00:00 Voilà donc pour cette conférence de presse du procureur de Rennes que l'on vient d'entendre sur Europe 1 et sur CNews.
00:06 Philippe Astruc qui est revenu sur ce qui s'est passé ce matin à Rennes dans un collège où une élève de 12 ans a menacé sa professeure d'anglais.
00:15 Une enquête criminelle a été ouverte, on vient d'en voir tous les détails.
00:18 Ce qui interpellait Éric Revel, on va revenir dans un instant avec Sandra Bichon sur le fond du dossier,
00:21 c'est l'âge de cette jeune femme, 12 ans, et le mode opératoire, brandir un coup de pied à Hachoua.
00:27 En réalité ce n'est pas vraiment un photo, un hachoua de 15 centimètres et tenter d'aller agresser sa professeure.
00:34 C'est alors visiblement une question de discernement, une question psychologique, psychiatrique à Déle Procureur.
00:39 Néanmoins, voilà, ça interpelle.
00:42 Oui, plus qu'interpeller à 12 ans. Moi ce que je retiens, alors pas dans les détails techniques d'à ce qu'à Déle Procureur,
00:48 mais ce que je retiens c'est que déjà par le passé elle s'était baladée avec un couteau dans son cartable quand même.
00:54 Donc si vous voulez, ça si ce n'est pas un signe d'alerte, c'est-à-dire qu'on a repéré ce couteau,
01:00 puisque le procureur dit qu'on s'était aperçu qu'elle avait un couteau dans son sac.
01:03 Donc c'est quand même, me semble-t-il, un vrai sujet.
01:07 Et puis dans cet ensauvagement quotidien qui nous assaille, moi ce qui m'a frappé aussi, je le redis,
01:15 c'est le témoignage de certaines de ses copines qui disent "elle nous a dit qu'elle était venue pour tuer le professeur mais..."
01:21 Mais on pensait que c'était une blague, oui.
01:23 Il y a quand même un contexte général qui est très inquiétant dans ces jeunes.
01:26 Maintenant, je suis prudent, on attend comme d'habitude le résultat de l'étude psychiatrique,
01:33 enfin je sais pas comment on l'appelle.
01:34 Oui, c'est ça, l'évaluation psychiatrique.
01:36 Mais c'est quand même extrêmement choquant.
01:38 Alors Éric Rebel, on va écouter justement les témoignages de ses copines
01:42 qui étaient en classe avec elle ce matin au moment où on a sorti ce couteau.
01:46 On les écoute et je vous passe la parole ensuite.
01:48 Pourquoi elle a été virée de son ancien collège ?
01:51 Bah moi je sais, il y avait aussi des trucs.
01:53 Apparemment, elle a blessé quelqu'un avec une fourchette, un truc comme ça.
01:57 C'était ça apparemment.
01:58 Du coup, elle a été exclue huit fois.
02:01 Après, au final, avec toutes les bêtises, elle a été virée du collège.
02:04 Elle est venue ici.
02:05 La semaine dernière, elle avait dit "je vais tuer la prof",
02:08 mais nous on s'est dit "elle a notre âge, elle va pas..."
02:11 C'est des blagues.
02:13 Et là, aujourd'hui, on a vu que c'était vraiment vrai.
02:16 Du coup, avec le stress, on a tous couru, on a eu peur et tout.
02:19 Et on a réalisé.
02:21 Et aussi, un mot qu'elle a dit, tout doucement,
02:25 elle a dit "je vais faire comme le lycée d'Arras".
02:28 Le lycée d'Arras, elle aurait dit ça,
02:30 mais ce n'est absolument pas ce qu'a dit le procureur général.
02:33 Bertrand Cavalier est avec nous.
02:34 Bonsoir.
02:35 Quel est l'expert en sécurité ?
02:36 Quelle est votre analyse sur ce qu'on vient d'entendre du procureur ?
02:39 Bah moi je distinguerais les deux choses.
02:41 Le contexte général, qui est un contexte de violence,
02:44 et puis le cas particulier,
02:46 sachant que forcément il y a des facteurs endogènes d'un point de vue psychologique,
02:50 et puis un milieu qui peut inciter par métisme,
02:54 donc au passage d'un lac.
