à le faire.
10:24– On est les seuls à le faire, le Rassemblement national le voulait,
10:27d'autres parties le voulaient.
10:28Donc ça, c'est une mesure qui fait consensus
10:30et qui devrait avoir quelques effets concrets
10:32à partir de la semaine prochaine.
10:34Sur Total, il avait été évoqué il y a quelques semaines
10:37par le gouvernement, le fait de leur demander
10:39de faire encore davantage d'efforts en baissant le plafond.
10:43Par exemple, pour l'essence, c'est à 1,99.
10:46Au sein du gouvernement, on se demandait si 1,90
10:48ne pouvait pas être quelque chose d'acceptable aujourd'hui
10:51pour Total.
10:51mais en effet, il n'est pas question d'aller les surtaxer.
10:55C'était d'ailleurs une phrase, on va reparler de lui,
10:57de Roland Lescure, le ministre de l'Économie,
10:59qui avait dit « je ne veux pas embêter Total ».
11:01C'est la logique du gouvernement français.
11:03Aujourd'hui, comme il pallie le fait que le gouvernement français
11:06ne fournisse pas beaucoup d'aide aux gens qui vont faire le plein,
11:11ils sont bien obligés de le préserver.
11:12– Alors, on va écouter, je vous donne la parole,
11:15le gars Givernais, mais je voudrais qu'on donne la parole
11:16au secrétaire général adjoint à la CGT de la MED,
11:19groupe Total, Julien Granato, qui est avec nous à distance.
11:22Bonsoir, M. Granato.
11:23C'est une bonne nouvelle pour les salariés de Total.
11:27Ça va faire de…
11:28Alors, certains en plus sont actionnaires.
11:29Donc là, vous allez toucher des primes, etc.
11:34– Non, pas encore, pas encore.
11:36Il manque toujours quelque chose là.
11:38Total, il faut le remettre à le contexte, c'est un groupe.
11:40C'est un groupe qui ne déclare pas d'impôts en France,
11:43qui ne paye pas d'impôts en France.
11:45Et au-delà de ça, on a des études qui prouvent
11:48que ces 15 dernières années, on a calculé,
11:52un tiers de ces majors pétrolières ne déclarent rien
11:55de ce qu'ils gagnent dans les pays.
11:57C'est-à-dire qu'ils font la même base
12:00sur tout ce qu'ils devraient payer en impôts.
12:01Je pense qu'autour de la table, là, vous payez tous des impôts.
12:04Moi aussi, j'en paye.
12:05Et proportionnellement, Total paye points d'impôts que moi.
12:09Donc déjà, là-dessus, on a un problème.
12:10Déjà, rien qu'en parlant de fiscalité,
12:12là-dessus, on a un gros problème.
12:14Ça va être 25 milliards cette année, sur l'année 2026,
12:16qui risquent d'être déclarés, au vu des chiffres
12:18qui sont annoncés records.
12:20Donc dans ces profils-là, il faut que, bien sûr,
12:22nous, on tire notre épingle du jeu en matière de salaire,
12:26mais bien sûr de santé, de sécurité et d'investissement.
12:29Parce qu'en termes d'investissement, Total n'est pas à la hauteur.
12:32En France, c'est dans le monde.
12:34Et en France, qu'on a encore du travail et de réglementation accrue,
12:40ils ne sont pas à la hauteur des enjeux
12:42qui nous font courir tous les jours, nous, salariés.
12:44Parce qu'on a des expositions,
12:46on a des maladies professionnelles très graves,
12:49avec des cancers très rares,
12:51et dont on meurt, et dont on meurt chaque jour,
12:55puisque chaque jour, on entend des camarades malades
12:58ou des salariés qui sont dans le plus grand désarroi
13:01ou qui sont partis trop tôt.
13:02Donc nous, ce qu'on veut, Total,
13:04c'est qu'ils nous laissent partir en bonne santé à la retraite,
13:07qu'ils payent ces impôts en France comme il se doit,
13:10comme vous et moi.
13:11Et nous allons chercher, bien sûr, un peu plus de salaire,
13:15un peu plus d'investissement dans nos moyens de production,
13:17parce que c'est nous qui produisons les richesses,
13:20c'est personne d'autre, c'est nous qui les produisons.
