00:00L'invité de ce matin de nouveaux blocages de lycées annoncés en ce lundi de rentrer un mouvement des lycéens
00:04qui veut maintenir la pression sur le gouvernement
00:06pour obtenir davantage de moyens dans l'éducation. Alors à quoi faut-il s'attendre en région toulousaine ?
00:11Votre invité est le co-responsable de l'USL 31, l'Union Syndicale Lycéenne à Toulouse, Claudia Calmel.
00:16Bonjour Martha-Ramel Brossard.
00:18Bonjour.
00:18Vous étiez sur le terrain ce matin. Combien de lycées sont bloqués ce matin dans l'Anglo-Toulousaine ?
00:23Alors c'est difficile de vous dire à cette heure-là parce que bien sûr on n'a pas encore
00:25pu échanger avec tous les lycées pour être sûr
00:28lesquelles étaient en mesure de bloquer. Mais on estime qu'aujourd'hui on est sur une grosse dizaine de lycées
00:33de bloqués à Toulouse et aux alentours.
00:36On est à peu près sur 15 en comptant Muret et Colomiers. Donc on est dans les ordres de grandeur
00:40d'avant les vacances, voire même un peu plus pour certains lycées.
00:43Ça bloque où par exemple ? À Saint-Sernin ? On l'a entendu ce matin avec notre reporter Sébastien
00:46Mériot.
00:47C'est ça, j'étais avec lui ce matin et c'est vrai que ça a bloqué à Saint-Sernin,
00:50ça bloque aussi à Ozen, ça bloque à Toulouse-Otrecht, ça bloque à Rive-Gauche, ça bloque à Joséphine Baker,
00:56ça bloque à Arène,
00:56ça bloque donc globalement tous les lycées qui se sont mobilisés depuis le début du mois dernier.
01:00Et concrètement ça se passe comment ? Il y a des barricades ? Personne ne peut aller en cours ce
01:04matin ?
01:04Alors le but ce n'est pas d'empêcher tout le monde d'aller en cours, c'est-à-dire
01:07que les études supérieures, donc les classes préparatoires, les BTS,
01:11pour certains les cursus supérieurs, autres, c'est-à-dire je pense notamment au lycée agricole et au lycée professionnel,
01:17peuvent aller en cours bien sûr.
01:19Les classes supérieures peuvent toujours aller en cours quand on fait des blocages lycéens.
01:22Mais pour les lycéens effectivement le but est que personne n'aille en cours et que les cours soient vides
01:26pour justement montrer notre colère face à ce gouvernement qui nous a découvert.
01:29Le gouvernement justement qui a annoncé des mesures la semaine dernière comme le remplacement de Parcoursup d'ici 2028,
01:34Parcoursup qui était très critiqué au début du mouvement, il y a aussi eu le plafonnement à 28 élèves par
01:39classe de seconde qui a été annoncé, ça ne vous suffit pas ?
01:42Alors d'abord bien sûr que non ça ne nous suffit pas parce que le remplacement de Parcoursup a été
01:46annoncé de manière superficielle,
01:47c'est-à-dire qu'on est sur une refonte partielle, notamment en intégrant l'intelligence artificielle, ce qu'on
01:52estime être une mesure bien sûr insuffisante.
01:55Et le plafonnement des classes concerne les secondes, comme vous l'avez rappelé, mais il ne concerne même pas toutes
01:59les secondes.
02:00Il concerne la moitié des secondes dans les lycées les plus défavorisés.
02:02Ça va être le cas ensuite, par la suite, à partir de 2028, ça va être généralisé.
02:05À partir de 2028, mais bien sûr en 2028 ça ne sera plus ce gouvernement, donc les engagements qu'il
02:09prend sont assez caduques et ne seront plus valables.
02:13Mais surtout pour nous, à notre sens, le plus important c'est le plafonnement pour toutes les classes et pas
02:17seulement pour les secondes.
02:18Parce que les classes de première et de terminale, notamment dans leur spécialité, qui comptent énormément pour le bac,
02:23et notamment dans le système de Parcoursup pour leur avenir ensuite, ne seront pas plafonnées et ne sont elles pas
02:28réduites en nombre.
02:29Et de plus, les augmentations de personnel qui ont été annoncées par l'État ne sont pas suffisantes.
02:33C'est-à-dire que 500 professeurs de plus ne suffit même pas à faire descendre la moitié des classes
02:36de secondes à 20 télèves.
02:38Et annulation aussi, on le précise, des 838 suppressants de postes prévus au budget 2027.
02:41En fait, pour vous, la mesure qui permettrait de calmer la situation, c'est quoi ?
02:44C'est justement le plafonnement à 28 élèves pour tous les niveaux, c'est ça qu'il vous faut ?
02:48Pour nous, bien sûr, c'était une des revendications principales.
02:51Mais aujourd'hui, le mouvement ne peut s'envisager sans l'accession à d'autres revendications.
02:55C'est-à-dire qu'aujourd'hui, par exemple, il serait inenvisageable de considérer éteindre le mouvement, entre guillemets,
03:02puisque c'est clairement la volonté du gouvernement, sans envisager des revalorisations salariales pour les personnels,
03:07notamment pour les infirmiers et les infirmières qui, on le sait, dans l'enseignement public sont bien moins payés que
03:11leurs confrères en libéral.
03:12Là, on s'éloigne un peu de vos revendications de base qui étaient plus de moyens pour vous, les lycéens
03:16?
