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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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Transcription
00:00Pour l'heure avec Bruno Jeudy, avec Rocaïa Diallo et avec Victor Hérault, bonsoir à vous et merci d'être
00:05resté cher Victor.
00:06On accueille Ségolène Royal, bonsoir Madame Royal, merci d'être là.
00:10Peut-être un mot sur ce que vous venez d'entendre, le géographe Christophe Guélui qui dit parfois quand on
00:15parle de peuple,
00:15d'âme du peuple, c'est un peu mal pris, ça renvoie à d'autres choses.
00:20Vous, vous l'utilisez régulièrement le mot peuple, sans problème.
00:23Oui, oui, je pense qu'il a raison, il est absolument passionnant.
00:26Et même si on voulait prolonger le titre de son livre sur la France périphérique,
00:30on pourrait se dire finalement que les jeunes ne veulent plus être des périphériques.
00:34Or, ils sont périphériques dans cette société, et c'est ce que j'explique dans mon dernier livre d'ailleurs,
00:39c'est qu'il y a une dette générationnelle qui est devenue insupportable.
00:43Et leur revendication, c'est finalement de changer le système.
00:47Le mot est un peu usé, mais c'est ça au fond.
00:50C'est pour ça que je dis qu'il faudrait un pacte générationnel.
00:52On ne peut pas leur laisser cette dette générationnelle, entre la dette climatique, la dette morale,
00:58la dette démocratique, la dette éducative, la dette financière.
01:03Et donc tous les jours, on leur fait peur, et là, ils ont un sentiment profond de déclassement.
01:08Et il a raison, Christophe Guilly, parce que c'est finalement la prolongation des Gilets jaunes.
01:13Regardez, et c'est au moment où le prix de l'essence est très élevé.
01:18Et une des premières décisions, ça paraît déconnecté de l'éducation.
01:21Mais moi, si j'étais aux responsabilités, je diminue tout de suite le prix de l'essence.
01:25Je baisse tout de suite les taxes sur l'essence.
01:27Je remets l'essence à 1,70€, 1,80€.
01:30Parce que derrière, il y a la crise du pouvoir d'achat.
01:32Et les jeunes, ils subissent la crise du pouvoir d'achat dans leur famille.
01:36Donc en plus, ça se dégrade dans le système éducatif,
01:40mais ça se dégrade aussi dans leurs conditions de vie.
01:43Donc quand on pose la question, nous, Ségolène Royal, de la convergence des luttes,
01:46en réalité, elle a déjà lieu.
01:48Puisque ce sont les enfants des parents qui, pour certains, sont pêcheurs, sont agriculteurs,
01:53font face à cette flambée des carburants.
01:55Donc cette catégorisation des populations, elle est obsolète, en réalité ?
01:59Tout à fait.
01:59Je pense que ce qui se passe là, c'est la continuité des luttes précédentes.
02:03Parce que vous avez eu les Gilets jaunes, c'était une question du pouvoir d'achat.
02:07Pas réglé, pas anticipé, surtout.
02:09Vous avez eu les agriculteurs, vous avez eu les professions de santé, vous avez eu les pompiers,
02:13vous avez eu ceux qui avaient peur pour leur retraite.
02:17Et donc aujourd'hui, la convergence des luttes, c'est parce qu'à chaque étape,
02:20non seulement ça n'a pas été anticipé,
02:23moi, ma conviction profonde, c'est qu'il y a déjà tellement de défis à relever
02:27dans le monde dans lequel nous sommes,
02:28qu'on a l'obligation ardente de faire en sorte que les mouvements sociaux n'aient pas lieu d'être,
02:34puisqu'on aurait réglé les problèmes avant, en écoutant, en regardant.
02:39La taxe carbone, elle pouvait être retirée.
02:41La question de la révolte des agriculteurs, ça pouvait être réglé en anticipant.
02:45La question des retraites, finalement, les projets ont été retirés,
02:48donc ça aurait dû être fait tout de suite.
02:51Et par conséquent, si vous voulez, l'attention qui doit être portée
02:55aux raisons des soulèvements sociaux,
02:57elle pourrait apporter des solutions pour que le pays puisse se concentrer
03:01sur d'autres problèmes et en défie la question de la réindustrialisation.
03:05Que répondez-vous, Mme Morial, à ceux qui vous disent
03:07que vous êtes alors partisan d'une France à l'arrêt ?
03:10Si dans ce cas-là, il faut faire attention à tout
03:12pour ne pas fâcher telle ou telle catégorie ou telle ou telle population,
03:15on ne fait plus rien.
03:16Au contraire, c'est beaucoup de travail, ce que j'appelle la France paisible.
03:19C'est beaucoup de travail.
