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  • il y a 2 minutes
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:02Et merci de nous rejoindre à 12h18, vous êtes bien sur Europe 1, vous écoutez Christine Kelly et vous.
00:07Et vous recevez Christine aujourd'hui, Bruno Caillard, écrivain, ancien enseignant et auteur du livre Blancassé aux éditions La Nouvelle
00:15Librairie.
00:16Et nos auditeurs aussi nous appellent au 0, 1, 80, 20, 39, 21.
00:19Oui, je vous donne la parole dans un instant, Thierry Lou, vous qui appelez, continuez à nous appeler au standard
00:24d'Europe 1
00:25et pour témoigner si vous avez vécu de racisme anti-blanc, si vous avez été témoin de racisme anti-blanc,
00:32puisque on a l'impression que certains veulent taire ce racisme anti-blanc.
00:36Nous avons choisi d'accueillir Bruno Gaillard pour son livre Blancassé, qui n'a entendu nulle part.
00:42C'est votre première interview ou pas sur ce... télé, radio, non ?
00:46Non, j'ai...
00:46Dites-moi où, dites-moi où ?
00:47Chez vous, par téléphone avec Hélène Roué.
00:51Je voulais juste faire une petite précision, je suis toujours enseignant.
00:53Je ne suis pas ancien enseignant, je suis officiellement toujours enseignant.
00:56C'est intéressant. Donc vous êtes enseignant, vous avez écrit ce livre Blancassé,
01:03un livre où vous croisez les destins de Nico, 12 ans, et de Benoît,
01:08un professeur expérimenté dans un collège de banlieue en éducation prioritaire.
01:11Nico subit harcèlement lié au fait qu'il est blanc.
01:15Benoît, l'enseignant, lui se confronte aux violences scolaires, aux défaillances de l'institution,
01:20à travers leur parcours. Votre roman dénonce les humiliations, le communautarisme,
01:25le silence des adultes censés protéger les élèves.
01:28C'est la perspective défendue par votre livre, en tout cas, et sa présentation éditoriale.
01:34Pourquoi l'intituler Blancassé ?
01:36Tout simplement, le Blancassé, c'est Nico, mais c'est aussi Benoît.
01:40À la base, le titre du dossier initial, c'était la triple peine.
01:44La triple peine, pourquoi ? Parce que Nico, il naît déjà dans un environnement pauvre.
01:49Parce qu'il vit dans un environnement pauvre, il est envoyé dans un collège difficile,
01:54dans lequel il va avoir évidemment peu de chances de réussir sa scolarité, malheureusement,
01:59malgré les moyens supplémentaires qui sont alloués au réseau d'éducation prioritaire.
02:03Et la troisième peine qu'il subit, bien entendu, c'est ce racisme anti-blanc,
02:06dont, en plus de ça, il ne peut pas témoigner.
02:09Il ne peut pas témoigner parce qu'au moment où j'écris,
02:12enfin, au moment où se passent les événements de Blancassé, le roman,
02:16le racisme anti-blanc est quelque chose qui n'est pas dissible.
02:19Cela n'existe pas.
02:20J'ai d'ailleurs souvent répondu...
02:22Bruno Gaillat sur Europe 1.
02:23J'ai souvent répondu à des commentaires
02:27sur des réseaux sociaux,
02:29de gens disant, le racisme anti-blanc n'existe pas.
02:31Et j'ai répondu, c'est quand même étrange.
02:33J'ai écrit un livre sur 23 ans d'expérience,
02:37de quelque chose que je suis le seul à avoir vu.
02:39Donc, je suis de toute évidence psychotique, je suis fou.
02:42Qu'est-ce que vous avez vu concrètement, Bruno Gaillat ?
02:44Alors, concrètement, il y a tout ce qu'on connaît,
02:47Salguer, il y a la fameuse expression qui a fait floresse à une époque,
02:50tout fragile.
02:51Et puis, les mots, bien sûr,
02:53mais le problème, c'est que, c'est ce que nous disions hors antenne,
02:55les mots sont suffis de gestes.
02:57C'est ça, la gravité de la chose.
02:58Les mots sont déjà condamnables.
03:00Les mots sont déjà condamnables,
03:02parce que les mots, ils rendent la vie de Nico impossible.
03:04Mais les mots sont suivis de gestes,
03:05ils vont être suivis de moultes balayettes,
03:08ils vont être suivis de faire pipi dans le sac de sport,
03:10ils vont être suivis de chiquettes,
03:12de claques derrière la tête à longueur de temps.
03:15Et tous ces petits exemples, malheureusement,
03:18c'est en s'accumulant qu'ils rendent la vie de Nico totalement impossible,
03:21et en plus de ça, qu'ils l'ostracisent au sein du groupe.
03:24Blanc Cassé, aux éditions de la Nouvelle Librairie,
03:26Bruno Gaillat sur Europe 1,
03:27avant d'avoir Alou et Thierry,
03:29Gabriel Cluzel.
03:30Oui, alors moi, il se trouve que j'ai lu ce livre,
03:32j'ai mis du temps à le lire, je vais être franche avec vous,
03:33parce que j'ai toujours peur des livres,
03:36entre guillemets, démonstratifs,
03:37sur le plan politique.
03:38Je me suis dit, quand on suit une thèse,
03:40parfois les romans sont cousus de fil blanc.
