00:01et bien bonsoir à toutes et à tous merci beaucoup d'être là ce soir pour le lancement de new
00:07york
00:07mosaïque bonsoir bonsoir c'est donc votre premier roman paru sur ruf romantin absolument parait donc
00:14cette rentrée et qui vous a pris dix ans oui alors vous étiez capitaine de police exactement et vous
00:21êtes désormais auteur pour moi vous travaillez aussi pour la télévision j'ai oui je développe
00:25des projets aussi pour la télévision voilà et vous avez fait et vous avez fait cette rentrée un roman
00:31un roman choral roman noir et un roman sur une décennie très particulière sur une ville qui
00:38l'est tout autant exactement new york qui vous a pris une décennie à composer oui et pourquoi new york
00:46alors alors tout est parti d'un article de presse que j'ai lu donc je crois en 2014 en
00:53parisien et
00:55qui évoquait un scandale qui secouait la police new yorkaise c'était donc le personnalité dans la
01:04ville de la ville qui s'appelle louise carcela qui était un détective qui avait vraiment une aura très
01:10très importante dans la ville il n'y a pas véritablement de d'ailleurs de commune mesure à ce qu
01:16'on peut
01:16imaginer pour un policier en france parce que il avait eu des articles de presse très élogieux sur son
01:22travail il avait même une série télé un moment un épisode d'une série télé qui lui avait été
01:27dévolue quand il était parti en retraite il était passé dans une émission qui est très connue qui
01:33s'appelle docteur phil où il avait été interviewé sur les techniques d'interrogatoire sur comment est
01:38ce qu'on obtient des aveux puisque justement là c'est apparemment sa grande qualité le grand talent
01:44qu'on lui prêtait c'était une faculté quasi surnaturel pour obtenir des aveux et bon bah le il
01:52était parti en retraite à l'aube des années 2000 et donc quinze ans plus tard scandale énorme on découvre
01:59que il a trafiqué un certain nombre d'enquêtes sur lesquelles il avait travaillé extorqué un certain
02:06nombre d'aveux envoyé un certain nombre d'innocents en prison et donc le scandale était était très très
02:12important donc le l'article était assez était assez fabuleux parce que il y avait cette il y avait
02:20cette trajectoire dramatique du monsieur tout le monde né dans le quartier italien de brocline qui
02:28devenait le meilleur inspecteur de la ville qui a eu droit à un article absolument élogieux quand il est
02:34parti en retraite qui a été multi décoré et puis des années plus tard on découvre que tout ça tout
02:41ça
02:41c'est pas c'est pas c'est pas vrai et et la chute de ce type là est à
02:45la hauteur de la gloire qu'il a
02:49connu et de son ascension donc il y avait déjà là un matériau qui était qui était très intéressant et
02:56donc
02:56j'ai commencé à me documenter sur cette affaire et et en fait en tirant le fil chaque chaque découverte
03:05se révélait plus intéressante que la précédente parce que il avait travaillé dans les années 90 qui
03:11effectivement sont des années très très particulières pour la ville de new york la criminalité est à son
03:18apogée à new york en 1990 il ya 2290 homicides
03:25dit 15 ans plus tôt il y en avait 500
03:28la ville est rongée par le par le trafic de craques c'est un point où les gens n'osent
03:34plus sortir la
03:35nuit il ya certains quartiers de la ville qui comportent chaque année plus d'homicide que dans
03:41l'angleterre tout entière s'ajoute à cela une crise économique la ville a énormément de mal à sortir
03:48d'une crise économique latente et puis des tensions entre les différentes communautés de la ville qui
03:55sont très très très très fortes et donc quand on découvre tout ça on s'aperçoit que c'est un
04:01que
04:01c'est un matériau romanesque qui est fabuleux quoi et donc j'ai commencé à l'explorer et puis et
04:10puis
04:10assez rapidement s'est posé la question de de comment comment raconter cette histoire là et les
04:18problèmes ont commencé là parce que est ce qu'il fallait raconter juste l'histoire de louis carcela
04:24est ce qu'il fallait essayer d'embrasser le destin de la ville est ce que est ce qu'il
04:31fallait avoir un
04:32seul personnage plusieurs personnages et puis évidemment à partir du moment où on s'intéresse à un projet comme
04:38ça le problème c'est qu'elle est comment gère-t-on l'équilibre entre le matériau romanesque inventé le
04:48matériau fictionnel dont on a forcément besoin quand on raconte une histoire et puis la réalité
04:55matérielle les faits rien que les faits etc donc il faut trouver un équilibre dans tout ça et donc et
05:00et donc c'est c'est assez voilà c'est assez long c'est assez incertain
05:07j'étais pas sûr d'être en capacité technique de l'écrire tout simplement j'étais pas j'étais pas
05:11du
05:11tout sûr de moi donc j'ai essayé certains j'ai essayé de j'ai essayé de tricher un peu
