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François Ruffin, candidat "Debout!" à l'élection présidentielle, était invité sur le plateau de BFMTV, ce lundi 2 novembre. 

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Transcription
00:00C'est un candidat à l'élection présidentielle qui est avec nous. Bonsoir François Ruffin.
00:03Bonsoir.
00:04Merci de votre présence. Vous êtes également député debout de la Somme.
00:08Alors nous allons parler dans quelques instants du climat politique délétère.
00:11D'ailleurs la question se pose, est-ce qu'on peut vraiment débattre de tout dans notre pays ?
00:15Dans quelles conditions va se tenir le scrutin présidentiel ?
00:18Mais tout d'abord, tous ceux qui nous regardent, on parle du SMIC, des carburants, des produits alimentaires.
00:24On va interroger ce soir le pouvoir de vivre des Français.
00:26Tout d'abord, sur la hausse du SPIC, M. Ruffin, le gouvernement envisage une revalorisation.
00:31Il envisage. Autrement dit, c'est l'idée d'une anticipation au 1er décembre de la revalorisation automatique du salaire
00:37minimum au 1er janvier.
00:39Et le gouvernement évoque aussi la piste d'un éventuel coup de pouce.
00:42Est-ce que c'est suffisant pour calmer la contestation ?
00:45D'abord dire que c'est un tiers des Français aujourd'hui.
00:48C'est un tiers des Français qui sont au ras de l'eau ou en dessous.
00:51C'est un tiers des Français qui prévoient cet hiver de se priver sur leur chauffage.
00:58C'est un tiers des Français qui se privent sur leur alimentation.
01:00C'est un tiers des Français qui se privent sur leurs soins.
01:03Et donc, ça veut dire que pour moi, il y a le SMIC, mais il y a aussi ce qu
01:06'il y a au-dessus du SMIC.
01:07C'est pour ça que moi, je parle de l'indexation des salaires sur l'inflation.
01:09Quand l'inflation prend 3%, c'est les salaires qui augmentent de 3%.
01:15Et quand on gagne sa vie en travaillant, qu'on se lève tôt le matin, qu'on s'y brise
01:22le dos, qu'on y met son énergie,
01:25le moins qu'on puisse faire, c'est que d'une année sur l'autre, on ne perde pas en
01:29pouvoir d'achat.
01:30On augmente tous les salaires.
01:32Ça s'est fait, vous savez, jusqu'en 1983.
01:34Oui, ça ne m'a pas échappé.
01:36Et donc, ça a existé pendant les 30 Glorieuses, sous De Gaulle, sous Valérie Giscard.
01:41Mais là, on est dans les 30 Piteuses.
01:43Pourquoi on est dans les 30 Piteuses ?
01:45Justement parce qu'on a supprimé ça.
01:46Vous savez, moi, je suis d'une économie, d'une école d'économie qui s'appelle l'école de la
01:51régulation.
01:52Donc, je suis partisan de régulation.
01:54Et il y a des régulations qui ont existé pendant des décennies dans notre pays,
01:58qui ont assuré stabilité et prospérité.
02:00On les a retirées.
02:02On laisse faire le marché tous azimuts.
02:03Et qu'est-ce qu'il fait le marché ?
02:04Il fait qu'il y en a qui se gavent et il y en a d'autres qui sont rationnés.
02:08Parce que, vous savez, si on était dans un pays où ça allait mal pour tout le monde,
02:12on comprendrait qu'il faut se serrer la ceinture, qu'on doit faire des efforts.
02:16Mais quand je lis les échos de mon ami Bernard Arnault, ce n'est pas tout à fait...
02:20Vous avez de bonnes lectures ?
02:20Toujours, toujours.
02:22Vous savez, finalement, là, c'est bourse.
02:24La France sont championnes d'Europe des dividendes.
02:26Donc là, il y a des Français pour qui tout va bien.
02:29Monsieur Refain, Thierry Cotillard, patron d'Intermarché,
02:32c'est un commerçant, il a dit, la baisse des fréquentations, les commerces pillés,
02:38ça, c'est une économie qui ne marche plus.
02:40– C'est ce que je viens de vous dire.
02:41– Et vous pensez qu'on a les moyens, aujourd'hui, d'augmenter tous ces salaires-là
02:45d'un coup de baguette magique ?
02:47– Ce n'est pas de la baguette magique, vous savez.
02:49Ce n'est pas de la baguette magique.
02:50Je mesure bien que dans notre pays, il y a deux économies.
02:52Il y a l'économie des groupes du CAC 40 dont je viens de parler,
02:57des échos, des dividendes, en fait, qui captent la plus-value.
03:02Et donc, tout est sucé par le haut comme un espèce de vampire qui suce par le haut
03:07et qui ne laisse finalement que des miettes ou presque rien
03:11aux sous-traitants, aux sous-sous-traitants, aux TPE, aux PME.
03:15Et donc, là, il y a un grand déséquilibre économique
03:18avec en plus des entreprises du CAC 40 qui, depuis dix ans,
03:21captent l'essentiel des aides, payent moins d'impôts
03:24et pourtant, ont supprimé plus de 100 000 emplois.
03:26Donc là, il y a un grand rééquilibre.
03:28– Et au passage, créer des emplois, mais ça, c'est le débat récurrent entre nous.
03:30– Madame Magrouk, je vous demande la VAR.
03:31– Et je suis obligée de rappeler la réalité.
03:33– Je vous demande la VAR, je vous demande la VAR, Madame Magrouk.
03:36Vous avez des gens qui travaillent en coulisses.
03:38Donc, je vous demande la VAR, vérifiez, sur ces dix dernières années,
03:41les groupes du CAC 40 ont supprimé plus de 100 000 emplois.
03:44C'est-à-dire que…
03:45– Vous parliez de Bernard Arnault en particulier.
03:47– Non, non, je ne parle pas de Bernard Arnault en particulier.
03:49Ça veut dire quoi ?
03:50Ça veut dire qu'on a un État qui pense par les hauts et par le gros
03:54plutôt que de penser par le petit, par le moyen et par le bas.
03:57– Je demande la VAR aussi.
03:58Quand on a les caisses vides et les poches trouées, comment on fait ?
04:01– La première chose, c'est de passer d'un État subvention à un État action.
04:07Ça veut dire quoi ?
04:08Ça veut dire qu'aujourd'hui, on a plus de 400 niches fiscales,
04:12211 milliards d'euros, et là-dessus, on arrose, on ne trie pas.
04:16Toujours les échos de mon ami Bernard Arnault, vous voyez ?
04:18Le crédit d'impôt recherche va redevenir la niche fiscale la plus coûteuse.
04:23Or, à la fois, un économiste macroniste comme Philippe Aguillon,
04:27tout comme le Conseil d'analyse économique,
04:29dit qu'à peu près la moitié de crédit d'impôt recherche,
04:32qui va aux firmes, ne sert à rien.
04:34Et je vous le dis pourquoi ?
04:36Je vous le dis d'une part, parce que je pense que ça serait mieux
04:39pour les Français de ne pas voir leur argent dépensé comme ça,
04:42mais ça serait un signe de justice qui serait envoyé.
04:45C'est-à-dire que les grandes entreprises diraient,
04:47d'accord, on commence par nous, on va demander des efforts aux Français,
04:51donc on commence par nous.
04:52Et je vous le dis, pour moi, la balle, elle est dans le camp du MEDEF.
04:54– C'est le gouvernement qui l'exclut, pour le moment.
04:56– Et je vous le dis, la balle est dans le camp du MEDEF.
04:58– Vous voulez que le MEDEF fasse une tribune en disant,
05:01nous sommes là, sollicitez-nous.
05:03– Exactement, je pense que si on prend au sérieux, par exemple,
05:07la question de la dette publique française,
05:09l'exemple devrait devenir des plus grosses entreprises de ce pays
05:13qui disent, bon, d'accord, quand on est capable de donner
05:1570 milliards d'euros de dividendes à nos actionnaires,
05:17on peut bien faire un effort à côté,
05:19voilà ce qu'on vous propose de supprimer.
05:21Je pense que le premier geste, il devrait venir de ce côté-là.
05:24Il faut voir l'état dans lequel se trouve notre économie aujourd'hui.
05:28– Je sais, d'abord, je reviens au SMIC.
05:30Par exemple, question simple, un SMIC correct pour vous,
05:33François Ruffin, c'est aux alentours de combien ?
05:36– C'est un SMIC à 1 700 euros.
05:37– 1 700 euros net.
05:38– Mais je vais vous dire, je vous propose,
05:40il y a une inconnue là-dedans et qu'il faut mettre en vérité
05:43au cœur du débat politique, c'est la question du logement.
05:47– Oui, bien sûr, les dépenses contraintes, bien d'accord.
