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  • il y a 3 ans
On fait le tour de l'actu avec Félix Mathieu !
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Transcription
00:00 Les vraies voix sud radio.
00:02 Aux trois mots Félix Mathieu, évacuation, loups et grève.
00:06 L'opération d'évacuation a commencé au Niger après le coup d'état et les manifestations antifrançaises.
00:10 Un premier avion atterrit sur place pour rapatrier des résidents vers l'Hexagone.
00:14 Les loups prolifèrent, les attaques se multiplient selon six présidents de départements des Alpes.
00:19 « Stress permanent pour les éleveurs », écrivent-ils.
00:22 12 500 bêtes tuées l'année dernière.
00:25 Et puis, « nous n'avons pas gagné ». Après 40 jours, les grévistes du JDD stoppent leur mouvement.
00:30 Geoffroy Lejeune prend ses fonctions dans une rédaction vide, écrivent-ils dans un communiqué au ton amer.
00:35 Les vraies voix sud radio.
00:38 Un premier avion atterrit à l'aéroport de Niamey pour évacuer les premiers ressortissants français de la capitale du Niger.
00:45 Le ministère des Affaires étrangères estime qu'environ 600 Français se trouvent actuellement dans le pays.
00:50 Évacuation sur fond de coups d'État et de manifestations anti-françaises. Dans la capitale du Niger,
00:55 certains habitants disent ne pas comprendre cette décision, cette évacuation.
00:59 « Le politique français n'a vraiment aucune raison de rapatrier sa population sur la France.
01:05 J'ose vous dire que nous vivons d'une façon symbiose avec cette population française vivant au Niger.
01:11 Donc, ils n'ont vraiment aucune raison de les rapatrier.
01:14 Pour nous, c'est un raté encore de plus du politique français et c'est ce que nous condamnons tous. »
01:19 Mais au contraire, chez d'autres habitants de Niamey, on sent poindre le sentiment de rancœur contre la France.
01:24 « On n'a pas de problème avec les Français et les résistants européens.
01:27 On a des problèmes avec les gouvernements européens.
01:31 S'ils ont dit de ne pas rapatrier leur population, ils n'ont qu'à rapatrier leur armée d'abord. »
01:35 « Tous les problèmes que les gens sont en train de vivre au Niger, en Afrique totalement, c'est la France qui est le noyau.
01:42 C'est elle qui est à la base de notre souffrance.
01:44 Le peuple nigérien a pris conscience par rapport à ses voisins.
01:48 On a vu l'exemple du Mali et du Burkina.
01:51 Donc, nous aussi, on va emboîter les pas comme eux. La France n'a qu'à quitter. »
01:56 Des propos recueillis par l'agence France Presse dans la capitale du Niger.
01:59 « Situation particulière, évidemment, c'est un peu "je t'aime, moi non plus", c'est le problème. »
02:04 Corinne Tapiero, on sent beaucoup d'amertume dans la prise de parole de ces gens.
02:08 Mais aussi, quand même, un sentiment de...
02:11 Par exemple, je suppose qu'il y a des gens, des Français, qui sont en place depuis plus de 30 ans au Niger et qui habitent là.
02:16 Eux, pour partir, ça ne doit pas être aussi simple.
02:18 Et c'est peut-être eux, finalement, qui vont réussir à recréer le lien aussi.
02:21 Alors, pour eux, ça va être très difficile, mais ils vont devoir partir, puisqu'ils vont être apatriés.
02:26 Ils sont quand même...
02:27 C'est obligatoire ?
02:28 J'ai l'impression que...
02:29 Je crois pas.
02:30 Alors, ceux qui vont rester, qui sont très ancrés, comme dans tous les pays où ça s'est passé,
02:35 vont sans doute tisser, se regrouper sous une forme de communauté quand même plus restreinte.
02:42 C'est peut-être pas toujours très souhaitable, parce qu'avec la France partent aussi les infrastructures
02:47 dans lesquelles ils avaient l'habitude de vivre, les écoles, le soutien, etc.
