- il y a 33 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Nous sommes en direct depuis Bruxelles, pardonnez-moi.
00:05Alors oui, évidemment, nous avons beaucoup de partisans du refus de l'augmentation du budget européen.
00:17Et d'ailleurs, je pense qu'un communiqué de presse va être diffusé à l'issue du Sommet des leaders
00:24auquel je participais quelques minutes avant de vous rejoindre.
00:29Et qui évoque le refus de voir augmenter dans des proportions qui sont objectivement inimaginables le budget de l'Union
00:40européenne.
00:41Donc oui, bien sûr, nous avons beaucoup de partenaires fiables sur ce sujet.
00:47Et encore une fois, je pense que ce que j'ai dit tout à l'heure est un élément qu
00:52'il faut absolument regarder de près.
00:54Quatre des grands pays, quatre des cinq grands pays de l'Union européenne vont avoir des élections d'ici fin
01:022027.
01:03Et il me semble qu'il est parfaitement légitime que ce CFP ne soit pas conclu avant que l'ensemble
01:12de ces quatre élections,
01:13Italie, France, Pologne, Espagne, n'aient eu lieu.
01:19Parce qu'il est évident qu'on a bien compris que la volonté de la Commission, c'est d'enserrer
01:27en réalité ce CFP
01:30et de passer au-delà de la volonté démocratiquement exprimée par les peuples de ces quatre grands pays.
01:36C'est pas possible, en fait. Voilà. C'est juste pas possible.
01:40Ah, mais vous savez, c'est un combat.
01:43Mais le combat qu'on va mener pour la PAC, on va le mener avec tout notre cœur et toute
01:47notre ambition.
01:48Parce que là encore, nous avons des alliés.
01:50Là encore, il y a beaucoup de pays.
01:52Alors vous parliez de l'Italie, pardon, mais l'Italie est d'ailleurs en première ligne sur la défense de
01:57la PAC.
01:58Et donc il est hors de question, si vous voulez, dans notre esprit, il est hors de question qu'en
02:03réalité on voit baisser des secteurs
02:06qui sont des compétences initiales de l'Union européenne au bénéfice de compétences que personne n'a accepté de leur
02:12transférer.
02:13Moi, quand j'entends que Mme von der Leyen veut se construire un organisme de renseignement européen,
02:19je me dis mais en fait dans quel traité il lui a été attribué la compétence de mettre en place
02:26un service de renseignement européen ?
02:29Rien du tout.
02:30Donc on voit bien que l'ensemble des recettes propres qui sont sollicitées, l'augmentation du budget qui est sollicité,
02:39a vocation en réalité essentiellement à financer plus de bureaucratie et à financer des compétences qui ne sont pas celles
02:46en fait de l'Union européenne.
02:49Merci.
02:51Merci.
02:52Monsieur le Président, Madame la Président, Mme de Bozzel, je vous présente des demandes anglais.
02:56C'est ça pour le national.
02:57Merci.
02:59Je dois questions très simples et simples.
03:01La première est, si vous voulez suspendre l'aide à la Ukraine, et si vous voulez prolonger les sanctions à
03:08la Russie,
03:08si vous êtes élevé par l'Élysée ?
03:10La deuxième est, si vous étiez plusieurs priorités.
03:14Qu'est-ce que c'est votre premier
03:43Un élément d'ailleurs d'honnêteté à l'égard de M. Zelensky que la France n'était plus en situation
03:48sur le plan budgétaire d'apporter une aide financière à l'Ukraine.
03:54Nous étions évidemment d'accord pour maintenir toute une série de dispositifs visant à former leurs soldats, à former leur
04:07armée, à leur apporter y compris de l'aide en termes de matériel.
04:13Mais nous ne pouvons plus financer l'Ukraine. Donc ce financement cessera. Et je crois qu'il est encore une
04:22fois œuvre d'honnêteté que de le dire d'ores et déjà au président Zelensky plutôt que de lui faire
04:28croire que l'on pourrait continuer indéfiniment à financer l'Ukraine.
