- il y a 3 ans
Les Vraies Voix avec Philippe Bilger, Sophie Gaugain, Christine Leconte et Guillaume Vuilletet, député Renaissance du Val d’Oise
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NewsTranscription
00:00 Effectivement nous sommes en direct du salon des maires à Porte de Versailles avec Philippe David.
00:05 Ça va mon Philippe ?
00:06 Ça va très bien.
00:07 C'est passionnant cette émission.
00:08 C'est passionnant oui.
00:09 Absolument.
00:09 On est en excellente compagnie.
00:10 Ah oui ?
00:11 Oui.
00:11 On est très bien accueilli par les architectes.
00:13 La présidente est extrêmement sympathique.
00:15 Elle a des biscuits qui méritent vraiment le déplacement.
00:17 Entre autres.
00:17 Entre autres.
00:18 Merci, merci.
00:19 Mais parlez plutôt du stand que des biscuits.
00:22 Les biscuits ça attire du monde vous savez.
00:25 Oui.
00:25 On va en parler des actions avec vous.
00:27 Philippe Bilger est avec nous, président de l'Institut de la Parole.
00:30 Sophie Gauguin, vice-présidente de la région Normandie et maire de Dosulé.
00:33 Et Christine Lecomte que vous venez d'entendre, présidente de l'Ordre des Architectes.
00:37 Tout de suite, le coup de projecteur des vraies voies.
00:39 Et le ministre du Logement, Patrice Vergrette, a présenté hier les conclusions d'un rapport
00:49 de Mathieu Annotin qui est maire PS Saint-Denis et Michel Lutz, maire LR de Mulhouse
00:54 qui vise à renforcer la lutte contre l'habitat indigne qui représente 500 000 logements en France.
01:00 Les rapporteurs veulent pouvoir trouver une solution assez radicale.
01:03 L'expropriation des propriétaires de logements considérés comme indignes, Philippe.
01:07 Oui, 500 000 logements indignes en métropole et 100 000 en outre-mer d'après la fondation à Bépierre.
01:14 Alors on se pose cette question.
01:15 Est-ce qu'on peut décemment raser des appartements ou des maisons indignes
01:20 alors qu'il y a déjà une crise du logement et que beaucoup de gens,
01:23 vous me passerez l'expression un peu triviale, galèrent pour arriver à se loger ?
01:27 Est-ce que pour vous, il va falloir obliger les propriétaires à mettre les logements à niveau
01:34 pour pouvoir les relouer, mais c'est déjà en partie le cas ?
01:36 Faut-il exproprier les propriétaires d'habitats indignes ?
01:39 Vous dites non à 59% sur Twitter.
01:42 Et notre invitée pour en parler, Guillaume Hult, est avec nous, député Renaissance du Val-de-Zoie de l'Oise.
01:47 Bonsoir, merci d'être avec nous.
01:49 Bonsoir.
01:50 Tour de table d'abord des vrais voix avec vous, Christine Lecompte,
01:54 déjà sur ces logements aujourd'hui indignes, il n'y a pas d'autre mot en fait.
02:00 Il y a un vrai constat.
02:01 420 000 logements en métropole et 100 000 en outre-mer,
02:05 et on les oublie souvent, mais il y a des vrais besoins en outre-mer.
02:08 Et ces logements indignes, c'est souvent parce qu'ils n'ont pas été assez entretenus.
02:12 Et aujourd'hui, l'enjeu, c'est vraiment de donner les outils
02:15 pour pouvoir mieux réhabiliter, mieux rénover,
02:17 et accompagner les copropriétés qui sont dégradées.
02:20 Et c'est ça qui se joue en ce moment, et c'est essentiel par rapport à cette politique du logement.
02:25 Sophie Gauguin, vous qui êtes maire et vice-présidente de région, pardon.
02:29 Oui, je pense qu'il faut accompagner les propriétaires,
02:32 parce que le fait de ne pas rénover, c'est souvent un problème de...