03:43Là, je l'ai trouvé extrêmement bien senti,
03:45ça sent le vécu, bien écrit,
03:47touchant, parce qu'il a des parents qui sont touchants,
03:49qui ne peuvent pas faire grand-chose non plus,
03:50qui sont dans l'adversité.
03:52Je vais utiliser un mot que vous n'aimez peut-être pas,
03:54mais c'est ce qu'on appelle des petits blancs.
03:57Je sais que Trump déteste cette expression.
04:00Je peux vous poser une question ?
04:01Oui.
04:02Vous avez déjà, vous, vécu, Gabriel Cluzel,
04:04le racisme anti-blanc ?
04:05Moi, une fois dans le métro, on m'a dit « sale blanche ».
04:07Voilà, parce que un type était un peu collant,
04:12et c'est ce que j'ai vécu, ça s'est arrêté là.
04:16Voilà.
04:19Donc, c'est vrai que j'ai trouvé ça assez touchant.
04:22Moi, j'ai la chance, parce qu'il ne faut pas se laurer,
04:24de vivre dans un environnement qui m'a permis
04:26de mettre mes enfants dans d'autres écoles,
04:28peut-être plus protégés.
04:29Mais je pense qu'il ne faut pas oublier cette France-là.
04:34En tout cas, ce livre est, je crois,
04:37assez édifiant pour tout le monde.
04:39Si j'ai bien compris, c'est un patchwork,
04:40un peu d'expérience vécue,
04:42comment vous l'avez construit ?
04:43Est-ce que tout a été vécu,
04:44dans ce que vous racontez ?
04:45Oui, vraiment.
04:46Parce que, Nico, il n'existe pas concrètement en tant que tel.
04:49Non, tout à fait.
04:51Et justement, il n'existe pas.
04:52Pourquoi j'utilise la forme romanesque ?
04:54C'est justement pour protéger aussi l'identité
04:56des différents acteurs qui sont présentés.
04:58Mais les anecdotes, les différents éléments saillants du livre
05:01sont tous tirés de mon expérience.
05:03Et ce sont des choses que j'ai vécues,
05:05soit de manière directe, pour 80%,
05:06ou de manière indirecte, mais très proche,
05:09qui m'ont été retranscrits par des collègues
05:10avec lesquels je travaillais.
05:12Donc, effectivement, ça pourrait être écrit docu-fiction,
05:15mais c'est un roman, parce que la forme romanesque
05:17protège les protagonistes.
05:19Bruno Gaillard, en direct sur Europe 1.
05:21Bonjour Lou, vous nous appelez de l'héros.
05:24Vous avez 30 ans.
05:25Dites-nous tout à propos du racisme anti-blanc sur Europe 1.
05:28Bonjour, Christy.
05:29Bonjour à tous.
05:31Moi, j'aimerais revenir sur l'attentat de Trappes
05:34concernant ce meurtre dit raciste.
05:40En fait, je ne me souviens pas avoir entendu autant
05:41parler du meurtre raciste lorsqu'il s'agissait
05:43des victimes blanches.
05:45Dans certaines affaires précédentes, par exemple,
05:48pourtant, le racisme anti-blanc, il existe,
05:49même si certaines personnes ne veulent pas le dénoncer.
05:54Mais j'ai vraiment ce sentiment qu'il y a deux fois deux mesures
05:56dans certains médias.
05:57On va énormément insister sur certains faits,
05:59mais beaucoup moins sur d'autres,
06:01notamment lorsqu'il concerne, par exemple, l'insécurité,
06:03les violences dans certains quartiers
06:05ou les problèmes liés à l'immigration et à l'intégration.
06:08Et je pense aussi qu'il y a une dimension politique
06:10derrière tout ça.
06:11Certains médias donnent le sentiment
06:13de vouloir défendre une certaine vision de la société
06:16plutôt que simplement apporter des faits.
06:19On a parfois l'impression aussi
06:21que les priorités, c'est de ne pas alimenter
06:23certains discours politiques,
06:25notamment à droite,
06:26plutôt que de poser les vraies questions.
06:28Moi, je pense qu'il faut arrêter
06:30de mettre les sujets sous le tapis
06:32parce qu'ils dérangent.
06:33On peut dénoncer le racisme,
06:35quelle que soit l'origine de la victime,
06:37parler d'immigration, d'insécurité, de violence,
06:39sans être automatiquement catalogué à l'extrême droite.
06:44Merci beaucoup, mon cher Lou,
06:45d'avoir appelé en direct sur Europe 1.
06:47Vous êtes pour la dénonciation de tous les racismes
06:51sans être catalogué d'extrême droite.
06:54Merci.
06:55Vous avez 30 ans, vous nous appelez de l'héros.
06:57C'est juste du bon sens.
06:59Dans un instant, on aura Thierry,
07:00qui nous appelle de Seine-et-Marne,
07:02pour pouvoir témoigner.
07:03Parlez aussi de Trappes,
07:05parlez aussi du racisme anti-blanc
07:07afin qu'il puisse s'exprimer.
07:08On lui donne la parole dans un instant.
07:10On abordera aussi dans la dernière partie de Christine Kelly
07:14et vous des mid-terms aux Etats-Unis.
07:16On va recevoir Michel Fayad
07:17et on parlera dans un instant de tous les changements
07:19qu'il y a avec ce vote qui a eu lieu cette nuit aux Etats-Unis.
07:24Beaucoup de choses à dire.
07:25Quel impact sur notre société en France ?
07:28On abordera ça dans un instant.

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