- il y a 9 minutes
Avec Didier Meillerand, Catherine Cornibert, Thibault Fleury, Fabienne Broucaret et Michel Khoury
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, la tête dans le taf, Didier Meyrand, avec Kéréa, l'expert des solutions de prévention en entreprise.
00:07Le travail c'est la santé, rien faire c'est la conserver, les prisonniers du boulot font pas de vieux
00:22zoos.
00:24Bonjour, bonjour à tous, nous allons tous faire de vieux zoos parce que nous avons le bon discernement vis-à
00:29-vis de notre travail.
00:30On travaille un peu, beaucoup, pas du tout, à la folie, ça dépend des personnes.
00:34En tout cas ce travail qui nous entête, ce travail qui nous prend la tête, comme dirait les plus jeunes,
00:39et ce travail qui nous est bien utile pour remplir les chariots de course.
00:44Une fois n'est pas coutume, je m'adresse aux soignants à qui nous avons bien sûr manifesté beaucoup de
00:51coups de chapeau,
00:52à grands coups de tambourins sur des casseroles pendant le Covid.
00:55Mais on a oublié que les soignants ont aussi une santé et nous en parlerons avec Catherine Cornhibert.
01:02Bonjour.
01:03Bonjour.
01:04Vous êtes la directrice générale de SPS, l'Institut pour la santé des soignants.
01:10Nous retrouverons Thibaut Fleury, directeur général d'Efficience, il sera question de handicap au travail.
01:17Dans sa rubrique My Happy Job, Fabienne Broucaret, directrice éditoriale de Rebondir et de Courrier Cadre,
01:23nous parlera justement de qu'est-ce que cela signifie d'être cadre aujourd'hui, ça veut dire quoi.
01:29Et puis nous retrouverons Michel Coury, expert en personal branding, conférencier,
01:34tellement influent sur les réseaux sociaux pour sa chronique Prends ta place.
01:39Et il nous dira, toi qui soignes tout le monde, comment tu te soignes, toi.
01:45Mais pour commencer, Catherine Cornhibert, j'aimerais que vous nous disiez,
01:49qu'en est-il de l'état des lieux de la santé mentale et de la santé physique des soignants
01:54?
01:55Sont-ils comme les cordonniers les plus mal chaussés ?
01:58Alors oui, il y a un état des lieux qui est plutôt alarmant.
02:02Je vais vous donner six critères, déjà l'épuisement.
02:05Plutôt l'épuisement professionnel, puisque plus d'un soignant sur deux
02:09présente des signes d'épuisement et se sent fatigué.
02:12Là, on parle de burn-out ou on parle d'épuisement professionnel ?
02:14D'épuisement professionnel, en fait.
02:17Et de fatigue due à l'épuisement professionnel.
02:20Ce sont des chiffres qui émanent du rapport ministériel sur la santé des soignants d'octobre 2023.
02:24La santé physique n'est pas épargnée, puisque quasiment la moitié des soignants
02:28sont tombés malades dans les trois derniers mois,
02:30contre 27% pour la population générale.
02:32Vous parliez de la santé mentale.
02:34Quasiment 30% se sentent en mauvaise santé mentale.
02:38Et puis tout ça a une conséquence sur les soins,
02:40puisque 50% d'entre eux pensent que leur souffrance pourrait mettre en danger
02:44la vie de leurs patients.
02:46Je parlerai également des étudiants qui ne sont pas épargnés,
02:49puisque les études des fédérations des étudiants montrent
02:53qu'il y a entre 14 et 30% qui ont déjà eu des idées suicidaires.
02:58Et puis ce sujet reste tabou, parce que c'est des verbatims issus de notre plateforme,
03:04notamment d'une médecin, qui va prendre le train pour aller consulter
03:09dans un autre département un autre médecin.
03:11Donc ça reste une situation dont on ne parle pas assez,
03:16puisque les soignants ont du mal à déclarer qu'ils vont mal.
03:20Qu'est-ce que fait SPS, l'Institut pour la santé des soignants ?
03:24Qu'est-ce que vous proposez ?
