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00:00C'est une extrême polarisation du débat politique qui est délétère et il y a eu évidemment les conséquences et
00:08les suites de l'attentat raciste de Trappes.
00:11Je voudrais d'abord, d'un point de vue technique, Robert Ménard, parce que c'est une pensée aux familles,
00:15il y a eu une levée de garde à vue pour motifs psychologiques du suspect.
00:18La crainte pour les familles de victimes, c'est que ça s'oriente vers la psychiatrie et que ça dilue
00:24la responsabilité de ce suspect.
00:25Ce qui est vérifié par notre service pour la justice, en tous les cas, c'est qu'il y a
00:29un diagnostic de schizophrénie.
00:31On va rester prudents parce que c'est vraiment le début de l'enquête, mais s'il était finalement, comment
00:35dire, jugé pénalement irresponsable.
00:43C'est terrible, ce débat a eu lieu aussi pour d'autres cas.
00:47Je vois bien les hésitations que vous avez dans votre question, parce que là on est sur un terrain fou.
00:53Nous, on a évidemment envie que les gens qui sont responsables d'un acte aussi monstrueux que ça...
00:59Payent.
01:00Payent.
01:00Oui.
01:01Mais s'il est schizophrène, il ne paiera pas.
01:04Mais vous ne pensez...
01:04C'est un débat compliqué, mais tous les terroristes, à la base, sont fous pour propager une telle haine, une
01:11telle terreur.
01:13Beaucoup s'indignent d'une psychiatrisation du débat quand il s'agit d'un terroriste.
01:17Je l'ai entendu.
01:18Que ce soit islamiste ou que ce soit raciste.
01:20Oui.
01:20Mais c'est une pensée qu'on peut avoir pour les familles de victimes et qui s'interroge aujourd'hui.
01:25Je comprends que la famille, s'il n'y a pas un procès, s'ils se retrouvent dans un hôpital
01:30psychiatrique sans procès, c'est une frustration terrifiante.
01:35Une frustration terrifiante.
01:36Mais ça ne nous empêche pas, ça ne nous empêche pas de condamner sans aucun...
01:43Vous savez, on condamne mais cette ville et ceci, mais le maire et ceux-là.
01:48Non, on condamne ce qui a été fait sans aucune hésitation.
01:55Il n'y a pas de mais dans cette histoire-là.
01:58Il y a un acte monstrueux, un acte raciste, un acte insupportable.
02:06Et ce dit en passant, tout à l'heure, vous me disiez, sur le chef de l'État, vous vous
02:11rappelez ce qu'il a dit ?
02:13Mais il est...
02:14Attendez, j'allais dire un...
02:15Je vais y venir.
02:16Sur la mémoire sélective, je vais y venir.
02:17Je voudrais...
02:18Bon, allons-y tout de suite, puisque le Président a évoqué, en parlant de l'attentat raciste de Trappes,
02:23une première dans notre pays, où l'on est visé pour sa religion, pour sa couleur de peau.
02:28Ensuite, il a rectifié, il a rectifié.
02:30Et comment ça lui est venu ?
02:31Madame, vous vous posez...
02:32Attendez, vous n'êtes pas une gamine de 15 ans ?
02:35Non, non, tout le monde, tout le monde, tout le monde, quand il a entendu les propos, tout le monde
02:38a évidemment pensé...
02:38Mais lui, il dit ça.
02:39Vous ne vous posez pas la question ?
02:41À tous les attentats qui nous ont blessés dans notre fait.
02:43Attendez, parce qu'il n'y a pas des juifs qui ont été tués par juifs, il n'y a
02:45pas eu des chrétiens tués comme chrétiens, il n'y a pas eu d'autres musulmans tués par...
02:52Parce que je vais vous dire un truc qui va vous paraître monstrueux, parce que je crois que c'est
02:57calculé ce qu'il dit.
02:58Parce que je crois que ce n'est pas une erreur, tu ne fais pas une erreur comme ça.
03:02Tu ne dis pas que c'est la première fois et que ça te vient...
03:05Attendez, comment vous plaisantez ? Le père Hamel, Mohamed Merah...
03:10Et là, sa liste est longue.
03:12Là, j'en prends un de chaque côté, mais enfin, on pourrait prendre la liste.
03:15Parce que je pense qu'il se dit qu'il va encore une fois dans le sens d'une partie
03:20de l'électorat.
03:21Et que condamner et dire ça, c'est une saloperie en plus.
03:26Condamner et dire ça en faisant croire qu'il a une empathie encore plus importante pour les musulmans que pour
03:32les autres, je trouve que c'est dégueulasse.
03:33Et je pense qu'il a toujours... Je ne lui accorde aucune circonstance atténuante.
03:39Je ne lui accorde aucune naïveté.
03:43Jamais.
03:45Très rapidement, en tous les cas, la gauche a jeté la responsabilité sur la droite, sur le Rassemblement national, sur
03:50Reconquête,
03:51estimant que la violence des mots aboutit à des actes horribles.
03:53Est-ce qu'une partie de la classe politique, Robert Ménard, a armé idéologiquement cet assaillant ?
04:00Attendez.
04:01Il y a des propos dans une partie de la classe politique qui sont des propos qui...
04:07Attendez, je fais attention.
04:08Lesquels, allons-je dire.
04:09Vous préférez qu'on se dise tout ?
04:11Le sujet est tellement sensible, inflammable, et la polarisation est tellement extrême...
04:16Vous voulez vraiment qu'on se dise tout ici ?
04:17Je pense qu'il y en a un seul qui n'a pas condamné.
04:23C'est Éric Zemmour, à ma connaissance.
04:25J'ai dit une bêtise ?
04:27Non.
04:29C'est inadmissible.
04:31Et en même temps, pardon, puisqu'on est ici, je ne vais pas rater...