02:37 pour beaucoup d'entre eux, je parle de ce que je connais, les petits logements,
02:41 c'est un problème de connaissance des aides,
02:43 de la complexité du système pour pouvoir y accéder.
02:47 Et puis après, je pense qu'il faut rentrer dans des phases de médiation aussi,
02:51 où le maire peut inciter, inviter à prendre ses responsabilités
02:57 quand la situation est trop dégradée.
02:59 Philippe Bilger.
03:00 Pardon de faire le propos du vieux magistrat,
03:05 comme il y a des vieux combattants...
03:07 Pas vieux, ancien magistrat, mais pas vieux.
03:09 Oui, mais parfois, vous m'avez renvoyé dans les siècles précédents.
03:13 Mais sérieusement, j'ai connu dans mon premier poste à l'instruction
03:18 une affaire qui m'avait passionné, parce que je voyais une personne âgée
03:23 qui, en effet, vivait dans un logement objectivement indigne,
03:29 mais qui lui était très attachée et qui ne voulait pas être expropriée.
03:33 Ça a été un drame pour elle, une véritable tragédie,
03:37 et je peux comprendre l'intérêt de votre sujet, évidemment,
03:42 et le fait que ça n'est pas simple de trancher entre l'obligation
03:47 d'éradiquer les logements indignes et parfois de respecter
03:52 des désirs qui nous paraissent sauvrenus,
03:55 mais qui sont profondément ancrés sur les gens.
03:58 Guillaume Hulte est avec nous, député Renaissance du Val-d'Oise.
04:01 Déjà, pour qu'on comprenne bien et qu'on encadre bien ce mot,
04:04 que veut dire un logement indigne ?
04:06 C'est bien, c'est bien.
04:07 Un des sujets, c'est que quand on parle de logement indigne,
04:09 il y a plein de définitions qui se juxtaposent.
04:11 Je m'en vais d'ailleurs, je vais vous répondre à votre question.
04:14 Oui, parfois il faut absolument faire tomber les immeubles qui sont...
04:18 - Changer de micro, oui. - Ah oui.
04:21 Parfois, il faut absolument faire tomber les immeubles
04:23 parce qu'ils sont dangereux.
04:24 On a connu ça à Marseille, évidemment.
04:28 On a connu ça dans la rue d'Aubagne, on a connu ça dans le nord de la France.
04:31 C'est-à-dire que parfois, quand c'est trop dangereux,
04:33 quand les immeubles sont en péril, ça tombe.
04:35 Et donc, là, il faut mieux en effet les détruire avant qu'ils ne tombent,
04:38 et parfois, on y est obligé.
04:40 Ce qu'est un logement indigne, c'est compliqué.
04:42 Il y a une chose qui nous permet d'avoir un repère,
04:45 c'est ce qu'on appelle le décret d'essence.
04:47 Il faut qu'il y ait le couvert, il faut qu'il y ait un minimum d'aération,
04:51 il ne faut pas qu'il y ait de nuisibles ni de rongeurs qui soient là.
04:53 Bref, il y a une demi-douzaine de caractéristiques.
04:56 Donc, il faut pouvoir s'en occuper.
04:58 Et je reprends ce que disaient les intervenants juste avant.
05:03 Il y a autant de situations de logement indigne parfois que de bâtiment,
05:07 mais surtout, il y a des situations de propriétaire.
05:09 Vous avez raison, monsieur.
05:10 En l'espèce, il y a des gens qui sont des personnes âgées,
05:12 qui restent dans leur logement,
05:13 et n'ont pas tout à fait conscience d'ailleurs parfois de l'état de leur logement,
05:16 et il faut les accompagner, y aller derrière.
05:19 Et puis, il y a aussi les propriétaires occupants,
05:21 qui sont des gens, enfin, des propriétaires bailleurs,
05:23 qui sont un peu perdus dans le lingue des ailes.
05:25 Mais il y a aussi des méchants,
05:26 il y a aussi des gens qui volontairement n'en entretiennent pas,
05:28 il y a des gens qui sont des marchands de sommeil,
05:30 et ceux-là, il faut les sanctionner, il faut les poursuivre.