03:25Qu'est-ce que vous leur proposez pour qu'ils aillent mieux ?
03:28Alors SPS, c'est une association qui a été créée il y a maintenant plus de 10 ans,
03:32qui a déjà fait le constat il y a 10 ans que les soignants avaient déjà été confrontés
03:36à un burn-out.
03:37On a trois grandes missions, l'accompagnement, la prévention et la défense de la cause,
03:41dont je viens de parler avec la diffusion des chiffres que je viens de vous citer.
03:46Mais les actions les plus concrètes, c'est d'abord tout un dispositif d'accompagnement psychologique
03:52qui va de l'écoute jusqu'à l'hospitalisation d'urgence avec une plateforme qui est unique en Forens,
03:58qui permet d'accéder via un numéro ouvert qui est le 0805 23 23 36
04:02ou une application à plus de 120 psychologues de façon gratuite, anonyme et confidentielle
04:07avec 100% de décrochés.
04:10Donc ça c'est très important parce que c'est une plateforme avec des vrais professionnels
04:15formés au post-traumatique à la prévention du suicide qui écoutent, réorientent vers un réseau médicalisé,
04:20voire d'hospitalisation, voire d'hospitalisation d'urgence en cas d'idées suicidaires imminentes.
04:26Donc ça c'est notre dispositif d'accompagnement psychologique,
04:30mais on a également tout un tas d'ateliers autour de la santé des soignants
04:35sur le bien manger, bien bouger, bien dormir, bien respirer, mais aussi la santé de la faim.
04:39Tout cela sur la plateforme SPS, l'Institut pour la santé des soignants.
04:44Vous savez ce qu'on va faire ?
04:45Oui.
04:46On va dire merci, parce que ça on ne le dit jamais assez,
04:50puisque nous sommes sur une grande antenne et que nous nous sommes écoutés
04:54du côté du sud de la France, dans le bord de l'air, en Ile-de-France, au nord, en
05:00Corse, partout ailleurs.
05:01Nous disons merci, merci aux soignants, merci aux brancardiers, merci aux aides-soignantes,
05:07merci aux infirmiers, merci aux médecins, merci à vous qui prenez soin de nos santé,
05:12de la santé de nos proches.
05:13Il ne s'agit pas de tambouriner que quand il y a le Covid, il faut savoir dire merci.
05:17Donc vous nous entendez, je vais le redire, merci.
05:20Thibaut Fleury, quand il s'agit de parler de handicap au travail,
05:25vous pouvez le faire dans votre chronique Bosson-Futé,
05:27vous avez mis du temps à comprendre ce que cela voulait vraiment dire,
05:32handicap et travail, handicap au travail ?
05:36Oui Didier, j'avoue, il y a seulement une quinzaine d'années
05:40que j'ai découvert quelque chose qui m'a surpris.
05:42Quand la loi demandait aux entreprises d'au moins 20 salariés
05:45de compter 6% de travailleurs en situation de handicap,
05:49elle ne parlait pas seulement des handicaps lourds ou visibles.
05:52Et j'ai réalisé que j'étais moi-même concerné.
05:54Comme beaucoup, j'associe d'abord le handicap à une personne en fauteuil roulant.
05:58Mais la loi vise une population beaucoup plus large.
06:01Des personnes qui travaillent avec une maladie chronique,
06:03des troubles auditifs, des douleurs persistantes ou des troubles dys, par exemple.
06:06Et bien souvent, cela ne se voit pas.
06:09Selon la GFIP, 80% des handicaps sont invisibles.
06:12Et pour mesurer l'ampleur du sujet,
06:14la Dresse estime que 28% des personnes de plus de 15 ans
06:18présentent une limitation fonctionnelle importante.
06:20Qu'est-ce que ça change pour l'entreprise ?
06:23Je dirais que ça change d'abord le regard.
06:25On recrute pour les compétences,
06:27pas simplement pour être dans les clous des 6%.
06:29Prenez Alice Belfer,
06:31qui dirige l'hôtel Baudelaire Opéra à Paris
06:32et que nous avons reçu il y a quelques semaines.