05:49– La dépense contrainte, c'est le premier budget des ménages
05:52aujourd'hui, le prix de l'immobilier a augmenté de 80%
05:56ces 20 dernières années.
05:57Et donc, c'est ça qu'il s'agirait normalement.
05:59Si on veut soulager les difficultés des Français,
06:03la première chose à faire, c'est d'agir sur le logement.
06:06Et or, je ne l'entends pas dans la campagne présidentielle.
06:08– Oui, mais là, c'est un projet présidentiel.
06:10Là, on peut agir, enfin, le gouvernement ne peut agir que par un coup.
06:13Je vous soumets une proposition, François Ruffin.
06:15Dites-moi ce que vous en pensez.
06:16D'ailleurs, c'est l'une des pistes d'Édouard Philippe.
06:17Vous avez choisi le centre droit, si je puis dire.
06:21– Oui ? – Je vous écoute.
06:22– Voilà, allons-y. Travailler un peu plus, un peu plus,
06:26défiscaliser la totalité de ces heures supplémentaires
06:28et avoir à la fin de l'année un demi-smic,
06:30voire un smic supplémentaire.
06:32– Vous savez, c'est ça.
06:33– Un peu plus.
06:34– Là, vous savez pourquoi ils sont dans l'échec,
06:37Philippe, Attal, Rotaillot et compagnie ?
06:39Parce qu'on est dans une situation qui a grandement changé.
06:43La situation géopolitique, la crise climatique.
06:47Et eux, continuent à raisonner avec leur esprit d'avant.
06:50Là, vous ne mettez pas Édouard Philippe,
06:51vous mettez Nicolas Sarkozy 2007 et c'est la même chose.
06:55Vous imaginez, on a une crise climatique,
06:57on a la guerre avec la Russie,
07:00on a tout ça qui est en train de se produire
07:01et tout ce qu'ils ont, c'est leurs vieilles recettes.
07:03Voilà pourquoi ils sont en échec.
07:05Voilà pourquoi on a, pour l'instant,
07:08du côté de Marine Le Pen et du côté de Mélenchon,
07:10où ça pousse et que tout le bloc central
07:12est en effondrement total.
07:13– Donc on peut travailler plus,
07:14on peut gagner plus sans travailler plus.
07:16– Ce que je vous dis, moi,
07:18ce que je répondrais à Édouard Philippe,
07:20si j'avais la chance de l'avoir en face de moi,
07:21c'est déjà de travailler tous.
07:23On est dans un pays où chaque année,
07:25il y a 100 000 personnes qui sont broyées
07:27physiquement ou psychiquement par le travail.
07:29Ça veut dire qu'à la place de participer
07:31à la richesse du pays,
07:32de produire du PIB,
07:33de construire des maisons,
07:34enfin, à la place,
07:36ils se retrouvent condamnés,
07:37malgré eux,
07:38à être à leur maison
07:39parce qu'on les a broyées physiquement ou psychiquement.
07:41100 000 personnes par an.
07:42C'est l'équivalent de la disparition
07:44de toute l'industrie automobile chaque année.
07:46Et ça, c'est de la poussière d'humain
07:47qu'on met sous le tapis.
07:48Et il n'y a pas de...
07:49Le gouvernement ne réunit pas les entreprises
07:51en disant, bon, alors,
07:52qu'est-ce qu'on fait pour résoudre ce problème-là ?
07:53Ça plus que doubler en 10 ans.
07:55Donc, à la place...
07:56– Vous ne trouvez pas que les entreprises
07:57contribuent assez ?
07:59Elles ne sont pas patriotes de votre point de vue ?
08:00D'ailleurs, ceux qui sont à la tête des entreprises ?
08:03C'est une forme de patriotisme que vous demandez.
08:05– D'abord, j'opère un grand distinguo,
08:07vous savez, dans les entreprises,
08:09selon leur taille,
08:10que ce sont les grandes firmes
08:11ou que ce sont les PME
08:12qui sont attachées à leur territoire.
08:14Je vois une grande différence.
08:15Et sur le rapport aux salariés
08:19et au fait qu'on a ce problème,
08:20par exemple, du burn-out.
08:21Le burn-out,
08:23c'est toujours pas considéré
08:25comme une maladie professionnelle.
08:26Ça veut dire qu'aujourd'hui,
08:27il peut y avoir des entreprises,
08:28je vais citer Lidl,
08:30qui peuvent produire du burn-out en série
08:32et qu'il n'aura pas un euro à payer
08:34et que c'est la Sécurité sociale qui va payer.
08:37C'est l'État qui va payer,
08:38c'est les Français qui vont payer.
08:39Vous voulez faire une taxe burn-out ?
08:40Je suis pour le broyeur-payeur.
08:42Une entreprise broie ses salariés,
08:46eh bien, elle doit payer pour ça.
08:47Ça doit se chiffrer dans sa comptabilité.
08:49Sinon, elle va continuer.
08:51Or, aujourd'hui, c'est l'État...
08:52Donc, le climat psychologique doit être une donnée chiffrée et objective ?
08:57Vous savez, le burn-out, ce n'est pas un climat psychologique.
08:59Bien sûr, mais s'il y en a en série, c'est qu'il y a un problème.
09:01Oui, on sait qu'il y a des entreprises dans notre pays
09:05qui sont des professionnels du management toxique,
09:07qui en ont fait une stratégie de management.
09:11Eh bien, je pense que si on veut que ça cesse,
09:13il faut que ça leur coûte.
09:14Donc, on introduit le principe du broyeur-payeur.
09:16Une piste.
09:17Alors, je voudrais revenir très concrètement au pouvoir de vivre.
09:20Les prix, François Ruffin, du gazole,
09:22est-ce qu'ils baissent vraiment comme annoncé par le gouvernement ?
09:25Oui, si on en croit.
09:26Là encore, Thierry Cotillard, elle était à côté de...
09:28Comment non ?
09:29Je ne le conteste pas.
09:30Ah oui, vous êtes passé...
09:31Ah non, je croyais...
09:32Non, vous dites qu'elle est...
09:33Vous allez me dire qu'elle est infinie, métisante...
09:36Non, ce que je vais vous dire, madame Mabrouk,
09:38c'est du bidouillage, c'est du bricolage.
09:40Tout le monde le voit.
09:40Et par ailleurs, ce n'est pas vrai que ça ne coûte rien à l'État.
09:43Les millions de barils stratégiques libérés,
09:45ce n'est pas rien quand même ?
09:47C'est du bidouillage, c'est du bricolage.
09:48Et ce n'est pas vrai que ça ne coûte rien à l'État.
09:50Il va falloir les remplir, nos réserves stratégiques.
09:51Ah oui, ça c'est vrai.
09:52Ça va nous revenir à plus d'un milliard d'euros.
09:541,3 milliard d'euros à peu près.
09:56Donc, ce n'est pas vrai que ça ne coûte rien.
09:57On vient de mettre un milliard d'euros dans cette opération-là.
10:00Mais surtout, ça ne résout pas les problèmes dans la durée.
10:02Voilà, on bricole.
10:04On trouve des petits trucs.
10:05On fait un chèque énergie, là on libère des stocks,
10:07mais on ne résout pas le problème dans la durée.
10:09Et la réponse, pour moi, ce sont des régulations.
10:12Des régulations, le contrôle des prix et des marges.
10:14Ça existait jusqu'en 1986.
10:16La taxe flottante, qui fait qu'on baisse cette taxe
10:20quand le prix du gasoil augmente.
10:21On augmente cette taxe quand le prix diminue.
10:24Et je le dis, ces deux mesures-là ne coûtent rien à l'État.
10:28Pas un euro.
10:29Et enfin, troisième mesure, l'indexation des salaires sur inflation,
10:32qui fait que même si le prix de l'essence augmente,
10:36vu que le salaire augmenterait en conséquence,
10:38ça ne poserait pas de soucis.
10:39Donc en fait, le grand choix, il est là, Mme Mabrouk.
10:41Est-ce qu'on remet des grandes rails à l'économie française
10:45ou bien est-ce qu'on fait du bidouillage, du bricolage ?
10:47Mais ce que répondrait le gouvernement s'il y avait un représentant,
10:50ce n'est pas du tout mon cas, mais il vous dirait
10:51mais on ne peut pas agir sur les taxes.
10:53On ne peut pas, parce que par rapport aux autres pays,
10:54M. Ruffin, l'Espagne, l'Italie,
10:56nous n'avons pas fait les réformes nécessaires structurelles.
10:58La faute à qui il n'y a plus de marge de manœuvre.
11:01C'est un discours qui est complètement décalé ?
11:05J'entends pleinement, Mme Mabrouk,
11:06que ceux qui viennent nous dire ça,
11:08ce sont ceux qui ont mis le feu au pays.