04:31Alors qu'objectivement, vous voyez la situation budgétaire de la France, nous n'en avons plus du tout les moyens
04:37que la France est aujourd'hui dans une situation, chacun l'aura compris, extrêmement périlleuse.
04:47Concernant les sanctions, je le rappelle, au début de la guerre en Ukraine, nous avions dit que nous étions en
04:54désaccord avec les sanctions qui étaient envisagées pour une raison simple.
04:58C'est que nous avions dit, et je crois que nous avions eu raison d'ailleurs de le dire, puisque
05:01l'avenir nous a donné raison, que les sanctions telles qu'elles étaient envisagées étaient des sanctions qui n'auraient
05:07aucune influence sur la Russie,
05:09qui renchériraient en réalité le prix des matières premières auxquelles ils seraient capables de les vendre et qu'il y
05:18aurait évidemment dans le monde toute une série de clients pour leur acheter.
05:21Bon, entre-temps, vous le savez, en réalité, l'Europe a continué à acheter du pétrole, l'Europe a continué
05:31à acheter du gaz, mais à un prix fort intéressant.
05:35Nous avions proposé à l'époque une autre forme de sanction qui consistait à demander à l'ensemble des producteurs
05:41de pétrole et de gaz de baisser le prix
05:45pour que précisément la Russie ne puisse pas s'enrichir sur la vente qu'ils allaient faire auprès de pays
05:55qui accepteraient de leur acheter.
05:57Bon, notre proposition n'a pas été retenue, moyennant quoi aujourd'hui non seulement l'Europe achète à la Russie,
06:03mais de surcroît à des prix qui sont évidemment extrêmement intéressants pour la Russie.
06:10Ma priorité, je l'ai là encore indiquée, d'abord ma priorité c'est d'avoir une majorité le jour
06:17où je suis élue, c'est-à-dire d'opérer la dissolution de l'Assemblée nationale
06:21pour mener une campagne législative nous permettant d'avoir une majorité absolue à l'Assemblée nationale.
06:27Je crois pouvoir vous dire, et je ne suis pas la seule pour le coup, que nous sommes en réalité
06:32les seuls, en cas de victoire à l'élection présidentielle,
06:36à pouvoir obtenir une majorité absolue dans ces circonstances. Donc ça c'est la première des priorités. La deuxième, ce
06:46sera un référendum constitutionnel
06:48que j'entends soumettre au peuple français parce que le peuple français doit pouvoir être entendu, écouté et respecté dans
06:57sa décision
06:57concernant la loi suprême qu'il se choisit, puisque je le rappelle dans notre constitution, le peuple est le seul
07:07souverain.
07:08Il n'y en a pas d'autre. Et donc il est parfaitement légitime et naturel, comme ça a été
07:13le cas d'ailleurs dans l'histoire récente de notre pays,
07:17parfaitement légitime et naturel que les Français puissent s'exprimer sur la modification de la constitution que je leur propose
07:24et qui vise, entre autres, à constitutionnaliser le droit des étrangers afin que nous puissions retrouver la maîtrise de l
07:33'immigration dans notre pays,
07:35ce qui n'est plus le cas depuis déjà un certain nombre d'années.
07:43Bonjour madame, mon français c'est horrible, so I would like to ask you in English if I may.
07:50C'est pas plus que mon anglais.
07:53Je pense que vous comprenez l'anglais très bien.
07:57First, vous semblez très sûre que vous viendrez l'élection de l'année prochaine, et je me demande ce qui
08:04vous fait tellement sûr.
08:30Sûr, une élection n'est jamais gagnée d'avance.
08:35que les choses soient extrêmement claires. Il y a une campagne électorale. Cette campagne va se dérouler. Il reste encore
08:42un peu plus de 6 mois avant le premier tour.
08:46Mais nous partons pour gagner. Donc nous sommes convaincus que les Français, aujourd'hui, ont un véritable souhait de changement
08:57et même de rupture avec les politiques
08:59qui ont été menées depuis maintenant 30 ans sous des noms différents mais en réalité en étant exactement les mêmes.