03:20Ça veut dire qu'il faut écouter, il faut consulter,
03:24il faut élaborer des solutions,
03:26il faut faire marcher l'intelligence collective,
03:28il faut articuler l'État avec les collectivités locales,
03:31les corps intermédiaires,
03:32pas décider tout seul d'en haut,
03:34et c'est ça qu'on a vu,
03:35on a vu des ministres décider tout seul d'en haut,
03:37à tout d'un confesseur.
03:38Mais non, il y a une richesse du pays
03:42dans les corps intermédiaires qui ont été souvent piétinés,
03:44dans les collectivités territoriales qui ont été mises de côté,
03:47et là c'est typique d'ailleurs sur les lycées,
03:50parce que c'est les régions qui sont responsables
03:53matériellement des lycées.
03:54Dans la région, en Poitou-Charent,
03:55j'avais fait par exemple le budget participatif des lycées,
03:58c'est-à-dire que les lycéens décidaient de 10% du budget d'investissement,
04:02en délibérant dans chaque lycée,
04:03en votant les...
04:04Ah oui, donc la démocratie interne et participative...
04:07Eh bien c'était formidable, c'était formidable.
04:09Mais pardonnez-moi, alors si tout cela est cassé,
04:10si le ressort des corps intermédiaires,
04:13Bruno Jeudier, est cassé,
04:14si celui du lien avec les régions est cassé,
04:17l'écoute est cassée,
04:18c'est pas simplement parcours sup ou la vétustité des bâtiments,
04:21c'est un système qu'il faut changer.
04:23Sur ce que vient de dire Mme Royal,
04:25il y a des points qui ne sont effectivement pas discutables,
04:27qui n'ont pas fonctionné.
04:29Le fait de vouloir contourner les corps intermédiaires,
04:32c'est sans doute une des erreurs majeures d'Emmanuel Macron.
04:36Mais sur certains points que vous avancez,
04:39j'ai envie de vous dire,
04:40si on renonce, ça veut dire qu'on ne fera plus rien.
04:43Par exemple, sur les retraites,
04:44on ne peut pas dire qu'Emmanuel Macron,
04:45on peut penser ce qu'on veut de sa réforme des retraites,
04:47on ne peut pas dire qu'il ne l'ait pas annoncé dans sa campagne présidentielle,
04:50il finit par faire voter sa loi.
04:52Effectivement, c'est difficile parce qu'il n'a pas de majorité absolue.
04:55Et puis, à l'arrivée, après la dissolution,
04:58il retire son projet.
05:00C'est quand même une question majeure,
05:03la réforme des retraites.
05:04Non, il faut le dire Mme Royal.
05:05Moi, je crois que si,
05:06parce que vous êtes dans un monde
05:07où la démographie ne permet plus aujourd'hui
05:10de financer un système à crédit,
05:12un système de retraite généreux,
05:14sauf à le financer à crédit.
05:16Oui, mais vous voyez,
05:17vous êtes déjà là sur l'obsession de la question,
05:20c'est d'ailleurs la faute des retraités,
05:22si on est au borde de la faillite.
05:24Les retraités, ils vieillissent,
05:25c'est normal qu'ils vieillissent.
05:26Moi, je vieillis, donc c'est normal.
05:26Mais c'est ça que les gens entendent.
05:27On dit qu'il y a 3 500 milliards de dettes,
05:29on va renier les retraites.
05:31Donc, sous-entendu, c'est la faute des retraités.
05:33Non, c'est une question démographique,
05:34c'est la faute du système des retraités.
05:35Non, mais les retraités,
05:35c'est ce qu'ils entendent.
05:36Et quand, dans le même temps,
05:38Emmanuel Macron veut renier les retraites,
05:40mais a supprimé l'impôt de solidarité
05:42sur la fortune, ça ne passe pas.
05:44Et quand, dans le même temps,
05:45il y a 60 milliards de dividendes
05:46vers des hauts actionnaires,
05:47ça ne passe pas.
05:48Les Français sont intelligents.
05:50Ils se disent,
05:50mais pourquoi on nous fait peur à nous
05:52sur nos retraites,
05:53sur le pouvoir d'achat,
05:54sur la non-baisse des taxes sur l'essence ?
05:56Pourquoi la France serait le seul pays
05:58à échapper à forcément
06:00de repousser un petit peu l'âge de dépêche ?
06:02La dette pour la jeunesse,
06:03c'est ça.
06:04Alors que tous les pays le font.
06:05Est-ce que c'est une dette pour la jeunesse ?
06:06C'est la dette pour la jeunesse.
06:07Vous retombez dans le discours
06:09culpabilisant pour les retraités.
06:10Non.
06:11Car la question, elle est globale.
06:12Ce que vous dites peut être vrai
06:14pour certains qui peuvent travailler
06:15plus longtemps.
06:16En revanche, la question du taux de chômage
06:19des seniors est le plus élevé en France.
