00:01Je suis ici entourée de mes confrères et de mes consoeurs qui, avec honneur, ont jusqu'au bout combattu
00:09pour obtenir la confirmation de l'ordonnance qui a été rendue cet après-midi par les juges du référé du
00:14tribunal administratif
00:15qui l'ont dit de façon extrêmement claire. L'arrêté d'interdiction qui est intervenu tôt ce matin par le
00:20préfet de police
00:21est illégal, porte une atteinte manifestement grave et illégale à une liberté fondamentale
00:27qui est celle de la liberté de manifester dans ce pays. Et malheureusement, ce qu'on a entendu à nouveau
00:32par les représentants du préfet de police aujourd'hui n'est pas satisfaisant. Et j'ai envie de dire, on
00:37n'est pas étonné
00:38mais on est quand même admiratif de l'obstination avec laquelle aujourd'hui les services de l'État
00:44maintiennent envers et contre tout un tracé qui, en fait, va contre le bon sens au-delà de violer
00:52un des droits les plus fondamentaux de notre État. Voilà. Donc pas étonné malgré tout
00:59mais quand même désabusé face au peu d'arguments aujourd'hui qui nous a été de nouveau servi par les
01:06représentants de l'État.
01:07C'est le Conseil d'État donc qui va trancher. On doit s'attendre à une décision ce soir selon
01:12vous ?
01:15Oui, la magistrate s'est retirée pour délibérer. On peut attendre une décision dans les quelques heures
01:21qui vont arriver. Je l'ai dit tout à l'heure, pour seule défense, le préfet de police aujourd'hui
01:26nous explique
01:26qu'en fait, en réalité, il serait trop tard désormais pour lui de s'organiser alors qu'on sait que,
01:33eh bien,
01:33ce chaos, il a précisément été organisé par, eh bien, son improvisation. C'est-à-dire qu'il y a
01:40déjà plusieurs jours
01:41que les organisateurs ont déposé une déclaration. Je rappelle que dans ce pays, c'est encore un régime de déclaration.
01:48Il n'y a pas besoin d'obtenir d'autorisation des autorités gouvernementales pour pouvoir manifester.
01:53Et malheureusement, nous voyons que bis répétita, là encore, eh bien, des arrêtés d'interdiction qui se poursuivent.
02:00Alors voilà, nous voilà suspendus à nouveau aujourd'hui aux lèvres d'une décision de justice.
02:08Et voilà. Et nous, on acceptera évidemment le verdict qui sera celui aujourd'hui du Conseil d'État.
02:16Mais malgré tout, nous voulons le dire solennellement, nous continuerons à nous battre sans relâche
02:20pour que le droit de manifester soit respecté dans ce pays. Et s'il faut qu'on perde dans quelques
02:25heures,
02:25ben, c'est pas très grave. On continuera de saisir. On saisira lundi, on saisira mardi, on saisira jeudi,
02:29on saisira peut-être tous les jours s'il faut, mais on finira par faire respecter le droit de manifester.