09:07Un coup, elles se disaient de droite. Un coup, elles se disaient de gauche.
09:11Mais somme toute, les orientations, les grandes orientations qui ont été choisies par les différents précédents présidents étaient exactement, en
09:23fait, les mêmes politiques.
09:24Je pense que les Français souhaitent un véritable changement. Je pense qu'élection après élection, ils nous font de plus
09:31en plus confiance. Et même si, vous le savez,
09:34j'ai toujours, comment dire, voilà, non pas une suspicion mais une réserve naturelle d'ailleurs à l'égard des
09:47sondages, il faut bien dire qu'aujourd'hui,
09:50les sondages semblent démontrer, comment dire, semaine après semaine, une adhésion à notre projet de plus en plus solide. Voilà.
10:04Je vous parle des sondages de premier tour
10:06parce que je suis encore plus méfiante à l'égard des sondages de second tour parce que je considère que
10:12les sondages de second tour, en réalité, ne devraient pas véritablement exister.
10:17Mais ça, c'est quelque chose qui me paraît être une évidence. Ça n'arrivera pas, madame. Voilà. Je vous
10:25dis ma conviction. Ça n'arrivera pas. Le CFP ne sera pas enterriné
10:34avant les élections françaises. Car ceci constituerait un tel scandale démocratique au sein de l'Union européenne
10:42qu'il me semble qu'un certain nombre de dirigeants de gouvernement ne prendront pas le risque de l'illégitimité,
10:54de l'illégitimité du prochain CFP.
11:02Est-ce qu'on peut juste laisser passer un peu les journalistes européens, peut-être, avant les journalistes français ?
11:09Parce que vous avez la possibilité de me... Vous avez la possibilité de m'interroger quasiment tous les jours,
11:14les journalistes français, donc... Non, oui, je vous... Pardon ?
11:17Sur l'Europe, pour vous.
11:19Oui, oui, non, mais que ce soit sur l'Europe, je m'en réjouis.
11:22Mais on peut peut-être laisser passer d'abord les journalistes européens par courtoisie, dirons-nous.
11:28Ok, vous allez bien ouvrir, parce que maintenant, c'est Jean-Marc Magro.
11:32Mais je suis convoi allemand et je travaille pour la RD.
11:36Je voulais vous, en fait, demander... Alors, vous avez bien dit que les caisses en France seraient vides.
11:45Et moi, je... La France est encore un pays dans l'Union européenne qui a l'euro.
11:52Est-ce que vous avez des signaux rassurants pour les partenaires ?
11:57Parce que la France n'est pas la Grèce, donc la France est too big to fail.
12:02Est-ce que vous avez des signaux rassurants, par exemple, sur des retraites et des réformes sur cela ?
12:09Et la deuxième question que je voulais poser, c'est où... Alors, on est à Bruxelles.
12:15Je me demande où est Jordan Bardella, en fait.
12:19D'accord. Vous savez que Jordan Bardella rentre de Ceuta.
12:22où il est allé passer, ainsi qu'à Madrid, trois jours avec nos partenaires de Vox
12:30pour soutenir la campagne de notre ami Abascal.
12:37Moi, je suis désolée de vous dire que je crois être la seule, en tout cas à ce niveau de
12:44l'élection,
12:45à avoir présenté une trajectoire budgétaire extrêmement précise.
12:51Lors d'une très longue conférence de presse, alors j'entends que mes adversaires y trouvent beaucoup de défauts,
12:57mais peut-être faudrait-il qu'ils se mettent à travailler pour présenter les leurs de trajectoire,
13:02parce que j'ai entendu voler des économies, 150 milliards d'un côté, 200 milliards de l'autre.
13:10Bon. Mais je n'ai pas vu de choses extrêmement précises.
13:15Ce que j'ai dit lors de cette conférence de presse, c'est que nous allons faire 140 milliards d
13:24'économies
13:25au bout de la cinquième année. C'est considérable. Ce sont des économies extrêmement importantes.
13:32Nous allons les faire sur le train de vie de l'État et nous allons les faire très majoritairement
13:38en supprimant des dépenses sans que ces dépenses n'aient un effet récessif.