06:21Donc, vous allez mettre,
06:22si vous prolongez la durée du travail,
06:25vous allez mettre des gens au chômage.
06:27Donc, commençons par...
06:28Vous allez augmenter le nombre de gens
06:29qui ont travaillé
06:30parce que la part de Français
06:32qui travaillent,
06:32elle a augmenté.
06:34Il y a un problème global structurant
06:36de dépenses publiques.
06:38Et une fois de plus,
06:39tous les discours culpabilisants
06:40sur les retraités
06:41sont devenus insupportables,
06:42je vous le dis.
06:43C'est devenu insupportable.
06:44La retraite moyenne des femmes,
06:45c'est 1 100 euros.
06:47Donc, ça suffit.
06:48Donc, il n'y aura plus de retraite
06:49par commission.
06:50Pardonnez-moi, Mme Royal,
06:51vous parlez très justement
06:52de la dette qui incombera
06:54à ma génération
06:55et à la génération de mes enfants,
06:56voire de mes petits-enfants.
06:58Or, le système de retraite,
06:59non pas les retraités.
07:00Ça y est, les retraites.
07:01C'est encore la faute des retraités.
07:02Non, non, non.
07:02C'est extravagant.
07:03Je ne dis pas
07:03je crois les retraités
07:04qui nous regardent
07:05suffisamment intelligents
07:06pour savoir ce que je dis.
07:07C'est-à-dire que ce n'est pas
07:08de la faute des retraités,
07:09c'est la faute du système
07:10de retraite par répartition.
07:11Non, monsieur.
07:11Ce n'est pas la même chose.
07:12Les 3 500 milliards,
07:13ce n'est pas les retraités.
07:14Vous avez 100 milliards.
07:15C'est combien le déficit
07:16du système de retraite ?
07:17Pardonnez-moi.
07:18C'est plus de 50 milliards
07:19pour les retraités.
07:19C'est 50 milliards.
07:21Écoutez-moi bien, monsieur.
07:22La fraude fiscale,
07:23c'est 100 milliards.
07:24Je veux bien.
07:25Ça coûte 422 milliards par an.
07:27La fraude fiscale,
07:27c'est 100 milliards.
07:29Donc, je dis que
07:29tout pouvoir
07:30qui va continuer
07:32à faire peur aux retraités,
07:33car quand vous faites peur
07:34aux retraités,
07:35je vais vous dire une chose,
07:36vous faites peur
07:36à leurs enfants
07:37et à leurs petits-enfants.
07:38Non, leurs petits-enfants
07:39ont peur de payer la dette
07:40qu'on paye
07:40pour aujourd'hui payer les retraites.
07:42Écoutez les jeunes
07:42dans les manifestations,
07:43qu'est-ce qu'ils disent ?
07:44Ils disent de toute façon
07:45« Nous, on n'aura pas de retraite ».
07:46C'est ça qu'ils disent.
07:48Puisque tous les jours,
07:48on entend
07:49« C'est la faute des retraités,
07:50c'est la faute des retraités ».
07:50Comme à l'instant.
07:52Qu'est-ce qu'ils se disent les jeunes ?
07:53Ils se disent
07:54« Nous, on n'aura pas de retraite ».
07:56Alors, qu'est-ce que ça a comme conséquence ?
07:58Ça a comme conséquence
07:59que les jeunes renoncent
08:00à avoir des enfants.
08:02Beau résultat !
08:03Parce qu'ils se disent
08:03« Mais finalement,
08:04on va être à la charge
08:05de nos enfants,
08:06tout devient cher,
08:08il y a une crise
08:08du pouvoir d'achat,
08:09l'école se désagrège,
08:11donc il y a eu
08:12un effondrement sous Macron
08:13du nombre de naissances.
08:15Et ça,
08:16personne ne s'en occupe.