05:18alors au début
05:18j'ai essayé je me suis dit ah faut plutôt que tu essaies d'écrire des articles et puis après
05:22une nouvelle
05:23et puis après une pièce de théâtre ce serait pas mal en pièces de théâtre et puis après un court
05:28roman et
05:29puis bon enfin donc j'ai beaucoup testé différentes formes de narration et puis au bout d'un moment je
05:35me
05:35suis retrouvé un peu au pied du mur où je me suis dit non il faut c'est un roman
05:39qu'il faut écrire
05:40voilà et il faut dépasser le cadre uniquement de louise car c'est là pour raconter un peu l'histoire
05:46de la
05:46ville pour embrasser le destin de la ville durant ces années là et donc donc tu auras besoin d'écrire
05:53un roman chorale quoi voilà et les ennuis les ennuis arrivent là quoi louise carcela qui est un des
05:59personnages principaux arrive finalement assez tard par rapport au début du roman puisque le premier
06:03chapitre c'est un personnage qui est devenu très connu depuis pour son temps à manger ses casquettes
06:08rouges exactement et et pas que malheureusement et aussi teresa qui est l'incarnation finalement d'une
06:15craquette exactement et du bronx et justement enfin le roman commence en 90 se termine en début
06:23des années 2000 vous avez une phrase justement disant que la lutte contre le craque a été vite
06:27remplacée par la lutte contre les cigarettes et pourquoi avoir choisi cette décennie et pas
06:34celle de taxi driver par exemple ou qui est tout aussi violent tout aussi pour une histoire de oui
06:40il y avait le j'étais un peu j'étais de toute manière je voulais raconter l'histoire de louise
06:47carcela parce que j'avais une connexion aussi avec lui qui est que j'étais moi même policier et
07:02j'étais à cette époque là je travaillais dans une unité de lutte antiterroriste et et on me prêtait
07:09beaucoup de qualité dans mon travail à cette époque là et donc à partir du moment où vous travaillez
07:17dans une unité où vous avez de bons résultats on veut toujours que vous ayez de bons résultats et
07:24donc évidemment il ya des fois où vous ne pouvez pas obtenir de bons résultats parce que les
07:29choses ne se goupillent pas de telle sorte que vous puissiez avoir de bons résultats donc il ya
07:34toujours la tentation de la tricherie voilà notamment quand vous êtes quand vous êtes impliqué dans une
07:39enquête liée sur un projet d'attentat ou des choses comme ça ce qui était ce qui a été mon
07:45quotidien
07:45pendant dix ans votre chef de service mais au dessus de lui le chef de division et au dessus de
07:52lui le
07:52préfet et au dessus de lui le ministre il ya un moment où le ça marche pas et ça les
07:57intéresse pas comme
07:58message donc il faut que ça fonctionne donc il faut que ça fonctionne donc vous avez un certain nombre
08:02d'outils légaux qui vous permettent de faire fonctionner les choses et puis même si ces outils
08:07légaux ne fonctionnent pas voilà on attend voilà on attend et donc la tentation est là donc je
08:16nous la société la société française est différente le fonctionnement de l'administration française est
08:22différent le les organes de contrôle sont sans doute plus important qu'ils ne l'étaient dans
08:27le new york de ces années là donc c'est pas le décalage c'était pas possible d'envisager
08:33de dévier du droit chemin de comme lui l'a fait mais je comprenais la tentation du type à qui
08:42on disait
08:42vous êtes le seul qui peut résoudre cette affaire là résolvez là voilà et d'ailleurs c'est quelque
08:48chose que louise carcela quand il s'est retrouvé dans l'oeil du cyclone que les journalistes ont
08:52commencé à assiéger son domicile il a dû déménager il a fait l'objet de menaces enfin il est sa
09:02trajectoire
09:02dramatique est vraiment incroyable il est il a été menacé enfin bon et un de ses un de ses modes
09:12de
09:12défense c'était de dire mais attendez moi j'étais pas tout seul dans les années 90 quoi voilà moi
09:17j'ai
09:17enquêté sur 200 homicides j'ai enquêté sur 200 meurtres j'en ai résolu la plupart tout le monde
09:23était content enfin je veux dire mes affaires elles étaient évoquées devant des substituts du procureur
09:28qui prenait les affaires telles quelles qui les poursuivait ça passait devant des juges qui
09:32envoyait des gens en prison sont sa stratégie de défense était de dire mais moi je suis pas tout
09:38seul là dedans je ne suis qu'un rouage de la machine et et donc ça c'est ça c
09:45'est quelque chose
09:46que je comprenais aussi voilà et donc je voulais absolument écrire son histoire et cette raison pour
09:53laquelle du coup j'étais j'étais lié à ces années d'exercice donc aux années 90 et on sent
10:00cet affinitif seulement en disant très vite on voit que finalement l'institution est dépassée par