13:45Il y aura un petit effet récessif, nous l'avons dit, mais comme j'ai eu l'occasion de le
13:52dire au Financial Times,
13:53la suppression de l'ADEME n'est pas récessive. Là, au moins, on est tranquille.
13:59Mais évidemment, nous avons un deuxième pilier de cette trajectoire qui est la relance de la création de richesses
14:08dans notre pays. Et pour ça, il faut relancer la production. Nous avons donc, dans un même temps,
14:13fait des économies très importantes, mais baissé un certain nombre d'impôts pour préserver d'abord
14:19le pouvoir d'achat des Français et, deuxièmement, pour permettre aux entreprises de recréer sur le territoire national
14:25cède notamment la baisse des impôts de production à hauteur de 20 milliards que nous souhaitons mettre en œuvre.
14:32Mais c'est aussi la suppression de l'intégralité des surtranspositions qui ont été effectuées par la France
14:38depuis maintenant des décennies et qui créent une perte de compétitivité de nos entreprises,
14:44y compris à l'égard d'ailleurs de nos concurrents européens qui, eux, ont des normes qui sont bien moins
14:51contraignantes
14:52que celles qui ont été choisies par les gouvernements successifs.
14:57Alors, moi, je trouve que le débat consistant à faire peser l'intégralité de la trajectoire budgétaire
15:02des cinq prochaines années sur la retraite est un faux débat.
15:05Voilà. C'est un faux débat. Nous présenterons le 16 ou le 17 novembre, vous voyez, la date m'échappe,
15:12notre réforme des retraites et vous verrez qu'elle est fondée sur le fait d'obtenir une augmentation du taux
15:22d'activité
15:23car nous pensons que nous avons un déficit du taux d'activité et notamment d'ailleurs du taux d'activité
15:29des jeunes
15:30puisque par rapport à l'Allemagne, nous sommes 13 ans de ça du taux d'activité des jeunes.
15:37Et l'âge d'entrée dans la vie professionnelle en France, l'âge moyen, c'est 27 ans, c'est
15:4324 ans en Allemagne.
15:45Donc nous allons mettre en place toute une série de mesures permettant précisément d'augmenter le taux d'activité
15:53pour maintenir, pour soutenir notre réforme des retraites dont je rappelle qu'elle est fondée
15:59parce que j'entends et je lis n'importe quoi sur ce sujet.
16:02Donc je crois qu'il y a beaucoup de gens qui parlent des retraites sans en réalité savoir comment ça
16:06fonctionne,
16:06ce qui est un peu embêtant quand même, c'est-à-dire que ça fonctionne avec un double critère la
16:10retraite.
16:11Ça fonctionne avec un âge légal et ça fonctionne avec un nombre de trimestres ou nombre d'annuités.
16:19Ça veut dire que lorsque l'on dit que nous allons maintenir un âge légal entre 60 et 62 ans
16:25en fonction de l'âge d'entrée sur le marché du travail, ça veut dire qu'il va falloir également
16:34qu'il y ait le nombre d'annuités
16:36pour pouvoir partir à cet âge-là à la retraite.
16:41Non mais je... Excusez-moi, je reprends la base, mais quand je lis parfois des articles,
16:46je me dis que personne manifestement ne comprend comment fonctionne le système des retraites.
16:51Donc je ne m'appelle pas Jean-Luc Mélenchon.
16:55Je ne promets pas à tout le monde de partir à la retraite pleine à 60 ans.
17:01Je sais pertinemment que ça n'est pas raisonnable.
17:04En revanche, je considère que ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans,
17:10en règle générale, ont commencé à travailler dans des emplois qui sont des emplois physiques,
17:16qui sont des emplois manuels, et qu'il n'est pas raisonnable de leur demander de travailler au-delà de
17:2560 ans,
17:26si tant est qu'ils aient leur 40 ans d'annuité pleine.