06:34Pour maintenir deux salariés dans l'emploi,
06:37elle a adapté leur poste,
06:38puis elle a étendu ses aménagements à toute l'équipe,
06:41tout en repensant les horaires et l'organisation du travail.
06:43Résultat ?
06:44Moins de pénibilité,
06:46de meilleures conditions de travail pour tous,
06:47mais aussi une fédélisation
06:49et une attractivité nettement renforcée.
06:51Ce qui était au départ une réponse
06:53à deux situations individuelles
06:54est devenu un progrès pour toute l'entreprise.
06:56Et pour cela,
06:57les entreprises peuvent s'appuyer
06:58sur leur service de santé au travail
07:00et bénéficier d'aide de la GEPHIP ou de la CARSAT.
07:03Et pour le salarié,
07:04quel est l'intérêt à faire reconnaître un handicap ?
07:07Alors c'est là qu'intervient la RQTH,
07:09la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
07:12Le mot fait parfois peur.
07:14On se dit, moi, handicapé, certainement pas.
07:16Pourtant, ce n'est pas une étiquette.
07:18C'est un outil pour améliorer ses conditions de travail
07:20et préserver son emploi.
07:22Elle peut faciliter des aménagements d'horaires,
07:24du matériel adapté,
07:25un accompagnement ou une formation.
07:27La demande se fait auprès de la maison départementale
07:29des personnes handicapées.
07:30Et rien n'oblige à informer son employeur
07:33de cette reconnaissance,
07:34même si le faire peut faciliter certaines solutions.
07:38Alors quand et qui sait,
07:40comment on est concerné
07:42et pour aller, premier réflexe,
07:44consultez qui ?
07:45On va aller consulter son médecin du travail.
07:48On peut demander une visite à tout moment,
07:50sans attendre la prochaine convocation.
07:52L'échange est couvert par le secret médical.
07:55Le médecin peut proposer des adaptations de poste,
07:57même sans RQTH.
07:58Et le service de prévention et de santé au travail
08:00peut vous accompagner dans les démarches.
08:02Et surtout, n'attendez pas que la santé se dégrade.
08:04Au fond, une entreprise inclusive,
08:06ce n'est pas une entreprise qui fait une tasse
08:09à quelques personnes malgré leurs différences.
08:11C'est une entreprise qui conçoit le travail
08:13pour que chacun puisse y trouver sa place.
08:15Et souvent, ce qu'on améliore pour l'heure.
08:17Profite à tous.
08:18Merci Thibault Fleury.
08:19Je rappelle que nous nous retrouvons vos chroniques
08:21sur le site, la plateforme Bosson Futé.
08:25Et j'entends bien qu'il n'y a pas que les personnes
08:28en situation de handicap moteur,
08:31c'est-à-dire le fauteuil, qui sont concernés.
08:34J'en profite pour vous rappeler
08:35un petit écart de langage que l'on fait trop.
08:38On ne dit pas, une personne,
08:40c'est une handicapée, c'est un handicapé.
08:42On dit, c'est une personne qui est en situation de handicap.
08:46Pourquoi ?
08:46Parce que l'on ne réduit pas la personne à son handicap.
08:50Je suis une personne en situation de handicap.
08:52Je ne suis pas un handicapé.
08:54C'est très, très, très différent.
08:55Est-ce que vous êtes sensible à ce langage, Catherine Cornhibert ?
08:59Oui.
09:00Personnellement, j'ai un enfant qui est en situation de handicap.
09:03Donc, ça me touche particulièrement,
09:05ce qui vient d'être dit.
09:07Et puis, je pense que pour revenir à SPS,
09:09on a aussi beaucoup de soignants
09:11qui sont en situation de handicap
09:13et qui ne parlent pas, effectivement,
09:15de cette vulnérabilité,
09:16comme ils ne parlent pas de leur maladie.
09:18Donc, c'est quelque chose qui nous touche
09:20également beaucoup au niveau de SPS
09:22et qu'on respecte et qu'on essaie aussi d'accompagner
09:24au niveau de notre plateforme
09:26et au niveau d'ateliers de préservation aussi de leur santé.