11:10Parce que quand on a créé ou creusé le déficit à la pelleteuse,
11:13quand on fait un déficit de 1300 milliards d'euros,
11:17et ce n'est même pas pour l'investissement,
11:19ça n'a même pas été utile pour l'éducation,
11:21ça n'a pas été utile pour l'industrie,
11:23ça n'a pas été utile face au climat,
11:26ça n'a pas été utile pour avoir une loi grand âge face à la démographie,
11:29et c'est Emmanuel Macron qui nous a fait ces 1300 milliards d'euros de dettes-là
11:33qui ne servent à rien.
11:35Il faut mesurer le naufrage.
11:38On nous a dit que c'était le Mozart de la finance.
11:41Il était applaudi par le FMI.
11:43À l'arrivée, c'est un naufrage complet.
11:45Le PIB par habitant en France est passé sous la moyenne européenne.
11:48Les inégalités sont passées au-dessus de la moyenne européenne.
11:51Le taux de défaillance des entreprises est aujourd'hui record.
11:55Donc là, malheureusement, le prochain gouvernement,
11:58il va être bien dans la peine.
12:00Ça, c'est la réalité.
12:01Ça veut dire, et qu'est-ce que je propose ?
12:03Vous au pouvoir, pardonnez-moi,
12:04parce que c'est quand même lié un peu à la situation géopolitique.
12:06François Ruffin au pouvoir,
12:08qu'est-ce qu'il dit face aux oucas et aux humeurs de M. Trump ?
12:11Et c'est un impact direct dans nos stations ?
12:15D'abord, on construit une alliance pour affronter M. Trump
12:18avec l'Espagne, avec d'autres pays qui lui ont déjà dit clairement non.
12:22Il est en train de trembler, M. Ruffin.
12:23Il est en train de trembler.
12:24On est passé de la question...
12:27C'est lié.
12:28Même si c'est lié, il faut lui dire clairement non.
12:31Il ne faut pas être associé d'une once à la politique de M. Trump aujourd'hui.
12:36Nous sommes pieds et poings liés.
12:38Ce n'est pas nous qui avons les clés du coffre.
12:40Avec quoi ? Avec ce qui se passe dans les étroits d'embre ?
12:43S'il agit du nouveau en Iran, c'est terminé.
12:46Madame Mabrouille, il y a des outils de régulation
12:48que vous pouvez mettre au niveau français.
12:49C'est un choix.
12:50Là, c'est un choix économique.
12:52Est-ce qu'on laisse faire le marché ?
12:53Ou est-ce qu'on instaure des instruments de régulation ?
12:56Et par ailleurs, on doit peser sur le terrain géopolitique
13:00en cherchant des alliés pour dire
13:02nous refusons ce qui se fait au niveau de la guerre en Iran.
13:06Nous ne voulons être associés à rien de tout ça,
13:09à la fois pour des raisons morales,
13:11parce qu'on pense que ce n'est pas comme ça
13:12qu'on libère un pays.
13:15Ça, c'est une première chose.
13:16Et pour des raisons géopolitiques,
13:18parce qu'on sait que ça va se retourner contre nous.
13:19Je veux dire quand même une bonne nouvelle de ça.
13:22Je me permets.
13:24Je reviens à la fois de ce qui se passe en Ukraine
13:26et même de ce qui se passe en Iran.
13:28C'est l'échec de la force.
13:30Parce que M. Trump...
13:31C'est surtout la victoire des mots-là
13:34qui sont toujours en place.
13:35C'est l'échec de la force.
13:36Certains la subissent au prix du ça.
13:38C'est l'échec de la force.
13:39C'est l'échec de la force.
13:41M. Trump a cru qu'en bombardant Téhéran,
13:45il créerait un soulèvement.
13:47Il l'a tué à la place.
13:48C'est l'échec de la force.
13:49Et de la même manière pour M. Poutine,
13:51qui croyait qu'en 48 heures,
13:53il serait à Kiev,
13:54c'est l'échec de la force.
13:55Ça veut dire que,
13:56même si ces gens croient
13:58qu'on peut s'asseoir sur le droit international,
14:01eh bien, en fin de compte,
14:02ça se retourne contre eux.
14:03Ils sont pris au piège de ça.
14:05On le voit,
14:06le mid-terme doit être une catastrophe
14:07pour M. Trump.
14:09M. Jean-Jean, vous dites une alliance.
14:10Je vous donne un exemple.
14:11L'Allemagne achète encore
14:12une partie de son pétrole où ?
14:15Elle l'achète en Russie.
14:16Elle l'achète en Algérie.
14:18Mais alors, Mme Mabrouk...
14:19Il y en a qui n'ont pas de pudeur de gazelle.
14:21Non, mais...
14:23Ce qu'il nous faut faire dans la durée,
14:25dans la durée,
14:26il nous faut ne plus être dépendants.
14:28Donc, qu'est-ce qu'il faut...
14:29Oui, mais qu'est-ce qu'il faut faire ?
14:30Qu'est-ce que j'ai réclame depuis 10 ans ?
14:32Pourquoi je réclame depuis 10 ans
14:33en commission des affaires économiques
14:35qu'on en finisse avec les 5 millions
14:36de passoires thermiques ?
14:37Parce que je sais que c'est bon,
14:38évidemment, pour la planète,
14:40que c'est bon pour l'emploi local,
14:43les artisans,
14:44mais que c'est bon aussi
14:45pour la souveraineté nationale
14:46parce qu'on cotérise,
14:48là où chaque année,
14:49on dépense 40 milliards d'euros
14:52en importation de déficit,
14:54en importation de gaz et de pétrole
14:56russes, saoudiens, algériens, américains.
14:59Mettre pas à notre dépendance
15:00et donc aussi récupérer notre souveraineté.
15:03Oui, c'est un objectif.
15:05Vous savez, je prononçais le mot souveraineté
15:08du temps où c'était associé à souverainiste
15:10et ce n'était pas bien
15:11et je défendais la nécessité d'une souveraineté.
15:14Je voudrais que vous écoutiez
15:16une automobiliste.
15:17Elle, elle ne croit plus du tout,
15:18mais du tout, M. François Réfant,
15:19à toutes les promesses
15:20de tous les responsables politiques,
15:22quels qu'ils soient.
15:23Et vous nous direz,
15:24qu'est-ce que vous répondez
15:25à ces citoyens aujourd'hui,
15:26on va en parler lors des manifestations,
15:28mais qui aujourd'hui voient justement
15:30dans les stations
15:31la baisse infinitésimale
15:32et qui se disent, c'est trop.
15:35Moi, j'ai pas mis l'euro de retraite.
15:39Donc, quand il faut faire le plat,
15:40ça fait très mal.
15:42Et c'est vrai qu'on ne peut pas mettre...
15:44On voudrait bien acheter une voiture électrique,
15:45mais on n'a pas les moyens.
15:47On est à six mois
15:47en plus de l'élection présidentielle.
15:50Vous croyez que ça changera quelque chose ?
15:53Ils pensent tous à eux.
15:55Mais pas à nous, malheureusement.
15:58Elle a tort ?
16:00En tout cas, je comprends bien.
16:01Le désarroi,
16:02quand à la fois,
16:03on a des revenus qui sont très faibles,
16:06même pas 1 000 euros de retraite,
16:07et que de l'autre côté,
16:08on a des prix qui,
16:10quand ils bougent,
16:11fait qu'en fait,
16:12vous savez,
16:13c'est le reste à vivre.
16:14C'est le petit plus
16:15qu'on pourrait avoir
16:16et qui ne nous servira pas.
16:18Il n'est plus question
16:18d'avoir de restos,
16:19il n'est plus question
16:20de partir en vacances.
16:21C'est le tiers des Français
16:22dont je vais vous parler
16:23qui sont aujourd'hui
16:24sous l'eau
16:25ou au ras de l'eau.
16:25Et c'est à eux,
16:26en priorité,
16:27qu'il faut redonner de l'air,
16:29qu'il faut redonner.
16:30Pourquoi on est dans un pays
16:32où vraisemblablement
16:33le Rassemblement national
16:35est aux portes du pouvoir ?
16:36Parce qu'il y a des millions
16:37de Français comme ça
16:38qui, depuis des décennies,
16:39se sentent abandonnés.
16:40Et alors,
16:42c'est aussi la responsabilité,
16:44peut-être,
16:44de ceux qui sont encore au pouvoir.
16:46Je voudrais vous interroger,
16:47François Réphard,
16:48parce que vous réagissez très souvent
16:49aux propos de Roland Lescure.
16:51Là encore,
16:52dernièrement,
16:53lui,
16:53ça n'empêche pas
16:54de dormir les taxes.