04:34Je ne sais pas que je ne veux pas.
04:35Vous permettez que je salue Bruno Jeudy et Anne Saurad-Dubas ?
04:39On va continuer à évoquer l'acte de trappe.
04:41Il se fait, ils le savent tous les deux.
04:43Moi, j'ai été le patron de Reporters Frontier pendant plus de 20 ans.
04:47Que vous ayez à BFM, et je le dis ici parce que je peux le dire dans cette...
04:53Inviter Éric Zemmour...
04:54C'est pour ça que j'ai précisé tout ce que je pensais d'Éric Zemmour sur cette affaire-là.
04:57Que vous ayez décommandé une interview d'Éric Zemmour, ici,
05:02sous prétexte qu'il aurait pu tenir un certain nombre de propos problématiques,
05:07ce n'est pas possible de se comporter comme ça.
05:10Ce n'est pas possible.
05:11Ici, dans ce pays, vous devez recevoir...
05:14En même temps, Robert, si je peux me permettre,
05:17il y a une petite contradiction de ce que vous venez de dire précédemment.
05:19Vous dites que c'est le seul qui n'a pas condamné.
05:21Mais tu le reçois pour le lui poser.
05:23C'est celui qui a été...
05:25Non mais, que j'aille jusqu'au bout de ma parole,
05:28Robert, je n'ai pas de soucis à interroger Éric Zemmour.
05:31Je pense qu'il fait partie des gens difficiles à interroger
05:33parce qu'il peut être dérapé à tout moment.
05:36Il tient des propos, parfois, évidemment,
05:39qui tombent sous le coup de la loi, puisqu'il a été condamné à plusieurs reprises.
05:41Mais, vous ne pouvez pas dire, en même temps,
05:44là, vous faites une contradiction dans ce que vous dites.
05:46Aucune contradiction.
05:47J'ai passé ma vie à défendre, à sortir de prison,
05:51à gueuler dans des pays parce qu'on interdisait un média,
05:55de gens qui tenaient des propos insupportables.
05:58Mais attendez, notre métier, c'est de répondre.
06:01S'il est face à vous, face à vous, face à vous...
06:04Je suis d'accord.
06:05Votre boulot, c'est de faire ça.
06:06Parce que...
06:07Je suis d'accord.
06:09Mais...
06:10Mais quoi ?
06:11Je dis mais, attendez.
06:14Je vous dis juste qu'avant, vous disiez,
06:16c'est monstrueux ce qui s'est passé à Trappes,
06:19et il y a une seule personne qui n'a pas condamné.
06:22Vous voyez bien que la difficulté, elle est là.
06:24Mais non !
06:24Mais il n'y a aucune difficulté.
06:26Je ne vous l'ai pas dit pour autant qu'il ne faut pas le recevoir.
06:28Je vous dis que vous parlez de la seule personne
06:31qui n'a pas condamné explicitement.
06:34Pourquoi je prends cet exemple-là ?
06:36Parce qu'aujourd'hui, je vois la folie autour des médias.
06:40Je vois la folie.
06:41Les médias sont pris témoins.
06:43D'ailleurs, je peux rappeler, je voulais le rappeler tout à l'heure.
06:46Je peux rappeler ce qui se passe pour les équipes de BFM.
06:48Mais j'allais vous le dire, je peux vous interroger à ce sujet.
06:51C'est votre casquette de reporter sans fin de 20 ans,
06:53où vous défendiez, et vous défendez toujours,
06:55mais vous défendiez les journalistes hors de France et en France.
06:58C'est terrible qu'ils faillent les défendre en France, madame.
07:01C'est des questions qui ne se posaient pas comme ça.
07:04Les journalistes, c'était rarissime.
07:06Oui, à l'époque, oui.
07:07Ça fait un moment déjà.
07:08Comment ?
07:08Ça fait un moment déjà.
07:10Attendez, oui, mais c'est, attendez-moi.
07:11C'est de l'expérience vécue, pour le coup, c'est...
07:13Je suis bien plus vieux que vous, madame.
07:14Et quand je dis qu'il y a un moment, ça remonte à des années où vous étiez encore une
07:18gamine.
07:19Oui, il y a une polarisation.
07:21Moi, ce qui m'inquiète, c'est la polarisation dans les médias, la folie qui touche.
07:26Un certain nombre de gens qui voient dans les médias, qui ne pensent pas comme eux, des ennemis.
07:31Mais ce qui m'inquiète encore plus, et c'est pour ça que je suis scandalisé, évidemment,
07:36et par ce qui est arrivé à vos équipes, mais qui est arrivé la semaine avant aux équipes,
07:41pas aux équipes, aux locaux, c'était Europe 1 et CNews.
07:46Mais en même temps, pardon, en même temps, ce qui vous honore et ce qui devrait vous honorer,
07:53c'est de recevoir tout le monde.
07:55Oui, mais vous dites...
07:55Tout le monde.
07:56– Vous avez dit, pardon, je reprends vos mots.
07:58– On reçoit tout le monde.
07:58– Honnêtement, on peut faire beaucoup de reproches.
08:00Le plateau est ouvert à tout le monde.
08:02Il faut que tout le monde puisse venir.
08:04– Attendez, on parle des deux émaux.
08:05– J'ai apporté une érection.
08:07– Vous avez dit, je reprends juste le moment.
08:09– C'est bien ce que certains nous reprochent aujourd'hui.
08:11Et je précise qu'il n'a tenu sur ce propos, sur ce plateau, aucun,
08:15et d'ailleurs nous étions ensemble, propos qui n'a pas été contesté.
08:18Chaque chose a été contestée, y compris, permettez-moi un mot,
08:21y compris quand il s'est agi de prénom,
08:25dont il a parlé d'enfants et qui m'ont touché personnellement.