09:30De la santé des soignants avec SPS,
09:33l'Institut pour la santé des soignants.
09:34Donc, moi, j'ai envie de vous questionner
09:37sur quelque chose qui nous taraude.
09:40Onze ministres de la santé,
09:42ils ont fait quoi, en fait ?
09:43Et si on changeait de langage,
09:44qu'est-ce qu'ils foutent ?
09:45La santé mentale des soignants,
09:48la santé physique des soignants,
09:49ça devrait être une priorité.
09:51Comment ne pas s'occuper de la santé
09:53de ceux qui nous soignent ?
09:55Alors, vous avez raison,
09:57c'est plus qu'une priorité pour nous,
09:59en tout cas pour les soignants.
10:01Ça devrait être un enjeu de santé publique.
10:03Ça devrait être déclaré comme une grande cause nationale
10:06parce que c'est une condition
10:08de l'accès aux soins de chaque Français.
10:11Et prendre soin de ceux qui nous soignent,
10:14c'est garantir que chacun pourra, demain,
10:17encore être soigné.
10:18Donc, c'est préserver, en fait,
10:20notre vie à tous.
10:21Un soignant qui ne va pas bien,
10:23c'est notre vie à tous qui est en danger.
10:25J'ai dans ma question
10:26que font les pouvoirs publics ?
10:28Vous qui êtes au cœur de cette force
10:30qui est de dire
10:31prenez soin de la santé mentale des soignants,
10:33vous avez rencontré les ministres de la Santé ?
10:35Vous avez discuté avec eux ?
10:37Ils vous accompagnent ?
10:37Ils donnent des budgets ?
10:40Alors, il y a une prise de conscience
10:41puisqu'en 2023, il y a eu quand même
10:43un rapport ministériel sur la santé des soignants
10:46qui a été porté par Agnès Firmin-Bordeaux.
10:50En 2026, pour continuer,
10:53trois ans après, il était temps,
10:55il y a une feuille de route
10:56sur la santé des soignants
10:57avec 13 missions et 4 axes.
10:59Donc, ça avance.
11:01Derrière tout ça, il y a aussi...
11:02Ça apportait ses fruits et des actes ?
11:03En tout cas, ils sont en train de déployer.
11:07Bon, ça déploie.
11:08On les aide, en tout cas,
11:09pour être opérationnels dans ce cadre-là.
11:11J'arrive à vous faire dire les choses.
11:12Vous les aidez pour être opérationnels.
11:15C'est ça.
11:15Donc, c'est encore pas tout à fait là.
11:17Non, on a espoir.
11:19Vous avez espoir, nous aussi.
11:21Nous aussi, on a espoir.
11:22Parce que la santé mentale des soignants,
11:23ça devrait être une priorité.
11:25On s'interrompt, on se retrouve tout de suite
11:26après pour la suite de La Tête dans le taf.
11:29Il sera question des cadres.
11:31Qu'est-ce que c'est que d'être cadre aujourd'hui ?
11:33Et puis, avec Michel Coury,
11:34nous parlerons des soignants,
11:36ceux qui soignent les autres.
11:37Mais comment ils soignent, eux ?
11:38A tout de suite.
11:39Sud Radio, La Tête dans le taf.
11:42Didier Meyrand.
11:43Avec Kéréa, l'experdition de prévention en entreprise.
11:47Le travail, c'est la santé.
11:50Rien faire, c'est la conserver.
11:55Les prisonniers des boulots
11:59font pas de vieux os.
12:04Et pourtant, nous allons tous faire de vieux os.
12:07Parce que le travail, c'est la santé.
12:09Ne rien faire, c'est la conserver.
12:10En tout cas, chacun peut observer le discernement.
12:13Qu'il s'occupe, trois, qu'il s'opère.
12:15Quelle place je donne à mon travail ?
12:18Est-ce que c'est un épanouissement ?
12:20Est-ce que c'est pour remplir le chariot ?
12:21Est-ce que ça nous prend la tête ?
