- il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Corinne Tapiero, Nicolas Corato, Michael Sadoun, Bruno Bartocetti, secrétaire national chargé de la Zone sud pour le syndicat Unité SGP Police et Brigitte Virey, pédiatre à Dijon, présidente du Syndicat national des pédiatres français, François Piquemal, député LFI de la Haute-Garonne et Inès Massé, chargée des relations presse.
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NewsTranscription
00:00:00 Les vraies voix de l'été Sud Radio, 17h-19h, Jean-Marie Bordry.
00:00:05 Dans la chaleur jusqu'à 19h, les vraies voix de l'été qui vous rejoignent comme tous les soirs sur Sud Radio pour faire le tour de l'actualité
00:00:12 et pour en débattre avec vous tous au 0826-300-300.
00:00:16 Tiens d'ailleurs ce soir nous serons avec Anne-Marie. Bonsoir à vous ma chère Anne-Marie.
00:00:20 Oui bonsoir.
00:00:21 Soyez la bienvenue sur Sud Radio.
00:00:23 Merci.
00:00:24 Bon vous êtes du Sud, je crois qu'on ne doit pas préciser trop votre ville, c'est ça ou l'endroit où vous êtes, on est d'accord ?
00:00:28 Je suis une quinzaine de kilomètres de Marseille.
00:00:31 Bon voilà c'est ça. Et si vous êtes avec nous c'est parce que justement on va parler de ce qui se passe à Marseille,
00:00:36 ce qui se passe aussi dans certains quartiers justement.
00:00:38 Et on va revenir sur ce qui s'est à nouveau passé cette nuit.
00:00:41 Nous étions à Nîmes hier soir, et bien nous sommes à Marseille ce soir.
00:00:44 À Nîmes hier soir nous parlions de la mort d'un jeune homme, d'un enfant de 10 ans.
00:00:48 Et bien à Marseille ce soir nous parlons d'un autre jeune de 14 ans qui est entre la vie et la mort parce que lui aussi s'est fait tirer dessus.
00:00:55 C'est la guerre des gangs, ça va nous emmener à notre premier débat.
00:00:58 Je vous présente Anne-Marie, les autres vrais voix qui vont vous accompagner ce soir.
00:01:02 Vous serez avec Corinne Tapiro, bonsoir à vous.
00:01:04 Bonsoir.
00:01:05 Conseillère d'arrondissement à Paris, vous êtes présidente de l'Observatoire des parents et de l'école, c'est important.
00:01:10 Oui c'est ça.
00:01:11 On approche en plus de la rentrée. Nous sommes avec celui qui fait son retour dans les vrais voix, Michael Sadoun, bonsoir à vous.
00:01:16 Bonsoir.
00:01:17 Vous êtes chroniqueur et consultant chroniqueur pour le magazine Causeur, c'est bien ça ?
00:01:22 Entre autres, mais je chronique aussi de temps en temps dans les Echos et dans le Figaro Vox.
00:01:25 Et bien vous chroniquez aussi dans les Echos et dans le Figaro Vox, beaucoup de conseils de lecture, vous avez raison de les donner.
00:01:30 Et puis, alors où est-ce que vous chroniquez de temps en temps ?
00:01:33 Oui, gentiment.
00:01:35 Quand on m'en donne le droit.
00:01:37 Quand on vous en donne le droit, vous chroniquez gentiment.
00:01:40 Il y a moins d'un point de place dans la presse.
00:01:43 Peut-être connaissez-vous, en tout cas sa voix, c'est Nicolas Corato, il était là hier, il est là ce soir, chroniqueur.
00:01:49 En tout cas, président du Think Tank Place de la République.
00:01:53 Je vais vous parler, les amis, de notre premier débat.
00:01:55 On aurait aimé ne pas le tenir, évidemment, mais il faut parler aussi de ce qui se passe quand c'est dramatique.
00:01:59 Et ce qui se passe, c'est que la guerre des gangs a lieu un peu partout en France.
00:02:03 On avait envoyé à Marseille la compagnie CRS 8 pour essayer de rétablir l'ordre.
00:02:08 Et puis un enfant de 10 ans est mort, un hymne, du coup on y a envoyé la compagnie CRS 8.
00:02:12 Et puis là, c'est à Marseille que ça a recommencé.
00:02:14 Coup de feu et un jeune de 14 ans entre la vie et la mort.
00:02:17 Question, est-ce que le premier flic de France, celui qu'on présente comme imprésidentiable Gérald Darmanin, est à la hauteur ?
00:02:24 0, 826, 300, 300.
00:02:27 Vous nous appelez pour témoigner, mais tiens, comme vous Anne-Marie, est-ce que vous vous y êtes confrontée, par exemple, à cette guerre des gangs chez vous ?
00:02:33 Oui, tout à fait, oui.
00:02:35 Ça fait 15 ans que j'habite dans cette cité et ça fait, disons, 6-7 ans que ça s'est dégradé.
00:02:41 Oui.
00:02:42 Voilà, il y a toujours eu un petit réseau interne, bon ça a toujours existé, depuis le début de la cité, il y a une cinquantaine d'années.
00:02:51 Mais là, disons que des gangs de Marseille et de Toulon se disputent le territoire.
00:02:56 Et donc du coup ça se manifeste comment pour vous, qui êtes au milieu, quelque part sur cette ligne de front entre plusieurs gangs ?
00:03:03 Disons que c'est par vague, c'est par période. Et en plus il y a eu, disons, il y a quelques années, des caméras qui se sont installées au niveau des endroits stratégiques,
00:03:15 où sont posés les chouffes, hein, c'est-à-dire ceux qui surveillent.
00:03:20 Les guetteurs des traficateurs.
00:03:22 Voilà, les guetteurs, merci. Et donc, l'étau s'est resserré, puisque les caméras étant installées, ils se sont encore plus rapprochés dans la cité, ils se sont encore plus...
00:03:32 Et vous, vous les croisez tous les jours ? Vous entendez des coups de feu parfois ?
00:03:36 Oui, même hier soir encore. Hier soir ?
00:03:38 Hier soir, des coups de feu, des cale-haches. Et voilà, ça faisait un petit moment qu'il n'y en avait plus, là ça recommence.
00:03:43 Et c'est fatigant. Un jour, nuit, ça peut être n'importe quand.
00:03:48 Et bien restez...
00:03:49 Enfant, au milieu, voilà, c'est problématique.
00:03:51 Et c'est pour ça justement qu'on est ravis de vous donner la parole.
00:03:54 Que ce soit pour vous soutenir, vous et vos voisins, en quelque sorte, tous ceux qui sont quelque part sur cette ligne de front de la guerre à la drogue ou de la guerre des drogues qui se livre en ce moment en France.
00:04:03 Ce serait notre débat, je le disais à 17h30, est-ce que le ministre de l'Intérieur est à la hauteur ?
00:04:07 Parce que c'est quand même un sacré défi. Vous votez, vous nous appelez 0826 300 300.
00:04:12 Mais avant de débattre, je vous propose qu'on récapitule un petit peu le reste de l'actu.
00:04:16 Les vrais voix Sud Radio.
00:04:18 Trois mots dans l'actu, on en parle tous les soirs aussi justement pour récapituler.
00:04:22 On va parler du mot budget d'abord. Quelles économies pour le gouvernement qui cherche une quinzaine de milliards d'euros dans le prochain budget ?
00:04:28 Et aussi, quelles nouvelles rentrées, quelles taxes pourraient augmenter ?
00:04:31 En tout cas, Elisabeth Born vient de promettre qu'il n'était pas question d'augmenter, je cite, les impôts sur les ménages.
00:04:37 Autre mot, tiens, c'est important, le mot amende.
00:04:40 SNCF réseau condamné pour complicité d'atteinte à l'environnement après des travaux, tenez-vous bien, délagage.
00:04:46 Notamment à cause de la nidification des oiseaux protégés qui nidifiaient au moment où ces travaux délagages ont été effectués.
00:04:54 Et puis le dernier mot, c'est important aussi de le dire, on a marché sur la Lune.
00:04:57 Je ne vous le dirai pas dans une langue indienne, mais oui, l'Inde a réussi à poser quelque chose sur la Lune.
00:05:02 Et ça, c'est un événement international.
00:05:04 Les vrais voix Sud Radio.
00:05:07 Mais revenons d'abord sur ces questions budgétaires qui concernent absolument tout le monde.
00:05:11 Elisabeth Borne, au terme de ce Conseil des ministres, de rentrer aujourd'hui, qui promet qu'il n'est pas question, je cite, d'augmenter les impôts sur les ménages.
00:05:19 Mais à côté de ça, on s'attend à d'autres rentrées, ce qui est logique, d'argent en tout cas, pour retrouver 15 milliards d'euros que chercherait Bercy.
00:05:28 Qu'est-ce qui pourrait augmenter d'après vous ?
00:05:31 Michael Sadoun, honneur à vous.
00:05:33 Est-ce que j'ai compris, les impôts vont rester tels quels en l'État, mais il y aura une augmentation des taxes,
00:05:38 qui est une manière déviée d'augmenter la fiscalité de manière générale.
00:05:41 Je crois que les taxes vont principalement augmenter sur l'alcool et le tabac.
00:05:44 Je crois qu'on ne peut pas s'en plaindre.
00:05:46 Mais de manière générale, je trouve qu'il y a un peu une illusion autour de la manière dont la Macronie a réussi à diminuer la fiscalité dans ce pays,
00:05:53 puisqu'elle a battu un record.
00:05:55 En fait, cette année, elle dépasse 45 %, donc il y a près de la moitié de la richesse produite par le pays qui est taxé par l'État.
00:06:02 Donc je crois qu'on ne va pas dans le bon sens de ce point de vue-là.
00:06:05 Après, ce n'est pas seulement une question de montant d'impôts.
00:06:07 C'est une question certainement d'agencement des impôts entre eux.
00:06:10 Je pense notamment aux impôts de production, qui ont longtemps pesé sur la productivité française et sur l'industrie,
00:06:15 qui permet l'ascenseur social et un meilleur taux d'emploi.
00:06:18 On le voit en Allemagne ou en Italie.
00:06:20 Mais c'est aussi sur l'utilisation de l'impôt.
00:06:22 Et là, on peut avoir un réel débat, puisqu'on voit bien que le niveau des services publics, à tous les niveaux,
00:06:27 l'éducation, la santé, on parle même de la police qui est souverainement...
00:06:30 - On parlait de climatiseurs dans certains hôpitaux et services d'urgence pédiatrique à Bordeaux hier.
00:06:35 - Exactement. Donc on voit que cette efficacité des services publics ne correspond pas au montant de la dépense et des impôts.
00:06:41 - Corinne Tapierreau.
00:06:42 - Écoutez, moi j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur cette histoire de taxes.
00:06:46 Alors c'est sûr qu'on ne va pas augmenter les impôts, mais on augmente des tas de choses pour les Français.
00:06:50 Ce qui revient à pratiquement pire pour certains que d'avoir des impôts, puisque certains ne payent pas d'impôts.
00:06:55 Ils vont se voir taxés au niveau de la santé.
00:06:58 Ils se voient taxés très très lourdement déjà au niveau de l'électricité et du gaz.
00:07:02 Donc ce sont des surcoûts pour les Français.
00:07:05 Quelque part, mieux vaut payer un impôt sur ses revenus que de payer des impôts permanents.
00:07:10 Surtout, moi j'attends enfin que la première ministre, sous l'égide de son président,
00:07:16 nous annonce les économies que l'État va consentir.
00:07:19 Quels sont les comités XYZ dont on va se débarrasser ?
00:07:23 Quelles sont les dépenses de l'État inutiles qu'on va arrêter de faire ?
00:07:27 Est-ce qu'on est obligé de partir en avion alors qu'on peut prendre le train ?
00:07:31 Est-ce qu'on est obligé d'embarquer X dizaines de centaines de personnes lors de chaque déplacement ?
00:07:36 Donc je pense qu'il y a des économies que l'État, la structure même de l'État doit faire,
00:07:40 qui sont importantes.
00:07:41 Et puis franchement, quand on en est là, je pense que finalement Bruno Le Maire,
00:07:45 qui est porté au nu, ce n'est pas un si bon économiste que ça.
00:07:48 Nicolas Coratow ?
00:07:49 Oui, on a l'impression que le gouvernement cherche encore sa ligne sur sa politique budgétaire,
00:07:54 puisque l'intervention de Mme Borne aujourd'hui ressemble à une forme de recadrage
00:07:58 de ces ministres en charge de la production et de la conception de ce budget,
00:08:02 que Bruno Le Maire qui s'est beaucoup exprimé sur le sujet.
00:08:09 Et on n'a pas l'impression qu'il porte nécessairement le même discours que la première ministre.
00:08:13 Donc on aimerait savoir quelle est la ligne du gouvernement.
00:08:16 Et puis je reviens sur les taxes.
00:08:17 C'est vrai que les premiers impôts que payent les Français,
00:08:21 ce n'est pas l'impôt sur le revenu, c'est la taxe sur la valeur ajoutée.
00:08:25 Ce sont les taxes indirectes, par exemple sur l'essence.
00:08:28 On a aujourd'hui un prix à la pompe qui parfois dépasse les 2 euros.
00:08:32 Quasiment les 60% de ce prix passent dans les caisses de l'État.
00:08:37 Donc l'État a plein de leviers fiscaux et on peut augmenter ou diminuer les impôts en général,
00:08:43 sans nécessairement passer par une réforme de l'impôt sur le revenu.
00:08:47 Donc il ne faut pas uniquement avoir ce point.
00:08:49 Et puis ensuite il faut quand même regarder aussi une chose.
00:08:51 Pardon, je vais être un peu en décalage avec M. Sadoun, ça ne vous étonnera pas.
00:08:54 Il y a aussi des cadeaux fiscaux sans contrepartie.
00:08:59 Je pense aux 150 milliards d'euros d'aide aux entreprises.
00:09:01 Je suis moi pour une économie qui aide les entreprises
00:09:04 et pour des politiques publiques d'incitation et d'aide aux entreprises,
00:09:07 mais avec des contreparties.
00:09:09 Là on a 150 milliards d'euros qu'on donne chaque année aux entreprises,
00:09:12 sans avoir de contrepartie et d'engagement clair des entreprises,
00:09:16 en matière par exemple d'emploi des seniors.
00:09:18 Et vous êtes d'accord là-dessus ?
00:09:19 Alors je suis entièrement d'accord, donc on va totalement tomber d'accord.
00:09:22 Je pense que les entreprises doivent faire partie d'un projet politique.
00:09:25 Et quand par exemple on aide les entreprises avec du crédit d'impôt recherche
00:09:29 et qu'elles finissent par délocaliser ou utiliser des normes européennes
00:09:31 pour faire du dumping social dans nos frontières,
00:09:34 je pense que c'est très grave.
00:09:35 Dans la parenthèse, mais c'est intéressant,
00:09:37 je vais vous demander tous les trois d'ailleurs,
00:09:39 quand on regarde les gigas usines, ou gigafactory qu'on essaye de faire venir en France,
00:09:43 la France n'est pas la seule à proposer des subventions à plusieurs milliards d'euros
00:09:46 pour les faire venir, l'Allemagne le fait aussi.
00:09:48 Est-ce qu'il faut exiger des engagements des entreprises qui pourraient s'installer chez nous,
00:09:52 comme par exemple Tesla avec Elon Musk ou d'autres,
00:09:55 tous ceux qu'on essaye de courtiser ?
00:09:57 Ah oui bien sûr, je veux dire,
00:09:59 souvenez-vous de l'épisode tragique d'Herzlormittal,
00:10:02 on n'en a tiré aucune conclusion, aucune leçon.
00:10:05 On continue comme avant.
00:10:07 Et dans dix ans, Elon Musk partira et laissera des salariés sur le carreau
00:10:11 dont la solidarité nationale devra s'occuper.
00:10:13 Corinne Tapierro.
00:10:14 Moi je pense qu'on devrait aussi se pencher sur les TPE, PME,
00:10:17 qu'on devrait aider plus largement, qu'on devrait encourager, inciter.
00:10:22 Et pour revenir sur ce que vous disiez sur l'emploi des seigneurs,
00:10:25 alors on en parle beaucoup, mais ça ne fait partie d'aucun projet politique.
00:10:29 Et ça depuis des années, et pourtant c'est pas faute de le réclamer.
00:10:32 Et quand on a durci les règles du chômage,
00:10:36 donc forcément ce sont eux qui vont payer le plus lourd tribut
00:10:40 et qui ont un taux d'employabilité qui ne dépasse pas les 15%.
00:10:43 Donc c'est quand même extrêmement inquiétant.
00:10:45 Je vous propose, même si ça peut avoir l'air un petit peu léger,
00:10:47 mais il faut parler aussi des règles environnementales
00:10:51 qu'on se met à respecter et qu'on n'aurait pas forcément respecté dans le passé.
00:10:55 Parce que cette information n'est pas si anodine que ça.
00:10:57 Quand on vous parle de SNCF Réseau, c'est-à-dire la partie de la SNCF
00:11:00 qui s'occupe des rails et de ce qu'il y a autour sur les voies ferrées
00:11:03 et de l'entretien du coup des arbres qui poussent tout autour des rails
00:11:06 pour pas que ça heurte je ne sais quoi.
00:11:08 SNCF Réseau, je le disais, condamné pour complicité d'atteinte à l'environnement
00:11:12 après des travaux d'élagage en taillant les branches qui dépassaient des arbres.
00:11:16 Pourquoi ? Parce que ces travaux ont été effectués
00:11:18 pendant la période de nidification de certains oiseaux.
00:11:22 Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour vous, ce genre de condamnation ?
00:11:26 Parce que c'est une prise de conscience plutôt nouvelle.
00:11:28 Tiens, Michael Sadoun.
00:11:30 Je crois qu'il faut simplement rester raisonné sur la question.
00:11:32 Mais toute prise de conscience écologique ne traîne pas forcément une décroissance.
00:11:36 Parce que, par exemple, l'élagage des arbres ou le débarrassage aiguille
00:11:39 peut être fait par une entreprise qui va donc être payée,
00:11:42 qui va bénéficier d'une subvention, qui va payer des salariés
00:11:44 qui eux-mêmes vont consommer et qui vont faire marcher ainsi le cycle de l'économie.
