00:00En clair, on assiste quand même à une faillite de l'État depuis très longtemps.
00:07C'est-à-dire que pour moi, Halloween de demain, ça fait 40 ans que c'est Halloween.
00:10C'est-à-dire un masque déguisé, pas de respect du peuple, un mépris stratosphérique de la population,
00:15quelle qu'elle soit d'ailleurs, ruralité, cité, etc.
00:18On a servi les cités en misérabilisme, en paternalisme et en victimisation.
00:23On a servi la ruralité en mépris et on a fracturé le peuple pendant 40 ans.
00:27Donc ça, c'est un constat, c'est l'autopsie réelle de ce qui se passe dans notre pays.
00:31Et aujourd'hui, on a encore un pouvoir qui est tétanisé et qui doit être dans le camp du bien,
00:37donc qui n'a pas de courage, qui n'a pas de fermeté et qui, au passage, punit des milliers
00:42d'innocents.
00:43C'est-à-dire que moi, quand je suis assise en face de 15 gosses, j'ai 15 innocents.
00:47Et quand ils défilent devant moi, il n'y en a aucun qui en veut à la France,
00:51il n'y en a aucun qui veut devenir djihadiste, il n'y en a aucun qui veut devenir terroriste.
00:56Leur rêve, c'est quoi ? C'est un travail, une maison, voir un chien et des vacances.
01:00Ça, c'est le lot des gosses que j'ai depuis 40 ans dans la ruralité et dans les quartiers.
01:04Et dans la ruralité, c'est pareil.
01:06C'est un abandon total, pas d'infrastructure, pas de transport,
01:10debout à 5h du matin pour aller à l'école, etc.
01:13Et la République a totalement renoncé à ces principes, c'est-à-dire liberté, égalité, fraternité.
01:21Mais ça, ça peut marcher que quand on exige, y compris chez les jeunes et en particulier chez les jeunes
01:26et en particulier chez les populations les plus vulnérables et celles qu'on a envie d'accompagner
01:31et qu'on a envie d'intégrer dans la société pour qu'elle fasse société avec tout le monde,
01:35eh bien, en fait, on a renoncé.
01:36Et donc, on a posé des interdits à tout le monde.
01:40L'interdit du réel, l'interdit que les ghettos existent,
01:44l'interdit de la superposition de la misère qu'on voit.
01:47Moi, mon fils est prof.
01:48Quand il me dit « j'ai 100% d'enfants issus de l'immigration dans ma classe », c
01:53'est un fait.
01:53Il ne raconte pas quelque chose pour haïr, il raconte une situation.
01:57Donc, on nous a interdit de raconter une situation.
01:59Et ça date, puisque les territoires perdus de la République, c'est 2002.
02:03Moi, j'écris l'abandon d'un peuple aujourd'hui et d'autres.
02:08Donc, aujourd'hui, on a une situation qui est explosive,
02:12où s'ajoutent des gens qui, du point de vue politique, savent pourquoi ils vont casser demain.
02:19Et puis, d'autres qui s'ajoutent, qui ne savent pas pourquoi ils vont casser,
02:21mais ce n'est pas grave, puisqu'ils se mettent dans la nasse et ils vont casser aussi.
02:26Et la facture, elle est pour le peuple, une fois de plus.
02:29Alors que le peuple n'a rien demandé.
02:31Il se tape la facture de la dette, il se tape la facture de la fracture française,
02:36il se tape la facture des inégalités qui se creusent entre les uns et les autres,
02:40et il se tape la facture d'un patchwork de communautés qui s'affrontent,
02:45sans compter les autres fléaux.
02:47Donc, c'est quand même hallucinant.
02:48Jean-Yves Kim Lelfock.
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