10:05la réalité du terrain oui beaucoup plus violente que les moyens qu'ils ont oui oui absolument et
10:09c'est vraiment enfin il ya une véritable violence c'est c'est alors le bon c'est un peu
10:15dangereux de
10:16faire ce parallèle là parce que c'est les époques sont différentes les affaires sont
10:19différentes c'est pas si ça a vraiment du sens mais c'est vrai que moi j'ai été j
10:24'ai travaillé
10:24donc dans la lutte antiterroriste entre donc 2008 et 2018 quand j'ai quitté la police et on a cessé
10:34d'être en retard sur les événements enfin je veux dire l'année 2015 désolé je sors du bouquin mais
10:412015 bon c'est entre eux le bataclan à la fin de l'année charlie hebdo en début d'année
10:47le thalys au
10:48milieu plus un certain nombre de d'autres attaques bon voilà donc enfin les services de l'état était
10:57quand même on était complètement dépassé par les événements c'est on écopé un bateau dont on voilà
11:03l'eau s'infiltrait de toutes parts donc donc ça aussi c'était quelque chose que je comprenais intimement
11:11quand j'ai commencé à m'intéresser aux années 90 parce que qui a déjà mené une enquête criminelle
11:18sait à quel point c'est incroyablement compliqué et chronophage je veux dire les séries télé nous ont
11:24appris qu'on pouvait résoudre ça en 52 minutes ou en 90 minutes bon malheureusement c'est souvent un peu
11:31plus long et un peu plus fastidieux que ça et donc quand on imagine une ville où il y a
11:362290 meurtres à
11:38l'année et ça c'est les meurtres commis c'est à dire que ça prend pas en compte les
11:43tentatives les
11:46les gens à l'hôpital ça prend pas en compte les viols ça prend pas en compte les enlèvements là
11:50on
11:50parle que des meurtres donc il ya encore une criminalité qui est autour de ça qui est encore
11:54plus importante donc les services de l'état sont absolument dépassés et à partir du moment où
12:01on est dépassé on a besoin d'un héros en fait voilà et donc louise carcela lui il est le
12:06héros de
12:06ces années là c'est le meilleur flic de la ville voilà il a des éditos d'itirambique élogieux dans
12:13les dans les journaux et et probablement il a fini un moment par ce par se perdre dans sa propre
12:19célébrité dans sa propre réussite dans le regard des autres et puis et puis là il a il a commencé
12:26à à
12:27à tricher et voilà et des innocents sont retrouvés en prison on le sent même sans trop dévoiler mais
12:33assez vite pris au piège par les événements aussi oui puisqu'il ya d'autres personnages qui arrivent au fur
12:38et à
12:38mesure de l'histoire dont notamment un spin doctor politique oui qui est s'appelle david meyer
12:44david meyer exactement complètement cynique qui qui possède les gens détenant des photos
12:50compromettantes rapidement enfin sur notamment un rapport homosexuel avec un mineur et
12:57le le david meyer donc lui c'est un personnage qui est complètement fictif pour le compte mais
13:01j'avais besoin de lui parce que c'était important de montrer comment
13:08quand une ville ou un pays d'ailleurs ça vaut probablement pour un pays mais la ville de
13:13new york est en situation de crise les gens vont instrumentaliser cette crise à des fins politiques
13:17et donc les questions de criminalité sont instrumentalisés les questions les questions
13:26les tensions raciales sont instrumentalisés et évidemment qui dit instrumentalisation dit dit
13:32gens qui dont c'est entre guillemets le métier ou la nature d'essayer d'utiliser toutes ces tensions à
13:39leur avantage ou pour l'avantage d'un d'une tierce personne donc ça c'était important d'avoir un
13:44personnage
13:45qui montrait que toute cette violence toute cette criminalité elle doit être résolu parce que les
13:52gens meurent il faut bien que voilà il faut bien arrêter les les auteurs de crimes mais il ya aussi
13:58il ya
13:59aussi la tentation toujours d'utiliser ce climat là et là c'était quelque chose quand j'ai commencé à
14:07travailler sur sur le livre je voyais bien aussi en france voilà même si encore une fois comparaison n'est
14:14pas
14:14raison mais bon on voit bien que le la question de la criminalité en france c'est un sujet politique
14:20là depuis le
14:22le 7 octobre il ya il ya quand même aussi d'autres
14:26tensions dans la société qui sont instrumentalisés voilà aussi à des fins politiques
14:32bon voilà le moment ça apparaît dans le livre dont dans les années 90 il ya un pogrom à brooklyn
14:37voilà ça apparaît dans le livre à un moment il ya un accident de la circulation
14:41il ya le convoi du grand rabbin de brooklyn qui qui renverse deux enfants qui sont à bicyclette un
14:48des enfants qui s'appelle cavine gâteau qui a 7 ans meurt
14:52et le bruit commence à courir dans la ville que
14:57le convoi du rabbin est reparti immédiatement sans traiter sans porter secours aux enfants gravement blessés
