00:04Ici Gascogne, 8h moins le quart, l'invité d'ici Gascogne mater, Marion ce matin on va parler de lutte
00:09contre les déserts médicaux avec notre invité,
00:11avec ce nouveau dispositif qu'on appelle le dispositif des docteurs juniors, ce sont des médecins généralistes qui sont désormais
00:17obligés de faire une année de formation de plus, une dixième année donc,
00:21et cette dixième année se passe en stage dans un cabinet, 22 de ces jeunes médecins sont arrivés cette semaine
00:27chez nous dans les Landes,
00:28on en parle avec Eric Jalran, le directeur départemental de l'agence régionale de santé.
00:32Bonjour Eric Jalran.
00:34Bonjour à tous les deux.
00:35Alors vous les attendiez depuis des mois, ils sont arrivés cette semaine, 22 docteurs juniors dans les Landes, est-ce
00:40que ça, ça va vraiment résoudre le problème des déserts médicaux chez nous ?
00:43Ça va clairement nous aider, on va avoir maintenant, on est à peu près à 450 médecins généralistes dans le
00:50département et 22 docteurs juniors,
00:52on a en plus travaillé à l'affectation de ces docteurs juniors dans le territoire, dans les zones les plus
00:58sous-dotées,
00:59on devait en avoir 16 et par le travail des maîtres de stage, par le travail avec les élus, ce
01:05travail collectif,
01:07comme vous l'avez dit qu'on n'a engagé pas hier, ça nous permet d'en avoir 6 de
01:11plus et d'être donc à 22.
01:13Alors vous disiez que 450 médecins généralistes dans le département, c'était pas assez ça, c'est pas assez ou
01:18c'est qu'ils sont mal répartis ?
01:20Alors c'est pas un sujet neuf dans notre département, on a quand même une certaine schizophrénie de clé de
01:25répartition dans le territoire,
01:27entre l'air marin et l'air des pins.
01:31Donc l'idée...
01:31Il y en a plus sur la côte quoi, c'est ça ?
01:34Vous le dites bien mieux que moi !
01:35L'idée c'est aussi de travailler sur les zones en tension avec des maîtres de stage, et c'est
01:41là aussi où il faut les remercier,
01:43ce sont des professionnels médecins en exercice, qui sont maîtres de stage universitaire pour accompagner ces docteurs juniors.
01:51Ces docteurs juniors sont des médecins thésés, ils attaquent leur dixième année de spécialité,
01:57donc au passage par rapport à quelques questionnements, en fait la médecine générale c'était la dernière spécialité
02:04qui n'avait pas une dixième année, et c'était en lien avec la réforme des années de médecine engagée
02:10en 2023.
02:12Donc là maintenant ils sont dans cette dixième année, et les maîtres de stage proposent des stages,
02:19les docteurs juniors font des voeux, et derrière on a une péréquation qui nous a amené, comme vous l'avez
02:25dit,
02:25à 22 docteurs juniors sur notre département.
02:27Alors concrètement où est-ce qu'ils sont affectés ces jeunes médecins ?
02:29Alors on a cité des communes comme Jaune, comme Sors, comme Saint-Justin,
02:33mais est-ce qu'ils sont affectés uniquement dans des zones en tension du département ou pas ?
02:37Alors initialement oui, sur les 16 que nous avions été fléchées au départ.
02:41Oui, mais effectivement après nous avons eu l'opportunité d'en avoir plus,
02:47et on a augmenté ce nombre de médecins de docteurs juniors,
02:51donc on en a 17 en zone tendue, 19 si je rajoute Mont-de-Marsan,
02:57et ensuite on en a trois qui sont répartis dans des territoires moins en tension,
03:03comme Osegore ou Tarnos par exemple.
03:06D'accord, alors on a entendu dans le journal de 7h tout à l'heure sur ICI Gascogne,
03:10des témoignages de certains de ces jeunes médecins généralistes,
03:13de ces docteurs juniors, eux ne sont pas franchement ravis d'être envoyés à Sors
03:17ou à Saint-Justin pour une année, on les sent un petit peu contraints,
03:20on les sent un petit peu obligés de faire une année supplémentaire ?
03:22On a l'impression qu'ils n'ont pas vraiment le même enthousiasme que vous.
