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Stéphane Azihari, essayiste, a commenté, dans Face à l'info, les derniers chiffres de l’INSEE sur le PIB et la croissance française.

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00:00Alors en effet, l'INSEE, donc vendredi dernier, documente le fait que le PIB recule légèrement au troisième trimestre 2026,
00:06moins 0,1%.
00:08Et donc l'Institut de la Statistique publie un rapport, un article sur le recul de la production de biens,
00:15de services.
00:16Donc on parle d'un recul de la production dans l'industrie manufacturière, dans les matériels de transport, la production
00:22automobile, l'agroalimentaire, en raison des faibles récoltes de cet été.
00:26On parle aussi d'une baisse dans la chimie, les machines d'équipement, la construction, la production de produits pétroliers,
00:33d'énergie, d'eau.
00:34Seul point positif dans cet horizon assez sombre, les services marchands qui sont en hausse grâce aux services de l
00:40'information, de la communication, les services aux ménages et les services de transport.
00:45La formation en capital fixe, donc c'est-à-dire les machines, les équipements, les outils de production, elle aussi
00:51recule de nouveau au troisième trimestre.
00:54Et de ce côté, le ministre de l'économie Roland Lesture a parlé d'une économie française à l'arrêt.
01:00Un arrêt qui complique l'équation budgétaire du gouvernement Stéphane.
01:03Tout à fait, parce que le budget pour l'année 2026 tablait initialement sur une croissance de 1%, un petit
01:09pourcent qui est aujourd'hui remis en question.
01:12Car cette prévision a été déjà revue à la baisse deux fois.
01:16Une première fois en juillet, on parlait alors de 0,7% de croissance.
01:22Une deuxième fois en septembre où on parlait désormais d'une prévision de 0,5%.
01:27Et on nous dit encore maintenant que cette prévision est trop optimiste.
01:32C'est en tout cas l'avis du Haut Conseil des Finances Publiques, un organisme rattaché à la Cour des
01:38Comptes,
01:39qui aujourd'hui même rappelle que les prévisions gouvernementales de 0,5% étaient déjà bien au-dessus de celles
01:47de la plupart des prévisionnistes.
01:48Et donc aujourd'hui, cet organisme juge qu'une croissance de 0,3% serait sans doute plus vraisemblable en
01:572026.
01:58Donc on est passé de 1% à 0,3%.
02:02Tout ça au conditionnel, puisque ça dépendra des performances.
02:050,3%.
02:06D'accord.
02:07Donc tout cela étant conditionnel.
02:09Ah bah attends, 0,03% là ce serait vraiment désespérant, là il faut pleurer.
02:13Donc 0,3%, tout ça étant conditionnel, puisque ça dépendra effectivement des performances du quatrième trimestre.
02:18Lequel est mal parti en raison de toute la casse, le sabotage, etc.
02:23Alors évidemment, qui dit moins de croissance dit moins de revenus, moins de recettes fiscales,
02:27et donc un déficit beaucoup plus élevé que prévu.
02:29Et toujours selon ce Haut Conseil des Finances Publiques,
02:32la prévision d'un déficit à 5,4% du PIB en 2026 est elle aussi fragilisée, je cite,
02:40par les évolutions récentes et les dernières informations.
02:42Et évidemment, cette dégradation a un impact sur la crédibilité des prévisions budgétaires pour l'année suivante.
02:50Alors entendons-nous bien, évidemment, je ne pense pas prendre beaucoup de risques en disant que sur ce plateau,
02:54tout le monde est favorable sur le principe, évidemment, à une hausse des salaires et du pouvoir d'achat des
02:59Français.
03:00Nous ne sommes pas ici d'ardents partisans de la décroissance, n'est-ce pas ?
03:03Bon, pas de réponse, je continue.
03:05Et la crainte du déclassement que bon nombre de Français manifestent est évidemment tout à fait légitime.
