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  • il y a 2 minutes
La France vit ce samedi 31 octobre sa troisième journée de mobilisation sociale en trois semaines, considérée par l'exécutif comme "à haut risque". Les cortèges, élancés vers 14h à distance des centres-villes, se sont déroulés dans le calme sur le territoire, avant que des heurts n'éclatent dans plusieurs villes en fin d'après-midi.

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Transcription
00:00On a reçu plusieurs engins incendiaires assez conséquents, avec des flammes quand même hautes et persistantes,
00:04tant au niveau du sol qu'au niveau des militaires, parce que malheureusement plusieurs ont été touchés, dont moi.
00:09Et la sensation de brûlure, elle est immédiate, elle est intense et elle s'intensifie dans le temps parce qu
00:14'elle est durable,
00:15parce qu'on n'arrive pas à l'arrêter et de par son contenu, elle est compliquée à faire cesser.
00:21Donc la brûlure, on a le temps de la sentir monter, on a le temps de sentir que l'équipement
00:25commence à être atteint
00:26et à sentir que la chair commence à piquer, si ce n'est vraiment brûler.
00:32Ce que je vois de mes yeux, personne n'est capable d'identifier vraiment d'où vient précisément chaque projectile,
00:37mais c'est une hostilité qui est clairement féroce, puisqu'on a vraiment face à nous un boulevard rempli d
00:44'individus
00:44qui ne sont clairement pas du manifestant pacifique et qui nous prennent à partir de part et d'autre en
00:48frontale, sur les latéraux,
00:50y compris lorsque l'on prend de l'air et qu'on essaye de gagner de cet espace pour regagner
00:54une certaine distanciation avec eux,
00:55qu'on est repris à la partie quasi immédiatement et ça en continue pendant de nombreuses et nombreuses minutes.
01:00Pour être tout à fait franc, je ne l'ai pas vu arriver, c'est tout ce qui rend la
01:04chose encore plus vicieuse à traiter et d'essayer de s'en protéger.
01:08Je ne la vois pas pour deux raisons. La première, c'est qu'en commandant en unité, on ne peut
01:12pas voir les yeux partout
01:12et on garde surtout des yeux sur ces militaires et sur ces hommes pour les commander.
01:17Et la deuxième raison, c'est que la pluie étant incessante et nombreuse des différents types de projectiles,
01:22on n'a forcément pas l'œil sur tout ce qui arrive des angles morts ou de la 3D.
01:27Je ne le vois pas, je le ressens d'abord. Je le ressens puisque faisant mouvement à ce moment-là,
01:32je n'ai pas vu le projectile forcément me toucher ou du moins s'éparpiller sur moi et voir ma
01:39jambe en feu.
01:40J'en prends conscience à partir du moment où je ressens ces premières douleurs.
01:43Et là, c'est déjà compliqué puisque le feu monte quand même très haut jusqu'au niveau du bassin avec
01:47des flammes.
01:47Et on est plusieurs, moi-même, comme des camarades à essayer d'arrêter le feu, ce qui est compliqué.
01:53Et c'est là où on a vraiment le temps de sentir la douleur monter.
01:55La situation a été quand même particulièrement intense et l'hostilité réelle.
02:03Forcément, se voir victime de jet de projectile, c'est clairement pas quelque chose que j'ai vu de voir
02:09parce que je n'ai pas forcément l'habitude d'aller regarder ce genre de vidéos.
02:13Ce que vous montrez me surprend par l'intensité que je revis à froid deux heures après
02:19et me permet quand même de comprendre qu'on a peut-être frôlé aussi un peu la catastrophe.
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