00:11:47 Donc je pense que ça peut marcher comme ça.
00:11:49 Après, il faut quand même raison garder.
00:11:51 Je rappelle qu'une partie de la dette de l'État venait de l'absorption
00:11:54 de la dette de la SNCF par l'État en 2018.
00:11:57 Notamment celle de Réseau Ferrerette France, qui est l'ancien SNCF Réseau.
00:12:00 Qui s'élevait à 40 milliards d'euros et qui a été énormissime.
00:12:03 Donc je pense qu'il va falloir quand même équilibrer justement cette équation.
00:12:08 - Et puis, je sais qu'il en soit, l'amende de 450 000 euros paraît presque dérisoire
00:12:11 à côté de la vieille dette de SNCF Réseau Corine.
00:12:14 - Moi je trouve que c'est très très bien de protéger les animaux.
00:12:17 Mais quand on fait circuler des trains avec des branches d'arbres en plein milieu du parcours,
00:12:22 il y a quand même des risques sérieux d'accident.
00:12:25 Donc je pense qu'il faut parfois raison garder, mesurer les choses
00:12:29 et planifier l'élagage à un autre moment.
00:12:31 - Exactement, c'est ce que demande la justice Nicolas.
00:12:33 - Oui, oui, la loi n'interdit pas d'élaguer les arbres.
00:12:35 Elle demande simplement de respecter certaines périodes pour éviter l'élagage et la destruction des nids.
00:12:41 Une organisation, une entreprise comme SNCF Réseau, à mon avis,
00:12:44 ils sont suffisamment structurés et organisés pour planifier leur campagne d'élagage.
00:12:48 - Il faudrait déjà que les trains arrivent alors.
00:12:49 - Alors ce n'est pas eux qui sont en charge à Réseau de l'horaire des trains,
00:12:52 mais en tout cas, ils sont déjà intervenus sur Sud Radio,
00:12:54 on leur redonnera la parole à l'occasion.
00:12:56 Allez, dernier mot, on a marché sur la Lune, je ne traduirai pas, je ne saurais pas le faire,
00:13:00 je ne parle aucune langue de celles qui ne sont pas parlées sur le sous-continent indien.
00:13:04 La fusée indienne Chandrayaan 3 qui s'est posée sur la Lune,
00:13:09 ce n'est pas anodin et c'est aussi la preuve que plus ça va, plus l'ancien bloc de l'Est
00:13:13 et l'ancien bloc de l'Ouest perdent le monopole finalement sur le progrès.
00:13:16 - Surtout que les pays émergents ne sont plus des pays émergents,
00:13:19 c'est-à-dire que ce sont des vrais industriels avec de véritables capacités
00:13:23 en termes de défense, en termes d'espace, etc.
00:13:27 Donc il faut compter avec et à ne pas niquer,
00:13:30 parce que ce sont des populations importantes, puisqu'elles sont plus nombreuses que...
00:13:33 C'est la population la plus nombreuse au monde aujourd'hui.
00:13:35 - Exactement, et l'Inde rejoint les États-Unis, la Russie et la Chine
00:13:38 au rang des pays qui ont réussi à faire, petit contexte, il y a quelques jours,
00:13:41 la Russie, pour une fois, parce qu'elle a souvent réussi,
00:13:44 a échoué dans sa propre opération lunaire.
00:13:46 - Michael Saddoun ?
00:13:47 - Oui, la course à l'espace comme d'autres secteurs sont révélateurs
00:13:52 certainement des montées économiques et politiques de certains pays dans le monde.
00:13:57 Il y a même une tentative de coordination par les BRICS eux-mêmes
00:14:01 qui ont envie de constituer un nouveau bloc,
00:14:03 mais c'est précisément ce dont ces puissances manquent pour le moment.
00:14:05 Ce sont des géants un peu isolés, au contraire de ces grands blocs dont vous parliez,
00:14:10 et qui eux arrivaient à trouver des alliés et à se constituer.
00:14:13 L'Europe a essayé de le faire, mais c'est quand même assez pathogent.
00:14:17 On remarque que l'isolation n'est pas non plus la bonne solution,
00:14:20 même si l'Inde a quand même une stratégie diplomatique assez originale
00:14:23 et qu'elle est amie avec plus ou moins tout le monde dans le monde, y compris nous.
00:14:26 Mais reste à voir s'ils arriveront à se coordonner avec la Russie et la Chine
00:14:31 et peut-être à construire ensemble une monnaie qui concurrencera le dollar,
00:14:35 ce qu'ils essayent de faire pour le moment.
00:14:36 Et on en reparlera d'ailleurs des conséquences géopolitiques de la réunion des BRICS en ce moment.
00:14:40 Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud, j'espère que je n'ai oublié personne.
00:14:45 Quoi qu'il en soit, on va en reparler.
00:14:46 Chine.
00:14:47 Chine, merci, évidemment, le plus important.
00:14:49 Quoi qu'il en soit, restez avec nous sur Sud Radio.
00:14:50 On se retrouve dans quelques minutes, je le rappelle, la guerre des gangs qui continue
00:14:53 à Marseille, à Nîmes, ailleurs. Est-ce que le ministre de l'Intérieur est à la hauteur ?
00:14:57 Vous habitez dans ces quartiers ? Vous constatez les échanges de coups de feu ou alors le deal ?
00:15:02 Eh bien, vous nous appelez 0826 300 320.
00:15:04 Avant ça, le tour de table de l'actualité, c'est dans un instant.
00:15:07 Les vraies voies de l'été pour la dernière semaine des vacances d'été.
00:15:16 Il faut bien le dire, si vous êtes en train de rentrer de vacances, on pense très fort à vous.
00:15:19 N'oubliez pas d'ouvrir les fenêtres et en tout cas de faire des pauses, de vous hydrater.
00:15:22 Il fait chaud, y compris pour ceux qui conduisent en ce moment.
00:15:24 Soyez prudents.
00:15:25 Les vraies voies de l'été avec Corine Tapiro, Michael Sadoun et Nicolas Corrato.
00:15:29 Tout de suite, eh bien, les actualités qui retiennent l'attention de nos vraies voies.
00:15:32 A quoi tu penses ?
00:15:33 Je pense que quand on mettra les cons sur Orbit, t'as pas fini de tourner.
00:15:36 Non, moi je crois qu'il faut que vous arrêtiez d'essayer de dire des trucs.
00:15:38 Le tour de table de l'actualité.
00:15:40 Jean Gabin, toujours valeur sûre, évidemment.
00:15:42 Nicolas Corrato, vous nous emmenez en Italie.
00:15:44 Tiens, vous qui nous écoutez sur Sud Radio et qui êtes peut-être des allocataires du RSA,
00:15:48 écoutez bien, si vous aviez été italien, ça aurait pu vous arriver.
00:15:52 Oui, donc vous savez qu'en Italie, on a un gouvernement d'extrême droite
00:15:56 mené par une présidente du conseil qui s'appelle Giorgia Meloni,
00:15:59 et qui avait dans son programme une mesure phare
00:16:04 qui consistait à supprimer l'équivalent du RSA italien,
00:16:07 qui s'appelle le revenu de citoyenneté.
00:16:08 Eh bien, le 27 juillet, plusieurs centaines de milliers d'Italiens,
00:16:12 allocataires du RSA, ont reçu un SMS
00:16:14 les informant qu'au 1er août, ils ne toucheraient plus le revenu.
00:16:17 - Soit trois jours avant de le toucher.
00:16:19 - Soit trois jours avant de le toucher.
00:16:21 Et globalement, c'est 1,6 millions de foyers italiens
00:16:24 qui sont concernés par cette suppression pure et simple,
00:16:26 qui n'est remplacée par aucune autre aide.
00:16:30 Giorgia Meloni considérant que cette allocation faisait partie
00:16:34 de ce qu'elle appelle le cancer de la cystane.
00:16:36 Alors, cette actualité de l'été en Italie,
00:16:40 moi, elle amène deux petites réflexions.
00:16:42 D'abord, un petit message vis-à-vis des électeurs
00:16:45 qui votent pour l'extrême droite,
00:16:47 et dont on dit souvent qu'ils font partie des classes populaires,
00:16:49 et ça se vérifie quand on regarde les études.
00:16:52 J'ai envie de leur dire qu'il faut faire attention
00:16:55 d'arrêter de voter contre ses propres intérêts,
00:16:57 et que tous les mouvements d'extrême droite qui arrivent au pouvoir
00:17:01 mettent en place des politiques antisociales.
00:17:03 Et ça, l'histoire et la géopolitique le démontrent parfaitement,
00:17:07 et ce qui se passe en Italie nous le montre.
00:17:09 - Alors, Justin Abénol, vous allez reprendre la parole,
00:17:11 mais si le Rassemblement national était là,
00:17:13 il vous dirait que vous étiez contre la réforme des retraites d'Emmanuel Macron
00:17:16 parce qu'elle était trop dure pour vous,
00:17:17 et qu'ils étaient d'accord avec vous ?
00:17:19 - Oui, et d'ailleurs qu'ils avaient un système BIS qu'ils ont présenté,
00:17:22 qui considérait supprimer les cotisations sociales
00:17:26 sur un certain nombre de revenus du salaire,
00:17:28 ce qui avait pour but et conséquence finalement
00:17:31 d'assécher les moyens de la sécurité sociale.
00:17:33 Donc c'est antisocial également.
00:17:35 Deuxièmement, peut-être un message pour la gauche,
00:17:37 en disant que je pense qu'il y a d'autres sujets,
00:17:39 et on en reviendra dans le cours de l'émission,
00:17:41 sur lesquels ils pourraient se mobiliser,
00:17:42 et notamment la démonstration quasi quotidienne dans les médias
00:17:45 du caractère antisocial de l'extrême droite,
00:17:47 et moi je pense que la gauche gagnerait
00:17:49 beaucoup plus d'opinion et d'intérêt et d'attention des concitoyens
00:17:53 si elle développait beaucoup plus ce genre de discours.
00:17:55 - Alors, Miquel, ça donne ?
00:17:57 - Je ne vais pas être d'accord, parce que il me semble que...
00:17:59 - Mais si vous êtes là pour débattre, ça tombe bien.
00:18:00 - Il me semble que cette politique antisociale
00:18:02 ne découle pas d'un logiciel d'extrême droite,
00:18:04 il me semble que ça découle beaucoup plus des contraintes européennes
00:18:06 auxquelles fait face Mme Mélanie
00:18:08 dans toutes les matières,
00:18:10 tant sur la matière migratoire,
00:18:11 sur laquelle elle avait promis d'être extrêmement rigoureuse,
00:18:13 et sur laquelle elle est revenue,
00:18:15 parce que finalement la Commission européenne lui dit
00:18:17 "écoute, tu ne bénéficieras plus de nos financements
00:18:19 si tu refuses d'accueillir des migrants chez toi".
00:18:21 Mme Mélanie était sur un discours, disait-on, néofasciste
00:18:26 au moment d'accéder au pouvoir,
00:18:27 et il se trouve qu'il y a quelques semaines,
00:18:29 elle a déclaré publiquement que les immigrés étaient nécessaires à l'Italie.
00:18:32 Donc je pense simplement que, déjà,
00:18:35 on en avait fait tout un foin sur la néofasciste
00:18:38 qui en fait ne déroge pas beaucoup à la ligne européiste
00:18:41 et à ses prédécesseurs sur beaucoup de questions,
00:18:43 tant sur la question migratoire qu'économique,
00:18:46 et qu'en plus elle est confrontée en ce moment
00:18:48 à des difficultés financières.
00:18:50 Je pense à une dette italienne qui explose
00:18:52 et dont les taux d'intérêt sont bien supérieurs à la nôtre
00:18:54 parce que ses notations par les agences de notation sont inférieures.
00:18:57 Et je pense que c'est beaucoup plus révélateur
00:19:00 d'un rapport à l'international et à l'Europe
00:19:03 qu'à un logiciel idéologique d'extrême droite.
00:19:06 - Après ceci, il a toujours été un peu plus libéral
00:19:08 que son adversaire par exemple.
00:19:10 - Mais tout à fait, c'est pour ça que diplomatiquement,
00:19:12 en fait, elle ne s'en a jamais été cachée,
00:19:14 elle a toujours été plutôt pro-OTAN et pro-Union Européenne,
00:19:16 peut-être pas, mais pro-OTAN,
00:19:18 et plutôt atlantiste et, je dirais, "occidentaliste"
00:19:22 comme peut l'être de temps en temps l'extrême droite.
00:19:24 Et finalement, tant qu'un candidat ne revient pas
00:19:26 sur cette ligne et sur ce rapport à l'Europe,
00:19:28 il sera contraint financièrement et diplomatiquement.
00:19:30 - Après, il est marqué nulle part dans le traité
00:19:32 qui régit notre appartenance à l'OTAN
00:19:34 qu'on est censé supprimer le RSA, c'est quand même un autre sujet.
00:19:36 - Bien sûr, mais c'est simplement une ligne
00:19:38 et une vision idéologique générale.
00:19:40 - Peut-être quand Romano Prodi,
00:19:42 parce que je pense qu'il faut dire que c'est l'Europe
00:19:44 qui est à l'origine de la décision de Mme Mélanie,
00:19:46 je pense que c'est un peu un raccourci,
00:19:48 peut-être voire même un raccourci idéologique.
00:19:50 Quand Romano Prodi accepte le Fonds de soutien européen,
00:19:53 l'Europe lui fixe 50 conditions.
00:19:56 Dans ces 50 conditions, il n'y a pas la suppression
00:19:59 du RSA italien.
00:20:01 Donc c'est bien une mesure idéologique
00:20:03 qui est sur ce vocable
00:20:05 de la chasse à l'assistana.
00:20:07 Regardez certains discours en France
00:20:09 sur la chasse à l'assistana, vous verrez
00:20:11 qu'il y a des références.
00:20:13 - Oui, mais il me semble qu'elle n'est pas portée que par l'extrême droite.
00:20:15 La Macronie la porte également.
00:20:17 - Je trouve qu'effectivement c'est une annonce
00:20:19 qui doit être un peu dramatique
00:20:21 pour le million de foyers concernés en Italie.
00:20:25 Après, moi je suis très gênée
00:20:27 de cette manie qu'on a
00:20:31 de transposer ce qui se passe dans un pays
00:20:33 avec ce qui se passe chez nous.
00:20:35 Donc partant de là, je crois qu'on a
00:20:37 des hommes politiques et des femmes politiques
00:20:39 qui sont foncièrement différents
00:20:41 de ce qui se passe en Italie.
00:20:43 La tentation est grande de lutter contre l'assistana
00:20:45 parce qu'il y a toujours un
00:20:47 un clan pain qui connaît un qui est au RSA
00:20:49 et qui gagne 3000 euros à côté.
00:20:51 Donc c'est un peu difficile.
00:20:53 Mais moi j'invite tous les politiques
00:20:55 qui veulent supprimer le RSA
00:20:57 à essayer de vivre avec 527 euros par mois.
00:20:59 Toutes choses égales par ailleurs.
00:21:01 Avec le loyer à payer, etc.
00:21:03 - Et là vous aurez mis tout le monde d'accord ?
00:21:05 - Voilà.
00:21:07 - Oui ça arrive !
00:21:09 On va parler d'un autre sujet
00:21:11 brûlant d'ailleurs malheureusement
00:21:13 puisqu'on retourne à Marseille dans un instant.
00:21:15 Est-ce que Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur
00:21:17 est à la hauteur face à cette guerre des gangs
00:21:19 qui a à nouveau mis un jeune entre la vie et la mort
00:21:21 mis à Marseille cette fois-ci ?
00:21:23 Il a 14 ans lors des changements de coup de feu.
00:21:25 Quelle est votre vie quotidienne sur place
00:21:27 dans ces quartiers en proie aux dilles
00:21:29 d'une part et à la guerre
00:21:31 entre les différents gangs ?
00:21:33 On va en reparler avec notre témoin Anne-Marie au 0826 300 300
00:21:35 et avec vous tous sur Sud Radio.
00:21:37 A tout de suite.
00:21:39 Les vrais mois de l'été avec Corine Tapiro
00:21:41 avec Mickaël Sadoun et Nicolas Corato
00:21:43 sur Sud Radio.
00:21:45 On a retrouvé Anne-Marie au 0826 300 300
00:21:47 quelque part à quelques kilomètres
00:21:49 de Marseille dans un quartier
00:21:51 où on continue à tirer
00:21:53 à la Kalachnikov comme la nuit dernière.
00:21:55 C'est ce que vous nous disiez, c'est ça ?
00:21:57 Oui, tout à fait. Ça faisait un petit moment
00:21:59 que ça s'était un peu calmé et là c'est reparti.
00:22:01 Justement, c'est reparti un peu partout
00:22:03 puisqu'on va en parler tout de suite sur Sud Radio.
00:22:05 Les vraies voix Sud Radio.
00:22:07 Le grand débat du jour.
00:22:09 Après la mort de l'enfant
00:22:11 de 10 ans, Annem, dans le quartier
00:22:13 de Pise 20, on en parlait hier,
00:22:15 c'est un adolescent de 14 ans dont le pronostic
00:22:17 vital est engagé, blessé par balle
00:22:19 hier soir dans le quartier du sud
00:22:21 de Marseille, non pas le nord comme
00:22:23 ce qu'on dit souvent. Donc c'est important
00:22:25 d'en parler aussi des faits qui se sont produits
00:22:27 aux alentours de 21h aux environs de la
00:22:29 Cayolle. C'est une cité qui est située au sud
00:22:31 de la ville. Tout de suite, on retrouve
00:22:33 au 0800, pas au 0826 300 300
00:22:35 mais en tout cas on retrouve Bruno
00:22:37 Bartocchetti, notre invité. Bonjour à vous Bruno
00:22:39 Bartocchetti. On va vous retrouver dans quelques instants
00:22:41 manifestement, secrétaire national
00:22:43 chargé de la zone sud pour le syndicat
00:22:45 unité SGP Police
00:22:47 force ouvrière. Au 0826
00:22:49 300 300, on est aussi avec Jaffar
00:22:51 manifestement qui nous appelle depuis le Gard.