02:51 Il y a une grande part de la population aussi qui travaille pour la grosse entreprise Areva,
02:55 qui fait de l'extraction minière sur place et qui, évidemment, alimente toute une partie de la vie économique.
03:00 Et c'est ça, donc c'est quand même très très compliqué.
03:02 Bruno Pommard, bon, il y a un danger que vous connaissez parfaitement bien,
03:07 déjà aussi pour nos militaires. Ils sont 1500 sur place.
03:10 Alors oui, mais en même temps, ce sont quand même des professionnels.
03:13 Moi, ce qui est le plus inquiétant, de façon générale, en Afrique, c'est cette prise en main de Wagner,
03:19 qui est considérablement présent, tous ces mercenaires russes, et l'influence de la Russie, évidemment.
03:26 Il y a la Chine aussi qui est présente, mais c'est vrai que c'est quand même assez impressionnant
03:30 la façon dont ils interviennent avec une efficacité redoutable.
03:35 Ils ont fait ce que nous on a fait il y a très longtemps.
03:37 Je pensais à la France-Afrique, au moment où il y avait Bob Denard.
03:40 On a commencé comme ça, nous, d'ailleurs.
03:42 Le mercenaire Bob Denard.
03:44 Exactement. Mais j'ai l'impression que nous, on est complètement effacé de ce système de fonctionnement,
03:50 parce que, évidemment, la société française et même les sociétés européennes ne fonctionnent pas comme ça.
03:54 Par contre, les Russes, comme les Chinois, et en particulier les Russes,
03:58 sont capables, avec des équipes de mercenaires, qui sont des tueurs, c'est rien d'autre que des tueurs,
04:02 la plupart, on le sait bien, sont capables de faire un antrisme considérable dans ces pays
04:07 et sont en train de nous virer gentiment.
04:09 Et ça, c'est de vraie question.
04:11 Ça fait un moment déjà, hein ?
04:12 Ça fait un moment, oui, tout à fait.
04:13 On l'a laissé faire, quand même.
04:14 C'est quand même très inquiétant.
04:16 Mali, Burkina Faso, c'est ça.
04:18 Et comme il y a des fonds à récupérer intéressants,
04:22 la terre, les minerais et autres sont quand même des choses importantes
04:27 qu'on a, nous, aussi utilisées à un moment donné,
04:29 on se rend compte que, évidemment, les Russes sont en train de prendre la main sur pas mal de choses.
04:33 Et ça, c'est très inquiétant.
04:34 Ce que dit Koirine Tapiro, c'est qu'on a laissé faire, finalement, aussi.
04:37 Oui, on a laissé faire parce qu'on a installé des gouvernements de complaisance,
04:41 mais avec les gouvernements, qui appauvrissaient les populations
04:45 et nul ne peut lutter contre un peuple en colère.
04:47 Et ça, ça a été la grosse erreur.
04:49 Et les Russes, depuis un bon bout de temps, l'ont fait d'une manière...
04:53 Ils y vont dans le même objectif, on est bien d'accord que le Niger, c'est l'uranium qui intéresse tout le monde.
04:57 Sauf qu'eux, ils ont commencé par alimenter la population
05:00 pour pouvoir avoir le soutien de la population au moment où ils renversaient la situation.
05:04 Et nous, je le dis de manière forte,
05:07 tous ceux qui critiqueraient le gouvernement sur la mise en place
05:15 et le vote des 500 milliards de budget pour l'armée,
05:18 nous n'avons pas les moyens militaires pour pouvoir lutter.
05:21 Donc, il faut qu'on ait les moyens militaires pour lutter,
05:23 mais aussi pour pouvoir instaurer des vraies démocraties.
05:25 Après, on a l'impression que sur le terrain,
05:27 la France est jugée sur son aptitude à défier les djihadistes
05:31 parce que c'est ça que veut la population.
05:33 Et c'est comme si on avait l'impression que Wagner était peut-être plus efficace contre ces djihadistes.
05:37 C'est ça qui est bizarre aussi.
05:39 Ils ont un pacte avec les djihadistes.
