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  • il y a 3 ans
Xavier Bertrand, le président LR des Hauts-de-France, revient sur l’assassinat d’un professeur à Arras : «Il était important que le président de la République puisse prendre du temps avec les familles et avec l’ensemble de la communauté éducative».

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Transcription
00:00 qui a été la première personne qu'a croisé l'assassin,
00:07 et donc qui a péri de ses blessures.
00:10 Il y a deux autres blessés, il y en a un qui avait son pronostic vital engagé,
00:15 qui travaille pour le conseil régional,
00:17 et qui courageusement s'était interposé pour protéger un de ses collègues,
00:21 et au moment où je vous parle, j'ai eu son fils au téléphone,
00:24 ces jours ne sont plus en danger.
00:26 D'après ce que me dit son fils, et d'après ce que disent également
00:29 les médecins.
00:31 Donc les deux blessés n'ont pas du tout leur pronostic vital engagé
00:34 au moment où on parle.
00:36 Il y a énormément d'émotions, énormément d'émotions.
00:39 On a passé beaucoup de temps, sans gêner la cellule psychologique,
00:43 mais pour voir à la fois des agents, des professeurs, des jeunes,
00:47 leur famille, qui justement voulaient parler, ce qu'ils avaient ressenti.
00:51 Certains avaient eu ce professeur dans leur classe,
00:55 d'autres ont été profondément choqués.
00:58 Aujourd'hui, le plus important, c'est cette émotion.
01:01 Une émotion très lourde.
01:03 Très lourde.
01:05 - Un hommage ?
01:07 - Oui, bien sûr, mais c'est pour après.
01:09 Vous savez, au moment où on parle, il y a des parents qui sont soulagés
01:12 parce qu'aucun lycéen, aucun collégien n'a été blessé.
01:15 Il y a ces deux blessés pour lesquels les familles sont contentes
01:20 de voir que les jours ne sont plus en danger,
01:23 et puis il y a une famille qui est dans la douleur.
01:25 - Le lycée va rouvrir de mal ?
01:27 - Le lycée va rouvrir de mal.
01:29 Le proviseur qui est formidable, qui est exemplaire,
01:31 je ne sais pas comment il tient,
01:33 le proviseur a décidé de rouvrir de mal.
01:36 Les professeurs qu'il souhaiteront viendront,
01:39 les élèves qu'il souhaiteront viendront, comme lundi.
01:42 Lundi, ce sera également rouvert.
01:44 Est-ce que les cours se dérouleront normalement ?
01:46 Il verra. On organisera les choses en fonction.
01:49 Mais en attendant, une chose est certaine,
01:52 le lycée, le collège seront bel et bien ouverts dès demain matin
01:55 parce qu'il y a des cours le samedi matin,
01:57 et ils seront ouverts également lundi matin.
01:59 - Monsieur Lartrand, on est en direct sur BFM TV,
02:01 quel est le message que vous avez adressé au président de la République
02:04 tout à l'heure lorsque vous l'avez rencontré ?
02:06 - La première des choses, c'est l'émotion.
02:09 C'est à la fois un lycée, quelques jours avant
02:12 le terrible anniversaire de l'assassinat de Samuel Paty,
02:16 c'est un établissement, on ne sait pas plus aujourd'hui,
02:19 on sait bien évidemment qu'il est un terroriste islamique,
02:22 on le sait, on sait qu'il était fiché S,
02:24 on sait aussi qu'hier encore, il a été vu par la police,
02:29 tout ça on le sait, mais aujourd'hui, le plus important,
02:32 pour toute la communauté éducative, pour les gendarmes,
02:35 c'est de l'émotion par rapport à un attentat terroriste
02:40 et qui a fait une victime.
02:42 C'est ça aujourd'hui le plus important.
02:44 Je crois qu'il était important que le président de la République
02:46 vienne, prenne aussi du temps avec les familles,
02:49 avec l'ensemble de la communauté éducative,
02:53 ça c'est le temps d'aujourd'hui.
02:55 Monsieur Bertrand, quel dispositif de sécurité allez-vous mettre
02:58 en place dans les établissements scolaires de votre région ?
03:00 Ça, ça s'est produit à l'extérieur de l'établissement.
03:03 L'assassinat a eu lieu à l'extérieur de l'établissement.
03:07 Et c'est ce que m'a dit l'une des personnes qui travaille ici,
03:10 elle me dit mais, est-ce qu'on est vraiment en danger partout maintenant ?
03:15 C'est ça la question.
03:16 Ça c'est les questions qui doivent avoir des réponses,
03:18 mais si je peux me permettre, demain.
03:20 Aujourd'hui c'est pas ça.
03:21 Aujourd'hui, vous le savez bien, il y a un dispositif
03:23 qui a permis d'alerter aussitôt.
03:25 Franchement, les policiers sont intervenus très vite.
03:27 Si les policiers n'étaient pas intervenus aussi vite,
03:30 il n'y aurait pas ce soir une disparition.
03:32 Il y en aurait beaucoup d'autres.
03:34 Beaucoup d'autres.
03:35 Ils sont intervenus de façon remarquable,
03:36 ce qui est un dispositif d'alerte qui en plus a permis aussi
03:39 à chacun de se protéger, de rester dans les classes.
03:41 Ça c'est une chose.
03:43 Mais ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, on le voit bien,
03:47 les forces de l'ordre ont été vraiment exemplaires,
03:50 comme les pompiers qui sont intervenus.
03:52 Parce que si la personne qui était en urgence absolue ce matin
03:56 n'est pas décédée, c'est parce qu'elle a été stabilisée sur place
03:59 et ensuite stabilisée à l'hôpital d'Arras.
04:01 Eux aussi ont fait un travail remarquable.
04:03 Mais s'il n'empêche que malgré le travail remarquable
04:05 des uns et des autres, il y a une famille qui ce soir est endeuillée.
04:08 Il y a un drame, il y a un attentat terroriste de plus,
04:10 un attentat terroriste de trop.
04:12 Et des enfants choqués, est-ce que la cellule psychologique
04:14 va être prolongée ?
04:15 Bien sûr, bien sûr.
04:17 La cellule est prolongée pendant tout le week-end
04:20 et elle le sera également pendant la semaine.
04:22 Parce que ce qui est important dans ces cas-là,
04:24 c'est de pouvoir parler, c'est de se libérer de ce point intérieur,
04:27 de se libérer de ce qu'on a vu.
04:29 Et même si certains hésitent un peu, il faut vraiment le faire.
04:32 De parler à sa famille, de parler à ses proches,
04:34 de parler à cette cellule.
04:36 Ils ont tout le savoir-faire, il y a beaucoup de médecins
04:38 qui sont là, beaucoup de psychologues qui sont là
04:40 justement pour les aider à soulager ce qu'ils ont connu,
04:43 ce qu'ils ont vu pour certains.
04:45 Ils ont même parlé des réseaux sociaux
04:47 où une vidéo a circulé aussitôt.
04:49 Mais pour l'instant, en ce moment, c'est le temps de l'émotion.
04:52 Mais il y a aussi personne qui m'a dit
04:56 qu'il faut que ça s'arrête tout ça.
04:59 Il faut des solutions.
05:01 Il faut des actes, pas des paroles, il faut des actes.
05:03 ♪ ♪ ♪
05:06 [SILENCE]

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