00:22:53 Bonsoir à vous mon cher Jaffar.
00:22:55 - Bonjour. - Soyez le bienvenu sur
00:22:57 Sud Radio. C'est cette question, alors elle a l'air
00:22:59 assez politique, c'est pas notre objectif
00:23:01 mais cette question qu'on posait
00:23:03 est-ce que pour vous, le ministre
00:23:05 de l'Intérieur est à la hauteur, Gérald Darmanin
00:23:07 et surtout, et c'est la vraie question en fait
00:23:09 est-ce que la police peut être partout ?
00:23:11 Vous, vous êtes dans le Gard, Annime, un enfant a été
00:23:13 tué hier, on a envoyé la CRS 8
00:23:15 avant elle était à Marseille, peut-être qu'on va la renvoyer
00:23:17 à Marseille où un jeune a été fauché. Jaffar ?
00:23:19 - Oui,
00:23:21 bonjour à toute la France, à tous les Français
00:23:23 totale respect
00:23:25 à ces superbes pays qui est la France
00:23:27 on a vraiment un grand potentiel
00:23:29 et voilà
00:23:31 il faut pas que ceux qui nous y vivent
00:23:33 nous ne nous occupent pas. Je voulais déjà
00:23:35 remercier et féliciter tous les forces de l'ordre
00:23:37 parce que
00:23:39 ils font un travail extraordinaire
00:23:41 c'est pas toujours évident, après
00:23:43 ils sont partout, il y aura toujours une telle ligne
00:23:45 qui peut arriver, il y a des gens qui dérapent
00:23:47 un petit peu, mais c'est pas la majorité
00:23:49 et
00:23:51 en fait, pour moi, ceux qui
00:23:53 nous y vivent, est-ce que ça est
00:23:55 franc par rapport à monsieur Darmanin ?
00:23:57 - Alors, vous avez le droit d'être franc du moment qu'on est
00:23:59 respectueux, on peut tout dire, on est là pour débattre
00:24:01 - Voilà, je m'exprime, mais pour moi
00:24:03 pour moi le poste de
00:24:05 ministre et des postes prestigieux
00:24:07 il est pas à la hauteur
00:24:09 - Vous aurez été franc et vous avez le droit de le dire, c'est la question
00:24:11 qu'on vous posait, Jaffar, vous savez quoi ? On va essayer de vous retrouver
00:24:13 avec une meilleure liaison téléphonique
00:24:15 depuis le Gard parce que vous avez pas mal de choses
00:24:17 à nous dire et c'est pour ça qu'on tient
00:24:19 à ce que vous reveniez. D'abord, Bruno Bartocchetti
00:24:21 secrétaire national chargé de la zone
00:24:23 sud pour le syndicat Unité SGP Police Force
00:24:25 Ouvrière. Bonsoir à vous Bruno
00:24:27 Bartocchetti
00:24:29 - Bonsoir, merci de m'avoir invité - Mais vous êtes le
00:24:31 bienvenu sur Sud Radio, vous avez fort à faire
00:24:33 par les temps qui courent. Tiens, c'est pas tous les
00:24:35 soirs aussi que vous commencez une émission
00:24:37 par un auditeur
00:24:39 de Sud Radio qui commence par rendre
00:24:41 hommage à la police. Bon, ça doit déjà vous faire
00:24:43 chaud au cœur.
00:24:45 - Oui, après, on a
00:24:47 je crois 80% de la population
00:24:49 qui rend hommage au travail
00:24:51 des forces de l'ordre, donc
00:24:53 ça fait plaisir à entendre et
00:24:55 nous sommes effectivement bien soutenus par la population
00:24:57 réaliste
00:24:59 qui comprend qu'aujourd'hui c'est très dur de faire ce métier
00:25:01 de policier comme celui d'enseignant, infirmier
00:25:03 et d'autres personnels
00:25:05 du service public bien exposés.
00:25:07 - Allez, revenons à ce qu'il s'est passé
00:25:09 d'abord hier soir, c'était dans une cité
00:25:11 du sud de la ville, c'était
00:25:13 à la Caïol manifestement. Est-ce qu'on a
00:25:15 une idée de l'identité du jeune homme qui a été
00:25:17 fauché, qui se retrouve entre la vie et la mort ?
00:25:19 - Oui,
00:25:21 alors ce que j'ai cru comprendre c'est que
00:25:23 son pronostic vital ne serait peut-être
00:25:25 plus trop engagé au moment où on vous parle
00:25:27 - C'est déjà une bonne nouvelle - En fait, il a été quand même sérieusement
00:25:29 touché et d'ailleurs il a pas été le seul
00:25:31 touché par ces tirs, ils étaient
00:25:33 trois, il y en a eu deux autres très légèrement
00:25:35 baissés. Donc c'est vrai que quand on parle
00:25:37 aujourd'hui de règlement de comptes
00:25:39 à Marseille, on va prendre en Marseille mais
00:25:41 malheureusement on sait très bien que si tel endroit
00:25:43 où il y en a le plus, c'est pas le seul endroit où il y a des règlements de comptes
00:25:45 on oublie parfois de comptabiliser
00:25:47 toutes ces personnes
00:25:49 baissées
00:25:51 de manière collatérale ou pas
00:25:53 et ça fait beaucoup
00:25:55 de dossiers à gérer.
00:25:57 - Beaucoup de dossiers à gérer, beaucoup d'urgences
00:25:59 sur lesquelles vous ne pouvez pas être présent
00:26:01 vous et vos collègues, puisque je vous propose
00:26:03 d'écouter Anne-Marie qui est avec nous
00:26:05 mon cher Bruno Bartocchetti.
00:26:07 Anne-Marie elle est quelque part à plusieurs kilomètres de Marseille, on ne dira pas où
00:26:09 en tout cas mais Anne-Marie nous disait que ça tirait
00:26:11 à la Kalachnikov, la nuit encore
00:26:13 hier soir encore, dans son quartier
00:26:15 n'est-ce pas Anne-Marie ?
00:26:17 - Oui, tout à fait. - Et que ça se dégrade.
00:26:19 - Oui, ça se dégrade depuis quelques
00:26:21 années, bien avant le Covid d'ailleurs
00:26:23 alors
00:26:25 c'est sûr que le métier de policier ne fait plus
00:26:27 rêver maintenant, on manque des
00:26:29 d'effectifs, ça je peux
00:26:31 le concevoir.
00:26:33 Dès qu'il y a des tirs en plein
00:26:35 jour, nous sommes
00:26:37 dans la cité "privée"
00:26:39 de transports en commun, il faut aller
00:26:41 prendre le transport en commun
00:26:43 à plus d'un kilomètre à pied. - A chaque fois que ça tire
00:26:45 c'est ce qui vous arrive en fait, c'est ça ?
00:26:47 - Quand il y a des tirs en journée, c'est ce qui se passe
00:26:49 la nuit c'est un autre problème
00:26:51 donc voilà, nous sommes
00:26:53 pour beaucoup qui n'ont pas de
00:26:55 véhicule, pour les personnes âgées
00:26:57 c'est très difficile, ça dure
00:26:59 une semaine, voilà, on nous prive
00:27:01 il faut aller prendre les transports en commun
00:27:03 beaucoup plus loin, et c'est
00:27:05 exaspérant, voilà, nous subissons
00:27:07 au quotidien.
00:27:09 - Dernière question que je vous pose
00:27:11 après vous échangerez avec nos vrais voix aussi
00:27:13 vous les voyez beaucoup ou pas les policiers
00:27:15 sur place dans votre quartier Anne-Marie ?
00:27:17 - C'est...
00:27:19 c'est par vagues. - C'est à dire ?
00:27:21 - Dès que... voilà, je pense qu'il y a des enquêtes
00:27:23 qui se font régulièrement parce qu'il y a
00:27:25 dix ans et un mois, le 7ème matin moi
00:27:27 j'ai été réveillée il y a eu 6h du matin
00:27:29 donc je m'en suis une perquise
00:27:31 parce que c'est l'heure où je pense s'autoriser
00:27:33 pour ceci, pour cela
00:27:35 donc
00:27:37 ils sont revenus comme ça 6h du matin
00:27:39 il y avait des enquêtes, c'est souvent les mêmes
00:27:41 bâtiments, en tout cas autour de chez moi
00:27:43 c'est une grande cité, et depuis
00:27:45 que j'y habite, il y a... voilà
00:27:47 on les voit...
00:27:49 voilà, ils sont là
00:27:51 - C'est ponctuel, en force, mais c'est
00:27:53 pas permanent, il n'y a pas du bleu tout le temps
00:27:55 Bon, Bruno Bartocchetti, ça ne vous étonne pas ?
00:27:57 - Alors, non, ça ne m'étonne pas
00:28:01 mais en même temps, on ne pourrait pas mettre
00:28:03 un policier devant chaque tour, devant chaque
00:28:05 entrée d'immeuble, et on a... voilà
00:28:07 et on a besoin aussi de plus en plus d'effectifs
00:28:09 pour mener des enquêtes, justement, autour
00:28:11 de ces trafics de stupéfiants
00:28:13 je crois que, et je l'ai déjà dit
00:28:15 à l'antenne, c'est vrai que tout ne peut pas reposer
00:28:17 sur les épaules de la police en matière de sécurité
00:28:19 il y a beaucoup de sujets
00:28:21 sur ce thème-là, peut-être les plans
00:28:23 d'urbanisation, il y a beaucoup de choses à revoir à ce niveau
00:28:25 les policiers doivent être, bien sûr, un peu plus présents
00:28:27 sur le terrain pour sécuriser la population
00:28:29 je crois qu'il y a deux sujets importants, c'est sécuriser
00:28:31 la population qui en a marre
00:28:33 d'être comme ça envahie par ces
00:28:35 trafics de stupéfiants, et puis après, il y a
00:28:37 tout le travail d'enquête, on doit
00:28:39 donner plus de moyens aux policiers, aux gendarmes
00:28:41 aux douanes, je parle souvent
00:28:43 des groupes interministériels de recherche pour lutter
00:28:45 contre le trafic international, donc il y a plein de
00:28:47 pistes, bien sûr
00:28:49 à explorer pour
00:28:51 pouvoir repousser ce phénomène-là
00:28:53 je dis bien repousser parce que vaincre, on ne gagnera jamais
00:28:55 être réaliste, on ne gagnera jamais
00:28:57 en même temps, dans mes propos, ce n'est pas du défaitisme
00:28:59 c'est surtout de dire qu'on doit repousser
00:29:01 au plus loin ces trafiquants de stupéfiants
00:29:03 sécuriser la population
00:29:05 et puis surtout rendre responsable
00:29:07 alors là, je ne parle pas encore de sanctions
00:29:09 et de morale
00:29:11 c'est que tout consommateur aujourd'hui
00:29:13 tout consommateur, ça part
00:29:15 de responsabilité dans ce qui se passe aujourd'hui dans notre pays
00:29:17 et ça c'est important de le retenir
00:29:19 parce que s'il n'y avait pas de consommateurs
00:29:21 il y aurait peut-être moins de trafic et moins de règlement
00:29:23 de comptes pour envahir
00:29:25 les territoires et on le voit
00:29:27 surtout dans la zone de fumée à Marseille
00:29:29 - En gros, ce que vous dites concrètement
00:29:31 Buenoberto Tchétti, c'est que quiconque fume
00:29:33 du chit, c'est interdit je le rappelle
00:29:35 à Marseille notamment ou alors à Nîmes
00:29:37 et bien alimente ceux qui s'entretuent
00:29:39 à la Kalachnikov avec des gens
00:29:41 qui n'ont rien à voir
00:29:43 avec cette guerre tout autour
00:29:45 - Absolument
00:29:47 à partir du moment où on va à la cité de la Paternelle
00:29:49 par exemple à Marseille pour ceux qui connaissent
00:29:51 parce que c'est l'endroit le plus prisé pour aller
00:29:53 faire son drive
00:29:55 lorsqu'on va rapidement avec son véhicule personnel
00:29:57 faire son drive et acheter son gramme de coke
00:29:59 ou de chit, et bien on contribue
00:30:01 justement, on alimente ces réseaux
00:30:03 et ces règlements de comptes
00:30:05 c'est vrai qu'on lit beaucoup de choses
00:30:07 dans les réseaux sociaux, on se lâche
00:30:09 on entend tout et n'importe quoi
00:30:11 mais en fin de la sortie, la réalité c'est que la population
00:30:13 a subi les conséquences
00:30:15 avec ce qui se passe malheureusement
00:30:17 à cause, je dis bien, je résiste bien, à cause
00:30:19 au départ des consommateurs, avec une société
00:30:21 une France qui est bien malade bien sûr
00:30:23 - Allez, restez tous avec nous, la parole à nos vrais voix
00:30:25 on a l'impression, Michael, que la police est obligée de passer
00:30:27 d'une urgence à une autre, de Nîmes à Marseille
00:30:29 de Marseille à Nîmes, et puis qui sait demain
00:30:31 à Toulon
00:30:33 - Oui, surtout que la police
00:30:35 je pense, traite principalement
00:30:37 les symptômes de la maladie, mais pas la maladie
00:30:39 on sait que le problème
00:30:41 de la drogue à Marseille ne date pas d'hier
00:30:43 alors évidemment, il y a une demande de bleu sur le terrain
00:30:45 comme on dit, parce que ça permet de rassurer une population
00:30:47 qui parfois n'arrive plus à sortir
00:30:49 et revenir librement chez elle
00:30:51 sans subir
00:30:53 les violences ou les menaces, ça c'est sûr et certain
00:30:55 il y a des témoignages de gens qui sont obligés d'accompagner
00:30:57 leurs enfants à l'école qui est à 100 mètres
00:30:59 parce qu'ils ont peur qu'il arrive quelque chose sur la route
00:31:01 mais je pense que c'est pas le fin mot de tout
00:31:03 que la police est là pour maintenir l'ordre
00:31:05 mais qu'elle n'est pas là pour
00:31:07 résoudre, si vous voulez, tous les problèmes
00:31:09 qui se posent à l'État et à la société
00:31:11 je pense
00:31:13 je reste
00:31:15 convaincu qu'il y a
00:31:17 une impunité pénale
00:31:19 sur le sujet, notamment pour les petits trafiquants
00:31:21 et qu'on devrait avoir une meilleure
00:31:23 utilisation des courtes peines de prison
00:31:25 pour ceux qui participent
00:31:27 à du trafic. Je pense aussi
00:31:29 qu'il y a des solutions
00:31:31 je dirais un peu iconoclastes
00:31:33 qui sont présentées par des responsables politiques
00:31:35 je pense notamment à Manuel Bompard, vous voyez
00:31:37 qui n'est pas de mon bord politique et qui
00:31:39 a proposé de mieux contrôler
00:31:41 les containers qui passent par les ports
00:31:43 puisqu'il faut bien que la drogue passe
00:31:45 par quelque part pour arriver en France
00:31:47 parce que la majorité n'est pas cultivée
00:31:49 en France. On sait que le premier producteur
00:31:51 mondial de cannabis et de résine de cannabis
00:31:53 c'est le Maroc, donc ça doit certainement passer
00:31:55 par l'Espagne et on connaît évidemment tous ces réseaux-là
00:31:57 je pense aussi qu'il y a
00:31:59 le rôle d'une immigration qui joue
00:32:01 alors évidemment il y avait la mafia corso-marseillaise
00:32:03 qui a été remplacée par
00:32:05 de nouvelles organisations plutôt
00:32:07 d'origine maghrébine, africaine, etc.
00:32:09 mais aussi parfois un trafic
00:32:11 je pense qui profite d'une immigration
00:32:13 récente, qui n'a pas de droit ou qui a
00:32:15 peu d'intégration et c'est sûr que
00:32:17 pour un jeune qui ne se sent pas
00:32:19 beaucoup d'avenir parce que le tissu économique
00:32:21 social, l'intégration est mal faite
00:32:23 et qui peut gagner
00:32:25 100 à 200 euros par jour en étant chouffe
00:32:27 on sait évidemment ce qu'il va choisir
00:32:29 comme plan de carrière. - Entre le chômage et ça.
00:32:31 - Exactement. Sur fond évidemment d'une ville
00:32:33 qui est touchée par le chômage, par un taux de pauvreté
00:32:35 évidemment supérieur à la moyenne et par
00:32:37 ce que Bruno Bartho-Tchetty a dit, c'est-à-dire
00:32:39 un logement qui est déplorable. - Effectivement.
00:32:41 Corinne Tapirot. - Moi je suis extrêmement
00:32:43 frappée du fait qu'on ne parle que du trafic
00:32:45 de drogue parce qu'on a quand même dans ce pays un certain
00:32:47 nombre d'armes qui circulent et on n'entend
00:32:49 jamais parler de cette problématique
00:32:51 à quel moment on va éradiquer ce trafic d'armes.
00:32:53 - De Kalachnikov. - De Kalachnikov
00:32:55 c'est pas rien parce que moi personnellement je saurais
00:32:57 pas en acheter une. Il y en a qui n'ont
00:32:59 visiblement pas de problème.
00:33:01 Tout ça a induit effectivement des quartiers
00:33:03 qu'on appelait les territoires perdus de la République
00:33:05 où les gens ne peuvent plus vivre, où ils doivent
00:33:07 partir, qui vivent pour certains dans des
00:33:09 barres d'immeubles absolument
00:33:11 pas entretenues
00:33:13 où souvent les bailleurs sociaux
00:33:15 ont renoncé à leur mission
00:33:17 essentielle et ils devraient être sanctionnés
00:33:19 lourdement. Je pense qu'il faut repenser
00:33:21 effectivement ces tours de
00:33:23 X étages, il faut penser peut-être des quartiers
00:33:25 plus humains, plus aérés.
00:33:27 Enfin bon ça c'est tout un travail
00:33:29 que la mairie de Marseille n'est pas prête
00:33:31 de faire. Enfin on a quand même surtout
00:33:33 les services publics qui s'éloignent de
00:33:35 ces secteurs et les commerces. Donc ça veut dire
00:33:37 tout ce qui fait la vie d'un quartier
00:33:39 qui est de nature à rassurer, qui permet à des personnes
00:33:41 qui rentrent un peu tard, si elles se sentent embêtées
00:33:43 de rentrer dans un commerce, ne peuvent plus
00:33:45 le faire. - Approche du urbaniste en fait.