05:41 Oui, c'est clair.
05:43 Ils ont un pacte avec eux ?
05:44 Clairement, bien sûr.
05:45 Il n'y a aucun échange de tir entre des miliciens Wagner et des djihadistes.
05:48 Donc, il y a quelque chose qui doit passer.
05:50 Effectivement, mais encore une fois, la France s'est laissée complètement dépasser
05:53 alors qu'on a une armée professionnelle de top niveau.
05:56 Et 10 000 militaires qui étaient présents là-bas sur la France marcane
06:00 auraient pu, effectivement, encore tenir la dragée haute à ces groupes islamistes.
06:06 Le problème, c'est que ça nous coûte un paquet de fric.
06:08 Et qu'encore une fois, on est dépassés par ces unités.
06:11 Et puis, on a surtout une volonté de vouloir implanter dans tous ces pays
06:14 une démocratie à la française qui n'est pas adaptable.
06:17 Je pense que tant qu'on n'aura pas un modèle plus souple, maléable et plus pratique,
06:23 ça ne fonctionnera pas.
06:25 Parvenez-moi, on est obligés de continuer parce que sinon on va être hors temps.
06:29 Deuxième mot, Lou, 6 présidents de conseils départementaux mettent en garde
06:33 contre leur prolifération.
06:34 Ces 6 présidents LR de département des Alpes prennent la plume pour alerter le gouvernement.
06:38 Ils parlent d'explosion des attaques de Lou l'année dernière.
06:41 Plus 19% par rapport à 2021.
06:43 Stress permanent pour les éleveurs et leurs bêtes, disent-ils.
06:46 12 500 bêtes tuées l'année dernière.
06:49 Selon ces présidents de département, le nombre d'exploitations a baissé de 20%
06:53 quand la population de Lou a augmenté de 114% ces 4 dernières années.
06:59 Ils affirment qu'on serait même bien au-delà des 900 et quelques Lou officiellement recensés dans le pays.
07:04 On serait plutôt à 1 ou 2 milliers selon ces élus,
07:07 quand il suffirait, disent-ils, de 500 individus pour viabiliser l'espèce.
07:11 Alors pour en parler, nous sommes en ligne avec Olivier Morin,
07:13 éleveur de brebis transhumant, président de l'IGP à New de Lauser,
07:16 maire de Préventcher en Lauser et aussi président des maires du département.
07:20 Bonsoir.
07:21 Bonsoir.
07:22 Bonsoir.
07:23 Merci d'être venu.
07:24 Merci d'être avec nous dans les vraies voix Sud Radio.
07:26 Vous représentez également la Lauser auprès de l'UNESCO sur les questions de pastoralisme.
07:29 Alors est-ce que vous confirmez ce que disent ces élus départementaux des Alpes,
07:32 mais aussi de l'Isère et de la Savoie sur la prolifération des Lou et des attaques ?
07:37 Forcément oui, évidemment.
07:39 Je le confirme.
07:41 Et d'ailleurs j'en profite pour rappeler quand même que nous avions signé une motion de territoire,
07:47 j'étais à l'origine de cette motion de territoire en 2018 déjà,
07:50 où on avait recueilli près de 70 signatures de parlementaires,
07:52 400 élus locaux, donc des présidents de département, de région,
07:56 en 2018 déjà pour alerter le président Macron sur ce phénomène d'expansion,
08:00 à la fois en nombre en termes de Lou et à la fois en expansion géographique.
08:03 Et on se rend compte que cinq années plus tard,
08:06 voilà le constat, il est identique voire amplifié,
08:10 avec en effet une population annoncée d'environ mille Lou par l'OFB et l'État,
08:16 et environ 50 départements colonisés par cet animal.
08:20 Donc non seulement je le comprends,
08:23 mais on les soutient évidemment, ces présidents de département,
08:26 il pourrait y en avoir d'ailleurs beaucoup plus qui rejoignent cette initiative.
08:29 Vous réclameriez quoi aujourd'hui déjà ?