15:03et donc c'est l'étincelle qui qui fait exploser le baril de poudre de deux tensions qui existait entre
15:10les que la communauté afro-américaine et la communauté juive à brooklyn
15:13qui était déjà à couteau tiré depuis des années
15:15et et il ya un véritable voilà il ya des scènes absolument hallucinantes
15:22qui sont documentés
15:25des gars qui font le salut nazi à times square des boutiques
15:30juifs qui sont incendiés des mezuzahs qui sont arrachés au linteau des portes
15:37bon et voilà et ça dure et ça dure
15:40deux ou trois jours et le pouvoir politique est dans l'incapacité totale de gérer ça
15:45pour david dinkins qui est le maire à cette époque là
15:47c'est politiquement très compliqué parce qu'il a été élu sur une synthèse un peu étrange de
15:53de voies afro-américaines et de voies de la communauté juive
15:58l'épigrafe du livre d'ailleurs voilà une citation de david dinkins voilà c'est de new york cette belle
16:02mosaïque
16:03c'est de couleur et c'est une communauté d'orientation sexuelle exactement et là bon il est à
16:09et bon voilà là il est à l'épreuve de la réalité où malheureusement
16:13ça ne se passe pas si bien que ça quoi voilà et il doit faire à ce moment là des
16:17choix qui sont très compliqués
16:19il y a un touriste australien
16:22juif qui est assassiné au cours de ces
16:25de ces heures là qui prend des coups de couteau
16:29et donc c'est très compliqué pour c'est très compliqué pour lui et donc les gens instrumentalisent ça ses
16:33opposants
16:35instrumentalisent
16:36tous ces drames là pour
16:37à des fins politiques donc le personnage de david meyer il permet justement d'explorer cette
16:43cette instrumentalisation
16:44au point même qu'on peut se demander si son ambition n'est pas elle-même une addiction à new
16:49york puisque enfin on voit les deux épigraphes qui se répondent
16:52où c'est à la fois le discours de david dinkins sur
16:54à quel point cette ville est une mosaïque merveilleuse de communautés et en même temps une citation de la bible
16:58disant ce pays qui dévore ses habitants
17:01oui ça c'était
17:05ça c'est une vision très personnelle de la ville que j'ai mais pas uniquement de new york mais
17:10de toutes les grandes métropoles
17:12il me semble qu'elles ont une énergie
17:16propre
17:16et qui est tellement importante
17:19que
17:21celui qui essaie de
17:24de l'instrument
17:24de l'utiliser à son service ou d'aller à son encontre
17:28à toutes les chances de se retrouver
17:31emporté
17:31d'ailleurs le
17:32bon tous les personnages du livre essaient à un moment ou un autre de
17:36de gérer cette ville de prendre en compte l'énergie de cette ville pour y mettre de l'ordre pour
17:40l'utiliser
17:41et bon pour
17:42voilà pour la plupart d'entre eux ça se passe pas très bien quoi voilà
17:45voire même très très mal
17:46même très mal
17:47effectivement
17:47donc on vient de débattre des penthouses
17:50non non ça se passe pas très bien ouais exactement
17:52et bien sur l'écriture vraiment
17:55je me demandais
17:56enfin c'est un premier roman
17:58ouais
17:58et c'est très maîtrisé
18:00parce que c'est des chapitres courts
18:01beaucoup de dialogues
18:02mais des phrases courtes
18:03chaque chapitre rappelle le suivant
18:05comment c'est fait justement le processus d'écriture
18:09pour englober tout ça
18:10tout ce côté foisonnant
18:14alors moi je suis pas un très bon moi j'ai jamais été un très bon élève et en fait
18:23j'ai découvert la littérature
18:27dans un livre de cinquième dans mon livre de français de cinquième il y avait un encart sur la littérature
18:32américaine
18:33et jusqu'en cinquième je lisais très très peu
18:35et je me souviens très bien il y avait Dash Olamet il y avait Raymond Chandler il y avait James
18:39Eastwood
18:40il y avait une espèce de roman autour de la femme à abattre là bon
18:45et puis je crois que je sais plus le dernier truc
18:51et je me suis dit ah là là cette énergie
18:54il y avait un rapport à la ville aussi qui me plaisait beaucoup déjà à l'époque
18:57et j'ai commencé à lire beaucoup de littérature noire
18:59et après j'ai eu un deuxième choc
19:01en vacances avec mes parents
19:04on était dans un hôtel
19:05et il y avait Canal Plus dans la chambre d'hôtel
19:09mais nous on n'avait pas Canal Plus
19:10donc je ne sais plus mes parents étaient partis faire un truc
19:12et moi j'étais resté pour regarder Canal Plus
19:14et je vois un film où il y a des gens dans une agence immobilière
19:18et ils s'engueulent
19:20ils ne sont que dans l'agence immobilière et ils s'engueulent
19:23et pour moi c'est fascinant
19:25le pouvoir du langage
19:28le langage comme moteur de l'action
19:31je trouve ça absolument fabuleux
19:33et j'apprends après que c'est l'adaptation d'une pièce de David Mamet