00:33:47 - Voilà, moi j'ai très très peur que tout
00:33:49 l'argent qui a été mis à grand renfort
00:33:51 de communication par le président
00:33:53 Macron sur Marseille, en l'occurrence
00:33:55 puisqu'on parle de Marseille ce soir,
00:33:57 ne serve pas à grand chose tant qu'on n'aura pas la
00:33:59 vraie volonté d'éradiquer ce trafic
00:34:01 d'armes et tout ce qui va avec.
00:34:03 Moi je suis effarée. - Nicolas Corato
00:34:05 vous étiez avec nous hier, on parlait déjà beaucoup
00:34:07 des causes du problème. Je vous propose
00:34:09 qu'on avance un petit peu par rapport à hier, qu'on aille
00:34:11 aussi sur les solutions. Tiens, Mickaël Sadoun nous parlait
00:34:13 de la réponse pénale, sujet qui vous est
00:34:15 cher. Est-ce que c'est aussi ça qui manque à la police ?
00:34:17 - Ah c'est un vaste sujet.
00:34:19 On pourrait en parler
00:34:21 des heures. Est-ce que la sanction
00:34:23 pénale est dissuasive ?
00:34:25 Ça,
00:34:27 malheureusement, beaucoup d'études prouvent
00:34:29 que vous pouvez alourdir les sanctions,
00:34:31 vous pouvez même les appliquer
00:34:33 plus systématiquement. - Remplir les lois ?
00:34:35 - Ça n'a pas nécessairement un effet sur la commission
00:34:37 des actes délictueux ou criminels.
00:34:39 Mais c'est un sujet public,
00:34:41 un sujet de débat public extrêmement
00:34:43 large. Sur les actions
00:34:45 qu'on peut mettre en oeuvre, il y a aussi des
00:34:47 sujets qu'il faut qu'on mette sur la table. Par exemple,
00:34:49 une question d'égalité des Français
00:34:51 par rapport aux forces de sécurité. Il y a une
00:34:53 inégalité territoriale de la répartition
00:34:55 par exemple des policiers nationaux. C'est un sujet
00:34:57 qui est sur la table des ministres de l'Intérieur
00:34:59 depuis des années. À Paris, mais pour des
00:35:01 raisons qu'on peut comprendre, parce qu'il y a aussi
00:35:03 beaucoup de choses. - Beaucoup de manifestations ?
00:35:05 - Il y a l'administration du ministère de l'Intérieur,
00:35:07 il y a la surveillance des sites
00:35:09 sensibles, mais si vous regardez
00:35:11 les bouches du Rhône, on est à 37
00:35:13 policiers pour 10 000 habitants.
00:35:15 À Paris, on est à 160. Je ne dis pas
00:35:17 qu'il faut vider Paris pour remettre les bouches du Rhône,
00:35:19 mais en tout cas, cette question de la répartition
00:35:21 territoriale des forces de la police nationale
00:35:23 et de la gendarmerie, c'est une question qu'on pourrait
00:35:25 regarder. Et là, je sais que les syndicats
00:35:27 y travaillent, je sais qu'il y a des blocages,
00:35:29 qu'il y a des contraintes, qu'il y a toujours un peu une guerre des polices
00:35:31 entre les zones gendarmerie et les zones police,
00:35:33 mais c'est des sujets dont on
00:35:35 pourrait débattre paisiblement.
00:35:37 De la même manière, quand même, je pense qu'il faut
00:35:39 peut-être aussi aider les syndicats
00:35:41 dans leur combat pour sortir de la culture
00:35:43 du chiffre. Ce qui se passe aujourd'hui
00:35:46 démontre bien que cette culture du chiffre
00:35:48 n'aboutit à rien, à part
00:35:50 d'une certaine manière à mettre
00:35:52 les policiers dans un état insensé
00:35:54 par rapport à l'accomplissement de leur mission.
00:35:56 - Sachant que malheureusement, ces derniers temps, ce sont plutôt
00:35:58 les morts qu'on compte. Alors, on va en reparler dans un instant.
00:36:00 - Oui, mais il faut peut-être aussi travailler autrement
00:36:02 et proposer aux policiers de travailler
00:36:04 autrement. - Quelle solution,
00:36:06 et d'ailleurs, est-ce que ceux qui ont les solutions
00:36:08 ou ceux qui disent les avoir,
00:36:10 les utilisent bien ? On va parler du premier
00:36:12 flic de France, on n'en a pas encore parlé, Gérald Darmanin.
00:36:14 Que peut-il faire ? Qu'attendez-vous de lui ?
00:36:16 Tiens, Anne-Marie, vous qui habitez dans un de ses quartiers,
00:36:18 qu'attendez-vous de lui également ? Bruno Barthoud-Chetty
00:36:20 pour Unité SGP Police Force Ouvrière.
00:36:22 On en parle dans un instant avec vous tous
00:36:24 au 0826 300 300. A tout de suite.
00:36:26 - Les vraies voix de l'été
00:36:28 Sud Radio, 17h-19h.
00:36:30 Jean-Marie Bordry.
00:36:32 - Les vraies voix de l'été sur Sud Radio.
00:36:34 La guerre des gangs qui continue. Est-ce que le
00:36:36 ministère et le ministre de l'Intérieur est à la hauteur ?
00:36:38 C'est la question qu'on se pose avec nos trois
00:36:40 vraies voix, Nicolas Corrato, Mickaël Sadoun,
00:36:42 Corinne Tapiro et nos invités
00:36:44 Bruno Barthoud-Chetty pour le
00:36:46 syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière
00:36:48 de la zone sud, c'est-à-dire
00:36:50 notamment à Marseille. Nous sommes
00:36:52 également au 0826 300 300
00:36:54 avec Anne-Marie dans un quartier où ça a encore
00:36:56 tiré la Kalachnikov hier dans la nuit
00:36:58 et ça continue et ça va reprendre Pluben.
00:37:00 Tiens, question à tous les deux. On commence par vous, Anne-Marie.
00:37:02 Qu'est-ce que vous attendriez
00:37:04 du ministre de l'Intérieur
00:37:06 pour que vous puissiez dire de lui
00:37:08 qu'il est à la hauteur ?
00:37:10 - Écoutez, quelque chose qui me vient à l'esprit.
00:37:12 Euh...
00:37:14 On arrive
00:37:16 à expulser des familles de HLM
00:37:18 pour des raisons X et Y. Ces familles-là
00:37:20 qui servent de nourrice et qui se servent
00:37:22 du trafic de drogue pour
00:37:24 s'enrichir, pourquoi on va pas les expulser ?
00:37:26 Ces familles-là ?
00:37:28 - Les expulser, c'est-à-dire les expulser des quartiers ?
00:37:30 - Oui, parce qu'ils mettent en danger
00:37:32 les autres locataires.
00:37:34 Après, il y a dommage collatéral et
00:37:36 on attend des catastrophes. Pourquoi
00:37:38 on ne les expulserait pas, ces familles-là ?
00:37:40 - C'est ce que vous attendez. Vous, vous les
00:37:42 connaissez, les familles des trafiquants
00:37:44 de tir à la calache chez vous ?
00:37:46 - Alors, je ne peux pas
00:37:48 accuser... - Vous ne décrivez personne, évidemment.
00:37:50 - Mais voilà, il y a des familles qui ont été arrêtées.
00:37:52 Voilà, je veux dire, ces familles-là,
00:37:54 ils reviennent impunément chez eux.
00:37:56 Voilà, avec un bon avocat,
00:37:58 ils n'ont pas de casier, donc première fois
00:38:00 ils sont arrêtés. Et ces familles-là,
00:38:02 ils sont toujours là. Pourquoi on ne les expulse pas ?
00:38:04 - Est-ce que c'est quelque chose
00:38:06 que les policiers demanderaient eux-mêmes,
00:38:08 Bruno Bartholdt-Chétier ?
00:38:10 - Alors,
00:38:12 expulser des familles, le sujet
00:38:14 est sensible, parce qu'au sein de nos mêmes familles,
00:38:16 est-ce qu'on a... Alors, on a des familles qui
00:38:18 vivent, bien sûr, des trafiquants
00:38:20 de drogue, est-ce qu'au sein de la même famille,
00:38:22 on n'a que des boyaux ?
00:38:24 C'est difficile, c'est un sujet qui est...
00:38:26 - C'est la sanction collective, c'est un vieux débat.
00:38:28 - C'est un vieux débat, et on va
00:38:30 les expulser, on va les placer.
00:38:32 Donc c'est quand même assez compliqué,
00:38:34 je crois, de répondre à cette question.
00:38:36 En revanche, c'est vrai qu'au niveau de la sanction,
00:38:38 je crois qu'aujourd'hui, on en a parlé
00:38:40 sur le plateau, la sanction
00:38:42 ne va pas tout résoudre, mais lorsqu'on
00:38:44 prononce une sanction de 3 ans,
00:38:46 par exemple, alors, bien souvent, c'est correctionnalisé,
00:38:48 parce que vous pouvez aller aux assises,
00:38:50 aussi, lorsque vous êtes producteur et trafiquant
00:38:52 de stupéfiants, c'est un crime,
00:38:54 et là, on n'envoie jamais aux assises.
00:38:56 Un braquage, c'est 12 ans minimum,
00:38:58 voire 15 ans. Lorsqu'on est dans
00:39:00 les stups, on va prendre 5 ans,
00:39:02 aller avec claronise de peine
00:39:04 3 ans, et en plus,
00:39:06 on va pouvoir fumer son shit,
00:39:08 et téléphoner de la prison
00:39:10 pour commanditer d'autres réseaux.
00:39:12 À un moment donné, la sanction devient légère.
00:39:14 Donc, si la sanction
00:39:16 est prononcée, elle doit être appliquée.
00:39:18 Ça, c'est important, parce que sinon,
00:39:20 ça ne sert à rien pour le trafiquant,
00:39:22 c'est juste ses impôts à payer, un petit tour
00:39:24 en prison, et on y va avec presque le sourire.
00:39:26 Donc, c'est là où il faut avoir un sens.
00:39:28 Tout ce qu'on fait, ça doit avoir du sens.
00:39:30 Aujourd'hui, quand on sanctionne,
00:39:32 il faut que ça ait du sens, pour que ce soit
00:39:34 dissuasif, et qu'on puisse,
00:39:36 une bonne fois pour toutes, écarter
00:39:38 la tumeur,
00:39:40 pendant quelques années,
00:39:42 d'un réseau.
00:39:44 Donc, je crois qu'aujourd'hui,
00:39:46 pour répondre à la question, j'anticipe
00:39:48 la question de ce qu'on pense de notre ministre de l'Intérieur.
00:39:50 Franchement, le flic, aujourd'hui, quand il travaille,
00:39:52 il ne pense pas au ministre de l'Intérieur, tous les matins, à se lever.
00:39:54 - Non, mais il en attend quelque chose.
00:39:56 - On en attend quelque chose, mais c'est notre 50e
00:39:58 ministre de l'Intérieur, depuis 58, je crois.
00:40:00 Donc, on attend, bien sûr,
00:40:02 qu'il nous soutienne dans notre travail.
00:40:04 Mais lorsque vous avez des ministres de l'Intérieur,
00:40:06 par le passé, qui ont réduit les effectifs dans la police nationale,
00:40:08 et d'autres qui ont
00:40:10 augmenté les effectifs dans la police nationale,
00:40:12 on peut être satisfait.
00:40:14 Une fois qu'il aura fait ça, une fois qu'il aura renforcé
00:40:16 certaines villes d'effectifs,
00:40:18 bon, il aura rempli un petit peu
00:40:20 sa mission. Maintenant, est-ce qu'il est à la naissance
00:40:22 des lois ? Est-ce qu'il est à la naissance
00:40:24 du malaise ? Alors, je ne suis pas son porte-parole,
00:40:26 je ne suis pas là pour le défendre, parce que quand il vient
00:40:28 sur un plateau de télévision, pour condamner un policier
00:40:30 avant même qu'il ait la procédure d'aller main,
00:40:32 on ne le félicite pas. D'accord.
00:40:34 Lorsqu'en revanche, il est dans...
00:40:36 il nous soutient dans notre protection fonctionnelle,
00:40:38 comme on l'a demandé il y a quelque temps,
00:40:40 eh bien, on le félicite. Donc, ça veut dire que c'est
00:40:42 quand même assez compliqué de regarder le ministre de l'Intérieur.
00:40:44 Maintenant, c'est vrai que nous, ce qu'on attend,
00:40:46 c'est d'avoir beaucoup plus de moyens. Pour cela,
00:40:48 la direction, elle doit se faire, et là,
00:40:50 on appelle le ministre de l'Intérieur, vers les enquêteurs,
00:40:52 qui manquent beaucoup, beaucoup d'effectifs
00:40:54 dans ce sens. Et ça, c'est quelque chose qu'on martèle
00:40:56 à une UTGP Police, on lui demande,
00:40:58 et là, il n'a pas rempli le contrat,
00:41:00 de donner les moyens de travailler à un judiciaire,
00:41:02 que ce soit une sécurité publique ou un police judiciaire.
00:41:04 Et là, c'est une demande concrète, justement.
00:41:06 On va essayer de faire le tour aussi de...
00:41:08 Non, on a une phrase, je suis complètement à ce que vous dites,
00:41:10 et c'est quelque chose que disent beaucoup les syndicats,
00:41:12 sur ce dernier point, il faut bien dire
00:41:14 à vos éditeurs que ce n'est pas la CRS 8
00:41:16 qui va démanteler les réseaux
00:41:18 stupéfiants, c'est bien des enquêteurs,
00:41:20 c'est bien un couple,
00:41:22 aussi, police-justice,
00:41:24 qui doit fonctionner peut-être un peu mieux,
00:41:26 et c'est ce couple-là et ces enquêteurs
00:41:28 qui vont réussir à éradiquer
00:41:30 définitivement
00:41:32 des réseaux de trafic de stupéfiants.
00:41:34 Ce n'est pas la CRS 8.
00:41:36 - Je vais abonder exactement dans le même sens.
00:41:38 - Un mot sur l'exécution des peines, peut-être ?
00:41:40 Ce que demandait justement
00:41:42 Bruno Bartocetti.
00:41:44 - Et oui, l'exécution des peines, surtout si on parle
00:41:46 de sanctions pénales, elle dépend quand même pas mal
00:41:48 du nombre de places de prison. Or, pour le moment,
00:41:50 il y a un taux de suroccupation des prisons de 120%,
00:41:52 puisqu'il y a 72 000 prisonniers pour 60 000 places
00:41:54 de prison. C'est une question de moyens.
00:41:56 Je sais qu'Éric Dupond-Moretti essaye
00:41:58 d'y remédier parce qu'il a mis
00:42:00 le paquet, entre guillemets, tant sur la
00:42:02 procédure judiciaire et son accélération que sur
00:42:04 la construction de nouvelles prisons. C'est aussi une question
00:42:06 politique de coordination avec les maires
00:42:08 qui acceptent ou non d'avoir une prison
00:42:10 près de chez eux. Voilà, moi je trouve que
00:42:12 ça sert à quelque chose de construire des prisons.
00:42:14 Évidemment, ça n'est pas la panacée. Il faut bien
00:42:16 voir que les sociétés qui connaissent le plus grand taux
00:42:18 d'emprisonnement ne connaissent pas forcément
00:42:20 le taux de criminalité le plus bas.
00:42:22 - Est-ce que c'est vraiment une mise de l'intérieur ?
00:42:24 Je ne parle pas de l'homme mais de la fonction qui a la solution.
00:42:26 - Ah non, non, non, non, moi je ne suis
00:42:28 pas pour faire porter le chapeau unique
00:42:30 à Gérald Darmanin. Moi je trouve que sa
00:42:32 parole publique est assez impeccable
00:42:34 et c'est déjà pas mal quand on est ministre.
00:42:36 Son action est plutôt
00:42:38 volontaire. Elle est évidemment imparfaite
00:42:40 mais elle doit se coordonner avec les autres
00:42:42 ministères. Éric Dupond-Moretti tient une partie
00:42:44 de la solution dans ses mains. Le ministre de l'Économie
00:42:46 quelque part aussi tient
00:42:48 une partie de la solution aussi dans ses mains.
00:42:50 La solidarité doit jouer. Le social,
00:42:52 le président de la République, en fait, c'est son rôle
00:42:54 à lui de coordonner tout ça.
00:42:56 - Il est censé donner ce soir une interview au magazine
00:42:58 "Le Point" et annoncer une initiative politique.
00:43:00 On verra s'il annonce ça. Corine Tapirot,
00:43:02 vous avez 30 secondes pour le mot de la fin.
00:43:04 - Ecoutez, moi je pense que Gérald Darmanin
00:43:06 ne peut pas être à la hauteur de la tâche dans la
00:43:08 mesure où il a le nerivé sur un
00:43:10 autre objectif qui n'est pas forcément
00:43:12 celui de l'intérêt des Français
00:43:14 mais de la prochaine présidentielle.
00:43:16 Donc lui il n'y pense pas seulement en se rasant,
00:43:18 il y pense tout le temps.
00:43:20 Et ce qui me dérange un petit peu, c'est qu'alors
00:43:22 qu'il se prétend comme l'élève
00:43:24 ou le dauphin de Sarkozy,
00:43:26 il devrait retenir la phrase que Sarkozy
00:43:28 disait, "le goût de dire mais la passion
00:43:30 de faire". Et je trouve qu'il parle beaucoup
00:43:32 et qu'il fait peu et que les actions
00:43:34 qu'il propose comme
00:43:36 les CRS8, on a l'impression
00:43:38 qu'il le saupoudre comme ça
00:43:40 et il n'y a pas de
00:43:42 projet. Et ce n'est pas soutenu
00:43:44 par un objectif avec
00:43:46 un certain nombre de moyens d'accompagnement autour,
00:43:48 mettre en phase
00:43:50 les gens qui sont sur le terrain pour qu'ils
00:43:52 adhèrent à cette présence, pour qu'ils
00:43:54 collaborent éventuellement de façon différente,
00:43:56 pour qu'ils mettent autour d'une table
00:44:00 éventuellement les maires, les maires des
00:44:02 communes, pour obtenir une vision
00:44:04 d'ensemble partagée. - Merci beaucoup
00:44:06 d'être intervenu ce soir. Anne-Marie,
00:44:08 vous êtes toujours avec nous, soyez prudente
00:44:10 quand même, bon courage.