05:32 Ce n'est pas si simple, et parfois, c'est même très compliqué,
05:35 parce que, justement, on n'arrive pas complètement à définir un logement indigne,
05:38 mais il faut être extrêmement rigoureux,
05:39 parce que c'est une histoire de vérité, vraiment, de la misère humaine.
05:41 Oui, notre patrimoine bâti, c'est notre héritage,
05:44 donc, effectivement, il faut l'entretenir.
05:46 Et ce qu'on a un petit peu oublié, collectivement,
05:48 c'est d'entretenir les cœurs de ville.
05:50 Et souvent, quand il y a un peu de vacances, en fait,
05:53 l'entretien et la gestion se fait moins,
05:55 et après, on peut avoir, effectivement, des logements indécents.
05:58 Et donc là, il y a un vrai sujet,
06:00 qui est notamment, et dans le rapport qui a été remis au ministre,
06:03 deux, trois propositions, notamment d'accompagnement des copropriétaires
06:06 pour avoir plus de pédagogie,
06:08 et aussi avoir des diagnostics de structure,
06:10 c'est-à-dire qu'on sache, à peu près tous les dix ans,
06:12 l'état, en fait, de la structure du bâtiment,
06:15 ce qui est la base, en fait.
06:16 Parce qu'en dix ans, il peut y avoir des travaux à l'intérieur des appartements,
06:20 il peut y avoir des dégâts des eaux,
06:22 qui vont affecter la structure, et donc, il y a...
06:24 Et l'affaiblir.
06:25 Et donc, globalement, il y a un vrai enjeu à travailler là-dessus.
06:28 Mais, pardon, pardon, mais vous disiez, monsieur le député,
06:31 il y a quelques instants, que c'était difficile d'y donner une définition.
06:35 Mais est-ce qu'on ne peut pas encadrer définitivement ?
06:38 Est-ce qu'il n'y a pas un socle, avec...
06:40 Vous disiez qu'il y a douze points.
06:42 Est-ce qu'on ne peut pas plus l'encadrer ?
06:44 - Alors, moi, je considère que le socle,
06:46 c'est ce qu'on appelle le décret d'essence, de 2002.
06:49 Et j'ai posé une proposition de moi, d'ailleurs,
06:51 de toute façon, s'il y a un contrôle technique du logement.
06:53 Alors, ça défrayait beaucoup la chronique,
06:55 mais c'était un peu par analogie aux voitures.
06:57 Vous savez, on n'a plus trop de circuits roulants sur l'enroute,
06:59 parce qu'on a aussi fait ce contrôle technique.
07:01 Quand il y a un habitat qui est très dégradé,
07:04 eh bien, en fait, celui qui en pâtit, c'est d'abord l'occupant.
07:07 Parfois le propriétaire, parfois le locataire.
07:09 Moi, j'avais fait un rapport en 2019
07:11 pour le Premier ministre Fédor Philippe, à l'époque,
07:13 et ce que j'ai remarqué, c'est que quand on signalait
07:15 aux propriétaires les désordres, très souvent,
07:17 et qu'on les accompagnait pour avoir des aides,
07:19 c'était des gens de bonne foi qui le faisaient.
07:21 Et puis après, encore une fois, il y a des fois où c'est beaucoup plus compliqué,
07:23 et là, en effet, il faut intervenir.
07:25 - Sophie Gauguin, est-ce que dans votre belle ville de Dosulé,
07:27 vous voyez, on lui fait de la pub,
07:29 est-ce que vous avez déjà été confrontée à ce type
07:31 de personnes peu recommandables,
07:33 de marchands de sommeil, par exemple ?
07:35 - Alors, il y a les deux.
07:37 Oui, évidemment, et le maire,
07:39 c'est le médecin généraliste de la commune,
07:41 donc c'est vers lui qu'on se tourne.
