00:00Pourquoi vous n'y voyez pas aussi une volonté de vous protéger ?
00:03De vous protéger des casseurs ?
00:04Des casseurs ?
00:05Ou de protéger aussi les commerçants ?
00:07Ça fait 20 ans que je manifeste, je n'ai jamais été accrissée par un casseur.
00:10Par contre, j'ai trois plaintes à l'EGPN.
00:11Donc moi, c'est plus me protéger de la police que des casseurs, personnellement.
00:14Mais dites pas non !
00:15Mais dites pas non !
00:18On a un gendarme sur ce plateau.
00:19Non, attendez, excusez-moi, juste le mépris.
00:21Parce que là, vous parlez des manifestants.
00:22Quel mépris, madame ?
00:23Je vous ai écouté tout à l'heure, vous avez dit, quand madame Darfeu vous a posé la question,
00:26est-ce que vous allez manifester sur les tracés, vous avez indiqué, vous avez les tracés par ?
00:30Est-ce que vous pouvez me laisser finir ma trace ?
00:32Effectivement, si vous êtes en infraction, la police a fait son travail, madame.
00:36Non, pas les manifestations, je parle de vous.
00:38Je vous ai écouté, madame, tout à l'heure, en venant sur la route, je vous ai écouté vos points.
00:43Vous avez clairement dit sur ce plateau que, lorsque madame Darfeu vous a posé la question,
00:48est-ce que vous allez manifester sur le tracé ?
00:50Vous avez indiqué, non, moi je manifesterai à Paris.
00:53Oui, chère madame, si vous allez manifester là où il y a un couvre-feu,
00:56vous finirez face à des policiers qui vont vous signifier le fait que vous n'êtes pas
01:02dans un endroit où vous pouvez être, point.
01:04Enfin, je dirais à un moment, moi, quand madame Darfeu me pose la question,
01:07est-ce que la décision de justice me plaît ?
01:09Non, elle ne me plaît pas, je suis républicain, je vais réfléchir.
01:11Et si, dans quelques heures, ce tracé est confirmé, c'est comme ça, je m'y plierai.
01:18Je peux répondre, juste par rapport au mépris, moi dans les manifs, il y a mon père qui a plus
01:23de 60 ans,
01:24qui est artisan, qui trime au quotidien et qui est épuisé et qui va manifester.
01:28Moi, quand je vois mon père qui, à une fin de manifestation, est blessé à la tête,
01:31pisse le sang, tombe au sol et que les flics ricanent, l'empêchent de sortir parce qu'on est nassé.
01:36Vous ne savez pas ce que c'est d'être violenté par la police en manifestation.
01:39Donc, il y a un moment, là, vous avez un mépris et mon père ne va pas me dire que
01:42c'est un dangereux casseur,
01:44je ne sais pas quoi.
01:45Donc, oui, j'ai peur de la police.
01:46Je ne parlais pas de votre papa, je parlais de vos propos.
01:47Ce sont des milliers de personnes.
01:49Vous avez peur de la police ?
01:50J'ai peur, oui, et j'ai peur de la propre vie, en fait, en manifestation.
01:53Mais est-ce la bonne solution, du coup, d'aller manifester demain, là où ça n'est pas autorisé,
01:57si vous avez peur ?
01:58Parce que, même quand c'est autorisé, il y a eu, depuis le début du mouvement,
02:028 éborgnés, 5 amputés, 2 visages fracassés, 14, bien sûr, graves,
02:06et 1 mort dans le silence médiatique le plus total.
02:08Et combien de policiers blessés ?
02:10Eh bien, je voudrais bien savoir, d'ailleurs, les vraies blessures,
02:12il me semble qu'il n'y a pas eu de déborgnés.
02:13Non, mais c'est vrai, c'est des faux blessés, les policiers.
02:14Alors, ils se gazent eux-mêmes, ils s'envoient des grenats eux-mêmes.
02:17Je voudrais qu'on entende le chiffre exact des blessures.
02:21Non, des blessures précises.
02:22Parce que, nous, moi, je peux vous dire, les blessures précises.
02:24Vous êtes médecin, donc, du coup, vous allez pouvoir faire un diagnostic.
02:26Non, mais entre un déborgné et quelqu'un qui a un bleu, excusez-moi, il y a une différence.
02:29Alors, pour le coup, on ne sait pas exactement quelle est la nature des blessures de force de l'ordre.
02:33C'est bien le problème, en fait.
02:34Une blessure, c'est toujours une blessure de trop, madame.
02:35Ce qui ne veut pas dire un bleu, excusez-moi, parce que moi, c'est quand même un livre, j
02:38'ai un bleu.
02:39Vous vous rendez compte de la banalisation de la violence physique que vous faites ?
02:42Un bleu, ce n'est pas grave.
02:44Mais pardon, madame, ce sont des pères et des mères de famille.
02:47Ces policiers, vous savez combien ils gagnent, madame ?
02:49Et donc, vous parlez du pouvoir d'achat, mais vous êtes, pardon, vous êtes d'un égoïsme terrible.
02:55Et vous expliquez que finalement, quand une fille va voir son papa avec un petit bleu, ça ne va pas
03:01lui faire quelque chose.
03:02Vous pensez que ces policiers qui ont des enfants, des cœurs qui battent, quand ils voient leurs parents, leur mère
03:08ou leur père avec des bleus,
03:09et vous, vous banalisez ça en disant, mais ce n'est pas grave.
03:12Donc, les trois plaintes à l'IGPN que j'ai, alors donc, pour vous, c'est aussi grave, mais par
03:17contre, un policier qui est papa, lui, ce n'est pas grave.
03:18Je voudrais qu'on entende le pouvoir des policiers.
03:22Non, mais juste, donc les trois plaintes que j'ai déposées à l'IGPN et qui n'ont jamais été
03:25suivies.
03:26Mais madame, je ne suis pas magistrat, ces magistrates ont fait le choix de ne pas suivre.
03:28Donc, les bleus des policiers, c'est que je ne vais pas se démanifester.
03:30Chloé, on en...