16:56Et vous ?
16:56Mais d'abord,
16:57on l'écoute.
16:57Si vous voulez.
17:00Les prix de l'essence
17:01sont plus élevés en France
17:02qu'ailleurs.
17:03D'aucuns nous demandent
17:04de les baisser
17:04par la baisse des taxes.
17:05Je considère, moi,
17:06que la taxation du prix du pétrole,
17:07c'est une bonne manière.
17:08Mais quand vous dites
17:09que les prix du pétrole
17:10sont trop élevés en France,
17:12la raison essentielle
17:13pour laquelle les prix du pétrole
17:14en France sont plus élevés
17:15qu'ailleurs,
17:16c'est qu'on taxe plus qu'ailleurs.
17:18Moi, ce n'est pas une taxe
17:19qui m'empêche de dormir.
17:20Je sais que ça n'empêche
17:21d'endormir d'autres.
17:22Mais moi,
17:23ça ne m'empêche pas de dormir.
17:24Ça permet de financer
17:25plein d'infrastructures.
17:26C'est très bien.
17:28Qu'est-ce qui vous empêche
17:29de dormir ?
17:31Ce que je souhaiterais, moi,
17:32c'est les mettre au SMIC.
17:34Mettre les ministres au SMIC
17:37et voir comment ils s'en sortent
17:39avec ça.
17:40Comment ils font...
17:41Vous savez, moi,
17:41je vois des gens,
17:42ils connaissent le prix
17:43de leur facture d'électricité
17:45après la virgule.
17:46Voilà.
17:47Parce que c'est à ça
17:48que ça va se jouer.
17:49Que ça passe ou que ça,
17:50que ça ne passe pas.
17:51C'est des gens qui travaillent
17:52et qui, le 5 du mois,
17:54me montrent
17:55la banque
17:56qui leur envoie un SMS
17:57parce que ça y est,
17:58c'est les agios
17:58qui commencent à tomber.
17:59Si on mettait les ministres au SMIC,
18:00peut-être les anciens présidents
18:02à la diète,
18:02qu'est-ce que ça donnerait,
18:03selon vous ?
18:03Ils pourraient s'en sortir ?
18:05Je pense qu'ils passeraient
18:07de la grande économie générale
18:09à la petite économie domestique
18:11et peut-être simplement
18:13il y aurait déjà davantage
18:14de considération
18:15et de respect
18:15pour les Français
18:16qui font tourner
18:18les écoles,
18:18les hôpitaux,
18:19les usines,
18:19les bureaux.
18:20Est-ce qu'on devient
18:21une société de privilégiés ?
18:22Et là, c'est quelqu'un
18:23dans votre camp,
18:24votre galaxie,
18:25c'est le candidat
18:26Raphaël Glucksmann
18:27qui affirme,
18:28est-ce qu'il est bien placé
18:29pour le dire d'ailleurs,
18:30qu'on est une société
18:31aujourd'hui de privilégiés ?
18:33On l'écoute de nouveau ?
18:34Si vous voulez.
18:36Je soutiens
18:37et je serai dans la rue
18:38aux côtés des syndicats
18:39et de l'intersyndical
18:39parce que les Français
18:40n'en peuvent plus en fait.
18:41On est dans une situation
18:42où on n'arrive plus
18:43à boucler sa fin de mois
18:44où des gens
18:45qui se tuent au travail
18:47n'arrivent plus
18:48à vivre dignement
18:49de leur salaire.
18:49Et donc,
18:50il y a une question en France
18:51qui est la question
18:52de la vie chère
18:52mais qui est la question
18:53des bas salaires.
18:54Vous savez,
18:54en France,
18:54on est dans une situation
18:55où vous travaillez
18:57et vous ne touchez pas assez
18:58pour pouvoir vivre dignement.
18:59Et ça,
19:00c'est quelque chose
19:01auquel le gouvernement
19:02doit répondre
19:03de manière urgente.
19:03Il a répondu
19:04à une partie
19:05des demandes lycéennes
19:06mais rien n'est arrivé
19:07sur le pouvoir d'achat.
19:09Rien n'est arrivé encore
19:09sur le SMIC.
19:10Rien n'est arrivé
19:11sur la question des salaires
19:12au-delà du SMIC.
19:13Et il affirme,
19:14il ajoute,
19:15nous sommes dans une société
19:15de privilégiés.
19:17Il nous faut une nouvelle
19:18abolition des privilèges.
19:19On l'a eu
19:20en 1789.
19:22Ah ben oui.
19:23C'est un exemple
19:25de la même manière.
19:26Vous savez,
19:26la manière dont s'est passée
19:27l'abolition des privilèges
19:29la nuit du 4 août,
19:30c'est volontairement
19:33que les aristocrates
19:34sont montés
19:35à la tribune
19:35et ont dit
19:35moi je me débarrasse
19:37de la gabelle,
19:37je me débarrasse
19:38de ma taque,
19:39je ne ferai plus ça.
19:40C'est volontairement
19:41qu'ils y sont allés
19:42pour se dépouiller.
19:43Est-ce que je souhaiterais ?
19:44Quel privilège doit rester ?
19:45Parce que si on voit
19:46les privilèges
19:47qui doivent tous partir,
19:48il n'y en a plus,
19:48mais la liste
19:49c'est trop longue,
19:49mais qu'est-ce qui peut
19:52encore rester comme privilège ?
19:53Non, je souhaite
19:54qu'il n'y en ait plus
19:54de privilèges.
19:55La notion d'égalité.
19:56Ni pour les présidents,
19:57ni pour les ministres,
19:58Non, je suis pour
19:58l'abolition des privilèges.
19:59Je pense qu'Emmanuel Macron
20:01de lui-même,
20:02sortant de l'Elysée,
20:03il devrait dire
20:03écoutez, moi je ne demanderai
20:05plus un euro aux Français.
20:07Je n'aurai pas de retraite
20:09des années
20:10que j'ai passées à l'Elysée.
20:11Je n'aurai pas de bureau
20:12et un bel appartement
20:13lié à ça.
20:14Non, je n'aurai pas
20:15de majeur d'homme,
20:16je n'aurai pas de cuisinier.
20:17Et qu'il le dise de lui-même,
20:19tout comme, me semble-t-il,
20:20le comte de Noailles
20:21est monté à la tribune
20:22la nuit du 4 mai 1789
20:25pour dire
20:25j'abolis mes propres privilèges.
20:28Voilà ce que je mets
20:28dans le paquet.
20:29Que M. Martin du MEDEF
20:31vienne en disant
20:31ben voilà,
20:32les privilèges
20:33des multinationales
20:34qui font des prix de transfert,
20:35c'est fini,
20:36de moi-même,
20:37je les abolis.
20:38Est-ce que vous dites,
20:38ça sonne sûrement doux
20:39à certaines oreilles ?
20:40C'est de la démagogie
20:41ou vous le pensez vraiment ?
20:42Ah non,
20:42je le pense très profondément.
20:43Je pense très profondément
20:44que je suis favorable,
20:47moi, je le disais,
20:48à la réinsertion
20:48des plus riches
20:49de notre pays
20:50et que pour ça,
20:51je ne souhaite pas du tout
20:52qu'ils en soient exclus,
20:53qu'ils soient marginalisés,
20:54qu'ils soient détestés
20:55et que pour ça,
20:56la fraternité,
20:57elle passe par quand même
20:58une dimension de décence
20:59et d'égalité.
21:00Et qu'aujourd'hui,
21:01vous savez,
21:01je suis allé au Monaco-Yotcho
21:03il y a quelques années.
21:04Tiens,
21:08j'y suis rendu
21:08et j'ai découvert
21:09des grands yachts.
21:11J'ai toujours un plaisir
21:14à découvrir des univers
21:15qui ne sont pas les miens.
21:16Et là,
21:17voir qu'on proposait
21:18des joujoux,
21:19des hélicoptères
21:20pour me mettre sur les yachts,
21:21qu'il y avait des gens
21:21qui se faisaient livrer
21:23des framboises
21:23au large de la Grèce
21:24et que pour ça,
21:25c'était un voyage
21:26depuis les marchés du Pays-Bas,
21:28ça m'intéressait.
21:29Et je découvre un yacht
21:30qui s'appelle Limitless,
21:32le sans-limite.
21:33Et à mon sens,
21:34ce sans-limite-là,
21:36ça dit quelque chose
21:37de la psychologie
21:38d'une oligarchie
21:40qui s'est arrachée
21:42des lois communes.
21:44– Des lois communes ?
21:45– Oui,
21:45des lois communes.
21:46– Ils sont hors la loi.
21:47– Ils n'ont pas volé
21:49leur argent.