12:23Ou est-ce qu'au contraire,
12:24c'est une passion dans la vie ?
12:26Passion, profession, tout peut arriver.
12:27Nous parlons de la santé mentale
12:29et de la santé physique des soignants
12:31avec SPS, l'Institut pour la santé des soignants.
12:34Et je reçois Catherine Corniber.
12:36Je voudrais que vous nous disiez
12:38qui paye quoi pour la santé mentale des soignants
12:42et la santé physique des soignants.
12:43Enfin, je voudrais que vous nous disiez
12:45qui paye quoi pour la santé des soignants.
12:49Comment c'est organisé ?
12:51Au niveau de l'Institut pour la santé des soignants,
12:54en fait, on a une plateforme nationale d'écoute
12:55qui est financée essentiellement par les pouvoirs publics
12:58et quelques fondations privées.
13:01Donc, l'association paye les psychologues
13:04qui répondent au téléphone
13:05et en moyenne, c'est 30 minutes l'appel,
13:07le jour comme la nuit.
13:09Donc, c'est l'association, en fait,
13:10qui rémunère les psychologues
13:12qui font ce travail formidable depuis 10 ans
13:14pour accompagner, soutenir, réorienter
13:16et voire même hospitaliser
13:18les professionnels de santé.
13:20Donc, les agences régionales de santé
13:22nous soutiennent dans cette démarche.
13:24Également, la Caisse nationale d'assurance maladie,
13:27la région Île-de-France et la région Grand-Est
13:28et puis des fondations
13:30qui peuvent nous soutenir
13:32pour accompagner cette cause
13:34et pouvoir donner l'accessibilité à tous,
13:37que ce soit les soignants avec un grand S,
13:39parce que souvent, on parle d'infirmiers, de médecins,
13:42mais pour nous, les soignants,
13:43c'est aussi les administratifs,
13:44c'est les secrétaires médicaux,
13:46mais c'est aussi les étudiants en santé.
13:47Tout le personnel soignant au sens large,
13:49ils vous disent quoi de manière générale ?
13:51Ils se sentent considérés ?
13:52Ils sentent que leur santé est prise en compte ?
13:55Ou ils sentent que, bon, faites votre travail,
13:57même si à l'hôpital, on est débordé,
14:00vous gérez, quoi.
14:01J'ai un exemple récemment d'une infirmière
14:04qui dort dans sa voiture
14:05parce qu'elle ne peut pas se loger à Paris.
14:07Comment on peut dormir dans sa voiture
14:09et aller faire des perfusions à 9h ?
14:13C'est un vrai souci
14:14puisqu'effectivement,
14:15on parle de mauvaises conditions de travail,
14:18mais aussi il y a la santé individuelle
14:20sur le sommeil, l'activité physique, l'alimentation.
14:24Donc il y a non seulement la mauvaise qualité de vie
14:26et les conditions de travail,
14:27mais il y a aussi la santé individuelle
14:29et depuis peu, il y a la santé,
14:31ce qu'on appelle, nous, environnementale
14:32sur les crises géopolitiques,
14:35sur les crises climatiques,
14:36sur les crises pénuries d'essence,
14:38les crises de pénuries de soignants,
14:40les crises de pénuries de médicaments,
14:41bref, des crises en continu
14:43qui font qu'ils travaillent sous tension en permanence
14:46et on ne leur demande pas
14:48s'ils ont le choix ou pas d'aller travailler.
14:51Pour eux, c'est culturel,
14:52ils doivent aller travailler
14:53quelles que soient leurs conditions physiques ou mentales
14:55et forcément, ça a une incidence
14:58sur la qualité du soin
15:00et sur la qualité même de vie des patients.
15:03Bon, alors ils sont 40 encore
15:05avec candidats aux élections présidentielles.
15:08J'espère que vous serez entendus
15:10et que la santé mentale et la santé physique,
15:12la santé tout court des soignants,
15:14sera prise en charge.
15:15Parlons des cadres avec Fabienne Brocaret
15:18qui est directrice éditoriale des magazines
15:20Courrier, Cadre et Rebondir.
