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  • il y a 21 minutes
Judith Beller reçoit Thierry Blandinière, directeur général du groupe InVivo et auteur du livre Nourrir (éditions du Cherche-Midi)

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##PARLONS_DE_VOUS-2026-11-08##

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Personnes
Transcription
00:01Sud Radio, parlons de vous, Judith Bélaire.
00:05Parlons de vous, c'est la chronique de celles et ceux qui font la différence sur Sud Radio.
00:08Je suis avec Thierry Blandinière, qui est le DG du groupe In Vivo et président du C.A. de Brive.
00:14Auteur aussi, Thierry, de Nourir, qui est sorti aux éditions du Cherche Midi.
00:18Bonsoir, bienvenue.
00:19Bonsoir, Judith. Merci de l'invitation.
00:20Avec plaisir. Alors, on va parler de souveraineté alimentaire déjà avec vous,
00:23parce que c'est le sujet principal de votre livre, évidemment.
00:26L'importance de cette souveraineté alimentaire.
00:28Qu'est-ce que c'est la souveraineté alimentaire ?
00:30Vous voyez, au moment où on vit un monde qui se fragmente, aujourd'hui,
00:34avec des empires qui se créent en Chine, aux Etats-Unis,
00:39comment l'Europe et la France peuvent résister.
00:41C'est pour ça qu'on parle de souveraineté.
00:43Il y a deux grands piliers dans la souveraineté d'un pays, c'est l'énergie,
00:46la capacité à gérer son énergie à un prix compétitif, et l'alimentation.
00:49C'est ça.
00:50Et il se trouve que la France est un fort pays au niveau de son agriculture, son alimentaire,
00:57et que depuis quelques temps, on l'a mal compris.
01:00Donc, le but de ce livre, c'est d'expliquer que, voilà, on a peut-être perdu notre industrie.
01:04Rappelez-vous, le Doliprane, pendant le Covid, on avait du mal à en avoir parce que c'était en Chine.
01:07On s'en souvient très bien.
01:08Par contre, les rayons étaient toujours pleins.
01:10Ça veut dire que, finalement, dans les hypermarchés, la chaîne alimentaire a fonctionné.
01:13C'est ça.
01:24Nous, pour la France, qui est un principe de souveraineté très important, un des deuxièmes piliers de la souveraineté nationale,
01:29il faut préserver.
01:30Bien sûr.
01:31Alors, c'est justement cette capacité à maîtriser notre alimentation dont on parle.
01:35Cette souveraineté, ce n'est pas non plus l'autosuffisance.
01:38Alors, ce n'est pas l'autosuffisance.
01:39Souveraineté, c'est une dimension d'une puissance.
01:41On est une puissance à l'école.
01:42Une puissance à l'école, elle doit rayonner.
01:44Donc, elle doit déjà défendre ses positions sur son territoire.
01:47Notre terrain de jeu, c'est la France, mais c'est aussi l'Europe.
01:49Mais elle doit pouvoir exporter.
01:51Et tous nos amis algériens, africains, ils ont besoin de nos céréales.
01:55Parce que, malheureusement, avec le climat, ça ne pousse pas chez eux.
01:58Donc, il faut être solidaires.
01:59Il faut qu'on soit en capacité, nous, de valoriser nos céréales et de pouvoir leur apporter les meilleurs produits
02:04dans leur pays.
02:05Et qu'ils aient le choix, bien sûr, avec une solution française, plutôt que d'aller vers une solution argentine
02:11ou russe, aujourd'hui.
02:13Et donc, il y a un enjeu de géopolitique très important derrière, avec le blé, notamment, qui est une arme
02:17aussi géopolitique.
02:18On l'a bien vu, c'est aussi.
02:19Exactement.
02:20Alors, cette liberté, donc, elle repose sur notre capacité à produire.
02:23C'est ça que vous racontez.
02:24Et en fait, l'enjeu, c'est ça.
02:26C'est que, finalement, depuis quelques années, on a accumulé les charges.
02:30On n'a pas reconnu nos agriculteurs, leur savoir-faire.
02:33Ils ont l'impression d'être une variable d'ajustement de l'économie française, des accords internationaux.
02:38Et que tout ça, il faut remettre l'église au centre du village, comme on dit.
02:41C'est-à-dire, quelque part, il faut leur redonner une reconnaissance méritée.
02:45Dire qu'on les aime et qu'on a envie de travailler avec eux et de valoriser leur production.
02:49Et donc, de donner des moyens et des signaux très forts, politiques, des investissements,
02:54qui leur permettent de dire, demain, on a un avenir pour l'intérêt général, pour moi, en tant qu'agriculteur,