00:44:12 - Oui, merci. - On espère que ça ne tirera
00:44:14 pas chez vous ce soir en tout cas. Je rappelle que vous
00:44:16 vous appeliez au 0826 300 300
00:44:18 depuis une cité à quelques kilomètres de Marseille
00:44:20 où ça continue à tirer.
00:44:22 Merci à vous Bruno Bartocchetti, soyez prudents aussi
00:44:24 quand même, ce serait dommage. Évidemment, merci à vous
00:44:26 d'être à nouveau intervenu chez nous
00:44:28 sur Sud Radio, secrétaire national chargé de la zone sud
00:44:30 pour le syndicat Unité SGP Police
00:44:32 Force Ouvrière. Les vraies voix vont vous retrouver juste
00:44:34 après le journal de 18h et tenez-vous
00:44:36 bien, vous savez de quoi on va parler dans quelques minutes ?
00:44:38 On va parler du trafic de drogue. C'est
00:44:40 un cas d'intoxication de bébés, d'enfants de moins
00:44:42 d'un an qui ingèrent des boulettes de chit
00:44:44 laissées négligeablement par terre
00:44:46 ou sur une table par leurs parents
00:44:48 qui se retrouvent aux urgences. Ça commence à arriver.
00:44:50 On va en parler avec un pédiatre,
00:44:52 une pédiatre, juste après les infos. Eh oui !
00:44:54 Les vraies voix de l'été
00:44:56 Sud Radio, 17h-19h
00:44:58 Jean-Marie Bordry
00:45:00 Allez, soyez les bienvenus dans les vraies voix dessus
00:45:02 de l'été sur Sud Radio jusqu'à 19h
00:45:04 Vous êtes les bienvenus si vous nous rejoignez à l'instant
00:45:06 Nous sommes avec Corine Tapiro
00:45:08 conseillère d'arrondissement, présidente de l'Observatoire
00:45:10 des parents et de l'école. C'est quand la rentrée ?
00:45:12 C'est bientôt ? - C'est lundi
00:45:14 le 2 septembre
00:45:16 Exactement, c'est ça, on arrive, on arrive
00:45:18 ça approche effectivement. Nicolas Corato
00:45:20 pas de rentrée puisque pas de vacances pour Nicolas Corato
00:45:22 Non, je suis déjà rentré grâce à vous
00:45:24 Grâce à nous ! On vous fait travailler
00:45:26 sur Sud Radio, président du Think Tank
00:45:28 Place de la République. Michael Sadoun
00:45:30 revient de vacances, on peut le dire. - Oui, j'ai pris
00:45:32 caca couleur je crois, non ? - Bah écoutez, c'est tant mieux
00:45:34 en tout cas, vous avez bien fait. N'oubliez pas
00:45:36 protégez-vous, on ne s'expose pas au soleil
00:45:38 sans protection, ça peut être dangereux. Je rappelle aussi
00:45:40 à Michael Sadoun que vous êtes chroniqueur
00:45:42 et consultant, c'est important de le dire. Tiens, consultant
00:45:44 dans quel domaine ? - Consultant en communication
00:45:46 pour les entreprises. - Eh bien, on va
00:45:48 communiquer avec vous, mais pas pour les entreprises
00:45:50 justement sur Sud Radio. Au programme
00:45:52 de cette deuxième heure des vrais voileux, coup de projecteur
00:45:54 on en a beaucoup parlé, y compris
00:45:56 sur Sud Radio, mais il s'est exprimé dans
00:45:58 les médias pour s'expliquer
00:46:00 justement, dire qu'il combat l'antisémitisme
00:46:02 et que c'est un poison. On va parler
00:46:04 de Médine, invité aux universités d'été
00:46:06 des écologistes, mais aussi de la France
00:46:08 insoumise. Est-ce que la polémique
00:46:10 Médine a été
00:46:12 disproportionnée ? C'est une question qu'on va se poser
00:46:14 à 18h30, mais avant ça
00:46:16 je vous propose qu'on vienne sur cette
00:46:18 actualité invraisemblable.
00:46:20 Les vraies voix Sud Radio.
00:46:22 Alors, chers amis qui nous écoutez sur Sud Radio, si jamais
00:46:24 vous consommez de la drogue, je vous le rappelle, c'est interdit.
00:46:26 Si vous en possédez, c'est interdit.
00:46:28 Mais une fois... - Si vous en fortez aussi.
00:46:30 - C'est encore pire, mais une fois qu'on a
00:46:32 dit ça, il y a des choses qu'il ne faut absolument pas faire.
00:46:34 C'est invraisemblable, mais ça arrive.
00:46:36 Des bébés ou des enfants d'un an,
00:46:38 donc des enfants de personnes qui doivent en consommer,
00:46:40 qui ingèrent des boulettes de cannabis
00:46:42 qui devaient traîner négligeablement par terre ou sur
00:46:44 une table, ça peut avoir des conséquences
00:46:46 absolument dramatiques. C'est
00:46:48 une évidence sur la santé de ces
00:46:50 petits bouts de chou. On en parle avec notre invité
00:46:52 Brigitte Viré. Bonsoir à vous.
00:46:54 - Bonsoir. - Soyez la bienvenue
00:46:56 sur Sud Radio. Vous êtes pédiatre à Dijon,
00:46:58 présidente du syndicat national
00:47:00 des pédiatres français. J'aurais jamais pensé
00:47:02 un soir demander à une pédiatre
00:47:04 si c'était vraiment dangereux
00:47:06 de faire consommer du cannabis ou du shit
00:47:08 à son enfant, mais on va quand même
00:47:10 le faire parce que c'est une vraie information. D'abord, ça s'est passé
00:47:12 il y a trois semaines. C'est au Vigan,
00:47:14 dans le Gard, des gendarmes qui interviennent alors qu'un bébé
00:47:16 d'un an venait d'ingérer une petite boulette de résine
00:47:18 de cannabis.
00:47:20 Elle avait été, je cite,
00:47:22 "malencontreusement oubliée sur un coin de table"
00:47:24 par les jeunes parents. Bravo à Nice
00:47:26 aussi. C'est arrivé. Près de 10 cas
00:47:28 depuis le début de l'année 2023 à l'hôpital
00:47:30 pour enfants L'Enval de Nice.
00:47:32 Augmentation de ces hospitalisations
00:47:34 d'enfants de moins de 3 ans qui ont
00:47:36 avalé des morceaux de résine de cannabis.
00:47:38 Un cas notamment d'un bébé qui ne se réveillait pas.
00:47:40 C'est quoi l'effet sur la santé
00:47:42 d'un enfant en très bas âge,
00:47:44 Brigitte Viré ?
00:47:46 Eh bien, écoutez,
00:47:48 immédiatement, c'est un enfant
00:47:50 qui va être plutôt somnolent,
00:47:52 qui va
00:47:54 un petit puber, si vous voulez, qui va être un peu
00:47:56 hypotonique, et puis on ne sait
00:47:58 pas pourquoi. Donc,
00:48:00 automatiquement, il faut
00:48:02 emmener l'enfant aux urgences.
00:48:04 Et malheureusement, ou heureusement,
00:48:06 je ne sais pas, on ne pense pas d'emblée
00:48:08 au cannabis. On imagine
00:48:10 plutôt d'autres
00:48:12 affections neurologiques, si vous voulez.
00:48:14 Exactement. Mais ce qui est important aussi,
00:48:16 c'est que, bon, si jamais
00:48:18 il y a eu des boulettes
00:48:20 de résine, de cannabis
00:48:22 qui ont pu traîner dans la table de votre
00:48:24 appartement, vous êtes censé le savoir,
00:48:26 chers parents qui nous écoutez, qui êtes peut-être
00:48:28 concernés.
00:48:30 Dans ce cas-là, c'est la première question
00:48:32 que vous devez vous poser, et surtout, c'est la première chose,
00:48:34 quoi qu'il arrive, que vous devez dire,
00:48:36 j'imagine, au pédiatre ou à l'hôpital,
00:48:38 quand vous amenez votre enfant. Évidemment,
00:48:40 Brigitte. Oui, mais
00:48:42 malheureusement, ce n'est pas forcément le cas.
00:48:44 Et, effectivement,
00:48:46 il y a souvent des parents qui se testent
00:48:48 par rapport à ça, et donc c'est là
00:48:50 où le diagnostic
00:48:52 erre un petit peu avant
00:48:54 qu'on puisse comprendre qu'il s'agit de cannabis.
00:48:56 Alors, qu'est-ce qu'on fait à un petit
00:48:58 enfant de moins d'un an qui a
00:49:00 pu manger du cannabis
00:49:02 pour le remettre sur pied et le soigner ?
00:49:04 Alors, au début,
00:49:06 il faut éliminer autre chose
00:49:08 tant qu'on ne sait pas qu'il a mangé
00:49:10 du cannabis. Donc, malheureusement,
00:49:12 c'est tout ce qui est de l'ordre neurologique,
00:49:14 donc on est obligé de faire
00:49:16 un scanner, enfin, voilà.
00:49:18 Et on perd du temps avec tout ça.
00:49:20 Et on perd du temps avec tout ça.
00:49:22 Et après, c'est un enfant
00:49:24 qu'il faut simplement surveiller, il est raté,
00:49:26 mais il n'y a pas de gestes
00:49:28 particuliers à faire. - Et à surveiller,
00:49:30 en tout cas, est-ce qu'il peut y avoir des séquelles
00:49:32 graves ? - Alors,
00:49:34 sur une seule
00:49:36 ingestion, c'est, en règle
00:49:38 générale, non.
00:49:40 Il n'y a pas de dépendance
00:49:42 qu'il a s'installer sur une ingestion
00:49:44 accidentelle.
00:49:46 Et, en règle générale,
00:49:48 il n'y a pas encore de troubles
00:49:50 neurologiques, de troubles de mémoire, de choses
00:49:52 comme ça. Mais si c'est un enfant
00:49:54 qui est régulièrement au contact du cannabis,
00:49:56 oui, bien sûr, ça peut être
00:49:58 grave en termes de séquelles. - On peut
00:50:00 imaginer aussi, ce sera ma dernière question, mais c'est important
00:50:02 de la poser, et je rappelle que c'est interdit,
00:50:04 que vous n'êtes pas censé en avoir chez vous, encore moins
00:50:06 en consommer, je parle même pas d'en vendre.
00:50:08 Le fait qu'il soit amené
00:50:10 à possiblement respirer
00:50:12 des vapeurs ou des exhalations
00:50:14 qui viennent d'une personne qui en fume,
00:50:16 à côté de lui, on sait déjà que c'est pas bon pour les enfants
00:50:18 que quelqu'un fume du tabac, mais alors fumer du
00:50:20 cannabis, c'est pire ? - Oui,
00:50:22 effectivement, c'est quand même pas une bonne idée,
00:50:24 mais
00:50:26 c'est quand même pas si nocif que ça.
00:50:28 - Bon, écoutez, en tout cas,
00:50:30 c'est pas bien, quoi qu'il en soit, de le faire.
00:50:32 - Oui, pour mieux éviter. - Et on le rappelle.
00:50:34 Merci. - C'est mieux d'éviter un passage
00:50:36 en réanimation. - Exactement, mais en tout cas,
00:50:38 ce qu'on retiendra, et c'est le plus important,
00:50:40 Brigitte Virey, c'est que, au point
00:50:42 où vous en êtes, si jamais vous avez un doute
00:50:44 et que vous vous dites "c'est peut-être ça qui est arrivé à mon enfant",
00:50:46 c'est la première chose que vous êtes censé dire,
00:50:48 en tout cas, aux services hospitaliers.
00:50:50 Et surtout, ne faites pas
00:50:52 ce que vous n'êtes pas censé faire, mais si vous en êtes là,
00:50:54 au moins, faites attention à ce que les enfants ne traînent pas
00:50:56 et n'y touchent pas, quoi. Ce sera le plus important.
00:50:58 Merci, Brigitte Virey, pédiatre
00:51:00 à Dijon, présidente du
00:51:02 Syndicat national des pédiatres français.
00:51:04 Un mot sur ce qu'on vient d'entendre, parce que cette
00:51:06 actualité est réelle. C'est pas des cas si fréquents,
00:51:08 mais ça arrive. Michael Sadoun,
00:51:10 vous êtes atterré ? - Je suis un peu
00:51:12 atterré, je trouve que ça se passe un petit peu de
00:51:14 commentaires.
00:51:16 Simplement, ça montre que l'enjeu
00:51:18 du cannabis n'est pas, comme on le présente
00:51:20 souvent, qu'un enjeu
00:51:22 de société, ou économique et sociale,
00:51:24 ou sécuritaire, c'est un enjeu de santé publique.
00:51:26 Et je pense que c'est trop rarement
00:51:28 rappelé, et je pense que
00:51:30 notamment une certaine aile
00:51:32 un peu plus libérale dans le débat public
00:51:34 présente les pays qui ont légalisé
00:51:36 le cannabis, même à titre récréatif,
00:51:38 comme des pays qui sont en avance sur notre temps.
00:51:40 Moi, je considère que c'est un retard
00:51:42 grave, et que c'est une
00:51:44 non prise en considération des dangers
00:51:46 que sont les drogues.
00:51:48 - Nicolas Corrato ? - Peut-être un mot,
00:51:50 pour suivre ce que disait votre intervenante
00:51:52 sur les séparants qui n'osent pas
00:51:54 informer les services
00:51:56 de santé, les médecins, qu'ils consomment du cannabis
00:51:58 et que c'est certainement une boulette de cannabis,
00:52:00 leur rappeler qu'en France, tous
00:52:02 les médecins et les soignants sont soumis aux
00:52:04 secrets médicaux. Vous pouvez dire
00:52:06 toutes les vérités possibles à
00:52:08 des médecins, il vaut mieux les dire d'ailleurs,
00:52:10 pour les aider à faire des diagnostics le plus rapidement,
00:52:12 les médecins n'ont pas le droit, ni la capacité,
00:52:14 ni la possibilité d'en faire
00:52:16 quoi que ce soit derrière, autrement que de soigner
00:52:18 votre enfant avec le maximum d'informations.
00:52:20 - Ils ne le diront même pas à la police,
00:52:22 en tout cas, ils pourront soigner l'enfant, vous avez bien
00:52:24 fait de le rappeler, Corinne Tapiro ?
00:52:26 - Moi, je vais vous dire déjà, je ne supporte
00:52:28 plus d'entendre parler du cannabis récréatif,
00:52:30 ça m'exaspère, parce que pour moi, c'est pas récréatif,
00:52:32 là, pour le coup, c'est un véritable danger.
00:52:34 - C'est par opposition au terme "cannabis
00:52:36 thérapeutique", qui est consommé
00:52:38 par certains mélades, dans le but d'apaiser
00:52:40 leurs souffrances. - Le cannabis récréatif,
00:52:42 pour moi, ça n'est pas récréatif,
00:52:44 c'est un vrai danger de santé publique,
00:52:46 et enfin,
00:52:48 je suis quand même très inquiète
00:52:50 de voir le manque
00:52:52 de responsabilité qu'on a
00:52:54 vis-à-vis de ces tout jeunes enfants,
00:52:56 parce qu'on s'aperçoit d'abord que les accidents domestiques
00:52:58 de la vie quotidienne ont augmenté,
00:53:00 alors ils sont répertoriés,
00:53:02 il y a des fiches d'informations qui sont distribuées
00:53:04 par la CAF, par des tas d'organismes,
00:53:06 et là, les boulettes de cannabis, ça n'y était pas encore,
00:53:08 mais je pense qu'il faudrait le faire,
00:53:10 et puis, il faut qu'ils rangent leur maison.
00:53:12 - Voilà, exactement.
00:53:14 Allez, restez avec nous sur Sud Radio Coring,
00:53:16 Tapiro, Mickaël, Sado, Nicolas,
00:53:18 Corato, les vrais voix vous rappellent
00:53:20 leur coup de projecteur dans quelques minutes,
00:53:22 est-ce que la polémique autour du rappeur Medin
00:53:24 a été disproportionnée ?
00:53:26 On va en débattre, à bâton rompu,
00:53:28 mais respectueusement, évidemment, et avec vous tous,
00:53:30 tiens, aux 0826 300 300 fans
00:53:32 de Medin ou pas, tiens, pourquoi pas, venez en parler.
00:53:34 Quoi qu'il en soit, on se retrouve dans un instant,
00:53:36 autour de l'actualité, avec nos vraies voix,
00:53:38 à tout de suite sur Sud Radio.
00:53:40 - Les vraies voix de l'été Sud Radio,
00:53:42 17h-19h,
00:53:44 Jean-Marie Bordry.
00:53:46 - Les vraies voix de l'été avec Mickaël Corato,
00:53:48 avec Corinne Tapiro et...
00:53:50 J'ai dit Mickaël Corato ?
00:53:52 - C'est un combo.
00:53:54 - Vous avez fait une sorte d'hybride.
00:53:56 - C'est une hybridation.
00:53:58 - Je vous ai fusionné l'un et l'autre.
00:54:00 Bon, ça doit donner un sentri, ça, j'imagine,
00:54:02 quand on mélange les deux.
00:54:04 - J'ai créé un centriste, donc Nicolas Corato,
00:54:06 fondateur du Think Tank Place de la République,
00:54:08 Mickaël Sadoun,
00:54:10 donc vous êtes chroniqueur
00:54:12 et consultant, c'est important de le dire,
00:54:14 et Corinne Tapiro, je vous ai pas fusionné,
00:54:16 vous vous suffisez à vous-même, voilà.
00:54:18 Dites-le comme ça, fondatrice
00:54:20 de l'Observatoire des Parents et de l'École.
00:54:22 Tout de suite, c'est la rentrée.
00:54:24 - Oh, dites, je vais envoyer les actualités,
00:54:26 vous venez les voir dans la cabine.
00:54:28 - Je vais vous raconter une histoire pas banale.
00:54:30 - Et vous, vous me racontez pas votre petite journée ?