19:37qui s'appelle Glendary Glen Rose
19:40et je me dis ça je veux écrire ça en fait
19:43et donc évidemment
19:45bon c'est n'importe quoi
19:47parce que j'ai 15 ans
19:48je ne parle même pas très bien anglais
19:50on est vraiment
19:50il y a très longtemps
19:52donc c'est difficile de trouver de la littérature anglaise
19:55quand on habite au fin fond de la province comme moi
19:57donc tout ça prend un peu de temps
19:59mais je commence à lire de la littérature de théâtre américaine
20:03et il y a quelque chose
20:04et j'apprends en fait avec eux
20:06un certain nombre de leçons que j'ai affiné après en lisant des bouquins de dramaturge américain
20:11en assistant à quelques conférences liées à l'écriture
20:16et ils ont une écriture qui est très très différente de l'écriture française
20:21parce qu'elle est très peu psychologisante
20:26et notamment dans le grand théâtre populaire américain des années 40, 50, 60
20:31c'est marche ou crève
20:32ils n'ont pas le droit à l'échec
20:33c'est à dire que évidemment c'est très compliqué d'aller à Broadway
20:37et puis si on a la chance à un moment d'avoir une pièce qui est à Broadway
20:39c'est un fusil qui tire un coup
20:41c'est à dire que le public a intérêt à venir
20:43il n'y a pas de subvention, il n'y a pas d'aide
20:46et donc du coup dans leur écriture
20:48ils sont obligés d'être très très efficaces
20:50et donc il n'y a pas de temps mort
20:54et donc ça c'est, comment dire, cet héritage
20:58c'est poursuivi dans les ateliers d'écriture de scénarios américains
21:03où la règle c'est toujours ne soyez pas ennuyeux
21:05il y a une seule règle c'est ne soyez pas ennuyeux
21:08et donc modestement quand j'ai attaqué le bouquin
21:11c'était vraiment un truc qui me guidait beaucoup
21:14c'était ne sois pas ennuyeux, ne sois pas ennuyeux
21:19alors pourtant je n'ai pas tout à fait réussi
21:20parce que le premier, la première version du roman
21:24était vraiment, c'était à peu près le double
21:27c'était vraiment, c'était beaucoup trop gros
21:29et donc
21:30il y avait 300 pages
21:31ouais non mais c'était vraiment beaucoup plus gros que ça
21:33il y avait beaucoup plus de personnages etc
21:34alors c'était un peu, je m'étais laissé un peu emporter
21:37et donc il y a eu les camarades de Ruffrementin
21:41qui m'ont dit c'est pas raisonnable
21:44il faut quand même resserrer un peu tout ça
21:46et j'ai beaucoup travaillé avec eux
21:47et il faut que je les remercie là publiquement
21:49parce que c'est vraiment grâce à eux
21:52que le bouquin s'est vraiment resserré
21:54que les fils narratifs
21:56se sont concentrés vraiment sur l'essentiel
21:59et là vraiment je crois qu'on est arrivé
22:01effectivement à un bouquin qui était vraiment
22:03qui est vraiment nerveux
22:05et qui n'est pas ennuyeux
22:06voilà
22:07c'est vraiment ce qu'on ressent
22:08et on pense à des films noirs
22:11on a l'impression de voir
22:12un peu comme Seven de David Fincher
22:15où on arrive à la fois
22:16on voit le corps rongé par les rats
22:18puis on passe directement au penthouse
22:20c'est une écriture très visuelle
22:23et je me demandais
22:28comment il vous est venu spontanément
22:35parce que c'est à la fois aussi
22:36très richement documenté
22:38on sent que vous avez tout lu
22:41sur les New York des années 90 globalement
22:43pas mal
22:44sans doute pas tout
22:46mais pas mal
22:46on a l'histoire politique
22:47d'élection municipale
22:48en élection municipale
22:49on voit tous les enjeux
22:51on voit que
22:51tel maire a soutenu les Yankees
22:54et pas les Dodgers
22:55et que c'était la chose à ne pas faire
22:57parce qu'il fallait techniquement
22:58pour soutenir la communauté
23:00il y a tous les enjeux communautaires
23:01qui pour le coup sont très propres aux Etats-Unis
23:03enfin
23:04qui le sont un peu partout
23:05mais particulièrement aux Etats-Unis
23:07absolument
23:08comment vous êtes immergé
23:10dans cette culture américaine
23:11est-ce que c'était simplement
23:13les auteurs que vous avez cités
23:14alors ça c'était un vrai
23:15ça c'était une vraie inquiétude
23:17parce que
23:19le risque c'était de faire un bouquin
23:21qui soit un peu
23:22Agnière sur Hudson
23:24vous voyez
23:24c'est un espèce de mélange
23:26de culture française
23:28et de trucs américains mal digérés
23:30et là c'était sûr que c'était la cata
23:33là c'était vraiment
23:34c'était prendre le mur
23:35et ça c'était vraiment
23:36le plus gros écueil
23:37c'était de faire un truc
23:38qui soit
23:40le New York
23:41fantasmé
23:42par un gars de Paname
23:43ça c'était
23:44ça ça m'a vraiment
23:46beaucoup préoccupé
23:47et donc en fait
23:50en réalité
23:51à mon avis
23:52une façon de contourner
23:53l'écueil
23:54c'est
23:58évidemment
23:58d'être bien documenté
24:01parce que
24:02si on est bien documenté
