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00:00Europe 1, le journal permanent.
00:03Europe 1, il est 18h30, le journal permanent, c'est avec Frédéric Joncheret.
00:07Bonsoir Frédéric.
00:07Bonsoir Hélène, bonsoir à tous.
00:09Les manifestations ont laissé place à détention dans plusieurs villes, une fois les cortèges dispersés.
00:14C'est le cas à Paris, Toulouse, Marseille, Lyon ou encore Rennes, où les forces de l'ordre essuient des
00:18jets de projectiles.
00:19Elles répliquent à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau.
00:23A Bordeaux, les véhicules sans tord ont été déployés.
00:25Et dans la capitale, des CRS ont été touchés par un engin incendiaire qui les a enflammés.
00:30Un groupe de 200 à 300 émeutiers fait face aux forces de l'ordre, porte de Charenton, selon la préfecture
00:35de police de Paris.
00:36Rappelons que les autorités redoutent des violences, saccages et pillages en cette nuit d'Halloween.
00:41Un acte 3 pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics.
00:44Avant ces tensions, les cortèges se sont déroulés dans le calme, cet après-midi, sous haute surveillance et souvent à
00:50l'écart des centres-villes.
00:51Au total, 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés.
00:54Selon le ministère de l'Intérieur, ils étaient 320 000 manifestants dans tout le pays en ce samedi, contre 410
01:00000 il y a une semaine.
01:01Près d'un demi-million, selon l'intersyndical Jeunesse.
01:04Et à l'instant, le ministère de l'Intérieur annonce 296 interpellations dans tout le pays.
01:11Incendie d'un immeuble dans le centre de Clermont-Ferrand la nuit dernière.
01:14Trois corps ont été retrouvés dans les décombres.
01:16Le parquet a indiqué que son origine est potentiellement criminelle.
01:19Les secours cherchent une quatrième victime potentielle.
01:22Un homme de 21 ans a été placé en garde à vue.
01:24Et Esteban Ocon écarté par son écurias du Grand Prix de Formule 1 du Mexique.
01:29Aucune précision n'a été donnée à cette décision.
01:31Le français remplacé par le japonais Rio Irakawa.
01:34Les qualifications ont lieu à 22h.
01:36Merci Frédéric.
01:37On vous retrouve à 18h45 pour le journal permanent.
01:40Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
01:44Toujours avec mes débatteurs.
01:46Geoffroy Lejeune, journaliste au JDD.
01:48Antonin André, chef du service politique du JDD.
01:51Antonin André, vous êtes devenu le boss de Geoffroy en une émission.
01:54Il a intérêt à se tenir à carreau.
01:56On a écouté votre analyse de la soirée qui se profilait à Antonin André.
02:00Geoffroy Lejeune, je me tourne vers vous.
02:01Quand on a vu toutes les violences qui pouvaient arriver sur les réseaux sociaux,
02:05toutes les affiches qu'il y avait, notamment Bismillah, c'était les ténèbres, etc.
02:09Le prétexte d'Halloween pour évidemment ressortir ce soir.
02:12Est-ce que vous êtes inquiet ?
02:14Il y a également des analyses du renseignement qui redoutent un cycle de violences jusqu'à la présidentielle.
02:19Est-ce qu'on est condamné pendant les six prochains mois à se dire qu'il faut des dispositifs exceptionnels
02:23parce qu'à tout moment, il peut y avoir des éruptions de violences de ce type-là ?
02:27Alors déjà pour la nuit qu'on s'apprête à vivre, moi je ne suis pas spécialement rassuré.
02:32Je serais le plus heureux du monde si on se réveillait demain matin et qu'il ne s'était rien
02:35passé,
02:35que le maintien de l'ordre avait été réussi, etc.
02:38Malheureusement, en effet, vous avez rappelé Bismillah, c'est les ténèbres et toutes les campagnes qu'on a vues fleurir.
02:43J'ai l'impression quand même qu'il y a une masse d'individus déterminés
02:45et qui ont envie que cette soirée soit une catastrophe, soit épouvantable.
02:49Et ils ont les moyens de réussir, on l'a vu il y a encore deux semaines.
02:51Si jamais ça n'arrivait pas, ma réflexion serait la suivante.
02:54Je me dirais en fait à quel prix on arrive à maintenir l'ordre dans ce pays.
