00:00 Vous, vous souhaitez un remaniement de grande ampleur ?
00:03 Comment vous dire ?
00:05 Vu de là où je parle, je m'en contrefiche un petit peu du casting gouvernemental.
00:11 Je ne suis pas certain que beaucoup de nos concitoyens, de vos téléspectateurs,
00:15 soient capables de citer plus de 5 membres du gouvernement sur les 39.
00:20 Macron lui-même non plus, je pense.
00:22 Moi, je suis un républicain conséquent, donc je commence d'abord par saluer Elisabeth Borne,
00:26 féliciter Gabriel Attal parce que j'ai la courtoisie républicaine, mais à partir de là...
00:32 Qui lui est très populaire pour le coup.
00:34 Je pense que c'est ça qui a fait sa désignation comme Premier ministre
00:38 et ce faisant, ça souligne en creux la difficulté d'Emmanuel Macron
00:43 et celle qui était celle d'Elisabeth Borne.
00:45 Parce qu'au bout du bout, le casting, on s'en fiche un petit peu.
00:49 Moi, le problème que j'ai comme parlementaire et parlementaire de l'opposition,
00:53 c'est qu'est-ce qui va changer en réalité ?
00:56 Est-ce que le chamboultout, c'est un chamboultout de la ligne politique ?
00:59 Et dans ce cas-là, je suis d'accord avec Charles Ponsigny,
01:02 il y avait une sorte de cohérence politique qui aurait consisté
01:05 à prolonger ce qui s'est passé pendant l'année 2023.
01:07 C'est-à-dire que la drague politique principale qui a été faite
01:11 et qui signait déjà la fin du en même temps,
01:13 ça a été d'essayer de construire des accords ponctuels sur la réforme des retraites
01:18 ou sur la loi immigration, principalement avec la droite,
01:21 signant que le marqueur...
01:23 C'est pour ça que c'est la fin du macronisme, cette séquence-là.
01:26 L'année 2023, et d'ailleurs la majorité relative,
01:29 c'est la fin de la promesse originelle du en même temps.
01:32 Gabriel Attal, lui, il est sur un créneau où il dit
01:35 "je peux ressusciter peut-être ce en même temps",
01:38 mais concrètement, pour voter des lois...
01:39 - Peut-être que l'idée, c'est aussi ça, Jérôme Gatch,
01:40 d'aller piquer des voix chez vous, des déçus de la NUPS,
01:43 des déçus de ceux qui dirigent le parti socialiste, c'est peut-être ça aussi.
01:46 - Là, pour l'instant, vous savez, il n'y a pas d'élection à court terme,
01:48 sauf si l'objectif, et c'est ça que j'entends qui est un peu terrible...
01:51 - Oui, mais justement, c'est ce que j'allais dire.
01:53 Si on nomme un Premier ministre de la France,
01:55 avec l'ampleur des chantiers internationaux, énergétiques, climatiques,
01:59 de questions sociales, d'hôpital, d'EHPAD,
02:01 enfin voilà, de pouvoir d'achat, d'inflation,
02:04 si on nomme un Premier ministre uniquement avec en ligne de mire
02:07 de la petite politique aérique et de dire "comment je sauve les élections européennes
02:11 et comment j'ai une sorte d'alter ego à Jordane Bardella
02:13 avec un casting de jeunes hommes politiques",
02:17 si c'est ça, pardon, mais c'est un dévoiement encore plus grand
02:19 que ceux qu'on a déjà connus de la fonction de Premier ministre.
02:21 - En l'occurrence, je parlais d'aller chercher des voix
02:23 pour faire passer des textes à l'Assemblée,
02:24 ça c'est pas de la politique aérique.
02:26 - Je termine par là, oui, mais sauf que pour aller chercher des voix,
02:29 pardon, on me dit parfois "Gabriel Attal, il va pouvoir parler à la gauche".
02:33 Moi j'ai de la sympathie pour Gabriel Attal,
02:35 que j'ai en effet connu au temps du Parti Socialiste,
02:37 mais ça fait 7 ans que Gabriel a fait le choix
02:40 d'aller dans l'aventure du macronisme,
02:43 et au moins depuis le deuxième quinquennat,
02:46 mais on pourrait même dire dès le début,
02:47 je veux dire, plus personne ne peut croire qu'il reste un héritage de gauche
02:50 dans la politique menée par Emmanuel Macron.
02:52 Quand on supprime l'ISF, quand on fait le RSA,
02:55 quand on fait la réforme des retraites,
02:56 quand on fait la loi immigration,
02:58 quand on fait la réforme de l'assurance chômage,
03:00 on est dans un couloir respectable, mais de droite.
03:03 Donc on vient de pas me dire que c'est pour parler à la gauche.
03:05 Avec quels arguments voulez-vous qu'il puisse nous parler ?
03:08 Moi l'argument, et je termine vraiment par là,
03:10 c'est celui de la méthode, parce que moi je suis attaché quand même
03:12 à un fonctionnement institutionnel serein.
03:14 Si c'est pour revivre Elisabeth Borne,
03:16 dont je n'oublie pas que dans son discours de politique générale,
03:19 nous avait dit "on va légiférer de manière différente aujourd'hui",
03:21 mais tout ça, ça a été un groupeshit, comme disait Jacques Chirac.
03:26 Il n'y a pas eu un début de commencement de recherche
03:29 d'une nouvelle forme de travail parlementaire.
03:33 Et à la place, on a eu les 49.3, les 49.3.
03:35 Et puis le marketing politique et communicationnel permanent,
03:39 et d'ailleurs ce qui se passe en ce moment, c'est pour occuper.
03:41 Voilà, le président Macron, dans ses périodes de remaniement, il existe.
03:44 C'est ça qui est un peu terrible.
03:46 C'est le seul moment où on se dit "tiens, il y a un président,
03:49 et son pouvoir c'est quoi ? C'est le pouvoir de nomination".
03:51 C'est pour ça que je pense, comme Bruno Jeudi,
03:53 qu'il va feuilletonner suffisamment longtemps,
03:55 parce que c'est ce qui reste au roi nu,
03:57 pouvoir nommer des gens, ou en dénommer ceux-là.