17:30De la même manière, je pense que lorsque l'on commence à travailler à 25 ans,
17:35moi j'ai commencé à 23, je crois, j'étais avocat,
17:40donc évidemment il y a le temps des études,
17:43mais quand on est avocat, on peut évidemment travailler plus longtemps
17:47que lorsque l'on est plâtrier ou lorsque l'on est carreleur.
17:51Et dans ces conditions, l'âge légal sera à 62 ans,
17:55mais il faudra 42 annuités,
17:59et 42 annuités lorsque l'on commence à 23 ans,
18:03eh bien ça fait 65 ans.
18:05Voilà, c'est assez simple comme système quand même, je crois,
18:09mais je vois qu'un certain nombre de médias n'ont toujours pas compris
18:14ou pas voulu peut-être comprendre notre réforme.
18:17Mais nous la présenterons de manière chiffrée,
18:20de manière extrêmement précise,
18:22et nous évoquerons à ce moment-là les choix que nous avons faits
18:26pour augmenter précisément le taux d'activité
18:31qui permette de prendre sa retraite.
18:34Et ce sera donc le 17 novembre.
18:36Ah, voilà, merci.
18:37Franchement que tu es là.
18:37M. Léali, une question très courte, si vous voulez,
18:40parce que malheureusement, le temps nous nous incombe.
18:42Oui, Mme Léali, vous avez parlé de réduire le rôle
18:45de la Commission européenne à celui d'un secrétariat des États membres.
18:48Est-ce que concrètement, ça veut dire que les directions générales,
18:51tous les bâtiments qui nous entourent,
18:53qui s'occupent de questions très concrètes,
18:54qui s'occupe tous les jours,
18:56dont notre Union européenne idéale devrait fermer,
18:58donc comment les fonctionnaires européens ont changé de travail ?
19:02Oui, ce n'est pas le sujet.
19:04Vous voyez, moi, je pense que déjà,
19:05tout ce qui est hors compétence doit être arrêté.
19:09Voilà.
19:10Ce qui est hors compétence doit être arrêté.
19:12Ça me paraît très clair.
19:14Que tout ce qui relève des préadhésions doit être arrêté.
19:19Je pense que le pacte vert doit être arrêté,
19:22parce que c'est un élément de la décroissance
19:24et de la désindustrialisation de l'Europe.
19:26Je pense que le comité des régions n'a absolument aucun intérêt
19:32pour l'avenir de nos pays respectifs.
19:34Je pense que le Conseil économique et social européen
19:40n'a strictement aucun intérêt.
19:42Je pense que le service de renseignement
19:45que veut mettre en œuvre Mme von der Leyen,
19:48ça n'a aucun sens au regard de la structuration
19:53d'une Europe des nations.
19:55Je pense que l'Union européenne n'a pas affaire
19:57de co-développement, pas plus qu'elle n'a affaire
19:59de diplomatie.
20:00La diplomatie et le co-développement,
20:03ça relève des nations, ça relève des États.
20:06Voilà.
20:07Donc, chacun doit faire ce qu'il relève de ses compétences.
20:15Vous voyez ?
20:15Et croyez-moi que, de fait,
20:18il va y avoir énormément d'économies qui vont être faites.
20:21Mais je vous dis ça au niveau de l'Union européenne,
20:23je pense exactement la même chose au niveau de la France.
20:26Et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons
20:27toucher au millefeuille territorial,
20:29parce qu'en France, c'est exactement la même chose.
20:31Tout le monde s'occupe de tout.
20:33Du coup, personne n'est responsable, d'ailleurs.
20:35Donc c'est vraiment très bien, c'est très confortable.
20:38Sauf qu'il y a des doublons.
20:40Ça fait exploser le nombre de fonctionnaires territoriaux.
20:43Ça fait exploser les budgets de chacune des collectivités
20:48qui sont amenées à intervenir.
20:51Il faut donc rationaliser tout cela,
20:53que chacun fasse ce pour quoi on lui a confié
20:57un certain nombre de compétences,
20:59et ne s'éloigne pas, ne s'écarte pas.
21:01Vous savez, c'est la fable de la grenouille
21:04qui voulait se faire plus grosse que le bœuf.
