00:00Vous voulez qu'on voit la chronique, l'excellente chronique de Laurent Tessier sur les commerçants ?
00:03Parce que vraiment, j'en ai parlé tout à l'heure avec ces commerçants qui n'en peuvent plus
00:07et il y avait donc cette table ronde hier.
00:10Voyez la chronique de Laurent, elle était ce matin au programme de CNews.
00:17Plusieurs représentants d'associations de commerçants de Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille
00:21ont pris la parole devant des députés.
00:23Trois heures de témoignages poignants, un ras-le-bol après toutes ces semaines de manifestations, de violences
00:27et une colère toujours intense, immense, après les pillages du 17 octobre.
00:31Je n'ai jamais passé un week-end pareil à Paris, c'est-à-dire sans voir un seul policier
00:37de tout le week-end.
00:38Pas un seul.
00:41Nous avons été un petit peu sacrifiés, on peut le dire.
00:45Nous avons été livrés aux pilleurs et aux casseurs, sans aucun rempart, sans aucun secours
00:50et ce, des heures durant, de 15h à jusqu'à très tôt le matin.
00:54Plus de 3000 commerces ont été attaqués, pillés, dégradés le week-end du 17 octobre.
00:59En quelques minutes, des vies ont été brisées.
01:01Une journée où certains ont tout perdu, des années pour tout reconstruire
01:04et des hommes et des femmes qui ont appelé à l'aide et qui ont reçu ce type de réponse.
01:08Également le témoignage de plusieurs commerçants qui ont téléphoné,
01:12qui ont composé le 17 et qui malheureusement ont eu un interlocuteur au téléphone
01:18mais qui leur a répondu qu'ils ne pouvaient pas intervenir et qu'ils seraient pillés, comme les autres.
01:24Vous serez pillés comme les autres.
01:26C'est terrible à entendre, des milliers de commerces l'ont été par le manque d'anticipation
01:29du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, et beaucoup en main ne se relèveront jamais.
01:32Oui, les commerçants l'ont répété hier à l'Assemblée nationale, je les cite,
01:36quelque chose s'est brisé dans la confiance qu'ils accordaient à l'État.
01:39Oui, regardez encore la colère de ce représentant d'une association de commerçants à Paris.
01:43Quand on lui parlait d'engager des agents de sécurité privée,
01:46le préfet de police avait reconnu des propos maladroits.
01:51Cette solution de la sécurité privée est probablement une solution pour peut-être 1%,
02:00peut-être 2% des commerces, c'est-à-dire les commerces de luxe.
02:05Je ne vois pas comment tout à coup, il y a 60 000 commerces dans Paris,
02:11on trouverait là comme ça, sous le sabot d'un cheval, 60 000 vigiles.
02:17La crainte de voir de nouveau son commerce pillé, tout le monde peut être visé,
02:20personne n'est à l'abri, et pendant ces 3 heures de table ronde,
02:23un commerçant en bordelais a alerté sur les pressions, les menaces subies au quotidien.
02:28Il y a un sentiment d'impunité de certains pillards qui reviennent dans la semaine, tous les jours,
02:32et qui disent ne vous inquiétez pas, on reviendra samedi prochain et on sera tranquille.
02:36Il y a un vrai impact psychologique, un sentiment de peur.
02:39Ils reviennent tous les jours pour menacer, voilà la réalité.
02:42Alors il y a chez les commerçants la tentation d'aller vers l'autodéfense, avec chaque semaine ces nouvelles manifestations.
02:47Dans les fils WhatsApp qui nous traversent, on a des commerçants qui ont dit qu'ils allaient prendre des barres
02:55de fer pour se défendre.
02:58Et depuis plusieurs semaines, les commerçants vivent dans l'angoisse de tout perdre à tout moment.
03:02Les dernières manifestations ont été certes plus contrôlées, mais la peur est bien réelle.
03:06Et à ceux qui veulent se barricader, renforcer leur sécurité, il y a des blocages, histoire de rajouter encore plus
03:11de difficultés.
03:13Des commerçants du centre-ville qui ont du mal à avoir des autorisations pour poser des stores extérieurs,
03:18du fait de la protection des bâtiments de France, en secteur préservé.
03:24Trois heures d'audition très fortes hier à l'Assemblée nationale.
03:26Courage à nos commerçants, la France qui travaille, qui paie ses charges, ses factures, ses loyers,
03:30alors que l'argent rentre de moins en moins.
03:3270 000 policiers et gendarmes sont mobilisés aujourd'hui.
03:34Et courage à eux aussi, une nouvelle fois.
03:37Et Mme Apéret, mère de Rennes, qui n'a jamais travaillé de sa vie,
03:40qui ne sait même pas ce que c'est qu'un commerce.
03:42Hier, c'est quand même une œuvre d'art, Mme Apéret.
03:44Je vous assure, je n'invente pas.
03:46Elle a dit que les assurances rembourseraient, elle leur a dit aux commerçants,
03:50les assurances vous rembourseront,
03:52et en attendant, vous pouvez prendre sur vos dividendes, a-t-elle dit,
03:55à des commerçants qui n'ont pas de dividendes.
03:59Mais ces gens sont...
04:01On est au-delà de l'incompétence.
04:03La fin ne se paye pas.
04:04On est au-delà de l'incompétence.
04:05Dire à un commerçant, tu peux prendre tes dividendes.
04:08Elle ne sait même pas ce que c'est.
04:10Qu'est-ce que vous voulez que vous disez ?
04:11Elle est mère de Rennes.
04:12Ils interdisent la voiture dans les centres-villes, déjà, ça nuit aux commerçants.
04:15Elle est mère de Rennes.
04:16Quand vous parlez de 50 000 emplois qui sont supprimés,
04:18c'est aussi le e-commerce et les centres-villes qui sont inaccessibles en voiture.
04:21Pour pouvoir distribuer des dividendes, il faut faire des bénéfices.
04:25Donc ça, c'est le premier point.
04:25Deuxièmement, demander aux commerçants le coût de prendre un agent de sécurité,
04:33c'est de l'argent, alors qu'il n'y a pas de fonds qui rentrent.
04:36Et deuxièmement, protéger des verrières ou des vitrines, c'est également un coût.
04:40Donc les gens sont encore obligés de faire des dépenses alors qu'ils n'arrivent pas à vendre.
04:45Un mot avec Jordan Bardella, hier, qui présentait son livre.
04:48Oui, je peux revenir sur une petite question.
04:50Après le 17 octobre, j'ai posé la question au gouvernement pour mon groupe à Laurent Nunez.
04:54Et je lui ai dit qu'aussi à Toulon, alors que ça n'était jamais arrivé,
04:57il y avait eu des violences urbaines.
04:59Et il m'a répondu, madame la valette, soyez tranquille, ce week-end, c'est moi qui suis aux commandes.
05:03C'est très étonnant quand même comme réponse.
05:04Parce qu'on se pose la question de savoir qui était vraiment aux commandes le week-end du 17 octobre.
05:09Parce que quand vous avez la commerçante qui vous dit qu'elle n'a pas vu un policier,
05:13ça pose une vraie question.
05:14Soit ils ont laissé faire, et c'est dramatique.
05:16Non, ils n'ont pas laissé faire.
05:17Soit ils sont très mauvais, et il s'agit de donner la clé de la maison rapidement.
05:22Oui, hier, c'était Jordan Bardella, exactement.