Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Au final, je voudrais vous faire réagir évidemment sur les suites de l'attentat raciste de Trappes.
00:05Il y a une levée de garde à vue pour motifs psychiatriques, psychologiques du suspect
00:10qui interroge surtout les familles de victimes.
00:12La crainte, et je vous le dis Madame la Magistrate, pour les familles de victimes,
00:15c'est que ça aille vers la psychiatrie, que ça dilue la responsabilité de ce suspect.
00:20Ce qui est vérifié par notre service pour les justices, c'est qu'il y a un diagnostic de schizophrénie.
00:25On parlera ensuite des responsabilités et du débat politique délétère.
00:31Est-ce qu'une telle suspension de garde à vue dans un contexte aussi grave...
00:35Alors il y a des cas où c'est arrivé effectivement.
00:38Très souvent.
00:39Très souvent.
00:40En vrai, on a eu beaucoup de cas où on a eu des gens...
00:44Beaucoup, même presque...
00:47Je ne dis pas que c'est la majorité, mais Laurent Valiguier qui est ici connaît aussi bien les dossiers.
00:52En tout cas, c'est fréquent. On a eu beaucoup de dossiers pour des raisons et des pathologies différentes.
00:59Alors là, ce n'est pas psychologique, c'est même psychiatrique,
01:01puisque la schizophrénie, c'est quand même une pathologie plutôt psychiatrique.
01:06En vrai, là, on est sur le temps de la garde à vue.
01:09Donc c'est déjà pour savoir s'il est capable d'être entendu normalement pendant la garde à vue.
01:14La question de la schizophrénie, elle est importante, puisque c'est la question du discernement.
01:18Et l'enjeu, c'est une altération, voire une abolition du discernement.
01:23Mais qui pourrait entendre, en tous les cas, pardon de parler avec l'émotion,
01:28qui pourrait ne pas être jugé pénalement responsable d'un acte ?
01:32En fait, c'est complètement, j'allais dire, classique dans la procédure.
01:37C'est déjà de pouvoir voir si la personne est en capacité d'être entendue.
01:43Après, il y aura une autre phase qui est celle d'expertise,
01:46qui sont quand même d'un autre niveau que simplement celle qui a lieu pour la garde à vue,
01:52c'est-à-dire l'audition.
01:54Donc là, il y a eu, a priori, si j'ai bien compris, il y a eu déjà un début
01:57d'audition.
01:58Oui, et qui a été suspensée.
02:00Il y a eu une audition personnalité, suspension, parce qu'il a dit qu'il était sous traitement,
02:04qu'il était schizophrène.
02:05C'est normal qu'il soit transféré à l'infirmerie de la préfecture de police de Paris pour observation.
02:10Ça ne veut pas du tout dire qu'il n'y aura pas de procès, que la garde à vue
02:13ne va pas reprendre.
02:14Tout est encore possible.
02:15Tout est possible parce qu'il peut y avoir aussi...
02:17Y compris qu'il soit hospitalisé sur décision de l'infirmerie et qu'ensuite il soit expertisé.
02:22Et aussi, tout est possible, je continue, parce qu'il y a eu, et on a eu plusieurs cas aussi,
02:26des gens qui simulent aussi des problématiques psychiatriques pour justement,
02:32parce qu'ils ont compris que ça pouvait être aussi une échappatoire.
02:35Donc, seule l'enquête et le temps...
02:38L'expertise.
02:38Il y a le temps de l'enquête et malheureusement, dans un contexte aussi inflammable que celui-ci,
02:44non mais bien sûr, l'enquête se poursuit, c'est même le début de l'enquête.
02:46Mais très rapidement, la gauche a jeté la responsabilité sur la droite, sur l'extrême droite, sur le RN, sur
02:52Reconquête,
02:53estimant que la violence des mots aboutit à des actes horribles.
02:56Est-ce qu'une partie de la classe politique, je vous pose action, Sylvia Maillard,
03:00tous, évidemment, comment dire, a armé idéologiquement cet individu ?
03:05C'est très difficile de vous répondre, Sonia Mabrouk, parce qu'on parle d'un cas qui est peut-être
03:12psychiatrique et extrêmement dur.
03:15J'en parlais juste avant d'entrer sur le plateau, on n'en a pas l'ensemble.
03:17Moi, j'ai suivi beaucoup l'horrible meurtre de Sarah Halimi, il y a quelques années,
03:23avec une famille dévastée et un entourage, et nous-mêmes tous dévastés,
03:27parce qu'on n'a pas pu juger l'auteur, parce qu'il a fait des bouffées délirantes.