00:54:32 - On a assez perdu le temps comme ça.
00:54:34 - Le tour de table.
00:54:36 - De l'actualité.
00:54:38 - Avant la rentrée, on fait les courses,
00:54:40 notamment les courses de la rentrée,
00:54:42 et on regarde les prix, et ça coûte cher,
00:54:44 c'est ce que vous nous dites, Mickaël Sadoun.
00:54:46 L'inflation sera la star de la rentrée pour vous ?
00:54:48 - Exactement, je pense que ça fait quelques mois
00:54:50 qu'on s'est rappelé que l'inflation
00:54:52 était un indicateur déterminant de l'économie.
00:54:54 C'est marrant parce que Dominique Strauss-Kahn
00:54:56 introduisait une de ses auditions sénatoriales
00:54:58 en disant que l'économie, finalement,
00:55:00 c'est quelque chose d'assez simple
00:55:02 quand on regarde le marché du travail, etc.
00:55:04 Le seul problème, c'est quand on introduit la monnaie,
00:55:06 le concept de la monnaie, ça devient beaucoup plus compliqué.
00:55:08 On a vu que l'inflation était arfi déterminante
00:55:10 pour les taux d'intérêt,
00:55:12 la fixation des taux d'intérêt
00:55:14 par les banques centrales,
00:55:16 dont dépendent globalement tous les marchés,
00:55:18 y compris le marché de l'immobilier,
00:55:20 que c'était déterminant pour le coût du travail,
00:55:22 et donc pour l'emploi, et que surtout c'était déterminant
00:55:24 pour le pouvoir d'achat des Français,
00:55:26 et c'est ce qui va nous concentrer maintenant.
00:55:28 L'inflation en juillet 2023,
00:55:30 elle est à 4,3%,
00:55:32 sachant qu'elle bénéficie d'un effet de base
00:55:34 puisque l'année dernière,
00:55:36 elle avait déjà beaucoup augmenté.
00:55:38 Donc ça veut dire que les prix continuent d'augmenter
00:55:40 sur des prix qui avaient déjà énormément augmenté.
00:55:42 Et ce qui est plus préoccupant,
00:55:44 c'est que l'inflation sous-jacente,
00:55:46 c'est-à-dire l'inflation sans les prix volatiles
00:55:48 alimentaires et énergétiques,
00:55:50 est plus élevée que l'inflation totale.
00:55:52 Elle est à 5%.
00:55:54 Ça veut dire quoi ?
00:55:56 Que la France a importé de l'inflation
00:55:58 d'événements extérieurs,
00:56:00 ce sont des phénomènes monétaires,
00:56:02 de fixation des taux d'intérêt trop bas par la Banque centrale,
00:56:04 la guerre en Ukraine,
00:56:06 les problèmes économiques de la Chine,
00:56:08 et que maintenant,
00:56:10 ces hausses de prix
00:56:12 se sont indexées sur les salaires
00:56:14 et qu'elles se sont bien installées aujourd'hui en France,
00:56:16 dans tous les secteurs de l'économie,
00:56:18 et qu'elles vont probablement rester à plus long terme
00:56:20 que ce qu'on le pensait.
00:56:22 Je sais que certains sont assez optimistes
00:56:24 pour la correction de l'inflation,
00:56:26 notamment par la hausse des taux de la BCE,
00:56:28 mais je pense qu'elle va s'installer,
00:56:30 qu'elle va être durable,
00:56:32 et qu'en face, l'État ne va pas pouvoir faire grand-chose,
00:56:34 parce qu'en fait, il a déjà fait le bouclier tarifaire,
00:56:36 il a déjà mis en place plusieurs mécanismes
00:56:38 de protection,
00:56:40 mais on a bien vu qu'avec le budget de la rentrée
00:56:42 qui était en préparation,
00:56:44 l'État voulait faire des économies,
00:56:46 parce que le revers de l'inflation, qui sont les taux d'intérêt,
00:56:48 font peser un gros risque sur les finances publiques
00:56:50 du point de vue de la dette publique,
00:56:52 puisque notre dette publique a dépassé 3 000 milliards,
00:56:54 et que le taux d'intérêt
00:56:56 a dépassé les 3%.
00:56:58 Ça veut dire que l'État a à charge d'intérêt
00:57:00 90 milliards par an,
00:57:02 ce qui est un budget énormissime.
00:57:04 Enormissime, c'est beaucoup plus.
00:57:06 Pour donner une idée à ceux qui nous écoutent,
00:57:08 c'est 10 fois le budget de la justice.
00:57:10 Donc c'est juste énormissime.
00:57:12 Je pense que l'État ne va pas pouvoir faire grand-chose,
00:57:14 et ça indique peut-être qu'à la rentrée,
00:57:16 il y aura une crise sociale, une révolte,
00:57:18 parce que les prix vont augmenter,
00:57:20 et parce qu'on a vu que les prix énergétiques sont en train de remonter,
00:57:22 puisque le prix du baril est à 85 dollars.
00:57:24 - On serait rentré donc dans un cercle vicieux
00:57:26 auquel finalement les gouvernements ne pourraient rien ?
00:57:28 - Un petit peu.
00:57:30 C'est-à-dire que non seulement il y a ce qu'on appelle
00:57:32 la spirale prix-salaire,
00:57:34 c'est-à-dire que globalement les entreprises
00:57:36 doivent augmenter les salaires
00:57:38 des employés qui font face
00:57:40 à des hausses de prix,
00:57:42 et que ça a un effet rétroactif,
00:57:44 mais en plus il y a une spirale prix-prix,
00:57:46 où les entreprises qui voient les importations
00:57:48 d'inflation augmentent leurs marges
00:57:50 en profit, et on a vu notamment
00:57:52 dans le secteur de la distribution
00:57:54 par les grands producteurs que ça se faisait beaucoup,
00:57:56 c'est-à-dire que parfois des producteurs de chocolat
00:57:58 ou de gens qui n'avaient strictement rien à voir
00:58:00 avec la guerre en Ukraine, profitaient
00:58:02 de ces hausses d'inflation pour dire
00:58:04 "nous aussi on va augmenter nos marges",
00:58:06 et globalement les grands producteurs ont été
00:58:08 les gagnants de cette inflation dernièrement,
00:58:10 et non pas les distributeurs qu'on pointe souvent du doigt.
00:58:12 - Donc Corine Tapiero, on n'est pas sorti de l'auberge ?
00:58:14 - Non, moi je pense qu'on n'est pas sorti de l'auberge,
00:58:16 et ce qui m'inquiète plus,
00:58:18 ce que vous n'avez pas évoqué, Michael Sadoun,
00:58:20 c'est la part que consacrent
00:58:22 les ménages à la consommation,
00:58:24 et notamment la part du loyer,
00:58:26 qui a fortement augmenté.
00:58:28 Et si on regarde aujourd'hui l'attitude des bailleurs,
00:58:30 qu'ils soient sociaux ou privés,
00:58:32 qui demandent trois fois le montant du loyau en salaire,
00:58:34 autrefois c'était le taux d'endettement
00:58:36 que l'on devait avoir en cas d'acquisition d'un appartement,
00:58:38 ce qui n'est pas du tout la même chose.
00:58:40 Donc la part consacrée au loyer
00:58:42 est de plus en plus importante,
00:58:44 plus l'électricité, les fluides, etc.
00:58:46 Et je crains effectivement
00:58:48 que même si on essaye
00:58:50 de doper la croissance et l'économie
00:58:52 avec des chèques
00:58:54 n'importe quoi, des chèques des allocations,
00:58:56 quels qu'elles soient,
00:58:58 on n'arrive pas à relancer l'économie,
00:59:00 en tout cas pas la consommation, à mon avis,
00:59:02 puisque là on voit quand même qu'elle est assez en berne.
00:59:04 - Bien sûr. Nicolas ?
00:59:06 - Moi je suis conscrit complètement
00:59:08 à cette démonstration
00:59:10 très, très experte.
00:59:12 Il y a un point dont on parle moins
00:59:14 quand on parle d'inflation, c'est l'effet sur l'épargne.
00:59:16 L'inflation ça détruit
00:59:18 aussi l'épargne. Et ça aussi c'est un problème
00:59:20 non seulement économique mais politique,
00:59:22 notamment pour un président qui aura été élu
00:59:24 par des Français qui sont plutôt
00:59:26 des épargnants, en tout cas sur son électorat.
00:59:28 Parce que quand vous avez un taux d'inflation
00:59:30 à 4, 5, 6, 7, 8%,
00:59:32 et que le livret A
00:59:34 par exemple est à 3%, ben concrètement
00:59:36 les Français perdent
00:59:38 de la valeur de leur épargne.
00:59:40 On sait qu'ils y sont très sensibles, on voit
00:59:42 aujourd'hui l'effet notamment sur les contrats d'assurance-vie.
00:59:44 Donc l'inflation ça détruit le pouvoir d'achat
00:59:46 pour ceux, pour les plus démunis,
00:59:48 c'est un problème quasiment vital.
00:59:50 Mais ça détruit aussi l'épargne
00:59:52 des moins démunis d'entre eux, voire des plus aisés.
00:59:54 Donc finalement c'est un jeu
00:59:56 perdant pour une grande part de la population.
00:59:58 Et c'est vrai que le gouvernement
01:00:00 parle moins, parce que peut-être qu'il est plus
01:00:02 gêné aux entournures, de l'effet sur les épargnants
01:00:04 de l'inflation. Et d'ailleurs cet été,
01:00:06 quand même la décision politique du gouvernement de ne pas
01:00:08 monter le taux du livret A est une décision
01:00:10 politique, que je trouve une décision
01:00:12 assez étrange
01:00:14 par rapport à leur électorat. - Je suis tout à fait
01:00:16 d'accord. C'est très
01:00:18 border, parce que franchement le livret
01:00:20 A c'est le produit
01:00:22 je dirais familier
01:00:24 des Français. Bon évidemment il est plafonné,
01:00:26 évidemment l'État
01:00:28 prend part dans la fixation du taux du
01:00:30 livret A. Mais là c'est dramatique
01:00:32 de le fixer à 3%, parce que c'est une érosion
01:00:34 énorme du pouvoir d'achat à long
01:00:36 terme. Et
01:00:38 en fait l'épargne des Français doit
01:00:40 se déplacer maintenant vers des
01:00:42 autres produits d'épargne, que sont par
01:00:44 exemple les fonds en euros. Les fonds en euros qui
01:00:46 sont un peu plus risqués,
01:00:48 qui ne sont pas fixés
01:00:50 par l'État, et qui en plus
01:00:52 n'ont pas de plafond, contrairement au livret A.
01:00:54 Donc c'est en fait,
01:00:56 on réoriente l'épargne des Français
01:00:58 comme on ne devrait pas le faire à mon avis.
01:01:00 - Effectivement. Bah écoutez on va en reparler en tout cas.
01:01:02 C'est un peu inquiétant ce que vous nous dites, surtout
01:01:04 quand vous êtes d'accord. J'aime pas quand vous êtes d'accord sur
01:01:06 la mauvaise nouvelle. - C'est pas bon signe.
01:01:08 - C'est pas bon signe, effectivement. Allez rester avec nous
01:01:10 sur Sud Radio. On va débattre à nouveau
01:01:12 dans un instant, en tout cas avec Corine Tapiero,
01:01:14 Mickaël Sadoun et Nicolas Corrato.
01:01:16 On va parler à nouveau du rappeur
01:01:18 Médine, qui s'est exprimé dans les
01:01:20 colonnes de nos confrères de Paris-Normandie. Je rappelle
01:01:22 qu'il est avéré. "On me
01:01:24 qualifie d'antisémite et cela me broie."
01:01:26 C'est ce qu'il dit, effectivement. Il rappelle
01:01:28 qu'il combat l'antisémitisme et que c'est pour lui en tout cas
01:01:30 un poison. On reconnaît des erreurs
01:01:32 dans le passé. Est-ce qu'on a trop parlé de Médine
01:01:34 ou pas, finalement ? Il est toujours invité aux
01:01:36 universités d'été de la France Insoumise et des
01:01:38 écologistes. On va en parler avec vous tous
01:01:40 sur Sud Radio.
01:01:42 Les vraies voix sur Sud Radio avec Corine
01:01:44 Tapiero, fondatrice de l'Observatoire
01:01:46 des parents et de l'école. Nous sommes avec Mickaël Sadoun,
01:01:48 chroniqueur et consultant
01:01:50 et Nicolas Corrato, fondateur du
01:01:52 Think Tank Place de la République. Tout de suite,
01:01:54 on reparle de rappeur.
01:01:56 Les vraies voix Sud Radio.
01:01:58 Le code projecteur des vraies voix.
01:02:00 Eh bien, sur celui qui aurait finalement
01:02:02 peut-être aimé être un peu moins sous les projecteurs.
01:02:04 On parle du rappeur Médine, invité aux
01:02:06 universités d'été de la France Insoumise
01:02:08 et d'Europe Ecologie-Lévers.
01:02:12 Est-ce que finalement la polémique sur
01:02:14 le rappeur Médine a été disproportionnée ?
01:02:16 C'est la question qu'on va se poser. On en a déjà parlé.
01:02:18 On va en reparler, notamment avec notre
01:02:20 invité qui est avec nous, François Piquemalle. Bonsoir à vous.
01:02:22 Et bienvenue sur Sud Radio.
01:02:26 Vous êtes député France Insoumise
01:02:28 de Toulouse, dans la Haute-Garonne.
01:02:30 Vous, vous avez soutenu,
01:02:32 juste pour rappeler un petit peu le contexte,
01:02:34 l'invitation du rappeur Médine
01:02:36 à vos universités d'été qu'on appelle les Amphis.
01:02:38 Oui, tout à fait.
01:02:42 Nous on estime que c'est une personnalité
01:02:44 parmi d'autres. On en invite beaucoup
01:02:46 pour venir à nos universités d'été
01:02:48 avec laquelle on souhaite échanger
01:02:50 simplement pour ouvrir notre tête.
01:02:52 On a aussi invité des ministres.
01:02:54 Je vous interromps juste une fois,
01:02:56 mon cher François Piquemalle. Est-ce que vous êtes
01:02:58 en quitte-main libre ou alors vous êtes en haut-parleur
01:03:00 ou quelque chose comme ça ? On va essayer de trouver une solution
01:03:02 technique pour être sûr que ceux qui nous écoutent
01:03:04 arrivent à vous entendre.
01:03:06 Ou alors est-ce que vous pouvez changer de téléphone ou vous rapprocher
01:03:08 d'une fenêtre ?
01:03:10 Allo, est-ce que vous m'entendez ?
01:03:12 C'est bien mieux. Là c'est formidable, vous voyez ?
01:03:14 D'accord. On a branché votre micro.
01:03:16 Bon, je disais, est-ce que vous maintenez l'invitation ?
01:03:18 Est-ce que vous êtes pour le fait que la France Insoumise
01:03:20 maintienne son invitation à Médine pour les Amphis d'été ?
01:03:22 Bien sûr, parce
01:03:24 qu'on invite toutes les personnalités
01:03:26 avec lesquelles il nous serait intéressant
01:03:28 de discuter et d'échanger.
01:03:30 Médine en fait partie parmi d'autres
01:03:32 qu'on invite, parce qu'il y en a énormément
01:03:34 sur les questions écologiques, les questions sociales,
01:03:36 de sécurité et autres.
01:03:38 Alors justement, le rappeur Médine,
01:03:40 qui est au centre d'une polémique depuis plusieurs jours,
01:03:42 voire semaines, il a été
01:03:44 à plusieurs reprises accusé d'antisémitisme.
01:03:46 Il s'en est défendu dans le passé en disant
01:03:48 qu'il avait fait des conneries dans le passé, mais
01:03:50 qu'il avait changé, qu'il regrettait ce geste.
01:03:52 Il a été accusé d'être
01:03:54 islamiste, en tout cas proche des frères musulmans,
01:03:56 ou d'avoir fait partie d'une association, Havre de Savoir,
01:03:58 dans le passé, même s'il s'en défend
01:04:00 proche des frères musulmans.
01:04:02 Il a été accusé de beaucoup de choses, il s'exprime
01:04:04 dans les colonnes de nos confrères de Paris-Normandie
01:04:06 aujourd'hui, en disant,
01:04:08 je le cite, c'est important aussi
01:04:10 qu'on écoute ses propos, "on me traite d'antisémite, cela me
01:04:12 broie". Il affirme
01:04:14 combattre l'antisémitisme
01:04:16 et dire, il affirme que l'antisémitisme
01:04:18 est pour lui un poison.
01:04:20 Est-ce que vous le croyez, vous, François Picmal ?
01:04:22 - Moi,
01:04:24 je pense qu'il est effectivement
01:04:26 honnête dans sa démarche, qu'il a fait des
01:04:28 erreurs par le passé,
01:04:30 qui ont fait qu'un certain nombre de personnes ont pu
01:04:32 s'éloigner de lui ou lui faire la critique,
01:04:34 et qu'il a fait, à plusieurs reprises,
01:04:36 pas que maintenant, son autocritique
01:04:38 là-dessus. Donc nous, on
01:04:40 n'inviterait pas, il faut que les choses soient claires, nous,
01:04:42 la France Insoumise, nous sommes un mouvement
01:04:44 antiraciste, et qui lutte
01:04:46 contre toutes les discriminations et contre l'antisémitisme.
01:04:48 Nous n'inviterions pas
01:04:50 quelqu'un qui serait
01:04:52 antisémite ou qui tiendrait actuellement des
01:04:54 propos antisémites, et qui ne serait
01:04:56 ou qui aurait pas fait un mot d'honorable
01:04:58 sur des gestes malheureux
01:05:00 qui ont lieu. Je rappelle que l'histoire
01:05:02 de la Quesnelle, vous avez raison de le signaler,
01:05:04 c'est quelque chose que l'on
01:05:06 dénonce totalement, que
01:05:08 Médine dénonce
01:05:10 aujourd'hui, et sur lequel il a
01:05:12 un point de vue rétrospectif
01:05:14 qui est intéressant puisqu'il fait une autocritique
01:05:16 et une critique de manière générale
01:05:18 sur la question, et que c'est aujourd'hui
01:05:20 un allié, justement, contre
01:05:22 les discriminations et contre l'antisémitisme
01:05:24 avec qui on veut discuter.
