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00:00Si on sait nous, avec vous Kenza, comme chaque matin.
00:03Et alors aujourd'hui, on va s'intéresser aux prouesses du vivant.
00:06Et on va plutôt se pencher sur le poulpe.
00:11Parce que c'est un être fascinant, le poulpe d'un animal qui possède des centaines de millions de neurones,
00:18dont une grande partie dans ses tentacules.
00:22C'est ça qui est assez intéressant.
00:25Et cette architecture nerveuse est à la fois étonnante et elle inspire.
00:29Elle inspire aujourd'hui les ingénieurs particulièrement,
00:31qui eux cherchent à reproduire les mouvements des tentacules, des pieuvres, etc.
00:39pour essayer de développer une nouvelle génération de robots beaucoup plus souples.
00:43Oui, et on va parler, comme vous avez dit aujourd'hui, des prouesses de la nature.
00:47Et c'est ce qui rend le poulpe si singulier.
00:49Ils possèdent environ 500 millions de neurones.
00:52Mais contrairement à nous, ils ne sont pas concentrés principalement dans un cerveau central.
00:57Une grande partie est distribuée dans ses huit bras.
00:59On entend parfois qu'il aurait neuf cerveaux.
01:02C'est une formule imagée, mais scientifiquement, ce n'est pas exact.
01:05Il possède un cerveau central auquel s'ajoutent de puissants réseaux nerveux dans chacun de ses bras.
01:11Et ces réseaux ne se contentent pas de transmettre des ordres.
01:14Ils peuvent traiter des informations et organiser certains mouvements localement.
01:18Autrement dit, le cerveau central n'a pas besoin de calculer chaque geste,
01:22chaque contraction et chaque mouvement devant tous.
01:24Une partie de ce travail est déléguée aux bras eux-mêmes.
01:27C'est une organisation très différente de la nôtre.
01:30Une forme de contrôle décentralisé où le cerveau partage une partie de ses fonctions avec les membres.
01:36Oui, alors ça c'est assez étonnant.
01:37Ça veut dire que peut-être que ces tentacules sont autonomes.
01:40Oui, en quelque sorte.
01:41C'est comme ça qu'il faut voir les choses.
01:43Alors, des tentacules qui goûtent, qui explorent, qui réagissent notamment.
01:51Et donc ces tentacules qui sont encore beaucoup plus étonnantes quand on regarde ce dont elles sont capables de réaliser.
01:59Oui, parce qu'ils ne sont pas seulement mobiles.
02:01Ils sont aussi de véritables organes sensoriels.
02:03Comme vous l'avez dit, les ventouses possèdent des récepteurs capables de détecter le contact et des substances chimiques.
02:09Le poulpe peut donc littéralement goûter ce qu'il touche.
02:11Imaginez lorsque un de ses bras explore une cavité.
02:14Il reçoit des informations sur ce qui l'entoure et peut en traiter une partie directement sur place.
02:19Et sa motricité est tout aussi spectaculaire.
02:22Nous avons des os, des articulations, des muscles qui déplacent nos membres selon des axes relativement définis.
02:27Le poulpe, lui, n'a aucun os dans ses bras.
02:30Ce sont des structures musculaires souples capables de se plier, de s'allonger, de se raccourcir et de se tordre
02:36dans presque toutes les directions.
02:38Chaque bras peut ainsi explorer plusieurs pistes de mouvement.
02:41Tandis que les réseaux nerveux locaux contribuent à organiser cette complexité.
02:45C'est une sorte de système de contrôle distribué, intégré directement dans le corps.
02:51C'est vrai que c'est quand même assez fascinant.
02:54Cette organisation décentralisée, on peut la qualifier comme ça,
02:59c'est justement cette prouesse de la nature que les chercheurs cherchent aujourd'hui à reproduire finalement.
03:05Exactement, et pour comprendre ce que cela représente,
03:08prenons un geste tout simple, saisir un verre sans le faire tomber.
03:12Chez nous, le cerveau prépare le mouvement,
03:14puis les informations tactiles et les retours sensoriels permettent d'ajuster la pression des doigts.
