00:00 Punchline, 18h-19h.
00:03 Laurence Ferrari sur CNews et Europe 1.
00:06 18h16, on se retrouve en direct dans Punchline sur CNews et sur Europe 1.
00:09 Jean-Christophe Couille, vous êtes policier, vous êtes évidemment du syndicat Unité.
00:13 Il y a eu un nouveau refus d'obtempérer et un blessé, un policier qui a été blessé par un homme qui était à Motocross.
00:19 Et la semaine dernière, ça s'est passé aussi à Vitenheim.
00:23 Là, on voit les dégâts qui ont été provoqués par ce refus d'obtempérer.
00:27 Il y avait trois policiers blessés.
00:28 C'est toutes les 20 minutes en France et ça ne s'arrête pas.
00:31 Au contraire, c'est en augmentation.
00:33 Oui, c'est en augmentation.
00:34 Les policiers en ont ras-le-bol, mais vraiment, de tous ces refus d'obtempérer tous les jours.
00:38 C'est le fléau de notre société actuelle.
00:40 Et en fait, on demanderait vraiment une commission parlementaire pour s'intéresser au sujet.
00:45 À un moment donné, il faut poser le débat.
00:47 Il faut savoir ce qu'on a raté, comment on peut faire pour effectivement muscler un petit peu la réponse pénale aussi
00:52 et travailler en amont et savoir qui fait ça, quand, comment, pourquoi.
00:57 C'est bien de nous donner des statistiques toutes les 20 minutes, OK, d'accord.
01:00 Et quelle est la réponse pénale par rapport à ça ?
01:02 On attend aussi.
01:03 Et comment on sait, nous, qu'après, souvent, les actes sont requalifiés
01:06 pour que la justice puisse, j'allais dire, juger un peu plus rapidement qu'ils ne le peuvent.
01:11 Mais surtout, c'est que ça donne aussi des mauvais stimuli, parce que du coup...
01:16 - Ça envoie des signaux. - Ici, je ne suis pas très bien puni.
01:19 Après tout, c'est open bar.
01:20 Comment il va, le collègue de Max Eville ?
01:22 Il a annoncé fractures, il a eu plusieurs fractures.
01:24 Il a eu les poignées, genoux, ligaments croisés aussi.
01:26 Mais surtout, c'est qu'il a eu beaucoup de chance,
01:29 parce qu'en fait, la personne sur son motocross qui roulait sans casque
01:32 est allée le percuter volontairement, faire une roue arrière,
01:34 est allée le percuter pour le faire chuter.
01:36 Et donc, ça aurait pu être beaucoup plus grave.
01:37 Il était à moto aussi, le policier.
01:39 Oui, c'était trois policiers à moto qui voulaient justement faire un contrôle
01:42 parce que la personne roulait sans casque et faisait du roadway urbain.
01:46 Et donc, imaginez un petit peu dans la tête, au lieu de vous arrêter et dire
01:49 "OK, bon, j'ai fait une bêtise et voilà", non.
01:51 C'est "je fous un sur les policiers et je veux presque en tuer un".
01:54 Il ne s'est même pas arrêté, il est parti en fait.
01:55 Donc en fait, aucune considération, aucun empathie, rien pour le...
01:59 Apprends-toi à péconner, rapidement.
02:01 Oui, au-delà, le message qui est passé aussi césamatiquement,
02:04 c'est de dire "je fais ce que je veux",
02:06 excusez-moi d'être un peu vulgaire, "et je vous emmerde".
02:08 - Oui. - Moi, je...
02:10 - "Je fais ce que je veux". - "Je fais ce que je veux".
02:11 J'ai envie de passer où je veux, quand je veux.
02:13 Et ce n'est pas toi, même policier, qui va m'arrêter.
02:15 Même pire, t'es policier, je vais te rouler dessus.
02:17 C'est ça aussi, mais c'est ce que véhiculent ceux qui font ça, pour ça.
02:21 - Maïmane Padel. - Et même pire, c'est que
02:23 toi, le policier qui est pourtant missionné par l'État,
02:26 l'État de droit pour protéger et sécuriser l'ensemble des citoyens,
02:32 toi, le policier, je peux te rentrer dedans, je peux t'agresser,
02:35 je peux te cracher dessus, je peux t'insulter,
02:37 et je ne risque rien.
02:38 Et c'est ça qui est gravissime.
02:40 Et le problème aussi, c'est que quand vous êtes mineur,
02:42 vous ne risquez rien.
02:43 Et je le redis encore une fois, on n'aborde pas,
02:46 c'est la question de la parentalité.
02:47 Quand vous avez des enfants mineurs
02:49 et qui commettent des actes tels que ces actes-là,
02:52 il n'est pas possible qu'ils s'en sortent.
02:54 - Et c'est ça le problème. - Enfin, qu'ils s'en sortent
02:56 - sans une sanction, Maïmane. - Mais ils s'en sortent...
02:57 Oui, voilà, mais qu'ils s'en sortent sans sanction.
02:59 Et je le redis encore une fois, si nous avons aussi des drames
03:02 qui impliquent aussi, non seulement les policiers,
03:04 mais le contrevenant, c'est-à-dire le jeune qui refuse d'optopérer,
03:08 si nous avons ces drames-là, c'est aussi la faute de notre société
03:12 qui, aujourd'hui, ne sanctionne pas pour empêcher la récidive.
03:15 - Joseph Macéz-Caron ? - Oui, alors, on a inversé la phrase fameuse
03:18 "c'est mon choix, c'est mon droit".
03:20 À partir de "c'est mon choix, c'est mon droit",
03:23 moi, ce qui me frappe, c'est que, quand on entend ces personnes,
03:26 elles ne considèrent pas plus du tout, malheureusement,
03:29 les policiers comme des représentants de la force publique
03:31 ou de l'Etat. Non.
03:33 Elles le voient comme une autre tribu,
03:36 mais une autre tribu qui occupe un territoire.
03:40 C'est exactement, enfin, quand on les entend,
03:42 c'est exactement l'impression que j'ai.
03:43 Alors, je ne sais pas si vous avez la même impression, mais...
03:45 - C'est aussi, vous nous gonflez, vous êtes là, mais...
03:47 - Vous ne devriez même pas être là.
03:51 Vous êtes... Enfin, c'est de tribu à tribu.
03:53 C'est comme ça que ça se passe, de groupe à groupe, de clan à clan.
03:56 Et donc, il n'y a aucune transcendance, bien sûr,
03:58 il n'y a aucune autorité.
03:59 - Alessandre de Vecchio ? - Non, Joseph Macéz-Caron
04:02 a raison là-dessus.
04:04 Juste une précision, je crois que
04:06 Naël, c'est 15 refus d'optempérer avant le drame.
04:10 Donc, effectivement, c'est un policier qui a tiré,
04:13 mais on peut s'interroger sur la responsabilité de la justice.
04:16 S'il avait été si vermont pionnier avant,
04:18 on peut imaginer qu'il n'aurait pas récidivé.
04:21 Donc là, il y a un laxisme de la justice sur ces questions-là,
04:24 mais de manière générale, parce qu'il n'y a pas assez de prison,
04:27 parce que l'autorité dans la société n'est plus...
04:30 - On va parler de... - ...une valeur...
04:32 qui fait qu'on en arrive là.
04:34 Et donc, ces refus d'optempérer en série,
04:37 ce sont un symptôme d'une forme d'effondrement
04:40 de toute forme d'autorité,
04:42 et en particulier de l'autorité de l'État.