00:00 Romain, ce week-end, Elisabeth Borne a donc eu une idée géniale.
00:03 Pour rendre du pouvoir d'achat aux Français,
00:05 elle va autoriser les distributeurs de carburant à vendre à perte.
00:09 Olivier Véran, jamais à court de fausses promesses,
00:12 parle de ristournes pouvant aller jusqu'à 50 centimes par litre.
00:16 50 centimes de moins par litre.
00:18 C'est absolument énorme.
00:20 Le degré de démagogie et d'improvisation aussi,
00:23 car premier problème,
00:25 et ce n'est pas le plus grave, on y vient dans un instant,
00:27 mais la vente à perte, c'est illégal en France,
00:30 hormis les périodes de solde.
00:32 Il faut un projet de loi,
00:34 et la mesure ne verra pas le jour avant décembre.
00:36 Avant début décembre, c'est ce qu'a dit Bruno Le Maire.
00:39 La mesure qui ne verra pas le jour du tout,
00:42 puisque tous les grands distributeurs ne veulent pas vendre à perte.
00:45 C'est un festival, ça pourrait être drôle,
00:48 si ce n'était pas pathétique.
00:50 Ils ont tous dit non.
00:51 Total, Carrefour, Leclerc, Intermarché, System U,
00:55 personne ne les a appelés avant de proposer une telle mesure.
00:58 Eux qui passent énormément de temps, tout le monde le sait, à Bercy.
01:02 C'est un sacré camouflet, car ces grands groupes
01:04 pèsent plus de 70 % du marché de la grande distribution alimentaire en France.
01:09 Donc s'ils vendaient à perte leur carburant, ils auraient fait quoi ?
01:11 Ils auraient augmenté le prix des pâtes.
01:14 Un étudiant en première année d'économie comprend que personne
01:16 ne peut vendre à perte, c'est évidemment pas viable.
01:19 Et quand vous êtes un pompiste indépendant,
01:21 vous préférez fermer, au moins vous ne perdrez pas d'argent.
01:24 Vous savez que Bruno Le Maire a un surnom dans l'opposition.
01:27 L'opposition, le surnom Bruno Demande,
01:28 parce qu'il passe son temps à demander des choses aux grands groupes, etc.
01:31 Et il préfère, c'est ce qu'il a dit en interview sur une chaîne concurrente hier,
01:34 il préfère Bruno Obtien.
01:35 Il aimerait qu'on l'appelle Bruno Obtien.
01:36 C'est ce qu'il dit lui.
01:37 Bruno, non, on n'a pas obtenu.
01:39 Pour l'instant, oui, effectivement.
01:40 Pour l'instant, et on peut même parier sur les jours et les semaines à venir,
01:43 il n'y aura pas de vente à perte chez les grands distributeurs.
01:46 Et Thierry Cotillard, le patron d'Intermarché, qui dit
01:49 que si on vend à perte l'essence, on va augmenter le prix des pâtes.
01:52 Bon, personne ne travaille à perte, à part l'État.
01:56 On le voit avec nos 3 000 milliards d'euros de dettes.
01:58 L'autre solution serait-il de baisser les taxes ?
02:00 -Voilà, vous l'avez dit, sauf que 3 000 milliards de dettes,
02:03 donc c'est compliqué.
02:04 C'est pour ça qu'il fallait trouver une annonce rapide à faire.
02:06 Donc ils se sont dit "Qu'est-ce qu'on peut trouver ?"
02:08 Ça gronde dans le pays.
02:09 Fabien Roussel dit qu'il faut envahir les préfectures, le leader communiste.
02:12 Comment on peut faire sans que ça nous coûte un centime ?
02:14 Et voilà le résultat.
02:15 Mais même dans la majorité,
02:17 les désaccords commencent à se montrer,
02:18 puisque le député Modem, Richard Ramos,
02:21 qui n'en est pas à sa première fronde d'ailleurs,
02:22 au moment de la réforme des retraites,
02:24 il s'était montré aussi, comment dirais-je, libre dans son ton de parole,
02:27 estime que l'État vient de prendre 2 milliards
02:29 dans la poche des Français
02:30 avec les taxes sur l'énergie, c'était la chronique de l'OMIC,
02:33 et qu'il faut leur rendre en baissant les taxes
02:35 quand les prix de l'essence sont trop hauts.
02:37 Il dit être soutenu par François Bérou
02:39 et plusieurs députés de son groupe.
02:40 Le sujet devient même donc explosif au sein de la majorité.
02:44 -Merde.
02:45 ♪ ♪ ♪
02:48 [SILENCE]
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