21:49– Je ne dis pas
21:51qu'ils ont volé leur argent,
21:52mais vous savez par exemple
21:53l'impôt,
21:54l'égalité devant l'impôt,
21:56ne pas mettre son yacht
21:57à Malte
21:58et le payer pleinement,
22:00ce sont des choses…
22:00Vous savez,
22:01moi je suis d'une gauche
22:02de la décence,
22:04je suis d'une gauche
22:05des gens ordinaires,
22:06d'une gauche qui vient dire
22:07simplement qu'il y a égalité
22:09au cœur de notre triptyque
22:10liberté, égalité, fraternité.
22:11Et cette égalité,
22:12elle doit valoir pour tous.
22:13– Alors c'est intéressant,
22:14cette gauche-là,
22:15qu'est-ce qu'elle dit
22:15par rapport aux manifestations,
22:17M. Riffin ?
22:17Parce qu'il y a la liberté
22:18de manifester,
22:19on vient de parler,
22:19on va insister sur les revendications
22:22légitimes sur le pouvoir d'achat,
22:23mais il y a aussi
22:24les revendications
22:25des commerçants,
22:26il y a aussi la liberté
22:27de commercer,
22:28il y a ceux
22:28qui veulent travailler,
22:29est-ce qu'on oublie
22:30ces libertés-là ?
22:31Est-ce que vous êtes
22:31d'une gauche qui dit aussi
22:32oui, vous pouvez être
22:33dans la rue évidemment,
22:35mais je pense aux commerçants,
22:36je pense à ceux
22:37qui veulent travailler,
22:38je pense à ceux
22:38qui peut-être vont devoir
22:39ouvrir le dimanche
22:40pour rattraper le petit
22:41chiffre d'affaires qui reste ?
22:42– Oui, vous savez
22:43que je suis d'une gauche
22:44de la non-violence aussi
22:45parce que je pense
22:46que c'est une faute
22:47pas seulement morale
22:48mais une faute politique
22:49que de recourir à l'aviance,
22:51notre objectif
22:52est de nous faire aimer
22:53et pas de nous faire détester.
22:54Donc je suis pour que
22:55les commerçants puissent ouvrir,
22:57puissent travailler
22:58et en toute sécurité.
22:59– Même le dimanche ?
23:00– Ah non,
23:01sur l'ouverture du dimanche,
23:02c'est non, non, non.
23:03– Le samedi,
23:04vous voyez bien
23:04que c'est un peu…
23:04– Oui, mais d'accord,
23:05peut-être qu'ils pourront
23:06se rattraper là-dessus
23:07s'ils le demandent.
23:08– Vous êtes pour le dimanche ?
23:09– Je ne ferai pas,
23:10j'interrogerai,
23:12je ne ferai pas un veto
23:13là-dessus
23:13s'il y a des baisses
23:14de chiffres à faire.
23:15Maintenant,
23:15moi je voudrais dire
23:16quelque chose.
23:16Moi je voudrais dire
23:17bravo aux lycéens.
23:19Bravo aux lycéens
23:19parce qu'ils sont
23:22en train de gagner
23:2328 par classe,
23:25la fin de parcours sup,
23:26il n'y aura pas
23:26de suppression de postes
23:27dans l'enseignement secondaire,
23:29ils sont en train de gagner.
23:30C'est la première fois
23:31depuis 20 ans
23:32qu'on a un mouvement
23:33de jeunesse
23:33qui est en train de gagner.
23:34Donc bravo aux lycéens.
23:35Mais je veux ajouter
23:36merci aux lycéens
23:37parce que ce qu'ils ont fait,
23:39c'est bon pour le pays
23:40tout entier.
23:42Qu'on ait baissé
23:43d'un point de P&B
23:44les dépenses
23:45en matière d'éducation
23:46ces 30 dernières années,
23:47à peu près 30 milliards d'euros,
23:49eh bien ça met
23:51le pays en difficulté.
23:52Vous savez,
23:52je suis venu avec la note
23:53du Conseil d'analyse économique.
23:55Je ne sais pas si vous voyez,
23:57ils ont rendu une note
23:58qui dit
23:59que c'est la première fois
24:02depuis des années,
24:03depuis 2014,
24:04qu'on est tous d'accord.
24:05Et qu'est-ce qu'ils mettent
24:06comme premier objectif
24:07les dépenses
24:08en matière d'éducation ?
24:10Et donc je veux dire que là...
24:11Mais qui n'est pas d'accord
24:12avec ça ?
24:12Eh bien justement...
24:14Trouvez-moi quelqu'un
24:15dans ce débat public
24:16et politique,
24:17M. Riffin,
24:17qui dit non,
24:18l'école ce n'est pas important,
24:19il ne faut pas investir.
24:20Eh bien du coup,
24:20il faut investir.
24:21Alors qu'on a abandonné
24:22et même que le gouvernement,
24:24il a fait quoi comme choix ?
24:25Il a dit bon,
24:25puisqu'il y a une baisse
24:26de la démographie,
24:27on va baisser le budget
24:28de l'éducation nationale
24:29en proportion.
24:29On vient d'augmenter
24:30depuis le début de l'entretien
24:30les salaires de tout le monde,
24:31on a les moyens
24:32d'investir dans l'école aussi ?
24:33Mais vous savez,
24:34ça pose un autre débat
24:36qui est est-ce qu'on veut
24:37un état subvention
24:38ou un état action ?
24:39Moi, je suis pour un état action
24:41qui se recentre
24:42sur sa colonne vertébrale,
24:43école, hôpital, police, justice.
24:46Donc on a un état
24:47qui ne doit pas avoir
24:4810 000 missions,
24:49mais ce qu'il fait,
24:50il doit bien le faire.
24:51Et donc là,
24:53eux, ils chiffrent
24:54à 4 milliards d'euros par an
24:55les dépenses nécessaires
24:56en matière d'éducation.
24:57Le conseil d'analyse économique,
24:58tous les économistes
24:59qui sont d'accord
25:01sur ce point-là.
25:02Vous savez,
25:02il y a une étude
25:03qui m'avait marqué,
25:04moi, c'est le Perry School Project.
25:05Je ne sais pas
25:05si vous connaissez ça.
25:07C'est dans un ghetto de Chicago,
25:08ils ont des sociologues américains
25:11qui n'ont pas d'hésitation
25:12à traiter les humains
25:13comme des souris.
25:13Ils ont pris 1 000 gamins.
25:15Il y en a 500,
25:15ils ont investi à fond
25:16en matière d'éducation.
25:17Il y en a 500,
25:19ils n'ont rien fait dessus.
25:19Et qu'est-ce qu'ils ont vu
25:2010, 20 ans, 30 ans plus tard ?
25:22Il y en a qui sont enseignants,
25:24qui sont soignants,
25:24qui sont psychologues,
25:26qui sont journalistes.
25:27Et puis de l'autre côté,
25:28comme on était aux Etats-Unis,
25:29il y a beaucoup d'addictions,
25:31beaucoup d'intercénérations,
25:32beaucoup de petits boulots.
25:33Et donc,
25:33ça montre quoi ?
25:34Qu'en vérité,
25:35à terme,
25:36les dépenses d'éducation,
25:37c'est un investissement.
25:38Ça n'est pas un goût.
25:40Mais je vous propose
25:40une autre enquête
25:41que vous connaissez aussi bien que moi,
25:42PISA.
25:43Vous avez vu le niveau ?
25:44Mais c'est bien un souci.
25:47C'est une question de moyens,
25:48c'est tout ?
25:50Ça n'est pas seulement
25:50qu'une discussion de moyens,
25:51mais ce qui est montré
25:53dans la note du CAE notamment,
25:55c'est un sous-investissement,
25:57notamment sur le primaire.
25:58C'est pour ça que quand je vois
25:59que le gouvernement,
26:00il est en train de dire,
26:01bon,
26:01puisque les élèves des lycées,
26:02ils sont en train de bouger,
26:03on ne va pas supprimer
26:04de postes dans le secondaire,
26:05mais en revanche,
26:06on va continuer
26:07à en supprimer dans le primaire.
26:08Enfin, c'est n'importe quoi.
26:10C'est n'importe quoi
26:11en termes de signal politique.
26:12Il faut dire, voilà,
26:13il n'y aura pas une suppression
26:14de postes dans l'éducation nationale
26:15dans le prochain budget.
26:16Il y aura ce gratisme.
26:17Et vous les appelez,
26:19si j'ai bien compris,
26:20à de nouveau manifester
26:21et à bloquer également ?
26:22Oui, je ne suis pas...
26:23Ou alors vous êtes pour la liberté
26:24quand même pour certains d'étudiers ?
26:25Je ne suis pas,
26:26madame Mabrouk.
26:26J'ai toujours laissé
26:28les organisations syndicales
26:31être maîtres de leur mobilisation.