15:22Aujourd'hui, dans votre chronique Happy Job,
15:24vous nous parlez de ce qu'il y a vraiment,
15:27peu ou prou, changé pour les cadres.
15:29Est-ce que leur portrait est modifié ?
15:31Alors, leur portrait a changé
15:32même si les clichés ont la vie dure.
15:34Car si je vous dis cadres,
15:35vous pensez sûrement à un homme
15:36en costume avec son petit attaché-caise
15:38dans son bureau au sommet d'une tour de la Défense.
15:41Sauf que cette image d'épinal
15:42a pris un sacré coup de vieux.
15:43La PEC vient en effet de publier
15:44une grande étude qui retrace
15:45les transformations de cette population.
15:47Premier constat,
15:48depuis la fin des années 60,
15:50le nombre de cadres du privé
15:51a été multiplié par plus de 5.
15:53Et leur profil a beaucoup changé.
15:54Les femmes représentent aujourd'hui
15:56environ 4, 4 sur 10,
15:58alors qu'elles étaient seulement 2 sur 10 à l'époque.
15:59Leur niveau de qualification
16:01a également beaucoup progressé.
16:02Aujourd'hui, 7 cadres sur 10
16:04ont au moins un bac plus 3.
16:05Et avec l'essor des services et du numérique,
16:07leurs métiers se sont considérablement diversifiés.
16:10Enfin, 58% des cadres sont des experts
16:13sans responsabilité d'encadrement direct.
16:16Être cadre ne signifie donc plus forcément être chef.
16:20Mais alors, malgré toutes ces transformations,
16:23est-ce que les cadres restent attachés à ce statut ?
16:27C'est toujours une revendication qui compte ?
16:31Oui, oui, oui.
16:32Ils y sont encore attachés.
16:3385% des cadres déclarent que leur statut
16:36est important à leurs yeux.
16:37Et pour cause,
16:38il est associé à une rémunération en moyenne plus élevée,
16:41à des responsabilités,
16:42mais aussi à une plus grande autonomie.
16:43Par exemple, 8 cadres sur 10
16:45disposent d'une certaine souplesse
16:46pour organiser leurs horaires de travail.
16:48Mais attention, cette liberté a un revers.
16:50Les journées s'allongent,
16:51les réunions s'enchaînent
16:52et les sollicitations se multiplient.
16:55Résultat, 44% des cadres ont le sentiment
16:57de ne pas pouvoir décrocher du travail
16:58pendant leur temps libre.
16:59Et c'est là tout le paradoxe.
17:01On peut être libre d'organiser sa journée,
17:03mais avoir beaucoup de mal à décider
17:04quand elle s'arrête.
17:05Et cette pression peut finir par peser
17:07sur la santé,
17:08mais aussi sur la vie personnelle.
17:09Pour les cadres,
17:10quels sont aujourd'hui les critères
17:12qui se n'ont eu définis
17:13une carrière réussie ?
17:15Alors, c'est sans doute
17:15ce que je trouve le plus intéressant
17:17dans cette étude.
17:17Pour 63% des cadres,
17:19réussir sa carrière,
17:20c'est s'épanouir dans son travail.
17:22Et ils sont tout aussi nombreux
17:23à citer comme critère
17:24l'équilibre entre la vie pro
17:26et la vie perso.
17:27En comparaison,
17:28seulement 21% citent le fait
17:30de grimper les échelons
17:31de la hiérarchie.
17:32On est donc loin de la vision
17:33de la réussite à l'ancienne.
17:34Gravir les échelons,
17:35devenir manager,
17:36puis directeur,
17:37voir le graal,
17:38entrer au comex.
17:39Alors attention,
17:40cela ne veut pas dire
17:40que les cadres manquent d'ambition.
17:42Mais réussir,
17:43ça peut aussi vouloir dire
17:44de devenir un expert reconnu
17:45dans son domaine,
17:46continuer à apprendre,
17:47participer à des projets stimulants
17:49sans forcément devenir le boss.
17:51Et là, Didier,
17:52il y a un vrai sujet
17:53pour les entreprises.