02:57On a entendu le discours d'un syndicaliste policier, pour eux c'est très dur, ils sont 70 000 sur
03:02le terrain aujourd'hui.
03:03Je pense que ce n'est pas très loin des moments, vous savez, les émeutes de Naël, je crois qu
03:06'à l'époque c'était 80 000.
03:08Et les Jeux Olympiques, enfin en gros, on sait que si on met quasiment 100 000 personnes sur le terrain
03:11pour maintenir l'ordre,
03:11on est capable de ne pas vivre l'enfer, mais il faut le faire.
03:14Et donc ça veut dire que pour eux, évidemment, il y a des conséquences familiales, il y a des conséquences
03:17professionnelles,
03:18il y a l'usure mentale, physique, tout ce que vous voulez.
03:21Mais ça veut dire qu'on est obligé de sortir des dispositifs XXL pour éviter de basculer justement dans les
03:26ténèbres.
03:26Et ça, pour le coup, on sait qu'on n'est pas capable de le tenir sur la durée, c
03:29'est pour ça que j'ai posé la question tout à l'heure à votre invité.
03:33Toutes les semaines pendant six mois, c'est difficilement sénable, même s'il y a une détermination et un dévouement
03:38incroyable chez les forces de l'ordre.
03:40Et après, la deuxième partie de votre question, c'est sur le climat jusqu'à la présidentielle.
03:45Moi, ce qui m'inquiète, si vous voulez, c'est que déjà, moi je fais ce métier depuis une quinzaine
03:48d'années,
03:49et on a observé des moments de grande tension, etc.
03:51J'ai quand même le sentiment que maintenant, on a basculé dans autre chose.
03:54C'est plus tellement une différence de degré, je sens plus une différence de nature,
03:58avec des camps qui ont décidé de ne pas se parler, de ne pas s'affronter,
04:01que la voie démocratique ne sert plus à rien, que la violence est une solution,
04:04que la violence règle des problèmes, que l'intimidation fonctionne avec une haine, une détestation,
04:09un niveau de tension qui est monté de beaucoup, beaucoup, beaucoup de crans en très peu de temps,
04:12y compris parfois repris par des responsables politiques.
04:14Normalement, leur rôle, c'était de faire dégonfler la baudruche et de canaliser.
04:18La violence dans la société, et aujourd'hui, je trouve que c'est presque l'inverse.
04:21Donc, pour toutes ces raisons-là, moi, cette présidentielle me fait peur.
04:23Par ailleurs, je ne trouve pas qu'on soit pour l'instant encore éclaboussé par le talent et le niveau
04:28des compétiteurs.
04:30Donc, j'ai peur de ça, et normalement, la présidentielle, c'est censé être le catalyseur de toutes les tensions
04:34d'un pays.
04:34On règle nos histoires entre nous, on vote, on décide, et puis on repart pour 5 ans.
04:39J'ai l'impression que ça ne pourrait ne pas être le cas cette fois-ci.
04:41Alors, il est 18h34 sur Europe 1.
04:43Je vous propose d'ouvrir un chapitre sur les carburants.
04:46Alors que le gazole frôle 2,40 euros le litre, Roland Liscure,
04:49le ministre de l'Économie a déclenché une polémique en affirmant qu'une taxe sur les carburants ne l'empêchait
04:54pas de dormir.
04:55Je vous propose de l'écouter.
04:57La raison essentielle pour laquelle les prix du pétrole en France sont plus élevés qu'ailleurs,
05:01c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs.
05:03Moi, ce n'est pas une taxe qui m'empêche de dormir.
05:05Je sais que ça n'empêche d'endormir d'autres, mais moi, ça ne m'empêche pas de dormir.
05:09Ça permet de financer plein d'infrastructures.
05:11C'est très bien.
05:12Ce que je peux vous dire sincèrement, c'est que c'était une expression malheureuse et que je regrette sincèrement
05:18de l'avoir prononcée.
05:20J'étais à l'Assemblée dans un débat assez long sur les taxes sur l'énergie.
05:24Franchement, je l'ai prononcée, personne ne l'a relevé dans l'hémicycle.
05:28Je me suis assis et je me suis dit, tu aurais sans doute pu dire la même chose de manière
05:32différente.
05:33Vu la flambée de la polémique, effectivement, vous avez écouté le ministre de l'Économie qui s'est excusé après
05:38avoir prononcé cette phrase.
