00:03Grosse mobilisation aujourd'hui partout en France, acte 4 des manifestations.
00:09Les gilets jaunes seront à la Concorde malgré l'interdiction de la préfecture.
00:14Benjamin Bolle, le coporte-parole de la coordination nationale, est avec nous.
00:18Bonjour Benjamin.
00:19Bonjour.
00:20Vous y êtes allé fort mais ça nous a donné l'idée de notre question du jour.
00:24C'est dire, vous parlez de désobéissance civique.
00:28Vous ne voulez pas aller trop loin quand même parce que votre rassemblement est interdit à la Concorde
00:32et dans pas mal de centres-villes partout en France.
00:36Écoutez, c'est simple.
00:38On a le choix entre obéir à sa conscience, obéir à ce qui est juste, obéir à la République et
00:46à la démocratie
00:47ou obéir à l'autoritarisme de Macron.
00:50Les gens n'ont plus qu'à faire le choix.
00:52Cote mal taillée parce qu'évidemment, on a bien compris, c'est impossible aujourd'hui d'organiser un gros rassemblement.
01:01Place de la Concorde pour les non-parisiens, on est en face de l'Assemblée nationale.
01:04Il y a danger, vous en avez conscience ?
01:07Non, il n'y a pas de danger.
01:08C'est une place qui est extrêmement facilement sécurisable.
01:10Elle est très grande.
01:11Face à l'Assemblée nationale, il n'y a zéro commerce.
01:14On est quand même dans un endroit tranquille où, en plus, nous, on va être en statique.
01:17Ça veut dire qu'on va être assis et assis par terre.
01:20Franchement, il y a beaucoup plus dangereux.
01:21Non, ce qui est dangereux pour le pouvoir, c'est le symbole.
01:24C'est le symbole du peuple qui est face à l'Assemblée et qui dit, nous, l'Assemblée du peuple,
01:28nous, on dit, voilà ce qu'on veut.
01:30Est-ce que vous allez répondre ou est-ce que vous allez continuer à prendre tout le pognon de tout
01:33le monde et le donner aux milliardaires ?
01:34Il existe quand même aujourd'hui une manifestation autorisée sous l'égide de l'intersyndicale entre Place de la République
01:42et la Nation.
01:45Vous ne vouliez absolument pas vous accoquiner à ce cortège ?
01:50Nous, on a suivi ce que les gens ont dit.
01:52Les gens, ils ont voté.
01:54Il faut désobéir.
01:55Il faut aller à Concorde.
01:56Ils ont voté à 82%.
01:58Enfin, c'est dangereux.
01:59Il faut désobéir.
02:00C'est-à-dire jusqu'à quand ?
02:01Jusqu'à quand ?
02:02Je vous réponds juste derrière.
02:03Mais d'abord, je vais répondre sur la question démocratique.
02:05Ce que nous avons fait, nous avons, sur la pression de la base et en discussion, nous avons dit, on
02:10a proposé un sondage.
02:11Doit-on suivre ce que dit la préfecture ou doit-on désobéir ?
02:14On a 82 qui disent, il faut suivre, 4 désobéir et le reste, 82 qui disent, il faut désobéir, 4
02:20il faut suivre et le reste ne se prononce pas.
02:23D'ailleurs, vos auditeurs et auditrices ne s'y trompent pas.
02:2568% d'entre elles et eux disent qu'on a raison.
02:28Et pourquoi ils disent qu'on a raison ?
02:30Ils disent qu'on a raison parce qu'ils savent que nous, on ne va pas aller jusqu'à couper
02:34la tête du roi.
02:35On va juste, s'il faut, peut-être le mettre en prison.
02:38Oui, bon, la prison, ça nécessite un jugement.
02:41Vous savez, il faut qu'il soit jugé, bien sûr.
02:42Il faut qu'il soit jugé.
02:43Il a tué des gens, ce monsieur.
02:44Oui, bon, tout cela est de l'image, évidemment, et on ne va pas personnaliser.
02:48Vous, justement, si je vais quand même personnaliser.
02:51Vous êtes un militant indépendant de toutes organisations.
02:53Vous étiez déjà à l'origine de Bloquontout.
02:56Bon, ça n'a pas été un gros succès.
02:58Là, en revanche, relancer ce mouvement des Gilets jaunes,
03:02on sent que le mouvement est en train de se dessiner contre la vie chère.
03:05Et là, on en a parlé depuis ce matin.
03:07Tout le monde est plutôt d'accord avec vous, là.
03:10Il y a quand même un large soutien dans la population.
03:13Je tiens à corriger, je n'étais pas à l'origine du mouvement Bloquontout.
03:16J'y ai fortement participé en amenant 15 000 personnes place des fêtes.
03:20Et qu'est-ce qui est en train de se passer aujourd'hui ?
03:22On a les gens de chez Bloquontout, les paysans, les lycéens, les pompiers, les étudiants,
03:28les Gilets jaunes, le mouvement climat, les infirmières, la fonction publique,
03:33les travailleurs, les travailleuses.
03:34Tout le monde est dans la rue, ensemble, les quartiers populaires.
03:36Et en fait, le gouvernement, il a peur. Pourquoi ?