07:43 Alors, parfois, on essaye de résoudre le problème sur nos propres logements,
07:45 mais ce n'est pas toujours facile non plus,
07:47 en fonction de l'occupant et du statut de l'occupant qu'on a.
07:49 Moi, j'ai un cas très concret
07:51 où j'ai dû en référer
07:53 au juge des tutelles, par exemple.
07:55 Et puis, vous avez les propriétaires,
07:57 alors ceux qui sont attentifs
07:59 aux dialogues que vous voulez créer avec eux
08:01 pour les accompagner, et puis ceux qui ne vous répondent pas.
08:03 Et là, c'est plus difficile,
08:05 mais il ne faut rien lâcher.
08:07 Mais effectivement, c'est récurrent.
08:09 Et il y a quand même pas mal de soutien
08:11 dans l'accompagnement aujourd'hui.
08:13 Après, il faudrait peut-être qu'il soit un petit peu plus souple.
08:15 Et au moment des ventes, moi, j'insiste beaucoup,
08:17 le moment qui permet de faire un diagnostic,
08:19 on le sait, c'est au moment de la vente.
08:21 Et je crois que là,
08:23 il y aurait quelque chose à renforcer
08:25 à ce niveau-là.
08:27 - Christine Lecomte,
08:29 soyons clairs, c'est logement totalement insalubre.
08:31 Dans une copropriété,
08:33 est-ce que les copropriétaires peuvent se retourner ?
08:35 Comment ça se passe ?
08:37 Parce que vous mettez quelque part en péril
08:39 la totalité de l'immeuble.
08:41 - Là, on parle vraiment de logement indigne en copropriété.
08:43 Ce n'est pas du tout pareil que sur du logement individuel.
08:47 Sur la copropriété, de toute façon,
08:49 la plupart du temps,
08:51 il va y avoir des alertes.
08:53 Parce que si vous avez un ou deux ou trois copropriétaires
08:55 qui ne veulent pas voter les travaux,
08:57 vous allez vous retrouver dans une indécence très rapidement.
08:59 Et donc, l'enjeu aujourd'hui,
09:01 c'est vraiment la pédagogie et l'accompagnement.
09:03 Donc, il y a des collectivités qui s'y mettent,
09:05 il y a des architectes pour accompagner ces collectivités.
09:07 Nous, ce qu'on voit, c'est que les blocages
09:09 se font quand on donne un devis
09:11 aux copropriétaires en conseil syndical
09:13 en leur disant "vous devez payer de temps".
09:15 Ça, ça ne marche pas.
09:17 Parce qu'en fait, on leur met devant le chiffre
09:19 sans leur expliquer en fait ce que ça va faire.
09:21 Donc, il y a un fort accompagnement à faire,
09:23 ce qui est logique.
09:25 Une démarche.
09:27 Et ça, en fait, c'est quelque chose
09:29 qu'il va falloir fortement accompagner.
09:31 Dans le rapport Lutz-Annotin, nous, on en a parlé
09:33 parce qu'on a dit "il y a cet accompagnement qui est nécessaire".
09:35 C'est le travail que l'on fait en tant qu'architecte,
09:37 d'accompagner et d'expliquer
09:39 ce qu'on va faire comme travaux
09:41 pour un meilleur gain de cadre de vie.
09:43 - Guillaume, est-ce que finalement,
09:45 au bout de combien de temps on se dit
09:47 qu'il faudra aller jusqu'à l'expropriation
09:49 de ce propriétaire ?
09:51 - Il y a déjà des règles qui existent.
09:53 Parce que le maire,
09:55 quand il constate le péril d'un immeuble,
09:57 il peut enclencher des travaux d'office.
09:59 D'ailleurs, c'est une des solutions que moi, je voudrais.
10:01 Mais ça, je pense que la maire, vous allez pouvoir...
10:03 - C'est long pour obtenir le péril.
10:05 - C'est long et c'est coûteux.
10:07 Et c'est coûteux parce que le maire
10:09 doit engager des frais
10:11 et ensuite se rembourser
10:13 sur le propriétaire.
10:15 Et c'est très compliqué.