05:39Mais c'est vrai, Antonin André a quand même un peu le sentiment quand on voit par exemple Emmanuel Macron
05:44qui a prononcé aussi cette phrase très malheureuse à Trappes
05:46en disant que c'était le premier attentat terroriste qui touchait notre sol français
05:49pour tuer des gens pour leur couleur de peau, pour ce qu'ils sont.
05:53Alors qu'évidemment, absolument pas, il a occulté des dizaines et des centaines de personnes qui sont mortes.
06:00On se rend compte aussi, il y avait le préfet de police, Patrice Fort, qui avait aussi fait cette réflexion
06:03malheureuse
06:04en disant, en commerçant après le 17 octobre, mais vous savez quoi, prenez des agents de sécurité.
06:07Il avait aussi reconnu une phrase maladroite.
06:09Est-ce qu'en fait, on est juste dans cette espèce de déconnexion des élites où on se dit, mais
06:14qu'est-ce qui vous passe par la tête ?
06:15Et je dis aussi que Roland Lescure, il y a quelques semaines, rappelez-vous, il avait dit, on vit correctement
06:21avec 2000 euros par mois quand il parlait du SMIC.
06:23Alors je pense qu'il ne faut pas mélanger la nature de toutes ces déclarations qui sont pour certaines malheureuses
06:29et pour d'autres, et en particulier celle de Roland Lescure.
06:32Moi, je ne peux pas dire que ça m'est choqué, en fait, la déclaration qu'il fait.
06:35Et pas plus que d'ailleurs, on vit correctement avec 2000 euros, parce que tout dépend où est-ce que
06:39vous vivez,
06:40est-ce que vous êtes propriétaire de votre maison ou pas.
06:42Vivir avec 2000 euros quand vous êtes propriétaire de votre maison et que vous habitez dans la Creuse,
06:45on vit correctement.
06:46Effectivement, je peux reprendre cette expression à mon compte.
06:48Et par ailleurs, sur les taxes sur l'essence, je ne peux pas lui donner tort non plus.
06:52Oui, on est dans un pays où les taxes servent notamment à alimenter notre système de solidarité,
06:57l'éducation gratuite.
06:59Les taxes sur l'essence, ça a aussi un effet dissuasif pour essayer de faire baisser la consommation d'essence
07:03et de passer à l'électrique, et pour financer les infrastructures routières et autoroutières françaises.
07:08Donc oui, c'est un mal nécessaire, et c'est un choix que la France a fait depuis longtemps dans
07:13son modèle économique.
07:15Donc je ne suis pas choqué plus que ça par la phrase de Roland Lescure.
07:19Évidemment, ça résonne...
07:20C'est-à-dire quand on voit qu'il y a des Français qui choisissent entre un plein de courses
07:23et un plein d'essence,
07:24c'est vrai que c'est compliqué.
07:25Ça résonne douloureusement pour les Français qui sont confrétés au prix de l'essence aujourd'hui.
07:29Mais nonobstant cet effet malheureux d'une déclaration qu'il le dit lui-même,
07:33j'aurais peut-être dû le dire en d'autres termes.
07:34En d'autres termes sans doute, mais sur le fond, je suis tout à fait d'accord avec son expression.
07:38Geoffroy Lejeune, comment vous réagissez à cette phrase ?
07:40Vous êtes d'accord avec Antonin ?
07:41Je ne suis pas du tout étonné par ce que dit Antonin,
07:42qui est un esprit trop brillant, trop nuancé et trop complexe
07:46pour avoir compris pourquoi cette polémique avait pris à cette vitesse-là.
07:50En fait, c'est vrai qu'en France, il y a deux catégories de personnes.
07:52Il y a ceux qui comprennent la pensée complexe de Roland Lescure.
07:56Ce n'est pas une pensée complexe.
07:57Il est de façon assez, j'allais dire, sincère.
08:01Oui, oui, mais en fait, bien sûr.
08:02Et après, il y a le comment dire.
08:05Le bon sens élémentaire qui commande de faire très attention
08:08dans certains contextes où on parle de certains sujets.