24:04on a déjà
24:05tellement de choses à dire
24:06qu'on n'a pas tellement
24:07de raison
24:07de partir
24:10voilà
24:10d'essayer
24:12de noircir
24:12des lignes
24:13pour noircir
24:13des lignes
24:15ensuite
24:15après
24:16j'ai un
24:17principe d'écriture
24:18qui est que
24:19quand j'écris une scène
24:21je veux absolument
24:24qu'il y ait du conflit
24:25dans chaque scène
24:25que j'écris
24:26pour moi
24:26c'est vraiment moteur
24:27donc ça aussi
24:28ça aide pas mal
24:29parce que si effectivement
24:30dans chaque scène
24:31dans chaque chapitre
24:31il y a un conflit
24:33le lecteur
24:34va
24:35focaliser
24:36sur le conflit
24:37parce qu'il veut
24:38savoir ce qui se passe
24:39donc ça permet
24:39d'avancer le truc
24:40comme ça
24:40et après
24:41il y a quand même
24:43une richesse documentaire
24:46qu'on peut trouver
24:47assez facilement
24:48sur Youtube
24:48d'images
24:49des années 90
24:51il y a énormément
24:52de bandes
24:53d'archives
24:55qui permettent
24:57de capter
24:59l'ambiance
25:00d'un coin de rue
25:02l'ambiance
25:03d'une devanture
25:04comment les gens
25:04se tiennent
25:05etc
25:05donc là il faut vraiment
25:07prendre le temps
25:08de regarder
25:08et de se dire
25:09est-ce que ça
25:09ça me sert
25:10est-ce que ça
25:11ça me sert pas
25:12et il faut éviter
25:15c'est pareil
25:15ce que les gens
25:17qui font du cinéma
25:18appellent
25:18le location sickness
25:20c'est à dire
25:22on voit un truc
25:24qui nous plaît
25:25beaucoup
25:25c'est ce formidable
25:27ce formidable bar
25:28ou cette formidable
25:29bouche de métro
25:30et on se dit
25:31ah il faut absolument
25:32que j'écrive un truc
25:33là-dessus
25:33parce que
25:34c'est génial
25:35en fait
25:35et voilà
25:36et si je fais une scène
25:37là sur cette bouche de métro
25:38ou dans ce bar
25:39ça sera une bonne scène
25:40parce que
25:41l'endroit est magnifique
25:42et en fait
25:43l'endroit est magnifique
25:44mais ça fait pas partie
25:45de l'histoire
25:45en fait
25:46donc il faut pas le mettre
25:47voilà
25:47donc il faut absolument
25:48rester focalisé
25:50sur son fil narratif
25:51sur son intrigue
25:52et donc du coup
25:54comme ça
25:55avec un peu de documentation
25:57on évite de se planter
25:58en tous les cas
25:59les risques
26:00sont un peu plus minimes
26:02quoi
26:02si on sait pas
26:03enfin en plus
26:04vous avez un nom italien
26:05mais on pourrait penser
26:05que vous êtes
26:06de la communauté italienne
26:07de Long Island
26:07clairement
26:08c'est du déménagement
26:12et on peut se demander
26:12si ça n'avait pas été traduit
26:13enfin vraiment
26:14c'est très réussi
26:14c'est très gentil
26:16après on se dit
26:16que vous êtes afro-américaine
26:17après on se dit
26:18que vous êtes
26:19un homosexuel juif
26:21du studio 54
26:22enfin c'est vraiment
26:22ça va j'ai bien travaillé
26:24chaque personnage
26:25est très complet
26:27construit
26:27c'est très réussi
26:29et je sais pas
26:30vous l'avez déjà lu
26:32dans l'assemblée
26:33mais je me demandais
26:34si vous projetiez
26:36maintenant
26:37comme un scénario
26:38un film
26:38et surtout
26:39si vous pensiez
26:40à une traduction
26:41en anglais
26:41pour des lecteurs américains
26:43ah bah ça serait
26:44ça serait une très bonne chose
26:45on espère ça
26:46enfin je veux dire
26:47moi évidemment
26:48c'est mon premier roman
26:50et on a
26:52il faut à la fois
26:53avoir des grandes ambitions
26:54et rester raisonnable
26:56quoi
26:56mais donc
26:57je suis déjà très content
26:58parce que le livre
26:59est bien reçu
27:01et d'ailleurs je suis là
27:01donc merci beaucoup
27:02mais il est plutôt
27:04il est bien accueilli
27:05donc je suis vraiment
27:06déjà très heureux
27:07pour ça
27:07si après
27:08effectivement
27:09le livre
27:10il pouvait
27:10voilà
27:11traverser l'océan
27:12ça serait
27:14ça serait formidable
27:14et c'est vrai que
27:16bon on peut
27:17on pourrait imaginer
27:19on pourrait imaginer
27:20une adaptation
27:21à la télé
27:22oui voilà
27:23ça serait pas déshonorant
27:24je pense
27:25ça serait pas déshonorant
27:26ça serait pas un projet
27:27déshonorant
27:28très à rebours
27:28très à rebours
27:29de ce qu'on a pu lire
27:29récemment
27:30sur l'âge d'or
27:31des années 90
27:32de New York
27:33avant le 11 septembre
27:34on a commémoré
27:35les 25 ans
27:36c'est en France
27:37très réussi
27:38merci beaucoup
27:39et félicitations
27:41merci
27:42merci beaucoup
27:45je me pose une question
27:47sur votre anglais
27:48est-ce que vous avez
27:49un anglais parfait
27:50comment
27:51quel est votre rapport
27:53avec la langue
27:53alors je triche
27:57depuis de nombreuses années
27:58parce que ma femme
27:59est anglaise
28:01et donc j'ai eu
28:02des cours intensifs
28:03et je vais très souvent
28:04en Angleterre
28:06et donc mon anglais