13:22Là, moi, je suis sur un site qui produit,
13:25qui produit tous les jours, qui charge des camions,
13:27qui charge des bateaux, qui charge des wagons
13:29pour pouvoir alimenter les stations.
13:31Donc c'est nous qui les créons, ces richesses-là.
13:33Et par contre, on n'a aucun retour des choses.
13:35Il faut penser que c'est un groupe aussi total
13:37et que les salariés, en fait, de ce groupe,
13:40il y a des gens qui sont proches du SMIC,
13:42qui travaillent dans les Ushinson,
13:43qui travaillent chez Argy10.
13:45Argy10, c'est toutes les stations de service
13:47que l'on voit à la télé en permanence
13:48qui rendent possible...
13:50Donc il faut que ça ruisselle,
13:51si je comprends bien, M. Granato,
13:52il faut que ça ruisselle, ces bénéfices, ce record.
13:54Restez avec nous, parce que...
13:56Maintenant, je voudrais quand même
13:57qu'on s'arrête un instant sur ce qu'a dit...
13:59M. Granato, je vous redonne la parole tout à l'heure,
14:01mais je voudrais qu'on écoute ce qu'a dit
14:04Roland Lescure à l'Assemblée nationale.
14:06Roland Lescure, le ministre de l'Économie,
14:08qui a toujours une parole assez libérée,
14:09certains diront peut-être désinvolte.
14:11Voilà ce qu'il dit lorsqu'on lui demande,
14:14et c'est ce que demande notamment
14:15une partie de l'opposition,
14:16de baisser les taxes sur le carburant.
14:18Voilà sa réponse.
14:20La raison essentielle pour laquelle
14:22les prix du pétrole en France
14:23sont plus élevés qu'ailleurs,
14:24c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs.
14:27Moi, ce n'est pas une taxe qui m'empêche de dormir.
14:29Je sais que ça n'empêche d'endormir d'autres,
14:31mais moi, ça ne m'empêche pas de dormir.
14:33Ça permet de financer plein d'infrastructures.
14:35C'est très bien.
14:36Alors, même Maud Bréjean,
14:38la porte-parole du gouvernement,
14:39a trouvé quand même que l'expression
14:40était maladroite.
14:40Écoutez-la.
14:42Roland Lescure, je travaille avec lui
14:43depuis des années,
14:45dans des gouvernements
14:46et dans des majorités
14:47qui ont tout fait pour baisser
14:48les impôts des Français
14:49et singulièrement pour baisser les taxes.
14:51C'est peut-être maladroit sur la forme.
14:53Moi, ce qui m'intéresse,
14:54c'est ce qu'on fait sur le fond.
14:55Ce qu'on fait sur le fond,
14:56c'est la libération
14:56de 10 millions de barils de diesel
14:58qui permettront de faire baisser
14:59les prix entre 12 et 18 centimes.
15:01Là, dans quelques jours,
15:02le 1er novembre,
15:03c'est dimanche prochain.
15:05Et je pense qu'au bout du bout,
15:06ce qu'intéresse les Français,
15:07c'est la manière dont on les aide
15:08et c'est ce qu'on met en place.
15:10Ça ne m'empêche pas de dormir.
15:12Il y a beaucoup de Français
15:13qui en ce moment ont du mal à dormir
15:15parce que ce carburant si cher,
15:17c'est quand même très compliqué
15:19dans leur vie,
15:19notamment pour ceux
15:20qui sont obligés
15:20de prendre chaque jour la voiture
15:22pour aller travailler,
15:23pour se déplacer.
15:24C'est un vrai débat.
15:25Vous savez qu'on est un pays carrefour.
15:27Lorsque vous partez du Portugal
15:28et d'Espagne,
15:28vous voulez partir en Europe,
15:29vous traversez la France.
15:30Lorsque vous voulez aller en Angleterre,
15:32vous êtes en Italie,
15:32vous traversez la France.
15:33Donc si on baisse les taxes
15:34sur les carburants,
15:35on ne va pas le faire
15:35en fonction des cartes d'identité.