08:10Je trouve que d'ailleurs, toutes ces phrases maladroites,
08:13évidemment, maladroites ou des polémiques ou tous ces dérapages,
08:15je ne sais pas comment il faut les appeler,
08:16en fait, ils disent toujours quelque chose de la personne qui les prononce,
08:18même si évidemment, on ne parle pas de la même chose
08:20dans le cas du terrorisme avec Macron ou de l'essence avec Roland Lescure,
08:23mais ils traduisent toujours un peu quelque chose qui se passe au niveau du cortex,
08:27qu'ils doivent penser un peu au fond d'eux-mêmes.
08:28Et en l'occurrence, là, dans ce cas précis,
08:32on ne lui reproche pas de dire qu'on a une sécurité sociale qui fonctionne
08:36et une école et des hôpitaux.
08:39On lui reproche de ne pas prendre en compte le fait qu'on est à 10, 15 ans de ras
08:43-le-bol fiscal.
08:43Maintenant, les gens commencent à se demander,
08:44mais pourquoi on paye des impôts dans ce pays ?
08:46On voit que tous ces fonds, en tout cas qu'on voit que le niveau des services publics
08:49n'est pas l'équivalent de ce qu'on a connu avant,
08:51mais on voit qu'on paye de plus en plus.
08:52Et en fait, c'est ça, l'arrière-plan qui rend insupportable la déclaration de Roland Lescure.
08:55La vérité, c'est même Agnès Verdier-Bollinier,
08:57quand vous lui posez la question,
08:59elle ne vous dit pas qu'il faut arrêter de payer des impôts.
09:00Elle dit qu'il faut juste rationaliser le système, dépenser moins, et voilà.
09:04Et que le ministre de l'économie, du coup, dise
09:06oui, oui, on taxe trop.
09:07C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, chez nous, l'essence est plus chère.
09:10On taxe trop l'essence.
09:11On n'est pas obligé d'avoir une voiture, une voiture à essence.
09:14Il y a aussi des gens qui se passent très bien d'avoir un véhicule
09:16et qui vivent très bien.
09:17Donc, c'est aussi un choix.
09:18On a une voiture, on met du carburant parce qu'on met du carburant dans sa voiture.
09:21On n'a pas le choix.
09:22Il a été député des Français de l'étranger, je crois qu'il vient de Boston.
09:25Je pense qu'il connaît beaucoup de gens qui se passent, en effet, d'une voiture thermique.
09:28Mais il y a des gens qui ne vivent pas dans les centres.
09:30Mais notamment si on passe en France au milieu rural,
09:32vous savez que l'électrique est souvent bien plus avantageux en milieu rural
09:35pour des distances de 50-60 km dans la journée,
09:38avec une électricité beaucoup moins chère.
09:40C'est souvent beaucoup plus économique, contrairement à ce qu'on pense,
09:42que de garder un vieux diesel ou une voiture à essence.
09:44Donc, si on veut remettre du bon sens dans ces réflexions-là,
09:47moi, je suis ouvert au débat.
09:48Mais il faut poser tous les sujets sur la table.
09:50Il faut l'acheter.
09:51Enfin, bref, c'est simple.
09:52Les petits conseils d'Antonin André.
09:54Merci beaucoup.
09:54Ouvrons une petite page politique pour les quelques minutes qui nous restent.
09:57Je rappelle d'ailleurs que nous allons recevoir un navigateur de la route du Rhum
10:00dans quelques instants sur Europe 1.
10:02Restez bien avec nous.
10:03Mais parlons de Sarah Knafo, qui saisit l'ARCOM contre Radio France.
10:06Mercredi, face à deux journalistes de France Info,
10:08l'interview de l'eurodéputé reconquête a tourné à l'affrontement.
10:11Elle a été interrogée sur l'attentat raciste et terroriste de Trappes, notamment.
10:15Elle dénonce 73 interruptions en 24 minutes,
10:18peut-être autant qu'Antonin André face à Geoffroy Lejeune,
10:20et un simulacre de procès et réclame la mise en demeure du groupe
10:24pour manquement à l'honnêteté de l'information,
10:26à l'impartialité et à l'égalité de traitement.
10:29Antona André, est-ce que le service public traite équitablement
10:31les responsables politiques de droite ?
10:33Alors, là encore, je vais être un peu à rebours de ce qu'on peut penser.
10:37J'ai regardé cette interview et j'ai trouvé effectivement
10:39qu'il y avait visiblement la volonté des interviewers,
10:44j'allais dire, de se faire Sarah Knafo,
10:46comme un peu dans les années 80, quand on recevait Jean-Marie Le Pen,
10:48on disait, on va se faire Jean-Marie Le Pen.