17:54Parce que si la seule manière
17:55de progresser,
17:56c'est d'être reconnu,
17:57enfin pour être reconnu
17:58ou mieux payé,
17:59c'est de devenir manager,
18:00on risque de pousser
18:01des collaborateurs
18:02vers des fonctions
18:03dont ils n'ont pas vraiment envie.
18:04Et ce n'est pas parce
18:05qu'on est un excellent expert
18:06qu'on sera forcément
18:07un très bon manager.
18:08Encore faut-il en avoir
18:09non seulement l'envie,
18:11mais aussi y être bien préparé.
18:12Alors finalement, Didier,
18:13ce que nous montre
18:14l'exemple des cadres,
18:15c'est peut-être
18:16qu'il serait temps
18:16d'arrêter de confondre
18:17la réussite professionnelle
18:19et l'ascension hiérarchique.
18:21Un bon entendeur.
18:21Salut, merci Fabienne Brocaret.
18:24Je rappelle que vous êtes
18:24directrice éditoriale
18:25des magazines Courrier-Cadre
18:27et Rebondir.
18:28Catherine Cornhibert,
18:30vous qui dirigez SPS,
18:32l'Institut pour la santé
18:33et les soignants,
18:34est-ce qu'il y a une différence
18:35pour les cadres
18:36ou les non-cadres
18:37à l'hôpital,
18:38dans les cliniques
18:38ou les personnels soignants ?
18:40Ou est-ce que finalement
18:41tous se plaignent
18:43des mêmes maux
18:43pour leur santé ?
18:45De façon générale,
18:47on reconnaît
18:47l'épuisement,
18:48la fatigue,
18:49des fois des mauvaises
18:50qualités de vie
18:51et de conditions de travail
18:52et une santé individuelle
18:54et une santé environnementale
18:55et sociale dégradée.
18:57Néanmoins,
18:58il y a des personnes
18:59qui sont plus vulnérables
19:00que d'autres
19:01et quand on regarde
19:02un petit peu les chiffres
19:03sur notre plateforme nationale
19:04d'écoute,
19:05qui est quand même
19:06le plus bel observatoire
19:07sur la santé des soignants
19:08en France,
19:08on remarque que les personnes
19:10qui nous appellent le plus
19:11ce sont des femmes.
19:13Et le profil type,
19:14c'est une aide-soignante
19:15ou une infirmière
19:16de 43 ans
19:17qui est plutôt
19:20en situation urbaine,
19:22qui fait un temps de voyage
19:24aptent,
19:24monoparental,
19:25avec deux enfants.
19:27Donc voilà un petit peu
19:27le profil type
19:29d'une personne
19:30la plus vulnérable,
19:31d'une soignante
19:31la plus vulnérable.
19:32Et nous pensons
19:34à elle au pluriel
19:35qui nous écoute
19:36à travers les territoires
19:38sur les FM
19:40de Sud Radio.
19:41Encore une fois,
19:42on vous tire notre chapeau.
19:44Alors,
19:45il nous soigne,
19:46il soigne tout le monde,
19:47mais pour prendre
19:49sa place au boulot,
19:51nous allons en parler
19:52avec Michel Coury.
19:53Bonjour Michel.
19:54Bonjour Didier.
19:55Je rappelle que vous êtes
19:57un expert du personal branding
19:59et un influenceur
20:00qui compte
20:01des centaines
20:02de milliers
20:02de followers,
20:03des millions.
20:04Alors,
20:04dites-nous,
20:05ils soignent tout le monde,
20:06mais eux sont-ils
20:07les plus mal chaussés
20:09des soignants ?
20:11Parce qu'on leur a appris
20:12à passer en dernier
20:13dans ces métiers,
20:15il y a une raide,
20:16je pense,
20:17non écrite.
20:17Le patient d'abord,
20:18l'équipe ensuite,
20:20soit jamais.
20:20on enchaîne les services,
20:22on saute le déjeuner,
20:23on reste une heure de plus,
20:24on trouve ça normal.
20:26Et quand un soignant va mal,
20:28il se dit,
20:29de quoi je me plains ?