28:08supporte une conversation
28:09et voilà
28:10et à force de lire
28:12aussi
28:12je suis devenu
28:14assez fluide
28:14mais bon pour autant
28:16j'ai un accent français
28:17très prononcé
28:18qui fait beaucoup rire
28:19dans ma belle famille
28:22et voilà
28:22je ne suis pas
28:23je ne suis pas
28:24parfaitement bilingue
28:25mais je peux survivre
28:26en Angleterre
28:27ou aux Etats-Unis
28:30vous parlez de
28:32l'adaptation possible
28:33dans ces réunions
28:33ou autre chose
28:35est-ce qu'à l'inverse
28:35quels sont les films
28:37américains
28:37qui vous ont particulièrement
28:38marqué
28:39pour
28:39alors il y a
28:48tout le travail
28:49tout le travail
28:54du journaliste
28:55David Simon
28:56m'a beaucoup
28:58m'a beaucoup
28:59influencé
28:59c'est un
29:01c'était un journaliste
29:02qui travaillait
29:02pour le Baltimore News
29:03dans les années 90
29:05je crois
29:06et il avait fait
29:07un excellent livre
29:08sur la police
29:09qui s'appelle
29:10Homicide
29:11où il passait
29:12un an
29:13avec la brigade
29:14criminelle
29:14de Baltimore
29:15qui était une ville
29:16où il y avait
29:16énormément
29:17d'Homicides
29:19et il en a tiré
29:21un livre
29:21qui est vraiment
29:21extraordinaire
29:23et ça a été adapté
29:24après par HBO
29:27pour une série
29:28qui s'appelle également
29:28Homicide
29:29Life on the Street
29:30ou The Kidding Street
29:31je ne me souviens plus
29:32exactement
29:32et qui est vraiment
29:34une série
29:34qui est extraordinaire
29:36et puis après
29:37le même type
29:38a fait
29:39The Wire
29:40qui est devenu
29:41très très connu
29:42et le producteur
29:43d'ailleurs
29:43avait quelque chose
29:45que je trouve
29:46très juste
29:46et qui m'a beaucoup
29:47influencé
29:47il disait
29:48donc cette première série
29:49Homicide
29:51Killing Street
29:51je crois
29:52donc c'était
29:53c'est Chekhov
29:56et The Wire
29:57c'est Brecht
29:59et en fait
30:00j'ai trouvé
30:00que les deux séries
30:02sont très différentes
30:03dans le traitement
30:03mais elles sont
30:04très intéressantes
30:05parce qu'évidemment
30:06Homicide
30:06s'intéresse vraiment
30:09aux tueurs
30:10aux victimes
30:11et aux policiers
30:11qui sont entre les deux
30:12toujours avec
30:13une humanité
30:16qui est intéressante
30:17parce que
30:18parce que
30:19comme la série
30:19se fonde
30:20sur ce travail
30:21titanesque
30:22de David Simon
30:24on sent
30:25qu'il y a des choses
30:27qui sont vraies
30:27que tout est vrai
30:28ou presque
30:29et The Wire
30:30évidemment
30:31c'est formidable
30:32parce que ça embrasse
30:33complètement
30:33toute la folie
30:35et la réalité
30:35d'une ville
30:36avec les luttes politiques
30:37des choses
30:38qui sont
30:39tout le monde
30:39se tient
30:40et donc là
30:41effectivement
30:41on est sur quelque chose
30:42qui est plus
30:44politique
30:45et donc en fait
30:45les deux
30:46m'ont beaucoup
30:50inspiré
30:50et intéressé
30:51parce que
30:53très immodestement
30:54je voulais à la fois
30:55raconter des histoires
30:57de personnages
30:58et en même temps
30:59je voulais essayer
31:00de faire en sorte
31:01que leur destin individuel
31:03s'inscrive dans quelque chose
31:04de plus global
31:05de plus large
31:07donc ça
31:07c'est vrai que ça a
31:08beaucoup guidé mon travail
31:10je pense que
31:11votre métier
31:12a beaucoup
31:12vous aidé
31:13oui
31:14oui
31:15ça c'est vrai
31:15que
31:18je parlais avec
31:19un copain
31:20qui est scénariste
31:21et il me dit
31:22c'est quand même
31:22c'est facile pour toi
31:23les trucs de flics
31:24parce que
31:24moi j'ose pas
31:25voilà
31:26et c'est vrai
31:27que
31:28bon voilà
31:29il y a toujours
31:30la question
31:30de se sentir à l'aise
31:31bon je ne dirais pas
31:33écrire un truc
31:33sur des docteurs
31:34par exemple
31:34vous voyez
31:36mais ça c'est vrai
31:37que
31:37qu'il y a quelque chose
31:39de la connaissance
31:40presque charnelle
31:41qui fait que
31:42du coup
31:42c'est plus facile
31:43d'écrire ça
31:43donc oui
31:43c'est vrai que ça m'a
31:44beaucoup
31:45c'est vrai que ça m'a
31:46beaucoup aidé ça
31:46oui
31:48ce sont les petites références
31:49à l'arme fatale
31:50au début
31:50sur je suis trop vieux
31:51pour ce métier
31:52et puis
31:53ah oui c'est vrai
32:03je suis trop vieux
32:04pour cette merde
32:05ah ouais c'est vrai
32:06la phrase
32:06de Danny Glover
32:07enfin on se dit
32:08qu'il y a plusieurs
32:08ah c'est vrai
32:09je me souviens pas du tout
32:10d'accord
32:12la loi et l'ordre
32:13enfin c'est jamais
32:14dit vraiment
32:14d'accord ok
32:15mais
32:17une autre question
32:21si vous écriviez un livre
32:23sur un événement français
32:28en disant
32:28je veux faire un livre
32:29qui est à peu près
32:30dans le même style
32:32que celui-ci
32:32mais avec une histoire française
32:35qu'est-ce que vous raconterez ?