08:28Je ne parle pas à vous.
08:28Je parle à tous ceux, à tous ceux, Robert Ménard,
08:31qui font des leçons sans être parfois à la place de ceux qui posent des questions.
08:35– Robert, juste avant, pour appuyer ce que dit Sonia,
08:38puisque j'étais également sur le plateau,
08:40et donc tous les deux, nous avons dû batailler contre Éric Zemmour
08:43pour reprendre les moments où on n'a pas laissé passer,
08:48les prénoms, la mise en cause islam,
08:51certaines choses comme ça.
08:51Donc c'est vrai, après, évidemment, la polarisation fait qu'on mélange tout,
08:56qu'on attaque tout le monde tout le temps,
08:58et après tout, pourquoi pas, ça fait partie de notre métier.
09:02Mais je maintiens qu'on n'a pas laissé Éric Zemmour ici sans réponse,
09:07et sans être repris.
09:09– Putain, mais je ne vous ai pas dit ça !
09:10– Non, mais je le dis, Robert, je le dis Robert pour cadrer les choses.
09:15– Non, non, non, attends, j'ai fini là-dessus.
09:16Je ne vous reproche pas ça.
09:17Attendez, j'ai écouté ce que vous disiez.
09:19En plus, il y a un certain nombre d'arbres utiles maintenant
09:21qui vous menacent, vous personnellement.
09:24Je n'ai pas dit ça, j'essaye juste de finir mon raisonnement.
09:27Un, il y a une polarisation de la vie politique,
09:30une polarisation de la vie sociale,
09:32une polarisation de la vie tout court,
09:33des gens qui ne s'adressent plus à la parole.
09:35Pardon, je vais finir.
09:36Il y a une polarisation entre les médias.
09:37Chacun choisit ses médias.
09:39Ce qui m'inquiète un peu plus, c'est la polarisation
09:41à l'intérieur des rédactions.
09:43– Mais, justement…
09:43– Et je finis.
09:44À l'intérieur des rédactions.
09:45– Je me permets.
09:46– Ça veut dire que maintenant, à l'intérieur des rédactions,
09:48il y a des gens qui disent à tel ou à vous, par exemple,
09:51pourquoi donc vous recevrez tel ou tel.
09:53Je dis, on reçoit tous les gens
09:55et on fait son métier de journaliste.
09:58Exactement.
09:58– Monsieur Ménard, simplement d'un mot.
10:00Vous avez dit, vous ne l'avez pas reçu
10:03sous prétexte qu'il aurait pu dire, etc.
10:05Est-ce que vous êtes certain de cela ?
10:07Est-ce que vous êtes certain que c'est ce qui a présidé
10:09au fait qu'on ait décommandé ?
10:11– Et c'est quoi ?
10:11– Mais c'est une liberté de programmation ?
10:13– Non, mais vous foutez de moi.
10:14– Vous plaisantez ?
10:15Mais attendez, attendez, je vais vous dire…
10:17– La liberté de programmation, je ne suis pas riche.
10:19– Si, je vais vous dire pourquoi c'est très important,
10:21monsieur Ménard.
10:22Je vais vous dire pourquoi c'est très important.
10:23Parce qu'à partir du moment où n'importe qui
10:25a questionné notre liberté de programmation
10:27dans le respect des règles de l'ARCOM,
10:29vous comprenez bien que tout le monde le fait
10:31avec une arrière-pensée.
10:32Je ne parle pas de vous, mais je vous dis simplement
10:34que c'est largement fait par d'autres,
10:36des partis politiques, qui se disent voilà…
10:38– Et si vous permettez, je veux parler du climat dans le pays.
10:40– Personne ne l'intéresse beaucoup les Français.
10:42– On va revenir pour ne pas que ça fasse un débat entre journalistes.
10:44Mais pardon, à moi, vous ne venez pas me dire ça.
10:46Vous êtes gentils.
10:48D'abord, moi, je me permets de le dire.
10:49Et je finis là-dessus en disant,
10:51toutes ces critiques que je viens de faire,
10:53je les fais dans la station elle-même dont je parle.
10:56– Et c'est le meilleur coup de chapeau à votre rédaction.
10:59– Et vous aurez toujours la liberté de le faire
11:02à la rédaction de l'ARCOM.
11:06– Je reviens aux mots et aux faits.
11:08Est-ce qu'il y a un climat ?
11:09La question est fondamentale et elle est vertigineuse.
11:12Est-ce que certains mots, la violence ou le constat
11:16ou le diagnostic de certains,
11:19entraînent ou peuvent armer idéologiquement,
11:21que ce soit un schizophrène ou quelqu'un
11:23qui serait plus idéologisé ?
11:25Le maire de Trappes a dit ici même
11:27qu'en mettant un signe égal entre immigration et insécurité,
11:30je cite,
11:31« on finit par armer ce genre d'individu
11:32qui a commis ce crime atroce horrible ».
11:34Il a dit aussi que les propos de Jordan Bardella,
11:36ayant affirmé, je cite,
11:37que Trappes est une république islamique en miniature,
11:40la capitale européenne du djihad,
11:43consiste à armer idéologiquement cet assaillant, cet individu.
11:47– Je peux être hésitant.
11:52– Mais c'est tout à votre honneur d'ailleurs.
11:55– C'est mieux que la polarisation.
11:58– C'est du bien aussi sourire un peu parfois.
12:00– La nuit autre, on se retrouve là-dessus.
12:01– Non mais c'est sensible évidemment.
12:04– Bien sûr, non, parce que en même temps,
12:05vous lisiez ça, je disais, c'est absurde de dire ça,
12:08et en même temps, je connais des gens de droite
12:10qui disent, et moi j'ai peut-être dû le dire,
12:13c'est pour ça que je ne veux pas donner des leçons au monde entier,
12:15tu vois, c'est un peu facile les leçons aux autres.