08:17Moi, je pense que
08:18quand un pays
08:18n'a plus confiance
08:19en son avenir
08:20au point de voir
08:21s'effondrer la natalité
08:22alors que c'était
08:23un modèle français
08:25exceptionnel
08:26où l'on avait à la fois
08:27le plus grand nombre
08:28d'enfants par femme
08:29et le taux d'activité
08:30féminale
08:31et une politique familiale
08:34dont j'ai à un moment
08:36eu la charge,
08:37je regardais
08:37tous les six mois
08:39ou même tous les mois
08:40je regardais
08:41le tableau de bord
08:42des naissances
08:42et je voyais
08:43et quand ça baissait
08:45dans une région
08:45je voyais que c'était
08:47concomitant souvent
08:47à des crises industrielles
08:49à des fermetures d'usines
08:50à de la paupérisation
08:51et donc on cherchait
08:52des parades
08:53là plus personne
08:54ne s'en occupe
08:56mais commençons par
08:57donc vous dites
08:57arrêtons la politique
08:58des boucs émissaires
08:59alors voyons les choses
09:00dans l'autre sens
09:01franchement
09:01comment on parle
09:02à une partie de la jeunesse
09:03et est-ce qu'il est vrai
09:04en tous les cas
09:05c'est ce qu'on voit
09:05sur le terrain
09:06qu'elle est aujourd'hui
09:07alors j'aime pas
09:08le mot instrumentalisé
09:09mais est-ce qu'elle écoute
09:10davantage
09:10est-ce que ça lui sonne
09:12doux à l'oreille
09:12ce que dit un Jean-Luc Mélenchon
09:14plutôt que ce que dit
09:15Madame Royal
09:15ou d'autres aujourd'hui
09:17comment vous expliquez
09:18Madame Royal
09:18que certains élus
09:20ont davantage aujourd'hui
09:21de prise sur une partie
09:22de la jeunesse
09:23parce que je pense
09:25que les jeunes
09:26veulent changer le système
09:27donc c'est des pulsions
09:29révolutionnaires
09:29et franchement
09:30il faut changer le système
09:33et c'est pour ça
09:34qu'il y a une radicalisation
09:35de la vie politique
09:36parce qu'au milieu
09:37c'est le boulegui-boulga
09:38oui alors c'est la faute
09:39des retraités
09:40mais non
09:41il faut changer le système
09:42c'est plus acceptable
09:44de leur laisser
09:44ce monde dans lequel on est
09:46et regarder tout
09:47ce qui s'est effondré
09:48sur la protection
09:48de l'environnement
09:49je vois l'Europe
09:50qui réautorise
09:51les pesticides
09:52et tout ça
09:53il y a un effondrement
09:54par rapport à ce qu'on avait
09:55décidé à la COP21
09:56tout d'un coup
09:57on redécouvre
09:58l'électricité
09:59les voitures électriques
10:00les énergies renouvelables
10:00mais vous dites qu'il y a une recherche
10:02de radicalité aujourd'hui
10:03il y a un besoin
10:04de changement de système
10:06c'est-à-dire
10:07de reprendre confiance
10:08dans l'avenir
10:09dans quel monde
10:10vous allez nous laisser
10:11on leur laisse des guerres
10:13on leur laisse le déficit
10:14on leur laisse la crise financière
10:15on leur laisse la crise
10:16du pouvoir d'achat
10:16on leur laisse la crise écologique
10:18on leur laisse la crise morale
10:19on leur laisse la crise démocratique
10:21les institutions ne fonctionnent plus
10:24Depuis le début
10:25quelle est l'issue politique
10:26parce qu'on a entendu
10:27des professeurs dépêchés
10:28des plateformes ouvertes
10:30un temps de démocratie interne
10:31et des solutions fin octobre
10:33à vous entendre
10:34ça ne va rien résoudre
10:35sinon aggraver le problème
10:36mais que cherche le gouvernement ?
10:38Voyez bien que c'est pas au niveau
10:39mais que cherche le gouvernement ?
10:41Ce qui est déjà triste
10:41c'est que ça n'ait pas été entendu avant
10:44ça faisait 2-3 ans
10:45que ça se dégradait dans les lycées
10:47Vous l'aviez vraiment anticipé
10:48parce que pas grand monde
10:49ne l'avait vu venir en réalité
10:51Comment ?
10:51Pas grand monde ne l'avait vu
10:52Moi j'ai écrit même
10:53tout un livre là-dessus
10:54mais bien sûr
10:55qui rejoint d'ailleurs
10:56ce que dit Christophe Guy
10:57lui c'est ça
10:58les jeunes ne veulent plus
10:59être périphériques
11:01C'est une bataille culturelle aussi
11:02vous la prenez à votre compte ?
11:04C'est une bataille culturelle
11:05c'est une bataille de civilisation même
11:07c'est le déclin
11:11la dégradation
11:11il se dit
11:12il y a même une nostalgie
11:13sur la France d'avant
11:14même chez les jeunes
11:15c'est ça qui est étonnant
11:17ils se disent
11:17mais avant
11:18est-ce que c'était mieux ?