08:31 Faudrait plus les classer comme étant voies de disparition selon vous ?
08:34 Mais ça c'est un combat qu'on mène tous,
08:37 que ce soit le monde agricole ou les élus locaux, depuis bien longtemps.
08:40 La France n'a pas le courage politique de se prononcer comme le fait la Suisse d'ailleurs.
08:46 Depuis déjà quatre ou cinq ans, au sein du comité permanent de la convention de Berne,
08:51 qui se réunit chaque fin d'année pour étudier l'évolution du classement de cette espèce-là,
08:56 on regrette évidemment que la France n'a pas le courage de se positionner
09:01 et de suivre la Suisse dans sa demande.
09:03 En effet, de rétrograder légèrement l'espèce d'une annexe,
09:07 ça permettrait quand même d'adapter la réglementation
09:11 et de pouvoir permettre une régulation qui est vraiment nécessaire aujourd'hui
09:16 sur tous ces départements colonisés, que ce soit dans les Alpes,
09:19 comme vous l'avez dit, le Massif central, les Pyrénées.
09:22 On trouve des traces de loups du côté de la Gironde et en Normandie,
09:26 donc la boucle est bouclée.
09:28 Vous avez vraiment vu des éleveurs jeter l'éponge à cause de ça autour de vous ?
09:31 Mais j'ai vu bien pire que ça.
09:34 Vous pouvez interviewer tous les éleveurs de France
09:37 ou tous les élus qui sont au contact des éleveurs prédatés.
09:40 C'est une souffrance et une détresse physique, psychologique qui est terrible
09:46 et qui n'est pas acceptable aujourd'hui.
09:48 En 2023, à l'heure des transgenres et des congés,
09:53 on demande à ces femmes et à ces hommes éleveurs, bergers,
09:56 de travailler 365 jours sur 365
09:59 et en plus avec cette pression permanente et quasi quotidienne sur certains secteurs
10:04 d'attaques de loups sur les troupeaux.
10:07 Parce que malgré la mise en place de ces fameuses mesures de protection
10:10 depuis maintenant près de 20 ans, on constate que c'est un effet absolu.
10:15 Les attaques en 2022, et 2021 évidemment aussi, et 2020 aussi,
10:22 l'ont été sur des troupeaux protégés à hauteur de 90% !
10:26 Donc le mythe de la cohabitation paisible entre le loup et l'élevage de montagne,
10:33 ce mythe est terminé.
10:35 Pour prendre tout à fait cette démarche politique, elle est primordiale
10:40 et nous devons évidemment tous la soutenir.
10:42 Merci, et bon courage à vous aussi.
10:44 Merci Olivier Morin, on rappelle que vous êtes éleveur de Boroby Transhumant,
10:47 président de l'IG Pagneau de Lozère, maire de Préventcher et président des maires de Lozère.
10:51 Votre troisième mot, Félix Mathieu, grève.
10:53 Celle du journal du dimanche vient de prendre fin.
10:56 Nous n'avons pas gagné la rédaction du JDD Acte, l'échec de sa grève historique de 40 jours
11:00 contre l'arrivée de Geoffroy Lejeune à sa tête, un ancien de Valeurs Actuelles
11:03 et soutien d'Éric Zemmour.
11:05 On ne traite pas les sujets de manière neutre, on explique quels sont les enjeux idéologiques,
11:09 les enjeux politiques des sujets du moment, et on s'empare des sujets,
11:11 y compris ceux qui font le plus mal. Donc on a aussi un peu de courage.
11:14 Archive de Geoffroy Lejeune, ici exhumé par l'INA.
11:17 Aujourd'hui, Geoffroy Lejeune prend ses fonctions, c'est dans une rédaction vide
11:20 qu'il entrera. Des dizaines de journalistes refusent de travailler avec lui
11:24 et devraient quitter le JDD, annonce la Société des journalistes.
11:27 Dans un communiqué au ton très amer, les grévistes ont fini par conclure
11:30 un accord avec la direction du groupe Lagardère, le propriétaire du titre.
11:34 Merci Félix.

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