10:17 Donc il y a cette situation d'expropriation.
10:19 Il y a aussi des situations où on doit
10:21 pouvoir confisquer les biens des marchands de sommeil.
10:23 C'était prévu par la loi Elan.
10:25 Là aussi, c'est compliqué.
10:27 Je remarque que le rapport d'Athio Annotin
10:29 et de Michel Lux
10:31 et le projet de loi qui est en préparation
10:33 de la part du ministre prévoient de simplifier
10:35 les procédures en matière. C'est une très bonne chose.
10:37 Moi, je propose qu'on fasse ce qu'on appelle
10:39 des "beaux réhabilitations d'office".
10:41 C'est-à-dire qu'on puisse faire en sorte
10:43 de prendre la propriété, de faire les rénovations
10:45 et de se payer au fur et à mesure sur des loyers.
10:47 Mais ce sont des trucs très complexes.
10:49 Mais ils sont nécessaires.
10:51 Parce que si ce n'est pas le propriétaire
10:53 et la collectivité qui aident,
10:55 c'est encore une fois l'occupant qui en pâtit.
10:57 - Est-ce qu'il y a des régions
10:59 où les logements
11:01 méritent encore plus
11:03 qu'ailleurs d'être rénovés ?
11:05 Est-ce qu'il y a des régions entières
11:07 aujourd'hui qui souffrent de ces problèmes
11:09 de rénovation ?
11:11 - Je ne vais pas parler forcément d'une région.
11:13 Parce que ça dépend vraiment
11:15 de la manière
11:17 dont sont habités les logements.
11:19 Mais prenons par exemple des villes qui ont subi
11:21 une reconstruction massive après la Seconde Guerre mondiale.
11:23 En fait, elles ont des typologies
11:25 bâties tout pareilles. - Et en Normandie, il y en a plusieurs.
11:27 - En Normandie, il y en a plusieurs. Mais il y a aussi
11:29 Brest, Saint-Nazaire, Lorient, Dunkerque...
11:31 Voilà. Donc on a toutes ces villes.
11:33 Elles ont des qualités et des caractéristiques
11:35 assez similaires dans la façon dont les copropriétés
11:37 sont gérées. Et on pourrait avoir ces particularités
11:39 pour travailler ensemble entre collectivités.
11:41 En fait, le rapport
11:43 Lutz-Annotin, il donne à peu près 4 axes
11:45 dont 3 sont vraiment, à mon sens, très importants.
11:47 Un qui est sur le pouvoir d'agir des collectivités
11:49 pour pouvoir agir mieux.
11:51 Un autre qui est sur la façon dont les acteurs
11:53 privés peuvent agir pour accompagner.
11:55 Et le dernier, c'est vraiment sur, justement,
11:57 cet accompagnement et cette protection
11:59 des habitants. Et en fait, c'est des outils qui doivent
12:01 gérer ces 3 axes-là,
12:03 principalement, parce qu'en fait, c'est là où il y a
12:05 aujourd'hui des écueils. - Mais une question
12:07 que je me pose, M. le député, vous avez parlé,
12:09 Guillaume Vuittet, du contrôle
12:11 technique, on va dire,
12:13 des voitures, qu'on a vu les
12:15 drames à Marseille des immeubles qui se sont
12:17 effondrés. Comment est-ce que ça peut
12:19 arriver en France au XXIème siècle ?
12:21 Parce que c'est la chose qu'on n'imaginait même pas.
12:23 - Ça peut arriver parce que parfois, il y a une négligence
12:25 coupable
12:27 de ceux qui sont propriétaires et qui logent des gens
12:29 n'importe comment. Après, c'est la justice dans le...
12:31 - Mais là, c'est carrément un immeuble.
12:33 - Parce que, vous savez, quand vous avez des parties
12:35 communes qui sont pourries, quand vous avez
12:37 les sutures qui sont pourries, au bout d'un moment,
12:39 oui, ça tombe. Et c'est pour ça que je reviens
12:41 à votre question initiale. Parfois, oui, il faut détruire.