01:05:26 Donc, pour toutes ces raisons,
01:05:28 il ne nous paraît pas opportun
01:05:30 de continuer à alimenter une polémique
01:05:32 qui est
01:05:34 instrumentalisée par l'extrême droite.
01:05:36 Et on pourrait,
01:05:38 je suis désolé de vous le dire, mais cet été, on a quand même
01:05:40 un député des Républicains
01:05:42 qui, lui, n'a pas fait un tweet à l'emporte-pièce comme ça,
01:05:44 qui a fait un écrit,
01:05:46 un texte, dans la tribune de la journal,
01:05:48 pour réhabiliter quelqu'un d'antisémite,
01:05:50 monsieur Barrett,
01:05:52 qui a contribué notamment aux idées
01:05:54 qui ont eu lieu lors de la Seconde Guerre mondiale
01:05:56 et à la Shoah. Nous avons aussi
01:05:58 un ministre de l'Intérieur, monsieur Narmanin,
01:06:00 qui a eu des écrits qui ont été qualifiés
01:06:02 par certains d'antisémite.
01:06:04 Est-ce qu'il y a eu autant
01:06:06 que ça, une cabale,
01:06:08 pour lui demander des comptes sur le sujet ?
01:06:10 Je ne crois pas, et je pense que ce serait peut-être
01:06:12 mieux de le faire, d'ailleurs, pour lui demander...
01:06:14 - Vous dites que, pour vous, Medin est un bouc émissaire, en quelque sorte ?
01:06:16 - Je pense qu'en tout cas, il y a
01:06:18 une instrumentalisation
01:06:20 de l'invitation de Medin
01:06:22 depuis le départ,
01:06:24 et que c'est un mauvais procès qui est fait
01:06:26 actuellement, puisqu'il est revenu
01:06:28 sur les erreurs qu'il a pu commis,
01:06:30 s'en excuser, a fait son autocritique.
01:06:32 - Alors, je le dis aussi, j'ai donné la parole à nos autres
01:06:34 vrais voix qui sont avec vous, qui vont pouvoir échanger
01:06:36 avec vous, évidemment, François Piquement,
01:06:38 c'est pour ça que vous êtes là, mais, bon, vous parlez de
01:06:40 droite, il n'y a pas que le Rassemblement National
01:06:42 qui dénonce l'invitation de Medin,
01:06:44 il y a aussi la majorité,
01:06:46 il y a même des gens de gauche, même des membres d'Europe Écologie
01:06:48 Les Verts, je prends l'exemple de Carie Madéli,
01:06:50 l'eurodéputée Europe Écologie
01:06:52 Les Verts, ce n'est pas une femme d'extrême-droite,
01:06:54 Carie Madéli, François Piquement.
01:06:56 - Non, mais il ne vous aura pas échappé que
01:06:58 moi, je ne suis pas membre d'Europe Écologie
01:07:00 Les Verts, donc je pense,
01:07:02 mais je le pense sincèrement, je pense que
01:07:04 c'est une erreur de leur part,
01:07:06 et c'est mal se renseigner sur le parcours
01:07:08 d'une personnalité. On peut être critique,
01:07:10 on peut ne pas être d'accord avec les positions
01:07:12 que prend Medin,
01:07:14 qui est un rappeur qui porte
01:07:16 un rap qu'il veut
01:07:18 engager et qui veut créer le débat.
01:07:20 Donc ça veut dire que
01:07:22 forcément ça s'attaque à des questions sensibles
01:07:24 et clivantes, on peut ne pas être d'accord
01:07:26 mais on peut l'inviter pour en parler,
01:07:28 et nous, nous n'inviterions jamais quelqu'un
01:07:30 d'antisémitisme,
01:07:32 qui est accusé d'antisémitisme,
01:07:34 et jusqu'à présent
01:07:36 Medin n'a pas été condamné,
01:07:38 ma connaissance n'a même pas été attaquée
01:07:40 pour quoi que ce soit de ce style,
01:07:42 et dans ses textes, il est très clair,
01:07:44 il qualifie l'antisémitisme de cancer,
01:07:46 et il prend position
01:07:48 à plusieurs reprises contre l'antisémitisme,
01:07:50 donc pour moi,
01:07:52 les choses sont claires, et seuls
01:07:54 ceux qui ne veulent pas voir, ne voient pas.
01:07:56 - En tout cas, c'est ce qu'il a redit aujourd'hui,
01:07:58 dans les colognes de Paris Normandie.
01:08:00 - Michael Sadoun, vous n'êtes pas convaincu du tout,
01:08:02 je vais vous demander d'enlever votre casque,
01:08:04 parce que ça vous prendra deux fois sur Sud Radio.
01:08:06 - Non, je ne suis absolument pas convaincu
01:08:08 par ce qui vient d'être dit, parce que ce n'est pas
01:08:10 un événement isolé,
01:08:12 et si vous voulez, je trouve qu'on en parle trop,
01:08:14 parce que la France a quand même d'autres problèmes à régler
01:08:16 que les invitations aux universités d'été
01:08:18 d'Europe Ecologie Les Verts,
01:08:20 mais Medin n'en est pas à son premier fait d'arme,
01:08:22 il a joué aux fléchettes
01:08:24 sur le portrait de certains élus de la République,
01:08:26 dont le maire Bernard Carayon,
01:08:28 qui avait milité pour l'interdiction
01:08:30 d'un de ses concerts à Albi,
01:08:32 il est assez proche de Tarek Ramadan,
01:08:35 par ailleurs, dans ce qui est évoqué
01:08:38 quand il dit "l'antisémitisme est un cancer",
01:08:40 c'est dans sa chanson "RERD"
01:08:42 que je ne connaissais pas, que je suis allé voir.
01:08:44 Quelle est l'histoire d'RERD ?
01:08:46 C'est l'histoire d'une femme qui se fait
01:08:48 traiter de salle juive, globalement,
01:08:50 dans un RER,
01:08:52 par des individus
01:08:54 dits d'Ymédine lui-même,
01:08:56 issus de l'immigration, donc du Maghreb
01:08:58 ou des Africains,
01:09:00 quelle est la conclusion de la chanson ?
01:09:02 La femme a menti, il n'y avait pas d'antisémitisme,
01:09:04 et en fait, la force de l'État
01:09:06 et la force de la société
01:09:08 s'est abattue sur ces jeunes
01:09:10 qui en fait n'ont rien dit,
01:09:12 cette femme était juste victime d'un chagrin d'amour
01:09:14 et elle a inventé son histoire.
01:09:16 Donc, si vous voulez, il replace ça dans une histoire
01:09:18 où l'antisémitisme, qui émane
01:09:20 des banlieues, est totalement fantasmé.
01:09:22 Ça s'inscrit évidemment dans le logiciel
01:09:24 idéologique de la France Insoumise
01:09:26 et d'une partie de la gauche d'aujourd'hui.
01:09:28 Si la France Insoumise lutte,
01:09:30 comme le dit notre interlocuteur, contre les discriminations,
01:09:32 en tout cas, ça ne s'est pas beaucoup vu,
01:09:34 parce que les mairies qui aujourd'hui
01:09:36 ont fait
01:09:38 de la cause palestinienne
01:09:40 un de leurs sujets phares,
01:09:42 sont des mairies de gauche, de banlieue parisienne,
01:09:44 et ce sont précisément les communes qui se sont
01:09:46 vidées de leurs juifs ces dernières années,
01:09:48 des communes comme Olnes-sous-Bois
01:09:50 qui contenaient des centaines de familles juives
01:09:52 et qui n'en contiennent plus que quelques dizaines aujourd'hui.
01:09:54 C'est dans ces communes, notamment,
01:09:56 qu'il y a un phénomène... - Il n'y a pas beaucoup de mairies insoumises, ceci dit.
01:09:58 - Voilà. Non, mais il y en a beaucoup des communistes
01:10:00 qui font alliance avec les insoumis
01:10:02 et qui sont présents au Conseil municipal.
01:10:04 Donc, si vous voulez,
01:10:06 moi, cette polémique, je trouve qu'elle est
01:10:08 un peu gonflée, on va passer
01:10:10 probablement à un autre sujet dans l'actualité,
01:10:12 et je trouve ça tant mieux. - On n'y passe pas, mais on va continuer en parlant.
01:10:14 Là, on débat sur Médine. - Mais sur Médine,
01:10:16 je ne concède absolument rien,
01:10:18 pas plus que sur la France Insoumise,
01:10:20 - Pour vous, ils n'auraient pas dû les inviter. - Voilà, et qui a cultivé
01:10:22 un lien bizarre avec l'antisémitisme
01:10:24 via Corbyn, etc.
01:10:26 - Alors, la réponse, dans ce cas-là...
01:10:28 Non, pas bref, parlons-en, dans ce cas-là,
01:10:30 puisque vous n'avez pas François Piquemal
01:10:32 qui va pouvoir vous répondre.
01:10:34 - Oui, non, mais j'ai écouté
01:10:36 votre propos, la chanson
01:10:38 dont vous parlez, il relate un fait divers
01:10:40 qui est réel, et il prend position
01:10:42 clairement contre l'antisémitisme. Donc, si vous voulez,
01:10:44 c'est vous qui faites une double lecture
01:10:46 qui convient, qui relève votre vision politique.
01:10:48 Et il le dit clairement
01:10:50 aujourd'hui dans les interviews, et ça,
01:10:52 vous pouvez aller les voir, et ce ne sont pas des chansons
01:10:54 qu'il a à la lutte
01:10:56 contre l'antisémitisme chevillé au corps.
01:10:58 Donc, maintenant, soit vous décidez
01:11:00 que sa parole ne vaut rien
01:11:02 et que du coup,
01:11:04 écoutez, vous faites dire aux gens
01:11:06 ce que vous voulez,
01:11:08 - C'est la parole vaut, mais ses actes comptent plus.
01:11:10 - Oui, mais ses actes,
01:11:12 il est revenu dessus, il a fait son autocritique.
01:11:14 Et je pense que si beaucoup de personnalités
01:11:16 politiques faisaient leur autocritique,
01:11:18 comme Médine a été capable de le faire,
01:11:20 le débat public s'en porterait mieux.
01:11:22 Parce que l'autocritique de M. Darmanin
01:11:24 sur la reprise des cris antisémites
01:11:26 par Napoléon Bonaparte, j'attends toujours.
01:11:28 - Ecoutez, je pense que
01:11:30 la menace pour les juifs aujourd'hui dans ce pays
01:11:32 n'est pas Gérald Darmanin.
01:11:34 - Je vous ai écouté, monsieur,
01:11:36 la manifestose pour l'extériorisme.
01:11:38 - Je vous en prie.
01:11:40 - Moi, j'attends toujours que M. Ciotti
01:11:42 fasse la critique de M. Thirio,
01:11:44 qui réhabilite Barès.
01:11:46 - Vous réhabilitez absolument pas Barès.
01:11:48 - Bien sûr que si.
01:11:50 - Vous êtes en train de nous couper
01:11:52 alors que je parle, donc ce n'est pas très respectueux.
01:11:54 - Quand vous dites des choses de vérité, je suis bien obligé.
01:11:56 - J'attends également que Mme Berger
01:11:58 ou M. Maillard
01:12:00 fassent la critique de M. Macron,
01:12:02 qui réhabilite le maréchal Pétain, ou Mora,
01:12:04 et notamment. Donc vous voyez,
01:12:06 je veux dire, chacun doit balayer
01:12:08 devant sa porte. Nous, nos valeurs,
01:12:10 elles sont claires. Elles sont contre le racisme
01:12:12 et l'antisémitisme. Jamais nous n'inviterions
01:12:14 quelqu'un qui a été condamné pour antisémitisme.
01:12:16 - Vous l'avez dit. - Et si vous pensez que c'est le cas,
01:12:18 si vous pensez que c'est le cas pour Médine,
01:12:20 eh bien pour ça, vous avez la voie judiciaire.
01:12:22 Il faut vous en emparer et la justice
01:12:24 doit trancher. Puisque, ici, ça n'a pas été
01:12:26 le cas. Donc je pense que c'est une polémique
01:12:28 qui est montée de toutes pièces depuis des mois,
01:12:30 d'ailleurs, à l'origine par l'extrême droite.
01:12:32 Des groupuscules d'extrême droite
01:12:34 ont déjà menacé de mort Médine et il y a
01:12:36 un autre groupe qui a menacé de mort Médine,
01:12:38 c'est Daech. - Effectivement.
01:12:40 - Et ça, c'est aussi une vérité. - Ben, passez-vous.
01:12:42 - Oui. Donc, je pense qu'il faudrait
01:12:44 peut-être redescendre d'un cran pour tout le monde,
01:12:46 arrêter de gonfler
01:12:48 cette polémique. - Continuons malgré tout et échangez.
01:12:50 - Mais en fait, ce que je suis d'accord avec vous,
01:12:52 c'est que les Français ont d'autres préoccupations. On a toutes
01:12:54 d'autres préoccupations. Et arrêtez de monter
01:12:56 d'un cran sur ce sujet. - Continuons
01:12:58 en tout cas à en parler calmement. On a quelques minutes.
01:13:00 - Et regardez, je pense qu'il y a quelqu'un qui a une position
01:13:02 très sage, et je finis là-dessus,
01:13:04 qui est ce que vous me parliez
01:13:06 des écologistes, le maire de Lyon,
01:13:08 M. Doucet, qui ne connaît pas Médine,
01:13:10 et chacun a le droit de ne pas connaître Médine,
01:13:12 son parcours, ses propos.
01:13:14 Avec quelque chose de sage, il va l'écouter
01:13:16 et se faire sa propre opinion. Et bien, moi,
01:13:18 j'invite tout le monde à aller lire les interviews
01:13:20 de Médine qui sont parues aujourd'hui
01:13:22 et à se faire leur propre opinion,
01:13:24 et pourquoi pas suivre les échanges qu'il va avoir
01:13:26 aux universités d'ELV et de la France insoumise.
01:13:28 - Allez, continuons à échanger
01:13:30 avec vous, François Piquement, avec aussi Nicolas Corato
01:13:32 dans un instant, et Corine Tapirot.
01:13:34 - Ben, écoutez,
01:13:36 moi, je ne suis absolument pas convaincue
01:13:38 par les propos que je viens d'entendre,
01:13:40 d'abord parce que je constate
01:13:42 que, comme à chaque fois,
01:13:44 tout est renvoyé dos à dos
01:13:46 avec une extrême droite qui existerait
01:13:48 ou qui n'existerait pas, donc je trouve ça
01:13:50 assez dommage. La victimisation
01:13:52 des auteurs de tweets
01:13:54 à connotation antisémite,
01:13:56 c'est un petit peu limite.
01:13:58 C'est très facile de faire
01:14:00 sa propre autocritique,
01:14:02 c'est très bien, il l'a fait, je voudrais savoir
01:14:04 quel geste il a fait, par exemple,
01:14:06 mais ce qui est assez amusant, c'est que
01:14:08 il regrette la quenelle, et c'est
01:14:10 assez drôle, le jeu de mots qui a été
01:14:12 fait sur le nom de Rachel Khan, qui est absolument
01:14:14 désastreux, c'est un peu
01:14:16 le même que faisait son amie
01:14:18 Dieudonné sur "Shoahananas", voyez, c'est à peu près
01:14:20 le même état d'esprit.
01:14:22 - C'est un petit peu plus explicite, le jeu de mots
01:14:24 sur "Shoahananas". - Mais là aussi, c'est explicite
01:14:26 quand même. D'un autre
01:14:28 côté, Dieudonné, qui
01:14:30 nous a fait le coup aussi de lui repentir au début
01:14:32 de l'année pour se revirer
01:14:34 de cap en fin de
01:14:36 mois de janvier.
01:14:38 Pour moi, je pense qu'on n'est pas
01:14:40 dupes de ce genre de propos,
01:14:42 et si vraiment
01:14:44 la France Insoumise veut l'inviter,
01:14:46 c'est son problème, je sais
01:14:48 pas si la France, dans son intégralité,
01:14:50 est passionnée par ce qui se passe dans ces
01:14:52 universités d'été. En tout cas, moi, je constate
01:14:54 que la France Insoumise est à l'origine d'un texte
01:14:56 dénonçant Israël comme pays d'apartheid
01:14:58 sans absolument avoir
01:15:00 aucune preuve pour étayer ça,
01:15:02 et je trouve ça proprement scandaleux. Alors moi, j'invite
01:15:04 Médine, s'il veut
01:15:06 aller au-delà d'autocritique et de faire un
01:15:08 geste en faveur de l'antisémitisme,
01:15:10 d'aller en Israël et de voir comment ça se passe
01:15:12 et de soutenir l'amitié entre les peuples.
01:15:14 - Nicolas Corrato. - Moi, je voulais dire
01:15:16 plusieurs choses. D'abord, ce sujet de Médine m'intéresse
01:15:18 absolument pas, mais comme plusieurs
01:15:20 éléments ont été portés,
01:15:22 d'abord, moi, je voudrais préciser
01:15:24 une chose, c'est qu'on peut critiquer
01:15:26 l'État d'Israël dans sa gestion,
01:15:28 y compris des territoires palestiniens
01:15:30 sans être taxé d'antisémite.
01:15:32 Et je pense que le débat
01:15:34 public aussi gagnerait en beaucoup d'apaisement
01:15:36 si on acceptait cette règle
01:15:38 de traiter l'État d'Israël comme
01:15:40 n'importe quel autre État dans le monde, même si
01:15:42 il a une histoire particulière
01:15:44 et dont on sait comment elle est née.
01:15:46 Donc, moi, là-dessus, je
01:15:48 nous invite tous à être très attentifs
01:15:50 à la manière, parce que c'est
01:15:52 aussi une manière de faire monter l'antisémitisme
01:15:54 que de refuser aussi de
01:15:56 débattre de ce qui se passe politiquement
01:15:58 en Israël. Je pense, par exemple, en ce
01:16:00 moment, à la réforme de la magistrature
01:16:02 et du système judiciaire
01:16:04 qui fait que les Israéliens descendent dans la rue.
01:16:06 Sujet qui est très peu relayé par les médias
01:16:08 français. Non, mais c'est un vrai sujet.