02:56 Je crois qu'il faut vraiment attendre les résultats de l'examen psychiatrique,
03:02 qui vont être déterminants,
03:04 avec l'impératif de suivre cette jeune fille qui n'a que 12 ans.
03:08 Le défi maintenant, c'est sa socialisation, qu'elle sorte de cette période.
03:12 Mais sachez que quand même,
03:14 les cas de violence très dure de la part des adolescents,
03:17 de très jeunes adolescents, ce n'est pas rare.
03:19 Ce n'est pas rare.
03:20 Là, il y a une implication médiatique.
03:22 Non, non, mais si vous voulez,
03:25 dans mon passé de gendarme,
03:27 dans mon expérience de la police judiciaire,
03:29 dans les milieux notamment familiaux,
03:31 parce que là c'est arrivé dans le domaine public,
03:33 mais ça arrive quand même assez fréquent dans le domaine privé,
03:37 dans le milieu familial.
03:38 Alors, Sandra Bullison du service police justice de CNews est avec nous.
03:41 Bonsoir, Sandra.
03:42 Qu'est-ce qu'on peut dire exactement ?
03:43 Là, en ce moment, elle est, cette jeune fille,
03:45 dans une unité psychiatrique, c'est ça ?
03:47 Oui, alors je voulais réagir à ce que vous disiez.
03:49 C'est qu'effectivement, ce qu'il faut aussi noter,
03:51 c'est la réaction de la famille.
03:53 La famille a compris qu'effectivement, elle était exclue
03:56 parce qu'elle était venue une première fois avec un couteau,
03:59 parce que la deuxième fois, elle avait menacé vermalement
04:02 et elle avait proféré des injures contre sa professeure.
04:05 Ce qui est intéressant, c'est que le procureur a dit
04:07 que c'est le père de famille qui a dit qu'il avait besoin d'aide.
04:09 Il y a eu cette évaluation par le conseil départemental
04:12 qui a dit qu'il fallait accompagner la famille
04:15 pour toutes les questions de santé, les questions de scolarité.
04:18 Donc, vraiment, on a l'impression que la famille a pris conscience
04:21 et aussi l'éducation, puisqu'il y a eu ces mesures.
04:24 Alors, cet enfant, elle est toujours en retenue judiciaire,
04:27 pour répondre à votre question.
04:29 Ça peut durer 12 heures renouvelables une fois,
04:31 donc jusqu'à 24 heures.
04:33 L'enjeu, c'est dans le temps de cette retenue judiciaire
04:36 de pratiquer cet examen psychiatrique,
04:38 puisque l'enjeu de cette audition, c'est de savoir
04:41 s'il pourrait y avoir des suites concernant cette jeune fille,
04:44 puisque si elle n'a pas le discernement nécessaire,
04:47 effectivement, elle n'est pas consciente,
04:49 elle n'a pas compris ou voulu l'acte,
04:51 elle n'est pas apte à comprendre le sens de la procédure contre elle.
04:54 C'est ça qui déterminera ou non le fait qu'elle avait un discernement.
04:59 Donc, il attend effectivement d'abord le résultat
05:02 de l'expertise psychiatrique.
05:04 Il dit que l'essentiel de ce passage à l'acte, pour lui,
05:07 est la dimension psychologique, voire psychiatrique.
05:09 Il attend le résultat de ces analyses.
05:11 Évidemment, Sandra, un enfant de 12 ans ne peut pas être incarcéré,
05:14 au vu des circonstances décrites par le procureur.
05:16 Eugénie Bastié, un commentaire sur cette affaire,
05:18 la jeunesse de cette jeune fille,
05:20 le mode opératoire, le couteau qu'on brandit ?
05:23 Non, je n'ai rien à ajouter à ce qui vient d'être dit.
05:26 C'est vrai que ça nous a pris, encore une fois,
05:29 c'est le sanctuaire de l'école.
05:31 J'ai vu une information qui doit être vérifiée,
05:33 qui a été donnée par Amaury Breulé de Valeurs Actuelles,
05:36 qui disait qu'il y avait eu une attaque dans une crèche, aujourd'hui,
05:39 par un individu qui s'est présenté avec un couteau.