20:30Les gens en face
20:31vont bien plus mal que moi,
20:33sauf que la souffrance,
20:34ça ne se compare pas.
20:36Qu'est-ce qui peut empêcher
20:38un soignant,
20:39dans son hôpital,
20:41par exemple,
20:41de demander de l'aide ?
20:43Alors,
20:44que ce soit à l'hôpital
20:45ou dans d'autres métiers,
20:46mais à l'hôpital,
20:47peut-être la peur de passer
20:49pour celui qui ne tient pas
20:50le coup.
20:51Dans beaucoup d'équipes,
20:53dire je n'y arrive plus,
20:54c'est craindre d'être vu
20:55comme le maillon faible.
20:56Alors,
20:57on serre les dents,
20:58on fait bonne figure
20:59et on rentre vidé.
21:00Et c'est là
21:01que l'association SPS,
21:03dont Catherine Corniber,
21:05elle en est la directrice générale,
21:07prend tout son sens.
21:09Une ligne d'écoute gratuite,
21:1024 heures sur 24,
21:120805 23 23 36.
21:15Appeler,
21:15ce n'est pas s'effondrer,
21:17c'est se soigner.
21:18Alors,
21:18concrètement,
21:19on fait quoi ?
21:19Si vous êtes un soignant.
21:22Si on est un soignant,
21:24prenez votre place
21:26dans les décisions
21:26qui vous concernent.
21:27Vos planning,
21:28vos conditions,
21:29votre charge,
21:30vous êtes aussi légitime
21:31à en parler
21:32qu'à soigner.
21:34En deuxième,
21:35je dirais,
21:35si vous dirigez une équipe,
21:36posez la question
21:37avant la crise,
21:38comment tu vas toi ?
21:41Et attendez vraiment
21:42la réponse.
21:44Et en dernier,
21:45si vous êtes collègue,
21:46ne laissez jamais
21:47quelqu'un s'isoler.
21:48Un simple,
21:48tu me sens plus fatigué,
21:50on en parle,
21:51peut tout changer.
21:53Quel est le mot
21:53de la fin
21:54de votre rubrique
21:55de cette semaine ?
21:56Prends ta place.
21:58Prendre soin des autres,
21:59c'est un métier.
22:00Prendre soin de soi,
22:02c'est la condition.
22:03C'est la condition
22:04de prendre soin de soi
22:06et vous particulièrement,
22:07les soignants,
22:08prenez soin de vous.
22:09Catherine Cornhibert,
22:10avant de se quitter,
22:11si demain,
22:12vous étiez présidente
22:13de la République,
22:14parce que ça peut être
22:14une femme,
22:16qu'est-ce que vous feriez ?
22:18La santé des soignants,
22:19c'est un enjeu
22:20de santé publique,
22:20donc c'est la fondation
22:21même de l'organisation
22:23du soin en France.
22:25Et puis,
22:26un pays qui laisse s'épuiser
22:27ceux qui soignent,
22:29fragilise en fait
22:29tous ses citoyens.
22:31Donc,
22:31prenons soin
22:32de nos soignants,
22:34faisons-en
22:34une grande cause nationale
22:36et puis surtout,
22:38il faut vraiment dire
22:39qu'un soignant
22:40peut être effectivement
22:41vulnérable
22:41et ne laisser jamais
22:43un soignant s'isoler
22:44comme on vient
22:44de le dire précédemment.
22:45Merci Catherine Cornhibert.
22:47Je rappelle que vous dirigez
22:48SPS,
22:49l'Institut pour la santé
22:50des soignants.
22:52On vous dit encore une fois
22:53à toutes et à tous,
22:54vous qui soignez
22:54sur tous les territoires,
22:55merci.
22:56Et nous nous retrouvons
22:57la semaine prochaine.
22:58A bientôt.
22:58Au revoir.
23:00Querea,
23:01l'expert des solutions
23:02de prévention en entreprise,
23:03vous a présenté
23:04Sud Radio,
23:06la tête dans le taf,
23:07Didier Meyran.