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  • il y a 8 minutes
Alors que quelques lycées ont de nouveau été bloqués pour la rentrée de Toussaint hier, la journée de manifestation du 5 novembre se prépare. Laurent Nuñez, auditionné par la commission d'enquête du 17 octobre cet après-midi, assure qu'il ne "renoncera à aucun moyen intermédiaire" pour maintenir l'ordre.

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Transcription
00:00Vous dénoncez des semaines sans doute les plus répressives de la Vème République.
00:06Est-ce que ces chiffres, c'est-à-dire la suite judiciaire aussi des arrestations,
00:11vous paraissent à peu près cohérents avec ce que vous avez vu sur le terrain ?
00:14Alors, je le dénonce, c'est un état de fait.
00:16Il se trouve que c'est la semaine, effectivement, celle qui avait suivi le 17 octobre,
00:19la plus répressive de l'histoire de la Vème République.
00:21On peut considérer que c'est légitime ou pas.
00:23Il y a eu des événements qui ont nécessité une saisine de la justice et une réponse pénale.
00:28On a ce matin un garde des Sceaux qui vient faire un bilan.
00:31Il a l'air de se satisfaire de ce bilan et finalement d'un nombre de condamnations assez mesuré, il
00:37faut bien le dire.
00:37Et les journalistes que vous êtes auront à l'esprit, me semble-t-il, un chiffre et un gap assez
00:42important
00:42entre le nombre d'interpellations et le nombre de gens finalement condamnés.
00:47Et là, je parle notamment, parce que là, on vient de l'entendre, les chiffres qu'il donnait,
00:51c'était concernant les journées de mobilisation du 17, du 24, du 31.
00:57Mais il a également parlé du mouvement lycéen.
01:00Et ces journées avec des casses parfois très violentes devant des lycées,
01:04il y a eu 7000 gardes à vue et il y a eu 3 incarcérations à la fin.
01:10C'est ça que vous voulez dire ?
01:10Qui sont des majeurs.
01:11Qui sont des majeurs, oui, oui.
01:12Alors, il faut préciser, et c'est quand même important, c'est que vous dites qu'il y a un
01:15grand gap, un grand décalage.
01:17Ce grand décalage, il est aussi dû au fait que les arrestations des casseurs-pilleurs des 17, 24, 31,
01:25il s'agit majoritairement, et c'est ce qu'il a dit, de majeurs, de 18 à 25 ans, donc
01:30des jeunes majeurs,
01:31alors que pour ce qui est des lycéens, il s'agit majoritairement de mineurs.
01:35Or, les mineurs n'ont pas de comparution immédiate.
01:38Il ne pouvait donc pas y avoir mécaniquement, j'allais dire juridiquement, un chiffre plus important.
01:44Non, alors, je ne suis pas d'accord, et je pense que ces chiffres devraient vous interpeller,
01:48et en tant que citoyen, et en tant que journaliste.
01:49On parle effectivement d'interpellation, c'est-à-dire de gens qui sont arrêtés dans la rue et privés de
01:54liberté.
01:55On ne peut pas le mettre, effectivement, s'agissant de mineurs, en comparaison avec un nombre d'incarcération.
01:59En revanche, on peut le faire, la comparaison, avec le nombre de personnes qui sont déférées et jugées,
02:04parce que ce n'est pas parce qu'on est mineurs qu'on échappe à la justice de son pays,
02:07et à partir de 13 ans en France, on est conduit devant un juge et un juge des enfants.
02:11Et donc, ce que dit quand même le ministre, et ceux qui devraient vous interpeller,
02:14c'est que sur 7000 mineurs interpellés, 7000, jamais,
02:19le ministre, tous les soirs, nous donnait les chiffres d'interpellation,
02:23alors que le public auquel il s'adressait était un public de lycéens.
02:26Ce sont des gamins qui manifestaient devant leur lycée pour demander à l'origine plus de moyens.
02:31Je ne dis pas que le mouvement n'a pas dérapé, je dis qu'à l'origine, le mouvement, c
02:33'est ça.
02:34Et on avait un ministre qui se félicitait tous les soirs du fait que la police interpelle des gens
02:38sans que la justice n'ait rien à leur reprocher.
02:41Parce qu'in fine, c'est ça que ça veut dire.
02:43Il ne s'agit pas de comparer uniquement avec les taux d'incarcération,
02:46il s'agit de comparer avec les gens qui sont jugés.
02:48Et si vous prenez les chiffres majeurs mineurs, vous constatez qu'en réalité,
02:51deux tiers des personnes qui ont été interpellées dans le mois dernier
02:54n'ont pas fait l'objet de poursuite.
02:56Deux tiers des gens qui sont arrêtés par la police n'ont rien à se reprocher.
03:00C'est qu'on ne vienne pas dire à ce moment-là que la police n'est pas utilisée
03:03comme un mouvement de gestion d'une colère sociale parce que c'est statistiquement ce qui se passe.
03:07Excusez la précision pour le profane que je suis.
03:09Rien à se reprocher ou rien qu'on a pu démontrer, prouver en cours ?
03:13Alors, il se trouve que pour le citoyen que je suis qui croit encore à un certain nombre de principes,
03:16si la justice n'est pas saisie ou si la justice n'a pas condamné,
03:19c'est qu'on n'avait rien à reprocher aux gens.
03:21Il peut y avoir aussi le pas encore.
03:22Non, alors le pas encore, détrompez-vous pour le coup,
03:24et c'est aussi l'un des chiffres inquiétants sur lesquels s'appuie Gérald Darmanin,
03:28c'est la question des mandats de dépôt.
03:30Parce qu'on confond aussi ce qui est un mandat de dépôt et ce qui est une condamnation.
03:33Un mandat de dépôt, c'est une décision provisoire
03:36qui est prise dans l'attente d'un jugement de placer des gens en détention provisoire.
03:41Donc, vous releviez que sur le chiffre de 50% de gens qui n'ont pas de casier,
03:44ça veut dire que 50% des gens ont des antécédents judiciaires,
03:46mais ça veut dire aussi qu'une personne sur deux n'a pas de casier judiciaire
03:50et s'est retrouvé, alors qu'il est présumé innocent,
03:52alors qu'il n'a pas encore été déclaré coupable,
03:54placé en détention provisoire.

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