12:18Il me semble que de temps en temps, j'ai même été foutu de dire
12:21que les propos de la France insoumise et d'un certain nombre de leaders
12:25de la France insoumise ouvraient la porte à des violences contre ça.
12:29Donc je plaide de temps en temps coupable là-dessus,
12:32parce que je pense qu'on n'est aucun d'entre nous,
12:35je parle comme acteur, vous, vous,
12:37on est à l'abri de ces exagérations dont on ne mesure pas
12:41ce qu'elles peuvent produire.
12:43Et en même temps, je connais trop, parce qu'encore une fois,
12:46j'étais patron de Reporters frontières,
12:48comment entre le passage entre l'argument verbal,
12:55madame, vous êtes patati patatou,
12:57et madame, je vais vous tuer, c'est pas la même chose,
13:00parce que vite, tu ne peux plus critiquer personne.
13:02Si chaque fois que tu dis un truc, par exemple sur l'immigration,
13:06ça justifie les violences après.
13:08Est-ce que vous voyez mes hésitations ?
13:09Je vous donne un exemple.
13:10Elles sont celles qui doivent être les vôtres, je suppose.
13:12– Robert Ménard, ici même, il y a eu un débat très intéressant
13:15entre Alexis Corbière et François-Xavier Bellamy.
13:17Alexis Corbière qui disait à François-Xavier Bellamy,
13:20il y a eu des propos, y compris dans votre camp, la droite,
13:23il disait cela à M. Bellamy,
13:25qui en tous les cas ont entraîné une atmosphère,
13:28voilà, un climat.
13:29Et François-Xavier Bellamy dit non.
13:31Moi, je récuse le mot climat islamophobe,
13:35parce que je récuse le mot d'islamophobie,
13:37je récuse l'islamophobie, je dis qu'en France,
13:38on peut critiquer l'islam, mais jamais, évidemment,
13:43vouloir jamais, jamais, jamais entraîner un tel acte.
13:47Entre les deux, qui détient un semblant de vérité ?
13:53– Ça nous amène finalement, ce qui se passe là,
13:56ça nous amène à, je réponds à votre question,
13:58à une prudence dans l'expression.
14:01En plus, encore une fois, moi je suis tellement le contraire
14:03de la prudence dans l'expression,
14:04qu'un peu venant de moi, ça peut te faire rire deux minutes, quoi, tu vois.
14:08Et donc, je me dis, voilà, quand j'ai vu,
14:11alors s'il est schizophrène, c'est autre chose,
14:13mais s'il a vraiment, vous avez compris,
14:16tué en connaissance de cause et tout, c'est pas autre chose.
14:19– Ce qui est retenu, c'est l'attentat raciste qui est retenu.
14:21– Oui, ça veut dire qu'il faut faire attention à ça.
14:25Il faut faire attention.
14:26– Attention, on est à deux pas dans l'hystérie aujourd'hui
14:29du débat politique, on est à deux pas d'ouvrir la porte
14:33ou de donner des justifications à des jobards,
14:36à des gens dangereux, à des gens, je sais pas moi,
14:38sur l'immigration, j'essaye de faire attention,
14:41sur l'immigration par exemple, moi je l'ai dit dix fois,
14:44mais je vais vous lire, moi je suis contre une immigration
14:48sans limite, je suis pour des quotas.
14:50– C'est la situation.
14:50– Comment, mais oui, voilà.
14:52Mais en même temps, Dieu sait que même des problèmes
14:55avec des immigrants en situation irrégulière.
14:58Mais j'irai jamais dénoncer quelqu'un dans la rue
15:02qui vient me voir comme maire et qui me dit
15:04je suis en situation irrégulière.
15:06– Et pourtant certains vous diraient
15:07que vous êtes le même maire qui a refusé
15:09de marier à une occulte, et ça vous dites, ça j'assume.
15:11– C'est pas tout à fait, le tampon de la Marianne,
15:13c'est pas tout à fait la même chose.
15:15Mais dans la rue, qu'est-ce que vous feriez à ma place ?
15:17Tous les trois, qu'est-ce que vous faites à ma place ?
15:19Moi, normalement, mon boulot, c'est d'appeler la police.
15:21Tu l'appelles la police face à quelqu'un
15:23qui a pas respecté les lois,
15:28mais moi je me dis toujours
15:29est-ce que je les respecterais les lois si j'étais à sa place ?
15:31– Jusqu'où va aller ce climat ?
15:33On a une élection présidentielle dans 5 mois et 10, 6 mois.
15:36– Madame, ça fait 3 fois que je vous dis,
15:37c'est bien pour ça que les 6 mois à venir,
15:41ils sont inflammables.
15:42– Est-ce qu'il y a un risque de quelque chose ?
15:44– Mais bien sûr qu'il y a un risque, vous ne le voyez pas.
15:45Là, ça s'est passé calmement,
15:47parce qu'il y avait tellement de flics au mètre carré.
15:49est-ce qu'on est capable de mettre autant de policiers au mètre carré
15:54dans toute la France de samedi en samedi ?
15:56En plus, vous avez vu les Gilets jaunes,
15:58enfin encore que les Gilets jaunes,
15:59je me demande ce que ça représente,
16:01la coalition des Gilets jaunes.
16:02– Il n'y a pas beaucoup.
16:03– Voilà, tu vois, on est d'accord,
16:05je pense que, on dort des deux noms,
16:08j'aimerais bien savoir ce que c'est.
16:09Vous avez vu, maintenant, ils foutent le bordel,
16:11le vendredi aussi, je ne sais pas comment ils appellent ça,
16:14aller taper sur des poubelles.