21:06Sérieusement, je ne suis pas dupe
21:08de ce que veut faire la Commission européenne.
21:10La Commission européenne, elle souhaite se constituer en État.
21:15Nous ne le souhaitons pas.
21:17Et donc, nous nous trouvons sur sa route
21:19pour l'empêcher de transformer, encore une fois,
21:22ce qui, au départ, était un secrétariat des nations,
21:27en État avec une armée, avec un service de renseignement,
21:33avec une diplomatie, avec du co-développement,
21:36avec un budget commun.
21:40Avec des emprunts communs, etc., etc.
21:46Nous sommes en désaccord profondément avec cela.
21:49Et je crois que demain, une majorité de gouvernements
21:53pourraient ramener Mme von der Leyen,
21:56comment dit-on au rugby ?
21:59Dans ses 22 mètres, je crois.
22:01Voilà.
22:03– Et vous avez aussi, pour ramener dans ses 22, Richard Ferrand,
22:06le président du Conseil constitutionnel,
22:08qui a déclaré que la révision de la Constitution
22:12via l'article 11 par un référendum n'existait pas.
22:15Je cite ces mots.
22:16Qu'est-ce que vous lui répondez ?
22:17Je lui réponds qu'il devrait quitter la présidence du Conseil constitutionnel.
22:22Parce qu'en ayant prononcé ses propos,
22:26il a rompu avec l'obligation qui est la sienne de neutralité
22:29et avec l'interdiction qui est dans les textes
22:32de se prononcer sur une affaire
22:34qui n'a pas encore été soumise au Conseil constitutionnel.
22:38Je pense donc qu'il a rompu avec son obligation déontologique
22:43et qu'il doit quitter la tête du Conseil constitutionnel.
22:48Deuxièmement, je souhaiterais l'enjoindre à écouter le général de Gaulle,
22:53qui n'est que le père de la Constitution, tout de même, bon.
22:58Mais également François Mitterrand,
23:01qui après avoir beaucoup combattu le général de Gaulle,
23:04a admis que l'utilisation de l'article 11
23:06était aujourd'hui validée pour être une voie de modification
23:10de la Constitution française.
23:12Ça fait beaucoup, quand même,
23:14et le général de Gaulle et François Mitterrand.
23:17Alors, le président du Conseil constitutionnel
23:21qui a utilisé des arguments indigents,
23:25je cite,
23:26« À l'époque, le Conseil constitutionnel avait 4 ans,
23:29c'était un bébé. »
23:32Une institution n'est pas ni bébé ni adulte.
23:34C'est un peu inquiétant, quand même,
23:35de la part du président de cette institution
23:38de dire cela.
23:40Et il a dit également,
23:43« N'est pas de Gaulle qui veut. »
23:46En effet, M. Ferrand,
23:47« N'est pas de Gaulle qui veut. »
23:49Merci.
23:51Je suis désolée, j'ai un train.
23:58Voilà donc pour la conférence de presse.
24:02Vous l'avez vu depuis Bruxelles,
24:04avec de nombreuses questions posées à Marine Le Pen,
24:06à la fois sur les sujets européens,
24:08mais également, je voudrais démarrer par ça,
24:10parce que là, c'est une réponse directe
24:12au président du Conseil constitutionnel,
24:14Richard Ferrand.
24:15Nous sommes toujours avec Bruno Jody,
24:17Arthur Berda et Rocaia Diallo.
24:19Rappelons en quelques mots, Arthur,
24:21la querelle, la vive passe d'armes
24:24entre le président du Conseil constitutionnel
24:26et Marine Le Pen.
24:27Absolument.
24:27Richard Ferrand, le président du Conseil constitutionnel,
24:30ancien ministre d'Emmanuel Macron,
24:32ancien président macroniste de l'Assemblée nationale,
24:35est aujourd'hui à la tête du Conseil constitutionnel.
24:37Ce qui est intéressant, c'est qu'il le sera
24:38pour accueillir le ou la future prochain président de la République
24:41en 2027 et même en 2032,
24:43parce que son mandat va durer 9 ans.
