00:00 L'arrivée de Nicole Belloubet, l'ancienne ministre de la Justice,
00:02 garde des Sceaux à l'Éducation nationale, en lieu et place d'Amelie Oudéa Castara,
00:05 qui récupère le portefeuille qu'elle avait avant l'arrivée de Gabriel Attal à Matignon,
00:10 c'est-à-dire les sports et les Jeux Olympiques.
00:12 Et sur un autre sujet qui intéresse les Français,
00:14 ce qu'on voit dans tous les sondages, le domaine de la santé,
00:17 c'est Frédéric Valtoux qui devient ministre délégué, chargé de la santé.
00:21 Un mot sur Nicole Belloubet.
00:23 Dans la colonne des "+", c'est une femme qui connaît les sujets liés à l'éducation.
00:27 Elle a été rectrice, notamment de Toulouse, qui vient de la gauche.
00:30 Elle a été maire adjointe à Toulouse de Pierre Cohen, qui était maire socialiste.
00:35 Dans la colonne des "-", on disait beaucoup que ce qui était arrivé à Amélie Oudéa Castara
00:42 était le signe qu'il fallait être quelqu'un de politique à l'Éducation nationale.
00:45 Ce n'est pas faire offense à Nicole Belloubet que de considérer qu'elle est davantage techno que politique.
00:50 Autres difficultés sont en train de ressortir un certain nombre de déclarations
00:53 que pouvait avoir Nicole Belloubet par le passé sur les sujets éducatifs,
00:57 en 2016 où elle disait "oui, les fariboles du retour de l'autorité à l'école et du port de la blouse".
01:01 Manque de chance, c'est à peu près l'agenda qui lui a été fixé par le président de la République et par le Premier ministre.
01:06 Un peu plus embêtant, des propos qu'elle avait tenus au moment de l'affaire Mila.
01:09 Cette jeune fille qui était accusée, qui était ciblée par des menaces de mort
01:14 parce qu'elle avait fait ce qui est autorisé en République et même normal, si j'ose dire,
01:18 ce qui appartient au droit de chacune et chacun, à savoir le droit de critiquer des religions.
01:21 Elle avait critiqué la religion musulmane.
01:23 Et à ce moment-là, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, avait considéré que c'était une atteinte à la liberté de conscience.
01:29 Elle avait été obligée de revenir là-dessus.
01:30 Et c'est intéressant, il y a un instant, Jordan Bardella a fait un tweet en réaction.
01:34 Et d'ailleurs, tout de suite, il cible Nicole Belloubet en disant "abandon de Mila menacée par la meute islamiste,
01:40 laxisme, culture de l'excuse, la nomination de la socialiste Nicola Belloubet à l'Éducation nationale
01:44 est un signal désastreux au moment où l'école aurait besoin d'un sursaut pour être sauvée,
01:47 le macronisme est en bout de course".
01:48 C'est bien sûr excessif, culture de l'excuse, laxisme, on n'en est pas là.
01:52 Mais en tout cas, on voit bien qu'il y a des faiblesses.
01:55 Rapidement, sur les autres enseignements que l'on peut tirer, malgré le psychodrame François Bayrou hier soir,
02:00 il y a le même nombre de ministres modem qu'il y en avait auparavant,
02:04 c'est-à-dire un ministre de plein exercice, Marc Fesneau, trois ministres délégués,
02:08 Sarah El Haïry, Marina Ferrari, Jean-Noël Barreau.
02:11 De ce point de vue-là, les choses ne changent pas.
02:12 C'est-à-dire qu'il n'y en a pas plus, ni moins.
02:13 Exactement, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu de changement.
02:17 Sur les autres petites singularités que l'on peut noter,
02:19 Stanislas Guérini a réussi son pari, à savoir d'être ministre de plein exercice,
02:23 chargé de la transformation et de la fonction publique.
02:28 On peut noter peut-être le chiffre, on est à 35,
02:30 un petit peu au-delà de l'objectif de 30 membres du gouvernement pour le gouvernement resserré.
02:35 On voit toujours la difficulté à tenir ses promesses de ce point de vue-là.
02:38 À Bercy, ça ne change pas franchement.
02:40 Cette drôlerie, il faut le dire, d'une ministre déléguée à l'agriculture et à la souveraineté alimentaire
02:47 auprès de Marc Fesneau, en la personne d'Agnès Pannier-Runacher.
02:50 On se posait la question de savoir...
02:52 Ce n'était pas exactement ce qu'on lui avait...
02:53 C'est-à-dire qu'elle était chargée des dossiers...
02:55 Autonomie.
02:56 ... des spécialistes des sujets énergétiques,
02:58 qui se retrouvent ministre déléguée à l'agriculture.
03:00 Bon, alors certes, il n'est pas forcément nécessaire d'être spécialiste d'un sujet
03:03 pour devenir ministre déléguée.
03:04 C'est sûr que de ce point de vue-là, on est servi.
03:07 Voilà pour Agnès Pannier-Runacher,
03:08 mais qui donc voulait absolument rester au gouvernement,
03:10 de ce point de vue-là, elle est servie.
03:12 Quant aux autres, à part ça, pas vraiment de surprise.
03:15 En tout cas, c'est les choses...
03:16 C'est effectivement ce que vous...
03:17 Le fait qu'Amelia Castellar reste ministre des Sports,
03:20 c'était-il possible de la lâcher totalement ?
03:22 Écoutez, il y a deux choses.
03:23 Un, sans doute la volonté du président de la République
03:25 d'avoir quelqu'un d'opérationnel sur la question des Jeux olympiques,
03:27 qui vont arriver extrêmement rapidement,
03:28 et des sujets qui sont là pour le coup dans l'actualité quotidienne.
03:32 Et une volonté peut-être de la part du président
03:34 de ne pas lâcher totalement celles et ceux qui sont en difficulté.
03:37 Même si, de ce point de vue-là, la jurisprudence Macron a changé.
03:40 On avait coutume de dire "il ne la lâchera jamais,
03:43 elle restera quoi qu'il en coûte contre vents et marées
03:45 parce que le président ne veut pas céder".
03:48 Arrêté, c'est qu'il a malgré tout cédé.
03:50 Il faut dire qu'il y avait des raisons.
03:51 Elle ne pouvait plus exercer sereinement
03:53 sa mission de ministre de l'Éducation nationale
03:55 et c'est donc pour cela que Nicole Belloubet la remplace.
03:58 Un profil qui, au début, est susceptible d'apaiser un petit peu
04:02 les syndicats et les professionnels dans l'enseignement
04:05 dans la mesure où elle connaît les sujets et vient plutôt de la gauche.