10:49Il faut toujours faire attention parce qu'on sous-estime souvent l'adversaire
10:52dans ces moments-là.
10:54Jean-Marie Le Pen mangeait les journalistes littéralement,
10:56et c'est un peu ce qui s'est produit avec Sarah Knafo.
10:59Néanmoins, et je rebondis sur ce que disait Geoffroy tout à l'heure
11:01sur l'état du débat public,
11:02en disant que les politiques avaient aussi une part de responsabilité
11:05dans cette idée de ne pas hystériser le débat
11:07et de ne pas jouer sur les antagonismes systématiques.
11:11Sarah Knafo aussi a joué dans cette interview
11:14le rapport de force jusqu'au bout.
11:16Elle n'a pas cherché à aucun moment l'apaisement
11:18et elle s'est appuyée sur cette volonté des journalistes,
11:20sur cette fragilité des journalistes pour faire monter le ton
11:22et d'une certaine façon, elle les a piégés.
11:24Et j'ajoute que saisir l'ARCOM dans sa position,
11:28moi je suis toujours un peu gêné, si vous voulez.
11:30On ne peut pas d'un côté, quand on est une personne politique,
11:33dire qu'on défend les libertés d'expression
11:34et on doit pouvoir s'affronter sur les plateaux,
11:37y compris avec des journalistes,
11:38et parfois c'est des affrontements rudes,
11:39et ensuite aller se plaindre à l'arbitre en disant
11:41« Ouh là là, ouin ouin, ils ont été très durs avec moi ».
11:43Ça, ça me pose quand même aussi un problème.
11:44Je rappelle quand même une phrase qui a été prononcée
11:46par le journaliste qui a interviewé Sarah Knafo à ce moment-là.
11:49On est là pour parler de votre responsabilité
11:52dans ce qui s'est passé,
11:54comprendre l'attentat de Trappes.
11:55C'est quand même pas une phrase à l'audible, Geoffroy.
11:56La malhonnêteté intellectuelle des journalistes,
11:58je vous l'ai dit, c'est le préalable.
11:59Après, moi ce qui m'intéresse,
12:00c'est comment est-ce que le politique se positionne vis-à-vis de ça.
12:02Mais c'est vrai que là, vous avez un journaliste
12:04qui dit quand même en substance à Sarah Knafo
12:05qu'elle a une responsabilité en fait,
12:07et que c'est de sa faute s'il y a eu cet attentat terroriste à Trappes.
12:10Bien sûr, moi je l'ai regardé aussi après coup cette émission,
12:13je reconnais que je suis un peu tombé de ma chaise quand même,
12:16j'ai l'habitude d'en voir des débats,
12:17et j'ai aussi regardé ceux de Jean-Marie Le Pen à l'époque.
12:20Sincèrement, c'était quand même très au-dessus
12:23en termes d'agressivité de ce qu'on a l'habitude de voir aujourd'hui,
12:25alors que parfois on voit des choses agressives.
12:26Moi je ne suis pas tellement d'accord avec Antoine,
12:28parce que je me dis,
12:29pour que le responsable politique,
12:31on est là pour ça,
12:31pour que le responsable politique fasse dégonfler la baudruche
12:34et ne participe pas d'un climat épouvantable, etc.
12:36Il ne faut pas qu'il soit dans la forêt de Sherwood,
12:38attendu par des gens dans un guet-apens,
12:41dans un traquenard,
12:42il est 8h30 du matin,
12:44elle vient parler de son livre et de parler de l'actualité,
12:46honnêtement c'est quand même d'un niveau d'agressivité
12:48que vous ne connaissez pas.
12:49Mais elle sait où elle met les pieds.
12:50Oui bien sûr,
12:51mais il y a quand même des limites,
12:52la phrase que rappelait Hélène à l'instant,
12:53la manière de dire,
12:55vous dites n'importe quoi dans votre livre,
12:56d'ailleurs je ne l'ai pas lu,
12:58ça va un peu trop loin par rapport à d'habitude.
13:01Et ensuite sur la question de l'ARCOM,
13:02c'est intéressant,
13:02parce que moi je ne suis pas un fanatique de l'ARCOM,
13:03comme vous pouvez l'imaginer.