03:38Parce que d'habitude, il nous met chacun dans son couloir et il dit
03:40« Tiens, une petite miette pour les gueux et rentrez chez vous. »
03:43Là, il ne s'agit pas d'avoir une miette pour les gueux.
03:45Nous, on ne veut pas les miettes, on veut toute la boulangerie.
03:46Oui. François Hollande avait parlé des sans-dents à l'époque.
03:49Oui, c'est pareil. Exactement.
03:50C'est ce même mépris qui vient des puissants.
03:52Que ce soit Emmanuel Macron sur ces gens qui ne sont rien,
03:57Nicolas Sarkozy sur les racailles, Hollande sur les sans-dents.
04:01En fait, les pouvoirs changent, mais le mépris reste le même
04:04parce que leur objectif dans la vie, ce n'est pas eux les vrais gouvernants.
04:07Les vrais gouvernants, c'est les gens pour qui ils bossent.
04:10Et ils prennent le pognon de vous, de tout le monde,
04:12y compris des gens qui sont plutôt aisés.
04:14Et ils prennent tout ce pognon de tout le monde à travers les impôts
04:17et ils raquettent tout le monde pour donner ça aux milliardaires.
04:19Franchement, la blague n'est pas bonne.
04:21Comment fonctionnez-vous Benjamin Boll ?
04:23Je vous ai présenté comme co-porte-parole.
04:25Parce que par nature, le gilet jaune est un mouvement spontané
04:30et personne ne peut revendiquer le mouvement.
04:32Vous en avez pris une part très importante
04:35parce que vous êtes actif notamment avec le site
04:3817octobregiletjaune.net, c'est ça ?
04:39Mais oui, le site 17octobregiletjaune.net,
04:42il permet aux gens de dire
04:44voilà ce que nous allons faire
04:46et où est-ce que je peux aller.
04:47À partir du moment où les gens ont des lieux, des heures, des modes d'action,
04:52c'est facile de pouvoir trouver l'information,
04:54de la corriger si nécessaire,
04:55d'y apporter un supplément.
04:58Et à partir de ce moment-là,
05:00ça cristallise toutes les géographies,
05:02toutes les sociologies,
05:04toutes les causes,
05:04toutes les colères.
05:05Et à partir de ce moment-là,
05:07c'est comme ça qu'on peut gagner.
05:08Par contre, on souhaite s'inscrire sur du temps long.
05:10On vous annonce d'ores et déjà
05:12que l'acte V sera en soutien
05:13au mouvement des enfantistes
05:15contre les violences faites aux enfants
05:17et également du mouvement climat
05:19pour le présent et l'avenir de la jeunesse.
05:21Tous les samedis,
05:21parce qu'on était tout à l'heure avec les commerçants.
05:24Les commerçants, ils sont dans le même bateau que vous.
05:26Ils souffrent autant que vous.
05:27Bien sûr, on les invite à venir avec nous.
05:29Il y en a une partie qui le font d'ailleurs.
05:30Oui, d'accord, mais enfin, ils ne peuvent pas perdre aussi tout.
05:32Non, ils ne peuvent pas.
05:32C'est compliqué, c'est vraiment dur.
05:34Ils tirent la langue
05:34parce que quand Amazon s'est installé,
05:36quand les grandes surfaces se sont étendues,
05:39les centres-villes se sont désertifiées,
05:41le soutien aux commerçants,
05:42il n'était pas là.
05:43Le gouvernement qui fait ouin-ouin
05:44sur les plateaux télé,
05:46le gouvernement, c'est des larmes de crocodile.
05:48Ils n'en ont rien à foutre, des commerçants.
05:50D'ailleurs, moi, j'ai été commerçant.
05:52Mon commerce, il a coulé
05:52et on n'a pas vu la couleur des aides.
05:56Donc, ce que je veux vous dire par là,
05:57c'est que oui, c'est difficile pour les gens.
05:59Et moi aussi, il y a un sondage qui disait
06:01qu'il y a plein de gens qui veulent que le mouvement s'arrête.
06:02Eh bien, secret, moi aussi.
06:05Je voudrais que le mouvement s'arrête.
06:07Et pour qu'il s'arrête, c'est simple.
06:08Macron y reçoit.
06:08Vous demandez quoi ?
06:09Et on va conclure là-dessus.
06:10Exactement.
06:10Le mouvement, il nous reçoit.
06:12Le mouvement, il est reçu
06:14sous forme d'États généraux par le gouvernement.
06:16Toute la liste de toutes les revendications
06:18de tout le monde,
06:19eh bien, on les amène.
06:20On en discute.
06:21À la fin, on ressort.
06:22On a un accord.
06:23Et ça, ça peut s'arrêter.
06:24Sinon, il doit dégager.
06:25Bon, un message concret en tout cas.
06:27Bonne journée, Benjamin Boll.
06:28Bonne journée.
06:28Vous êtes un bon leader d'opinion.
06:30Gardez l'œil quand même.
06:31Vérifiez à ce que personne ne soit blessé.
06:33Est-ce que ça se passe ?
06:34Exactement.
06:34On fera en sorte.
06:35Et j'espère que moi, je ne serai pas blessé aussi.
06:36Ah bah oui, évidemment.
06:38Je serai assis par terre, mais bon, merci à vous.