03:31On a changé la loi, d'ailleurs, dans ce cas précis, parce qu'il avait pris du cannabis
03:35pour, justement, être dans ces bouffées délirantes, et on dit que maintenant, on jugera normalement.
03:39Ce qui semble-t-il le cas de cet individu, alors on va l'aider, on se met du cannabis,
03:43de la cocaïne.
03:43Mais en France, en fait, c'est ainsi, on ne juge pas les fous, et c'est extrêmement dur.
03:47Mais vous comprenez que ça puisse, c'est-à-dire, attentat raciste, attentat islamiste, attentat...
03:53Je peux dire une chose ?
03:54Oui, monsieur, on verra.
03:57En fait, personne ne dit, c'est un tel, un tel, un tel, tel leader de partie de droite ou
04:05d'extrême droite
04:05qui a armé le bras du criminel.
04:07Si, ça a été dit.
04:08Non.
04:09Si, si, ça a été dit.
04:09Enfin, si, ça a été dit, c'est à tort.
04:11Ça a été dit à propos de Jordan Bardella, parce qu'il a affirmé...
04:14Oui, mais là, d'accord, ça a été dit, mais c'est à tort, je pense.
04:17Ça a été dit à tort.
04:18Parce que ce n'est pas comme ça que ça se passe.
04:22Les gens sont responsables individuellement, et ce ne sont pas des gens manipulés.
04:27Donc, si ce monsieur a voulu tuer toutes sortes de gens, c'est sa responsabilité.
04:32Ce n'est pas la responsabilité de ceux qui parlent.
04:35D'accord.
04:35Mais il y a aussi le fait de faire, en l'occurrence de l'immigration, un phénomène énorme, national, extrêmement
04:46dangereux,
04:47qui met en cause l'identité du pays, son âme, quelque part, sa stabilité.
04:57Enfin bref, c'est ce qu'on entend constamment à l'extrême droite, c'est vrai.
05:00Et donc ?
05:00Et donc, dès lors qu'on installe cette atmosphère, parce que ça installe une atmosphère,
05:06parce que c'est répété constamment, constamment, et c'est relayé par un certain nombre de médias
05:12qui sont de la même obédience et qui ont relais ces choses-là.
05:16Donc ça devient, pas obsessionnel, mais enfin, tout de même très très présent.
05:19Et je peux vous poser une question ?
05:20Attendez, je termine.
05:21Et à partir de là, il y a forcément des gens, enfin forcément, heureusement, pas souvent,
05:26mais il peut y avoir des gens un peu dérangés, ou très dérangés, qui se disent,
05:31mais il a raison celui-là, l'immigration c'est un danger majeur, donc il faut passer à l'acte.
05:37Et quand, par exemple, je prends au hasard, parfois, on moque ou on va plus loin sur le nom de
05:45famille
05:47de certaines personnes à consonance, ou parce que c'est des origines juives,
05:50est-ce qu'aussi on peut se dire que dans ce cas-là, même chose, un déséquilibré,
05:54il faut se dire...
05:55Enfin, origines juives, il y a eu aussi musulmanes, il y a eu les deux.
05:57– Je vous donne, je vais dans l'autre côté de la classe politique.
06:00– Bien sûr, c'est ça.
06:01– Est-ce que vous feriez le même procès dans ce cas-là ?
06:03– Non, mais c'est les hommes politiques qui ont tendance à dire…
06:05– Vous faites le même procès des deux côtés ? Alors qui peut…
06:08– Non, mais c'est la phrase de Gilles Képer sur le djihadisme d'atmosphère,
06:11pour expliquer que tout d'un coup, des types sans aucun lien avec personne
06:16se prennent un coup de couteau et tuent en criant à l'Akbar.
06:19Ben là, ce que vous dites, c'est au fond qu'il y aurait un racisme d'atmosphère,
06:23qui viennent de droite, d'extrême droite, d'extrême gauche,
06:26qui au fond puissent armer des types, plus des dingues, comme souvent.
06:36Mais c'est pour ça l'intérêt qu'il y ait une enquête,
06:38parce que qu'il soit jugé ou pas au bout du processus judiciaire,
06:41l'intérêt d'une enquête sur l'acte de Trappes,
06:44c'est justement d'essayer de décortiquer tout ça,
06:46d'appuyer le rang pour voir justement pour que tout le monde fasse attention,
06:51pour que dans le contexte actuel, chaque parole compte.