13:05J'ai même d'ailleurs été victime de l'ARCOM
13:06qu'une fois a condamné la chaîne CNews
13:08pour des propos que j'avais tenus,
13:09que j'ai pourtant défendus,
13:10preuve à l'appui,
13:11j'ai envoyé au rapporteur dans cette histoire
13:13les preuves de ce que j'avançais.
13:15Il avait même d'ailleurs émis un avis défavorable
13:16en disant qu'il ne fallait pas sanctionner les propos.
13:18Et l'ARCOM sans rien justifier
13:19avait quand même sanctionné les propos.
13:20Donc moi je serais pour la suppression de l'ARCOM,
13:22j'en serais très heureux maintenant.
13:24Une fois que vous avez dit ça,
13:26je pense que c'est une question,
13:28la direction de Radio France par exemple,
13:29n'a pas à sanctionner.
13:31Elle a même soutenu.
13:33Elle soutient exactement les deux interviewers.
13:35Ils ne disent pas
13:35non, ça ne s'est pas passé comme ça aurait dû,
13:37ils auraient dû maîtriser un peu mieux l'antenne,
13:39ils auraient dû se retenir un peu,
13:40oui, il y a eu des approximations
13:41dans ce qu'ils ont dit, etc.
13:42Non, non, soutien total.
13:44Donc à un moment donné,
13:45si vous voulez,
13:45il y a souvent des journalistes
13:46qui sont sanctionnés dans ce pays,
13:47souvent d'ailleurs du même côté.
13:49Les institutions, en l'occurrence l'ARCOM,
13:50sanctionnent essentiellement
13:52les mêmes chaînes en permanence
13:53à fermer C8, etc.
13:55Donc c'est de bonne guerre
13:56parce qu'on est dans une guerre de l'information
13:58pour elle,
13:58de se servir de ces institutions
13:59en disant,
14:00alors allez-y les amis,
14:01là, comment vous allez vous justifier
14:02votre soutien ?
14:03Comment vous allez justifier
14:03le fait que l'agent ne s'entraîner pas ?
14:05C'est là où,
14:06je suis d'accord avec vous
14:07sur le fait que
14:08moi, je suis aussi
14:10pour la suppression de l'ARCOM.
14:11De la même façon
14:12que je suis choqué
14:13quand l'ARCOM
14:13se fait l'arbitre des élégances
14:14en allant chercher
14:16effectivement souvent les mêmes,
14:18que ce soit CNews,
14:19la chaîne C8
14:20ou d'autres médias.
14:22Mais de la même façon,
14:23si vous voulez,
14:23je trouve qu'on ne devrait pas
14:26je trouve excessif aussi
14:27d'aller chercher cet arbitre-là
14:29quand tout d'un coup
14:30on a envie de se venger.
14:31Tout ça étant mu
14:32par un rapport de force
14:32et qui, moi,
14:33me pose problème aujourd'hui
14:34dans le débat médiatico-politique,
14:36c'est qu'on est dans l'affrontement
14:37et j'attends des politiques
14:38puisque les journalistes
14:39ne sont pas capables
14:39de le faire en certaines rédactions
14:41qui ne soient pas
14:42sur le même registre
14:42et qui désamorcent
14:43d'une certaine façon.
14:44Peut-être que Sarac d'Info
14:45aurait dû dire,
14:45écoutez,
14:46vous m'avez invité visiblement
14:47dans une intention
14:48qui n'est pas
14:48une intention pédagogique
14:50et de discussion et de débat,
14:51dont je vais donc quitter
14:53votre studio
14:54et puis vous me réinviterez
14:55quand vous serez
14:55dans de meilleures dispositions.
14:57C'est-à-dire que
14:58il ne faut pas être naïf
15:00sur la façon
15:01dont elle-même
15:01va exploiter ça
15:02sur ses réseaux sociaux
15:03pour radicaliser aussi
15:04une partie de son camp,
15:05pour solidifier sa base
15:06et pour continuer
15:07de mener son combat
15:08contre l'audiovisuel public.
15:10C'est là où je trouve que
15:12un partout la balle au centre.
15:13Geoffroy Lejeune,
15:14Antonin André,
15:15on reste ensemble.
15:15Dans un instant,
15:16nous recevrons
15:16le navigateur Guirec Soudé
15:18qui sera demain
15:19sur le départ
15:20de la route du Rhum.
15:21M'a tout de suite
15:21sur le départ.