32:36alors il faudrait probablement
32:39mais je joue avec l'idée
32:41mais je n'y arrive pas
32:43il faudrait probablement
32:45que j'écrive un livre
32:46sur les 10 ans que j'ai fait
32:47à l'antiterrorisme
32:49parce que
32:53parce que déjà
32:54bon j'en suis sorti
32:55j'étais complètement lessivé
32:59moi j'ai carrément
33:00démissionné de la police
33:01j'étais tellement fatigué
33:03j'en avais tellement marre
33:04que je suis parti
33:04en claquant la porte
33:05mais
33:06ce qui économiquement
33:07n'était pas la meilleure décision
33:08que j'ai jamais prise
33:09mais bon
33:09ça avait un côté
33:11ça avait un côté libératoire
33:12de gagner un point de vie
33:14ouais exactement
33:15et
33:17mais c'est vrai
33:18c'est vrai que c'est des années
33:18qui sont
33:20qui sont intéressantes
33:21à la fois parce que
33:22au sein d'une unité
33:26on ne s'attend pas
33:27à vivre des années
33:28qui sont aussi
33:31terribles
33:32et denses
33:37et aussi parce que
33:39il y a quelque chose
33:40qui est très intéressant
33:41parce que quand vous êtes
33:42vraiment dans l'œil du cyclone
33:46le décalage complet
33:48de la société
33:49vous apparaît
33:50de manière encore plus
33:53flagrante
33:54alors je ne prétends pas du tout
33:56détenir la vérité
33:57précisément parce que
33:58on avait vraiment les mains
34:00dans toutes ces affaires-là
34:01et que c'était très difficile
34:02mais
34:03mais
34:06bon voilà
34:06c'est très
34:07c'était très étrange
34:09quand on passait
34:11des heures
34:12soit à travailler
34:12sur un attentat
34:13qui avait été commis
34:15soit à travailler
34:16à empêcher
34:18un attentat
34:19et qu'on rentre
34:20chez soi
34:21et qu'on est quand même
34:21très fatigué
34:22et qu'on n'a pas de temps
34:24pour sa compagne
34:25on n'a pas de temps
34:25pour ses enfants
34:27et puis on a toujours peur
34:28de passer à côté
34:29de quelque chose
34:30de faire une connerie
34:30et qu'on allume
34:31la télévision
34:32et qu'on
34:33voilà
34:33un peu hypotisé
34:35on voit
34:35des gens
34:36qui tiennent
34:38des propos
34:38qui nous paraissent
34:40à nous
34:40à des millions
34:41de kilomètres
34:41de la
34:42de la réalité
34:44et de
34:45c'est très
34:46c'est très déstabilisant
34:48donc il y aurait
34:48probablement un livre
34:49comme ça
34:51sans doute intéressant
34:52à écrire
34:53sur ces années-là
34:55bon j'en ai pas encore
34:56les ressources
34:58psychologiques
34:58mais
34:59mais je pense
35:01que je le ferai
35:01parce qu'il y a
35:02par exemple
35:05bon
35:05un jour
35:10je sais pas si je peux raconter
35:16un jour
35:17donc
35:17moi j'étais enquêteur
35:19donc je
35:19je faisais
35:20je faisais
35:22beaucoup
35:22d'interrogatoires
35:23de gens
35:23qui étaient placés
35:24en garde à vue
35:24dans le cadre
35:25de ces affaires
35:25de terrorisme
35:27et un jour
35:28dans le cadre
35:28d'une affaire
35:28très très compliquée
35:32je rencontre
35:33à Bruxelles
35:35une femme
35:36qui est incarcérée
35:37pour vraiment
35:38une affaire
35:39qui est très très importante
35:40je vais pas donner
35:40son nom
35:40parce que
35:41et
35:43et donc
35:44c'est un moment
35:44important
35:45c'est un moment
35:46important
35:46on espère
35:47qu'elle va nous
35:47donner des trucs
35:48on a vraiment
35:48travaillé en amont
35:49son interrogatoire
35:51et
35:52on a vraiment
35:53l'impression
35:54que c'est quelqu'un
35:55qui est extrêmement
35:56radical
35:56et on sait
35:57que ça va être difficile
35:59et donc
36:00on est dans la petite salle
36:01là
36:01dans la prison
36:02elle arrive
36:05et
36:05elle s'assoit
36:07et
36:07elle nous regarde
36:08et le premier truc
36:09qu'elle dit
36:10c'est est-ce que je peux
36:10avoir un coca
36:12bon alors
36:13on est un peu
36:14ouais bien sûr
36:15on va vous trouver un coca
36:16et après
36:18elle a passé son temps
36:19à fumer mes cigarettes
36:21bon
36:22ce qui est quand même
36:22pas le truc
36:23le plus a priori
36:24le plus
36:24le plus islamique
36:26qui soit
36:27quoi
36:28et
36:28on a parlé
36:30elle a plutôt
36:31elle nous a plutôt
36:32pas mal
36:33renseigné
36:34dans la mesure
36:34de ce qu'elle avait
36:35envie de nous dire
36:35mais
36:35elle était très
36:37elle était très
36:40courtoise
36:40quoi
36:41et elle avait écrit
36:42un livre
36:43elle avait écrit
36:44un livre
36:46et à la fin
36:48je sais pas pourquoi
36:49je lui dis
36:49mais
36:49ah bah j'ai amené
36:50votre livre
36:51est-ce que vous pouvez
36:51me le dédicacer
36:52elle m'a dédicacé
36:53son livre
36:54donc
36:55c'est quand même
36:55un peu curieux
36:56voilà
36:56d'avoir quand même
36:57une figure
36:58voilà
36:58une figure du djihad
37:00qui était quand même
37:00assez importante
37:01en Belgique
37:02voilà
37:02il y a un flic français
37:04qui vient
37:04il pose des questions
37:05et à la fin
37:06elle me dédicace
37:07son livre
37:09bon voilà
37:09donc c'est un peu
37:10voilà
37:11du octuro
37:12on est toujours
37:13entre des choses
37:14absolument horribles
37:15et des trucs comme ça
37:16qui sont un peu
37:16tragi-comiques
37:17quoi
37:18donc il y aurait probablement
37:19quelque chose à écrire
37:20oui oui oui
37:21voilà
37:25une dernière question
37:30vous pouvez poser
37:32les autres
37:32en faisant
37:32signer votre exemplaire
37:34merci beaucoup
37:34avec plaisir
37:35merci
37:35merci à vous
37:36merci beaucoup
37:42donc les livres
37:43sont à la caisse
37:43et une table
37:44est en train d'être
37:45sorti au milieu du magasin
37:46pour vous faire
37:46édicater notre livre
37:47et un petit verre
37:48voilà
37:49ça marche
37:49merci beaucoup
37:50merci beaucoup
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