11:19Oui
11:19c'était mieux
11:20C'est la première fois
11:21que vous entendez parler de cela
11:22Ça peut redevenir mieux
11:23mais à condition
11:25qu'on leur transmette
11:26un pays en bon état
11:27et où ils peuvent
11:28à leur tour
11:30modeler cet avenir
11:31à leurs mains
11:32avec leur imagination
11:33et leur créativité
11:34Vous savez
11:35cette génération
11:36on l'appelle aussi
11:37la génération dépossédée
11:39je dis ça dans mon livre
11:40c'est une génération dépossédée
11:41et c'est une génération anxieuse
11:43mais quand même
11:44à la sortie du Covid
11:46ils n'ont pas été pris en charge
11:47un jeune sur dix
11:48a pensé faire une tentative
11:49de suicide
11:50et on voit la santé mentale
11:52qui est dans un état
11:53catastrophique
11:55mais il n'y a plus rien
11:56dans les lycées
11:56il n'y a même pas
11:58à qui parler
11:58Pardon d'une question
11:59un peu terre à terre
11:59quel est l'intérêt
12:00d'un gouvernement
12:01de laisser pourrir
12:01un tel mouvement
12:02au risque de violence
12:03au risque même
12:04d'un drame ?
12:06Mais comme tous les mouvements précédents
12:08pourquoi est-ce qu'il a laissé
12:09se dégrader
12:10tous les mouvements précédents ?
12:11Parce qu'un gouvernement faible
12:13a besoin de la violence
12:14pour serrer la vis
12:17quand je vois
12:17le Premier ministre
12:18il est intelligent
12:19le Premier ministre
12:20c'est un homme de terrain
12:21il faut commencer à dire ça
12:22mais qu'est-ce qu'il lui a pris
12:23quand je vois le Premier ministre
12:24cet après-midi
12:24qui dit
12:25attention ça va être violent
12:26oulala
12:28c'est la prédiction réalisable ça
12:29si vous êtes devant
12:30de manifaire
12:30oulala ça va être violent
12:31ça excite tout le monde
12:33premièrement
12:34ça fait peur
12:34aux fonctionnaires de police
12:36qui disent
12:36ah bon ça va être violent
12:37donc il faut aussi
12:38qu'à un autre tour
12:39on soit prêt à faire
12:40de la violence
12:40donc il y a une dégradation
12:42des choses
12:43et moi c'est pas ça
12:44qu'il faut dire
12:45le moteur de la violence
12:46c'est le gouvernement
12:48en anticipant la violence
12:49c'est typique
12:50de toutes les manifestations
12:52de l'analyse sociologique
12:53de la gestion des crises
12:55un dirigeant
12:56qui dit
12:56ça va être violent
12:58suscite la violence
12:59parce que ça
13:00parce que ça fait peur
13:01la première chose
13:02qu'il devrait dire
13:03il l'a dit un peu
13:03des éléments d'extérieur
13:05qui viennent perturber
13:06les fins de manifestation
13:09comme ça a été le cas
13:10il y a 48 heures
13:11mais il y a deux choses
13:12c'est que d'abord
13:13quand il y a
13:13des mouvements sociaux
13:15où il se passe
13:15des choses formidables
13:16parce qu'il s'est passé
13:17des choses formidables
13:18et où le relais
13:19c'est uniquement
13:20ce qui flambe
13:20ce qui frappe
13:21etc
13:21il y a une dégradation
13:23de l'existence
13:24et de l'identité même
13:25d'un mouvement social
13:26qui dans certains endroits
13:27s'est très bien passé
13:28moi je suis allée discuter
13:29avec des lycéens
13:30devant leur lycée
13:30et on le dit souvent
13:31on le dit dans certaines villes
13:34mais malheureusement
13:35à Paris
13:36dans la capitale
13:36des fins de cortège
13:37casseurs et meutiers
13:38destructeurs
13:39on le sait
13:39dans tout mouvement
13:40dans tout mouvement social
13:42si ça
13:43bonnalisé
13:44madame Royal
13:45un mouvement social
13:46qui n'est pas réglé
13:48il y a en effet
13:49des casseurs
13:50qui viennent se greffer
13:52sur ce mouvement
13:53c'est pour ça
13:53qu'il faut que les mouvements sociaux
13:54soient réglés intelligemment
13:56avant
13:56car si
13:57un pouvoir faible
13:58il attend que ça se dégrade
14:00pour disqualifier
14:01le mouvement
14:02et en disqualifiant
14:03le mouvement
14:04c'est lui aussi
14:05qui est responsable
14:06de la disqualification
14:07des fonctionnaires
14:09de police
14:10parce que les fonctionnaires
14:11de police
14:11ils ont peur aussi
14:12il y a des réactions
14:14en effet
14:14qui ne sont pas maîtrisées
14:15mais si le pouvoir
14:16leur disait
14:17attention
14:19la manifestation
14:20le droit de manifester
14:21c'est inscrit
14:22dans la constitution
14:22c'est pas parce qu'il y a
14:23un manifestant
14:24que c'est un ennemi
14:25on a eu ça
14:26avec le préfet l'allemand
14:27vous manifestez
14:28vous êtes l'ennemi
14:28on n'est pas du même monde
14:29non
14:30la manifestation
14:31c'est un droit
14:32attendez
14:32qui voit un manifestant
14:33comme un ennemi
14:34aujourd'hui ?