01:16:10 Je reviens sur... Moi, j'ai
01:16:12 une question pour le député qui est un peu longue,
01:16:14 monsieur le député, mais je vais essayer de raccourcir
01:16:16 parce que Jean-Marie est très pressée.
01:16:18 Ce qui m'étonne,
01:16:20 vous voyez, dans cette histoire de Médine,
01:16:22 je ne rentre pas dans le détail, c'est que j'ai l'impression
01:16:24 que la gauche se fait piéger
01:16:26 de la même manière qu'on se fait piéger sur la
01:16:28 laïcité. C'est-à-dire que la laïcité,
01:16:30 la loi de 1905, s'il n'y avait pas eu la gauche,
01:16:32 elle aurait jamais été votée
01:16:34 mais finalement, aujourd'hui, c'est un argument
01:16:36 qui nous est renvoyé
01:16:38 et finalement, c'est nous qui devons...
01:16:40 Je dis "nous" parce que je me situe à gauche.
01:16:42 C'est nous qui devons nous justifier
01:16:44 d'être laïcs alors que la laïcité
01:16:46 a l'idée d'en donner. De la même manière, c'est nous
01:16:48 qui avons voté la loi Guesso.
01:16:50 La loi qui pénalise
01:16:52 les opinions
01:16:54 et les prises d'expressions racistes ou antisémites.
01:16:56 Monsieur Guesso n'était
01:16:58 pas un homme de droite. - C'était un communiste.
01:17:00 - C'était un communiste et je me souviens à l'époque
01:17:02 de la position de la droite et de l'extrême droite
01:17:04 qui dénonçaient les délits d'opinion.
01:17:06 D'ailleurs, ce délit,
01:17:08 cette critique existe toujours puisque quand monsieur
01:17:10 Zemmour est
01:17:12 condamné à plusieurs reprises pour
01:17:14 un insulte racial, on nous dit que cette loi
01:17:16 est une loi qui censure
01:17:18 et qui est une loi qui entraîne le délit d'opinion.
01:17:20 Mais quand on parle de Médine,
01:17:22 il n'y a pas de difficulté, on est vraiment
01:17:24 dans le délit d'opinion. Donc moi j'ai une question,
01:17:26 est-ce que vous n'avez pas sous-estimé, et est-ce que vous ne sous-estimez pas,
01:17:28 la capacité
01:17:30 aujourd'hui
01:17:32 d'une forme de révolution copernicienne
01:17:34 où la droite reprend
01:17:36 à son compte des valeurs qui sont de gauche
01:17:38 pour les renvoyer à la gauche
01:17:40 comme autant d'armes idéologiques.
01:17:42 Est-ce que finalement, en continuant,
01:17:44 et moi je ne critique pas le fait de vous inviter
01:17:46 qui vous voulez à vos universités d'été, il y a une liberté
01:17:48 d'expression en France qui est quand même
01:17:50 limitée par la loi, mais quand même très très large,
01:17:52 quasi absolue, mais est-ce que vous ne
01:17:54 croyez pas que politiquement, vous sous-estimez
01:17:56 le camp d'en face
01:17:58 dans sa capacité à vous renvoyer systématiquement
01:18:00 finalement les valeurs
01:18:02 que nous avons créées, que nous avons forgées ?
01:18:04 - La réponse, le mot de la fin, François Picman.
01:18:06 - Je vous remercie
01:18:08 pour cette question qui est une très bonne question
01:18:10 et effectivement il y a une inversion des valeurs
01:18:12 mais il y a aussi une inversion
01:18:14 de la recherche des faits. Parce que
01:18:16 quand vous parlez de la loi Guesso et du fait que
01:18:18 M. Zemmour est condamné, il est condamné par la justice.
01:18:20 - Oui, bien sûr. - Donc la justice
01:18:22 est saisie, elle s'empare d'un sujet,
01:18:24 elle regarde les faits et elle condamne
01:18:26 en fonction des faits qui lui sont présentés.
01:18:28 Pour Médine, vous n'avez à aucun moment
01:18:30 la justice qui est saisie. Donc c'est
01:18:32 chacun dit bien la version qu'il veut
01:18:34 et il lit bien ce qu'il veut. Donc c'est pour ça que moi
01:18:36 j'appelle celles et ceux qui disent
01:18:38 qu'il est antisémite à se saisir de la justice
01:18:40 et qu'ils aillent devant la justice prouver
01:18:42 ces faits-là. Ce n'est pas le cas aujourd'hui
01:18:44 parce qu'il n'y a rien. Donc c'est
01:18:46 une problématique aussi
01:18:48 d'honnêteté intellectuelle
01:18:50 qui a tendance à se perdre. Et juste pour répondre
01:18:52 à Madame sur la question israélienne,
01:18:54 moi je suis fortement du côté
01:18:56 du peuple israélien qui manifeste en ce moment
01:18:58 contre le pouvoir en place.
01:19:00 Et la loi qui a été proposée
01:19:02 ce n'est pas par nous, il faut être factuel
01:19:04 puisque ça c'est important
01:19:06 d'être factuel. C'est le parti communiste
01:19:08 qui l'a proposé Madame, ce n'est pas la France insoumise.
01:19:10 Donc c'est bien de se
01:19:12 renseigner. Et sur le terme d'Apartheid
01:19:14 ce n'est pas nous qui l'employons en premier
01:19:16 c'est les ONG dans Amnesty International
01:19:18 et je ne pense pas que vous remettez en cause le travail
01:19:20 d'Amnesty International, du moins je l'espère.
01:19:22 Donc je pense qu'il y a vraiment
01:19:24 un souci d'honnêteté intellectuelle à avoir.
01:19:26 C'est pour ça que moi j'invite les gens à se
01:19:28 renseigner, à surfer,
01:19:30 à voir ce qui est vrai, ce qui n'est pas vrai, à se faire leur propre
01:19:32 opinion, plutôt que de partir des
01:19:34 "on dit sur chacun". Sinon on peut très vite faire
01:19:36 des raccourcis sur les parcours
01:19:38 des uns et des autres de tel ou tel artiste.
01:19:40 Moi je pourrais vous dire que Michel Sardou
01:19:42 a eu des chansons sexistes,
01:19:44 colonialistes et racistes, et en faire
01:19:46 quelque chose de définitif, peut-être a-t-il évolué
01:19:48 je l'espère, et regarder
01:19:50 un petit peu ce qui est.
01:19:52 - Sachez qu'on a parlé des deux chanteurs, en tout cas en deux semaines,
01:19:54 sur Sud Radio, donc il n'y a pas eu de deux poids, deux mesures,
01:19:56 je vous promets. - Invitez Michel Sardou,
01:19:58 Monsieur le député. - Ecoutez,
01:20:00 c'est une idée, pourquoi pas.
01:20:02 - Pourquoi pas ? Attendez, vous invitez
01:20:04 Michel Sardou ?
01:20:06 - Non, non, mais c'est pas moi qui fais les invitations,
01:20:08 mais vous savez,
01:20:10 on n'a aucun problème à parler avec des gens
01:20:12 qui ne sont pas de notre bord politique, on l'a fait l'année
01:20:14 dernière, Rachida Dati est invitée,
01:20:16 on a invité aussi des ministres
01:20:18 cette année qui ont tous décliné l'invitation,
01:20:20 et c'est dommage, parce que je pense que dans le cadre
01:20:22 républicain, c'est bien d'avoir des gens
01:20:24 avec qui on est en contradiction, justement,
01:20:26 pour faire du débat, et que chacun puisse
01:20:28 échanger ses idées correctement.
01:20:30 - Michel Sardou. - Alors d'abord, sur l'inversion politique,
01:20:32 je suis absolument pas d'accord avec ce qui a été dit,
01:20:34 - C'est pour ça que je vous en donne la parole,
01:20:36 puisque l'on est héritier des hommes politiques,
01:20:38 même les plus illustres du passé, que par les idées,
01:20:40 et pas parce qu'on appartient à un parti,
01:20:42 donc pour être l'héritier de Buisson, ou même de Jaurès,
01:20:44 qui d'ailleurs a eu sa part d'antisémitisme par le passé,
01:20:46 il faut lire leur discours
01:20:48 et adhérer à des idées, non pas adhérer à un parti,
01:20:50 ça on s'en fiche, par ailleurs, je voudrais
01:20:52 dire que la même révolution a lieu dans le sens inverse,
01:20:54 puisque la loi Veil
01:20:56 pour l'avortement,
01:20:58 ou la loi Neuvire
01:21:00 pour la contraception, est aujourd'hui
01:21:02 revendiquée par la gauche, alors que
01:21:04 les deux ont été faits par des gouvernements de droite.
01:21:06 - Elle avait été votée aussi par des majorités,
01:21:08 notamment de gauche.
01:21:10 - Oui, non, pas du tout, elle a été poussée par Giscard d'Estaing,
01:21:12 - Je vous remonte, Giselle Bobini,
01:21:14 - Qui a demandé à Simone Veil,
01:21:16 - Vous n'avez pas de droite.
01:21:18 - C'est Giscard d'Estaing qui a demandé à Simone Veil de la porter.
01:21:20 - C'est tout à fait vrai ce que vous dites.
01:21:22 - Ensuite, sur la question israélienne, on peut évidemment avoir
01:21:24 n'importe quelle position,
01:21:26 mais je m'étonne de voir des gens qui ne s'engagent
01:21:28 jamais sur aucun sujet international,
01:21:30 que ce soit le Kivu,
01:21:32 l'Afghanistan, le Mali ou autre,
01:21:34 et qui soudainement se découvrent une passion pour la diplomatie
01:21:36 quand ça concerne le seul pays juif du monde,
01:21:38 dans lequel les citoyens peuvent vivre
01:21:40 libre de confession
01:21:42 et d'aller devenir, et d'expression,
01:21:44 on le voit en ce moment avec les manifestations qui ont lieu dans la rue.
01:21:46 - Effectivement. Bon, écoutez,
01:21:48 vous aurez eu votre réponse. Merci à François Piquemal
01:21:50 d'être intervenu ce soir sur Sud Radio.
01:21:52 - Merci à vous, et voilà,
01:21:54 je vous invite tout le monde à faire preuve
01:21:56 d'esprit critique et d'aller
01:21:58 se renseigner au-delà des discours
01:22:00 médiatiques entendus.
01:22:02 - Bon, écoutez, en tout cas, on peut toujours aussi échanger sur les médias,
01:22:04 c'est ce que vous avez essayé de faire, et ça ne vous a pas fait jamais faire de mal.
01:22:06 D'échanger. Bonnes universités l'été,
01:22:08 si j'ose dire, François Piquemal, député insoumis
01:22:10 de la Haute-Garonne
01:22:12 à Toulouse. Vous allez rester avec nous sur Sud Radio,
01:22:14 on va se détendre un petit peu.
01:22:16 Il fallait évidemment qu'on parle du conflit israélo-palestinien.
01:22:18 Il fallait évidemment qu'on en parle.
01:22:20 Alors dans un instant, on va faire la fête,
01:22:22 on va parler de choses pacifiques.
01:22:24 Un conseil de sortie tous les soirs, c'est sur Sud Radio.
01:22:26 A tout de suite.
01:22:28 - Les vraies voix de l'été Sud Radio
01:22:30 17h-19h, Jean-Marie Bordry.
01:22:32 - Les vraies voix de l'été sur Sud Radio
01:22:34 qui continuent à débattre avec
01:22:36 Corinne Tapiro, Mickaël Sadoun, qui est contente
01:22:38 de son dernier mot d'esprit que les auditeurs
01:22:40 n'auront pas entendu mais qu'ils n'entendront plus
01:22:42 puisqu'on n'a plus le temps. Nicolas Corrato est toujours
01:22:44 avec nous. Allez, tout de suite, on se détend, comme chaque soir
01:22:46 sur Sud Radio. On visite un endroit magnifique,
01:22:48 on part à Pignan, dans les Roses.
01:22:50 Retrouvez tout de suite notre
01:22:52 dernière invitée sur Sud Radio,
01:22:54 qu'on va retrouver avec plaisir.
01:22:56 On est avec Michèle.
01:22:58 Bonsoir à vous. - Bonjour à tous.
01:23:00 - Soyez la bienvenue
01:23:02 sur Sud Radio. Michèle Cassard, vous êtes la maire
01:23:04 de la ville de Pignan, dans les Roses.
01:23:06 Vous proposez des marchés nocturnes.
01:23:08 Qu'est-ce qui se passe au marché nocturne
01:23:10 de Pignan, dites-nous ?
01:23:12 - Alors, il se passe... C'est particulier.
01:23:14 Ça fait un peu plus de 10 ans qu'on a
01:23:16 créé ces fameux marchés nocturnes dans
01:23:18 d'autres beaux parcs de Pignan.
01:23:20 Parc du Château, c'est vrai qu'on a un site remarquable.
01:23:22 Donc, à l'ombre des platanes,
01:23:24 quand il fait avec ces chaleurs que nous connaissons
01:23:26 actuellement, c'est bien agréable le soir
01:23:28 de pouvoir se retrouver, donc de 18h à 23h,
01:23:30 tous les lundis de juillet
01:23:32 et août.
01:23:34 Vous avez une partie
01:23:36 avec les ambulants alimentaires.
01:23:38 Il y a une animation musicale, bien sûr,
01:23:40 puisque de 18h à 23h, il faut que les gens
01:23:42 passent du bon temps, on va dire,
01:23:44 s'amusent. Il y a une partie artisanat,
01:23:46 une partie village et vignerons,
01:23:48 donc avec tous les vignerons du secteur.
01:23:50 Et ensuite,
01:23:52 il y a un genre de petit marché
01:23:54 au puce. Donc, on attire
01:23:56 énormément de monde. C'est vrai que c'est un marché
01:23:58 qui est privé.
01:24:00 Il y a à peu près entre
01:24:02 1 500 et 2 000 personnes
01:24:04 chaque lundi. - Ah oui ? - Oui, oui.
01:24:06 C'est énorme. - C'est quand même important.
01:24:08 - Et quand on me demande d'où vient
01:24:10 l'enthousiasme des personnes qui participent
01:24:12 à ces marchés, je ne sais pas
01:24:14 l'expliquer. C'est convivial,
01:24:16 c'est familial, c'est un mouvement de partage.
01:24:18 - C'est quoi la proportion entre les touristes ?
01:24:20 Parce que vous êtes quand même dans les Roses en ce moment,
01:24:22 et on vous souhaite d'en avoir quelques-uns
01:24:24 dans un aussi bel endroit, entre les touristes
01:24:26 et les habitants du coin.
01:24:28 - C'est beaucoup les habitants du coin,
01:24:30 voire du coin assez éloigné
01:24:32 du département, bien sûr. Il y en a qui viennent
01:24:34 de Lunel, il y en a qui viennent d'Agnan.
01:24:36 Et ces personnes-là,
01:24:38 c'est vrai qu'ils nous disent avoir fait
01:24:40 beaucoup de... avoir
01:24:42 participé à de nombreux marchés nocturnes,
01:24:44 mais n'ont pas retrouvé cette ambiance
01:24:46 qu'il y a à Pignon. Et c'est pour ça que j'invite souvent
01:24:48 les gens à venir, parce qu'on ne sait pas
01:24:50 l'expliquer, on est bien. C'est vrai qu'à partir du
01:24:52 moment où on met le pied dans ce parc
01:24:54 du château, à 18h,
01:24:56 l'animation commence, et
01:24:58 les gens se retrouvent, et je vous dis,
01:25:00 les gens se parlent entre eux, et c'est
01:25:02 ça, cette proximité que l'on recherche
01:25:04 ici à Pignon, et c'est ce qu'on a su créer.
01:25:06 Alors, il faut dire, la part de
01:25:08 touristes qui viennent,
01:25:10 c'est difficile, mais
01:25:12 il y a beaucoup d'habitués qui reviennent,
01:25:14 et malheureusement, on manque de places assises,
01:25:16 donc il y a même des personnes qui amènent
01:25:18 leur table et leur chaise
01:25:20 de chez eux. - C'est formidable !
01:25:22 - Ah oui, non mais, c'est formidable.
01:25:24 Franchement, il y a une ambiance, et
01:25:26 on a eu deux reportages
01:25:28 de TF1 et FR3, et
01:25:30 quand on me posait des questions, je leur ai
01:25:32 répondu par téléphone. Il faut venir sur
01:25:34 place. - Eh bien, on arrive, vous savez quoi ?
01:25:36 Michel Kassar, on va essayer de passer
01:25:38 un jour, lundi prochain, pourquoi pas.
01:25:40 Peut-être pas tout de suite, mais on va essayer. - C'est le dernier.
01:25:42 - Ecoutez, on va essayer. - Le lundi prochain, c'est le dernier.
01:25:44 - Le Sud Radio encourage tous ceux qui l'écoutent
01:25:46 en ce moment à passer du côté
01:25:48 de Pignan, lundi soir, pour les marchés nocturnes.
01:25:50 Merci beaucoup, Michel Kassar.
01:25:52 On était en train de débattre avant vous, on était
01:25:54 même en train de s'engueuler sur le conflit israélo-palestinien,
01:25:56 vous voyez ? Il fallait bien que vous arriviez avec
01:25:58 votre pacifisme et votre enthousiasme.
01:26:00 Vous faites du bien, en tout cas.
01:26:02 Merci à vous. - Ecoutez, je vous invite à venir la nuit prochaine.
01:26:04 - On essaiera, en tout cas. Merci beaucoup,
01:26:06 maire de Pignan, dans l'héros.
01:26:08 Merci à vous, les trois vrais voix, d'être
01:26:10 intervenues ce soir sur Sud Radio. - Merci, merci.
01:26:12 - Merci à Benito Morato, Corinne Tapiro.
01:26:14 Et Michel, ça donne la suite de votre soirée
01:26:16 avant le retour des vrais voix demain à 17h.
01:26:18 Les routes de l'été avec Gérard Clun,
01:26:20 dans une principauté, c'est dans le Béarn,
01:26:22 la principauté de l'As.
01:26:24 Vous allez voir, ce sont des gens très originaux.
01:26:26 Ils ont même transformé une église romane en
01:26:28 Cap-Barré. Oui, oui. A tout de suite.