03:10Ce qui frappe, en revanche, c'est le contraste entre l'état de l'économie
03:14et la qualité des demandes des manifestants, des syndicats et des partis politiques.
03:18Déjà, que signifie manifester contre la vie chère et le pouvoir d'achat ?
03:21À qui faut-il demander du pouvoir d'achat ?
03:23Est-ce qu'on le demande à l'État ?
03:25Mais l'État n'est pas un sorcier, n'est pas un magicien capable, en effet,
03:28de faire pleuvoir l'argent, de multiplier l'argent comme d'autres multiplient les petits pains.
03:32Et donc, l'État n'a pas d'autre argent que celui qu'il nous prend.
03:36L'État n'a pas d'autre recette que celle que peut lui fournir une économie productive
03:41en pleine croissance, en pleine expansion.
03:43Or, au sein de la plupart des partis et des syndicats qui défileront demain,
03:47l'atonie de la croissance française depuis maintenant une vingtaine d'années est un non-sujet.
03:51Pire encore, certains nous expliquent depuis quelques années maintenant
03:55que la croissance serait quelque chose de tout à fait indésirable
03:58au motif qu'elle polluerait ou qu'elle aggraverait le changement climatique,
04:01qui revient au passage à négliger le rôle de la technologie.
04:05En 2022, un article de The Economist, un magazine d'obédience libérale britannique,
04:10analysait l'évolution des programmes politiques des partis des pays développés.
04:15Et le magazine estimait que ces programmes accordaient environ deux fois moins d'attention
04:19à la croissance que dans les années 80.
04:23Et que les politiciens sont plus susceptibles aujourd'hui d'exprimer
04:26des positions hostiles à la croissance économique.
04:28Et souvenez-vous, par exemple, de madame Sandrine Rousseau,
04:30qui militait il y a quelques années pour un choc de productivité négatif.
04:36Un choc de productivité négatif.
04:38J'imagine qu'elle est contente aujourd'hui de voir l'économie stagner.
04:41Et donc, les mêmes qui pestent toute la journée contre le capitalisme,
04:44contre le productivisme, se reconvertissent soudainement dans la lutte contre la vie chère.
04:48De qui se moque-t-on exactement ?
04:50Alors, on va rappeler ici quelques vérités.
04:52Une nation ne peut pas consommer plus de richesses qu'elle n'en produit.
04:57Et c'est la croissance seule qui, sur le temps long,
05:00permet d'améliorer les salaires et le niveau de vie des travailleurs
05:04et de l'ensemble de la population.
05:05C'est l'innovation, c'est le progrès technique, c'est le progrès de l'industrie,
05:09c'est le progrès de la productivité.
05:11Et non les lois sociales qui expliquent que l'on a pu éradiquer progressivement
05:15le travail des enfants dans les pays riches.
05:17C'est la productivité seule qui explique la division du temps de travail
05:21par deux du salarié moyen en 100 ans dans les pays occidentaux.
05:25Il y a quelques mois, l'économiste Philippe Aguillon,
05:30avec d'autres collègues, disait que si la France avait connu
05:33le même rythme de croissance de la productivité que les États-Unis
05:36depuis les années 90, notre PIB serait aujourd'hui supérieur de 18%,
05:41environ 450 milliards d'euros.
05:43de quoi faciliter quand même la résolution de beaucoup de défis.
05:47Si nous avions connu la même croissance du PIB par habitant
05:50que celle de nos voisins suisses, la Suisse, un pays qui a des frontières communes avec nous,
05:55si on avait connu cette même trajectoire,
05:57les Français seraient aujourd'hui entre 40 et 50% plus riches environ.
06:03Autrement dit, avant de militer pour le pouvoir d'achat,
06:06il nous faut militer pour notre pouvoir de production,
06:10l'augmentation de nos capacités productives.
06:14Qui parmi les manifestants osera brandir ce mot d'ordre ?
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