00:00 Il est 10h34, l'eau c'est une chose, l'essence c'en est une autre, c'est un autre liquide mais qui permet de se déplacer.
00:08 Et il y a des pénuries, il commence à y avoir des pénuries sérieuses en Provence, à l'Île-Pau, Côte d'Azur et dans le Gard.
00:14 Pour faire le point, Frédéric Plan est avec nous, directeur général de la Fédération française des combustibles carburants et chauffage.
00:20 Frédéric Plan, bonjour !
00:21 - Bonjour !
00:22 - Alors, aujourd'hui on en est à 8 à 10% des stations-services françaises à cours d'essence ou de gasoil,
00:29 mais la situation est beaucoup plus tendue en Provence, à Côte d'Azur et dans le Gard. Frédéric Plan, c'est cela ?
00:34 - Oui, effectivement, les zones les plus en tension se situent sur le sud-est et en partie sur les Pays-Noirs.
00:44 - Entre 5 et 8 dépôts de carburants bloqués, explique le syndicat professionnel des entreprises professionnelles,
00:52 pétrolières, pardon, l'UFIP, Frédéric Plan, la situation dans les raffineries et les dépôts ?
00:58 Les dépôts pour l'instant, est-ce que l'essence est livrée aux stations ? C'est toute la question.
01:03 - Alors l'essence continue d'être livrée aux stations-services, mais la conséquence du blocage de dépôts importants,
01:11 de dépôts de source, fait que les temps d'acheminement et d'attente pour charger sur les dépôts ouverts sont beaucoup plus longs.
01:20 Et dès lors que vous avez ce désamorçage logistique, il est assez logique de trouver des stations-services asséchées
01:27 qui attendent plus longtemps que d'habitude leur préapprovisionnement.
01:31 - Le comportement de celles et ceux qui vont faire le plein, parce que j'ai vu que dans deux départements,
01:39 le Vaucluse et le Gard, les préfectures ont demandé à ce qu'on ne prenne pas plus de 30 litres d'essence par véhicule.
01:51 - Oui, j'ai vu passer ces arrêtés préfectoraux. On peut le comprendre pour dissuader des achats, des remplissages non nécessaires.
02:02 Ça peut avoir une contre-production, puisque finalement, au lieu d'attendre de refaire le plein de la voiture,
02:11 si je suis limité à 30 litres, peut-être que j'ai tenté de compléter mon réservoir.
02:16 Je ne sais pas si la mesure n'a pas un effet de contre-performance, assemblant l'inquiétude de l'automobiliste.
02:25 C'est une inquiétude compréhensible, cela étant, si on revient à octobre, où la situation était plus difficile,
02:33 dans la mesure où il y avait beaucoup de raffineries à l'arrêt, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui,
02:38 sauf celle de Normandie qui est en cours d'arrêt.
02:41 En fait, on a vu que l'inquiétude, finalement, accentuait les désamorçages logistiques,
02:49 puisqu'au global, quand on regarde les volumes délivrés en octobre au dernier, comparés à d'autres mois d'octobre normaux,
02:58 finalement, il y a été distribué presque autant de carburant que pendant mai.
03:03 Il y a eu des désamorçages, donc des temps d'attente, des stations fermées,
03:06 puis il y a des faits boules de neige en disant "si il n'y en a pas là, c'est que plus il y en a à voir ailleurs".
03:10 - Frédéric Plant, est-ce qu'on doit s'inquiéter ? Est-ce qu'il y a des réserves ? Est-ce que la pénurie menace ? Une vraie pénurie ?
03:17 - De ce point de vue, on peut raisonner de la même façon qu'en octobre au dernier, c'est qu'il n'a jamais manqué de produits.
03:23 - Oui, c'est vrai. Le problème, c'est l'acheminement.
03:27 - Le problème, c'est l'acheminement et ce que j'appelle le désamorçage logistique.
03:31 Prenons l'exemple de PACA.
03:35 Il est évident que les dépôts les plus importants sur fosse étant difficiles d'accès, voire fermés,
03:40 les transporteurs se déroutent vers les dépôts Languedociens, pour la nouvelle Frontignan.
03:47 Ça fait beaucoup plus de temps de cheminement et puis, comme tout le monde s'y précipite,
03:54 on a à nouveau des temps d'attente au chargement des camions-citernes qui dépassent les 4 heures, qui atteignent les 6 heures.
04:01 Tout ça, mis bout à bout, ça crée le désamorçage logistique.
04:05 - Voilà, c'est le désamorçage logistique. Merci Frédéric Plant.
04:09 Désamorçage logistique qui entraîne pénurie dans certaines stations et notamment, encore une fois, en Provence, à l'Alpe-Côte d'Azur,
04:16 - Oui Frédéric Plant voulait ajouter quelque chose.
04:18 - Qui provoque des pénuries, enfin qui provoque en fait un phénomène où les stations-service demandent plus de temps à être approvisionnées qu'en temps normal.
04:28 Voilà, le terme pénurie est toujours compliqué à utiliser.
04:31 - Oui, je sais Frédéric Plant. Je sais.
04:34 Dernier mot sur les prix. J'ai vu que le coût du pétrole brut baisse.
04:40 Fortement même.