05:42 Évidemment, il va falloir le vérifier.
05:44 Mais on sent qu'il y a quand même un climat de mimétisme,
05:47 avec un bassin de population qui peut passer à l'acte,
05:50 qui est effectivement très inquiétant.
05:52 Geoffroy Lejeune est avec nous,
05:54 directeur général de la rédaction du JDD.
05:57 Bonsoir, Geoffroy.
05:59 Est-ce qu'on peut tirer des conclusions,
06:01 ou aucune, de ce qui s'est passé à Rennes ce matin ?
06:03 C'est un cas psychiatrique.
06:06 Déjà, si c'est un cas psychiatrique, on peut en tirer des conclusions.
06:09 Tout à l'heure, on discutait de Saint-Jean-de-Luz, l'année dernière.
06:12 C'était un cas psychiatrique.
06:13 Il y a une enseignante, une prof d'espagnol, qui est morte.
06:16 Et si ces affaires, non pas se multiplient,
06:19 mais arrivent de plus en plus fréquemment,
06:21 il faudra quand même se poser quelques questions.
06:23 Deuxièmement, je tire la même conclusion que Jenny Bastier.
06:26 C'est la fragilité, un climat spécifique,
06:30 et l'arme trouvable dans n'importe quelle cuisine
06:33 font que potentiellement, on risque de plus en plus de situations.
06:36 C'est ça que je trouve inquiétant, aujourd'hui, dans nos pays.
06:38 Qu'il s'agisse de radicalisation islamiste,
06:40 ou de gamins dérangés, le résultat est le même.
06:42 À la fin, on a des professeurs qui sont menacés.
06:44 Vincent Herouat est avec nous, éditorialiste politique étrangère d'Europe 1.
06:47 Votre regard sur ce qui s'est passé à Rennes ?
06:49 On vient d'entendre longuement le procureur de la République,
06:52 et vous allez me dire...
06:54 Que je suis d'accord avec Jenny Bastier, comme tout le monde.
06:56 Non, ce que je vais vous dire, c'est qu'on se félicite
06:58 qu'il n'y ait pas d'armes automatiques en vente libre en France.
07:01 Il n'y a que des couteaux dans les cuisines, ça c'est la première chose.
07:04 La deuxième chose, c'est qu'on me demande si c'est enfin du discernement.
07:07 Elle a 12 ans, on n'a pas beaucoup de discernement quand on a 12 ans.
07:11 Je ne sais pas quelle est la marge.
07:14 Il y a un contexte, effectivement, qui est très violent.
07:17 Tout le monde a en tête ce qui s'est passé le 7 octobre.
07:20 Il y a un déferlement sur les réseaux sociaux de scènes très violentes
07:24 que n'importe qui peut voir.
07:26 Il n'y a pas besoin d'aller à l'ambassade d'Israël
07:28 pour s'enfermer dans une pièce, puis se mettre sur Télégramme.
07:30 - Remets-moi aussi de Diminique Bernard, le professeur du français.
07:34 Tu as un rastro aussi, à l'échaliser.
07:36 - Il reste contexte particulier.
07:39 Il y a le mimétisme ambiant.
07:41 Il y a le discernement qu'on n'a pas forcément à 12 ans.
07:44 Et puis, parce que 12 ans, on a envie parfois d'être une vedette,
07:48 de faire l'intéressant, de se faire remarquer.
07:51 Et ça ne veut pas dire qu'on soit obligatoirement...
07:54 qu'on relève de la psychiatrie.
07:56 - Évidemment.
07:57 Écoutez, Sandra Buisson, merci beaucoup.
07:59 Vous avez d'autres informations complémentaires, évidemment.
08:01 On reviendra sur cette affaire de Rennes,
08:03 qui, Dieu merci, s'est terminée sans qu'il y ait de blessés.
08:06 Et on salue le courage des personnels enseignants
08:08 qui ont réussi à maîtriser cette jeune fille
08:11 qui était armée d'un hachoir
08:12 et qui se promenait dans les allées du collège.