15:36Donc on va le baisser pour tout le monde,
15:38y compris les transporteurs
15:42Non, ne m'empêche pas de dormir.
15:43Je suis d'accord avec vous.
15:45Moi, je pense qu'il y a un vrai problème
15:46sur le prix des carburants.
15:47C'est la raison pour laquelle
15:48nous, on a une autre proposition,
15:49c'est de contraindre les marges
15:51des distributeurs
15:52qui ont augmenté de 125%
15:53leurs bénéfices en un an.
15:55Et ça, effectivement,
15:56ce serait moins douloureux
15:57pour les finances publiques
15:58et ça aiderait le portefeuille
16:00des Françaises et des Français.
16:00Le problème de baisser
16:01les taxes sur les carburants,
16:03c'est qu'on fait des cadeaux fiscaux,
16:04finalement,
16:05à l'ensemble,
16:05y compris des entreprises
16:06de transport étrangères
16:07qui ne font que traverser le pays,
16:08qui polluent notre pays
16:09en traversant avec des camions.
16:11Baisser les taxes,
16:11ce n'est pas la solution.
16:12Je crains qu'on fasse
16:13un énorme trou
16:14dans les caisses publiques
16:15sans forcément aider
16:16beaucoup les Français,
16:16alors qu'avec notre proposition,
16:18ça permet au mieux de cibler.
16:19D'autres pays l'ont fait,
16:20mais ce n'est pas des pays
16:21carburants comme nous.
16:22Ça ne vous aura pas échappé
16:22qu'on est au cœur de l'Europe
16:23et qu'on est un pays
16:24très traversé
16:25par des entreprises
16:25de transport étrangères.
16:27Expression maladroite,
16:28dit Maude Bréjean
16:30concernant ce que dit
16:31Roland Lescure,
16:32qui dort bien
16:33malgré les taxes.
16:34C'est très maladroite,
16:35ça part, oui.
16:36Ce n'est pas la première fois.
16:37Non, ce n'est pas la première fois
16:38parce que c'est ce même ministre
16:40qui avait dit
16:40qu'on vit correctement
16:41avec 2000 euros de pension
16:43quand on est un retraité.
16:45Et il est vrai
16:46qu'il peut parfois dire
16:47les choses
16:47avec une forme de désinvolture
16:49et que dans un contexte
16:50où les Français souffrent autant,
16:52ce sont vraiment des mots
16:53qui n'ont pas lieu
16:54d'être utilisés.
16:55Ce qui pourrait par ailleurs
16:56empêcher de dormir
16:57le gouvernement,
16:58c'est que certes,
16:59il ne baisse pas les taxes,
17:00mais si ça continue,
17:01on va rentrer,
17:02c'est d'ailleurs ce que dit
17:02Michel-Édouard Leclerc,
17:03par exemple,
17:03dans un cycle de récession,
17:04tant les Français
17:06sont en train
17:07de ne plus consommer.
17:08Donc à un moment donné,
17:09la question,
17:10oui, mais je veux dire,
17:11de mesures bien supplémentaires
17:13à celles qui sont mises en place
17:14va devoir être mises sur la table.
17:16Quand on voit le niveau
17:17de la croissance
17:17proche de zéro,
17:19les ventes de carburant,
17:20d'ailleurs,
17:20les ventes de carburant
17:21s'effondrent.
17:21C'est-à-dire que les gens
17:22ne se déplacent plus.
17:23Si ils ne se déplacent plus,
17:23on travaille moins.
17:25Mais je voudrais quand même
17:25faire réagir Pierre Chasserey
17:27avant de vous écouter
17:27sur le plateau
17:28parce qu'il a carrément demandé
17:30le départ de Roland Lescure.
17:31Pierre Chasserey,
17:33c'est le délégué général
17:33de l'association
17:3440 millions d'automobiles.
17:36Fou furieux,
17:37Pierre Chasserey,
17:37par les déclarations
17:39maladroites de Roland Lescure.
17:41Ah non,
17:42le fou furieux,
17:42ce n'est pas moi dans l'histoire.
17:43C'est celui qui ne comprend
17:44strictement rien à l'économie
17:46et qu'on a mis
17:46ministre de l'économie.