16:16– Au-delà des Gilets jaunes et ceux dont vous dites
16:20qu'ils mettent le bordel, les casseurs, les pilleurs,
16:22il y a eu quand même des cortèges très nourris
16:25sur la vie chère, qui est quand même une revendication
16:27qui reste de samedi en samedi.
16:28– Oui, qu'est-ce qu'on peut leur dire aux Français aujourd'hui ?
16:33Parce qu'ils sont majoritaires, je pense, dans les cortèges,
16:35et malgré cet énorme dispositif policier de maintien de l'ordre,
16:41ils ont quand même été nombreux dans la rue samedi encore.
16:43– Absolument. – Malgré les difficultés,
16:45les changements de parcours, de manifestations, etc.,
16:47ils étaient encore très nombreux.
16:48– Ça veut dire qu'il y a vraiment des gens
16:51qui vivent, qui ont un point de vue
16:53et qui ont un discours sur ce qu'ils vivent,
16:56qui est, par exemple, à l'opposé de ce que je pense.
16:59Mais moi, je les respecte absolument.
17:01– À l'opposé de ce que vous pensez, c'est-à-dire ?
17:02– Ah oui, je pense qu'aujourd'hui, personne ne montra le SMIG
17:05à 1 700 euros net au moins de…
17:09– Non, oui, parce que je pense que c'est juste…
17:12– Non, mais c'est une question aussi du pouvoir d'achat.
17:13Au-delà du salaire, c'est-à-dire du pouvoir d'achat.
17:16– Est-ce que j'ai dit qu'il y a un problème ?
17:18– Mais madame, vous croyez que je ne le vois pas dans ma vie,
17:21le pouvoir d'achat ?
17:22Mais je ne vais pas aller faire des promesses à la con,
17:24dont je sais pertinemment qu'elles ne seront pas tenues.
17:26Vous croyez ?
17:27Je suis scandalisé quand on dit de nouveau aux gosses
17:31qu'on leur dit « Ah oui, je suis d'accord avec toi,
17:33on va changer parcours sup ».
17:35Parcours sup, et ça veut dire quoi ?
17:37On va continuer à donner à 80% du classe d'âge le baccalauréat.
17:41Mais c'est se moquer de…
17:43– Vous ne voulez pas céder à la démagogie ambiante.
17:44Mais est-ce que la France,
17:46puisque c'est quand même des situations graves comme ça,
17:49on l'a déjà connue,
17:49mais à moins de six mois d'une présidentielle,
17:51c'est plutôt inédit,
17:53est-ce qu'il y a un risque que finalement la campagne,
17:56elle ait lieu dans la rue ?
17:57– J'espère que non.
17:59Mais ce que je crains, c'est que même si elle n'a pas lieu dans la rue,
18:03elle est tellement influencée par la rue
18:05que les élans démagogiques de plein de partis,
18:10ils vont s'en donner à cœur joint.
18:11Aujourd'hui, tu vois des débats,
18:13ou sous prétexte que…
18:15Alors, je ne dis pas le gamin,
18:16parce que vous m'avez repris.
18:17Le jeune en face de vous,
18:19ce n'est pas parce que tu as 22 ans que tu as raison sur tout.
18:23Oui, non mais attendez,
18:24aujourd'hui, on a eu quoi ?
18:26Mais bien sûr, c'est ça.
18:27Moi, j'aime beaucoup la petite Louise,
18:30la dernière fois, je la trouve.
18:31– Vous avez aimé tout autant le petit Marius.
18:33– Et le petit Marius.
18:34Mais en même temps, je suis capable de leur dire
18:36que sur un certain nombre de choses,
18:38ils ont tort.
18:39Ils ont tort.
18:40– Attendez, quel est le pays où on investit ?
18:44Il y a plein de pays où on investit plus,
18:46mais il y a plein de pays où on investit moins
18:48dans l'éducation nationale,
18:49qui ont des meilleurs résultats que nous.
18:51Il y a aussi, je le sais,
18:52des pays où on investit plus.
18:54Qu'est-ce qui se passe que ça ne marche pas ?
18:56Comment ça se fait qu'on dépense autant d'argent socialement ?
19:00Enfin, attendez,
19:01vous connaissez beaucoup de pays, vous,
19:03où l'école,
19:05ils trouvent que l'université,
19:07il ne faut pas augmenter.
19:07Mais combien c'est le droit d'entrer dans une école
19:09aujourd'hui à l'université ?
19:10Ça va être 300 euros.
19:12– C'est ce que j'allais dire.
19:13– À peu près.
19:13Enfin, vous voulez aller dans un stomp de pays ?
19:16Vous savez ce que ça coûte ?
19:17– Bien sûr.
19:18– Mais on peut aussi dire ça.
19:19On peut leur dire ça,
19:21ne pas se moquer d'eux.
19:22– Le débat, Robert,
19:24c'est la massification scolaire.
19:26C'est-à-dire qu'on a organisé le parcours plus,
19:31parce qu'il faut bien orienter les élèves après le liser.
19:34– Vous pouvez laisser rentrer tout le monde à Sciences Po, vous ?
19:36– Mais évidemment qu'il n'y a pas de la place pour tout le monde.
19:39– Alors, il faut leur dire…
19:41– Mais en même temps, on a emmené une génération,
19:4480% d'une génération, au bac.
19:46Donc, on amène tout le monde vers le bac,
19:49et puis après, on se dit,
19:50il n'y a pas de la place pour tout le monde.
19:51– Mais parce qu'on se moque d'eux.
19:55On se moque des gens.
19:56C'est comme les gens qui font des promesses en ce moment,
19:59dont ils savent, les hommes politiques ou les femmes politiques,
20:01qu'ils ne les tiendront pas.