12:43 Et c'est bien dommage, d'ailleurs, parce que si on
12:45 n'était intervenu plus tôt,
12:47 on aurait pu sauver les immeubles. Et ça, ça serait important.
12:49 Vous avez la question des régions qui sont vraiment
12:51 touchées. Vous avez cité au début
12:53 un chiffre. On cite des chiffres. Très souvent,
12:55 on se doit mouiller les chiffres, c'est nous qu'on estime là-dessus.
12:57 - C'est la fondation Abbé Pierre. - Je sais,
12:59 mais je sais très bien comment ils font leurs chiffres.
13:01 Mais comme le fait d'ailleurs l'État,
13:03 c'est qu'on estime quels sont les... ce qu'on appelle
13:05 les parcs privés potentiellement indignes.
13:07 Là où il y a des gens pauvres dans un livre à l'État ancien,
13:09 et on se dit, l'État dit, il y en a un tiers
13:11 qui est indigne et la fondation
13:13 Abbé Pierre dit, il y en a la moitié. Comme il y a
13:15 1,2 millions de logements dans cette situation,
13:17 un tiers, ça fait 400 000 pour l'État,
13:19 et 600 000 pour la fondation Abbé Pierre.
13:21 Mais la réalité est là. On sait identifier
13:23 les îlots. Et là, il y en a un peu partout.
13:25 Il ne faut pas se leurrer. En particulier, en l'écart de ville,
13:27 vous le disiez avant, il y a
13:29 des régions qui sont sinistrées,
13:31 et on le sait, c'est l'Outre-mer. Là, pour le coup,
13:33 il y a quelque chose de tout à fait structurel sur les Outre-mer.
13:35 - On en parlera un peu plus tard. - Mais c'est dû à quoi ?
13:37 Philippe Bilger veut réagir, pardon.
13:39 - Est-ce qu'en général, les rapports
13:41 que vous entretenez
13:43 pour les contentieux,
13:45 c'est correct avec les
13:47 juridictions ? Ou pas ?
13:49 Ou est-ce que c'est très lent ?
13:51 Comment ça se passe ?
13:53 - Sophie Bouillard, tiens,
13:55 par exemple, vous avez dit
13:57 un arrêté de péril,
13:59 c'est très long. - C'est parce que vous voyez mon profil.
14:01 - Un arrêté de péril,
14:03 c'est très long ?
14:05 - Oui, c'est long. Mais c'est long parce qu'en plus,
14:07 en fonction de la taille de la commune, on n'a pas tous
14:09 les mêmes services juridiques pour vous
14:11 accompagner dans une telle procédure. Nous,
14:13 on est trois. D'abord,
14:15 il faut faire des marches apprenantes, aller voir
14:17 sur place, envoyer des courriers avec accusé
14:19 réception au propriétaire. Donc, les grandes
14:21 villes ont les moyens d'être soutenues
14:23 dans ces démarches-là. Quand vous êtes maire d'une commune
14:25 rurale, si vous avez envie de bien faire, c'est compliqué. Et pour
14:27 répondre sur votre question vis-à-vis des juges,
14:29 je préfère ne pas vous répondre
14:31 parce que pour qu'on me réponde, j'ai dû communiquer
14:33 dans la presse. - Vous, vous étiez
14:35 désagréable. - Exactement, et je n'ai
14:37 pas envie de l'être avec vous, cher.
14:39 - Je ne peux pas le croire. Non mais,
14:41 plus sérieusement,
14:43 c'est compliqué
14:45 et aussi parfois parce que les personnes qui occupent
14:47 ces logements n'ont pas tout à fait
14:49 les moyens néologiques. On les repère parce que
14:51 en ce moment, on est en train de discuter.
14:53 Je suis arrivé, ça ne se voit pas à l'antenne,
14:55 mais je suis arrivé un peu ricrac en termes d'horaire
14:57 parce que j'étais à l'audition
14:59 de Gérald Darmanin sur le projet d'immigration
15:01 en commission des lois.