14:34beaucoup
14:35pas l'effort de l'ordre
14:36si beaucoup
14:37mais l'ennemi
14:38vous ne croyez pas
14:39que c'est les casseurs
14:40qui les voient
14:41comme une bande rivale
14:41parfois ?
14:43il y a des jeunes
14:44qui ont été tabassés
14:45uniquement parce qu'ils étaient
14:46devant les lycées
14:48et les instructions
14:49n'étaient pas bonnes
14:50on aurait dû leur dire
14:51il y a les jeunes
14:52devant les lycées
14:53ils ont le droit
14:54de manifester
14:54vous les protégez
14:55si ça se passe bien
14:56et c'est tout
14:58mais c'est plus le préfet l'allemand
14:59madame Royal
15:00c'est plus le préfet l'allemand
15:01madame Royal
15:01vous faites un procès
15:02à ses successeurs
15:03monsieur Nunez
15:04et monsieur Fort
15:05oui mais la violence
15:06elle est quand même
15:06toujours dénoncée
15:07il a évolué
15:08les premières manifestations
15:10sous monsieur Nunez
15:11étaient correctement réglées
15:12vous avez vu
15:13il n'y avait pas eu
15:13de débordement
15:14et là
15:15quand il a dit
15:16j'ai donné des autorisations
15:17pour utiliser
15:18toutes les armes de guerre
15:19etc
15:21c'est quoi ?
15:22mais regardez
15:22la presse internationale
15:24vous utilisez
15:25toute la presse internationale
15:26vous aussi
15:26mais regardez
15:28à quoi ressemble la France
15:29vous voyez ça
15:30dans un
15:31dans un
15:31j'ai une question
15:32à ce sujet
15:33je sens qu'il y a
15:34beaucoup d'empathie
15:34dans votre discours
15:35pour la jeunesse
15:36c'est vraiment un discours
15:36qui effectivement
15:38tente de promouvoir
15:39le fait que le gouvernement
15:39les protège
15:40et protège leur expression
15:41et en même temps
15:41je sens une évolution
15:42dans votre discours
15:43parce que j'ai le souvenir
15:43qu'en 2018
15:44à la fin de l'année 2018
15:47des jeunes d'un lycée
15:48de Mante-la-Jolie
15:49s'étaient solidarisés
15:50des gilets jaunes
15:51s'étaient mobilisés
15:52pour demander
15:54pour protester
15:54contre le parcours sup
15:55déjà
15:55et pour protester
15:56contre la réforme
15:57du baccalauréat
15:57et à Mante-la-Jolie
15:58150 jeunes
15:59avaient été alignés
16:00devant leur lycée
16:01à genoux
16:01main derrière la nuque
16:02ou menotté à l'arrière
16:03et à l'époque
16:04vous aviez soutenu la police
16:05et vous avez dit
16:06ça ne leur fera pas de mal
16:08mais du coup
16:09je me demande
16:09si vous regrettez
16:10et si vous n'avez pas
16:11le sentiment
16:11d'avoir encouragé
16:11ce qui a été considéré
16:13comme des violences policières
16:15il y a deux choses
16:16dans cet événement
16:17c'est qu'il y a eu
16:20à ce moment-là
16:21il y a eu des feux
16:22qui sont partis
16:22dans des grandes bennes
16:23à ordures
16:23je ne sais pas
16:24si vous vous souvenez ça
16:25avec des gens
16:26qui ont failli
16:26être brûlés vifs
16:27dans la rue
16:28et à ce moment-là
16:29c'est pour ça
16:30que les lycéens
16:31ont été remis
16:31à l'intérieur du lycée
16:32et sécurisés
16:33et par rapport au risque
16:34qu'ils prenaient
16:35d'être finalement
16:37incendiés dans la rue
16:38j'avais dit
16:39il vaut mieux
16:39qu'ils soient sécurisés là
16:42qu'incendiés dans la rue
16:43première chose
16:43et ce deuxièmement
16:44c'est que
16:45ce que je ne savais pas
16:46ce que j'ai su après
16:47quand il y a eu les enquêtes
16:48c'est qu'il y avait eu
16:49en effet
16:49des brutalités policières
16:50sur les gens
16:51mais au moment où je parle
16:52vous êtes aujourd'hui
16:54permettez-moi de vous ramener
16:55aujourd'hui
16:55au moment où je parle
16:56au moment où j'ai parlé
16:57je ne savais pas
16:58qu'il y avait des brutalités policières
16:59mais madame
16:59vous êtes aussi pour l'autorité
17:01pour le retour de l'ordre
17:02pour la juste autorité
17:03la juste autorité
17:04et l'ordre juste
17:05et l'ordre juste
17:06mais là vous appelez
17:07évidemment
17:07je ne vous pose même pas
17:08la question
17:09un retour à l'ordre public
17:10est-ce que c'est une priorité ?