06:54Ce qui est paradoxal souvent, c'est que, par exemple, actuellement,
07:00en ce moment, la droite et l'extrême droite disent
07:02que les propos de la France insoumise ont eu une influence sur les casseurs.
07:08Ils ont laissé faire...
07:09Ça, c'est surtout le gouvernement qui a dit l'ultra-vue.
07:11Et le gouvernement, oui.
07:13Bon, donc ça veut dire qu'ils pensent...
07:15Et les renseignements.
07:16Ils pensent donc que la parole des hommes politiques,
07:18la parole de tel ou tel parti, a une influence.
07:21Mais alors, quand on leur dit, mais disons,
07:22quand vous passez votre temps à stigmatiser l'immigration,
07:25vous ne pensez pas que ça peut avoir une influence ?
07:27Ah non, pas du tout.
07:28Il y a eu un échange.
07:29Il y a un racisme et un antisémitisme d'atmosphère dans ce pays.
07:33Et pas dans ce pays.
07:35On le sait très bien, autour, on a des pudeurs de gazelles.
07:38Mais c'est de la vérité.
07:39C'est au-delà du discours politique.
07:41Le discours politique, parfois, est plutôt à la rame
07:44derrière ce qu'on entend.
07:46Il faut voir ce qu'on entend, nous, dans nos permanences.
07:48Des gens très décomplexés dans leurs propos.
07:52Et là, on parle du racisme, d'antisémitisme.
07:54Mais très décomplexés.
07:55Et donc, ce n'est pas uniquement de dire le discours
07:57et de faire de la récupération.
08:00Il y a une jeune fille de 12 ans
08:02qui a été tirée à mort
08:05ou blessée extrêmement, je ne sais pas...
08:08On en est là.
08:10Ce n'est pas un problème de discours politique.
08:13C'est une détestation de l'être humain.
08:15C'est terrible.
08:16Mais c'est ça aussi.
08:17Oui, c'est une société qui a des vraies difficultés,
08:21qui se traduit aussi à travers des manifestations
08:24dont la classe politique et moi, en premier chef,
08:27nous avons une responsabilité, évidemment.
08:29Mais c'est aussi...
08:31La classe politique, elle incarne aussi...
08:33Elle émane de la population.
08:35Je vais vous laisser conclure,
08:37les uns et les autres.
08:37Oui, c'est pour ça que vous avez raison de dire
08:40que la classe politique a une responsabilité.
08:42Elle a une grosse responsabilité
08:43à laisser travailler la justice tranquillement
08:45avant de tirer des conclusions hâtives
08:49ou même des tournants,
08:51des ruptures qui n'existent pas.
08:52D'autant plus que quand on connaît
08:53la question du terrorisme,
08:55on sait que les premières victimes du terrorisme,
08:57justement,
08:59c'est dans les pays musulmans,
09:00par d'autres musulmans,
09:01en termes de volume.
09:03Et donc,
09:03n'instrumentalisons pas
09:06ce dossier qui,
09:07en plus,
09:07c'est un dossier particulier,
09:08parce que si on a un profil psychiatrique,
09:11laissons travailler les choses,
09:12ne s'y ont pas.
09:13Parce que ça aussi,
09:14c'est un poids sur la justice.
09:15Nous sommes en campagne présidentielle
09:16et malheureusement,
09:17chaque chose est inflammable.
09:19Oui, mais vous avez raison de le rappeler.
09:21D'accord, mais c'est les mêmes
09:22qui disent que la justice est politique
09:24qui essaie toujours de nous instrumentaliser.
09:26Et ce n'est pas pour vous
09:26que je le dis bienvenue à Marat.
09:27Vous avez tout à fait raison
09:28et je me garde bien
09:30à titre personnel
09:30de rentrer dans le travail.
09:32Le mot de la fin est plus largement...
09:34J'aurais juste une pensée
09:36pour mes collègues de la BAC
09:37qui ont interpellé l'individu
09:39en moins de 10 minutes
09:40quand certaines formations politiques
09:41veulent dissoudre les BAC.
09:43Tout à fait.
09:43Je m'arrêterai là.
09:45Je pense en même temps
09:46que tout est dit
09:47à bon entendeur.
09:49Merci à vous.
09:49Merci pour ce débat.
09:50Je vous remercie
09:51Laurent Joffrin,
09:52Béatrice Brugère,
09:52Yohann Maras,
09:53Laurent Valdiguier
09:54et Sylvain Maillard.

Recommandations