15:03 Et bien sûr, il y a des... - Petit sujet.
15:05 - Petit sujet. Mais il y a des tas de gens qui sont en situation
15:07 régulière, qui sont logés par les marchands de sommeil
15:09 et bien sûr, ces gens-là, ils n'ont pas très envie d'aller
15:11 pousser la porte d'un commissariat pour dire
15:13 et c'est peut-être d'ailleurs, on va peut-être trouver une solution là-dedans.
15:15 Et puis ensuite, dans les propositions
15:17 du rapport, il y a aussi le fait
15:19 d'avoir des bâtiments législataires référents
15:21 parce que c'est un droit qui est complexe
15:23 et je peux vous garantir que les marchands de sommeil,
15:25 ils ont des avocats extrêmement retorts.
15:27 - Oui. Vous voulez réagir Sophie Gauguin ?
15:29 - Non, je voulais juste poser
15:31 la question de dire, effectivement, on parle
15:33 aujourd'hui des propriétaires. Est-ce qu'il y a des mesures
15:35 mises en place pour les
15:37 locataires en fait ? Parce que une fois
15:39 que les locataires... Une fois qu'on a exproprié
15:41 tous ces propriétaires,
15:43 une fois qu'on a mis en place des choses,
15:45 est-ce que finalement, le locataire aujourd'hui
15:47 qui est victime, ne se retrouve
15:49 pas à la rue ? Comment on fait ? Comment ça se passe ?
15:51 - Non, mais moi, ce que je voulais dire, c'est qu'il y a aussi l'inverse.
15:55 C'est-à-dire qu'il y a des locataires
15:57 abusifs, aujourd'hui, à cause des squats
15:59 et que l'équilibre sur le respect
16:01 du droit de propriété doit être regardé
16:03 des deux côtés. - Et c'est bien pour ça...
16:05 - Donc les dégradations sur les biens loués...
16:07 - C'est bien pour ça que mon collègue Guillaume Casparion a fait voter une loi
16:09 là-dessus pour pouvoir aussi protéger
16:11 les propriétaires quand il y a des locataires indélicats.
16:13 Et je trouve ça normal. Il ne s'agit pas de faire cela.
16:15 Il y a, quand il y a des procédures
16:17 d'obligation de travaux, quand il y a des procédures
16:19 qui conduisent des propriétaires
16:21 à faire des travaux, il y a une obligation de relogement
16:23 et il y a ce qu'on appelle la conservation
16:25 des loyers qui fait que
16:27 le loyer peut être
16:29 utilisé pour loger la personne
16:31 qui doit être
16:33 mise en dehors de son logement pendant au moins le temps des travaux
16:35 et pour se regarder l'immeuble.
16:37 - En tout cas, on se dit, forcément,
16:39 Christine Lecomte, quand on entend tout ça,
16:41 qu'il y a beaucoup de travail pour les architectes, aujourd'hui
16:43 et cette relation avec les maires
16:45 et les architectes est primordiale.
16:47 - Oui, c'est primordial
16:49 de réfléchir en amont.
16:51 Parce que c'est un sujet qui concerne
16:53 une parcelle, un immeuble, mais des fois,
16:55 c'est un sujet qui concerne un quartier ou un bout de ville.
16:57 Et c'est là où il y a toute
16:59 une implication à avoir en amont pour
17:01 avoir une stratégie. On ne va pas rénover tout d'un coup.
17:03 On va devoir y aller par strates.
17:05 On va peut-être à un endroit se dire
17:07 "là, c'est effectivement en très mauvais état
17:09 et si on retire cette partie-là,
17:11 on va redonner un peu d'espace vert derrière".
17:13 Donc, c'est vraiment faire du projet
17:15 de territoire, comme disait le maire de Murol
17:17 tout à l'heure. Et c'est ça qui est extrêmement
17:19 important aujourd'hui.
17:21 - En tout cas, merci d'avoir été avec nous.
17:23 - Merci à vous.
17:25 député Renaissance du Val-d'Oise.