03:19Nos membres disposent déjà de circuits locaux et de réflexes,
03:22mais la coordination générale reste fortement pilotée par le système nerveux central.
03:27Chez le poulpe, une partie beaucoup plus importante du traitement se fait directement dans les bras.
03:31Une ventouse peut détecter un contact, recueillir des informations sur la surface et déclencher une réponse locale.
03:37Le cerveau central, lui, conserve un rôle essentiel pour coordonner l'ensemble des bras et orienter le comportement.
03:44C'est cette répartition du travail qui fascine les ingénieurs.
03:47En mai 2025, une équipe de l'université de Bristol a présenté un système robotique souple inspiré de ce principe.
03:54Ces ventouses artificielles peuvent détecter leur environnement et adapter leur comportement
03:59sans qu'un ordinateur central ait à commander chaque opération.
04:03Et en mai 2026, une autre équipe a publié dans Nature Machine Intelligence
04:07des travaux sur un bras robotique souple, équipé de capteurs intégrés aux ventouses.
04:12L'enjeu est considérable.
04:13Fabriquer des robots capables de manipuler des objets fragiles,
04:17d'explorer des milieux difficiles ou d'intervenir dans des environnements
04:20où les machines rigides sont moins efficaces.
04:23Et justement, pour plus de détails, on écoute ensemble Barbara Mazolet, directrice associée à la robotique
04:28à l'Institut italien de technologie.
04:33Nous avons développé une nouvelle génération de bras robotiques souples,
04:37inspirés du poulpe et notamment de sa capacité à explorer son environnement
04:42grâce à ses ventouses sensorielles.
04:44Comme l'animal, ce bras peut s'adapter à des espaces très étroits
04:47et saisir des objets de forme et de poids différents.
04:50Il modifie sa forme et ses mouvements en fonction de ce qui l'entoure.
04:54Nous avons intégré des capteurs miniaturisés directement dans ces ventouses artificielles.
04:59Ils permettent de détecter le contact avec un objet,
05:01mais aussi la direction de ce contact et les forces exercées.
05:05Cette perception est essentielle.
05:07Elle permet au robot de ne pas simplement saisir un objet,
05:10mais aussi de mieux comprendre comment il interagit avec lui.
05:13Il peut ainsi ajuster ses mouvements en fonction des informations recueillies
05:17au contact de son environnement.
05:18L'enjeu est également de réduire la consommation d'énergie
05:21et la puissance de calculs nécessaires au fonctionnement du robot.
05:25Nous voulons ainsi concevoir des machines capables de fonctionner plus longtemps
05:28et en toute sécurité dans des environnements naturels.
05:33C'est quand même extraordinaire.
05:36C'est là, Rachid, que le poulpe nous montre qu'un système nerveux
05:40n'a pas forcément besoin de tout centraliser
05:43pour produire des mouvements d'une incroyable précision.
05:46Son corps est à la fois un outil d'exploration, un organe sensoriel et un système de contrôle.
05:52Et c'est peut-être ce qui rend cet animal si précieux pour la recherche.
05:55Il nous oblige à repenser la frontière entre le cerveau et le corps.
05:59Chez lui, une partie de ce que nous associons à l'intelligence se joue jusque dans les bras.
06:05Ça, ça avait déjà été inventé par la politique, la décentralisation.
06:08On connaît bien ça ici au Maroc.
06:11Finalement, ça arrive jusqu'au généreux.
06:13Le poulpe connaissait déjà.
06:13On connaissait déjà.
06:16Les poulpes le connaissaient avant tout le monde.
06:19Et maintenant, ce sont les ingénieurs qui s'y intéressent.
06:21Et effectivement, les robots autonomes, on en connaît déjà.
06:24Alors si en plus, ils ont l'autonomie dans l'autonomie,
06:27je ne sais pas ce que ça pourrait venir.
06:29Les ingénieurs ont bien intérêt à travailler convenablement.
06:32Merci beaucoup, Kenza.

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