20:03tu ne sais pas vrai qu'il y a 80% des gens en France aujourd'hui
20:07qui devraient avoir le bac,
20:10le bac qui était le bac d'il y a 20 ans.
20:13Évidemment pas, évidemment pas.
20:15Mais il faut avoir l'honnêteté de le leur dire,
20:18le leur dire avec les mots.
20:19Moi, je les respecte,
20:21je suis contre le fait qu'on ait un certain nombre de gens,
20:24évidemment, et utiliser la violence
20:26qui fait qu'on ne les entend plus dans leurs revendications,
20:29mais je ne leur dirai pas oui à toutes leurs revendications.
20:32Enfin, ce n'est pas vrai.
20:33Ce n'est pas le nombre d'élèves,
20:36contrairement à ce que disent…
20:38Pardon, je finis juste à suivre.
20:40Contrairement, ce n'est pas forcément le nombre d'élèves par classe
20:43qui fait que ça se passe bien ou pas bien.
20:45C'est aussi un problème d'autorité.
20:47Quand vous rentrez dans une…
20:48Vous êtes rentré, moi je suis rentré dans des classes.
20:50– Oui, j'y vais tous les ans.
20:52– Alors vous le voyez,
20:53tu as des classes où le prof, il a abandonné
20:56le fait d'obtenir le silence de la moitié des élèves.
20:59Enfin, comment tu acceptes ça ?
21:01– Mais Robert Ménard, on entendait tout à l'heure
21:03Jordan Bardala qui dit qu'il faut revenir au vouvoiement.
21:06Mais c'est d'un claquement de doigts, aujourd'hui ?
21:08On va rendre obligatoire…
21:11– Est-ce que je vous dis justement
21:12qu'il ne faut pas faire des promesses ?
21:14Il ne faut pas dire que ça, ça règlera le problème.
21:16Alors sur l'uniforme, vous êtes le maire,
21:19le seul maire qui a proposé l'uniforme
21:22à toutes les classes de tout le primaire.
21:25– Et comment ça se passe ?
21:26– Comment ?
21:27– Comment ça se passe ?
21:27– Il y a 70% des parents qui l'ont réclamé
21:31parce que vous savez, c'est un, des économies
21:33pour les familles,
21:36deux, parce qu'on l'avait fait depuis trois ans,
21:39ça améliore la cohésion, le sentiment d'appartenance,
21:43ça ne règle pas tout, je vous le dis tout de suite,
21:45je ne suis pas assez con pour le penser,
21:46ça ne règle pas le problème des enseignants,
21:48des absences des enseignants, de tout un tas de choses.
21:50Mais c'est la somme de petites réponses.
21:53Je ne crois pas que ce soit la réponse à toutes les questions.
21:57Et oui, je vais vous dire un truc pire que ça.
22:00Non seulement j'ai du mal à comprendre
22:02qu'on tutoie un professeur,
22:05comme j'ai du mal dans la rue
22:06qu'un gamin me tutoie, pardon,
22:08je ne sais pas ça,
22:09mais de la même façon, ils vont bondir.
22:11Moi, quand je vois comment des enseignants sont habillés,
22:14je me dis, mais comment tu peux…
22:17Oui, je sais, je sais, c'est vio-réac,
22:19mais c'est comme ça.
22:20Est-ce qu'on a dit ça ?
22:21Moi, je pense que quand tu veux incarner l'autorité,
22:26madame, je ne viens pas ici en tee-shirt.
22:29Qu'est-ce que voulez-vous dire ?
22:30Juste pour revenir sur la crise lycéenne,
22:32j'ai écouté votre débat ici même avec les lycéens.
22:36Est-ce que rétrospectivement, l'erreur,
22:38c'est quand même que le Premier ministre
22:41et le Premier ministre de l'Éducation,
22:42ils ont minoré totalement la colère au départ
22:47et maintenant, ils sont embarqués dans un truc
22:49où là, ça part dans tous les sens
22:51et ça va devenir très, très compliqué.
22:53C'est-à-dire que finalement, au début,
22:56c'est une colère qui est assez contenue
22:58dans deux, trois régions.
23:00Comment vous voulez qu'on ait la réponse ?
23:02Je vous pose la question, je ne sais pas,
23:04je n'ai même pas de réponse.
23:05Je peux ajouter une question ?
23:06Est-ce que vraiment, et là, ce n'est pas complotiste,
23:09est-ce que ça a été minoré et ils ne l'ont pas vu venir
23:11ou est-ce qu'à un moment, ils se sont dit
23:12que ça va s'essouffler, on laisse, au contraire ?
23:15Certains disent, la gauche disent pourrissement,
23:17moi, je dis essoufflement, je vous pose la question.
23:19C'est une erreur totale de diagnostic.
23:21C'est deux choses.
23:23Oui, attendez, moi, le nombre de gens que j'ai entendus
23:25et pour vous dire, dans l'autocontrition,
23:30moi aussi, je me suis dit qu'avec les vacances,
23:32tout ça, ça va calmer le monde.
23:33À quoi ? Ce n'est pas vrai.
23:34Je crois que les...
23:35En 1990, on a la même situation,
23:37on retourne les vacances.
23:39Mitterrand reçoit les lycéens
23:40et il lâche 2 milliards, je crois.
23:44Chaque fois, je dis ça,
23:46pour ne pas avoir l'air d'être un donneur de leçons
23:48qui serait le mieux,
23:50qui serait plus intelligent que tout le monde
23:51ou plus courageux que tout le monde,
23:53ça ne l'est pas.
23:54Aujourd'hui, d'un claquement de doigts,
23:57vous l'avez fait tout à l'heure,
23:59on ne va pas régler le problème de l'école.
24:01On a eu combien ?
24:02J'ai entendu tout à l'heure.
24:03Mais sur la méthode.
24:04On a eu 8 ministres.