26:33Ce n'est pas un politique
26:34de venir dire
26:34ce qu'il faut faire
26:35et ce qu'il ne faut pas faire.
26:36Je dis en revanche
26:37que notre objectif,
26:37c'est de nous faire aimer
26:39et pas de nous faire détester.
26:40Aimer par qui ?
26:41Par tous.
26:41Par le pays tout entier.
26:42Voilà.
26:43Vous êtes le candidat
26:45de l'amour ?
26:46Non, mais oui.
26:47Attendez,
26:48on peut dire,
26:49on peut être honnête
26:51et être aimé de tous.
26:52On peut dire la vérité
26:53et être aimé de tous en France ?
26:54Je ne sais pas
26:55si on est aimé de tous,
26:56mais je pense qu'on peut dire
26:57la vérité, d'accord ?
26:58Mais oui,
26:59je pense qu'on doit avoir
27:00pour objectif
27:00de se faire aimer
27:01et pas de se faire détester.
27:03Et quand on est
27:03un mouvement social,
27:04on doit avoir
27:05pour objectif
27:05de s'élargir,
27:06de faire que,
27:07y compris ceux
27:08qui ne viennent pas
27:08dans les manifestations,
27:09ils voient ça à la télé,
27:10ils disent,
27:10bon, quand même,
27:11ces jeunes,
27:11ils ont bien raison.
27:12Les forces de l'ordre,
27:13ils aimeraient bien être aimés
27:13et ils aimeraient bien recevoir,
27:15pardon,
27:15je vais être un peu caricatural
27:16sur le moment,
27:18des fleurs au lieu des pavés
27:19plutôt qu'un engin incendiaire.
27:20On va voir la séquence.
27:22On est dans un pays,
27:23encore,
27:23où certains peuvent s'aimer
27:24quand on voit
27:25de telles images ?
27:27C'est toute mon inquiétude,
27:28Madame Abouk,
27:29sur ce point-là
27:29comme sur d'autres points.
27:31Je ne veux pas
27:31du déchirement national.
27:33Je ne veux pas
27:34de la division.
27:34Est-ce qu'il n'est pas en cours, malheureusement ?
27:35Je ne la veux
27:36ni dans un sens
27:37ni dans l'autre.
27:37D'accord ?
27:38Et donc,
27:39c'est tout le sujet.
27:40Et vous savez,
27:40quand il y avait eu la grève
27:41sur les retraites,
27:43j'avais dit à Emmanuel Macron,
27:45vous êtes responsable
27:46de l'unité de la nation.
27:48Et ce que vous produisez,
27:50c'est de la division.
27:50Et quand on voit que,
27:52finalement,
27:52à quoi on assiste,
27:54Madame Abouk,
27:55en vérité,
27:55en ce moment,
27:56on assiste à la convergence
27:57des pourrissements.
27:58C'est-à-dire,
27:58toutes les crises
27:59du mandat d'Emmanuel Macron.
28:01La crise des Gilets jaunes,
28:02pas de réponse politique,
28:04une réponse policière.
28:05La crise des retraites,
28:06pas de réponse politique,
28:07une réponse policière.
28:08La crise des banlieues,
28:09pas de réponse politique,
28:10une réponse policière.
28:11Aujourd'hui,
28:12le mouvement lycéen,
28:13pas de réponse politique,
28:14une réponse policière.
28:14Je rappelle,
28:15crise des Gilets jaunes,
28:16gros chèque également,
28:17on le sait,
28:17mais bon.
28:18Les gens attendaient
28:19autre chose qu'un chèque.
28:20Ils attendaient,
28:20par exemple,
28:20le référendum d'initiative citoyenne.
28:25Ah oui,
28:26si vous voulez,
28:27le choix,
28:28en fait,
28:28le choix est fait,
28:30automatiquement,
28:31le pourrissement
28:31est devenu une méthode
28:32de gouvernement.
28:33Vous êtes en train de dire
28:33qu'on est en train de payer
28:34des années de,
28:35selon vous,
28:35de lâcheté
28:36et de faillite politique.
28:37Oui,
28:38une crise,
28:39c'est un moment de vérité
28:41dans lequel on doit
28:42prendre des décisions.
28:43Et à la place,
28:43qu'est-ce qu'on fait ?
28:45Emmanuel Macron croit gagner
28:46à chaque fois
28:47en mettant ça de côté,
28:48mais en fait,
28:49là où le pouvoir croit gagner,
28:50c'est la démocratie
28:51et le pays qui y perdent.
28:52Et donc,
28:53là,
28:53on est dans un temps,
28:54à six mois
28:55de l'élection présidentielle,
28:56dans un temps
28:57de résurgence
28:58de toutes ces crises
28:59qui ne sont pas réglées.
29:01Et donc,
29:01c'est une convergence
29:02des pourrissements
29:03qui se produit.
29:04Regardez,
29:04tous les citoyens
29:07ont un avis,
29:08un commentaire
29:09sur ce qui est en train
29:10de se passer.
29:11Je vais vous soumettre
29:12l'avis de Karine Lemarchand.
29:13Ça va peut-être
29:13vous étonner.
29:15Je l'ai entendu,
29:17Karine Lemarchand.
29:17J'aime beaucoup
29:18son émission.
29:20L'amour est dans le fait.
29:21Comme je suis un partisan
29:22de l'amour,
29:23je l'aime aussi dans le fait.
29:24L'amour est dans la campagne.
29:25Je vais déjeuner
29:26avec mon avocate
29:27et Paris est vide.
29:28C'est fou.
29:28Comment les pilleurs,
29:29les casseurs
29:30impactent notre façon
29:31de vivre ?
29:31Je trouve ça délirant.
29:33Est-ce qu'on parle assez
29:34de la liberté de circuler,
29:35de soutien total,
29:36dit-elle,
29:36aux commerçants ?
29:37Je suis petite fille
29:38de commerçants.
29:38Je sais combien le commerce
29:39de quelqu'un,
29:40c'est quelque chose
29:40qui ne tient à rien.
29:42Est-ce qu'on peut dire aussi,
29:43vous avez dit
29:44bravo,
29:44Lucien,
29:45est-ce qu'on peut dire
29:46merci à nos commerçants ?
29:47Peut-être même merci
29:48à nos forces de l'ordre,
29:49vous pourriez le dire ?
29:49Je n'ai pas de difficulté
29:50avec ça,
29:51à dire merci aux commerçants.
29:53Moi, je...
29:55Voilà.
29:56Mes grands-parents
29:57étaient commerçants.
29:58Ils tenaient
30:00le café,
30:01tabac,
30:02épicerie,
30:03charbon
30:03sur la place
30:04du village
30:05de Zutkerk
30:06dans le Pas-de-Calais
30:07où il y avait
30:07les gens qui partaient
30:08à l'usine
30:09et qui allaient
30:09boire leur verre de niol
30:11à 6h du matin.
30:12C'était une autre époque.
30:13Et puis,
30:14le camion de charbon,
30:15il servait le dimanche
30:16à aller transporter
30:18les joueurs de foot
30:18sur les terrains.
30:20Donc, voilà.
30:21Je sais ce que c'est
30:22que d'être commerçant.
30:23J'en ai entendu parler
30:24dans mon enfance.
30:25Et donc,
30:25il est évident
30:26que je pense
30:27qu'aucune personnalité politique
30:30n'a de difficulté
30:31à être solidaire
30:32avec les commerçants.
30:34Donc,
30:34on peut tenir comme ça.
30:35Pardon ?
30:35On va tenir comme ça.
30:37On va tenir de samedi
30:38en samedi,
30:38de week-end à week-end.
30:39Je le redis,
30:39mon souhait est
30:40qu'il n'y ait pas de violence.
30:42Mais je le dis,
30:43pour ça,
30:44à un moment,
30:44il faut qu'il y ait
30:44une réponse politique.
30:46Il faut qu'il y ait
30:46une réponse politique.
30:47Alors, parlons-en.
30:48Il faut qu'il y ait
30:48une réponse politique.
30:49Mais à une crise protéiforme,
30:50au pouvoir d'achat,
30:52aux lycéens,
30:53à parcours sup,
30:54à des classes trop chaudes
30:55de l'été,
30:55trop froides l'hiver,
30:56il faut répondre
30:57à tout ça en même temps.
30:58D'abord,
30:59vous savez,
30:59si le gouvernement
31:01avait répondu aux lycéens
31:02dans la première semaine
31:03et qu'il avait dit,
31:04je suis venu ici
31:05de dire sur votre plateau,
31:06qu'ils disent
31:07suppression de parcours sup
31:08et il n'y aura pas
31:10un poste supprimé
31:11d'enseignant
31:11dans le prochain budget,
31:12en une semaine,
31:14et les lycéens,
31:15ils disaient,
31:15ouais, chouette,
31:16on a gagné,
31:16c'est super.