02:59mais aussi pour le consommateur français, pour l'indépendance, pour la souveraineté.
03:02Et on parle d'exportation, mais on parle d'importation aussi, évidemment.
03:05C'est un vrai sujet, ça aussi.
03:06Toutes les importations ne sont pas une menace, quand même.
03:08Voilà, il faut quand même raison garder, parce qu'on est exportateur.
03:11Donc, à un moment donné, la réciprocité, c'est quand même d'accepter qu'on importe aussi.
03:15Et puis, on est dans un monde ouvert.
03:16On ne veut pas se renfermer avec des barrières autour de nous.
03:20Sinon, ça serait source d'inflation.
03:21D'ailleurs, on sait très bien que, voilà, dès que l'instant, on se referme.
03:24On met des taxes.
03:25On va aller aux Etats-Unis, les tarifs avec Trump, l'inflation monte.
03:27Et là, on voit bien qu'on a un sujet d'inflation, aujourd'hui.
03:29Et puis, il l'a payé cher, Trump.
03:31Voilà, donc, bonne nouvelle, les Américains, une grande démocratie,
03:34ils sont en train de réagir.
03:36Et ça faisait des années que l'inflation était là,
03:39que les produits alimentaires augmentaient,
03:40et que tout le monde disait, non, non, il n'y a pas de sujet.
03:42Mais finalement, voilà, la sanction est là.
03:44L'Europe, c'est pareil.
03:45Toujours avec quelques mois de retard, on est en train de vivre ce que vivent les Etats-Unis.
03:49Donc, j'espère qu'il y aura un sursaut, un réveil collectif autour de ces sujets-là.
03:54Les grandes démocraties se réveillent toujours.
03:55La preuve, regardez, les Etats-Unis l'ont fait.
03:57C'est plutôt une bonne nouvelle pour nous, j'ai envie de dire, effectivement.
04:00Donc, en fait, ce que vous nous dites, c'est que la vraie souveraineté,
04:02ça s'importe et ça s'exporte.
04:04Ça s'importe et ça s'exporte.
04:05Et il faut des points d'équilibre.
04:06Il faut savoir négocier intelligemment.
04:08C'est une négociation, c'est une mondialisation.
04:10C'est grâce à la mondialisation qu'on a pu faire grandir le pouvoir d'achat des Français.
04:13Parce qu'on exporte beaucoup.
04:15Et le fait d'exporter nos céréales, notre vin, notre fromage, c'est quand même essentiel.
04:19Et puis c'est notre savoir-faire qu'on exporte aussi.
04:21Donc, quelque part, c'est une valeur ajoutée en plus.
04:23Ça nous permet de rayonner, quoi.
04:25Voilà, absolument.
04:25Alors, c'est vrai qu'on peut revenir un petit peu à nos agriculteurs.
04:27Il y a quand même ce sujet de pouvoir leur permettre de vivre de leur travail.
04:30Et puis de leur permettre aussi de nous offrir une alimentation qui soit accessible et de bonne qualité.
04:36L'enjeu, c'est ça.
04:37C'est ce qu'on a remis un peu en cause depuis quelques années.
04:41C'est ce fameux Green Deal.
04:42C'était la montée en gamme exprimée par Emmanuel Macron en son discours de registre en 2017.
04:48En disant, la solution, c'est la montée en gamme.
04:50Donc, le bio, c'est la montée en gamme.
04:51Donc, ce serait bien que toute l'agriculture européenne passe en bio.
04:54Mais on a oublié d'étudier l'impact de cette décision.
04:58Et puis le bio, c'est des petites fermes.
04:59C'est de la petite production.
05:00Le bio, c'est des petites fermes.
05:00C'est aussi des prix.
05:01Et c'est aussi des inflation.
05:02Et c'est aussi du pouvoir d'achat.
05:04Et tout le monde ne peut pas se payer du bio à 50% plus cher.
05:07Et donc, quelque part, il y a un sujet quand même de prix.
05:09Et ça, on l'avait oublié.
05:10Et le marché nous l'a rappelé.
05:12Donc, il faut qu'on développe une agriculture différente,
05:15plus accessible, plus compétitive,
05:16respectueuse de l'environnement,
05:18qui s'engage dans tout ce qui est durabilité,
05:20long terme, préservation des sols, qualité des sols, etc.
05:23Ça, c'est possible.
05:24Mais avec un facteur prix très important.
05:26Donc, c'est possible, pour terminer,
05:28de produire beaucoup, mais en respectant la terre.
05:32C'est possible de produire plus, mieux et durable.
05:34Ça, c'est sûr. On peut le faire.
05:35Merci Thierry Blandinière.
05:36Je rappelle que vous êtes directeur général du groupe InVivo,
05:38président du CA de Brive.
05:41Merci.

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