17:13ce n'est pas un retour
17:13à l'ordre public
17:14parce que c'est quel ordre public
17:15ça dépend
17:16si c'est l'ordre public
17:17et par les matraques
17:18non
17:18c'est-à-dire les blocus
17:19sont interdits généralement
17:20mais le droit de manifester
17:21évidemment doit être sanctuarisé
17:23mais là où il y a une nuance
17:24c'est sur le blocus
17:25c'est-à-dire
17:26il fallait laisser
17:27parce que les lycées
17:28pendant quelques jours
17:29les jeunes ils se réunissent
17:31devant leur lycée
17:31il vaut mieux les jeunes
17:32réunis devant leur lycée
17:33donc on a dit
17:35on a donné
17:35les instructions
17:36qui ont été données
17:37à la police
17:37où ils sont arrivés
17:38l'armée comme des soldats
17:40comme si on était
17:41en guerre civile
17:42c'est parce qu'on leur a dit
17:43mais il y a des tirs de mortier
17:45madame Royal
17:46il y a quand même des choses
17:47mais non non non
17:48dès le début
17:49dès le début
17:49les proviseurs
17:50les premiers proviseurs
17:51c'était ça la surprise
17:52c'était jamais arrivé
17:54ce n'est pas vrai
17:55c'est vrai
17:55ce sont les faits
17:56non parce que la mauvaise instruction
17:57ça se passe plutôt mieux
17:59ça se passe plutôt mieux maintenant
18:00parce que c'est vrai
18:00que devant les lycées
18:01là il y a encore des lycées
18:02parce que les instructions ont changé
18:04il y en a plus que 218
18:06aujourd'hui et hier
18:07ça se passe plutôt mieux
18:08mais les premiers jours
18:09du mouvement
18:10étaient très violents
18:11il y avait des attaques
18:12ce n'est pas vrai
18:12ce n'est pas vrai
18:13ça a été violent
18:16devant certains lycées
18:17parce que les instructions absurdes
18:19laissez-moi finir
18:20pas partout
18:21qui ont été données
18:22je les ai regardées
18:22c'est la finir
18:23donc je connais des policiers
18:26à l'intérieur des cadres
18:26de la police aussi
18:27avec qui je parle
18:28et ça a été
18:29vous ne laissez pas faire
18:30les blocus
18:31vous dégagez devant les lycées
18:32voilà ce qui a été donné
18:33comme instruction
18:34c'est pour ça que les policiers
18:35sont arrivés
18:36harnachés avec les armes
18:37on leur a dit
18:38vous dégagez devant les lycées
18:39c'est une absurdité
18:40il fallait laisser les lycées
18:42pendant deux trois jours
18:44commencer les discussions
18:45avec les lycéens
18:46organiser des assemblées générales
18:47dans les lycées
18:48vous voyez
18:49et maintenant
18:49c'est les ordres politiques
18:50que vous
18:50les consignes
18:51c'est pas les ordres
18:52c'est les fonctionnaires
18:54de police
18:54de certaines façons
18:54sont victimes de ces ordres
18:56ils sont les boucs émissaires
18:57de l'impuissance politique
18:58ils sont même victimes
18:59on les expose au danger
19:01en leur donnant des ordres
19:02comme cela
19:02il y a quelques instants
19:03Linda Kebab la policière
19:04elle dit
19:04on est des sortes
19:05de chasse-neige
19:06on est obligé de tout prendre
19:08tout prendre
19:08parce que le politique
19:10en fait
19:10il s'appuie sur nous
19:11on s'appuie sur nous
19:12à cause du mal-être
19:13dans la société
19:13on s'appuie sur nous
19:14à cause des incivilités
19:15à cause des violences urbaines
19:16à cause du narcotrafic
19:17il dit on n'en peut plus
19:18qu'est-ce que vous leur dites ?
19:19vous savez ce que je leur dis ?
19:20je leur dis
19:21si vous n'aviez pas
19:22les mouvements sociaux
19:23à réprimer
19:24et à encadrer
19:25vous pourriez vous consacrer
19:26à plein temps
19:27en effet
19:28à la lutte contre la délinquance
19:29à la lutte contre
19:30les agressions sexuelles
19:31à la lutte contre
19:32le narcotrafic
19:33le problème
19:34c'est que
19:35quand vous avez un gouvernement
19:36qui gère si mal le pays
19:38qu'il y a des émeutes sociales
19:40tous les ans
19:41ça retombe sur qui ?