24:45Eh bien, qu'a-t-il dit au micro, d'ailleurs,
24:46de notre confrère et ami Laurent Neumann,
24:49que la constitution en l'État ne permettait pas
24:51d'appliquer le programme de Marine Le Pen,
24:54qui est aussi d'ailleurs, d'une certaine façon,
24:55celui de Bruno Retailleau, candidat LR et patron des Républicains,
24:59qui consiste à modifier la constitution
25:01pour donner la priorité, la parole au peuple,
25:04si j'ose dire,
25:04notamment sur ce fameux article 11
25:06qui consiste à l'organisation des référendums
25:09qui, en l'état du périmètre actuel,
25:10ne prévoit que les questions économiques et sociales
25:13et qui les questions, en l'occurrence,
25:16d'élargir aux questions relatives à l'immigration.
25:19Ce qui est étonnant dans ce propos de Richard Ferrand,
25:21et ensuite, je vous dirai pourquoi le propos de Marine Le Pen est étonnant,
25:23c'est qu'Emmanuel Macron lui-même,
25:25celui qui a proposé la nomination de Richard Ferrand,
25:28avait proposé d'élargir le champ de l'article 11
25:31pour y intégrer le référendum sur l'immigration.
25:34Il l'a fait lors des rencontres de Saint-Denis.
25:36Vous savez, cet instrument politique qu'Emmanuel Macron a inventé,
25:39il l'avait fait pour faire plaisir à la droite.
25:41Il se trouve qu'Éric Ciotti avait fini par bouder le rendez-vous
25:44et donc Emmanuel Macron avait dit, puisqu'il y a la chaise vide…
25:46– C'est pas la première fois qu'ils ne sont pas d'accord.
25:47– Absolument, mais puisqu'il y a la chaise vide…
25:48– Le président du Conseil constitutionnel vient de désavouer Emmanuel Macron
25:51sur l'interdiction des réseaux sociaux pour les mois de 15 ans.
25:57– Sauf qu'en l'occurrence, il retoque une loi qui a été votée par le Parlement.
26:00Or là, c'était Emmanuel Macron qui proposait un projet de révision constitutionnelle.
26:03Donc ce qu'on comprend de ce que dit Richard Ferrand,
26:05c'est qu'Emmanuel Macron méconnaît sa constitution.
26:08– Et par rapport à Marine Le Pen.
26:09– C'est parce que Marine Le Pen, elle demande à Richard Ferrand
26:11de quitter la tête du Conseil constitutionnel.
26:14C'est impossible.
26:14– Mais ce qu'elle aurait pu faire Marine Le Pen, c'est empêcher Richard Ferrand de la prendre.
26:18Je rappelle simplement d'un mot, c'est que cette nomination,
26:20elle doit être validée par les commissions des lois au Parlement
26:23et que Marine Le Pen avait donné consigne aux députés.
26:24– Est-ce qu'il y a eu une rupture de neutralité de Richard Ferrand ?
26:28Et est-ce qu'à la fin, Marine Le Pen ou Bruno Retailleau,
26:31ou d'autres, mais ce sont eux, au pouvoir,
26:34ne pourront pas appliquer leur programme en fonction de ce que dit le président du Conseil constitutionnel ?
26:38– Si on se fait l'avocat du diable, on peut dire que c'est une interprétation
26:41qui est faite par Richard Ferrand de la constitution qui est faite par Marine Le Pen,
26:47donc c'est son métier.
26:48On peut dire aussi qu'il aurait pu attendre pour faire cette analyse
26:53et laisser la campagne électorale se dérouler.
26:57C'est là où, sans doute, que Richard Ferrand s'expose à des critiques des candidats.
27:03– Il y a un précédent, c'est la campagne des européennes de 2024
27:07qui s'est transformée en campagne des législatives de 2024.
27:09À l'époque, c'est Laurent Fabius qui était président du Conseil constitutionnel.
27:12Eh bien, il avait fait la même chose.
27:14Il avait dit, en l'État, la priorité nationale défendue par le RN
27:18qui serait appliquée à tous les pans de la société est anticonstitutionnelle.