03:28La volonté des docteurs juniors, alors d'une part chacun a son projet de vie,
03:32et c'est à nous aussi d'être un peu malins,
03:35c'est pour ça qu'on a déployé des dispositifs,
03:38Terre d'Accueil, Jeunes Mecs Saint, Excel Santé,
03:40pour les accompagner, pour montrer que l'installation dans les territoires plus ruraux
03:45est une aussi bonne idée qu'en grande agglomération.
03:48L'objectif des docteurs juniors, elle est double,
03:50un objectif de formation, donc là, elle s'impose à nous tous,
03:55et un objectif aussi territorial pour renforcer et faire connaître,
04:00et c'est là peut-être l'idée.
04:02Alors après certains, et ces six semaines de Noël,
04:05je ne crois pas aux petits bonhommes rouges avec une grande barbe,
04:08de faire 22 installations d'un seul coup,
04:10mais au moins de proposer l'installation
04:12et de leur montrer que les Landes sont accueillantes,
04:14ça fait partie du dispositif et de la stratégie que nous avons déployée.
04:18Oui, parce que l'idée de ce dispositif, c'est quand même qu'au bout d'un an,
04:21il y ait un certain nombre d'installations,
04:23qu'il y en a un certain nombre qui restent chez nous, c'est ça ?
04:25C'est l'idée, mais c'est aussi de pouvoir les former en territoires ruraux.
04:30C'est ça en fait, c'est la double organisation.
04:32C'est d'une part qu'ils viennent découvrir,
04:34parce que derrière, on n'a pas toujours l'opportunité
04:38de venir à Saint-Justin ou à Sabre,
04:41et de se dire que c'est peut-être aussi une installation,
04:44parce qu'on a la chance dans le département
04:45d'avoir maintenant plus de 29 maisons de santé pluriprofessionnelles,
04:49de l'exercice coordonné très développé,
04:52donc de montrer aussi que dans les zones rurales,
04:54on sait aussi travailler en réseau,
04:56travailler avec des professionnels médicaux, paramédicaux,
04:58et que c'est peut-être quelque chose qu'ils recherchent aussi.
05:00Même si au départ, ils traînent un peu les pieds ?
05:03Même si au départ, ce n'est pas leur projet de vie
05:05ou pas leur envie première.
05:07Il faut peut-être se dire que le cadre de vie dans les Landes,
05:10il n'est pas si mal que ça.
05:11Oui, parce que certains nous disaient,
05:12moi j'avais déjà un projet d'installation,
05:14je comptais m'installer là, ça retarde mon projet.
05:18Alors, il ne faut peut-être pas le voir comme retarder un projet,
05:22parce que derrière, il y a toujours plus ou moins
05:24une stratégie de remplacement,
05:26puisque derrière, on a la stratégie de remplacer
05:28avant de s'installer.
05:29Mais après, ça leur donne aussi l'occasion d'exercer
05:32en supervision.
05:34C'est-à-dire que là, maintenant,
05:35à la différence des internes,
05:37qui sont avec la présence du médecin titulaire,
05:39enfin du médecin universitaire,
05:42là, ils sont en supervision.
05:43C'est-à-dire qu'ils peuvent être dans un cabinet,
05:45je vais prendre l'exemple de jaune,
05:47seul dans le cabinet,
05:48mais avec la capacité de pouvoir contacter
05:50leur maître de stage à tout moment,
05:52pour une difficulté.
05:53Mais ils sont là pour accompagner dans le territoire aussi.
05:57Et c'est peut-être aussi un moyen de leur montrer
06:00une facette de l'exercice.
06:01Et concrètement, quand on est un patient d'un cabinet
06:03où il y a un docteur junior,
06:04pour le patient, ça ne changera rien ?
06:05Il aura juste un nouveau médecin ?
06:06Ça ne changera rien.
06:08Il peut tout faire,
06:09sauf être le médecin traitant.
06:11Et ça ne rajoute pas un coût supplémentaire,
06:13ça c'est important de le dire.
06:15C'est-à-dire que la consultation,
06:16c'est la même que sur son médecin.
06:18Mais la seule différence,
06:19c'est que lui,
06:20puisqu'il n'est là que pour un an,
06:23voire plus,
06:24mais il ne peut pas être son médecin traitant.
06:26Merci beaucoup Éric Gellerand
06:27d'avoir été avec nous.
06:28Je rappelle que vous êtes le directeur départemental
06:30de l'ARS,
06:31l'Agence régionale de santé,
06:32dans les Landes.
06:33Merci à vous, bonne journée.
06:34Merci à vous, bonne journée à tous.