17:47C'est celui qui plombe
17:48l'économie de la nation
17:49depuis maintenant plusieurs mois
17:51et qui vient avec mépris
17:53et dédain
17:53insulter tous les Français
17:54à l'Assemblée nationale.
17:56Le fou furieux
17:56dans l'histoire,
17:57ce n'est pas moi.
17:57C'est ce ministre
17:59aujourd'hui
17:59qui n'a absolument
18:00aucune compétence
18:01et qui voit
18:01la croissance
18:02de son pays s'effondrer
18:04en asphyxiant
18:04les Français
18:05à coups de taxes.
18:06Alors,
18:07je suis ravi
18:08parce qu'au moins,
18:09il y a une bonne nouvelle.
18:10Je sais maintenant
18:11qu'il est pertinemment
18:13au courant
18:14que la France
18:15est le pays
18:16qui taxe le plus
18:17les carburants
18:17par rapport au salaire.
18:19Donc ça,
18:19c'est parfait.
18:20Ça veut dire
18:20qu'il est au courant.
18:21Mais ça veut dire
18:22qu'il en est fier.
18:23Ça veut dire
18:23que nous,
18:23on a un ministre
18:24de l'économie
18:24et des finances
18:25qui aujourd'hui
18:25avec beaucoup de fierté
18:27annoncent
18:27qu'il asphyxie
18:28la France
18:29sur les déplacements.
18:29Oui, mais attendez
18:30M. Chasseret,
18:31il s'explique.
18:33Non, mais il s'explique.
18:33Il dit que ces taxes,
18:34elles servent à quelque chose.
18:36Elles financent
18:36aussi notre modèle
18:37et donc on a besoin
18:39de ces taxes.
18:39C'est ce qu'il dit.
18:41Et notamment
18:41le fameux certificat
18:43environnement
18:44qui finance
18:45des projets
18:46de transition écologique.
18:47En fait,
18:48ce qui se passe
18:49c'est que depuis
18:49le mois d'avril
18:50avec 40 millions
18:51d'automobilistes,
18:52je demande
18:53la baisse
18:53de la fiscalité
18:55de manière drastique.
18:56Vous ne l'aurez pas
18:57visiblement.
18:59On ne l'aura pas
19:00en tout cas
19:00pour l'instant.
19:01Mais à force
19:01de voir l'économie
19:02s'effondrer
19:02et les notes
19:03internationales
19:03de la France
19:04qui vont se dégrader,
19:05peut-être qu'à un moment donné
19:06on va rentrer à la raison.
19:07Pourquoi ?
19:07Parce qu'on ne peut pas
19:08demander à des Français
19:09de dépenser l'argent
19:10qu'ils n'ont plus.
19:11Donc l'économie s'effondre
19:12parce que la croissance
19:13d'un État
19:14est basée
19:14sur sa consommation
19:16et que le pays
19:16ne consomme plus.
19:18Alors je suis très étonné
19:19de voir
19:19et là où je suis
19:20particulièrement étonné
19:21et peut-être même
19:22effondré,
19:23c'est de voir
19:24que ce monsieur
19:25fait partie
19:25d'un gouvernement
19:26et qu'aujourd'hui
19:27on juge sa phrase
19:29maladroite.
19:29Vous trouvez vraiment
19:30que c'est de la maladresse
19:31à ce niveau-là ?
19:32Moi j'estime
19:32qu'on est là
19:33dans une faute professionnelle
19:34extrêmement grave
19:34qui ne nécessite même pas
19:36la démission du ministre.
19:38Ah non,
19:38il ne doit pas partir.
19:39On doit lui demander
19:40de partir.
19:40Ce n'est pas la même chose.
19:42Là,
19:42puisque vous savez
19:44quand vous faites
19:45une faute grave
19:45ou une faute lourde,
19:46on vous demande de partir.
19:47Là, c'est en se tenant.
19:48On ne peut pas continuer
19:49et qu'il plombe l'économie
19:51et qu'il en plus
19:53avec beaucoup de cynisme
19:55insulte les Français
19:56à l'Assemblée nationale.
19:57Ce n'est pas possible.
19:59Merci,
19:59merci Pierre Chasserey.
20:00On a bien compris
20:01votre colère.
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