19:42ça retombe sur les fonctionnaires
19:44de police
19:44Madame Royal
19:45deux questions
19:46je vais vous faire découvrir
19:47un sondage à l'instant
19:48il est tout frais tout chaud
19:49comme on dit
19:49c'est un sondage
19:51les échos
19:51je ne sais pas
19:52si ça va vous faire plaisir
19:53mais le candidat
19:55Raphaël Glucksmann
19:56connaît une véritable
19:58dynamique on va dire
19:58puisque regardez
19:59il est à égalité
20:00avec Edouard Philippe
20:01et Jean-Luc Mélenchon
20:02est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
20:04je pense que
20:05c'est logique
20:07puisque tous les désignés
20:08dans les primaires
20:09ont connu
20:10une poussée
20:11ça c'est logique
20:13c'est pas de son fait
20:14en fait
20:15c'est mécanique
20:16non non mais
20:17je cherchais la petite phrase
20:18mais pas du tout
20:19j'essaie de comprendre
20:19c'est mécanique
20:20ce que je veux dire
20:21ce que je veux dire
20:24c'est vu la situation
20:25dans laquelle est le pays
20:26je pense qu'il est urgent
20:28que les candidats
20:29à la présidentielle
20:30dessinent
20:32un autre avenir
20:33et en particulier
20:33pour les jeunes
20:35voilà
20:35vous avez confiance
20:37en lui
20:37pour atteindre le second tour ?
20:38je ne veux pas
20:40personnaliser
20:42il porte vos couleurs
20:44le principe
20:44de l'élection présidentielle
20:45c'est un candidat
20:46oui mais je veux dire
20:48par rapport à ce qui se passe
20:50moi ce qui m'intéresse
20:51c'est me positionner
20:52sur les sujets de fond
20:53vous voyez
20:54et effectivement
20:54même si
20:56les gens n'arrivent plus
20:57à se positionner
20:57droite-gauche
20:58par rapport aux crises
20:59qu'ils subissent
20:59parce que finalement
21:00ils se disent
21:00mais à la fois
21:02vous n'avez pas envie
21:02de parler de lui
21:04non mais c'est pas ça
21:05c'est que je
21:06c'est important
21:06si c'est lui
21:07qui porte vos couleurs
21:08est-ce qu'il est compatible
21:09avec cette jeunesse ?
21:10mais je le dirais
21:10de tout responsable politique
21:11la question
21:12c'est l'entraînement
21:13c'est un mouvement
21:14est-ce que oui ou non ?
21:15il y a le déclenchement
21:17d'un mouvement
21:17est-ce qu'il va y avoir
21:18une alliance de la gauche
21:20et au-delà des humanistes ?
21:22est-ce qu'il va y avoir
21:22une capacité
21:23de réveiller une espérance ?
21:25c'est ça une élection présidentielle ?
21:27et ça vous sentez
21:27que ça part dans le bon sens
21:28ou pas ?
21:29mais c'est trop tôt
21:29pour le dire
21:30il faut attendre
21:31il va y avoir
21:32je pense
21:33un événement d'investiture
21:34il va y avoir un projet
21:35il va y avoir
21:36un rassemblement
21:37d'autres mouvements politiques
21:38c'est trop tôt pour le dire
21:40vous permettez
21:40qu'on regarde
21:41un trait d'humour
21:42parce que peut-être
21:42que vous lui reconnaîtrez
21:43qu'il a un peu d'humour
21:44Raphaël Glucksmann
21:45puisqu'il évoque
21:45une proposition
21:46pour les stages
21:48et pour les stagiaires
21:49dont il veut
21:49augmenter la rémunération
21:50et à la fin
21:51il dit ceci
21:51il dit
21:52qui mieux
21:53qu'un stagiaire
21:55justement
21:55pour faire des propositions
21:57à ceux qui veulent
21:58effectuer des stages
22:00non ça ne vous décoche
22:02pas un petit sourire
22:04si
22:04mais ça ne résonne pas beaucoup
22:07je ne suis pas mauvaise
22:09en communication
22:09alors
22:10si vous voulez l'utiliser
22:11non mais je veux dire
22:12par rapport à la gravité
22:13de la situation
22:13c'est évident
22:14par rapport à la gravité
22:15madame Royal
22:16vous comprenez
22:16qu'il y a autant de candidats
22:17hier nous avions
22:18à votre place
22:18une nouvelle candidate
22:19Natacha Polony
22:21vous lui dites
22:21bienvenue
22:21bonne chance
22:24non
22:25bonne chance
22:25il y a déjà assez
22:26de candidats
22:27il y a trop de candidats
22:28compte tenu de la gravité
22:29de la situation
22:29je pense que la politique
22:30c'est une expérience
22:31au long cours
22:32je vous remercie
22:33en tous les quatre
22:34cet entretien
22:34madame Royal
22:35merci beaucoup
22:35merci à Victor Hérault
22:37Rocaille Adiallo
22:38et Bruno Jeudine

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