24:08La question, c'est celle de la méthode.
24:09C'est ce qu'il disait tout à l'heure.
24:10Moi, je répète le chiffre que j'entends ici.
24:11Et je vous crois.
24:12Je crois BFM, 8 ministres de l'éducation nationale.
24:15Comment tu fais...
24:17Comment tu fais une poli ?
24:21La question de l'aboutissement,
24:24des réponses, des choses à annoncer.
24:26D'ailleurs, le Premier ministre a annoncé
24:27que normalement, il l'a annoncé la semaine dernière au Sénat,
24:30les réponses, c'était entre vendredi et lundi.
24:31Donc normalement, c'est imminent.
24:34Au-delà de la question, effectivement,
24:36de l'aboutissement du mouvement
24:38et répondre aux revendications,
24:39est-ce qu'il n'y a pas un souci sur la méthode, en effet ?
24:41C'est-à-dire se dire misé sur un essoufflement.
24:45Et ce n'est pas complotiste, il y a 14 000 exemples
24:47précédents dans la vie politique française
24:49de tous bords confondus, d'ailleurs.
24:51Mais se dire, ça va passer, ça va passer.
24:53Et voir qu'il y a des blocages, etc.
24:55Jusqu'à...
24:56Et je dis aussi ce qui a été souvelu
24:57par un certain nombre de partis politiques.
24:59Jusqu'au moment où...
25:01Drame de cette évolution-là,
25:04c'est au moment où ça commence à casser
25:06que là, paf, le gouvernement arrive en disant
25:08attention, on va se calmer, on reçoit, on reçoit.
25:10Et des blessés de tous côtés.
25:11Et des blessés, et des blessés grattent chez les lycéens,
25:13chez les forces de l'ordre aussi...
25:15Madame, on ne va pas revenir sur l'épisode clounesque
25:21des 3 000 enseignants qu'on trouve...
25:24Alors là, d'un claquement de doigts, vous avez remarqué ?
25:26Putain, il y en a 3 000 qui sont...
25:27On va voir la rentrée scolaire, peut-être.
25:30Oui, on va voir s'ils sont là.
25:31Peut-être...
25:31Il faut donner sa chance au produit.
25:33Non, mais ce qui est en train de mettre une méthode,
25:35vous voyez ce que je veux dire.
25:35Attendez, je suis d'accord,
25:37ce n'est pas ce que je veux dire.
25:37Bon, on va voir s'ils sont là.
25:38Mais c'est quand même la méthode
25:40pour reprendre votre consoeur, ce qu'elle dit.
25:42D'un coup, tu en trouves 3 000.
25:45Ah, ceux-là, on ne savait pas où ils étaient.
25:47Ils étaient devant...
25:48En tout cas, pas devant des gosses,
25:50pas devant des...
25:51Puisqu'ils étaient ailleurs.
25:52Oui, mais c'est ça qui est sidérant.
25:54Attends, mais tu dis ça.
25:56Tu ne retiens plus le fait qu'ils en aient 3 000.
25:59Tu te dis...
26:00Putain, quelle gestion du ministère
26:02de l'Éducation nationale
26:04si parce qu'ils ont eu un problème...
26:06Alors, l'IA, merci,
26:07puisque d'un coup, avec l'IA,
26:08ils pouvaient les trouver.
26:09Enfin, c'est grotesque,
26:11mais tu ne peux pas.
26:12Ce que j'essaie de vous dire,
26:14c'est que moi,
26:15ce que je ne supporte pas aujourd'hui,
26:17c'est les gens qui essayent
26:18de nous faire croire
26:19que, sur l'Éducation nationale,
26:21par exemple,
26:22les choses à remettre en état
26:25sont telles
26:25que ça ne se fera pas
26:27en 100 jours.
26:29Mais on parle à côté,
26:30on est en parallèle, là,
26:30M. Minard.
26:31Il faut geler,
26:31c'est hyper natus
26:32jusqu'à l'élection présidentielle.
26:34Non, non, mais je dis...
26:35Moi, je suis pour qu'on vote plus vite.
26:37Ne me dites pas ça.
26:38Les Français sont super lucides.
26:40Les Français sont super lucides
26:42sur la situation du pays,
26:43le manque de fonds,
26:44le manque de budget.
26:45Les Français sont très lucides.
26:46Est-ce qu'on n'en est pas là ?
26:47C'est ça, ma question.
26:47Je vais la poser plus franchement.
26:49Est-ce qu'on n'en est pas là ?
26:50Pas parce qu'il n'y a pas les réponses,
26:51mais parce qu'il n'y a pas de dialogue, en fait.
26:53Comprenez ?
26:53Sur les carburants,
26:55sur les lycéens,
26:56sur la vie chère,
26:57il n'y a plus de corps intermédiaire
26:58qui permettent de faire la jonction.
27:00Et donc, on se retrouve avec des cortèges,
27:01regardez l'image derrière vous,
27:02extrêmement nourris dans la rue,
27:03parce que les gens ont l'impression
27:05qu'il n'y a plus de dialogue.
27:06On n'en est pas là
27:07parce qu'on n'a pas des gens courageux
27:09qui disent un certain nombre de choses,
27:12qui ne racontent pas des craques,
27:14qui expliquent quand c'est difficile,
27:15que c'est difficile,
27:16qui expliquent...
27:18C'est un début de dialogue, ça.
27:20Je ne suis pas sûr.
27:21Le français fait bonheur,
27:22le français conteste,
27:23le français pense qu'il peut continuer
27:24à vivre après-midi.
27:25Moi, je partage votre avis.
27:27Moi, je pars dans l'obrat,
27:28c'est le vrai.
27:29Et on arrête.
27:30Non, moi, je pense qu'on peut parler
27:33aux gens comme...