27:21C'est un propos très fort qu'avait tenu Laurent Fabius.
27:23– Mais quelle image cela donne ?
27:25– L'idée d'une Cour suprême qui parlerait, qui irait contre le peuple.
27:29Et c'est précisément ce sur quoi Marine Le Pen fait son beurre
27:31et capte une partie de son électorat.
27:34C'est précisément de dire qu'aujourd'hui, il y a un gouvernement des juges,
27:36qu'ils sont des juges judiciaires ou des juges constitutionnels.
27:38Eh bien, Richard Ferrand en devient, peut-être à son corps défendant,
27:41une incarnation par ce propos.
27:43– Mais que ce soit Marine Le Pen ou quelqu'un d'autre, Bruno Rotaillot,
27:45mais en l'occurrence sont eux.
27:46Est-ce qu'il y a un peuple souverain qui est capable de choisir sur certains sujets ou pas ?
27:50– En tout cas, sur le plan de la Constitution, il faut quand même rappeler
27:51qu'elle cite le général de Gaulle alors que son parti, historiquement, lui était opposé.
27:55Et surtout qu'à l'époque où le général de Gaulle a sollicité
27:58l'usage de l'article 11 de la Constitution,
27:59ça a quand même créé une crise institutionnelle majeure.
28:02C'est-à-dire qu'à l'époque, le Conseil d'État,
28:03comme le Conseil constitutionnel, il était opposé.
28:05Et les personnalités politiques qui avaient soutenu le général de Gaulle
28:09pour son accession au pouvoir en 1958,
28:11se sont retournées contre lui et ont estimé que c'était un dévoiement de la Constitution.
28:14Donc sur le plan, en tout cas, historique,
28:16l'usage de l'article 11 n'a jamais été consensuel
28:18et par-delà l'éclivage politique.
28:20– Jamais consensuel.
28:21Et on peut dire qu'Arthur parlait de, avant Richard Ferrand,
28:25Laurent Fabius, qui avait été aussi un président,
28:26qui avait eu des controverses.
28:29On peut dire aussi que Robert Bonnaterre a aussi connu en son temps
28:32des controverses avec les oppositions de l'époque.
28:35C'est une figure assez classique.
28:37Mais quand même, le problème de fond,
28:38c'est quand même la possibilité de référendum par l'article 11.
28:43– Oui, mais c'est l'image que ça donne.
28:45Est-ce qu'on a l'impression que ça enlève un pouvoir,
28:49quand même, à la population ou pas ?
28:51– Mais le Conseil constitutionnel prête le flanc à ce procès-là
28:56sur plusieurs aspects.
28:58Il y a d'abord, on est dans une démocratie représentative.
29:00Et donc, quand le Parlement vote
29:01et que le Conseil constitutionnel vient nous expliquer
29:03que le Parlement a mal voté, que le texte était mal écrit,
29:05ou que finalement, ils ont inventé ce qu'on appelle le cavalier,
29:07c'est-à-dire que l'amendement, il est peut-être bien,
29:09mais il n'a pas sa place dans ce texte, c'est un problème.
29:11Parce que le Conseil constitutionnel joue contre la démocratie représentative.
29:14Et là, en l'occurrence, si demain, il y a une démocratie directe
29:17par le référendum et que le Conseil constitutionnel
29:19explique, non pas demain, mais avant-hier,
29:21qu'en réalité, celle-là non plus, elle n'est pas tout à fait correcte,
29:23je crois que le Conseil constitutionnel alimente à son corps défendant
29:26ce procès qui lui est fait d'une Cour suprême
29:28et d'un gouvernement des juges constitutionnels, en l'occurrence.
29:31– Et le débat promet d'être vif.
29:32Je vous remercie, merci beaucoup Arthur Berdard,
29:34Rocayadillo, Bruno Rudi.
29:35Alors, Marine Le Pen dit que, elle a dit que c'était parti,
29:41que rien ne pourrait l'arrêter pour la présidentielle.
29:43La, on a la la la la la la.
Commentaires