31:17Et tout le monde rentrait,
31:18on était contents.
31:19Alors, pourquoi il ne l'a pas fait ?
31:20Par cynisme,
31:22mélangé à de l'incompétence.
31:23Le gouvernement a fait quel choix ?
31:25Avec ce qu'on a vécu,
31:25avec le 17 octobre,
31:27avec autant de violences,
31:28de pièges...
31:28Mais qu'est-ce qu'il a décidé
31:29le gouvernement ?
31:30Il s'est dit,
31:30bon, allez,
31:31on va laisser traîner ça
31:32jusqu'aux vacances.
31:33Et puis aux vacances,
31:33ça sera terminé.
31:34Et qu'est-ce qui se passe
31:35à la place,
31:36de manière presque miraculeuse,
31:38pendant les vacances ?
31:39Alors qu'il fait gris,
31:42qu'il y a de la pluie,
31:43qu'il n'y a même pas
31:43une réforme
31:44contre laquelle on lutte,
31:45il y a des centaines
31:46de milliers de personnes
31:47qui sortent dans les rues.
31:48Donc, là,
31:49le gouvernement,
31:49il dit, bon sang,
31:50ça continue même
31:51pendant les vacances,
31:52ce n'est pas possible.
31:53Et là, il y a le 5
31:54qui arrive.
31:55Je dis...
31:55Vous y seriez d'ailleurs ?
31:56Bien sûr.
31:57Bien sûr, j'y serais.
31:59Bien sûr, je serais
32:00aux côtés de tous les salariés
32:01qui disent,
32:02il y en a marre
32:02qui est que nous
32:03qui nous serions la ceinture.
32:03Là, vous êtes moins inquiet
32:08qui devraient être
32:09davantage tenus ?
32:10J'espère...
32:11Enfin, voilà,
32:11je suis toujours
32:12avec les syndicats.
32:13Donc, évidemment,
32:14quand c'est organisé
32:15par les syndicats,
32:17c'est...
32:18Même si aujourd'hui,
32:19à la fois par cynisme
32:20ou par incompétence,
32:21on a l'impression
32:22que les syndicats
32:22ont du mal à discuter
32:23et qu'ils ont pris
32:24avec la préfecture de police
32:25et qu'il y a les trajets
32:26qui changent d'un jour.
32:28Monsieur Ruffin,
32:28vous pouvez comprendre
32:29que sur un tracé
32:31de commerçants...
32:32Comment ça se fait
32:32qu'on dit oui un jour
32:33et qu'on dit non le lendemain ?
32:34C'est ça, la difficulté.
32:35Donc, il faut stabiliser...
32:37On a des tracés,
32:37on a un tribunal administratif
32:39et puis on a un choix après.
32:40Je souhaite que jeudi
32:40ça soit une grande manifestation,
32:43une belle manifestation
32:44qui ait du monde
32:45dans les rues
32:45autour de nos organisations syndicales
32:48portées par le mouvement milicéen
32:49qui a un grand mélange
32:51de tout ça.
32:51Vous savez,
32:51il n'y a pas de victoire
32:52de la gauche
32:53sans un dégel de la société.
32:55Pour moi,
32:55le débouché politique...
32:56Pourquoi la gauche ?
32:56Le débouché politique...
32:58Mais il n'y a pas que...
32:58C'est la gauche dans la rue ?
33:00Je pense que quand même
33:01très massivement...
33:02Non, ça n'a pas échappé.
33:03Alors, ça peut produire
33:04un souffle dans l'ensemble
33:05de la société,
33:06même pour des gens
33:06qui ne se sentent pas attachés à ça.
33:08Mais enfin, quand même...
33:09Dans votre circonscription,
33:10je pense qu'il y a des électeurs
33:11du Rassemblement national...
33:12Et qui sont pourtant
33:13touchés par ça
33:14et qui peuvent se retrouver
33:15contaminés,
33:16qui peuvent se retrouver
33:17portés par un espoir
33:18que...
33:19Le débouché de mai 68,
33:21c'est mai 81.
33:22Le débouché de décembre 95,
33:24c'est la gauche plurielle de 97.
33:26Le débouché des réformes
33:27de la lutte contre les réformes
33:28frillées en 2010,
33:29c'est la victoire
33:30de François Hollande.
33:31Et le débouché
33:31de ce que l'on vient de voir,
33:32c'est...
33:32Eh bien, nous avons six mois
33:34pour essayer de produire
33:36un débauché
33:36qui soit un débouché
33:37progressiste à gauche.
33:38Donc pour vous, le débouché
33:38est dans les urnes,
33:39pas dans la rue ?
33:40Je suis toujours pour l'alliance
33:41de la rue et des urnes.
33:43Je pense qu'il n'y a pas une...
33:44Oui, mais à la fin,
33:46ça se joue où ?
33:46Ah mais non,
33:47mais c'est à la fin,
33:47ça se joue dans les urnes
33:48pour le pouvoir.
33:50Mais ceci dit,
33:50il y a des luttes sociales.
33:51Sans en même temps
33:52un appui
33:53par des centaines de milliers
33:54de personnes
33:55qui sont dehors,
33:56le pouvoir politique
33:57risque de ne pas faire grand-chose.
33:58Donc je suis toujours moi,
33:59le Front populaire.
34:00Le Front populaire,
34:01pourquoi on a les 40 heures ?
34:03Pourquoi on a les congés payés ?
34:04Parce qu'il y a aussi des gens
34:05qui ont occupé leurs usines.
34:07Donc c'est une dialectique
34:08du mélange
34:09entre ce qui se passe dehors
34:10et ce qui se passe
34:12dans les murs du pouvoir politique.
34:13Et vous l'avez rappelé,
34:14François Ruffin,
34:15et nous sommes à six mois
34:16de la présidentielle.
34:17Est-ce qu'on peut encore
34:17débattre dans notre pays ?
34:21Honnêtement,
34:21est-ce qu'on peut encore ?
34:22Est-ce que François Ruffin,
34:24demain,
34:24d'ailleurs,
34:25si vous deviez débattre
34:25avec quelqu'un ici,
34:26même si nous devions organiser
34:28dans la semaine
34:29un duel avec qui...
34:30Mais mettez-moi des gens
34:32avec qui je ne suis pas d'accord du tout.
34:33J'espère bien.
34:34Oui, je vais vous mettre...
34:35Mettez-moi M. Lissner.
34:35J'aurais pu vous mettre
34:36de la gauche aussi.
34:37Mettez-moi M. Lissner,
34:38mettez-moi M. Philippe,
34:39mettez-moi M. Attal,
34:40mettez-les-moi.
34:41Mais évidemment que je suis...
34:42Vous ne mettez pas
34:42un cordon sanitaire ?
34:44Tout le monde peut débattre
34:45avec vous
34:45et vous pouvez débattre
34:46avec tout le monde.
34:46Je suis favorable, moi,
34:47à ce que la démocratie,
34:49vous savez,
34:49c'est du conflit.
34:50Mais c'est du conflit
34:51qui est organisé,
34:52qui est verbalisé,
34:53qui est institutionnalisé.
34:54Il ne faut pas qu'on fasse croire
34:55que c'est du consensus,
34:57que...
34:57Voilà.
34:57Ce n'est pas vrai.
34:58En parenthèse,
34:58on demandera à M. Lissner
34:59puisque demain,
35:00il est notre invité à votre place.
35:02Donc, on va organiser ce débat.
35:03Je suis en complet désaccord
35:04avec sa vision de l'État.
35:05Ah oui, ça j'imagine.
35:06Ce qu'on a besoin comme État
35:07dans une société
35:08qui est en crise aujourd'hui.
35:09Je pense qu'on a besoin
35:10d'un État fort
35:11assis sur sa colonne vertébrale
35:13et je suis en profond désaccord
35:14avec lui.
35:14Et est-ce qu'on a besoin
35:15d'un débat politique fort ?
35:16Regardez ce qui s'est passé
35:17entre M. Mélenchon
35:18et Édouard Philippe.
35:19En quelques mots,
35:20je l'ai expliqué à nos téléspectateurs,
35:22Édouard Philippe est invité
35:23aux 20 heures de TF1.
35:24Il évoque un défaut
35:25d'intégration dans notre pays
35:27de Français
35:27de deuxième ou troisième génération.
35:29Mélenchon répond
35:30vous avez ruiné le pays
35:31et maintenant vous divisez le pays
35:32en mettant en cause
35:33l'éducation des jeunes Français
35:34parce qu'ils sont issus
35:36de l'immigration.