04:43 - Oui, tout à fait. D'ailleurs, on l'a enregistré. Les prix en fin de semaine dernière, les prix d'affichage moyen nationaux ont baissé.
04:51 Ils pourraient baisser cette semaine à l'août.
04:55 - Ils pourraient encore baisser, oui.
04:57 - Oui, mais là on a un paradoxe. C'est qu'en fait, quand je disais qu'il faut faire des kilomètres et des temps d'attente supplémentaires,
05:03 ça veut dire des frais logistiques supplémentaires qui sont de nature à gommer finalement la baisse qu'on pouvait s'attendre à voir à l'affichage.
05:11 - C'est dommage.
05:12 - Bien, merci beaucoup. Merci Frédéric Plant. Il est 10h39. Témoignages.
05:17 Sébastien, tiens les beaux jurons. Tiens, ça tombe bien. Sébastien, bonjour.
05:21 - Bonjour.
05:22 - Bonjour. Vous êtes chef d'entreprise. Vos salariés ? Manque d'essence ?
05:28 - Moi, je ne suis pas chef d'entreprise, mais je suis cadre dans une entreprise avec une trentaine de personnes.
05:37 - Et les salariés ont des difficultés pour faire le plein, pour venir travailler ?
05:41 - Depuis hier, en fait, toute la zone qui est autour de l'étang de Berre et la fin de la nationale centrale, qui est un petit peu connue,
05:48 il n'y a plus une seule station qui a encore de la disponibilité en termes d'essence.
05:54 Là, on m'a averti que sur la sortie de Marseille aussi, c'était pareil, côté Martigues.
05:58 Et en fait, même sur les autoroutes où on trouvait la solution de se payer l'autoroute pour aller dans les stations d'autoroutes faire le niveau, là, il n'y a plus rien.
06:07 - Il n'y a plus rien non plus.
06:08 - Il n'y a plus rien.
06:09 - Donc, ça devient difficile de trouver du carburant.
06:12 - Ah oui, oui. Et puis là, on a des demandes de gens qui veulent rester à la maison, soit en télétravail, machin.
06:17 Mais après, c'est toute une organisation, une validation aussi de notre entreprise pour pouvoir autoriser les gens.
06:23 Pour l'instant, on n'a toujours pas de consigne officielle.
06:26 - Bien. Merci Sébastien. Merci Martial, Ettaarle. Même témoignage. Bonjour Martial.
06:34 Martial ! Bonjour Martial ! Bien, Martial, on a perdu Martial, je ne sais pas où il est passé.
06:40 Il est à Arles, il est artisan. Il nous dit que les stations-service sont prises d'assaut à Arles.
06:45 Il lui reste trois jours d'essence, après il sera à Sec.
06:48 Vous avez un témoignage 0826-300-300. Vous n'hésitez pas à nous raconter ce qui se passe dans votre région.
06:55 Donc, encore une fois, les difficultés sont concentrées pour l'instant en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et dans le Gard aussi.
07:03 Le Gard et ça commence à s'étendre à d'autres départements.
07:08 Je crois que nous allons avoir Martial dans un instant, je pense, qui est donc à Arles, toujours dans les Bougironnes, dans le nord des Bougironnes.
07:16 Arles, évidemment, la limite du Gard. Martial, vous êtes là ?
07:20 - Oui, bonjour. - Oui, bonjour Martial, artisan. Merci Martial d'être avec nous. Auditeur de Sud Radio, Martial.
07:26 - Merci de nous donner la parole. Merci beaucoup Jean-Jacques Bourdin. Bonjour.
07:29 - Bonjour. - Oui, habitant à Arles, effectivement, bon, artisan luthier, je ne suis pas directement impacté parce que je travaille à mon atelier, le logement n'est pas loin.
07:39 Mais effectivement, on constate que la tension est forte, puisqu'il y a une pénurie d'essence, là on peut dire le mot.
07:45 Les stations sont clairement fermées, 4 sur 5 en tout cas. Et quand il y a la queue, les gens ici, on le sent chaud.
07:53 Donc voilà, il faut être très très prudent. - C'est-à-dire on le sent chaud ? Que voulez-vous dire Martial ?
07:58 - Il peut y avoir des incivilités, on va dire. - Des incivilités.
08:02 - Des personnes qui attendent, qui essayent de passer devant, qui sont pressées, certaines plus que d'autres.
08:07 Effectivement, il peut y avoir des personnes qui ont plus besoin, plus de nécessité que d'autres.
08:12 Donc voilà, qu'en est-il par contre ? Est-ce que les ambulances ont des stocks de secours ?
08:19 - Oui, oui, oui, oui. Et les véhicules sont prioritaires. - D'accord.
08:24 - Bien, Martial, merci dans tous les cas. - Merci, avec plaisir.
08:28 - Merci Martial, merci. Vous faites comme Martial. 0826-300-300, vous appelez.
08:33 On a besoin de vos témoignages et à travers vos témoignages, nous nous rendons compte de la situation sur place.
08:37 C'est mieux que n'importe quelle évaluation globale. Non, là c'est du concret.
08:45 Vous êtes sur le terrain, vous nous rapportez ce qui se passe. 10h43, Pascal Perrineau.
08:50 Lui, politologue, est avec nous dans un instant. Nous allons examiner ensemble la situation politique actuelle.
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