27:34C'est un début de dialogue, ça.
27:36Moi, je fais ce pari-là
27:37de ne pas mentir aux gens,
27:39de ne pas leur raconter
27:40que le lendemain des élections,
27:43je vais régler les problèmes
27:44qu'on n'a pas été capables
27:46de régler depuis des dizaines d'années.
27:47Ça ne veut pas dire
27:48qu'on ne peut pas prendre des décisions
27:50tout de suite.
27:51Le président a réagi ce soir,
27:53il y a à peine une heure,
27:54il dit au nom de tous,
27:55je tiens à remercier
27:56nos forces de l'ordre,
27:58mobiliser cette semaine
27:58pour assurer partout l'ordre.
28:00Le président, l'ordre républicain,
28:02grâce à elle,
28:03et malgré un contexte difficile,
28:04l'État a été au rendez-vous
28:05de ses missions,
28:05vous le voyez.
28:06J'ai rencontré vendredi
28:07les syndicats lycéens
28:08et entendu les attentes légitimes
28:09de notre jeunesse.
28:10Le Premier ministre
28:11et les ministres
28:11poursuivront dès demain.
28:12Ce dialogue apporteront
28:13des réponses très concrètes.
28:15Moi, je suis très content
28:16avec ça,
28:17sauf que c'est le même
28:18qui te disait
28:19les flics ne ferait pas preuve
28:20d'assez d'empathie
28:21pour les gens.
28:22Tu vois,
28:23donc changer d'avis
28:23à ce point tous les 15 jours,
28:25honnêtement,
28:26ça ne va pas nous aider.
28:27Mais c'est incroyable,
28:27c'est-à-dire que nous sommes,
28:29et on va conclure sur ce point,
28:30à 6 mois,
28:315 mois et demi,
28:326 mois d'une élection reine,
28:34où tout normalement se décide,
28:35tout l'avenir d'un pays,
28:36le destin d'un pays.
28:37Et 6 mois avant...
28:38Mais parce que ce n'est pas vrai,
28:39madame.
28:40Parce que dans 6 mois,
28:42on ne réglera pas tout.
28:43Parce qu'on entretient un mythe,
28:46parce qu'on croit que le chef...
28:47Le mythe de l'homme providentiel,
28:48je vous ai entendu.
28:49Non, pas seulement le mythe
28:50de l'homme providentiel,
28:51le mythe du chef de l'État
28:53tout-puissant,
28:54qui est du haut de l'Élysée,
28:56peut changer ce pays.
28:57Ce n'est pas vrai.
28:58Vous savez,
28:59sur les problèmes de sécurité,
29:00je vais vous raconter une anecdote
29:01parce que je vais vous le dire
29:02et je finis là-dessus.
29:03Pour la première fois,
29:05en France,
29:06à ma connaissance,
29:08hier,
29:09une police municipale,
29:10en l'occurrence la mienne,
29:11mais je l'ai fait chier tellement
29:12la préfète qu'elle a fini par sceller,
29:14puis elle a dû se dire
29:15sinon il va venir emmerder
29:16chez Sonia Mabrouk.
29:18C'est exactement ce qui se passe.
29:19Pas de bol,
29:20vous le faites quand même.
29:21Non, mais je l'ai même là.
29:23Sinon, Sonia Mabrouk,
29:24je lui dis,
29:24vous rigolez.
29:26C'est exactement comme ça
29:27que ça se passe.
29:28Pour la première fois,
29:29une police municipale
29:31a eu l'autorisation
29:32d'utiliser un drone
29:34pour surveiller une manifestation.
29:36C'était interdit.
29:37Comment tu peux être dans un pays ?
29:38La police nationale peut,
29:39mais pas la police municipale.
29:41Comment tu peux être à ces points
29:43cons de nous interdire de le faire ?
29:46Moi, je leur dis...
29:47Il faut bien qu'il y en ait un qui commence.
29:49Non, mais attendez.
29:50Certains vont vous dire liberté,
29:51droit à l'image.
29:52Oui, mais voilà.
29:53Moi, je suis chef de l'État demain.
29:56Vous passez autre.
29:57Je ne dis pas au maire,
29:58je te donne plus d'argent,
29:59mais je te donne plus de pouvoir.
30:01Ta police municipale, pardon,
30:03elle va pouvoir, par exemple,
30:05ce n'est pas autorisé,
30:06de te demander à monsieur,
30:07vous ouvrez votre coffre,
30:09là, je vais voir ce qu'il y a à l'intérieur.
30:10C'est interdit.
30:12Interdit.
30:13Comment tu peux faire ça ?
30:14Ça devait être étudié au mois de septembre.
30:18Ça a été repoussé.
30:19Les pouvoirs de la prérogative
30:20de la police municipale.
30:21Pourquoi ça a été repoussé ?
30:22Pourquoi ça a été repoussé ?
30:25J'ai une hypothèse.
30:26Je vous propose de demander
30:27si c'est faux au Premier ministre.
30:29Parce que ça a été le prix à payer
30:31avant le débat sur le budget
30:34pour ne pas se foutre le PS
30:36tout de suite à dos là-dessus.
30:37C'est ça dont il faut changer.
30:39On ne fait pas de mirage,
30:40mais on dit,
30:41j'aurai un peu de courage,
30:42je ferai un peu de choses
30:43et surtout, je ferai
30:44ce que j'ai dit.
30:45Tenir ses engagements, c'est tout.
30:47Merci Robert Ménard.
30:49Je suis sûre que le prochain plateau
30:50va beaucoup vous intéresser.
30:52On vous remercie.
30:53On vous dit déjà à dimanche prochain
30:54avec nos amis Bruno Jeudy
30:56et Anne-Sora Dubois
30:57et avec votre liberté
30:58qui fait du bien à entendre.
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