35:37Et il ajoute ensuite
35:38qu'il fait ça
35:40par clientélisme racialiste.
35:42Est-ce que vous voyez également
35:43tout par le prisme
35:44de la supposée race ?
35:46Non.
35:46Mais en revanche,
35:47vous dire que quand j'ai lu
35:48les propos d'Édouard Philippe
35:49dans Le Point,
35:50me semble-t-il,
35:51j'en étais choqué.
35:52Parce qu'il disait
35:53qu'il y a un échec
35:55de l'intégration en France
35:56et il disait
35:58malgré certaines
35:59superbes réussites.
36:00Et donc en fait,
36:01ce qu'il disait à travers ça,
36:02c'est comme si la règle,
36:04c'était la délinquance,
36:06c'était les difficultés,
36:08c'était la marginalité
36:09et que finalement,
36:10les millions de personnes
36:11dans notre pays
36:12qui sont issus
36:13de l'immigration,
36:14qui font tourner le pays,
36:17qui font tourner
36:18les hôpitaux,
36:19les écoles et tout ça,
36:20n'équetaient que
36:21quelques exceptions à ça.
36:22Mais est-ce que vous reconnaissez
36:24qu'il y a un défaut
36:24d'intégration malgré tout ?
36:27Vous savez,
36:27je pense que,
36:28je vais vous dire un truc,
36:29je pense que...
36:29Ça serait bien
36:30de me répondre directement.
36:31D'abord,
36:32il nous faut une politique
36:33de l'accueil dans notre pays.
36:34Est-ce qu'il y a
36:34un défaut d'intégration ?
36:35Il nous faut une politique
36:36de l'accueil dans notre pays.
36:37Est-ce qu'il y a
36:38un défaut d'intégration ?
36:39Je vais vous dire un truc,
36:40je pense,
36:41Mme Mabrouk,
36:42qu'il y a un défaut d'intégration,
36:43y compris pour les Français.
36:45Y compris pour...
36:46Mais oui,
36:46je pense qu'on est dans un pays
36:48où, depuis 40 ans,
36:50on ne sait même plus
36:51ce qu'on a à faire ensemble.
36:52Mais la faute à qui ?
36:53C'est quoi ?
36:53C'est l'école ?
36:54C'est la politique ?
36:56C'est...
36:57Deux choses.
36:58D'abord, je pense
36:58qu'il y a une faillite
36:59de nos élites
36:59à nous projeter,
37:01à nous offrir
37:02un horizon commun.
37:03Et il y a autre chose,
37:04c'est que moi,
37:04profondément,
37:05c'est par le travail.
37:06Je suis un travailliste climatique,
37:09je pense que c'est par le travail
37:10qu'on s'insère
37:11par la société,
37:12c'est par le travail
37:13que, depuis des générations
37:15et des générations,
37:16on s'est intégré
37:17dans notre pays
37:18et qu'on a un travail
37:19qui est en panne
37:19depuis les années 80.
37:21Et que cette panne du travail
37:24produit des difficultés
37:25supplémentaires
37:26possibles d'intégration.
37:27Mais vous êtes l'un des seuls,
37:28à gauche,
37:28mais il y en a d'autres,
37:29à parler assez sereinement
37:30et ouvertement
37:31d'immigration,
37:32d'intégration.
37:33Je ne pense pas
37:34que vous utilisiez
37:34le mot d'assimilation.
37:36Est-ce qu'aujourd'hui,
37:36ce sont des mots tabous ?
37:37Est-ce qu'aujourd'hui,
37:38sur certains mots,
37:39évoquer certains mots,
37:40c'est être,
37:41je vais le dire directement,
37:42raciste ?
37:43Non, je n'en sais rien.
37:44Moi, vous savez,
37:44ce qui m'intéresse...
37:45C'est ce qui est en cours.
37:46Non, ce qui m'intéresse,
37:47c'est comment on va réussir,
37:49comment on fait
37:49pour que demain,
37:50il n'y ait pas un tri
37:51entre les Français,
37:53les Français de papier,
37:54les Français qui ne sont
37:55pas vraiment français...
37:56Mais déjà,
37:56il y a un tri entre les politiques...
37:58Emmanuel Grégoire,
37:59il a été hué
38:00et sifflé
38:01lors d'un rassemblement paris
38:02en hommage aux victimes
38:03de l'attentat raciste
38:04et anti-musulman de Trappes.
38:05Eh bien, je le regrette.
38:07Je le regrette.
38:08Je le regrette profondément.
38:09Je pense que,
38:11en particulier,
38:12quand on a un assassinat
38:15de cette nature-là,
38:16un crime ouvertement raciste,
38:18la notion,
38:19la nation doit faire corps.
38:20Et, je dirais,
38:22de la droite à la gauche,
38:23il doit y avoir
38:24un rassemblement...
38:29Et d'ailleurs,
38:30les paroles...
38:30Chacun s'envoie
38:31la responsabilité.
38:32Les paroles du père
38:34de Pengo
38:36sont très empruntes
38:37de dignité.
38:38Il appelle à la justice.
38:39Il demande à la fois
38:39la justice et la paix.
38:41Et donc, évidemment...
38:42Mais comment vous expliquez
38:43que certains...
38:44que les politiques
38:45n'en appellent pas
38:46au calme aujourd'hui
38:47à six mois
38:48d'une présidentielle ?
38:51Il doit y avoir
38:51la justice.
38:52Il doit y avoir
38:52des réponses politiques.
38:53Il doit y avoir...
38:54Dans l'état de pourrissement
38:56dans lequel se trouve
38:57notre pays,
38:58il doit y avoir
38:58des réponses
39:00qui sont offertes.
39:00Vous n'allez pas me répondre
39:01à ce que je dis
39:02et d'où que Jean-Luc Mélenchon.
39:05Moi, je souhaite...
39:06Je vous le dis
39:06très franchement.
39:07Je souhaite un apaisement
39:08de notre pays.
39:09Je vois à quel point
39:10il est à feu,
39:13possiblement à feu et à sang.
39:14Je ne veux pas
39:15des conflits demain
39:16qui soient affondés
39:17sur l'origine,
39:20sur la couleur de peau,
39:22sur la religion.
39:23Je veux une nation
39:23qui soit la plus unie possible.
39:25Maintenant, il faut
39:26qu'on trouve pour ça
39:27un chemin de justice
39:28où on sache faire France
39:29ensemble.
39:30Vous savez,
39:31j'ai cette citation en tête
39:32d'Antoine de Saint-Exupéry.
39:34C'était une assiette
39:34en porcelaine
39:35chez mes grands-parents.
39:36C'était s'aimer,
39:37ce n'est pas se regarder
39:38l'un l'autre,
39:38c'est regarder ensemble
39:39dans la même direction.
39:40Et ce qui est vrai
39:41pour un couple,
39:43si jamais il n'a pas
39:44de projet commun,
39:45c'est vrai aussi
39:45pour une nation.
39:46Si elle n'a pas
39:47un projet commun
39:47où on va se retrousser
39:48le manche
39:49pour affronter
39:50ces défis-là,
39:51eh bien,
39:52ça part en sucette.
39:53c'est de la jalousie,
39:54c'est la rancœur,
39:55c'est la haine.
39:56Et ce n'est pas évident
39:56de faire démentir
39:57la prophétie
39:57que certains estiment
39:59autoréalisatrice
40:00de l'ancien ministre
40:01Gérard Collomb
40:01vivre malheureusement
40:03face à face
40:04et non plus côte à côte.
40:05Mais il faut être,
40:06justement,
40:07c'est la limite
40:07de M. Collomb
40:08et de tous ceux
40:08qui ont porté ça.
40:09Il ne faut pas être
40:10côte à côte,
40:10il faut aller ensemble
40:12vers une direction.
40:13Il faut entraîner
40:14le pays vers des défis
40:15qu'il a remplis ensemble.
40:17Et il y en a des défis
40:17dans notre pays.
40:18Pas de grand pays
40:19sans grande industrie,
40:20sans une agriculture
40:21qui assure notre autonomie.
40:22Défi productif.
40:24On a de plus en plus
40:25de personnes âgées
40:25dont il faut s'occuper.
40:27Défi démographique
40:27et le défi climatique
40:29qui supporte
40:30et qui suppose
40:31d'à peu près tout.
40:32Et le débat politique
40:32puisque j'ai pris note.
40:33Donc, M. Lysnard
40:35en débat.
40:36Il sera notre invité demain.
40:38On lui propose,
40:39je pense,
40:39qu'il acceptera
40:40le connaissant.
40:41Et ce sera sur ce plateau.
40:42Vous verrez bien demain,
40:43Madame la Présidente.
40:43On l'organise,
40:43M. Ruffin.
40:44Je vous remercie.
40:45En attendant...
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