03:16Pas tellement, parce que plus de moyens pour les lycées, ça veut aussi dire plus de moyens pour les personnels.
03:19Je pense qu'il n'y a aucun lycéen qui a envie de travailler dans des classes où leurs professeurs
03:24sont mal payés
03:25et où leurs personnels sont injustement rémunérés.
03:28Parce que c'est aussi ça qui nous permet de meilleures conditions de travail.
03:31C'est aussi rémunérer justement nos personnels pour rendre aussi les postes attractifs.
03:35Parce que, par exemple, les postes d'infirmiers scolaires et d'infirmières existent théoriquement.
03:40C'est des postes qui ne sont pas remplis, tout simplement parce que les salaires et les temps de travail
03:43sont complètement inadaptés
03:44et que les postes ont de trop grosses charges.
03:46C'est-à-dire qu'on se retrouve avec des élèves, pour prendre l'exemple de mon lycée qui est
03:48le lycée Pierre de Fermat,
03:49on est un lycée de 2000 élèves.
03:51Mais étant donné que 1100 de ces élèves sont en prépa, en classe préparatoire,
03:57ça veut dire que les personnels administratifs, par exemple les AED,
04:01ce que les auditeurs ont peut-être appelé pion du temps où ils étaient au lycée,
04:04sont comptés pour les 900 élèves de lycée.
04:06Et donc ils se retrouvent à gérer 2000 élèves à un nombre d'effectifs qui est prévu pour 900.
04:10On estime qu'aujourd'hui c'est ça qui ne permet pas de remplir des conditions dignes de travail.
04:14Votre mouvement a débuté il y a six semaines.
04:15Certains lycées sont restés fermés pas mal de temps.
04:17Ça crée forcément du retard sur les programmes.
04:19Il y a des examens en fin d'année.
04:21Vous comprenez que ça inquiète une partie des élèves, une partie de vos collègues ?
04:24Oui bien sûr.
04:25Alors juste j'aimerais rappeler que le mouvement n'a pas commencé il y a six semaines.
04:28En région parisienne ?
04:29Oui bien sûr, mais c'est un mouvement qui est bien plus ancien que ça.
04:31Déjà parce que du côté des syndicats lycéens et des élèves en général,
04:35ça fait des années qu'on se bat pour de meilleures conditions.
04:37Mais qu'est-ce que vous leur dites à vos collègues qui vous disent que voilà,
04:39moi j'ai envie d'aller en cours parce que j'ai un examen à la fin d'année,
04:41j'ai le bac qui arrive à la fin d'année.
04:42Vous leur dites quoi à ces jeunes-là ?
04:44Déjà c'est une de nos préoccupations principales et c'est pour ça que par exemple
04:48les universités ont eu des journées de portes ouvertes avec des journées de formation.
04:52Nous aujourd'hui notre but c'est que tout le monde puisse avoir cours.
04:55Et en l'occurrence dans l'état actuel des choses, tout le monde ne peut pas avoir cours.
04:58Et on estime qu'aujourd'hui, tant que tout le monde ne pourra pas avoir cours dans des conditions dignes,
05:02c'est-à-dire que tant qu'il existera des lycées dans lesquelles les plafonds s'effondrent,
05:05dans lesquelles les professeurs ne sont pas remplacés,
05:07dans lesquelles les toilettes n'ont pas de porte et n'ont pas de papier toilette,
05:10nous estimons que ça ne vaut pas la peine qu'une minorité des élèves ait cours dans des conditions dignes
05:14si jamais c'est pour que tous les autres ne puissent pas avoir cours et ne puissent pas réviser leur
05:17bac.
05:17Ça peut durer combien de temps comme ça vous comptez durcir le mouvement ?
05:20Tant que le gouvernement ne répondra pas à nos revendications, bien sûr que nous continuerons.
05:24C'est-à-dire qu'aujourd'hui on a des annonces de mesurettes toutes les deux semaines
05:27au travers d'influenceurs et de convocations de personnes assez aléatoirement par le gouvernement.
05:34Nous on estime qu'aujourd'hui ce qu'il faut c'est des résultats concrets.
05:37Par exemple quand on voit que l'État propose de faire des prêts à taux très réduits
05:41comme notre très cher ministre nous l'a annoncé dans un mail envoyé au lycéen.
05:45Il y a aussi l'indexation des bourses sur l'inflation qui a été annoncée par le ministère.
05:49Mais qui n'a pas été indexée sur les dix années précédentes où elles ont été gelées.
05:52C'est-à-dire qu'on se retrouve avec une inflation qui en gros a fait perdre à peu près
05:56300-350 euros
05:57de pouvoir d'achat aux étudiants et des bourses qui seraient revalorisées de 150 à 200 euros.
06:02Ce n'est pas assez, ce n'est pas suffisant.
06:03En deux mots très rapidement, la question du maintien de l'ordre est revenue sur le tapis avec ce mouvement.
06:07Beaucoup de jeunes ont dénoncé des violences policières.
06:09Pour vous, la police doit adapter ces méthodes pour gérer cette mobilisation qui implique parfois des mineurs ?
06:14Bien sûr.
06:14Il y a eu aussi des policiers blessés, on précise quand même.
06:16Bien sûr, après il y a eu des policiers blessés.
06:20Il n'y a eu aucun policier qui a perdu une main ou un oeil.
06:24Merci beaucoup, on doit terminer.
06:25Merci beaucoup Martin-Ramel Brossard, co-responsable de l'Union syndicale lycéenne à Toulouse.
06:29Bonne journée.
06:29Merci.